Bains Kiraly
Föutca 82-84
(2100ft)
Femmes : lundi, mercredi
Batthyány ter (métro rouge) puis prendre la Fö utca parallèle au quai du Danube vers le pont Marguerite.
La façade verte classique se remarque de loin.
Les vestiaires sont situés à l’étage : cabines désuètes ripolinée en vert pâle avec des croisillons blancs. Une dame en sabots blancs et socquettes blanche, habillée comme une infirmière nous remet à l’entrée un drap blanc et un tablier grège. Je revêts ce dernier par-dessus mon maillot de bain.. Ce n’est pas le tablier blanc et amidonné de la soubrette d’un érotisme de bon marché, c’est plutôt celui de la jardinière. Ridicule ! Cela vaut la photo ! Scandale ! Interdit !
- « vous êtes dans un monument historique ! Pas de photo ! »
Ce n’est pas le monument que D veut photographier mais moi, de plus, très décente : en maillot de bain.
Après avoir parcouru un dédale de couloirs entre les cabines nous descendons à l’étage des piscines. Une vapeur suffocante s’échappe d’une salle chaude. Traversons un pédiluve carrelé et aboutissons sous une coupole turque surmontant un bassin octogonal. Le sol est dallé de grès rose, un peu granuleux qui ne glisse pas. L’eau déborde de la piscine et noie le dallage. Nous posons tabliers et draps sur un banc de pierre dans une niche sous des arcades brisées turques. Nous plongeons dans le bassin d’eau tiède à 36°C. Il règne un calme reposant dans la pénombre. La lumière arrive par les culs de bouteilles de la coupole. 4 rangées d’ouvertures d’où coulent des trainées noirâtres provenant de l’oxydation des métaux dissous dans ‘eau thermale ou peut être des tuyaux anciens. Une patine rouge orangé imprègne les murs. C’est un très vieil établissement construit par Arslan en 1565. L’eau arrive par une fontaine qui exhale une odeur d’œufs pourris. Après quelques temps on oublie et on ne sent plus rien. Des écriteaux interdisent en Hongrois, en Russe et en Allemand de nager. Je les ignore. C’est fou le nombre d’interdictions ! La piscine est trop petite pour envisager la natation, tout juste quelques brasses pour se déplacer.
Il y a peu de baigneuses, toutes en maillot de bain. Les tabliers sont inutiles. Toutes trempent tranquillement en bavardant doucement. La pénombre incite à la rêverie. J’imagine le temps des ottomans, les bains d’un harem dans un Orient imaginaire peuplé de belles odalisques peintes par Ingres ou Delacroix. Au contraire du hammam, on peut imaginer les thermes romains.
. Au bout d’un moment, comme je m’ennuie à ne rien faire, je vais explorer les salles de vapeur chaudes (60°-80°), meublée de bancs de bois. On s’y déshabille. C’est ici que le drap est utile pour poser ses fesses nues. La vapeur est parfumée ( ?). Je ne reste que quelques minutes, suffocante. Je me plonge dans un bassin rectangulaire de 3 à 4 m de long qui me paraît glacial (il est à 26° !!!) puis retourne dans le bassin octogonal. Un autre bassin est à 40°C, je découvre une piscine à 32°C, bien rafraîchissante et deux salles de chaleur sèches, la première qui sert de sas est entre 50°C et 60°, meublée de fauteuils et la seconde à 60°C. la chaleur sèche est plus supportable. Les femmes qui se sont dénudées dans la vapeur reviennent nues au bain. L’une d’elle nous fait bien rire : toute nue, elle est affublée d’un bonnet rouge vif ; Sortez couvert ! On l’a surnommée « préservatif » (la mise en plis !). Une très vieille entre avec son tablier. Nous paressons deux bonnes heures dans une douce oisiveté.
A la sortie des cabines on dispose de deux sèche- cheveux : un casque de coiffeur antique et un sèche-cheveux soufflant moderne installé près d’un grand miroir. Une dame peu amène pousse mon casque pour se coiffer à l’aise. D réagit en s’installant sous le casque qu’elle monopolise 3 tours rien que pour embêter la dame désagréable qui m’a bousculée. On a le fou-rire.
