CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Mitteleuropa. Un mois à travers l'Autriche, la Hongrie et la Croatie.

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1. Créteil -Ratisbonne: Vers l'Est!

Publié le : 01 Décembre 2006
1.   Créteil -Ratisbonne: Vers l'Est!

plan d'Internet

Créteil à 7 heures, avec seul guide l’itinéraire  d’Internet. Cela fait drôle de voyager sans carte! Il faut reconnaître que la présentation est agréable, les indications précises et les temps fiables. L’autoroute est déserte et nous gagnons un quart d’heure sur les prévisions.

En forêt

Jolie surprise :des montgolfières  survolent la Montagne de Reims! LA Lorraine est très boisée, nous ne quitterons la forêt que beaucoup plus tard, en Allemagne. Par la fréquence des sorties, nous devinons les villes et les activités industrielles (Opel, Bosch,…) sans jamais les voir.

Rhénanie : vignes

Vers Kaiserslautern nous roulons dans des vignes plantées dans le sens de la pente, les sommets sont assez pointus, les villages proprets au bas des côtes avec de jolies églises. Puis nous voyons des vergers, des champs de patates et de choux. Traversons le Rhin sur un pont haubané de filins d’acier très élégant. Puis nous quittons la Rhénanie pour le Bade Wurtemberg dans un paysage de collines riantes en évitant les villes. Le temps se gâte, nous mangeons dans la voiture .Passons en Bavière.

Ratisbonne : le Danube

A15h15 nous atteignons l’étape fixée: Ratisbonne. La ville est fermée à la circulation automobile : c’est la fête. Une foule dense est rassemblée sur les bords du Danube et dans les petites rues aux façades multicolores. Partout, des fanfares en costume folklorique. Plus que la fête de la musique, c’est la fête de la bouffe : des tables en bois et des bancs sont installés sur toutes les places, dans les cours et dans les rues. Des stands proposent toutes sortes de nourriture : plats turcs, thaïs, pizzas, des nouilles dans des barquettes, des poissons grillés enfilés sur des bâtons.

Dans la cour de l’Evêché des serveurs apportent des bocks de bière et des portions de choucroute, un groupe de musiciens joue des airs folkloriques, les spectateurs sont d’âge très mûr.Image très "typisch" sortie d’un magazine touristique qui mériterait la photo. Je me ravise, je n’ai vraiment aucune sympathie pour ces buveurs de bière. De l’autre côté du Danube des babas, rockers dans une sorte de foire moyenâgeuse me paraissent plus proches et moins suspects. Les chapeaux de feutre avec leur plume de faisan et lederhose m’effraient. Nous déambulons dans la foule, difficile de faire du tourisme dans une telle ambiance, les fumets des étals nous distraient des façades, impossible de nous livrer à notre habituel safari photo.
J’entre quand même dans la cathédrale gothique illuminée de beaux vitraux colorés et dans une autre église baroque –pas trop- avec un orgue orné d’angelots musiciens. Dominique, en bermuda n’entre pas dans les églises. Tout le monde est endimanché, quelques dames mûres arborent des tenues folkloriques : jupe longue froncée, corsage blanc à manches bouffantes et chaussettes blanches .A part un groupe de cyclotouristes en cuissards, personne n’est en short.

Ratisbonne nous laissera le souvenir d’une villes aux façades peintes en jaune, rose, vert pale, bleu, aux rues étroites bordées de maisons anciennes très variées certaines ornées de sculptures de la Vierge, d’autres de têtes grotesques, de styles et d’époques diverses : une bâtisse étroite comme une tour avec de petits balconnets à balustre rappelle la Toscane. Juste à côté, un hôtel  XVIIIème siècle peint en crème et orange, décoré de moulures délicates  avec des bow windows carrés….

Le débit du Danube qui s’engouffre entre les piles du pont de pierre en tourbillonnant est impressionnant. On ne peut pas bien se rendre compte de sa larguer puisqu’il se divise en multiples bras, certains canalisés.
Mon rejet des bavarois en costume m’inquiète un peu pour la suite du voyage, difficile d’aborder une civilisation étrangère avec suspicion. En général, j’aime me laisser aller à la sympathie sinon ce n’est pas la peine !


2. Vienne: le Ring en tramway

Publié le : 01 Décembre 2006
2.   Vienne:  le Ring en tramway

Arrivée en Autriche.

    L’autoroute est encombrée de camions, c’est désagréable, mais bien roulant. Nous traversons le Danube très large et impressionnant. De part et d’autre la plaine du Danube est cultivée de maïs et de pommes de terre. Au loin, des montagnes se détachent.
A Passau nous entrons en Autriche, le passage de la frontière est peu visible : même signalétique sur la route, rien d’évident du point de vue de la géographie, seul changement notable : l’autoroute est enclose par un grillage comme chez nous.

L’arrivée sur Vienne surprend : nous roulions dans une montagne boisée de résineux quand la pancarte nous a surprises. Pas de banlieues ou de zones industrielles ! Nous entrons de plain pied dans la ville résidentielle. Nous trouvons en face d'un beau bâtiment jaune : Schönbrunn ! Nous n’avons pas le temps de réagir nousl’avons déjà dépassé. Dominique refuse de faire demi-tour et prétend faire « le tour du pâté de maison ». Ce qui fait un certain nombre de kilomètres quand la « maison » en question possède un parc comparable à celui de Versailles !

la Pension Kraml

Après des embouteillages sur l’artère commerçante de Mariahilfer – réputée mais fort laide - nous trouvons finalement la Pension Kraml. Bonne pioche : la voiture sera garée à l’intérieur de la cour.
Notre chambre est très belle , vaste et meublée avec goût .

Vienna card

Il nous faut d’abord acquérir notre sésame : la « vienna card » qui nous permettra de circuler gratuitement et d’obtenir des réductions dans les musées. elle est supposée en vente dans les bureaux de tabac.Après en avoir visité 4? il faut se rendre à l’Office de tourisme à Karlplatz. Nous arpentons Mariahilfer : magasins de fringues, c’est le moment des soldes, restauration rapide : McDo, des pizzerias et une chaîne spécialisée dans le poisson Nordsee.Nous  ne mourrons pas de faim !
A Karlplatz l’office de tourisme est introuvable. Marche à pied jusqu’à l’Opéra… A cinq heures seulement nous achetons la précieuse carte. Nous sommes flapies et optons donc pour le tour du Ring en tramway.

Tour du ring en Tramway

Reposant  et spectaculaire : toute une collection de monuments énormes et pompeux défilentdevant nos yeux.»Historicisme » du règne  François Joseph. Copie de l’antiquité, une statue "chryséléphantine" de Minerve ressemblant à celle de l’université d’Athènes. Copie gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Un temple grec ionien. Théâtres très ornés. Palais énormes.  Mêmeune caserne orientalisante! C’est pompier, pompeux, trop tout…Malgré de jolis jardins le Ring ne réussit pas à nous séduire. mais c’est amusant de jouer  à reconnaître les bâtiments reproduits sur le guide Gallimard. Surtout agréable d’être assises !

