CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

  >>

Turquie

 : Page(s) 1 2 3 4 5 6

Selçuk - Artémision - sites byzantins - mosquée....

Publié le : 11 Février 2008
Selçuk - Artémision - sites byzantins - mosquée....

Basilique Saint Jean

       Visite de la Basilique Saint Jean : nous entrons par une porte monumentale et découvrons un site très étendu. Une église immense se dressait autrefois. C’est un site très important où se déroulèrent les conciles d’Ephèse. Un atrium de la taille d’un grand cloître avec une galerie à étage précède l’exonarthex et le narthex. Le plan est une croix latine, c’est plus facile pour se repérer. Ce qui me plaît le plus ce sont les colonnes d’un marbre blanc veiné de gris, parfois ,orné de fines cannelures obliques, il y a aussi des colonnes de granite comme à Sainte Sophie. La tombe de Saint Jean est encadrée d’un portique de fines colonnes blanches.

Mosquée

      Nous descendons à la Mosquée. C’est un bâtiment massif, de loin qui ressemble à une usine avec ses minarets de brique tronqués en forme de cheminées et qui portent des nids de cigognes .Dans la cour se trouve un joli jardin bien vert. Le bâtiment est massif construit de pierres blondes, très sobre. La mosquée est fermée : nous regardons par les fenêtres vitrées.

Artémision

      Puis nous continuons la visite de Selçuk par l’Artémision, ancien temple d’Artémis, une des sept merveilles du monde, maintenant très ruinée il ne reste debout qu’une colonne monumentale.

Meryemama

      Nous prenons la voiture pour monter à la Meryemama : la maison de Marie. La route s’élève dans la colline, nous surplombons le site d’Ephèse puis traversons une forêt de pins et découvrons un vaste panorama : la plaine cultivée toute verte entourée de montagnes pelées et la ville de Selçuk à flanc de colline.

      Vaste parking très cher 5 millions, cela sent l’arnaque.
La petite maison cubique avec ses coupoles  serait charmante dans la verdure sans la bigoterie et l’escroquerie. Des panneaux dans toutes les langues y compris le Russe et le Coréen authentifient la véracité du lieu : retrouvé grâce aux visons d’une Allemande ayant vécu à la fin du XVIIIème siècle.

      Pour entrer dans le sanctuaire gardé par un moine en froc, il faut faire la queue, ainsi que pour aller remplir une bouteille à la fontaine. Des Russes  plutôt ploucs, comme souvent les Russes, confits en bondieuserie, et des inévitables japonais encombrent le site. Le moine se fait complaisamment photographier entre deux japonaises. Nous sommes furieuse avec l’impression de s’être fait posséder.

Grotte de Sept Dormants

     Au retour, nous passons par la Grotte de Sept Dormants, gratuite : il n’y a rien à voir. Leur légende pourtant me plaît bien parce que je l’ai lue la première fois dans une toute petite chapelle bretonne tout à fait charmante.

Musée de Selçuk

      Nous profitons de l’heure de midi pour visiter le musée de Selçuk en face de notre hôtel. Il est très agréable. A l’intérieur nous voyons une reconstitution d’une maison romaine des quartiers d’Ephèse fermés à la visite. On a mis à l’abri des fresques qui me rappellent Pompéi. Les efforts de mise en scène en plaçant des personnages de carton-pâte  sont d’un goût limite. Ce qui rend plus vivante la reconstitution ce sont les objets de la vie courante en très bon état de conservation : des tabourets pliants, des trépieds soutenant des tablettes, un plat de verre bleu magnifique. Il y avait à Ephèse une école de médecine, des textes antiques sont présentés avec des scalpels, sondes aiguilles dans une vitrine .jeux et jouets sont également exposés : je suis surtout impressionnée par des dalles de pierre gravées pour jouer au tavla , autour des tabourets antiques.

       Parmi les sculptures on reconnaît les empereurs romains Auguste, Tibère, Trajan, Livie et Marc Aurèle, la fameuse sculpture d’Artémis avec ses seins multiples est la plus fameuse.
Les frises et les grandes scènes ornant les fontaines sont ici reconstituées, on voit Ulysse et Polyphème et les scènes de la fondation d’Ephèse.

      Pour déjeuner, je retourne, seule, à mon restaurant préféré avec ses assiettes de mézés, le patron est toujours aussi aimable.

Baignade à Pamucak où il y a de jolies vagues.


