CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Chypre

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Paris- Larnaka : vol Cyprus airways, nuit d'été en avril

Publié le : 01 Juin 2007
Paris- Larnaka : vol Cyprus airways, nuit d'été en avril


Embarquement


11H40  Gare du Nord,  il suffit de traverser le quai pour monter dans le train direct pour Roissy. Arrivée à 12h20, 40 minutes de voyages et 9 euros.
  Terminal 1, curieuse architecture cylindrique, tour creuse cernée de routes à tous le niveaux, évidée en son centre, des escalators enfermés dans des tunnels de verre.
A 13heures, nous avons enregistré nos bagages.  Notre sac à dos gît de côté, abandonné, tandis que les valises empruntent le tapis roulant. Dominique proteste. L’employé en chemise blanche la rassure :
- « tu ne t’inquiètes pas, je suis là ».
Le tutoiement nous ramène au Maroc.

Survol de l’Europe

    L’avion décolle à l’heure, 15 h. Brie, Champagne, mosaïque de champs. Les nuages cachent le paysage. L’avion survole  la Suisse, l’Autriche, l’Adriatique et la côte Croate, la Grèce, puis la mer Egée.

Aéroport de  Larnaka, 20h10


     Impression de soirée d’été.
Nous avons récupéré les deux valises mais pas le sac à dos. Le tapis roulant tourne à vide, un employé de Cyprus Airways vient nous chercher pour signer une déclaration. Quand le sac arrivera, il l’enverra par taxi à la Maison Cornaro.
Sur le moment, je ne réagis pas, (nous sommes bien assurées grâce à ma Carte VISA 1er). La représentante de Créative Travel, correspondante d’Héliades,  nous explique que, depuis 18 h, on l’a prévenue que l’avion a dû laisser à Roissy 700 kg de bagages. Nous n’avons pas de trousse de toilettes, le reste est moins urgent.

Hertz prétend nous faire un cadeau en nous surclassant : notre voiture sera une HYUNDAI Atoz gris métallisée, pas très élégante ni spacieuse. On s’y habituera, peut être, mais elle est très laide.

Larnaka

Quand j’ai réservé  par téléphone, le réceptionniste m’a expliqué comment arriver à l’hôtel Onisilios :

- «  au 2ème feu après une station service, tourner à droite. »

Nous nous engageons dans une petite rue toute noire bordée de maisons basses sans la moindre enseigne d’hôtel. Nous nous trouvons en plein centre, devant l’église Saint Lazare toute illuminée. Je demande notre chemin à des passants qui montent en voiture et nous y conduisent dans  un dédale de sens interdits.

L’hôtel Onisilios (2 étoiles, 24£ la chambre) ressemble aux hôtels que nous fréquentons d’habitude : un peu vieillot, mais tout à fait correct. Il paraît vide. Le patron se souvient de mon appel, il est très aimable, nous donne une chambre bien tranquille sur cour dans un angle. Nous jouissons d’une double orientation avec vue sur des jardins, les toits, l’église et le fort éclairés.

Saint Lazare


        Nous sommes impatientes de découvrir Larnaka et de profiter de la belle nuit chaude, En cinq minutes  à pied nous arrivons à l’église Saint Lazare qui nous séduit tellement que je retourne à l’hôtel chercher l’appareil photo.
Le campanile, très ouvragé, se détache dans la nuit. Autour  de l’église : des arcades en ogives, des volumes compliqués, des coupoles byzantines : cette église est une merveille.

       Nous avons du mal à trouver le sommeil. Cette histoire de bagage perdu me tracasse. Je ne me souviens plus avoir reçu une copie de la déclaration de perte. J’épluche le livret des garanties de l’assurance.