Après le tour complet du Ring nous descendons visiter un parc : la statue de Mozart est en ravalement, devant elle une grande clé de sol en bégonias roses, encore du kitsch !

On a installé devant l’Hôtel de Ville un écran géant pour la  projection de film musicaux gratuits. Nous nous mêlons à une foule qui engloutit des nouilles dans des barquettes comme à Ratisbonne. L' attente de 3 heures avant la séance, nous décourage.

les boutiques ferment tôt!

Recherche d'une carte de téléphone, d’urgence. Mariahilfer, si animée à 16 heures, est maintenant déserte alors qu’il est tout juste 19 heures. Tabacs fermés ainsi que la plupart des fast food. Je suis bien déçue pour le dîner. Il existe des automates qui vendent toute une gamme de produits postaux. Pourle dîner il faudra se contenter des restes! D'ailleurs l’avocat est à point et le tsatsiki ne se gardera pas longtemps !


3 Vienne Schönbrunn Hundertwasser

Publié le : 01 Décembre 2006
3   Vienne Schönbrunn Hundertwasser

Le petit déjeuner buffet de la Pension est tout à fait roboratif avec plusieurs sortes de charcuteries, des petits pains variés des yaourts aux fruits. Il permet d’envisager un déjeuner tardif et léger .

métro viennois

Le métro  nous mène à Schönbrunn en 3 stations. Les transports en commun viennois sont vraiment remarquables : rapides propres, fréquents et peu bondés. Avec notre Vienna card de 72 heures, nous ne nous privons pas et utilisons toutes les ressources du réseau, de plus ils sont équipés d’ascenseurs ou d’escaliers roulants .

Schönbrunn- Versailles

Schönbrunn est l’équivalent de Versailles : construit à la même époque, un parc à la française, un bassin de Neptune, un labyrinthe... la gloriette analogue à Trianon, une orangerie. Mais en moins beau.

Dans l'intimité des Habsbourgs

En revanche, l’intérieur est beaucoup mieux conservé et plus vivant. Ce palais a été habité jusqu’en 1918, il a conservé beaucoup plus de meubles et d’accessoires . Nous pénétrons dans l’intimité des Habsbourg dans les détails les plus triviaux (WC de François Joseph, salle de bain de Sissi). L’audioguide est très bien fait, on peut arrêter la cassette, la rembobiner pour réécouter à son aise, le commentaire est agréable et intéressant.

Avant cette visite, Vienne m’évoquait surtout la période 1900 avec Freud, Schnitzler, les intellectuels juifs ou les musiciens : Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Mahler Schönberg dont les statues sont dispersées dans Vienne.

A Schönbrunn donc, leçon d’histoire. tout d’abord, François Joseph et Sissi, dans leur décor familier avec les journaux d’époque, la coiffeuse de Sissi, ses brosses, son pèse personne… la table est dressée pour leurs repas.

Marie Thérèse

Un  autre personnage essentiel que j’avais oublié : Marie Thérèse qui, en plus d’avoir embelli Schönbrunn, d’avoir gouverné l’empire d’une main de fer, a eu 16 enfants.

Les appartements de François Joseph sont plutôt laids avec les murs tendus de marron, les meubles lourds (sauf un joli secrétaire arrondi). La partie du château de Marie Thérèse, en revanche, est très sophistiquée, les motifs chinois ou indiens sont délicats. Des aquarelles peintes par la famille royale sont encadrées dans de la porcelaine bleue. Tout cet ensemble rococo est extrêmement raffiné.

Le parc - la Gloriette

Nous montons à la Gloriette dans le parc. Des touristes asiatiques très excentriques en chapeau de paille, auraient faitde beaux figurants sur une photo, je réagis trop tard. De la Gloriette, la vue sur Vienne est magnifique : Je reconnaîs la flèche du Stephansdom, de nombreux parcs et des collines boisées.

parc botanique

Nous redescendons par le parc botanique avec des essences rares étiquetées. Notre carte d’entrée VIP très chère (175 ats) ne nous donne pas accès aux serres de la Palmeraie, dommage! nous passons par un joli jardin japonais aux structures de bambous et par la roseraie.

Chère saucisse!

Sur un banc devant les tonnelles, nous devons nous contenter du plus cher hot-dog de ma vie, tout ce qu’il y a de plus ordinaire !

Hundertwasser

Métro puis tram jusqu’à la place Radetzky.  Un itinéraire fléché mène aux maisons colorées de Hundertwasser.

Le temps s’est couvert.Il commence à pleuvoir. C’est tout à fait dommage ! je me faisais une fête de photographier ces curieux immeubles multicolores décorés de pilastres géants en céramique, de mosaïques et de miroirs où les terrasses arborées font entrer les végétaux à tous les étages. Il fait si sombre que les couleurs ont l’air passées et on se contentera de cartes postales.

WC remarquables!

Dans la galerie marchande de l’Art Moderne les WC sont remarquables. C’est la première fois que je paye pour entrer dans des toilettes publiques sans les utiliser ! Elles méritent la photo avec leur carrelage à damier, les bandes rouges et bleues et les miroirs encadrés brisés.
Musée
Plus loin le Musée Kunsthauswien : Dominique boîte beaucoup après les jardins de Schönbrunn, on lui propose de prendre l’ascenseur et faire la visite en descendant..

Tiffany
Exposition Tiffany : lampes 1900 avec des abat-jours en vitrail aux motifs végétaux Glycine merveilleuse, narcisses et jonquilles, nénuphars ou feuilles de vigne. Autre motif récurrent : les libellules. Je me souviens en avoir vu à l’exposition "1900" du Grand Palais. Dans la pénombre, avec des effets de miroir, toutes ces lampes précieuses font un ensemble extraordinaire. Tiffany est un Américain qui a saisi l’opportunité de la découverte de la lampe à incandescence d’Edison pour faire de la lampe électrique un objet d’art .Cette exposition cadre très bien dans notre programme « Art nouveau » ou Sécession prévu pour demain.

Hundertwasser

Le reste du musée est consacré à Hundertwasser : des maquettes présentent son travail d’architecte: des maisons d'habitation mais aussi une usine d’incinération (type de celle du Carrefour Pompadour)toute habillée de couleurs vives de mosaïques et de bulbes dorés.
Architecture écolo
Un village aux forme arrondies à moitié enterré sous des pelouses témoigne de la sensibilité écologique de l’auteur : la terre isolerait du froid comme de la chaleur, on marcherait sur les toits, ce serait la fin de l’architecture verticale, la maître d’œuvre y voit une nouvelle convivialité, également un traitement différent de l’eau.
peintre ou  plasticien?

