CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Naples et les Pouilles - quatre semaines en juillet 2005

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1. Arrivée à Naples

Publié le : 09 Novembre 2006
1.  Arrivée à Naples

Le départ, plutôt une déroute !

Le départ de Créteil ressemble à une déroute. Hier, Dominique a cru perdre sa carte d’identité. Nous l’avons cherchée longtemps pour la retrouver dans le scanner. J’en avais fait une photocopie, une semaine auparavant. J’ai égaré mon trousseau de clés dans le hall de l’immeuble. Il ne me reste plus qu’à compter sur l’honnêteté de celui qui l’aura ramassée. Brigitte Cano devait nous conduire à la gare, elle s’est décommandée. Dominique, au volant de la 205 verte me dépose avec les bagages puis va la garer à Issaurat et reviendra à pied.
L’automate qui délivre les billets est en panne. Allons nous commencer le voyage avec une amende qui sera plus chère que le prix de la course de taxi jusqu’à Roissy. Par chance Martial, le prof de menuiserie de la SEGPA  passe et me vend deux tickets pour Paris. A la Gare du Nord il me suffira d’acheter le ticket pour Charles de Gaulle.
Le Terminal 9, celui des charters a été renommé Roissy 3. Seul le nom a changé ! Il ressemble toujours à un hangar vide. Une hôtesse se précipite et nous indique le numéro du comptoir d’embarquement. Le marchand de journaux n’a même pas le Monde. L’enregistrement des bagages est laborieux : les machines qui délivrent les étiquettes se coincent, ou les ordinateurs se plantent, ou les employés sont incapables … La queue n’avance pas. On s’impatiente.

En vol

Le vol dure moins de deux heures. Des nuages, par intermittence, cachent le paysage. Il est difficile de se repérer. Sommes nous encore en France ? Des sommets enneigés, sûrement les Alpes, mais où ? En France ? En Suisse ? En Italie ? Le voisin derrière moi croit reconnaître Lucerne. A nouveau les nuages couvrent le champ de vision.
J’ai pris les journaux italiens distribués par Méridiana. Je lis les pages consacrées à la reconnaissance par l’Espagne du mariage gay avec droit à l’adoption. Cette mesure vient en en accompagnement de tout un train de lois sur le divorce et contre la violence au sein du mariage. Je m’attendais à plus de critiques de la part des Italiens qui ont suivi les consignes de l’Eglise en boycottant le référendum progressiste sur la procréation assistée .La Repubblica présente les lois sans trop de commentaire. Le Corriere della Sera fait une interview d’une page entière de Pedro Almodovar.
Enfin la mer ! Des îles : Elbe ? Je cherche en Toscane les lieux où nous étions l’an passé. L’avion survole des montagnes, un lac, une ville perchée, peut être Cortone ? Nous perdons de l’altitude, signe que nous approchons. Le Vésuve est visible sur l’autre côté de l’avion à mon grand regret. Nous l’avions survolé en rentrant de Sicile et le cratère était très impressionnant.

Dans le quartier de la Gare : l’hôtel

Nous rejoignons facilement l’hôtel. Peu de monde dans l’Alibus, pas d’embouteillage non plus. Nous débarquons place Garibaldi juste en face de la via Milano d’où on vit l’enseigne de l’hôtel delli Nazione. Le réceptionniste, jeune, parle très bien français. Notre chambre est très propre, mobilier beige souligné de bois clair. Dans un cadre en bois, une reproduction de Guernica La climatisation est un peu bruyante mais bien nécessaire. La salle de bains, toute neuve. La chambre donne sur cour. Pour une nuit, ce sera parfait.
Premières impressions de Naples : les abords de la Gare font plutôt Tiers Monde, mélange de Barbès, d’Omonia ou de la takhana merkasit de Tel Aviv. Boutiques d’horlogerie et d’électronique, téléphones mobiles, Tavola Calda et restaurants bon marché bordent la lace sur les trottoirs, des étals divers, souvenirs africains, ceintures, pantalons et même des livres d’occasion. Des chalands zonent, des Africains, des blancs ressemblant à des gitans, d’autres un peu clochardisés.
La gare est très laide avec son auvent de béton gris aux énormes pliures en triangles grossiers abritant un hall encombré de guérites adossées au bout des quais. Au n°16 arrivée de l’Eurostar, nous devrions trouver le guichet qui vend l’Artecard  ou la Campania-Artecard , le passe magique qui devrait nous faciliter l’accès à tous les sites et musées.
Nous connaissons cette formule pour l’avoir utilisée à Vienne et à Budapest.

Promenade en direction du port puis Piazza del Carmine

Nous retrouvons le Vésuve à tous les carrefours dès que la vue est dégagée. Naples, c’est aussi la mer. Nous descendons le Corso Garibaldi en direction du port. Entre les bâtiments se déplace la cheminée bleue d’un bateau. Nous aboutissons sur une route très large in traversable. En face une grille enferme le port avec ses silos, ses docks qui cachent la mer. Inaccessible !
Nous marchons à l’aveuglette, sans carte ni guide, arrivons à la Piazza del Carmine. L’église, toute noire ne nous attire pas. Nous sortons l’appareil photo du fond du sac Piazza del Mercato. La lumière du soir met en valeur les couleurs vives d’un bric à brac incroyable. Des centaines de chaises de jardin ou de camping, des transats rayés, des parasols sont installés au milieu de la place, accompagnés d’échelles et d’escabeau en aluminium qui brille au soleil, plus loin, des tricycles, petits vélos et motos miniatures tous peints aux couleurs enfantines acidulées, rose bonbon, vert fluo, jaune criard. J’essaie la photo, le cadrage n’est pas facile. Tout cet étalage masque l’architecture de la place décrite dans le Guide Gallimard « en 1781 Securo réorganise cet espace irrégulier selon une scénographie rappelant l’architecture du théâtre….. »Sans la lecture du guide, de retour à l’hôtel, je n’aurais jamais imaginé que cette foire à la vie de plein air aurait pu cacher une merveille de scénographie !

Morale de l’histoire : ne jamais partir sans guide !

Tout autour de la place es enseignes proposent des feu d’artifice. Là aussi, Gallimard propose son anecdote : l’embrasement de l’église Santa Maria del Carmine chaque 16 Juillet. Si nous avions porté le livre nous aurions aussi su que cette place avait été le lieu de la révolte de Masaniello et le lieu des exécutions capitales.
Scènes de rue
Au hasard des petites rues qui tournent le dos au port. Les boutiques ferment, il y a peu de circulation automobile. Le quartier semble calme. En revanche les vespas occupent le pavé. Les conducteurs des bolides, sans casque,   ont l’âge du collège. Dominique appelle ses parents à Vendôme. La conversation tourne court : en plus des pétarades des engins, une alarme s’est déclenchée dans une voiture, on entend la sirène de la police. Impossible de s’entendre : on enverra des SMS !
Au dessus de l’épicerie, un seau en plastique bleu descend au bout d’une corde, une femme y place de la marchandise.
Les immeubles aux façades lépreuses sont parfois envahis de végétation. Un clocheton attire mon attention, ou un arbuste perché sur une coupole. Si j’espérais retrouver la noble distinction des ruines de Palerme, j’aurais été déçue. Ici, la pauvreté n’est ni distinguée ni pittoresque.
Nous aboutissons dans une artère animée le Corso Umberto 1er bordé de jolies boutiques. Ce sont les soldes. Nous sommes bien tentées par de jolies chaussures. Rentrons à l’hôtel après avoir acheté une escalope panée dans une Tavola Calda et une salade au Mc Do ainsi qu’une grande bouteille d’eau chez les chinois.


2. Naples - Souterrains

Publié le : 09 Novembre 2006
2.  Naples - Souterrains

Nous rejoignons notre appartement en  métro, station Cavour.


9h10, j’ai acheté la Campania Artecard et nous voila chargées comme des baudets en route vers notre nouvelle maison. Les métros sont peu fréquents et ressemblent plutôt à des trains de banlieue. A la station Cavour, la correspondance entre les deux lignes est assurée par un tapis roulant, un ascenseur nous hisse en surface. Nous arrivons pile à 10heures. La propriétaire nous attend au pied de l’immeuble. Elle est très aimable. Elle nous montre tous les secrets de la maison y compris le robinet d’arrivée d’eau en cas de fuite, celui d’arrivée du gaz, les piles d’allumage du chauffe-eau…les balais. Une fois tout bien expliqué, elle prépare du café, nous bavardons autour de la able. Avant de se quitter, elle me fait faire le tour du quartier et me présente à l’épicier, à la pizzeria et nous fixe rendez vous pour mardi soir. C’est vraiment agréable d’être si bien accueillies !

Au marché

Notre première sortie sera le marché de l’autre côté de la place Cavour. La propriétaire nous a prévenues : pas de sac à main, pas d’appareil photo. On s’attend à un coupe-gorge ou à une foule dense. Le marché est tranquille, pas de queue, nous sommes les seules clientes chez le poissonnier et aux fruits et légumes. Pou 8 € nous rentrons chargées d’oranges, de tomates, courgettes, concombres, nèfles et un melon. La vie n’est pas chère au marché !



Centre historique place Bellini, conservatoire de Musique


Du Musée, nous descendons une rue tranquille bordée d’un grand bâtiment de pierre jaunes aux belles arcades : les Beaux Arts.
La place Bellini nous offre notre première halte devant un palais baroque le palazzo Firrao orné des bustes des souverains espagnols, d’un couvent rouge qui ressemble à un palais précédé d’un escalier monumental : le couvent santAntoniello a Pontalba. Au milieu de la place : la statue de Bellini. On s’assied sur le socle à l’ombre du musicien pour consulter nos guides. La place est très verte, très ombragée avec ses palmiers et des petits arbres exotiques. Des cafés ont installé leurs terrasses sous de beaux parasols blancs. Du Conservatoire, tout proche, s’échappe du jazz Derrière la statue nous découvrons les vestiges d’une muraille grecque.
De cette place nous avons le choix es itinéraires selon  les propositions de nos livres ou en suivant les plaques de Napoli Musée de Plein Air dans les petites rues du centre Historique.