Selçuk - Sirince

Publié le : 11 Février 2008
Selçuk - Sirince

Sirinceest un  ancien village grec dans la colline. La route traverse des oliveraies sur les deux versants de la colline très escarpée. Le paysage rappelle beaucoup la Crète. Je pense à Kazantzaki et au « Christ recrucifié » qui devait se dérouler dans les parages. Les turcs ont occupé le village en conservant la fabrication du vin et les maison très belles chaulées à balcons de bois en saillie sur la rue. Les inévitables pendillocheries de dentelles comme en Crète attendent le touriste dans la rue, mais à la mode turque : il y a un petit bazar couvert et surtout ici, un piège à touriste original : des femmes en pantalon bouffant coloré et foulard attendent les passants. L’une d’elle m’invite à visiter sa maison, nous la suivons au pas de course, elle propose du thé à la pomme, Dominique méfiante se défile, moi, curieuse, je veux profiter de l’occasion. On s’assied par terre sur des tapis, à peine arrivée, une jeune en jeans et T-shirt Nike déballe des dentelles mécaniques sans intérêt, tout est à 5 millions. Je saisis au vol la solution : » je n’ai pas 5 millions. »
Nous nous promenons dans les rues, sur nos gardes, c’est dommage parce que c’est très joli. Cette exploitation effrénée  du tourisme gâche la promenade. D’autre part, c’est uniquement le tourisme qui préservera des ravages du béton un souvenir de ce qu’était la région de Smyrne du temps des grecs !


Selçuk - Didymes - Milet

Publié le : 11 Février 2008
Selçuk - Didymes - Milet

Le muezzin m’a réveillée à 5 heures comme tous les jours, mais ce matin je n’arrive pas à me rendormir. Il fait frais, je me repasse le film de nos visites, depuis que nous sommes à Selçuk nous allons de surprises en surprises. Je m’attendais à trouver une ville grecque, j’ai croisé les romains. Les deux arts de construire se sont tellement influencés que je n’arrive pas à les démêler. La géographie s’en mêle : le marbre veiné de gris évoque la Grèce, la brique est elle romaine ? Encore une simplification abusive : en Grèce les églises byzantines étaient de brique et de pierre mêlées comme ici les mosquées.

      Les cultures se sont tellement interpénétrées et influencées que l’on ne sait plus bien ce que l’on va trouver. La permanence d’une vie culturelle intense pendant des millénaires enrichit l’esprit du lieu. Hier matin, nous avons exploré la veine chrétienne, l’épisode de Jean  et de Marie étaient inconnus de moi J’ignore en fait tout ce qui a suivi la crucifixion de Jésus. Nous avions rencontré Paul à Corinthe, il me semblait qu’il avait prêché à Ephèse, mais pas de trace dans le paysage .Corinthe, du point de vue archéologique me semble la jumelle d’Ephèse, avec ses fontaines monumentales ses monuments romains.

      Donc Jean, après son séjour à Patmos, serait mort ici. la visite de son tombeau m’a fait découvrir une basilique immense où se sont déroulés les conciles.



    La route vers le sud traverse la plaine du fleuve Méandre. Nous passons à côté de Magnésie sans nous arrêter. Le Méandre n’est guère impressionnant mais il doit être gros en crue puisque ses alluvions ont comblé les ports antiques et construit une flèche littorale qui enferme une grande lagune. Dans la plaine du méandre : monoculture du coton. L’irrigation se fait encore à l’ancienne : des canaux inondent à tour de rôle les parcelles. Le coton donne une teinte foncée à la plaine. Sur le bord des collines : du tabac. De nombreuses paysannes sont courbées à la tâche, de gros paniers de vannerie sont dispersés dans les champs. Les feuilles de tabac sèchent sur des claies de roseaux basses.

Didymes

    Avant Didymes, la route longe la côte, plate et sableuse, avec de petits ports où les barques de pêcheurs reposent sur le sable.
Didymes, un seul vestige : le temple d’Apollon. Quel temple! Gigantesque. Comme à Delphes, une prêtresse  en transe délivrait des oracles. Ici c’est la démesure qui frappe. En dehors du temple de Zeus d’Agrigente, rien de comparable. Les archéologues ont retrouvé les plans gravés sur le mur de l’adyton. Nous cherchons les tracés et ne les trouverons qu’avec l’aide des ouvriers qui restaurent le site. Il faut avoir l’œil !

     Nous pouvons à nouveau nous livrer à notre jeu favori de repérage à l’aide de nos trois guides.

Milet

      La visite étant rapidement bouclée, nous avons le temps d’aller à Milet à travers les champs de tabac et de coton. Le site surgit sur une colline qui se détache sur la plaine.