En plus de cette utopie, nous découvrons un peintre, ou plutôt un plasticien, majeur. Comment nommer celui qui utilise plutôt la sérigraphie, la gravure, un graphiste ? un graveur ?? les titres sont amusants, un peu surréalistes, les couleurs, vives parfois criardes dans les épreuves de sérigraphie avec une utilisation d’encres métallisées, dorées argentées et même violet métallisé. La spirale est un motif récurrent ainsi que les gouttes qui traversent le tableau, gouttes de pluie, pluie de sang, larmes… Les arbres, parfois de simples boules vertes, surviennent dans des situations inattendues : un meuble, un portrait.


On devine une sensibilité écolo très forte, Hundertwasser semble traduire l’air du temps, quand j’examine les dates , je découvre un précurseur « Mehr grün » n’est pas un slogan politique des années 80, le tableau a trente ans de plus, un « garçon aux cheveux verts » baskets aux pieds, tellement actuel a presque 50 ans En tout cas son œuvre me touche beaucoup . les pluies de sang, flammes et cendres sont elles des réminiscences des années de guerre ‘(Hundertwasser a perdu une partie de sa famille dans les camps) ou traduisent elles un état de guerre permanent à travers le monde ?

Une biographie de l’artiste(1928 2000) montre qu’il a beaucoup voyagé, Paris, japon, Nouvelle Zélande, il est d’ailleurs mort en mer à bord d’un paquebot. Curieuse idée d’inventer des drapeaux ! pour Israël la moitié du magen David au dessus d’un croissant vert allongé sur le même fond blanc, une curieuse spirale verte pour la Nouvelle Zélande, un rocher rouge sur fond bleu pour l’Australie.
La visite se déroule dans le calme, nous sommes presque les seules visiteuses. Il y a des bancs pour s’asseoir. Nous passons une excellente après midi.

Retour vers7h30 à la pension Kraml après avoir acheté des poissons chez Nordsee (très chers pour un fast food mais délicieux)


4.Vienne Karskirche Stephansplatz maison de Freud KarlsMarx

Publié le : 01 Décembre 2006
4.Vienne Karskirche Stephansplatz maison de Freud KarlsMarx

Karlskirche

    La pluie contrarie nos plans,  prenons le métro U4 à Pilgram et deux stations plus loin, descendons à Karlskirche. L’église est vraiment curieuse : une coupole précédée d’un fronton, encadré par deux colonnes rondes, évoquant des minarets et deux tours carrées à toit en pagode de cuivre oxydé.
Lorsqu’on s’approche les minarets font place à deux colonnes trajanes avec des bas-reliefs comme à Rome. La façade à fronton triangulaire classique représente l’épidémie de peste de1713 ; Charles VI (le père de Marie Thérèse) avait fait vœu de la construction d’une église à la fin de l’épidémie.

intérieur très baroque

C’est la plus belle église baroque que j’ai jamais vue. La nef ovale est surmontée d’un dôme très haut. Au fond du chœur Saint Charles Borromée, en habit d’évêque tout en dentelle, est entraîné au ciel par des dizaines de petits anges, les putti siciliens tant aimés par Fernandez, certains crèvent le nuage et seules leurs têtes émergent des rondeurs.
Fresque de la coupole
La fresque de la coupole a été restaurée, elle est bien lisible. Une scène est parlante : un ange armé d’une énorme torche met le feu à la Bible de la Réforme. Ce n’est pas seulement la Peste qu’il s’agissait de combattre. Il y a bien une démonstration  flagrante des liens entre la Contre-Réforme et le Baroque.

La pluie a cessé, une timide éclaircie permet de prendre quelques photos.

Nous quittons le Baroque pour l’Art Nouveau : les pavillons du Métro Karlsplatz bien rénovés et le beau pavillon Sécession, pas de chance, c’est aujourd’hui jour de fermeture !

Naschmarkt

Le marché Naschmarkt est très joli avec ses boutiques exotiques grecques ou turques. Cela sent bon les olives et les épices. Après Marrakech et Istanbul nous sommes blasées ! Les épices sont vendues dans des petits godets fermés : cela n’a pas d’allure !
Jugendstil
Les maisons Jugendstil d’Otto Wagner sont face au marché : la maison majolique est décorée d’un rosier qui s’étale sur toute la façade carrelée tandis que les balcons sont ornés de feuillage vert (nymphéa ou lierre ?) La maison voisine porte des médaillons dorés et les feuilles sur les rambardes vertes sont plus simples.

place de la cathédrale, Graben

Stéphansplatz : les toits de la cathédrale sont vernissés brillants et colorés mais les murs sont passablement noirâtres. A l’intérieur, le baroque a colonisé la nef gothique qui est un peu encombrée. Il y a foule, on ne s’y arrête pas Dehors, il fait grand soleil, Dominique trouve un banc disponible et je pars explorer le Graben et les rues piétonnes voisines : beaucoup de beaux cafés et des magasins de luxe. Les vitrines détonnent un peu, c’est dommage! On doit en faire abstraction pour examiner les façades très ornées.

Je suis un peu déçue : c’est toujours du même style que le Ring, 19ème siècle pompier, genre Nice, monstruosité crémeuses avec caryatides et atlantes. J’avais espéré quelque chose de différent.
La colonne de la Peste rappelle le chœur de Karlskirche, encore des angelots débordant d’un nuage. En suivant nos guides on débusque les maisons les plus spectaculaires : le Palais Equitable, gros et noir renfermant une cage d’escalier en marbre donnant sur un patio fermé par une verrière.

Pour déjeuner, j’achète dans une pâtisserie un gâteau au pavot pour moi et un rouleau au jambon salade russe pour Dominique que nous mangeons sur un banc.
Peterskirche
Visite de Peterskirche, baroque, nef ovale comme Karlskirche mais en cours de restauration.

palais Ferstel
Dominique a potassé les guides, elle mène donc par la Naglersgasse étroite et tranquille bordée de maisons baroques avec guirlandes et angelots, visitons le palais Ferstel, une galerie italiénisante débouchant sur un patio où se trouve le Café Central où Trotski avait ses habitudes, fermé. Encore un escalier de marbre monumental, des atlantes de bronze, des luminaires 1900, difficile de cadrer les photos.

Schubert

Nous négligeons les musées et les palais pour aller à la recherche d’une des maisons de Schubert : la Dreimädlhaus cachée derrière le Ring. On y accède par un étroit escalier à une rue pavée qui tourne puis à un groupe de petits immeubles de deux ou trois étages. La terrasse fleurie du café Schubert donne un aspect campagnard, en dehors du temps, loin de la circulation du Ring, pourtant à un jet de pierre, des magasins classieux du quartier, loin des excès architecturaux de la fin du XIXè. Les maisons XVIII  ème de couleur pastel ont des guirlandes, un médaillon peint ovale représente les trois Mädel de la garçonnière de Schubert.