Le Conservatoire de Musique est ouvert. Nous entrons sous les arcades entourant deux cours plantées d’arbres très hauts, ressemblant à des cloîtres baroques. Eclairage au gaz. Beethoven se reflète dans une grande vitre. L’autre cloître est décoré de bustes, on reconnaît Verdi parmi les autres musiciens.

Via dei Tribunali

Nous suivons le Decumanus maximus, artère antique, maintenant  Via dei Tribunali. Tout se mêle : les églises gothiques angevines noyées sous le baroque, le joli campanile roman de brique qui intègre de belles colonnes antiques de marbre blanc. Sur l’emplacement de l‘ancienne agora ou du forum romain, des arcades abritent des boutiques. Certaines vendent des fruits et légumes, d’autres des pizzas et arancini, d’autres, enfin, des cornes rouge porte-bonheur, des santons et des masques…

Nos livres nous décrivent l’intérieur des églises fermées. C’est un peu frustrant de ne pouvoir y entrer. Du dehors, aucune ne nous parait vraiment belle. Les ajouts baroques, les peintures grises ou blanches alourdissent les édifices. Seul le petit campanile de brique tire son épingle du jeu. Santa Maria delle Anime del Purgatorio est décorée de crânes et de tibias, c’est original.

Naples souterraine

Pour déjeuner, Dominique achète une pizza et moi, une livre d’abricots que nous avons à peine le temps d’avaler : la visite de Naples Souterraine commence à 14heures.
Je ne sais pourquoi cette visite est celle que j’ai le plus désirée. Dominique a renoncé : trop de marches….Dommage, le groupe est petit, les carrières sont bien ventilées cela aurait été une occasion de vaincre sa claustrophobie. Le guide est français, nous sommes trois, un français, sa copine napolitaine et moi.
Nous descendons par un bel escalier aux marches basses, presque une rampe, et arrivons dans les carrières de tufo, roche très cohérente. Les salles sont très hautes avec des piliers naturels en pyramides inversées.
Naples est creuse, comme Paris, d’ailleurs, Les Grecs ; les premiers ont utilisé cette roche légère et très résistante à la compression, facile à tailler. Seule défaut, elle est poreuse. C’est une roche volcanique gris assez clair, comparable à la pierre de Volvic. Après les Grecs, les Romains tirèrent parti du réseau des carrières pour faire passer l’aqueduc apportant à la ville l’eau venant des pentes du Vésuve ou plutôt de la Somma où se trouvent les sources. Cet aqueduc était encore fonctionnel au 19ème siècle. L’épidémie de choléra des années 1880 causa sa fermeture. Les Napolitains utilisèrent cet espace comme décharge. Les souterrains furent à nouveau mis en service comme abris antiaériens pendant la 2ème Guerre Mondiale. Il suffit alors de concasser les débris, de rajouter de la terre et de tasser les gravats qui remplissaient 5m d’épaisseur. On chaula les parois  pour désinfecter et on installa l’électricité. On combla aussi les puits en coulant du ciment et on maçonna des escaliers d’accès.
Nous marchons sur ce sol de 1942. Plus loin, sur la muraille réapparaissent les traces de l’enduit romain qui imperméabilisait la roche poreuse : mélange de poudre de roche, d’huile végétale, de ciment à la teinte rouge  Au dessus une sorte de trottoir pour le passage des puisatiers. Dans les étroites galeries, des trous dans la paroi pour les pieds des puisatiers de part et d’autre du couloir. Ils devaient être petits : le plafond est bas. Ils devaient également être agiles pour remonter par les puits en mettant les pieds dans des encoches. Le puisatier a inspiré un personnage de légende napolitain : le « petit moine » qui s’introduisait dans les maisons soit pour voler soit pour faire des cadeaux ou encore pour séduire les femmes.
Il fait frais, très calme et humide. Un aqueduc virtuel a été reconstitué : une salle a été remise en eau. Pour y accéder, on se munit d’un bougeoir et on passe par un très étroit boyau. Le puisatier aurait utilisé les encoches, nous marchons sur un sol égal. Nous découvrons une eau verte. D’un puits, descend une jarre de terracotta. D’autres amphores complètent le décor. Je suis émerveillée. Bien sûr, rien de comparable avec les citernes d’Istanbul avec leur forêt de colonnes. Le contraste entre la ville bruyante écrasée de chaleur et la paix et la fraîcheur qui règnent ici est le même.

Théâtre romain

Un théâtre romain a été découvert depuis peu dans les caves des maisons du quartier derrière la place San Gaetano sous l’énorme église qui elle-même utilisait les colonnes du tempe des Dioscures. On  ouvre une porte d’un logement en rez de chaussée encore habité il y a quelques années. Les habitants sont partis mais ont laissé leurs meubles : un buffet, une vieille télé des années 60 avec son écran bombé sous sa vitre, des lits au cadre de bois sculpté. On tire un lit, monte le bois de la trappe et on découvre l’escalier qui menait à la cave en maçonnerie romain. C’est un des couloirs qui menait à la scène. Jérémie, le guide nous montre l’appareil romain : le premier système antisismique : la fine brique romaine forme une sorte de cadre. Les vides sont remplis de ce qui ressemble à des pavés carrés. Ce ne sont pas des cubes mais des cônes pointus. La différence des matériaux, les ruptures absorbait les ondes sismiques. En effet, malgré les importants séismes, rien n’a bougé. On ne voit pas une fissure. Au dessus de ces galeries romaines tout un quartier vit, ignorant qu’il se trouve « dans le théâtre ». Celui-ci est quand même visible de l’extérieur. Les rues sont traversées de hauts contreforts de briques qui arrivent au 3ème étage ce qui donne une idée de l’ampleur de cet édifice.

San Lorenzo


La visite terminée, je visite l’église San Lorenzo : énorme façade baroque peinte en jaune ornée de personnages géants. Les chapelles abritent des trésors. Mais je suis un peu distraite.
Je rentre par des ruelles qui paraissent moyenâgeuses ; sans doute, le plan des rues est encore plus antique. Malgré l’étroitesse des ruelles, il est relativement facile d’avancer droit. Je débouche Place Cavour en un petit quart d’heure.
Le digicode est en panne. Comment entrer ? Heureusement Dominique descend m’ouvrir.
La suite de l’après midi est moins réussie. Nous avions prévu une courte visite au Musée Archéologique tout proche. Je pensais y avoir un accès permanent avec l’Artecard. Cette dernière ne donne visite qu’à une seule visite gratuite qu’on nous déconseille. Les collections les plus intéressantes sont fermées. Nous reviendrons un autre jour !
La belle Galerie Principe vitrée nous attire. Elle paraît abandonnée aujourd’hui. Ce sont des bureaux vides le week end Nous nous retrouvons à l’arrière du bâtiment des Beaux Arts dans une rue piétonnière qui conduit à la place Dante, une des places monumentales de Naples. .Sur la place : une structure gonflable, une sono, une animation bruyante. Des enfants dansent sur une musique stridente, guidés par une animatrice hurlante. Nous fuyons sans un seul regard pour les bâtiments pompeux.
Nous retrouvons les rues parcourues ce matin. Mais, tout est fermé : les belles librairies ont fermé les volets. Seuls restent ouverts les commerces d’alimentation. Il n’y a personne dans les rues. Nous nous asseyons à l’arrière de la nef de Santa Chiara ; un mariage se déroule. Il est trop tard pour visiter le cloître. Nous terminons la promenade au hasard. J’arrive dans le quartier du Port et retrouve la circulation, la vie moderne, les soldes sur le Corso Umberto 1er bordant les quartiers antiques. Je longe les grands bâtiments de l’université retrouve San Gaetano par les ruelles. Les santons et les crèches sont  rangés.


3. Solfatare - Pouzzoles - Baia

Publié le : 09 Novembre 2006
3.   Solfatare - Pouzzoles - Baia

En métro vers Pouzzoles;[/i]

     A 8h30, au Métro Cavour. Le guichet est fermé. Je ne sais quel billet acheter dans l’automate.
L’employé préfère lever la chaîne et nous laisser passer plutôt que de nous renseigner. Sur le quai des jeunes avec des parasols et des sacs de plage attendent déjà.
La gare de Pouzzoles Solfatare est le terminus de la ligne. Nous sortons soulagées de ne pas avoir été contrôlées. A l’arrêt du bus deux vieux très aimables nous renseignent :
- »Où acheter le billet d’autobus ?
-pas la peine c’est le même que celui du train
– on l’a jeté »
mentons nous effrontément,
»-Peccato ! ». Nous continuons notre voyage gratuit.

La Solfatare : un volcan actif !

La Solfatare est un volcan occupé par un camping. A l’entrée, un porche devant un bâtiment rouge foncé du même rouge que celui des maisons des cantonniers. Dans le petit musée de jolis cristaux : du réalgar orange et jaune fluo ; c’est un sulfure d’arsenic qui cristallise ici. .Les pancartes nous expliquent les caractéristiques de l’arbutus et de la myrte.
Le centre du cratère est une plaine blanche et desséchée : la Fangaia, le bourbier, les eaux infiltrées sont réchauffées par le magma proche, elles ressortent en faisant de grosses bulles de boues. Malheureusement, cette année, la boue est desséchée, il a dû faire trop sec. C’est l’odeur sulfureuse qui nous surprend en l’absence de bouillonnement dans le bourbier. Nous ne découvrons les fumerolles que plus tard. Deux pyramides renversées attirent notre attention : réflecteurs pour les mesures par satellite des déformations du sol. Deux autres réflecteurs sont  situés de l’autre côté du cratère. Un satellite à 800 km  en orbite peut mesurer l’écartement entre les deux cibles et en déduire des changements au niveau du magma. La Solfatare est un volcan actif !
Un peu plus loin les fumerolles sont impressionnantes, à la base de la plus grande la Boca Grande, des concrétions oranges (du réalgar ?). Des traînées de soufre colorent le sol très blanc(de l’alun ?). Parfois les cristallisations se font dans des sortes de tubes ou dans de petites géodes contenant de fines aiguilles. Elles ne sont pas faciles à photographier sans objectif macro. Plus haut, le bord du cratère a été exploité comme carrière de trachyte, roche très claire presque blanche ici. Dominique veut s’asseoir, le sol est brûlant.
Nous passons devant un puits du Moyen Age d’où on tirait une eau miraculeuse. Au XIXème siècle, des étuves ou sauna ont été construits à l’aplomb de fumerolles particulièrement abondantes : l’Enfer et le Purgatoire.
Cette visite complète notre étude du volcanisme commencée au Teide.

