LE BAISER, 1907, 180x180cm, Österreichische Galerie, Vienne
Le baiser, sans doute le tableau le plus connu de l’artiste, est l’allégorie de l’amour spirituel et charnel. Les deux corps sont fondus l’un dans l’autre, unis de manière fusionnelle, grâce notamment à l’interpénétration de la couleur dorée et des motifs des vêtements des amants, dont on ne sait où ils se finissent. Ils sont formés de minuscules petits fragments de peinture reproduisant l’art de la mosaïque si cher à Klimt. Cet or forme aussi une aura de pureté qui devient l’éclatante figuration, personnification de l’amour. Les paillettes, les étincelles du fond suggèrent le désir et l’abandon de la femme, ceci renforcé par l’expression extatique, les yeux fermés, de son visage. Encore une fois, c’est la femme qui est le personnage principal, puisque l’attention est concentrée sur sa figure, puisqu’elle "contient" le plus d’étincelles colorées. Les ronds et les tourbillons de sa robe, formes auxquelles va la préférence du peintre, correspondent à la pensée de l’auteur à propos de la fécondation et de l’éternel retour, métaphore plus générale pour lui de la vie. L'homme, quant à lui, est défini par des rectangles, des formes géométriques plus strictes. Le couple est agenouillé sur un parterre de fleurs, dans un univers et un lieu trouble et indéfinissable, que leur passion suffit à déterminer et à remplir. La toile est donc riche en symboles, très chargée. Elle comporte beaucoup de détails qui tendent à montrer le goût symboliste érotique de Klimt.
Le Baiser fait partie de la collection permanente de la Österreichische Galerie au palais du Belvédère à Vienne.
Horaires d'ouverture : du mardi au dimanche de 10 h à 18 h
Tarifs d'entrée :
Adulte 9€ / - 27 ans 6€ / de 11 à 18 ans 3€ / + 60 ans 7€ 50
Site Internet : http://www.belvedere.at
En 1880 environ, de jeunes artistes se regroupent et fomentent l’idée de créer une "Sécession plastique". Ils exposent pour la première fois en 1895 et forment en 1897 la "Sécession viennoise" dont Klimt est élu président.
GUSTAV KLIMT :
Klimt naît le 14 juillet 1862 dans la banlieue viennoise. Il fut initié par son père, ciseleur de métaux précieux. Il reçoit également avec ses frères un enseignement pratique portant sur les arts décoratifs, la peinture, la mosaïque, la fresque, puis plus tard la gravure. Mais son éducation reste aussi théorique, notamment sur les grands peintres classiques et l’histoire, sujet qui le fascine. Il découvre très tôt l’art de Makart, un contemporain, dont il reprendra les compositions dissymétriques.
Les frères sont vite engagés pour divers travaux de décoration architecturale, notamment pour le hall du Kunsthistoriches museum, aux formes extravagantes et déliées inspirées par l’art baroque. Ils forment une compagnie en 1881.
Klimt s’intéresse à l’art comme à cet art total que lui permet d’exercer les arts décoratifs. Les frises pour les bâtiments par exemple sont inspirées pour certaines des arts de l’Orient ancien dont il est un fervent admirateur. Il trouve aussi des sources de sujets dans la musique viennoise et allemande, comme le prouvent sa frise en l’honneur de Beethoven ou un tableau de 1899 intitulé Schubert au piano. L’influence de Wagner, de Johann Strauss sur son œuvre, la mélancolie de ses toiles, le choix de ses sujets théâtraux ou historiques, le firent dans un premier temps qualifier d’artiste à la sensibilité "absolument autrichienne".