Maison de Freud

Pèlerinage à la maison de Freud, Berggasse 19, à l’extérieur du Centre. La Berggasse rue bourgeoise descend vers le canal du Danube. On nous confie un gros classeur rouge puis nous assistons à la présentation de vidéos des dernières années de la vie de Freud ; c’est assez émouvant de le voir en famille, peu d’intérêt autre qu’anecdotique, sauf peut être les images de l’arrivée d’Hitler à Vienne. La salle d’attente est meublée, avec sa table et ses chaises on dirait plutôt une salle à manger, quelques objets antiques des collections de Freud sont présentés dans une vitrine.

Les autres pièces sont vides, les murs couverts de photos et de fac-similés de documents, chaque numéro renvoie à un commentaire de Freud souvent tiré de sa correspondance , au début c’est amusant de voir ses livres préférés d’enfant , Hannibal, le héros sémite contre l’empire Romain, ses photos de jeunesse, la Bible familiale ornée de dessins égyptiens, puis les photos de ses professeurs, de Charcot Jung et Adler. Au bout d’un certain temps je me lasse. Dominique est plus persévérante. . Elle a trouvé enfin après toute une journée des toilettes gratuites pour se laver les mains, son TOC,  après une longue attente, elle voit ressortir une femme avec un air béat des chiottes Freud , cela l’a fait bien rire.

Vienne la rouge

En quelques stations de métro nous rejoignons les faubourgs de Vienne la Rouge pour visiter l’ensemble architectural du KarlMarxHof, nous sommes un peu déçues : l’énorme barre d’un kilomètre de long n’est pas visible dans son ensemble, nous n’avons pas le recul nécessaire. On se contente d’une vue partielle de HLM rouge et jaune, sobre, mais on sent la volonté de l’urbaniste de placer des statues dans une cité ouvrière. Dominique se demande bien ce qu’André Eydieux a été faire et pourquoi il a recommandé cette visite.
Stadtpark : musiciens
Retour au centre, tram sur le Ring jusqu’au Stadtpark : l’attraction consiste à chercher les statues des Viennois célèbres :Schnitzler, Brückner, Schubert, Makart, Franz Lehar, Strauss doré joue du violon. Il fait très chaud, le ciel devient brusquement très menaçant, nous rentrons sous l’orage et achetons en route deux escalopes viennoises dans un fast food.


5. Vienne - Secession - jardin alpin-Belvédère

Publié le : 01 Décembre 2006
5. Vienne - Secession - jardin alpin-Belvédère

Karlsplatz : métro

Karlsplatz, notre point de ralliement : il fait un temps magnifique pour prendre des photos des pavillons du métro d’Otto Wagner, de la Karlskirche et du pavillon Sécession. En attendant l’ouverture du Pavillon, nous faisons un tour au Naschmarkt.

Pavillon Sécession

Le Pavillon Sécession est très sobre avec seulement quelque ornements et surtout un dôme de feuilles dorées. Devant la porte, des topiaires dans des vasques bleues, posées sur de grosses tortues de bronze. La porte en bronze est très sobre et très belle .

Fresque de Klimt

La fresque de Beethoven de Klimt court sur les murs d’une vaste pièce rectangulaire . Des femmes transparentes volent allongées. Seule leur chevelure est colorée. Des plages dorées, en relief, font ressortir les cheveux peints et les vêtements colorés. Sur un autre mur, un singe énorme avec des ailes bleues et un corps de serpent, figure un monstre géant : Typhée avec ses trois filles les Gorgones menaçantes. Sur le troisième côté la fresque se termine par les chœurs de la IXème symphonie.

installations d'art Contemporain

Au dessus deux expositions d’art contemporain : une installation d’un vidéaste dans une sorte de tunnel surélevé en Skaï avec des écrans de télévision : des gens friqués parlent, un verre à la main, une piscine,... aucun intérêt.

Encore une installation à l’étage supérieur : des vêtements sont pendus ou posés sur le sol, des dessins sont suspendus. Sur l’un d’eux la « gestion du bonheur » formulée comme un problème de robinets avec des débits, des fuites.. sur une banderole toute l’histoire du XX ème siècle est schématisée de façon très marxiste avec des flux de capitaux, des rouages, des entonnoirs (dépression) un réseau enserrant l’Europe figure le nazisme.

Opéra

Nous allons à pied à l’Opéra qui fait meilleure figure sous le soleil. Ressemblance avec Garnier, en moins bien, et avec le palais Ferstel, renaissance Italienne.

Tramway D jusqu’à la Gare du Sud.

Jardin Alpin

Récréation-nature au jardin Alpin, un peu sauvage. De nombreux végétaux semblent réduits comme des bonsaïs. Un ajonc espagnol forme des petits coussins ronds, on le dirait taillé à la cisaille. De minuscules bassins renferment des nymphéas nains. Je remarque le marcottage dans des sacs en plastique sur un érable pourpre du Japon et sur des azalées. J’ai parlé souvent de cette technique aux élèves sans l’avoir jamais vue en vrai.

Les sushis : une découverte

Pique-nique au jardin botanique, plutôt un parc sauvage très ombragé. Nous avons acheté au Naschmarkt des  sortes de crêpes en rouleau fourrées avec une salade de thon et au saumon avec du chou. ce sont les sushis! (petits rouleaux dans une pâte noire(des algues avec du riz et un morceau de poisson cru, thon et saumon) pour accompagner le sushi il y a des lamelles de gingembre et une curieuse pâte verte au raifort. C’est fin, c’est joli, c’est délicieux.

Belvédère

Le Belvédère est un magnifique palais décoré de nombreuses statues. Encore un petit Versailles sur une colline dominant un jardin à la française. Dans les salles « au tournant du siècle » nous trouvons un Schiele très grimaçant impressionnant, un seul Kokoschka décevant, et bien sûr des Klimt somptueux : le célèbre Baiser mais aussi Judith et le Portrait d’Adèle Bloch Bauer, tout en dorure, motifs géométriques, d’yeux, spirales. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils ont dû influencer Hundertwasser dans l’utilisation des couleurs métallisées et des spirales.

Les tableaux suivants paraissent plus ternes. Mes préférés sont un Van Gogh avec des champs encore verts un Munch où la lune se reflète dans la mer.

Dominique m’a demandé un jour comment on reconnaît un chef d’œuvre d’une croûte ; impossible de répondre en théorie. Dans ces collections inconnues, au premier regard, sans préjugé, et sans regarder les étiquettes, j’ai tout de suite sélectionné Van Gogh et Munch (quant à Monet, j’avais reconnu Giverny).