Amphithéâtre de Pouzzoles

Un autobus nous conduit à l’Amphithéâtre de Pouzzoles, le 3ème par la taille, après le Colisée et celui de Capoue. Cette visite est la suite logique de celle du Théâtre romain enfoui dans Naples souterraine. Ici, les gradins sont bien visibles. Le plus impressionnant : les souterrains et les couloirs où se trouvaient les cages des fauves, les loges des gladiateurs et toute la machinerie.L’amphithéâtre romain est très différent des théâtres grecs que nous connaissons bien adossés à une montagne et utilisant la topographie naturelle. Celui-ci est entièrement construit de brique et de petites pierres en opus reticulatum (l’appareil en cônes à base carrée que j’ai observé hier dans les souterrains). Encore une fois j’admire les qualités parasismiques dans cette région de bradyséisme. Construire un édifice de cette taille et le conserver en parfait état témoigne de ces qualités. Nous cherchons longtemps l’entrée des souterrains. Dominique avait entendu des voix venant de dessous la scène. Nous faisons presque le tour du théâtre. Des énormes arcades qui soutiennent les gradins abritent des couloirs qui, alternativement mènent au niveau supérieur ou inférieur par des escaliers qui montent et descendent. Nous imaginons dans ces couloirs les entrées du public en toge, les gladiateurs. Finalement, nous découvrons le passage vers les souterrains. La lumière tamisée par les grilles projette de fines rayures sur les volumes évidés qui s’emboîtent, les arcs de cercle, les voûtes, les contreforts. J’espère que les photos seront réussies. Un souvenir me revient ; es énormes greniers de Mekhnès. Il faudra revoir l’album !

Port de Pouzzoles, ferries pour les îles

Nous descendons par les rues en pente et fleuries vers le port de Pouzzoles. La mer est très bleue sillonnée par d’innombrables canots à moteur, hors bord, zodiaques qui vont et viennent en tous sen. La circulation nautique est à l’image de la circulation automobile. Il y a également les ferries qui relient Ischia et Procida.
Le site du « temple de Sérapis », en fait un marché (forum), est fermé ; comme il est en creux, on le voit beaucoup mieux d’en haut de l’extérieur. Les trois énormes colonnes d’un portique sont attaquées par les organismes marins. Elles montrent les variations importantes du niveau de la mer : bradyséisme. On reconnaît bien les échoppes. Je crois retrouver les latrines dans un coin  à l’écart.

La Cumana


Pour Cumes, il faut trouver l’autobus, pour Baia, la Cumana-sorte de RER- Nous sommes passées devant la gare de la Cumana. On achète, enfin, le  billet. Le train longe la plage sur le bord du golfe : bondée ! les chaises longues se touchent, les parasols se chevauchent. Je n’ai aucun regret d’avoir oublié mon maillot ! Nous passons entre deux lacs. Un restaurant sur pilotis à l’air très chic interdit la baignade publique. Protestations sur un calicot bien visible du train. Nous voyons s’approcher Baia bien reconnaissable à son château sur un promontoire rocheux. Le train s’engage dans un tunnel. A Fusaro, nous comprenons qu’il aurait fallu descendre à la station précédente. Le temps de réagir, nous voilà au bout de la ligne à Torregaviota cette fois sur la mer tyrrhénienne, petite plage sous un rocher pittoresque. C’est l’heure du pique nique. La foule sur la plage ici encore, nous décourage. Reprenons le train en sens inverse jusqu’à Lucrino.

Midi à Baia

Le bus pour Baia, tarde. Il fait chaud. Dominique s’impatiente. Pourtant je trouve que nous nous sommes drôlement bien débrouillées avec les transports en commun jusqu’à présent. En dehors de l’erreur de parcours, nous avons trouvé les sites sans galérer et les autobus sans attendre. Nous avons faim aussi. Dans la vitrine d’une tavola calda on vend des arancini bien appétissants ; nous ne sommes pas les seules à les convoiter. 13h30, le bus nous dépose sur une placette à Baia en face de l’escalier qui monte aux thermes. Nous préférons le port et les bateaux qui conduisent aux villas submergées. Baia était un lieu de villégiature très chic pour l’aristocratie romaine qui a bâti de véritables palais. Bradyséisme ? une partie de la station balnéaire antique s’est retrouvée noyée dans le golfe. Des fouilles récentes ont permis d’explorer les ruines en plongée. L’excursion en bateau à fond de verre coûte 15€  et part à 15h30 .Il faut donc attendre.

Le port est très joli : une marina de taille raisonnable, pas de voitures et surtout une vue extraordinaire sur le Vésuve tous les caps îles et rochers qui plongent dans le golfe. Deux ou trois restaurants chic ont installé des tables à l’ombre de stores, sur de petites terrasses : les tables d’une pizzeria et d’une gelateria. Malheureusement, le soleil de midi cogne dur, il n’y  pas un coin d’ombre même pas sous les grues du petit chantier naval.

Nous pique-niquons dans la « villa communale » un peu pelée, à l’herbe jaunie parsemée de crottes de chien, sur des bancs à l’ombre. Un palmier en occupe le centre. De vieux pins aux branches contournées encadrent le château aragonais. Si l’attente exaspère Dominique, elle ne me déplait pas. J’ai l’occasion de dessiner. L’étude des pins noueux m’occupe, je suis plus maladroite pour la forteresse perchée sur la colline qui semble de guingois surmontée de constructions postérieures en équilibre bizarre, comme posée de travers. J’aimerais terminer mon dessin, faire également un croquis de la baie.

Dominique propose un café frappé. Je suis toujours partante pour le café. Les enfants qui s’agitent sur les marches la découragent. Une angoisse du retour l’a saisie, ou est ce la chaleur ? Ou ma présence qui l’irrite ? Après quelques mots aigres, elle prend ses tickets, révise les étapes : autobus pour Lucrino, Cumana jusqu’au terminus Montesanto, métro jusqu’à Piazza cavour.

Parc  archéologique : thermes de Vénus, villas luxueuses

Je reste. L’endroit est magnifique, nous sommes à deux pas d’un parc archéologique. Pourquoi rentrer si tôt à Naples ? Je monte les escaliers encadrés d’une végétation exubérante : bougainvilliers violets, bignonias, myrte aux petites feuilles pointues et aux discrètes fleurs blanches. En passant, je découvre une forme creuse bizarre, tiers de parapluie énorme, coupole en ruine, sans doute le temple de Diane (29m de diamètre) à moitié envahie par des lianes. De l’autre côté de la ville, encore un édifice gigantesque : les thermes de Venus’26m de diamètre). Le site est désert. Je suis la seule visiteuse. Pourtant c’est un site exceptionnel par sa situation géographique : il occupe tout le versant d’une colline avec une vue merveilleuse, par l’ampleur des ruines : trois complexes : les Thermes de Sassandra au centre, seuls visitables actuellement. Des panneaux guident le visiteur. Austères et détaillés : plan des ruines texte bilingue anglais-italien écrit tout petit. Je me promène au hasard sur les terrasses antiques ombragées le long des portiques à colonnades et à arcades. Je découvre une statue dans une niche, une petite salle au plafond décoré de stucs délicats aux motifs de cygnes et de Cupidon très  finement estampés, des mosaïques….Il faudrait un guide pour faire revivre ces ruines. J’en suis réduite aux conjectures : qui était donc Sossandra ? Etait ce un palais ? des thermes publics ou privés ? La dimension des salles est étonnante. Une colonnade plaquée de marbre rose est très élégante.
Au premier abord, la présence de thermes à deux pas de la mer surprend. La présence du volcan, la proximité de la solfatare explique les eaux thermales, sans doute chaudes ? Tandis que j’écris, je remarque l’absence d’hypocaustes si caractéristiques des thermes. Les sous sols sont ils masqués par la végétation ? Ont-ils été dégagés ? Ou tout simplement n’était-ce pas nécessaire avec la géothermie ? Le gigantisme est impressionnant. Je pense à Néron à Agrippine. Je regrette de ne pas avoir mieux préparé le voyage. Le gros bouquin sur les derniers jours de Pompéi dort dans la valise. J’ai hâte de l’ouvrir.

Première baignade

Avant de reprendre l’autobus, je me déchausse sur la petite plage en contrebas de la route et marche dans l’eau pour mes ablutions rituelles. Comme je suis en pantalon je ne m’avance pas dans l’eau. La baignade est courte. La plage est barrée par un restaurant sur pilotis. Les baigneurs sont nombreux, certains ont installé des sièges pliants au milieu de l’eau.

Dans l’autobus l’autiste est sympa

L’autobus est complet, je reste debout près du chauffeur (l’autiste, faux ami qui me fait rire). Tout le monde s’accorde à dire que l’autiste est sympa : il s’arrête entre les arrêts pour collecter encore de nouveaux passagers (cela rappelle le Cap Vert). Détour panoramique entre les villas de Bacoli et de Fusaro dans les vignes. Brusquement demi-tour, on descend à Fusaro pour trouver la Cumana.

