Un rio de Patagonie, isolé sur une côte déchiquettée. Le vent et les lumières ne s'y relâchent pas. On souhaite un abris, mais on n'attend pas de cette estancia, vieillotte de l'extérieur, tant de chaleur de son dedans. Le ranch, racheté par un couple urugayen qui a décidé de poser là ses bagages après avoir parcouru le monde, est une belle synthèse entre authenticité et confort, atmosphère familiale et hospitalité du voyageur. On y partage la vie quotidienne du ranch, le soin au bétail, une partie de pêche ou une cavalcade à travers la pampa...
On y savoure une cuisine du terroir, avec une viande comme il ne s'en trouve plus, apprêtée avec talent par l'ineffable cuisinier qui semble sorti d'un Buster Keaton !
Voilà un lieu dont le bouche à oreille devrait suffire à assurer un succès fort mérité !
Site Internet : www.estanciarioverde.cl
Seno Otway abrite une colonie de pingouins qui n'est pas la plus importante de Patagonie, mais le nombre ne fait rien à l'enchantement. Environ 6000 couples cachent leurs nids dans la terre, à quelques encablures d'une plage où ils entraînent leur progéniture pour l'initiation au bain de mer. La scène se déroule au mois de février, mais chaque mois a son temps fort, avant le grand départ d'avril.
Des passerelles de bois organisenent une visite respectueuse du site, entre plage et nids, dans le vacarme délicieux du langage palmipède.
C'est à un peu plus d'une heure de Puerto Natales. Des visites sont organisées depuis la ville, mais on peut également approcher en voiture individuelle. Les matinées sont plus spectaculaires, et cet instant imprévisible où les petits se jettent à l'eau est une pure joie !
Il faut avoir écouté un glacier fondre, ses morceaux se détacher dans un bref fracas, et le silence recouvrir aussitôt la scène. Ils sont de toute taille, prêts à se rompre, à sombrer à chaque instant. Les restes ultimes, des glaçons sans arêtes, disparaissent à mesure qu’ils s’entassent. Ils ont erré des jours durant depuis le glacier et sont venus s’échouer contre ces moraines. Des oiseaux de nulle part sautillent de l’un à l’autre. La lumière joue toutes ses partitions jusqu’à l’embrasement du Couchant sur la glace éternelle.
On a grimpé une journée durant par les sentiers pour découvrir ce stupéfiant paysage qui a surgi, imprévisible, derrière un roc, le glacier Grey. Le refuge Paso n’est plus qu’à quelques minutes, une cabane de bois idéale sous les arbres, au bord du lac où flottent encore les glaçons les plus massifs...
Il a fallu redescendre avant qu'ils aient disparu.
Torres del Paine est réputé pour être l’un des plus beaux parc nationaux d’Amérique du Sud. Personnellement, je n’en ai pas vu d’autre, mais aussi bien, peut-il rester le seul ! Il est sublime et supportera de rester sans comparaison.
On y accède depuis Puerto Natales, la ville la plus proche d’où s’organisent toutes les expéditions à destination du parc. De nombreuses agences proposent l’acheminement en groupe ou en individuel, la réservation de places dans les refuges et de traversée en bateau. De toute façon, il faut passer par la petite ville pour acheter les entrées auprès de l’organisme Conaf qui gère le site. A noter que le paiement en dollars donne droit à un rabais de 20% en raison des systèmes de taxes ! Ou bien l’on paie 20% de plus si on ne paie pas en dollars, ce qui se vérifie dans différents endroits du pays !
L’entrée est à environ trois heures de trajet de la ville : une route à travers la pampa, puis une chemin poussiéreux tracé dans une variété de paysages inattendue. Près de 200 000 ha et un dénivelé brutal de 2800m entre la plaine et les sommets : lacs d’émeraude ou d’azur, pics rocheux et neiges éternelles abritent une faune sauvage où planent les condors et paissent les paisibles guanacos. Des sentiers balisés avec un niveau de difficulté variable offrent divers itinéraires, et, avis aux amateurs de treks soutenus : il faut compter une quinzaine de jours pour faire le tour du parc !
Une rue pentue comme tant d'autres sur le Cerro Concepcion. Une enseigne attire le regard. On se risque à sonner à la porte de la belle maison. Une jeune femme vient ouvrir et vous accueille dans un restaurant chic, où le design n'a rien a envier à l'originalité de la cuisine : les plats sont délicieux, savourés dans la salle où sur la terrasse qui surplombe la ville... Pour une soirée inoubliable dans une atmosphère très branchée, révélatrice de l'effevescence d'une ville en profonde mutation.
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