Première matinée chypriote, Larnaka

Publié le : 01 Juin 2007
Première matinée chypriote, Larnaka

Réveil à Chypre

    Une merveilleuse nuit étoilée ne promet pas forcément un lendemain ensoleillé !
Le carillon de Saint Lazare nous réveille à 6h30. Le ciel est voilé d’une fine pellicule grise. Jardins et  courettes sont peuplés de chats, de canaris et de perruches en volières. Un citronnier est couvert de citrons énormes. Comme partout en Grèce, des bidons et des seaux contiennent des plantes diverses, géraniums fleuris, petits palmiers …

      Au loin, la mer. Je ne peux pas m’empêcher de penser que Haïfa n’est distante que de 300 km. Un pincement au cœur : "si je t’oublie Jérusalem… ". Même climat, même soleil, mêmes odeurs des orangers en fleurs. Sensation de Terre Promise interdite.

Dimanche à saint Lazare

        Le patron de l’hôtel nous indique un petit supermarché,  ouvert le dimanche matin, qui nous dépannera. Il nous conseille d’aller à Saint Lazare avant 10 heures. Nous arrivons au beau milieu de la messe diffusée par haut parleur sur toute la place. Les retardataires convergent vers l’église, certains sont assis sous les arcades et suivent le service de l’extérieur. Je me faufile dans la queue des fidèles qui attendent dehors pour communier. Chacun reçoit un gros morceau de pain et donne l’argent de la quête. Au fond, une autre porte est ouverte. On voit moins bien l’iconostase dorée et les icônes. Trois hommes chantent. La liturgie orthodoxe est vraiment très belle. Le pope en chasuble officie tantôt devant l’iconostase tantôt derrière. Il réapparaît, se prosterne, se relève ….

Promenade des Palmiers

        Les rues sont désertes, les magasins fermés. Sur la promenade des Palmiers la saison n’a pas encore commencé. Les plagistes n’ont sorti que quelques lits de plage, les supports des parasols pointent vers le ciel, tubes métalliques donnant un air hostile à la plage. Les hôtels sont modernes, sans grâce. Je ne trouve aucun charme à ce front de mer bétonné. Plus loin, le Fort paraît bien petit à côté des immeubles modernes. De près, il est très harmonieux mais, malheureusement, fermé.

Mosquée

      A côté du Castro : la mosquée. Tout autour,  un charmant désordre oriental. Sur la petite place, des voisins ont apporté leurs chaises et de petites tables pour jouer au tric trac. Ils ont oublié leurs tasses à café. Le minaret est en réfection, un échafaudage de planches l’entoure. Dans le jardin, une gallabieh et des calottes en crochet blanc sèchent sur une corde à linge. L’imam, égyptien, nous fait les honneurs de sa mosquée bien modeste. Des décorations à la peinture laquée verte, des tapis, de peu de prix.

Maisons turques

      Dans le quartier de l’hôtel, de nombreuses maisons basses sont fermées, abandonnées, certaines en ruines, ce sont les maisons que les Turcs ont dû laisser. Encore ici, une purification ethnique, comme l’histoire se répète ! de Bosnie à Chypre. Toujours les décombres de l’empire ottoman.


Détour par l'aéroport, Lac Salé et Mosquée turque

Publié le : 01 Juin 2007
Détour par l'aéroport, Lac Salé et Mosquée turque

Nous faisons un détour par l’aéroport

      Le Lac Salé est traversé par la grande route de l’aéroport.Nous espérons y voir les flamands roses.  Les oiseaux sont bien là mais nous circulons à grande vitesse.

- "Et si nous allions y faire un tour à l’aéroport au moins pour avoir un double du certificat de perte du sac à dos ?"

Les hôtesses d’Accueil m’envoient dans un mystérieux " Room number 24"  dans un dédale de couloirs. Je raconte notre aventure. L’employé saisit mon  nom sur l’ordinateur, tout le dossier apparaît, sur l’écran : l’hôtel Onisilios, la Maison Cornaro. Un détail : le sac est retrouvé ! Ils ont cherché à nous joindre à l’hôtel sans succès. Je suis l’homme dans les couloirs.  A la douane, gisent de vieux, sacs abandonnés, des cartons éventrés, mais pas de sac à dos. L’employé téléphone. Le sac se trouve au Room 24, au beau milieu du bureau ! Et je ne l’avais pas remarqué !