Mais l’Art nouveau et les propres choix de Klimt, considéré comme le plus talentueux des artistes viennois, vont le pousser à se détacher de l’académisme, à participer à la création de la Sécession en 1897. Le succès rencontré dans ses premières années s’atténue alors en 1900, lorsque son style devint plus personnel et moins académique, plus flottant, montrant l’être humain comme une tache dans un univers mosaïque et doré. Cette technique s’inspire dans un premier temps de l’art byzantin, puis du photo-montage. Klimt déroge à l’organisation spatiale traditionnelle, explore la psychologie humaine, devient plus charnel, plus ambigu, plus porté sur le sexe. Klimt avait toujours attaché beaucoup d’importance a la sexualité, partant sur le principe que : "tout art est érotique". Mais il transcendait autrefois dans sa peinture le sexe en un art raffiné et délicat, ce qui pouvait être alors admis et même goûté.
Vienne est une ville plutôt froide architecturalement parlant, une grande métropole aux artères larges et passantes. Le quartier des maisons Hundertwasser, cet artiste autrichien de renom, fait alors l'effet d'ovni au coeur de la ville.
D'abord peintre et professeur d'académie, Friedensreich Hundertwasser refusa rapidement le classicisme et prôna une architecture originale et colorée, lieu de vie et de plaisir, dont ces maisons, bâties en 1985, demeurent en quelque sorte le manifeste. Le but de ces habitations est de permettre à l'individu de s'épanouir dans un environnement chaleureux.
Les étages bariolés, aux fenêtres irrégulières disposées de manière aléatoire, forment des lignes ondulantes dans toute la rue, une sorte de labyrinthe vertical auxquels s'accrochent des balcons, des escaliers extérieurs, des terrasses couvertes d'arbres et de verdure. Aucun appartement n'arrive à la hauteur de l'autre, les plafonds sont en décalés. De temps en temps émerge de la façade une tourelle surmontée d'un bulbe rond et doré.
Sous les immeubles, les arcades donnent lieu à un chemin pavé en mosaïque de terre cuite, avec des creux, des bosses, de véritables patchworks de couleurs vives et gaies. Des petites fontaines parcourent cette allée de promenade singulière.
On a peine à croire que des gens puissent vraiment habiter dans ce lieu féerique, avec ces escaliers biscornus et entièrement décorés, où chaque pièce de la maison, même les toilettes, devient une oeuvre d'art aux motifs géométriques et aux coloris étonnants.
Le quartier vaut vraiment le déplacement, un de mes lieux favoris et unique à Vienne.
Le Stephansdom, cathédrale Saint Etienne, est situé en plein coeur de la vieille ville, sur la Stephanplatz. Cette église romane fut commencée en 1147 et achevée en 1164, sous la direction du duc de Badenberg, Henri II Jasomirgott. Elle ne fut dédiée à son saint patron qu'en 1220.
La cathédrale est une édifice majestueux, au toit de tuiles polychromes et aux motifs géométriques complexes. En raison de nombreux incendies au fil des âges, l'église a dû subir plusieurs réfections et modifications, mais sa forme actuelle est inchangée depuis le XVIème siècle, date de la construction de la coupole par Kaspar et Hans Saphoy. Le bâtiment d'origine est donc roman, mais des éléments gothiques sont apparents. La nef, par exemple, appartient au style gothique, elle fut construite comme une coquille autour de celle romane, (détruite par la suite), afin de l'agrandir tout en pouvant continuer à célèbrer la messe. Deux chapelles, à côté des deux tours occidentales furent également rajoutées.
La construction de la cathédrale est l'objet de plusieurs légendes. Le portail principal de l'ouest est ainsi surnommé "porte des géants", en raison d'un véritable os de mammouth qui fut utilisé pour l'arche, et dont on crut longtemps qu'il appartenait à un géant. Les deux tours de l'ouest (façade principale), elles, sont désignées sous le nom de "tours des païens", les pierres récupérées pour leur construction venant d'un ancien campement romain, donc païen. La tour du nord (gauche) porte le nom d'Adleturm (tour de l'aigle). Ses travaux d'embellissement datent du XVème. Elle soutient la Pummerin, cloche qui fut détruite par un bombardement en 1945 puis refondue avec les débris. Elle sonne tous les ans l'arrivée de la nouvelle année pour porter chance à la cité. Selon la légende, la tour ne fut jamais achevée car son architecte, Hans Puchsbaum, se brisa les os après avoir rompu un pacte avec le diable en prononçant le nom d'un saint.