Puis on passe aux peintre plus anciens les symbolistes m’avaient déjà paru sinistres à l’Expo 1900 , et Makart à l’unisson avec les constructions du Ring.

La deuxième partie de l’exposition, séparée par un salon de marbre, s’appelle « l’ère Biedermeier » (1815 –1848), représente la montée en puissance de la bourgeoisie et présente donc des tableaux accrochés dans des intérieurs bourgeois ; 3 tableaux d’un même peintre : un énorme bouquet de fleurs et deux scènes avec des paysans : on dirait des photos tant le peintre est habile, à cette époque, la photo n’existait pas encore et la précision et la ressemblance étaient sûrement des valeurs plus importantes que maintenant.
Paysages romantique, montagne.

Avant de descendre au Belvédère, une pause pour se délasser les pieds. Nous passons par de très beaux jardins, une sorte de labyrinthe de charmilles, des parterres fleuris .Dans le palais baroque nous cherchons les grotesques, têtes grimaçantes de Messerschmidt. Nous passons donc rapidement devant les tableaux, un peu blasées,  puis cette période n’est vraiment pas ma période préférée en peinture. C’est le palais lui même qui retient notre attention : une galerie des glaces petite mais harmonieuse avec des reflets à l’infini, une pièce chinoise toute dorée et très finement ouvragée, décorée de porcelaines, de petites appliques avec encore des effets de miroirs.

Dans l’Orangerie, c’est l’art médiéval qui retient plus notre attention. Nous voyons encore beaucoup de dorures. Finalement ce procédé est plus banal qu’il ne me paraissait.

Nous rentrons à pied, en passant devant un monument aux morts Russes, portique incurvé, laid à souhait, précédé d’un immense jet d’au dans un bassin. Derrière Karlskirche,nous empruntons la Paniglstrasse, calme et cossue


6 ; Départ de Vienne arrivée à Sopron

Publié le : 01 Décembre 2006
6 ; Départ de Vienne arrivée à Sopron

8h1/2, nous quittons la Pension Kraml avec un peu de regrets. Il reste tant de choses à voir : le Musée d’Ephèse, les maisons des musiciens, … Mais aussi avec soulagement : tout est si cher ici! On ne peut même pas s’attabler à une terrasse et boire un café !

Boulevard de ceinture jusqu’au Nord. KarlMarxHof  nous apprécions mieux l’ampleur de la cité ouvrière.

Grinzing

     La route s’élève dans la colline jusqu'à Grinzing qui est encore dans Vienne. Onse croirait à la campagne avec de jolies villas dans des jardins et les Heuriger, genre de guinguettes, petits restaurants peints en ocre, tonnelles et tables dans les jardins.
A la sortie de Vienne, la route monte en épingles à cheveux. Au détour d’un virage : un chevreuil. Nous sommes presque au sommet à Kohlenberg, la vue sur Vienne est magnifique quoiqu’un peu embrumée.

« Révisions» . D'un côté : le Danube, de l’autre un quartier de maisons d’Hundertwasser étincelant sous le soleil, coiffé d’une sorte de cheminée portant un bulbe comme un œuf doré.

Autoroute vers la Hongrie

Autoroute vers la Hongrie, peu de circulation, campagne plate, les moissons ont commencé. Arrivée à Sopron vers 11h30Comme d’habitude, nous faisons trois fois le tour de la ville (petite) avant de trouver l’office de tourisme.

Chambre chez l'habitant


Très efficace l’employée fait la réservation d’une chambre chez l’habitant pour 4500 forint. Pour 135 F, notre chambre est meublée sans recherche, mobilier passe-partout, peinture vert criard, moquette grise. Nous avons la télé-satellite, une salle d’eau avec douche et WC .Nous avons la disposition d’une cuisine à partager avec un frigo, un micro-onde et de la jolie vaisselle en porcelaine. Des tables sont installées dans la salle commune. Il y a aussi une terrasse agréable.

Lac Fertö

Pou aller au lac Fertö la route traverse des petits villages aux maisons charmantes. Le tourisme est très développé. Partout on voit des écriteaux « Zimmer frei », des restaurants de plein air et des marchands de vannerie. Mais tout cela est au stade de l’initiative individuelle, pas d’hôtels énormes ni d’enseignes lumineuses ou de boutiques affreuses.

La plage est payante 7000 forints, (21f) aménagée avec une grande pelouse ombragée, des cabines, des douches de plein air et une rangée de guinguettes en bois offrant du vin blanc, du poisson frit des hot dogs et des glaces. Comme c’est vendredi, il n'y a pas trop de monde et nous trouvons un endroit calme. L’eau est boueuse. Mes pieds s’enfoncent de plusieurs dizaines de centimètres dans la vase. Il faut nager sans relâche. Le vent s’est levé et pousse l’eau vers le sud. J’ai peur de me laisser entraîner par le courant, je sors. Ce n’est pas le même plaisir qu’à la mer. Par cette première journée chaude je suis bien rafraîchie .Cela donne un air de « vacances » après le tourisme intensif à Vienne.

Nous nous promenons sur un ponton de bois qui dessert une rangée de chaumières installées sur des plates-formes avançant dans le lac. Ce village lacustre est curieux. Les maisons sur pilotis sont énormes et rivalisent d’originalité dans la découpe du toit de chaume. A l’arrière de maisons des roseaux, des canaux. Les oiseaux sont nombreux, les hirondelles se posent sur les planches, c’est bien curieux de les voir à terre. Les planches craquent et bruissent sous nos pas.

La carrière

Au retour nous nous arrêtons dans une carrière spectaculaire qui me rappelle les latomies de Syracuse. Une « salle de spectacle »y est installée.Ce soir et demain, on y jouera la Bohème. Nous assistons par hasard à une répétition (sans musique malheureusement).

Juste après le passage de la frontière est construite une cité commerciale dans le plus pur style capitaliste américain : un hypermarché, des boutiques, un cinéma des grands parkings…Nous trouvons tout ce dont nous avons besoin : salade au choix, charcuterie, crémerie dans avoir besoin de parler, à la caisse on accepte les cartes de crédit.
En ville il y a de nombreux petits commerces comme chez nous autrefois.

concert baroque

Retour à 7 h à l’auberge. Il faut faire vite pour ne pas rater le concert baroque. Dominique y renonce pour avoir le temps de se doucher et faire de la lessive. A 7h40, la messe n’est toujours pas terminée, dès que les fidèles sortent, je vais aux renseignements et me fais refouler par une grosse dame à chevelure blanche étincelante dans un gros chignon parce que j’ai à la main une pomme et mes cigarettes.Je ne vais quand même pas manger ou fumer dans une église !
L’église est très, très baroque, des angelots de bois peint grimpent partout. Un berger en sandales avec sa harpe (le roi David ?) est juché sur le rebord du retable en équilibre. Des religieux de bois en habit blanc et bleu de taille humaine peuplent l’église, au plafond, une fresque pastel. Ici le baroque est tout de dorure et de bois peint.