Retour de la plage dans la Cumana bondée

Le train est complètement recouvert de graphs et ressemble à un mythique métro New-yorkais quand le graph. était un phénomène artistique à la mode. Maintenant on s’en lasse ! Je trouve un siège et me relève brusquement :il est mouillé ! Cela fait rire tout le monde. Les passagers sont tous des jeunes, assez peu de famille. Garçons et filles sont allés à la plage. Ils reviennent rouges de coup de soleil ou noirs selon la nature de leur peau. Ils s’interpellent, se frappent dans le dos, chantent. J’avais imaginé écrire dans le train, impossible avec ce vacarme ! Tout le wagon est arrosé. Personne ne proteste, il fait chaud, cela provoque encore l’hilarité. Le train suit la côte, s’enfonce dans des quartiers sordides. Encore des fresques des grapheurs : le motif le plus employé est le cercueil orné d’une croix. Des canards ou des poulets tirent des guirlandes de cercueils avec des bombes stylisées pour changer : macabre décors !
Au terminus, Montesanto, tout le monde descend dans le noir. On s’embrasse. On s’étreint. Les adieux sont déchirants. Se connaissaient ils d’avant, ces ados qui pleurent avant de se séparer ? Se reverront ils à la plage dimanche prochain ? Je suis la procession dans la rue pour faire la correspondance avec le métro Montesanto. Une seule station mais une longue attente. Des ados font de la provocation : ils sont assis sur le rebord du quai. Les filles, longs cheveux noirs, boléros collants laissant voir des bourrelets bronzés, jouent avec des couteaux à cran d’arrêt, les lames brillent. Personne n’a l’air de s’en offusquer. Leur show meuble l’attente.Des hauts parleurs diffusent du Mozart entre les annonces « Il est interdit de jeter des objets par la fenêtre », « il est interdit de dépasser la ligne jaune ! »Enfin le métro, tapis roulants, je vois Dominique juste à la sortie.


4. Musée Archéologique - castel del Ovo - place du Plebisci

Publié le : 09 Novembre 2006
4. Musée Archéologique - castel del Ovo - place du Plebisci

Manger à Pompéi !

Nous commençons la visite par une exposition consacrée aux aliments et à l’alimentation à Pompéi. Un triclinium est meublé d’épais coussins recouvrant les banquettes mais pas de table. Les murs sont peints de rouge avec de petits paysages à la place des fenêtres. Des panneaux très modernes expliquent comment on apprêtait les repas, les herbes le garum, les différents poissons…On a aussi reconstitué une échoppe à bière ou à vin. La décoration murale est à motifs animaliers. Même les graffitis sont présents. Dans une vitrine : les restes carbonisés de figues, olives, noix, grenades, siliques de caroubes et les pains ronds aplatis partagés par les encoches radiales. Les panneaux montrent la boulangerie et même le portrait du boulanger.

La vaisselle des Romains

Les salles suivantes nous projettent encore plus dans la vie quotidienne des Romains : salles de l’argenterie et des bronzes où l’on voit la vaisselle des Romains. Les vitrines anciennes sont des merveilles du genre : leurs pieds sont de petits personnages encapuchonnés, atlantes d’une vaisselle magnifique. Luxe des poignées ciselées ou embouties, des motifs, des sculptures. On voit surtout des brocs, des cratères ou des pots, pas d’assiette ni de couverts. Les moules en forme de lièvre ou de porcelets pour les pâtés sont très sophistiqués : la cheminée pour évacuer la vapeur se trouve à la place de la queue du lapin. La verrerie est extrêmement variée : belles carafes et carreaux de vitres pour les fenêtres en passant par des chef d’œuvres comme le vase bleu ornée de camées ou la coupe en cristal parfaitement transparent gravée de motifs dionysiaques. Cet étalage de luxe cadre bien avec les villas de Baia ou de Pompéi.
Cabinet secret

A 9h45 précises, nous nous présentons au Cabinet Secret. La censure qui pèse sur les objets érotiques leur donne encore plus de valeur. Cette censure des Bourbons était éminemment politique Les Romains depuis la Renaissance et peut être même avant étaient des modèles pour la monarchie. On les imaginait courageux et virils. On les découvre très portés sur le sexe et la luxure, un très mauvais exemple pour les Espagnols très-catholiques. De plus, tous les visiteurs de toute l’Europe seraient capables de ternir la réputation de Naples en propageant ces images choquantes. Mieux valait les enfermer dans un Cabinet Secret.
Evidemment, pour nous, peu d’image sont choquantes : les personnages de Satires ou de l’Hermaphrodite sont connus, anciens souvenirs du Satiricon de Fellini qu’il faudrait revoir .Différents objets en forme de phallus, lampes à phallus, clochettes, jouets érotiques… rien de très surprenant.

Mosaïques

Les mosaïques, en revanche, sont d’une finesse incroyable. Elles surpassent par leurs coloris, leurs détails, tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Et pourtant, nous en avons vues : à Istanbul, à Paphos, ou à Piazza Armerina .Mise à part la très belle bataille d’Alexandre les sujets sont plus intimistes, de très petits tableaux montrent des artistes, la sorcière…les portraits sont saisissants ainsi que les animaux.

Le Temple d’Isis, décor de la Flûte enchantée

Au moins quatre grandes salles sont consacrées au temple d’Isis de Pompéi et à son portique peint de rouge avec un e frise noire. Ce tout petit temple a fasciné le public lors de sa découverte en 1770. D’après les explications, elle serait à la base de l’Egyptomanie et aurait inspiré Mozart pour sa Flûte enchantée. Les décors de l’opéra, à sa création, auraient été les copies du temple d’Isis Au centre d’un e salle : une maquette récente correspondant à un travail numérisé par informatique d’après les photos. Tout autour de la pièce, les gravures du 19ème siècle. Les panneaux rouges du portique sont décorés de petits rectangles représentant soit des paysages d’Egypte soit une naumachie- galères sur le Nil- censée rappeler la légende d’Isis et d’Osiris. Je ne reconnais pas trop l’Egypte ; des détails comme la présence d’un ibis ou le crâne rasé d’un prêtre font couleur locale.
Des bronzes retrouvés dans une seule villa occupent deux grandes salles.
Archéologie de Naples

Puis on passe à l’archéologie de Naples : le temple des Dioscures, remplacés par la grande église San Paolo place San Gaetano puis le forum situé dans le cloître de San  Lorenzo… Je suis contente d’identifier les lieux après notre promenade de samedi

Collection Farnèse

Dernière partie du musée : la Collection Farnèse, principalement des marbres. Dans un grand hall au rez de chaussée tous les empereurs ou presque sont alignés : Caracalla, Marc-Aurèle (très beau) Domitien coiffé d’une couronne, Vespasien et sa sale gueule, César. J’aurais bien aimé trouver Néron et Hadrien mais ils sont absents. Les Romains ont désormais un visage !
Encore des chefs d’œuvres ! Le grand taureau Farnèse, le plus grand bloc de marbre sculpté dans l’Antiquité, l’Artémis d’Ephèse…
A 11h, Dominique me quitte pour faire le marché.  Je recommence la visite depuis le début pour prendre des photos, approfondir la lecture des panneaux, revoir mes préférés…

La perziana e blocata !

Nous venons tout juste de terminer le déjeuner, enfin moi, Dominique est écoeurée, que l’on sonne à la porte. C’est la propriétaire qui est rentrée tout spécialement de la mer après mon coup de fil d’hier soir. Elle constate les dégâts : la perziana é blocata ! Elle revient avec un ouvrier qui démonte le coffre au dessus de la fenêtre, déroule et enroule puis change le ressort enrouleur. Pendant une heure j’essaie d’être aimable et de converser en Italien. Cela m’amuse bien. Elle a remarqué que Dominique fait la tête. Elle essaie de la dérider et veut savoir ce qui lui ferait plaisir. L’ouvrier suggère de la camomille !

Promenade le long de la mer

A 15h30 nous prenons le métro jusqu’à Mergellina. Nous avons prévu de longer la mer jusqu’à la villa Communale – jardin où ni les hommes en livrée ni les va nus pieds  ‘étaient admis- puis de visiter le Château de l’OEuf.
La mer est bordée d’énormes immeubles le plus souvent peints en marron ou ocre et ornés de colonnes, cannelures, stucs, caryatides…Sur une digue artificielle construite en roches claires les baigneurs s’installent comme ils peuvent. Les jeunes plongent de n’importe quelle jetée et même des ferries qui partent pour les îles. Les adultes ont apporté des sièges e,n plastique, des parasols…Il fait chaud mais pas assez pour que je regrette de ne pas les imiter. Deux toutes petites plages de sable sont aménagées avec des dizaines de barques. J’en profite pour me tremper les pieds.
Le club de Tennis de Naples est magnifiquement installé face à la mer.
La Villa communale nous déçoit u n peu et nous ne traversons même pas la rue.
Château de l’Oeuf

Le Château de l’Oeuf -Castel dell Ovo- est impressionnant. D’après son nom, j’avais imaginé quelque chose de plus petit, sans doute l’idée d’un œuf ! C’est une forteresse très haute aux murs lisses n’ayant que peu d’ouvertures en tufo de Mégaride très clair, jaune ; Il est situé sur un îlot relié à Naples par une digue encadrée de tours crénelées. Tout autour, rien que des cafés et des restaurants, maisons anciennes à un étage, charmantes .La vue sur le Vésuve, du haut de Castel dell ovo est somptueuse. Je dessine le Vésuve qui semble à portée de main. Je distingue les coulées les plus récentes qui semblent menacer les habitations en dessous. La densité de l’urbanisation juste sous le volcan est impressionnante. Plus près de nous, les grues du port, bleues et oranges se détachent. Un énorme paquebot de croisière masque la ville.
Via Parthénope- glace aux fruits confits
Pour rentrer chez nous c’est compliqué. Aucun autobus direct ne relie le Musée. A pied ce serait faisable si Dominique n’avait pas si mal. Après des hésitations nous empruntons la Via Parthénope(quel beau nom !) bordée d’hôtels de luxe. Je m’offre une délicieuse glace aux fruits confits que je mange dans un jardin public d’où nous envoyons les SMS. Comment rentrer ? Le bus 25 passe ici, mais pas de tabac en vue pour acheter des tickets.
Place du Plébiscite
On continue donc la promenade pour aboutir sur la Place du Plébiscite éclairée par la belle lumière du coucher du soleil. Les imposants bâtiments rouges sont ornés des statues des rois de Naples : Charles III, Murat…Au fond de la place, au milieu de la colonnade en arc de cercle une énorme coupole. On pense au Vatican, il ne manque que les statues sur le toit (et encore ! il en reste quelques unes !
Nous trouvons une rue piétonnière avec de très jolies boutiques et une foule dense pour la passeggiatta ou pour les soldes. Retour par le C25 et le métro Amadeo.