      Petit détour par une jolie mosquée isolée dans la campagne abandonnée à l’arrière d’un marécage. Sa coupole herbue et poétique est coiffée d’un nid de cigognes.

     Le théâtre adossé à la colline faisait face à la mer, maintenant remplacée par le coton verdoyant. On peut imaginer les deux ports, leurs monuments magnifiques, la voie sacrée conduisant à Didymes (environ 18 km) bordée de colonnes. Nous retrouvons les boutiques des marchés de l’agora, pas la synagogue sur le plan du Guide Bleu, reconnaissons le gymnase et le bouleutérion (en mauvais état). Les thermes de Faustine sont mieux conservés et ont gardé leurs statues : un lion et un dieu près de la piscine qui m’évoquait Poséïdon, renseignements pris, il s’agit de Méandre. Il y a très peu de visiteurs ce qui rend la promenade très agréable malgré la grosse chaleur.

    Nous déjeunons dans une taverne en face du théâtre, l’accueil est peu gracieux, pourtant nous sommes les seules clientes, le patron fait une omelette pour D, pour moi, des aubergines et tsatsiki, 5 millions, c’est bien cher.

Canal

    La route du retour, suit une digue qui borde un canal d’irrigation. Des paysans pompent de l’eau pour inonder un champ de coton. Des pêcheurs à la ligne. De loin, au delà la lagune, la mer est inaccessible. Le canal est très poissonneux, une couleuvre nage, la tête sortie de l’eau. Nous cherchons une plage pour nous rafraîchir, longeons la rive sud de la péninsule du Parc National, désertique où aboutissent deux canyons. Pas de plage, des baraques de pêcheurs, pas de baignade. Tant pis, la promenade était très jolie. Nous passons devant Priène que nous visiterons demain.


Selçuk - Priène

Publié le : 11 Février 2008
Selçuk - Priène

Nous roulons vers le sud à travers les oliviers et retrouvons la plaine de coton. J’aime bien repasser plusieurs fois aux mêmes endroits pour « réviser » ; un seul passage ne permet pas de fixer des repères sur les parcours. Au deuxième et au troisième passage les lieux nous paraissent familiers et j’aime bien retrouver tel carrefour  où tel village.

Priène


     Le site de Priène s’échelonne en terrasses sur une colline abrupte boisée de pins. La vue est très étendue sur les champs en damier. Avec la chaleur, une brume épaisse remonte de la lagune et nous ne voyons ni la mer ni Milet.

     La ville est tracée sur un plan géométrique avec des artères se coupant à angle droit. Pour respecter ce plan "« hipodamien » certaines rues sont remplacées par des escaliers. Nous commençons la visite par le haut de la ville sans toutefois grimper à l’acropole réservée aux grands sportifs. Le théâtre (encore !) dans un cadre de verdure est beaucoup plus petit que celui de Milet. Il est très bien conservé. Il est également beaucoup plus ancien. C’est un théâtre grec de la période classique. Nous remarquons les sièges des notables avec leurs pattes de lion, un autre banc à pattes, les rangées des étrangers, honorés avant les marchands. Les bancs des marchands sont en marbre, ceux des gens ordinaires en pierre de la colline. Nous n’avons pas vu la clepsydre réglant le temps de parole des orateurs lors des meetings politiques. Un joli portique de petite taille se tient à l’arrière de la scène.

     Plus loin les colonnes élancées du temple d’Athéna se détachent sur le vert des pins. Le bouleuthérion est curieux : c'est une pièce rectangulaire avec des gradins à angle droit. Tout cela n’est peut être pas original, tout le charme de Priène réside dans le site ombragé de la pinède.

J’ai remplacé ma casquette par un turban.


Plage

      Le Milli Park est tout près à vol d’oiseau, quelques kilomètres seulement de l’autre côté du cap. En voiture, il faut faire le détour par Söke, prendre la route de Kusadasi qui traverse les lotissements pas encore terminés.