Tekke de Hala sultan

    La route du Tekke de Hala Sultan longe le lac Salé. Les coupoles et le fin minaret pointu se détachent : c’est une jolie mosquée turque. Le mihrab est très curieux : la pierre blonde est ciselée de pampres et grappes de raison surmonté d’une étoile à six branches, réemploi d’une sculpture antique ? Décor original ? Nous avions déjà vu le décor de vigne dans une église grecque de Cappadoce l’assemblages de ces symboles est assez étrange.

Le guide nous mène à la tombe de la sainte, Umm Haram, tante du Prophète venue accompagner les arabes qui islamisèrent l’île en 649. Les trois pierres abritant la tombe font l’objet de diverses légendes selon nos livres. L’un raconte qu’elles arrivèrent d’Arabie. selon  un autre, l’une d’elle de quinze tonnes serait restée suspendue en lévitation. L’homme qui nous accompagne parle plus sobrement d’un dolmen. Autour de la mosquée, quelques tombes turques dans les oxalis en fleurs.

Le vent qui s’est levé, les nuages se sont disloqués.

       Nous nous promenons autour du lac espérant voir de près les flamands roses.. Une sorte de salicorne pousse en bordure de l’eau, les fenouils sont en fleurs,  ainsi que de grosses touffes jaunes de composées jaunes, ressemblant à des marguerites jaunes.


De Larnaka à Limassol, cap Kition, Kiti

Publié le : 01 Juin 2007
De Larnaka à Limassol, cap Kition, Kiti

Cap Kition

      Nous décidons de pique-niquer près d’une tour vénitienne en bord de mer au Cap Kition. Sur la carte, c’est tout près. Nous nous perdons dans les  sens interdits des villages.Echouons sur une plage de galets devant une mer déchaînée. Le vent souffle si fort que nous nous réfugions dans la voiture pour déjeuner.

   Nous traversons des cultures maraîchères. C'est la récolte des artichauts. Les tunnels de plastiques, la plage de galets battus par les vagues, les constructions anarchiques nous rappellent Kokkynos Pyrgos, en Crète.

    La tour vénitienne est perchée sur une colline en retrait de la mer. C’est une tour carrée, crénelée, en pierre blonde  et peu élevée.

Kiti : l’église construite par les anges

      Nous cherchons à Kiti une église « construite par les anges » la Panayia Angeloktitos.  Nous passons d’abord devant deux églises à campanile avant de trouver la basilique byzantine avec ses coupoles. Les Francs on ajouté une chapelle gothique qui sert d’entrée. On peut y voir la pierre tombale de la Noble Dame Simone, femme de sire Renier de Gibelet. Le tracé de la robe de la Dame  est très pur, à l’intérieur des courbes sinueuses suggèrent les cuisses ou les fesses . C’est gracieux mais presque inconvenant sur une tombe. Un enfant se précipite :
-  « pas de photos! »
Il allume la lumière derrière l’iconostase, éclairant une mosaïque dorée très ancienne.

     Un car s’arrête. Toujours à l’affût des commentaires des conférenciers, je me précipite. Ce sont des Grecs, venus faire leurs dévotions, surtout des vieilles femmes, de noir vêtues. Ils achètent des cierges. Avant de les allumer, l’une d’elle fait le ménage. Elle saisit à poignée les cierges qui brûlent, les retourne dans le sable pour les moucher et jette la poignée à la poubelle. Elle peut alors planter les siens.