Sur la façade ouest (l'entrée principale), des niches romanes côtoient des figures à thèmes historiques. Sur le tympan, roman lui aussi, on peut voir un Christ dans la mandorle Son genou découvert symbolise sa puissance. Sur le chapiteau en dessous sont représentés apôtres et animaux mythologiques.
En contournant l'entrée vers le sud (la droite de la cathédrale), on peut voir le portail des Chanteurs, une petite porte qui illustre des scènes de la vie de saint Paul. La décoration est l'oeuvre d'Hans Puschsbaum, le même qui fut maudit par son pacte avec le diable. Jadis, c'était l'entrée réservée aux hommes. A côté, la tombe de Neithart Fuchs, chanteur d'amour courtois médiéval.
La tour Sud, la Steffl, flèche ou Petit Etienne, campanile gothique, mesure 136,44m et abrite la loge du sonneur. Celui-ci appelait les moines à la prière à Prime. Ces derniers passaient alors par la porte de la tour, dite "de la première petite cloche", "Primglöckleintor". La Steffl offre maintenant un point de vue imprenable sur Vienne.
Au Nord, outre la fameuse tour de l'aigle, on peut admirer pour les amateurs la chaire extérieure du Capistan, surmontée de "l'apothéose du saint", statue baroque du XVIIIème dont elle présente toutes les caractéristiques : corps en torsion, drapés outranciers des vêtements et soleil de la passion doré... Elle est dédiée au franciscain Saint Jean de Capistan d'Aquileia qui prêcha en 1451 la croisade contre les infidèles, les turcs.
L'extérieur est donc d'une grande richesse. On peut passer du temps à se rémémorer tous les épisodes de la vie des saints, à tourner autour de la cathédrale afin de distinguer le mélange des genres et des époques.
L'intérieur comporte lui aussi des éléments gothiques et romans auxquels s'ajoutent encore un maître-autel baroque ou un orgue moderne de 1960...
Le choeur central est dédié au Christ et à saint Etienne, le choeur nord (choeur des femmes, à gauche), à la Vierge, et celui du Sud aux apôtres.
Dans la nef médiane se tient justement, en son fond, l'autel baroque qui représente la lapidation de saint Etienne par le frère Tobias.
Vers le milieu de la nef, la chaire de Pilgram, "Pilgramkanzel", du nom de son auteur, de 1514, est un chef d'oeuvre du gothique : la pierre blanche ressemble à de la dentelle fragile et délicate. La chaire comporte un autoportait de son auteur, appelé "le curieux à la fenêtre", "Fenstergucker". Le chien, symbolisant le prédiacteur, repousse sur la rampe les carpauds et les lézards malveillants. Le chien représente de plus les frères dominicains (canis le chien ; les dominicains, les chiens du Seigneur).
Sur la nef de gauche, à l'entrée, se trouve la tombe du prince Eugène de Savoie (1754) et une crucifixion. La barbe du Christ de bois est faite avec de vrais cheveux. La légende veut que celle-ci continue à pousser. Au long de cette nef, on peut voir divers autels, celui du coeur du Christ, ou de saint Pierre et saint Paul par exemple. Un ascenceur mène au milieu à la Pummerin. Au fond, un autre autoportrait, en bois, de maître Pilgram orne le pied de l'ancien orgue.
Dans le pronaos de la tour de l'aigle, le Christ du Mal de Dents, sculpture en buste, rappelle une autre légende : de jeunes nobles, ayant blasphémé, furent affligés d'une rage de dents dont ils ne purent se guérir qu'en priant. Là se situe aussi l'entrée des catacombes où plusieurs milliers de Viennois sont enterrés. Gigantesques, elles s'étendent sous toute la Stephanplatz.