Avant le concert, le spectacle est dans l’assistance très nombreuse. Une dame âgée porte une capeline et des gants de fil blanc. Certaines toilettes sont élégantes, des robes longues, d’autres tenues sont simples, on est venu au concert en famille avec les enfants. A l’entrée des choristes, l’église s’illumine, au début je ne reconnais pas les morceaux, puis deux cantates de Bach et Händel.

Dîner sur la terrasse.


7; Sopron visite de la ville- concert à Fertöd

Publié le : 01 Décembre 2006
7;  Sopron  visite de la ville- concert à Fertöd

Vieille ville, vigne et vignerons

La vieille ville est très tranquille, pas de voitures en dehors de quelques vieilles Lada, Trabant ou Skoda qui stationnent.
Les murs des maisons basses à 1 étage sont peints de couleurs variées, un peu délavée, ocre jaune, ocre rouge mais aussi vert et même bleu foncé. De grands portails arrondis en lambris à chevrons, ouvrent sur des cours intérieures pittoresques. Nous découvrons parfois des jardins, des tonnelles de vignes, des ruelles pavées avec des escaliers de pierre extérieurs. On se croirait à la campagne. Parfois, aussi, quelques tables pour la dégustation du vin devant les caves.

commerce frontalier

Une rue commerçante  ceinture la vieille ville. Des boutiques de luxe offrent des vêtements de marques et des chaussures détaxées pour les Autrichiens venus de l’autre côté de la frontière toute proche .Surle trottoir, des vanneries bon marché et toute une gamme d’articles déclinant le tonneau sous toutes les variations (tonneau cache-pot, tonneau à roulet,te, scié en deux…).
Au coin d’une rue un homme et une femme proposent les cerises et les petits pois de leur jardin écossés. Il y a d’innombrable boutiques de lunettes (grandes marques Dior, carven, Lacoste…) coiffeurs et salons de beauté, pédicures, solarium, bronzarium… bijoutiers et horlogers.

Les deux hôtesses de l’Office de Tourisme nous conseillent très aimablement  et réservent par téléphone nos places au château de Fertöd pour le concert de ce soir.

Tour de Feu

Je monte à la Tour du Feu : tour de gué qui domine la ville. Du balcon la vue sur les toits et la place est belle.

musée de la Pharmacie : Semmelweis

Nous entrons au Musée de la Pharmacie de l’Ange. Les pharmacies étaient très nombreuses à Sopron. On peut admirer les bocaux de porcelaine et de verre, (photo interdite), achat de la carte postale obligé, un gros mortier de bronze, des balances de précision. Le certificat d’une sage-femme porte la signature de Semmelweis, le découvreur de l’asepsie. C'est un de "mes hommes illustres". J'ai parlé de lui aux 3èmes.De vieilles tablettes d’aspirine Bayer sont aussi exposées.

maison Storno

La Maison Storno est un bel hôtel faisant le coin de la place. Au premier étage, de nombreux souvenirs de la ville y sont exposés dans des vitrines : miniature représentant l’armée turque de Soliman, affiche de concert de Liszt, armures et mobilier…Au second hôtel les appartements de Storno se visitent sous bonne garde d’une guide qui promène un vieux magnétophone et qui désigne les objets selon la gestuelle des hôtesses de l’air. Cet appartement est tout à fait remarquable : Storno et son fils ont restauré des demeures historiques en Hongrie et à Vienne. Les murs sont revêtus de lambris étonnants provenant  de bancs d’églises sculptés encadrant les portes . Toute une partie de la demeure est dans le style néo-Renaissance comme le palais Ferstel ou l’Opéra de Vienne. On imagine les intérieurs des immeubles du ring avec les fresques gothiques ou Néo Renaissance, les meubles noirs aux pieds tournés ou de fine marquetterie¸les murs sont surchargés de tableaux, miroirs ouvragés. Certains meubles sont anciens, vieux coffres italiens, chaises-masques étranges.

A midi nous nous installons sur la terrasse, c’est très agréable d’avoir un chez-soi avec une cuisine de la jolie vaisselle et une terrasse, c’est reposant et confortable après les fast food de Vienne, délicieux, mais picoré dans une barquette.

Bain Thermal

Un bain thermal connu depuis les Romains nous tente. La réalité s’avère décevante. Un hôpital qui possède une piscine thermale  est un hôpital : couloirs sinistres, accueil très désagréable. Nous payons 50 forint pour une « cabine ». On nous donne une clé et on nous introduit dans une pièceoù une dizaine de femmes se déshabillent . Dominique est horrifiée par le spectacle des vieilles à poil, la clé ouvre une ,consigne. Dominique se sauve. Cela ne me gêne pas le moins du monde pas plus ici qu’au hammam. Ce   qui m’ennuie, c’est qu’il fait très chaud, pas loin de 35°C, et que Dominique va m’attendre dehors sur le parking.
Nous comptions sur la piscine pour mettre nos habits du dimanche pour le concert de ce soir.
La piscine est couverte, partagée en couloirs par des lignes de flotteurs rigides. A l’intérieur de son couloir, tout le monde nage sagement. Je me fais disputer parce que je ne garde pas bien ma droite. Il faut respecter le sens giratoire. Je fais six longueurs et rejoins Dominique. Notre expérience balnéaire a un goût de raté.

Fertöd

La route vers Fertöd est très belle à travers des vignes avec de jolies vues sur le lac au loin et passe par de petits villages aux maisons basses.

Le château de Fertöd est vraiment ravissant. Une grille en ferronnerie ouvragée ouvre sur des jardins à la française . Dès qu’on la passe c’est la surprise : le château ne forme pas une barre comme à Schönbrunn ou au Belvédère, il est arqué entourant un jardin ovale. Cette courbure m’enchante. Face à la grille un escalier en fer à cheval, dans l’ombre, ferronnerie et statues. Comme à Schönbrunn, il est peint en ocre jaune. Les fenêtres, tout en courbes gracieuses, sont ornées de guirlandes et macarons pleins de fantaisie. Des vasques de fleurs et encore des guirlandes coiffent les ailes du bâtiment.

Nous achetons les billets 1000 forints (30F).La salle de concert est installée dans la Galerie des Glaces qui donne sur le Parc. Des chaises dorées font face à un piano à queue. Nous sommes assises aux meilleures places au premier rang..

Le concert commence avec Vivaldi (flûte, hautbois et piano), nous sommes placées si près qu’on voit très bien les clés et le jeu de la pianiste. Par la fenêtre les hirondelles semblent attirées par la musique. On dirait qu’elles apprécient particulièrement la flûte. Puis une suite italienne de Bach au piano, Télémann : flûte, hautbois piano, Donizetti sonate au piano et flûte, Weber piano et saxo, un saxo énorme très grave joué par un jeune très enthousiaste qui a l’air de beaucoup s’amuser, Schubert An der Musik, sérénade et Cimarosa : piano hautbois et flûte.