Vers Limassol

     L’autoroute traverse de vertes collines. Limassol n’est distante que de 65 km mais Dominique réclame une pause : le vent souffle de face et elle n’a pas encore en main la HYUNDAI.  La plage du Gouverneur se trouve dans une baie protégée  par un cap surmonté par des cimenteries. La mer est calme, bleue, la Méditerranée telle que je l’imagine. Le sable est fin, je me déchausse et longe, pieds nus, la plage bordée de restaurants de poissons heureusement construits en retrait derrière de belles pelouses vertes où sont installés lits et parasols.

    Nous contournons Limassol sans la voir sur une rocade puis nous engageons dans la montagne, le ciel se couvre.


Arsos, la Maison Cornaro

Publié le : 01 Juin 2007
Arsos, la Maison Cornaro

Arsos

     Arsos est un gros village très en pente construit en contrebas de la route. Nous trouvons assez facilement la Maison Cornaro, fléchée, mais le haut portail est bouclé. Personne n’est là pour nous accueillir. Catherine, de l’Agence Héliades à Paris, nous avait assuré que la « réception » était assurée à n’importe quelle heure. J’imaginais donc une sorte d’hôtel. La « réception », c’est le kafénéio face à l’église. En cette saison pas de terrasse dehors .Tout le monde est à l’intérieur autour de grandes tables rondes. Tablées de joueurs de cartes ce dimanche après midi. Les murs sont couverts de posters de l’équipe de foot locale La femme qui sert des bières s’interrompt pour téléphoner. Prend les vouchers et me donne les clés. Elle se présente : Demetra .Elle me propose de boire un café que j’aurais bien accepté si Dominique n’était pas restée devant la maison. Il y a quand même une femme attablée avec les hommes et des gamines circulent.

La maison Cornaro

      Nous ouvrons l’imposant portail de bois décoré d’une plaque de cuivre armorié, le blason des Cornaro ? Découvrons une vaste cour dallée, un petit four à pain, une belle maison à étage avec des balcons bleus. Sur le mur, au dessus du portail une divinité antique de terre cuite veille, sorte de sphinge ailée.
Notre studio Véneto, n’est pas situé dans la maison principale mais dans une sorte d’appentis au fond de la cour. Il est composé d’une très vaste salle en pierres crues et poutres apparentes. Face à la fenêtre le plus immense lit que je connaisse. Le bois du lit et l’armoire sont peints en vert décoré de moulures dorées d’un improbable style empire de fantaisie mais de bon goût. Table carrée, chaises vertes assorties. Dans un coin, une banquette en sapin contournée un peu bizarre et une table basse, au dessus un tableau: une sirène à tête d’icône avec une auréole dorée porte d’une main un trident, de l’autre un voilier sur un fond bleu nuit. Le style est composite mais de bon goût . Nous serons très bien.

  Soirée Radio
   
      La télévision est en grec, mais la radio capte la Grèce, le Liban, Israël et RFI . Sur Kol Israël, deux musicologues, ton très France Musique, dissertent du lied, de la chanson française, ils commentent de manière savante « Eli che lo igamer le olam » . Je suis parcourue de frissons, bouffée de nostalgie,A nouveau un commentaire savant puis une version « de concert ». Après toutes les images d’Intifada j’avais presque oublié qu’il existait là-bas une vie intellectuelle, une musique que j’aime. L’émission musicale terminée, un historien pérore sur la deuxième Alia. Je change de station et tombe sur un hommage en grec à Mélina Mercouri. Si je ne comprends pas le détail, j’arrive à saisir assez de grec pour que cela ait un sens. Nous terminons la soirée toujours avec de la musique grecque


Villages chypriotes, Arsos, Vasa, Omodos

Publié le : 01 Juin 2007
Villages chypriotes, Arsos, Vasa, Omodos

Premier matin au village

      Ciel gris, les ouvriers rénovant la maison d’à côté nous chassent avec le vacarme de leur perceuse. Le supermarché du village vend l’épicerie de base, de la crémerie et du poisson surgelé, pas de légumes ni de viande. La boulangère vient de sortir des miches rondes du four. Elle est curieuse et me demande d’où je viens :

-    « de France ! »

Ce  n’est pas la réponse qu’elle attend

-    « de la Maison Cornaro ! »

La voilà satisfaite.