     Nous nous précipitons pour occuper le parasol de l’extrémité pour ne pas avoir de voisins. Mal nous en prend, les lits sont défectueux et le parasol tout miteux. Les prix ont changé depuis avant hier, 4 millions au lieu de 3. Pour nous, exceptionnellement, qui sommes bonnes clientes, ce sera 3 millions. Je remercie beaucoup, incrédule, D est irritée de ces manigances, elle aime que les choses soient claires, moi, cela me fait beaucoup rire. De même le harcèlement à la porte des boutiques et des restaurants l’agace, j’y vois plutôt une sorte de coutume, une politesse locale.
L’eau est encore plus transparente qu’avant hier, il fait aussi beaucoup plus chaud. Nous prolongeons les baignades. Avec mon masque, j’aperçois quelques poissons. Déjeuner de luxe apporté sur un plateau : une brochette de poulet avec du poivron grillé et de la tomate, de la salade russe pour D. Le parasol est récalcitrant, les plagistes (les serveurs du restaurant) sont peu efficaces. Au lieu de nous apporter un nouveau parasol alors qu’ils en ont des tas d’inoccupés, ils préfèrent le réparer avec de petits bouts de bois.
Une bourrasque d’un vent très chaud fait finalement envoler le parasol : aucune réaction des plagistes. Je vais me plaindre : « j’ai payé pour un parasol, je n’en ai plus » ils nous invitent à déménager ailleurs. D est furieuse et part nager d’un crawl tellement rapide que je renonce à la suivre. Finalement on nous installe un magnifique parasol bleu.

     Nous passons toute l’après midi à préparer l’itinéraire du voyage. Un arrêt à Beysehir au lieu d’Egirdir nous ferait gagner un jour, Beysehir, sur le bord d’un autre lac nous offrira-t elle les mêmes agréments qu’Egirdir ?

     En nageant, il me vient une idée : si nous quittions Selçuk demain, nous pourrions récupérer un jour. C’est un peu dommage parce que nous avons payé l’hôtel jusqu’à samedi matin. D’autre part nous avons visité tous les sites archéologiques des environs et avons passé une excellente journée à la mer. Demain, nous ne retrouverons peut être pas une aussi belle plage. Après avoir pesé le pour et le contre, nous rentrons vite à l’hôtel pour faire les derniers préparatifs, surtout la lessive. Ce soir, je termine mon journal sur le balcon juste après l’appel du muezzin. Curieusement les différentes mosquées sont décalées d’un bon quart d’heure et il y deux appels, en prévision du Vendredi ?


Afrodisias

Publié le : 11 Février 2008
Afrodisias

La route d’Aydin traverse une campagne agréable, les oliviers sont souvent plantés avec des figuiers mélangés parfois même avec des agrumes. Dès que nous obliquons vers l’Est, le relief s’accentue, l’érosion a taillé dans les collines des formes bizarres : pentes très raides avec des sommets pointus, un peu comme les marnes de Provence, sauf qu’ici elles sont couvertes d’herbe sèche et jaune. Dans la plaine : du tabac mais surtout des vergers de pommiers et de pêchers.

     Après Aydin, nous quittons la route principale et suivons une petite route de montagne qui nous mène à Aphrodisias à travers des forêts de pins et des villages tranquilles.

Aphrodisias

     Le site est très vaste. Sur le parking, un seul car de touristes, nous serons tranquilles.

     Le théâtre est très complet. Il est différent de celui de Priène, à la mode romaine, l’orchestre est en creux, l’avant scène surélevée avec un joli portique complet, on voit les loges des acteurs.

       Du haut des gradins nous dominons la place du théâtre et le gymnase qui a conservé sa colonnade. Les colonnes sont en marbre veiné de bleu, les chapiteaux sont très décorés, le dallage de marbre en parfait état. Je me promène seule, émerveillée du calme et de la beauté du site.

    Les thermes romains sont également en bon état. Nous sommes un peu blasées en ce qui concerne les thermes, les plus beaux, nous les avons vus à Rome : les thermes de Caracalla.

     A côté, le palais épiscopal montre la continuité entre le monde gréco-latin et le monde byzantin.
     Un curieux monument : le Tétrapylon dans l’alignement du temple d’Aphrodite, c’est un double porte très finement décorée. L’abondance des éléments décoratifs, la luxuriance presque baroque des frises, des guirlandes de fleurs et de fruits ou les angelots ne se retrouvent nulle part ailleurs .Le conférencier d’un groupe parle de l’école sculpturale d’Aphrodisias. Le seul équivalent en plus sobre, nous l’avons vu à Corinthe. Nous faisons une halte sous un magnifique figuier.

     La canicule de ces derniers jours a cessé. Un bon petit vent rend supportable les heures chaudes.

    Dernière surprise : le stade,  bien caché par un remblai recouvert d’herbe sèche. On le découvre au dernier moment, intact, très long entouré de 32 rangées de gradins. On peut imaginer les spectateurs. On pourrait presque organiser des compétitions aujourd’hui sans rien modifier.