Ce concert est un enchantement! Dans les glaces les lustres se reflètent. Au plafond, une fresque pastel. Sur les murs blancs  se détachent des moulures dorées, tantôt des fleurs mais aussi des motifs guerriers. Aux coins des divinités portent des cornes d’abondance, l’une remplie de gerbes de blé, l’autre de fruits peints.


8 . Sopron - vieux quartiers, musées

Publié le : 01 Décembre 2006
8 .  Sopron - vieux quartiers, musées

Le centre commercial ouvert le dimanche est un véritable temple de la consommation , on peut tout trouver, des lunettes, des téléviseurs, des vêtements, des voitures. Nous descendons à pied en ville.

Eglise de la Chèvre

Sur la place principale, une colonne de la Peste, l’église de la Chèvre (une petite chèvre en bas relief se trouve au dessus du porche). L’église est petite. Elle  possède un retable baroque sans grand intérêt. Un groupe de jeunes chante à plusieurs voix.

maisons peintes

Nous parcourons les petites rues à la recherche des maisons remarquables : belles maisons peintes décorées de sculptures. C’est tranquille. Au temple Protestant, les fidèles sortent du culte. je reconnais  la dame en capeline. On décourage les touristes avec un panneau "Stop !" Nous entrons dans des cours intérieures. Dans une galerie de peintures, des tableaux rappellent un peu Chagall, les personnages ont l’air juifs. Ils ne le sont sûrement pas d’après les bondieuseries des autres tableaux.

Rue aux Juifs

Nous parvenons à une place ronde et creuse. En son centre : une statue d'où partent des rayons dans les pavés soulignant cet aspect circulaire. La petite rue qui  rejoint la grande place s’appelle la rue aux Juifs. Une plaque commémorative rappelle la déportation des juifs de Sopron dans les camps.

Dans la maison suivante on a retrouvé et restauré l’ancienne synagogue datant du XIVème siècle. C’est un curieux mélange de pierres anciennes de béton et de bois qui donne au bâtiment ancien un aspect contemporain. La niche où était la Thora est d’époque, mais pas la chaire octogonale en poutres de bois foncé.La salle des femmes est complètement séparée, les femmes suivaient l’office par des archères (meurtrières horizontales)de l’autre côté de la cour.

Le Mikvé est très étonnant : c’est un puits très profond (une dizaine de mètres).
Nous rencontrons des cyclistes du Val de Marne qui nous demandent de les photographier devant la synagogue. Rencontre utile, puisqu’ils nous expliquent comment nous servir de la Carte France Télécom n’importe quelle cabine publique.

musée de la Mine

Le Musée de la Mine m’a bien plu. Comme dans tous les Musées de Sopron, nous ne sommes jamais seules. Généralement, des vieilles femmes, mal fagotées, nous suivent partout. Elles allument, puis nous poussent dans la salle suivante pour éteindre (? ).Ici, la visite est guidée, en Hongrois et en Allemand. La dame actionne les maquettes des engins de la mine : la roue, actionnée par la force humaine, puis un ascenseur mu par la force hydraulique, puis d’autres machines à vapeur, enfin le tunnelier qui extrait le charbon tout seul sans même avoir besoin de consolider la galerie.

On nous montre ensuite, des gravures anciennes, des lampes de mineurs.La guide est très contente de rencontrer des françaises. Autrefois, elle a appris le Français, mais ne le parle plus, elle est ravie de retrouver les expressions françaises quand je traduis l’Allemand.A la fin de la visite, elle laisse tomber les Hongrois et nous avons une visite particulière. Dans les vitrines, de très beaux minéraux et une lettre autographe de Marie Thérèse.

Musée Romain

Je vais seule visiter le musée romain. Lapidarium avec des belles stèles bien conservées et 3 statues en mauvais état .Mon billet est aussi valable pour le Musée Archéologique, très bien présenté, moderne, avec des commentaires en anglais retraçant l’histoire de Sopron de la Préhistoire jusqu’à l’installations des Magyars en passant par l’histoire romaine et la route de l’ambre de la Baltique à Rome qui passait là. Mais je ne suis plus très disponible, deux musées de suite c’est un peu trop. je n’imaginais pas que ce dernier serait aussi riche.


Déjeuner sur la terrasse : escalope de veau et carottes râpées. Notre logeuse fait le ménage et nous fait sentir que nous la dérangeons
.
Nagycenk, Istvan Szechenyi

Au château de Nagycenk nous faisons connaissance avec « le plus grand des hongrois » Istvan Szechenyi, l’artisan du développement industriel de la Hongrie au XIXème siècle. C'est lui  qui a canalisé le Danube, construit des routes et des ponts, des haras… Le personnage est passionnant ainsi que son époque qui voit arriver l’industrie en quelques décennies - passage de la féodalité à l’époque moderne -
Lechâteau, de style classique, est bien décevant. L’audio-guide en français est en panne. Au rez de chaussée quelques salles sont meublées, à l’étage, un musée des techniques, présenté à l’ancienne. Des vitrines avec des étiquettes en hongrois  nous lassent rapidement.

Nous avions hésité entre la visite de ce château et retourner à Fertöd, et avons fait le mauvais choix. On essaie de terminer l’après midi par une baignade.Quand nous arrivons à la plage, un magnifique arc en ciel nous attend. La Pluie a rafraîchi l’atmosphère et je n’ai plus envie de me baigner. Nous  restons un peu au bord de l’eau.


9. Szombathely

Publié le : 01 Décembre 2006
9.    Szombathely

Dans un champ nouvellement retourné,  des cigognes, je les aime elles sont un peu nos compagnes, oiselles nomades.

une ville de derrière le rideau de fer

La ville, « bouillonnante » selon le prospectus officiel, est construite d’immeubles gris - tous sur le même modèle - en barres et tours, peu avenante.L'Office Ibusz nous propose un appartement quil faut payer sans avoir visité. Bureaucratie : reçu en main, on nous donne des clés.Il est situé en  centre-ville dans un quartier sinistre, tours et barres. Nous arrivons chez une vieille barricadée derrière une grille d’épais barreaux. Elle nous donne l’adresse exacte : Szent Marton (Saint Martin, celui du manteau, légionnaire romain est originaire de Szombathély)Donc : Szent Marton 35 I 2-5. C' est  une cité, pas d’ascenseur. La clé ouvre la porte.  Le désastre! Le grand appartementest dans un état de délabrement avancé, meublé années 50. La literie est propre, le tapis également. Tout le reste est plus que douteux. Cela pue la pisse et le chou.. Nous le tenons : notre souvenir des démocraties populaires, notre hébergement « chez l’habitant »- sans l’habitant- pour nous accueillir chaleureusement. Je suis démoralisée , curieusement, Dominique prend les choses avec philosophie et bonne humeur.

un petit lac comme à Créteil

Le Musée de Plein Air est situé dans une base de loisir. C’est lundi, il est fermé mais il y a un petit lac urbain, plus petit que celui de Créteil avec des pêcheurs, des joggers, nous ne sommes pas vraiment dépaysées, nous retiendrons cet endroit pour venir dîner. je refuse de manger dans notre HLM .