      Les vieux sont assis devant le kafénéio sur des chaises de bois, l’un d’eux porte sur la tête une sorte de résille, un autre, un voile noir drapé à l’arabe. Tous ont des bâtons fourchus et nous dévisagent sans se cacher.

Les villages des environs

       Les routes secondaires sont bien asphaltées,( les guides parlaient de piste). Tout se complique dans les villages : les ruelles ne permettent pas aux voitures  de se croiser . Tout un système de sens interdits, de flèches nous engage dans un labyrinthe compliqué par des travaux. Nous tournons dans Vasa et suivons les flèches qui nous conduisent à saint Barnabé qui domine le village. Cette église n’a pas l’air d’être ancienne. Sa construction ramassée coiffée de coupoles en tuiles romanes dans le paysage de collines mérite bien la photo.

     De Vasa nous comptons rejoindre Omodos dont les guides disent le plus grand bien. Le village est tout près, derrière la colline.  Nous ne trouvons pas la route directe. La route tortille. Nous revenons en arrière. Un troupeau de chèvres bloque la route. Les bergers,  dans un pick- up poussent les chèvres avec la voiture les encourageant en frappant dans les mains.

Omodos

       Après bien des détours nous trouvons un parking, des WC, la banque, des panneaux explicatifs : Omodos est organisé pour recevoir des touristes ! Un peu trop : au lieu du kafénéion de village, des snacks. La place est encombré d’étals de marchands de souvenirs : cuirs de mauvaise qualité - on dirait du faux – les nappes et dentelles ne nous tentent pas.

Le monastère est plus calme, l’église assez récente, plantée au beau milieu du cloître, le campanile ouvragé ressemble à celui de Larnaka,. Nous nous asseyons devant l’iconostase pour lire notre documentation. Ce monastère possède des reliques vénérables datant de la visite d’Hélène en 327, reste de la corde qui a servi à attacher Jésus, morceau de la Croix. Ces reliques sont invisibles, le reliquaire contient les restes de 26 saints différents…Le cloître est très charmant avec ses deux niveaux d’arcades: en pierre blanche  sobrement travaillée, les balcons de bois rappellent les moucharabieh, les plafonds sont également en bois dans le style musulman en plus fruste, belles portes aussi sculptées.

      Dans un coin du cloître, un petit musée de la Résistance: des photos des combattants, quelques effets personnels. Dans cette région de montagnes, les hommes jaloux de leur indépendance ont combattu les Turcs au 19ème siècle, les Anglais de 1930 à 1960. Le drapeau grec flotte sur les cimetières.

     Les rues d’Omodos sont pimpantes, chaulées, décorées de plantes en pots (ou bidons peints) . Les brodeuses insistent pour nous vendre des napperons au crochet (one pound).

    Un vieil homme m’invite chez lui, sa maison est un véritable musée familial : il a encadré les photos de mariage, d’école de toutes les générations, les robes de mariées sont présentées dans des vitrines.  Socrates m’offre son vin  que je refuse. J'achète un pot de miel. Le vieux pressoir restauré occupe tout un bâtiment : une poutre énorme est actionnée par une vis et une grosse masse de pierre. Les raisins étaient étalés sur une terrasse de pierre, le jus se déversait dans un pot de terre énorme rappelant les pithois antiques. Ces jarres géantes se retrouvent un peu partout dans les cours et jardins d’Arsos. Le village est pittoresque mais trop touristique. Nous préférons notre village un peu écroulé.