     Nous sommes restées 3 heures en allant d’émerveillement en émerveillement et sans souffrir ni de la foule ni de la chaleur.
Dernière étape : le musée. De nombreuses statues de divinités mais aussi de philosophe permettent de mettre des visages sur les silhouettes que nous imaginons déambuler entre les portiques, les monuments et la piscine.

     Après Aphrodisias, la végétation change : montagne  très pierreuse couverte d’une garrigue clairement, tantôt des champs de blé. Près des villages je reconnais l’aire de battage avec des tas de balle de blé, j’aurais aimé assister au battage, peut être en aurons nous l’occasion, les champs ne sont pas tous moissonnés.
Avant l’arrivée à Denizli, nous descendons, la route offre de beaux points de vue mais à trois heures de l’après midi la brume de chaleur réduit la visibilité : les montagnes se devinent à peine, tout est grisâtre. Ce n’est pas la bonne heure pour profiter du paysage.


Pamukkale - notre hôtel Konak sadé - la Colline de Coton

Publié le : 11 Février 2008
Pamukkale - notre hôtel Konak sadé - la Colline de Coton

De loin, nous découvrons la colline blanche, le « château de coton », mais à cette distance, elle n’est pas bien belle : on dirait un champ de neige en train de fondre.

       Notre hôtel Konak Sadé a beaucoup de charme. Il a dû avoir son heure de gloire il y a vingt ans, maintenant il est un peu déglingué. Cet aspect désuet me plaît plus que le clinquant du neuf. La bâtisse est un peu de guingois, la moquette très élimée. La chambre est petite mais elle donne sur le site . Toute la construction s’organise autour de la piscine de couleur turquoise alimentée en permanence par une rigole d’eau thermale descendant de la montagne. Un restaurant de plein air abrité par des canisses a de jolies tables et surtout des chaises habillées de tissu à fleurs froncé et retenu par de gros nœuds en ruban. Du côté de la rue les tables sont plus simples  près du grill. Le petit côté du rectangle consiste en un « salon ottoman » dans un bâtiment en bois surplombant la piscine. Des banquettes sont recouvertes de tapis, des plateaux de cuivre forment des tables basses avec des narguilés, des poteries et autres cuivreries. C’est vraiment très pittoresque, mais il règne une chaleur étouffante. Le patron Mehmet, prévenu par celui de Selçuk, nous attendait. Il est rondouillard ; pieds nus, en bermuda. Chaleureux et efficace, il refuse de prendre nos passeports, « later », nous faisant ainsi comprendre qu’il veut que nous nous sentions plutôt des invitées que des clientes chez lui.

la montagne de coton

     La visite du site est vraiment une expérience : nous nous déchaussons et montons pieds nus dans l’eau tiède qui ruisselle sur les concrétions. L’eau coule dans une rigole et inonde les pentes blanches. Les piscines naturelles sont bleues turquoise. Le contact avec le calcaire est agréable sous les pieds, très doux et lisse quand il est solidifié, quelquefois en boue fine, parfois on sent de petites rides en relief. Nous suivons une file,quelques touristes beaucoup de familles turques avec enfants et grands mères, une femme voilée porte un énorme camescope et mâche du chewing gum, des familles entières font trempette dans le ruisseau. Des touristes posent dans les piscines devant les stalactites. C’est joli et amusant. Cela fait un peu procession mais nous sommes trop occupées à trouver le bon angle pour les photos ou tout simplement le bon endroit pour poser les pieds que la foule ne nous dérange pas.

      En haut, on découvre l’autre côté desséché, des vasques vides. Spectacle désolant d’un site naturel en danger à cause des captages. La descente est acrobatique, nous avons peur de glisser.

     Soirée passée à l’hôtel, piscine et dîner devant les concrétions qui s’éclairent lorsque la nuit tombe. D’ici, nous ne distinguons pas les vasques, on pense plutôt à une piste de ski.


Pamukkale - Hierapolis

Publié le : 11 Février 2008
Pamukkale - Hierapolis

J’écris sur le borde la piscine turquoise entre  les lauriers roses, les roses trémières violettes. D est partie chercher de l’argent à Denizli au distributeur.  Ce matin, je suis montée  aux concrétions, il n’y avait personne.  J’ai pu apprécier à loisir la douceur de la croûte calcaire sous mes pieds. Selon la pente, la vitesse du courant, il se forme tantôt  des ondulations de la surface de l’eau qui court, tantôt des concrétions en boules arrondies, tantôt de petites crêtes qui délimitent des micro-piscines, répliques centimétriques des vasques qui s’étagent le long de la pente et qui font toute la beauté de Pamukkale. C’est un plaisir enfantin de patauger dans l’eau, de s’enfoncer dans l’onctuosité de la boue calcaire déposée au fond des bassins, de chercher l’itinéraire au contact le plus doux, d’éviter les cailloux. Ce plaisir est redoublé par la présence de ruisselets d’eau tiède.