5. Ercolano -Vomero

Publié le : 09 Novembre 2006
5. Ercolano -Vomero

Circumvesuviana vers Herculanum.

     Nous sommes parties tôt pour être les premières sur le site et profiter de la fraîcheur du matin. Le ticket journalier de Campanie valable sur le métro et la Circumvésuviana ne débute qu’à 10 h . Nous voici encore dans l’illégalité ! La Circumvésuviana ressemble à la la Cumana : train de banlieue recouvert de tags et de graphs traversant des cités et des zones industrielles Je met  suis trompée de station, nous sommes descendues trop tôt .

Grêve !

Il est neuf heures quand nous arrivons aux grilles du site archéologique, fermées. Un écriteau manuscrit annonce que le personnel est en assemblée générale – en grève- et que le site n’ouvrira qu’à 10h30.Que faire ?

villas vésuviennes

Nous suivons le Corso Résina la route principale, à la recherche des villas vésuviennes, ces magnifiques palais du 18ème. La route est en effet bordée de bâtiments imposants souvent ruinés. Malheureusement les abords ne sont plus les vergers paradisiaques ou les vignes donnant sur la mer. La mer paraît bien loin derrière les terrains vagues, les usines, les HLM à moitié délabrés.
La villa Compolieto est bien entretenue dans un beau parc. L’employé est désolé de pas nous laisser entrer : c’est trop tôt ! le public n’est attendu qu’à partir de 10h30. il sort de sa guérite et nous montre la bâtisse imposante de la Villa Favorita.
Un homme nous propose de visiter une taillerie de coraux. Dominique le repousse craignant un piège.
Pour passer le temps nous nous installons à la terrasse d’un café en face de la grille du site. Et s’ils décident la grève ? Et s’il y avait la grève dans tout Naples ? Finalement  nous entrons à l’heure dite.

Herculanum, enfin !

L’entrée du site est située au dessus du niveau de la ville antique. J’essaie d’imaginer l’énorme coulée de lave et le travail des archéologues qui ont dégagé les ruines.
L’allée e surplomb nous permet de découvrir les rues et les maisons vues du dessus. Seul un quartier a été dégagé avec deux decumani et trois cardo en tout sept insulae, ce qui est  beaucoup moins qu’à Pompéi. Un énorme pin et des cyprès dépassent. On a aussi reconstitué les jardins antiques.
Nous entrons dans Herculanum par un cardo qui passe entre un joli verger entouré de rigoles. Du bois de poirier carbonisé a été retrouvé mais on a replanté des cognassiers touffus portant de beaux fruits. En face : la maison d’Argus et celle d’Aristide avec des jardins ornés de colonnades.
Nous visitons consciencieusement chaque maison, cherchant le moindre motif peint, la moindre mosaïque. En comparant avec les merveilles du Musée de Naples, on ne peut être que déçu de la qualité des œuvres. Et pourtant comme elle est émouvante la petite perdrix qui mange des cerises ! Nous découvrons l’intimité des maisons où il reste parfois des meubles carbonisés. Nous avons l’habitude d’imaginer le plan des maisons à partir des murettes de 50 cm de haut. Ici on voit des immeubles de trois étages ! Des poutres de bois, des toits, des

étagères…
Nous entrons dans les thermes : ils sont prêts à accueillir les baigneurs. Je suis surprise par le plafond en stuc cannelé pour la condensation de la vapeur d’eau. Les étagères pour les vêtements son encore en place. Les bassins de marbre aussi ainsi que les tables pour les massages qui ressemblent aux thermes de Budapest ou au hammam.
L’effort d’imagination nécessaire dans les autres sites archéologiques est ici très réduit. Il suffit d’imaginer des personnages en toge ou en tunique et d’ajouter quelques meubles.
Les amphores de la boutique sont encore couchées sur des étagères à encoches. Les comptoirs de marbre du thermopolium font penser aux fast food. Dans les jardins, la mode est aux nymphées : petites fontaines décorées de mosaïques.
La maison qui me plait le plus est la Maison aux Cerfs le jardin situé sur une terrasse : jouit d’une belle vue sur la mer, il est décoré de petites sculptures : les cerfs qui ont donné leur nom à la maison assaillis par une meute de chiens, un trépied, des personnages. Tout autour court une galerie intérieure encore revêtue de peinture rouge avec de charmants tableaux : des natures mortes. Sur le fronton, une belle mosaïque bleue. Il faut imaginer la mer toute proche pour avoir la plus belle et la plus luxueuse des villégiatures. Herculanum donne un très beau témoignage de la vie quotidienne, peu d’éléments sur la vie publique ou religieuse. Encore une fois je mesure les limites de ma mémoire que je croyais plutôt bonne. Notre visite à Pompéi date de 1997, sans avoir tout oublié, de sérieuses révisions s’imposeraient au bout de dix ans.
Retour sans problème.
Déjeunér acheté à une tavola calda : beignet à la ricotta et boulettes de chair à saucisse aux aubergines et tomates cerises.

Villa Floridiana- Vomero

Après une courte sieste, nous allons chercher le funiculaire à la station Montesanto. Pas de funicolare – Pourquoi ? Mystère. Il faut reprendre la Metropolitana pour trouver la funicolare de Chiaia qui part de la station Amadeo. Déception : le funiculaire est souterrain. Contrairement à la metropolitana, sale et taguée, la funicolare de Chiaia est toute neuve et impeccable .Il faut dire que nous sommes dans les beaux quartiers et qu’elle vient d’être rénovée. Tout brille nickel chrome .Arrivée en haut, via Cimarosa, nous interrogeons les passant pour trouver la Villa Floridiana. J’essaie d’être polie « buona sera, prego… » un air revêche, la dame me fait signe que non, elle est pressée. Cette scène se répète. On dirait qu’on va les dévaliser. Avec nos appareils photos, nos guides et nos cartes, nous n’avons pourtant pas l’air de mendiants ! Après les civilité refusées, je continue « dov’é ? »la dame se retourne rassurée. Nous ne faisons que demander notre chemin.
Le parc est clos dans de grands murs, indécelable de la rue. Pourtant il est planté de très hauts arbres : des chênes verts, des palmiers…le sol est couvert de buissons impénétrables. Des agapanthes bleues donnent de la couleur. Des vieux s’y retrouvent. On y promène des enfants dans des poussettes, des plus grands jouent au ballon. Par cette chaleur, il y a même des joggers ! La villa Floridiana est un grand palais jaune décoré de stuc. Elle est précédée d’un bel escalier et  d’une jolie fontaine. Un petit temple rond à colonnade agrémente la vue sans y faire obstacle.
Dominique a beaucoup trop mal à ses genoux pour qu’on s’attarde à visiter le Vomero, quartier situé sur une colline avec de beaux immeubles cossus, de jolis restaurants, des épiceries de luxe. Les gens ont aussi une allure très différente de celle des gens d’en bas.
De la terrasse de la Villa Floridiana, on découvre les terrasses des riches demeures plantées de bougainvilliers et de plantes vertes. Une terrasse porte même un bassin avec des poissons rouges et un papyrus pour leur faire de l’ombre.


6; Vomero descente sur les quartiers espagnols,Pausilippe

Publié le : 09 Novembre 2006
6; Vomero descente sur les quartiers espagnols,Pausilippe



Mercredi :Musées fermés!

Expédition à Capodimonte pour rien !

Nous sommes expertes dans les transports en Metropolitana et en funiculaire, aujourd’hui nous essayons les autobus : le 178 nous conduit directement du musée à Capodimonte comme. Comme le Musée, comme le Palais royal, le palais de Capodimonte est construit de monumentaux bâtiments rouges en cadrées de pilastres et de tour de fenêtres gris. Le château de Capodimonte, voulu par Charles de bourbon en 1738  ne fut terminé qu’un siècle plus tard. Massif et imposant, il est admirablement situé sur une colline dans un très beau parc. Les palmiers aux fûts interminables ou regroupés en bouquets donnent une note de fantaisie et d’élégance ;
Comme nous sommes en avance, je fais le tour du château, découvre une terrasse dominant toute la ville et le port : au premier plan, l’imposante coupole de San Gennaro

Aucun signe d’agitation du côté de la billetterie, je me renseigne, c’est aujourd’hui, mercredi, le jour de fermeture. La brochure fournie avec l’Artecard n’était pas à jour. Nous descendons par des jardins plantés autour d’escaliers monumentaux. Les grosses boules des agapanthes bleues donnent de la couleur.

Les horaires de la visite des Catacombes de San Gennaro ont aussi changé. Il faudrait attendre trois quarts d’heure ! en attendant nous donnons un coup d’œil à l’église, énorme basilique du 19ème siècle sans intérêt, pompeuse pâtisserie consternante.

San Martino


Nous changeons nos plans : direction le Vomero pour la chartreuse San Martino par le pullman R1. Dans l’autobus, une femme nous conseille de descendre au même arrêt qu’elle. L’autobus emprunte des rues qui tournent très encombrées. Le château Saint Elmo paraît à portée de main, justement, le bus s’engage dans la direction opposée !sur le plan, le trajet paraît complètement illogique. C’est sans tenir compte de la topographie : le Vomero est perché sur une colline aux flancs raides qui interdisent toute ligne droite. Près de la place de la Médaille d’Or nous changeons pour un microbus qui tortille, avançant au pas, nous avons le temps de regarder les soldes dans les boutiques de luxe.
Enfin sur la placette de la chartreuse San Martino ! Les gardiens se tiennent sur le pas de la porte mais c’est fermé le mercredi. Là on enrage ! Tout est fermé le mercredi alors que sur la brochure… Le gardien subit notre ire avec patience et gentillesse.
Belle promenade improvisée du Vomero aux quartiers espagnols
Nous improvisons une belle promenade : la descente par les escaliers de la colline jusqu’au Corso V Emmanuele puis par les quartiers espagnols jusqu’à la via Toledo. Endroit tranquille, loin de tout, surtout de la circulation. Les maisons sont perchées, certaines tombent en ruines, d’autres sont pimpantes, toutes sont habitées. Des jardins, des terrasses ou simplement des pots de fleurs chaise abandonnée composent une image de calme et de repos insolites dans l’agitation de Naples. Dans un coin, quelques jardinières avec des plantes grasses et des fleurs, une femme sort, essore ses cheveux longs et arrange sa serviette en turban, je la complimente pour son joli jardin.