Enfin, un retable en bois polychrome d'une grande finesse, le Wiener Neustädter Altar, commandé par Fréderic III en 1447, comporte 72 panneaux aux effigies de saints qui dissimulent des scènes de la vie de la Vierge.
La nef des apôtres "s'ouvre" avec le badalquin de Maria Pocs, une icône hongroise qui aurait versé de vraies larmes au XVIIème siècle pendant la campagne du prince Eugène contre les Ottomans.
Le baldaquin de Füschel est une fois de plus l'oeuvre de Hans Puschsbaum.
Le pronaos de la tour sud fait l'objet d'une légende : une domestique, accusée à tort de vol, fut lavée de toute accusation après avoir prié la statue de la Vierge en cette chapelle. La sculpture fut donc surnommée Vierge de la Servante.
Près du choeur, la tombe de Fréderic III, en marbre rouge, s'orne d'une statue grandeur nature de l'empereur.
Site Internet: http://www.stephansdom.at/
Les visites guidées :
Visites guidées de la cathédrale :
Les dimanches et jours fériés : 15h00.
En semaine : 10h30 et 15h00.
Visites guidées des catacombes (toutes les demi-heures ou tous les quarts d'heure en fonction de la demande) :
Les dimanches et jours fériés : 13h30 - 16h30.
En semaine : 10h00 - 11h30 et 13h30 - 16h30.
Visites guidées de la cathédrale accompagnées d'une promenade sur le toit : tous les samedis à 19h00 de Juin à Septembre.
Lieu de rencontre : accès à la Tour Sud.
Visites guidées réservées à des groupes : uniquement sur demande préalable à adresser au Conseil de fabrique (Kirchenmeisteramt)
Montée sur la tour - Tour Sud :
Tous les jours : 9h00 - 17h30.
Ascenseur conduisant à la "Pummerin" - Tour Nord :
D'avril à octobre : 9h00 - 18h00.
En juillet et août : 9h00 - 18h30.
De novembre à mars : 8h30 - 19h00.
Galerie ouest
Visite du massif occidental roman - Exposition spéciale, entrée, portique du portail du Géant : tous les jours du 23.4 au 31.10.
Les dimanches et jours fériés : 13h00 - 16h45.
En semaine : 9h00 - 11h45 et 13h00 - 16h45.
Boutique de la cathédrale :
Tous les jours : 9h00 - 18h00.
A Vienne, au Schönbrunn (le palais de Sissi, impératrice incarnée par Romy Schneider qui a bercé l'enfance de tout gamin normalement constitué...), il y a possibilité d'assister à un remarquable théâtre de marionnettes.
A priori, rien d'affriolant. En réalité, c'est passionnant : bien loin du guignol au demeurant sympatique des habituels jardins,, on peut voir des spectacles d'une qualité époustouflante avec des poupées superbement maniées par des professionnels. En elles-mêmes, elles constituent de plus de véritables oeuvres d'art, taillées dans du bois, avec des costumes hautement élaborés. Même si l'on ne comprend pas la langue, on se régale devant la qualité de l'animation, de l'éclairage et de la mise en scène toute entière. Si certaines scènes sont plus courtes et durent une trentaine de minutes, la plupart des pièces sont d'une durée d'environ une à deux heures.
Souvent, celles-ci s'inspirent de très grandes oeuvres musicales incontournables, Mozart l'autrichien étant évidemment à l'honneur.
Il serait une erreur de croire que ces spectacles ne ravissent que les petits. C'est un plaisir pour tous.
A savoir : il est indispensable de réserver à l'avance. Attention, ce n'est pas toujours donné.
Tél : 817 32 47
E-mail : office@marionettentheater.at
www.marionettentheater.at
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