    Le débit de la rigole a beaucoup diminué, je comprend pourquoi arrivée au sommet l les vasques vides la veille se remplissent ce matin. La pénurie d’eau est organisée : on inonde chaque jour un secteur différent pour préserver le site tout en prélevant de l’eau thermale captée.

     Ce sera une étape rafraîchissant après la canicule des derniers jours.

      Il fait presque froid en ressortant de la piscine, l’idée de la baignade permet d’affronter le site aride de Hiérapolis.

Hiérapolis

       Nous avions rendez vous en haut des concrétions pour explorer la ville antique. Mais l’organisation est cafouilleuse, D n’a pas trouvé la bonne route et a garé la voiture très loin. Les panneaux indicateurs et le plan sont insuffisants nous passerons la matinée à chercher les monuments.

      Le théâtre au moins est visible de loin. Encore un théâtre ! Avant de m’approcher, j’étais bien décidée à le snober et à ne pas gâcher de la pellicule inutilement. Il est si bien conservé : le bâtiment de scène est entier sur plusieurs étages. Nous entrons par les coulisses et nous sommes saisies par la délicate décoration de la scène colonnade de fines torsades aux chapiteaux corinthiens, de la vraie dentelle ! Des bas reliefs de toute beauté sont protégés par des grillages interdisant la photo. Ils représentent une procession tirant des bœufs en sacrifice à Artémis. La divinité est  représentée comme à Aphrodisias dans une robe fourreau ornée. Sur une autre scène sculptée on reconnaît un cerf, des chasseurs, allusion à Artémis ?

Et nous sommes conquises ! Le théâtre d’Ephèse ne m’a laissé aucun souvenir particulier, celui de Milet dominant la plaine alluviale – la mer – avait beaucoup d’allure, à Priène l’environnement de pinède ajoutait à son charme, c’était un théâtre grec, Aphrodisias gréco-romain, celui de Hiérapolis est plus décoré. Plus nous en visitons plus sous sommes sensibles aux détails.

Nous cherchons le temple d’Apollon, peu restauré, dans les amas des blocs et des fûts des colonnes brisées. Nous l’identifions grâce à une petite niche conduisant au Plutonium, sorte d’antichambre des enfers,  remplie de gaz toxiques. Ces émanations de gaz font penser à la Pythie de Delphes, aussi oracle d’Apollon. Bien que le Guide Bleu ne fasse pas mention d’oracles comme à Didymes, cette hypothèse me plaît - sans garantie bien sûr.

    A l’entrée Nord, en haut de la colline, la voiture gravit avec peine la piste caillouteuse très raide qui nous conduit à des habitations, des maisons basses. Certaines maisons presque à ras de terre sont recouvertes de branchages et de boue. J’espère que ce sont des étables !

     Porte de Domitien et Porte Byzantine, ce qui est différent c’est la pierre qui a une chaude teinte orangée : du travertin qui contraste avec les colonnes de marbre. Les concrétions de Pamukkalé sont aussi en travertin mais elles sont blanches à grain très fin.

      L’après midi se passe tranquillement au bord de la piscine, j’apprécie cette détente et regarde avec commisération les touristes pressés qui enchaînent visites sur visites sans avoir le temps de souffler. Deux mignonnes petites filles avec des bracelets gonflables nous rejoignent dans la piscine. Dominique fait la conquête de la plus petite qui a peur de l’eau. Vers 16h30 je repars pour une dernier expédition aux concrétions, il y beaucoup de monde mais je m’amuse bien. Lecture du « Monde » et dîner sur « notre » table, un vent tiède souffle assez fort et fait envoler les serviettes de papier.


De Pamukkale à Egirdir

Publié le : 11 Février 2008
De Pamukkale à Egirdir

Méhmet, notre hôtelier, rondouillard et jovial nous a préparé l’addition : 45 millions. Je rajoute 5 millions de pourboire. Il nous confie des cartes de visite à l’attention de ses collègues d’Egirdir et d’Ürgüp.