Ce matin,la pluie ne semble pas s’arrêter.
change
En passant sur Vaci utca, les changeurs annoncent un taux de change qui a baissé : 252ft pour un € alors qu’il était à 270ft à notre arrivée. Pourquoi la crise touche-t-elle plus l’euro que le Forint ?
Tramway
Le petit tram N°2 nous emmène à Roosevelt ter, longeant le Danube. Je suis vraiment désolée quand je vois arracher les rails des tramways sur la rive opposée, là ou le 19 faisait le trajet symétrique et devant le marché. Les tramways sont rapides, ils ne sont pas pris dans la circulation comme les bus, ils ne polluent pas et sont tellement plus poétiques.
Photos anciennes ?
Sur Roosevelt Ter, nous photographions encore et encore le Palais Gresham avec ses mosaïques. C’est mon immeuble préféré.
D a trouvé dans le Coolpix, le programme pour faire des photos sépia. Les bâtiments Belle Epoque se prêtent particulièrement bien à cet exercice. Si on évite d’avoir au premier plan des voitures modernes l’illusion est parfaite. Un immeuble de style mauresque derrière la Basilique retient notre attention, pas la basilique : cette solennité m'ennuie.
Boulevard Andrassy
Nous remontons le boulevard Andrassy sous une pluie battante à partir dela grande place Deák Ter.
Nous nous amusons à entrer sous les porches pour découvrir des plafonds stuqués, des escaliers monumentaux, des entrées souvent délirantes, précédées de colonnes, de statues, d’atlantes. Tant pis pour le bon goût ! Elles sont bien pratiques pour nous abriter de la pluie.
Ici, le boulevard est chic : les enseignes sont internationales : Gucci, Vuitton..
Opéra et Café Callas
Devant l’Opéra, il tombe des cordes. Les garçons du Café Callas nous accueillent très gentiment alors que nous n’avons aucune intention de nous attabler : c’est un établissement prestigieux. La pâtisserie est sophistiquée, mais les prix inabordables.
L’Opéra est fermé, la billetterie n’ouvre qu’à 11 heures. Liszt, sous sa coquille Saint Jacques, en soutane d’abbé, monte la garde.
En face, dans une petite rue, la corniche colorée du petit théâtre Arany János Szinhaz me fait faire le détour : la façade Sécessions, les mosaïques et les céramiques appliquées sur un marbre clair sont du plus bel effet. L’intérieur du théâtre est encore plus intéressant.
Appartement de Liszt
L’Octogone est plus élégant que le boulevard : les façades peintes néo-classiques plus sobres.
Au 35 rue Vörösmarty se trouve l’appartement que Liszt a occupé à la fin de sa vie. On nous fait revêtir des patins pour monter à l’étage : chaussons couvrant attachés avec des lacets. Un opuscule en Français nous décrit les objets qui ont appartenu au compositeur, les portraits de ses amis, son prie-Dieu, son chapelet, son diplôme d’abbé rapporté de Rome, les photos de ses enfants…
Zeneakademia
Autre lieu dédié à Liszt, cette académie est situé à deux pas de l’Octogone. La place est occupée par un jardin public planté de hauts platanes et bordé par les terrasses de beaux cafés. La statue de Liszt en bronze de facture moderne représente le pianiste en pleine action la chevelure relevée, ses mains immenses jouant sur un piano imaginaire. La Zeneakademia est un grand bâtiment abritant une salle de concert et un conservatoire de musique. On peut entrer par le côté. Le hall décoré de céramiques de Zolnay est magnifique avec ses fresques et ses mosaïques : un festival Art Nouveau ! Le bâtiment date de 1907 . Liszt, mort en 1886, n’a donc pas pu y jouer même si on lui a donné son nom. La salle de concert abrite un grand orgue.
Bains Lukacs
1700ft pour la consigne 1900ft cabine
on n’est restées que 2 h- on nous a remboursé 800ft
Rue Léo Fränkel
Tram2+Tram 4-6 jusqu’à Margit Hid+tram 17
L'établissement de bains est entouré d' un parc planté de beaux platanes. Les tickets sont vendus dans un édicule à colonnade (assez laid) qui sert aussi de buvette pour ceux qui se contente de boire l’eau thermale.