A chaque tournant, nous tentons d’identifier les coupoles et les grands bâtiments, difficile, il y en a tant !

quartiers espagnols

Passé le  corso V Emmanuele qui ceinture la colline, c’en est fini du calme et de la tranquillité. Nous descendons d’étroites rues sans trottoir bordées de palais en ruines. Partout du linge sèche, de fenêtre en fenêtre, traversant la rue, le long des maisons. Malgré l’étroitesse de la voie, des bolides nous frôlent, klaxonnent et ne ralentissent même pas. Ca et là on a planté des poteaux de fer pour protéger les piétons dans une sorte de couloir réservé. Las ! Il est occupé par des scooters, un frigo au rebut, des étendoirs à linge. .Je jette un regard indiscret dans les cours : des escaliers monumentaux, des écussons, des restes de sculptures témoignent de la grandeur passée. Quelques fois tout un pâté de maisons est en ruine, des échafaudages et des étais l’empêchent de s’écrouler plus. Des panneaux indiquent une improbable rénovation des quartiers espagnols.
Scappanapoli
Nous suivons une flèche indiquant la Via Roma, nous aboutissons dans la Via Pasquale Sevra, la fameuse Scappanapoli fendant de façon rectiligne tous les vieux quartiers de Naples. Au coin de la Via Toledo, un marché : un poissonnier a décoré son très bel étal avec des algues. Les daurades sont encore raides tant elles sont fraîches. Les palourdes, dans une cuvette d’eau font jaillir des jets de leurs siphons. Ces poissons appétissants sont à des prix très bas. Seul l’espadon  atteint 16€ le kilo. L’étal du fruitier est coloré.
La via Toledo nous mène place Dante dont j’admire la colonnade incurvée ;

Santa Chiara

Pour rejoindre Santa Chiara que j’ai repéré au long de la descente des escaliers je passe d’abord dans la rue des Libraires, la place du Gesu Nuovo avec son obélisque baroque. La façade du Gesu Nuovo est assez étrange : grosses pointes de diamant noires, un portail simple, rien n’indique qu’il s’agit d’une église ; à l’intérieur le baroque est écrasant.
Toute proche,  l’église Santa Chiara a retrouvé sa sobriété angevine après un incendie providentiel : très haute nef gothique dépouillée, belle rosace, des tombeaux sculptés. Le cloître de majolique est une merveille de paix et de calme dans la ville. De dimensions exceptionnelles il est planté d’un verger et d’une vigne. Je ne sais si les clarisses sont cloîtrées ou non mais elles pouvaient rêver à la vie civile en regardant les tableautins de majoliques sur les dossiers des bancs ou sur les murs : tout un univers paysan et maritime. Une femme chasse un importun à coup de balai, le départ des galères avec les rameurs, des scènes de chasse, un naufrage et même un séisme. Cet ensemble de thèmes profanes devait les distraire de leur méditation. Les arcades sont couvertes de fresques pieuses qui ne m’ont pas trop attirée. Le musée est plutôt rébarbatif avec ses morceaux de statues cassées par l’incendie. On accède à des thermes romains, c’était inattendu.
La pause de midi est bienvenue après cette longue promenade. Dominique a acheté au marché des pêches blanches et un melon délicieux .

Duomo

Après une belle sieste, je repars dans la ville historique, me perds dans les ruelles et aboutis au Duomo. La façade 19ème (on a vu mieux à Florence), l’intérieur baroque me laissent froide. Je dédaigne San Gennaro et ses liquéfactions de sang qui me répugnent. Mais je découvre la chapelle Minutolo du 13ème avec un très beau monument funéraire toscan polychrome et les fresques de Montano d’Arezzo. Un peu de Toscane à Naples ! du gothique préservé !Il y a encore beaucoup plus ancien : la chapelle Santa Restituta, basilique du 4ème siècle. La merveille est le baptistère décoré de mosaïques à fond bleu avec des oiseaux extraordinaires et des personnages en toge romaine. Cette mosaïque assure la liaison entre le monde romain et la Naples chrétienne, chaînon qui m’entraîne dans l’antiquité : sous le Duomo tout un ensemble antique est préservé : mosaïques d’une basilique romaine, canalisation et canal pour les eaux pluviales, greniers et même les murailles grecques. Comme ce matin, me voilà projetée dans l’Antiquité par mégarde.

En voiture sur les hauteurs du Posilippo

A 19h nous avons rendez vous avec la propriétaire en bas du Musée pour un tour en voiture. Dominique reste à l’appartement. Elle m’entraîne sur les hauteurs du Posilippo qui est le cap limitant Naples, au coucher du soleil. La vue est merveilleuse sur les îles : Nisida, la plus petite reliée à Naples ; Procida et Ischia la plus grande avec  son volcan. Le cap est érodé par le vent qui a creusé des figures irrégulières dans le tufo clair (sable sédimentaire ou cendres volcaniques ?). Un rocher émerge : c’est le domaine des oiseaux marins.
Le parc de la remembrance est très fleuri. Pour faire la conversation nous énumérons les noms des fleurs en Italien et en Français ? Le laurier rose a un nom très différent : Oleander. Au belvédère, face au cap Misène, la propriétaire, ancienne professeur d’Italien et de lettres classiques me fit un cours sur Enée, l’Enéide et l’Odyssée. J’aime bien ces références antiques.
Quand nous rentrons, les lumières s’allument dans la baie comme sur la carte postale que nous avons envoyée. Une promenade parfaite (ou presque, des barres nuageuses ont caché le coucher du soleil).


7 . Capodimonte

Publié le : 09 Novembre 2006
7  . Capodimonte

Le réseau des autobus n’a plus de secret pour nous : munies d’un ticket giornaliere on peut sauter d’un métro dans un bus, faire quelques centaines de mètres et descendre. Il suffit de consulter la liste des arrêts principaux et de suivre les panneaux lumineux à l’intérieur du véhicule avec le nom de l’arrêt suivant. Ce matin le 178 nous conduit directement à Capodimonte.
Nous suivons les indications du Guide bleu négligeant les œuvres les moins connues. C’est une sorte de jeu que de retrouver les œuvres décrites : les étiquettes italiennes ne correspondent pas toujours à leur équivalent français. Quel est le véritable nom du Titien ? Tiziano Vecellio et celui de Raphaël ou du Pérugin ? Le cadre a parfois changé de salle comme la  Madeleine de Titien. Le Titien est ma première découverte. Nous avions bien dû en voir au Palais Pitti mais je n’en avais plus le souvenir. Ses portraits de PaulIII sont frappants.
En revanche, Botticelli, Martini Masaccio sont d’anciennes connaissances que je suis heureuse de retrouver. La Vierge à l’enfant avec des Anges de Botticelli était à l’exposition de Florence. Masaccio et Maselino étaient les auteurs des fresques de la Chapelle Brancacci. Martini est un souvenir de Sienne.
J’ai aussi plaisir à reconnaître Signorelli (de Cortone), Vasari, Sodoma et Andrea de Sarto (Volterra). Même si ce ne sont pas des peintres aussi grands que les précédents. Deux salles sont consacrées au maniérisme, mouvement pictural que j’ai du mal à cerner surtout quand je lis que le Greco était la quintessence du maniérisme avec le Corrège et le Parmesan.
Complètement différent mais extraordinaire, la Parabole des Aveugles et le Misanthrope de Breughel. Ces tableaux sont saisissants. Pas besoin d’étoiles dans un guide pour marquer le chef d’œuvre !
En réaction avec le maniérisme : les Carrache (Caraccio), une découverte, mais je suis moins convaincue !
J’avais rendez vous à Naples  avec le Caravage. J’avais lu sa biographie romancée par D Fernandez avant notre voyage en Toscane. Hormis un bébé mort, grisâtre et peu avenant au Palais Pitti, je n’avais rien vu de lui. Ce rendez vous est à la hauteur de mon attente. Je goûte peu la peinture du 17ème siècle, le plus souvent sombre et bigote, les yeux révulsés vers le  ciel. Le Caravage a beaucoup trop de personnalité pour être confondu avec des peintres de moindre importance. Son éclairage caractéristique anime le tableau.
Découverte aussi, Ribera, le Napolitain espagnol.
Comme à mon habitude, je fais ensuite une révision de mes tableaux préférés.

Catacombes : encore loupé !

Ensuite nous avions prévu les Catacombes de San Gennaro, basilique paléochrétienne. Hélas je suis la seule visiteuse, le guide ne se dérange pas pour une seule personne. Dominique passe dans l’autobus et descend à l’arrêt suivant où nous nous retrouvons.
Il y a d’autres catacombes à Santa Maria alla Sanita : la grande église coiffée d’une coupole de tuiles jaunes vernissées qui émerge à côté de la rue qui va à Capodimonte. L’église et le quartier de la Sanita sont au creux d’une vallée profonde. On y accède par un ascenseur. C’est un quartier très populeux, très pittoresque et mal famé selon le Guide du Routard.
L’église est très grande, très baroque, très décorée avec un escalier magnifique en incrustation de marbres précieux. Des œuvres contemporaines complètent la décoration, pourquoi pas ? Un gamin s’échappe des mains de sa mère et s’élance bruyamment vers l’autel. Dominique bougonne son couplet (ou plutôt son refrain) sur les enfants mal élevés. Ce n’est pas du tout le cas de cet enfant qui prie avec ferveur. Il courrait pour aller plus vite prier ! Ici aussi pas de visite de catacombes si je suis seule.