La route de Pamukkale à Egirdir

     La route traverse des paysages variés : aux oliviers et à la vigne méditerranéens succède un paysage étrange. A droite de la route, un lac salé aux tons pastels, à gauche, une montagne ruiniforme pratiquement sans végétation. Puis la campagne se couvre de champs de blé jaune paille avec quelques arbres isolés. Les parcelles sont petites, on voit moissonner. Les machines ne sont pas dernier cri mais la mécanisation est générale, exceptionnellement quelques paysans remuent les gerbes avec des fourches de bois. Pas de meules visibles, que font ils de la paille ? Autour d’Isparta, le paysage devient montagneux, je cherche les champs de roses promis par les guides.

     Après un col, nous découvrons le lac, très vaste, très bleu encaissé dans des montagnes assez pelées.

     A l’entrée de la ville, un camp militaire très important, toute une presqu’île est occupée par une caserne. Egirdir est un gros bourg à maisons basses d’un ou deux étages aux façades assez sales, quelquefois recouvertes de tôles rouillées, une forteresse en pierre et en brique avec deux grosses tours rondes garde l’entrée de notre quartier sur la presqu’île et la chaussée reliant deux îles.

     Dans la ville moderne il y a un beau bazar en pierre avec une entrée monumentale qui fait face à la mosquée. Ce qui est exceptionnel c’est la situation sur une presque île très fine et très longue s’avançant en flèche dans le lac.

Pension Fulya

      Nous sommes attendues : Mehmet a dû téléphoner juste après notre départ. Notre hôtelier parle français, la Pension Fulya est recommandée par le Guide du Routard. Nous grimpons deux étages (le premier est occupé par la famille) au second, autour d’une pièce de réception quatre grande chambres d’angle plus des petites. Notre pièce est blanche, propre meublée sans aucun souci de décoration, les meubles dépareillés n’ont aucune prétention à l’élégance. Encore une fois les doubles rideaux sont blancs et une portière en vichy masque la vitre cathédrale de l’entrée. Mais la vue est extraordinaire : deux fenêtres, l’une au sud donne sur les toits et le lac, l’autre à l’ouest sur un minaret et l’autre partie du lac. Cette double orientation permet de faire un courant d’air très frais..
Au dessus : une terrasse et une verrière.

Baignade au lac

     A midi, nous sommes installées et faisons connaissance avec un couple de Français.

     Nous emportons un kebab dans du pain plat roulé emballé dans du papier gris à la plage. C’est dimanche, les turcs pique-niquent eux aussi sur les bords du lac, avec tapis, coussins et barbecue. Sous chaque arbre, une famille. La plage grouille d’enfants qui piaillent. Nous cherchons un arbre à l’écart sur une autre crique. Il n’y a que quelques hommes seuls, pourrons nous nous mettre en maillot ? L’arrivée d’une bande de jeunes nous rassure, quelques jeunes filles sont en bikini, puis des gamines en maillot à jupette (un long volant). Je profite de l’animation pour me jeter à l’eau. Dominique essaie de faire la sieste. De la musique turque très agréable s’échappe des maisons. L’eau est limpide et fraîche, je nage avec plaisir mais je ne peux pas rester très longtemps, assez vite j’ai froid. Les gamines nagent comme des poissons à côté d’adolescentes en pantalon, T-shirt moulant et coiffure moderne qui les regardent. Les petites gamines sont très effrontées et libres comme les garçons, la puberté doit être très pénible.
Tour en voiture le long du lac que la route de Konya surplombe en corniche, pas d’accès à l’eau. Nous trouvons une route de cailloutis qui descend à l’eau à travers les vignes, pommiers et cerisiers, ici non plus nous ne sommes pas seules : une famille embarque à 17 sur un canot à moteur. A mes pieds, un crabe.


Egirdir - Moissons

Publié le : 11 Février 2008
Egirdir - Moissons

Des paysans coupent à la faucille un blé doré très foncé. Pour entrer en contact, D offre des pastilles de menthe, ils mettent une faucille dans mes mains avec des rires. Dominique prend des photos, les femmes posent avec complaisance, Djemila enlève son foulard, on la photographie avec et sans foulard, elle et sa sœur portent de très belles boucles d’oreille. Le jeune garçon descend en courant le champ et nous nous asseyons. La conversation languit un peu, D sort son calepin, je dessine une enveloppe pour dire qu’on leur enverra les photos. Le garçon remonte avec une pastèque qu’on partage ensemble. Après le goûter, ils s’attardent, qu’attendent ils ? Le jeune remonte accompagné d’un autre, casquette à l’envers. Dominique l’accueille :