Les bâtiments jaunes « autrichiens » sont dans le style fin 19ème. Malheureusement, dès qu’on pénètre dans les vestiaires, tout le pittoresque disparaît. Les rénovations récentes ont doté l’établissement d’escaliers modernes. Peu d’efforts ont été consacrés à la décoration des bassins, carrelages bleus piscine sans recherche. En revanche les bassins sont très agréables. Dans une vaste cour ombragée de platanes (le maitre nageur balaie les feuilles), deux très grands bassins permettent de nager (il faut avoir un bonnet). Le plus grand est à 21°C, il est carré. A ses abords une sorte de cabane de bois : le sauna. Je choisi le bassin rectangulaire à 26°C pour faire des longueurs.
Chaque établissement de bains est différent par son décor mais aussi par sa clientèle. Ici, le public est plus sportif et aussi plus familial. Dans la piscine rectangulaire mes 4 compagnons, 3 femmes et un homme nagent Tranquillement, le sens giratoire n’est pas respecté, nous ne sommes pas assez nombreux pour nous gêner.
Dans une autre cour entourée de murs anciens jaunes décorés de gracieuses arabesques de stuc, il y a un bassin plus chaud 32°C avec des remous, des bulles et un courant circulaire bien amusant. Nous passons une petite heure dans l’eau chaude et le carrousel nous amuse bien. Là on trouve des enfants.
Retour à pied le long du Danube sur la rive de Buda.
But de la promenade : la place Batthyány que j’ai négligée hier et qui n’est pas seulement une correspondance entre métro et autobus. Un côté de la place est occupé par l'hôpital des chevaliers de Malte. Bâtiment rose aux fenêtres blanches baroques. Un autre par des halles vitrées transformées en supermarché SPAR, le troisième par l’église Sainte Anne, baroque, avec un très bel orgue et un plafond peint.
La suite de la ,promenade sur les quais doit se terminer au Pont des Chaînes : après le trottoir est occupé par la piste cyclable, ce qui n’est pas agréable pour les piétons. A la hauteur du Pont Erzebet, une sorte d’échangeur routier complique le passage à pied.
Le Guide Gallimard propose un itinéraire intéressant partant de Margit Hid et suivant le trajet du tram 4-6. C’est toujours amusant de chercher les adresses, cela ressemble à un jeu de piste. Le tram2 nous emmène à son terminus, de là, nous suivons Szent Istvan Korüt.
Premier immeuble remarquable : la Maison de la Lumière : immeuble double occupant un coin, peint de vert pistache. Les motifs végétaux Art Nouveau s’étalent nt sur la façade mais sont aussi repris sur les ferronneries. C’est une constante observée aussi bien chez Guimard et chez Gaudi, cette attention aux détails, balcons, portes, soupiraux, fenêtres qui ne sont jamais standardisés mais arrondis, compliqués, personnalisés, végétalisés. La recherche n’est pas uniquement décorative : la ligne droite est bannie aussi bien dans l’alignement des balcons décalés qui ondulent que dans la forme des fenêtres.
A côté, le théâtre de la Gaité avec sa jolie marquise et ses lampadaires ouvragés est d’une grand légèreté, amis aussi beaucoup plus banal.
La plupart de façades ont adopté un style lourd et pompeux. Des atlantes portent sur leur nuque tout le poids de ces immeubles alourdis de colonnes, de balcons, de sculptures ou de balustres. Des hommes moustachus et farouches à la coiffure ambiguë (casque à pointe ?) froncent le sourcil pour prendre une pose avantageuse.
La Gare de l’Ouest d’Eiffel et le « plus beau MacDo du monde » nous laissent de glace. La gare ressemble à une gare parisienne. Certe avec une belle verrière, mais cela ne vaut pas le déplacement.
Nous montons dans le tram 4-6 (très moderne, très rapide, très long : 5 ou – wagons, les rames se succèdent à un rythme accéléré) et nous dépassons l’Octogone. Du tram défilent les atlantes et les figures féminines sur le Terez Korüt puis Erzebet : souverains autrichiens qui ont régné sur la Hongrie.sur Erzebet, on remarque des façades néo-renaissance.
Comme l’indique Gallimard, nous empruntons la rue Kiraly. En chemin retrouvons la Zeneakademia. Vers les numéros 30 à 20 nous devrions découvrir des cours intéressantes. Avec le soleil la promenade est très agréable.