Villages chypriotes, Arsos, Vasa, Omodos

balade dans la montagne Platrès et Kaledonian trail

Publié le : 01 Juin 2007
balade dans la montagne Platrès et Kaledonian trail

Platrès

    En altitude, la vigne laisse la place à la forêt. Platrès est une station de montagne avec des hôtels, des restaurants des boutiques et des banques. A la sortie de Platrès nous commençons la promenade qui monte à la cascade de Kalédonia et pique-niquons au dessus du torrent.

Kaledonian trail

    Dominique me conduit au départ du Kaledonian trail en dessous de Troodos : 4km et 400mde dénivelé, cinq passages à gué .

       Sous les grands arbres, la neige n’a pas encore fondu, il en reste de belles plaques. C’est vraiment l’année : neige au Maroc, neige à Chypre à Pâques ! Le sentier est très bien entretenu. Les végétaux sont étiquetés mais comme ils sont défeuillés, la promenade botanique perd de son intérêt.. Je suis ravie de cet itinéraire  facile. Rapidement cela se complique : les passages à gué sont indiqués par des flèches. En cette période de fonte des neiges, le torrent a gonflé, le Goretex de mes chaussures n’y suffira pas, l’eau passe au dessus de la cheville. Sur la carte cinq passages à gué étaient prévus, en réalité, il y en a beaucoup plus, peut être une vingtaine, ce n’est plus de la randonnée, c’est du canyoning ! Par temps chaud ce doit être un régal de se tremper. Aujourd’hui j’essaie d’éviter. Un bâton, providentiel me facilite le passage : je sonde, m’appuie dessus, me sens plus assurée et n’ai plus peur de glisser sur les pierres lisses.

    Ce torrent est une merveille ! Les roches (du gabbro à olivine vers le sommet, gneiss plus bas) sont souvent vertes parfois veinées de blanc. Je suis ravie de mon expédition même si mes pieds et le bas de mon pantalon sont trempés.

    Nous rentrons par une route plus courte par Agios Nikolaos.
Les nuages ont disparu. Nous profitons bien de notre cour et du calme du village par cette fin d’après midi ensoleillée.

Episode comique

    Cela devient une habitude, chez nous, à Fez, il y a six semaines, en Espagne… Nous avons claqué la porte avec les clés à l’intérieur. .Les enfants de Dimitra, la patronne du café, viennent nous délivrer. Le gamin est passé par la fenêtre au dessus de l’évier, on leur donne des caramels.


Paphos, villas romaines et mosaïques

Publié le : 01 Juin 2007
Paphos, villas romaines et mosaïques

La route de Paphos

      Le soleil brille, pas un nuage. La route de Paphos est bien fléchée. C’est plus facile de s’y rendre que d’aller à  Omodos. La route est en travaux, tantôt nous roulons sur une large piste tantôt sur un fin ruban d’asphalte, ou sur une belle deux voies moderne. Le paysage est plus riant  : les pêchers sont en fleurs, les collines sont parsemées de vergers, pas de champs, moins de vignes. De grands troupeaux de chèvres sont enfermés  dans des enclos.

     Les villages en bord de route sont petits. La  mosquée avec son fin minaret fait face à l’église. Plus bas, la végétation est florissante. Platanes et peupliers sont bien verts. Nous trouvons l’autoroute à Kouklia. (Palaipaphos, l’ancien sanctuaire d’Aphrodite, là où la déesse est née de l’écume en sortant des flots).


Paphos station touristique


      Nous suivons les panneaux : « zone touristique », traversons des lotissements des grands hôtels, des restaurants divers et variés (chinois, russes, mexicains) . L’ensemble est criard et vulgaire.

Zone archéologique

     Devant la zone archéologique nous  garons la voiture dans un beau parking ombragé. Les trois villas romaines sont de véritables palais. Nos livres ne commentent que les mosaïques. Nous commençons à nous débrouiller très bien, à reconnaître les thermes, les cuisines, les boulangeries…Les pièces d’apparat sont beaucoup plus grandes qu’à Volubilis, visitée il y a six semaines.