-  « Zidane ! »
-  « Bien sûre que je connais Zinédine Zidane ! » …

       Il travaille aux remontées mécaniques de Courchevel et va nous servir d’interprète. Dominique lui demande de traduire aux paysans qu’elle préfère leur village aux stations touristiques de la Côte. Etonnement, nous expliquons que nous n’aimons pas le béton

–   « peut être que c’est mieux pour ceux qui y habitent »

      Leçon de morale en raccourci. Béton et buildings, symbole d’industrialisation, de développement et de confort. Ils sont fiers de la modernisation de la Turquie et préfèrent vivre en HLM. Tant pis pour es touristes en mal d’exotisme ! Ces gens sont adorables, malgré le manque de langue commune ils essaient de communiquer par des sourires, des plaisanteries toutes simples, la vieille dame taquine Dominique avec un chardon, ils rient de mes genoux meurtris par les petites pierres. Nous nous quittons en nous embrassant. Nous sommes bien décidées à leur donner les photos.


Egirdir - chez le photographe

Publié le : 11 Février 2008
Egirdir - chez le photographe

La boutique du photographe se trouve dans une petite rue. Le photographe ne parle que le turc mais nous trouvons un interprète : le patron d’une boutique d’articles de pêche et de chasse qui vend des opinels juste de l’autre côté de la rue, parle français. Sur le pas de la porte, les commerçants boivent le thé assis sur des chaises en paille. Sur le trottoir, le café d’à côté apporte les verres sur un plateau. Le développement et le tirage sont à un prix dérisoire. Nous apporterons donc nos rouleaux.

     De retour à la pension, je m’aperçois que j’ai mélangé les films usagés et les neufs. J’ai un doute pour la pellicule. Le magasin est plein : les clients sont assis sur des chaises un peu comme dans la salle d’attente d’un dentiste. Ils attendent patiemment leurs tirages en buvant du thé. Une femme parle très bien anglais. J’expose mon problème. Le photographe propose de couper seulement un petit morceau de pellicule pour savoir si elle a été impressionnée. Je pourrai m’en resservir si elle est encore vierge. Jamais on ne m’a proposé une telle chose ailleurs. Avant que je m’en aperçoive  j’ai en main un verre de thé. J’attends avec les autres qui bavardent. La jeune femme est Roumaine, mariée à un Turc d’Antalya, elle a fui la canicule 56 ° - un four, dit-elle- Egirdir est en altitude au dessus de 1000 m et il fait presque frais .En moins d’une heure mes six pellicules sont tirées et je rentre à la pension Fulya pour le dîner.

Routards


     Nous dînons dans la salle à manger panoramique, toute vitrée sur la terrasse. A la table d’hôte deux couples Français sont déjà assis. La cuisine est familiale, salade de tomates, aubergine, du bar frit et un gâteau. Nous passons la soirée à discuter, souvenirs de routards, souvenirs de voyages, c’est sympa et surtout inattendu.


miriam
1003 contribution(s)
22 pays renseigné(s)
Ecumeur du monde
Info auteur
Derniers articles
Recherche

Lien(s)
- clubpobecreteil
- les jardins de simone

Carnets de voyage
- 2001- Marrakech et la vallée du Draa
- 2003 - De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.
- 2003 Espagne Atlantique du pays Basque au Portugal
- Atlantique, AntiAtlas, Atlas et Riads des Mille et Une nuits
- Ballons, dictionnaires et bêtes sauvages.... Bénin 2006
- Budapest : toussaint 2008, Bains, Art Nouveau et musique
- Canada 98 de Montréal en Acadie en passant par la Gaspésie
- Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay
- Chypre 2004, chapelles du Troodos et archéologie
- Cinq semaines au Cap vert
- Créteil/Pobé , Bénin, correspondance scolaire, échanges et tourisme...
- Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad...
- Egypte 2002 - premier voyage : Le Caire, Louxor, Assouan
- Egypte 2008- Moyenne Egypte, Alexandrie Sinai
- Eté 99 Grèce et Crète
- Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, Volterra, Arezzo
Photos : 999 photo(s)
le Chant des mariées film de Karin Albou
Roberto Vecchioni : Le Libraire de Sélinonte
les Citronniers  Film d'Eran Riklis
Zsolt Harsanyi : la vie de Liszt

Vidéos : 0 vidéo(s)

Audios : 0 audio(s)

Archives

Pays
Mes amis Voix Nomades
- akwaba
- Aurelia_Frey
- Elea
- Fogg
- palla_d'oro
- sebjal
- chemin_inca

Fil RSS du blog de miriam

Hébergé par Voix Nomades
1 2 3 4 5 6