L’après midi, nous allons chez AVIS près de la gare pour reconnaître le trajet. Tour de la ville close, cernée de grosses tours rondes et noires. Nous passons près de l’Albergho dei Poveri, l’énorme bâtiment est caché par des échafaudages, en restauration.

Manifestation des chômeurs

A   six heures une manifestation organisée par le Comité des Chômeurs se réunit Place Cavour ; Bandiera Rossa, les Partisans, l’extrême Gauche a sorti son répertoire, deux voitures, un mégaphone, deux banderoles un service d’ordre efficace mais bien peu de manifestants, quelques centaines peut être un  millier en étant très optimiste. Quand on sait combien il y a de chômeurs à Naples !


Les ordures ne sont pas ramassées : vergogna !

Partout des affiches manuscrites protestent contre la saleté. Les ordures ne sont pas ramassées : Vergogna ! D’autres ont collé des tracts ronéotés : rendre à la place Cavour sa dignité ! Qui sont les défenseurs de la propreté ? Après les déclarations de Sarkozy qui veut laver La Courneuve au Karscher, j’ai un peu tendance à croire que la propreté est une valeur de Droite. Ici, il ne s’agit pas de dealers ou de criminels, tout simplement d’ordures ménagères. Ces ordures sont une source d’inspiration linguistique : j’admire la richesse de la langue italienne qui utilise sur les panneaux des expressions variées et des tournures diverses qui traduites en français seraient du langage soutenu presque littéraire « l’immondizii ». J’imagine en français un écriteau : Prière de déposer l’immondice dans les conteneurs. On est à l’opposé du Globish en 600 mots ! Les affiches sont souvent manuscrites. La protestation est individuelle, pas encore stéréotypée. Devant une porte quelqu’un a demandé de ne pas garer les voitures. Au lieu du symbole « Interdit de stationner », il a écrit « Ici vivent des êtres humains, nous aimerions bien vivre ! ». En effet, dans les bassi, la porte est souvent la seule ouverture qui éclaire l’appartement, si une voiture les bloque, les habitants sont emprisonnés.

Une aventure : traverser la rue !

Ces derniers jours, nous avons acquis de l’assurance dans l’art de traverser les rues.
Au début du séjour, cela nous semblait une entreprise périlleuse. Avec l’expérience on acquiert de nouveaux réflexes : chercher le feu rouge, impérativement le rejoindre, même si il est loin, utiliser les bandes blanches de passage piéton, négligées par les automobilistes, elles ne doivent pas être ignorées, elles sont disposées là où le passage est le plus facile. Ce n’est pas une protection mais c’est quand même un e indication. Attendre que d’autres passants se décident : l’union fait la force ! Passer sans hésiter en indiquant d’un geste aimable de la main qu’on remercie l’automobiliste qui aura la gentillesse de ne pas nous écraser. Et cela a l’air de marcher ! Dominique agite le bandana blanc. Avec les voitures et les autobus seulement ! Les motos et les vespas ne respectent rien, ni les trottoirs, ni feu rouge, encore moins les passages piétons. Au sein d’une file de voiture, il suffit d’un autobus ou d’un camion et c’est l’embuscade mortelle !


8 De Naples à Ischitella, gastronomie

Publié le : 09 Novembre 2006
8   De Naples à Ischitella, gastronomie

Autoroute vers Foggia.

Notre nouveau carrosse est une FIAT PANDA pas la rustique Panda ressemblant à une 4L ou à une 2CV que nous avions eu en Grèce avec un toit tellement ouvrant qu’elle ne se fermait pas et faisait autant de bruit qu’une mobylette. C’est le nouveau modèle à peine plus grande qu’une FIAT 500 ; elle est jolie, bleu nuit. Son coffre est tellement grand qu’il contient nos deux valises et le sac à dos. Très maniable elle est vraiment adaptée aux villes italiennes.
Samedi matin, la circulation est fluide dans Naples, nous sortons par la Tangenziale puis par l’autoroute de Bari. L’autoroute contourne le Vésuve puis traverse des montagnes très boisées. Des fumées s’élèvent dans les bois, je m’étonne qu’on ait le droit d’allumer du feu en été. La traversée des Apennins est rapide. L’autoroute enjambe des vallées sur des ouvrages d’art ou des montagnes dans des galeries. Les collines se couvrent se couvrent de cultures variées. La moisson, ici est terminée, les chaumes sont dorés mais les bottes ont été ramassées. Nous quittons la Campanie et entrons dans les Pouilles (Puglia ou Apulia des latins). Avant Foggia nous traversons une grande plaine très plate. Nous arrivons à Foggia à 11 heures, inutile de nous dépêcher d’arriver au gîte.

MonteSantAngelo

Et si nous allions à la maison du parc de Gargano chercher cartes et documents ? Nous croyons avoir qu’elle se trouve à MonteSantAngelo au dessus de Manfredonia. Foggia-Manfredonia  se fait bien sur une voie rapide. Manfredonia n’est pas seulement une station balnéaire, c’est aussi une ville industrielle et un port. Ensuite, la route s’élève en lacets serrés. MonteSantAngelo est une ville très blanche perchée sur une arête. Ses maisons ont une silhouette étrange : hautes constructions au toit en double pente. Il est midi et la ville est déserte. Le bâtiment administratif du Parc du Gargano n’est pas ouvert au public.
Assis sur les marches, l’épicier m’explique comment arriver à Ischitella. Il  propose de me copier l’itinéraire. Nous entrons dans la boutique : toutes sortes de saucissons, salamis, coppa et pancetta me font bien envie. Il y a même des grelots de sanglier et du provolone très appétissant.
La route traverse le promontoire de Gargano par des bois de chênes ver. Nous trouvons un coin pique-nique très agréable.

Arrivée à la Masseria

Vers 15H, par hasard, juste avant Ischitella j’avise un écriteau Masseria Giordano : nous sommes arrivées. Je me présente à l’interphone, on nous ouvre le cancello électrique- souvenirs de Toscane. La propriété est boisée avec des chênes et des oliviers magnifiques. Nous arrivons à notre ferme dans un bâtiment tout en longueur crépis de jaune avec six portes modernes aux persiennes métalliques vert foncé devant une bordure de carrelage moderne orange, chaises en plastique blanc.
L’accueil est cordial. J’entre dans la chambre très grande, dans une alcôve, un lit « matrimonial » recouvert d’un très beau tissu rayé vert et doré. Je trouve la salle de bain. Il y a la climatisation et la télé mais pas de frigo et rien pour faire la cuisine. Abasourdie, je sors « où est la cuisine ? » »Vous n’aviez pas commandé de cuisine » affirme Giordano avec aplomb. Je fouille dans mes papiers pour lei montrer la correspondance : j’ai imprimé tous les emails. Le seul appartement avec cuisine est occupé jusqu’à lundi, les gens devaient partir samedi, ils ont prolongé…

La demi-pension est à peine plus chère que l’appartement 2x35€ au lieu de 60€ mais nous sommes furieuses et déçues. Giordano essaie d’être aimable pour rattraper sa bévue. Il nous propose un coin pour nous dans le frigo du restaurant. Bien sûr, nous pourrons dîner où nous voudrons.

Ischitella


Ischitella est perchée sur une colline, elle épouse le petit sommet pointu, ce qui lui donne un air de cône blanc qui se voit de loin. A quatre heures, c’est encore la sieste, tout est fermé. Nous faisons u. tour dans le Centre Historique. Ce qui me plait le plus, ce sont les portes arrondies et finement ouvragées. Pour le ravitaillement, nous trouvons un petit supermarché. A l’edicola (mot qui m’amuse beaucoup) j’achète une carte du Gargano pour organiser nos excursions.
Un orage a éclaté et lavé à grandes eaux les rues du village et la route mais le soleil est vite revenu.

La plage de foce di Varano

La plage est située à une douzaine de kilomètres à Foce di Varano. La petite station balnéaire a l’air ancienne, village de vacances aux basses maisons blanches un peu délavées, des campings, quelques hôtels dans des proportions raisonnables. Les rues qui conduisent à la mer ont des noms de villes : Napoli, Messina,  Palermo, Catania…. Nous découvrons une plage de sable sans installation. Chaque famille est regroupée autour de son parasol. Le public est très familial plutôt pudique : pas de seins nus, pas de strings, les femmes ont souvent une sorte de paréo ou de résille pour cacher le slip échancré.
Il est six heures nous nous installons sans craindre le soleil. L’eau est tiède, il faut aller loin pour avoir de l’eau assez profonde pour nage. Les vagues sont tranquilles.

cîner gastronomique

Quand nous rentrons à la Masseria, nous faisons connaissance avec madame Giordano peu au fait de la méprise de son mari et de notre déception, elle refuse sèchement que nous dînions ailleurs que dans la sale à manger ou sur la terrasse. Puis tout s’arrange par magie. Le serveur, tout jeune est très gentil. On lui donne un pourboire, il nous installe sous le chêne devant notre chambre.
Le dîner est gastronomique : bruschetta à l’aubergine, fromage divers et variantes comme antipasti (on embarque le fromage pour le pique-nique de demain). Primi : des pâtes très épaisses et peu cuites avec une délicieuse sauce aux asperges Nous calons devant la viande mais je mange volontiers la pastèque. J’adore cela mais il faut être nombreux pour en entamer une. La nuit tombe, nous écoutons les oiseaux, les clochettes des chèvres, les chiens. Une bonne douzaine de chats nous tiennent compagnie. Il fait si bon que nous rentrons nous coucher à regret.


9 Forêt de l'Ombre - Marina di Lesina

Publié le : 09 Novembre 2006
9  Forêt de l'Ombre - Marina di Lesina

Persiennes bien fermées, sans doute la fatigue et l’excitation de Naples tombée, je me réveille seulement à 7 heures. Dans le ciel, des nuages. Le petit déjeuner est italien : capuccino et biscuits secs pour moi, thé et tartines pour Dominique. Je n’ose pas manger les tartines de gros pain qui me font pourtant très envie.