     Nous retrouvons Orphée charmant les animaux, celui de Volubilis lui ressemble énormément. Thésée et le Minotaure dans un labyrinthe circulaire, Narcisse contemplant son image, Daphné qui se transforme en laurier, mais aussi Phèdre et Hyppolite et Pyrame et Thisbée, que je connaissais pas Marsyas, rival d’Apollon . Dionysos est surtout à l’honneur : curieux cortège de son retour d’Inde. Les villas sont situées sur une vaste aire en bordure de mer. 
    Il y a même un petit phare blanc sur la colline où s’adossait l’Odéon. Tout le site est fleuri de grandes composées jaunes, de coquelicots, d’immortelles bleues et blanches. Les hirondelles volent en rase motte. Un petit faucon vient piquer devant nous. Il y a aussi de nombreuses pies. Le soleil chauffe dur, je mets mon bandana blanc. Nous sommes en T-shirt. Nous croisons des touristes débraillés. en bermuda ou en débardeur Peu de groupes organisés(sauf quelques vieilles anglaises) La plupart des visiteurs vont par paires et ne sont pas gênants.


Paphos, Kastro, Eglises byzantines

Publié le : 01 Juin 2007
Paphos, Kastro, Eglises byzantines

J’achète un chapeau de paille .à grands bords (6.90 £) pour remplacer celui qui s’est envolé à Sal, l’été dernier et une éponge pour la toilette, ces éponges sont une véritable passion.

kastro

      Au pied du fort, un petit orchestre de jazz donne un concert matinal gratuit qui ne plaît pas à Dominique, pour ma part, je trouve cela sympa.
     Le kastro, fortin ottoman du 16ème siècle, reconstruit sur un fort franc, détruit puis vénitien, s’avance dans la mer, gardant le port, aujourd’hui une marina, où mouillent des bateaux de plaisance, un grand catamaran et une belle goélette en bois. Le long du quai, inévitables magasins de souvenirs et terrasses de restaurants .Je monte seule au sommet du fort, belle vue sur le port.

    Dominique va chercher le pique-nique, nous déjeunons au bord de la mer assises sur des rochers pointus de calcaire coquiller creusé de cavités circulaires recouvertes d’une croûte de sel, parfois remplies d’eau. Dommage que nous avons oublié le pain !  Nous mangeons le tarama sur des petits concombres. La mer est calme, bleu profond vers le large, turquoise au bord. Nous nous serions peut être attardées si les rochers avaient été moins piquants.

Eglises byzantines


      L’église Chrysopolitissa, est de l’autre côté de la zone archéologique. Nous prenons la Hyundai pour y aller. La marche arrière est toujours récalcitrante, nous songeons rendre la voiture à Hertz. A première vue, Chrysopolitissa est une jolie petite basilique grecque sous de grands eucalyptus. A l’intérieur, une anglaise massacre un morceau hybride de cantique et de musique de cirque à l’harmonium. A fuir ! En sortant, je remarque que nous sommes dans l’église anglicane, comprenant la présence incongrue de l’organiste.
   
      Devinette archéologique : où se trouve l’église Théokepasti ? « cachée par Dieu » . Je fais le tour de Chrysopolitissa, découvre une double colonnade de granite et de marbre vert. Chrysopolitissa mord en biais sur les motifs de la mosaïque. Je comprends enfin que Théokepasti est en ruine sous Chrysopolitissa. C’était une basilique antique du 4ème siècle à colonnade dans le style de la villa de Dionysos visitée ce matin qui lui est contemporaine.A l’une de ses colonnes Paul l’évangéliste (qui a donné son nom au Boulevard principal de Paphos) aurait été attaché et fouetté. Nouvelle galère automobile pour trouver ce fameux boulevard. Au hasard, nous passons devant un petit hammam turc avec ses coupoles  percées bien reconnaissables.