Les immeubles
Les façades ornées cachent parfois de grandes cours pavées et, pour certaines, plantées d’arbres. L’immeuble budapestois est un bloc creux. Des coursives aux garde-corps métalliques courent autour de la cour rectangulaire à tous les étages. Ces cours ne sont pas de simples puits de lumière comme à Paris. Elles sont beaucoup plus vastes. Les appartements sur cour doivent être très calmes et lumineux. Comment s’organise la vie sur le balcon commun ? Est-ce un simple espace de passage ou un espace à vivre ? Les pots de fleurs dans la cour et sur les balcons indiquent que les habitants se les approprient les pièces de façade sont elles les appartements d’apparat ou des bureaux ? Comment s’organise la répartition sociale dans ces logements ? Où est le gardien ? Nous sommes bien loin de percer les secrets de Budapest.
Le temps a aussi imprimé sa marque : le crépi s’écaille par grandes plaques laissant apparaître la brique. Si le Paris de Haussmann a utilisé la pierre de taille pour construire des immeubles de taille moyenne, les énormes immeubles de Pest sont en brique. Fausses pierres et ornements prétentieux ne sont que du toc qui s’érode au fil du temps. De grandes bâches abritent les ravalements : les ouvriers ne manient pas la sableuse mais la truelle et le pinceau. On voit reconstruire les motifs floraux d’un bel immeuble Art Nouveau.
Autres effets pervers : les artefacts d’une période moins glorieuse : boîtes aux lettes métalliques affreuses, poubelles en plastique alignées sous un porche ou sous un auvent de verre. Interphones très laids.
Les fenêtres sont protégées par des barreaux de fer solides, les portes cadenassées. Craint-on les voleurs à Budapest ?
Un passage traversant une succession de six cours fait communiquer la rue Kiraly et la rue Dob. Dommage pour le pittoresque, une vaste opération immobilière a démoli les cours d’origines et remplacé les maisons anciennes par des petits immeubles contemporains sans balcon, massifs, avec un parking bien fonctionnel et des boutiques encore inoccupées.
Nous sommes en plein quartier juif : je découvre une synagogue Art Nouveau, très jolie, un restaurant juif qui propose des spectacles de klezmer tous les jeudis soirs (dommage, c’était hier !)
- « quelle horreur ! »s’exclame D à la vue d’un groupe de statues contemporaines
- « quelle horreur, les camps ! » je lui réponds
Un homme rampe sous le regard impuissant de l’ange doré suspendu.
Il s’agit d’un monument commémoratif de Carl Lutz qui a sauvé de nombreuses vies.
Plus loin, dans l’enclos de la grande Synagogue, le Saule Pleureur dont les feuilles métalliques portent chacune le nom d’un déporté. A l’ombre de la Synagogue de la rue Doherty, les tombes disparaissent sous le lierre. La visite rue Doherty ne peut pas se concevoir comme une simple visite touristique. Le souvenir de la Shoah en est indissociable.
De la station Astoria à Blaha Lutza, une seule station de métro nous ramène sur Erzebet Korüt, juste devant le palais New York, occupé maintenant par un hôtel 5 étoiles. C’est un immeuble surmonté d’une pointe prétentieuse, trop kitsch, vraiment trop. Le Café New York est un must touristique.
Les nouveaux propriétaires découragent les touristes impécunieux et intempestifs par un cordon de velours à l’entrée avec des écriteaux dissuasifs « Attendre son tour ! » (polyglotte) « Interdit de photographier » (pictogramme) On ne rentrera pas mais on fera deux photos quand même des dorures et des fresques, des lustres de cristal interdits au commun des mortels. Autant les garçons du Café Callas (au moins aussi chic) avaient été aimables autant ici, l’accueil est détestable.
Pique-nique en face de l’immeuble prétentieux sur un banc : gyros au poulet et blanc de poulet farci à la chapelure et au chou. Mon intention était d’acheter deux gyros mais la serveuse a pris un air tellement ennuyé que j’ai pris le blanc de poulet pour lui évite le tracas de couper une nouvelle part ! En règle générale, les serveuses et vendeuses sont peu empressées (souvenir du communisme ? ou manque de communication linguistique ?)