Le dimanche est un jour redoutable pour les touristes : les autochtones qui connaissent les meilleurs coins occupent les plages et les sites. Dans les églises, la messe. Et l’après midi, tout est fermé ! Nous fuyons donc la plage pour aller explorer la forêt de l’Ombre. C’est une forêt d’altitude protégée par le Parc National du Gargano.

Vico del Gargano

Nous achetons à Vico del Gargano salami et gâteaux. Le village perché, blanc, a des rues intéressantes avec des balcons en avancée et des maisons tarabiscotées. Il faudrait revenir faire des photos ou dessiner ;

La forêt de l'Ombre

Les fameux hêtres sont magnifiques, très hauts. En sous bois on trouve aussi du houx et du petit houx. Des panneaux expliquent le travail de conservation du Parc, les différentes associations de végétaux. Ils signalent des ifs millénaires. Tout cela est très bienfait, très pédagogique, un peu trop, peut être ?

piques niques du dimanche en famille

Aujourd’hui, Dimanche, la forêt est très fréquentée : dans chaque coin aménagé les grandes tables sont prises d’assaut. Dès dix heures  on a installé des toiles cirées colorées. Pendant que les jeunes se promènent, les grands-mères surveillent leur territoire. Les hommes allument de grands feux. C’est prévu. Une famille a même installé une sono et tout le monde danse.
Nous trouvons à grand peine un emplacement pour garer la Panda Bleue (tous les parkings sont pris) et nous engageons sur un itinéraire balisé qui nous mène à un petit lac et à un marché artisanal puis à la Maison du parc.
Le Centre des Visiteurs a pris pour thème l’exploitation du bois. Le petit musée montre des échantillons de toutes les essences, bruts, polis ou vernis. Un village de charbonnier a été reconstitué. Dans un enclos, des daims attendent et réclament des friandises. Cela fait zoo mais qu’importe, les petits sont si mignons ! Pique-nique sur le bord du lac très poissonneux. Les poissons aussi attendent les croûtes de pain et font un spectacle amusant. Malgré la fréquentation du parc, nous rencontrons des animaux  de minuscules grenouilles couleur de feuille morte et de terre et de belles tortues d’eau.
Nous rentrons vers 14H pour une belle sieste. Rien ne presse, les plages sont envahies, les villes désertes.

Expédition vers le lac de Lesina

Dominique a trouvé dans Géo des observations d’oiseaux sur le lac de Lésina où les pêcheurs peuvent nous emmener en barque, plan alléchant. Nous n’avions aucune idée de la distance ! A l’aller nous négligeons la voie rapide et prenons des petites routes qui tortillent. Le lac de Varano est visible de loin. C’est une belle étendue d’eau fermée par un cordon littoral l’ »isola » occupé par une forêt et de nombreux campings. Le lac de Lesina est beaucoup moins grand, on le devine à peine dans le paysage.  La campagne est surtout cultivée de légumes : tomates, pommes de terre, aubergines. La terre est noire. Il se dégage une impression d’abandon. Les belles masserie tombent en ruine. Nous traversons des hameaux fantômes des baraques de ciment qu’on pourrait croire bombardées. Les petits aqueducs en ciment sont aussi à moitié écroulés. En revanche, dans les villages, les immeubles poussent comme des champignons. Nous avons parcouru plus de 70 km quand nous arrivons à Lesina, gros bourg. Les hommes sont assis au café, jouant aux cartes ou, assis sur leur chaise face à la rue. Pas une femme, on se croirait en Grèce. Nous cherchons le lac. Impossible de l’approcher. Nous arrivons dans un quartier tranquille, vieilles maisons, rues dallées de pierres blanches, les gens ont sorti leurs fauteuils dans la rue « Il faut retourner en arrière » ;
Puisque le lac est inaccessible à Lesina nous suivons les panneaux Marina di Lesina dans une circulation très dense de dimanche à la mer. Immeubles blancs, supermarchés, toboggans aquatiques, villages de vacance, lido de truc, lido de machin, plages payantes, parkings payants…et toujours la foule. Nous avons fait 75km sans voir la mer.
Au retour, nous montons sur la voie rapide que nous ne quittons que pour emprunter la voie littorale sur le cordon dunaire de l’ »isola ».

Enfin la plage !

Tous les baigneurs du dimanche sont partis. La plage est à moi pour ma promenade le long de l’eau et une baignade en eau tiède dans de jolies vagues.
Encore un dîner gastronomique ! Antipasti de poisson : tronçons de poulpes avec carottes et pommes de terre au vinaigre. Les poulpes sont très tendres. Bruschetta de tomates délicieuses fermes et sucrées à côté de la petite friture. Les primi sont des orecchiette, petites oreilles épaisses et fermes faites maison, avec de la sauce tomate et parmesan. En secundi, poissons décorés d’olives dont on donne de généreux cadeaux aux chats qui nous entourent. Comme fruits : pastèque et des figues de la Masseria. Je n’en ai jamais mangées de pareilles : robe jaune, intérieur brun, elles ont le goût des figues sèches, très parfumées.


10 . Vieste

Publié le : 09 Novembre 2006
10 .   Vieste

route sous la pluie

Le jour et les animaux de la ferme m’ont tirée du lit : le coq, les paons font du raffut. Il pleuviote et le ciel est chargé de nuages.
Route en corniche sous la pluie
Quand nous partons vers 9 heures, la pluie tombe plus sérieusement et le ciel est noir d’orage. Nous passons Rodi Garganico sous une grosse pluie. Une longue plage, à moitié aménagée à moitié libre, nous paraît plaisante. Si nous voulions louer un parasol ce devrait être ici. A l’entrée de Peschici la côte est très jolie avec des petites criques des falaises blanches, des tours carrées, de jolies oliveraies, des bois de pins. La grande route évite Peschici et coupe par l’intérieur des terres dans les oliviers. Nous arrivons facilement à Vieste très décriée par le Guide du Routard et Géo. Je m’attendais à des quartiers d’immeubles. Les villages de vacances et  les campings sont plutôt discrets cachés dans les arbres.

Vieste


On gare la Panda sur le port à l’embarcadère des barques pour la visite des grottes. Nous visitons chaque ruelle en pente avec ses boutiques de souvenirs, de fringues ou de bijoux, ses restaurants. La ville est construite sur un éperon rocheux, falaise de craie blanche, s’avançant dans la mer entre de jolies plages de sable .Au sommet, le château de Frédéric II, zone militaire. Juste en dessous, la cathédrale. Elle nous ferme ses porte au nez : il est midi. Nous passons devant la « pierre amère » rappelant le sac de la ville par le corsaire turc Dragut qui massacra là tous les habitants de Vieste inaptes à être vendus comme esclaves en 1554.
La ville est charmante avec ses escaliers, ses ruelles. Elle est un peu touristique, peut être, mais pas envahie en ce début de Juillet. Hélas le rivage est inaccessible : les villages de vacances en interdisent l’accès. Seuls quelques lidi privés avec restaurants, parasols… sont ouverts moyennant finances. Jusqu’à Peschici, toute cette belle côte convoitée de loin est lotie en plages privées. Encore une fois, je me félicite de l’existence de la loi littorale en France qui bannit ces excès.
Le temps se gâte à nouveau, le ciel devient très menaçant au dessus de la montagne. Nous finissons à trouver un endroit en bordure de plage mais nous mangeons dans la voiture. Il pleut et le vent s’est levé En dessous de la route la plage fleurie de parasols orange est déserte.

L’automate de la station service

Quand nous repassons à Rodi Garganico il pleut autant qu’à l’aller. De plus, tout est fermé, même la station AGIP, sauf les pompes automatiques. Déjà, l’an dernier, à Volterra, nous avions eu des déboires avec une telle machine. Oublieuse de cette expérience, j’essaie de faire le plein. Il y a bien un vieux gardien assis sur une chaise qui me hèle sans daigner se lever de son siège. Sans méfiance, j’introduis la carte VISA 1er de Dominique – toute neuve- qui reste coincée. Tout le monde s’en mêle : trois jeunes conseillent de faire le code ce qui fera peut être ressortir la carte. Un monsieur moins jeune suggère « une pinzetta à dépiler les cils ». Dominique s’énerve et dit que les Italiens sont des cons. Le vieux qui s’est approché a compris, il traduit aux jeunes : elle les a traites de stronzo. On frôle l’incident diplomatique. Les jeunes sont sympas, ils ne se fâchent pas mais persistent dans leur idée. Le vieux se drape dans sa dignité, va s’asseoir sur son siège. Il faut attendre 4 h que le propriétaire de la station service arrive. Je fais le guet devant l’automate pour qu’il n’arrive rien à la carte. Chaque fois qu’une voiture s’approche je fais fuir les clients « la machina è guasta ! » et je raconte l’histoire de la carta blocata. Un monsieur, très comme il faut, parlant très bien français, essaie de nous aider. Lui aussi tient pour la pincette à dépiler. Ce qui est étrange c’est que tous les témoins de l’incident (sauf les trois jeunes) restent à attendre le pompiste. Comme si leur présence était nécessaire. Peut être s’ennuient ils pendant la sieste, nous leur avons fourni un peu de distraction ou alors attendent ils simplement la fin de la pluie ? Enfin le patron arrive, ouvre la machine avec sa clé. Mais la carte ne réapparaît pas. L’intérieur de la machine est plein de rouleaux de papier déroulés, de fils déconnectés. Il semble que personne ne se soit servi de carburant en payant par carte Bleue. D’ailleurs, j’ai eu le loisir d’observer que les italiens introduisaient des billets de 5€ ou  rarement de 10€, jamais de 20 en tout cas ! On finit par retrouver la carte noyée dans la graisse qu’il faudra dissoudre avec de l’essence. Après avoir récupéré la carte on retire 20€ au bancomat pour vérifier que le nettoyage au pétrole ne l’a pas démagnétisé. L’incident est clos, tout du moins, je l’espère !
De retour à la Masseria Giordano, l’appartement s’est libéré. Il est prêt pour nous. Il ne reste plus qu’à déménager et à faire les courses. Nous retournons donc à Foce da Varano pour me baigner et trouvons tout ce qu’il nous faut dans un grand supermarché.


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