Paphos, catacombes, tombeaux des rois et pannes domestiques

Publié le : 01 Juin 2007
Paphos, catacombes, tombeaux des rois et pannes domestiques

Catacombes

      J’avais gardé un excellent souvenir des catacombes de Syracuse, il pleuvait et nous avions eu une visite guidée détaillée. C’était le première fois que découvrais un site des Premiers Chrétiens avec leurs symboles particuliers. Les catacombes de Solomoni me tentaient d’autant plus que le Guide Bleu avait mis en caractères gras « décorations peintes ».
     Nous repérons l’entrée grâce à un arbre qui porte des mouchoirs noués. Autour d’un puits, des chambres  sont creusées, éclairées à l’électricité mais noircies de la suie des bougies séculaires, meublées de tables d’images pieuses tout ce qu’il y a de plus neuf. Dans la dernière grotte je descends sans précaution un escalier pour plonger mon pied dans de l’eau. Tout est inondé Nous n’irons pas plus loin. L’arbre avec ses mouchoirs, les images pieuses évoquent un culte populaire à la limite de la magie.

    La sainte Solomoni est la mère juive des sept macchabées, sept fils refusant de se convertir au culte de Zeus Olympien sous Antiochus II Epiphane, tués sous ses yeux. J’ignorais que les Orthodoxes honoraient des martyres « préchrétiens ».

Tombeaux des Rois

    Les tombeaux des Rois ont été plus faciles à trouver à partir de l’avenue de l’Apôtre Paul. Comme ce matin, la vaste aire archéologique est en bord de mer, fleurie et pleine d’oiseaux. Les tombeaux des Ptolémées et des nobles égyptiens du IIIème siècle av. JC  sont creusés dans le roc. Des formes étranges taillées par l’homme ou érodées par le vent et les embruns émergent d’épais bouquets de marguerites jaunes. Il faut parcourir d’assez grandes distances, chercher les escaliers aux marches hautes, escalader des blocs, entrer dans de sombres cavités. Les premières tombes sont un peu décevantes, je dérange les oiseaux qui ont construit leurs nids, il y a plein de fiente. Je photographie une tourterelle qui couve. Les murs ressemblent à une termitière avec des galeries, des trous ronds boursouflés.

     Au hasard, je découvre une colonnade, un péristyle souterrain sur lequel s’ouvrent des chambres funéraires. Les tombeaux suivants sont construits selon ce même modèle, seul l’état de préservation de la pierre diffère. Des cyclamens s’accrochent dans les anfractuosités, malheureusement leur floraison touche à sa fin, ils sont déjà passés. En surface, les oiseaux donnent un ballet de chardonnerets à calotte rouge, bergeronnettes rouges, d’autres roses que je ne connais pas…

     Le vent s’est levé, la mer est agitée. Nous n’aurons pas le temps de retourner à la plage. Il est près de cinq heures. Nous devons faire des courses si nous voulons manger de la viande (pas de boucher à Arsos) et faire le plein d’essence(pas de station-service non plus).

     Le retour (70 km) est plus rapide que l’aller, Dominique « fonce » à 45km/h au lieu de 30 .

Pannes diverses

      Nous n’avons pas d’eau chaude au gîte depuis hier. Et avions émis toutes sortes d’hypothèses : chauffage solaire ? Électrique ? Je descends au Kafénéion, Dimitra téléphone au propriétaire : il suffit d’appuyer sur le bouton électrique qui a un voyant rouge ! Je remonte, ravie.

     Nouvelle tuile : panne de gaz. Retour au kafénéion. Dimitra peut nous dépanner, mais il faut lui donner la bouteille vide. Troisième épisode au kafénéion, Dimitra « it’s OK ». Plus ou moins ! Nous ne savons pas changer la bouteille. Les enfants savent. Ils sont ravis de nous aider et montent dans la voiture. On leur laisse une livre pour les remercier. Il est huit heures ni le chou-fleur, ni l’artichaut ne sont cuits.


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