Dans la campagne : Jak

Jak possède une chapelle romane.L’occupation turque a fait disparaître la plupart des églises romanes. Les Hongrois sont très attachés à celles qui restent. Le porche est joli, le tympan rappelle celui de Vézelay. Curieusement, 4 lions gardent le porche, deux assis deux autres perchés dans des niches.En faisant le tour de l’église, nous découvrons d’autres statues protégées dans des niches.

Les frontières

Nous pique-niquons sur un banc, le ciel est gris et menaçant.

Nous continuons le circuit du Guide Nelles vers le Sud Ouest dans une région de collines, presque des montagnes. Des militaires nous arrêtent. Panique! Sommes-nous en excès de vitesse? Ils demandent simplement nos passeports. Nous verrons, plus tard, d’autres patrouilles.La frontière autrichienne est à quelques kilomètres.  Très près : la Slovénie. Curieux endroit où trois pays se touchent. Depuis les accords de Schengen nous avons oublié ce qu’est une frontière. Ici, elles sont bien gardées par l’armée.
Szentgothard, village alpestre

D’après Nelles, Szentgothardt « vaut le déplacement ».Il n’a rien d’exceptionnel. C(estun petit village alpestre à la frontière autrichienne avec des massifs fleuris, une église baroque, des pâtisseries…

Nous rentrons par le chemin des écoliers par le massif de l’Örseg vanté par Nelles. Il faut se méfier de Nelles, ils ont tendance à monter en épingle des curiosités très quelconques pour peu "qu’un  brin d’herbe pousse de travers" . C’est une région de collines boisées et de pâturages. De longue date, c’est une frontière gardée par des maisons de guet en hauteur formant des hameaux perchés :les szer.
La carte touristique nous indique le village de Szalafö où se trouverait un écomusée de plein air. Nous suivons de toutes petites routes de montagne traversant de belles forêts de feuillus et de résineux. Szalafö n’est jamais indiqué sur les panneaux, et même il est inconnu des passants que nous arrêtons.  Nous nous perdons.  Demandons notre chemin à une patrouille. les soldats sont ravis de la distraction. Ils nous renseignent comme ils peuvent A Szalafö on trouve de jolis hameaux souvent aménagés en gîtes ruraux mais pas de musée de plein air!  Personne n’est au courant. En revanche, il y a plein de vacanciers.

La route du retour traverse une campagne plate, plutôt ordinaire. Des grands champs de blé mûr, des maisons aux toits de tuile. Rien de dépaysant, on pourrait aussi bien être dans le Berry ou en Seine et Marne. Seule différence, les moissons sont en avance.

Nous terminons la journée avec  un pique-nique au lac.


10. Köszeg

Publié le : 28 Novembre 2006
10.    Köszeg

Nous arrivons vers 9h à Köszeg, sur la frontière autrichienne sous un beau ciel bleu . Nous n’avons pas voulu utiliser la vaisselle de notre location pour le petit déjeuner, nous prenons donc un café en terrasse et des gâteaux dans une pâtisserie.

Petite ville ancienne

Promenade dans les rues médiévales aux maisons colorées. Les caves à vin ont de belles enseignes ; on peut déguster le vin sur des tables dans le jardin ou sous les porches où il doit faire bon les jours de grosse chaleur dans le courant d’air.. Köszeg ressemble à Sopron, construites selon le même plan : deux rues circulaires entourent la ville ancienne, on parvient à la place en passant sous une arche.

Deux églises jumelles

Ici, curieusement deux églises se touchent, Saint Emeric et saint Jacques, l’une hongroise, l’autre autrichienne ..Un petit musée est aménagé dans une maison : . Les ateliers des différents corps de métiers sont reconstitués avec beaucoup de soin l’échoppe du coiffeur, du relieur, l’horlogerie,le laboratoire du photographe, Le nom et la photographie des artisans figurent, certains étaient encore vivants en 1980 .

Ancienne synagogue fermée

Nous découvrons l’ancienne synagogue en brique avec des tours qui encadrent les tables de la loi. La grille est fermée . le jardin est une jungle, le bâtiment à l’abandon. Mon cœur se serre à la pensée des milliers de juifs hongrois déportés, ici on n’a même pas mis une plaque comme à Sopron ou à Szombathély, je photographie.

Le château fort où Soliman fut repoussé

Visite au château fort qui a résisté à l’assaut de 20 000 (ou 60 000, selon les guides) turcs en 1532, arrêtant l’avance de Soliman sur Vienne, je fais le tour des remparts et monte au donjon.
Pour compléter la visite de la ville, je monte à pie par un chemin de croix à une chapelle baroque d’où on découvre un beau panorama. Dominique que son genou fait souffrir m’attend dans la voiture, elle est très pessimiste et parle d’opération ;je suis ravie de cette promenade sur le chemin très raide mais ombragé, il fait déjà très chaud. La chapelle est fermée, elle trône sur un piédestal avec un escalier très élégant orné de statues, des tilleuls sont plantés sur la placette, dans les vignes.
pique nique
Un étang est aménagé pour le canotage à la sortie de la ville, c’est un leu de pique-nique idéal, nous déjeunons en compagnie de quelques canards. Les nuages arrivent rapidement, à notre retour à Szombathély, le ciel est très menaçant.
village musée
Le village-musée rassemble des chaumières de toutes la région, certaines sont slovènes, d’autres croates ou allemandes mais il n’est pas précisé s’il s’agit de territoires avant ou après le traité de Trianon, la brochure explique que ces maisons ont été démontées pour une Exposition Universelle sans précision de date.
Les chaumières sont toutes des bâtiments en longueur perpendiculaires à la route toutes chaulées de blanc, seules différent les toitures : le chaume est retenu par une sorte de tréteau de bois à l’envers, bâtons en X, dans d’autres une grosse ficelle de chaume relie les bottes et s’enroule sur des pignons pointus aux extrémités. A l’intérieur la pièce la plus proche de la rue est la pièce d’habitation avec un gros poêle de faïence, des lits très hauts couverts de tissu bleu de Pappa, les tables et les chaises sont sculptées, un curieux accessoire, le tire-bottes.. Les jardins sont enclos dans des barrières tressées. Les treilles de vignes, les géraniums aux fenêtres seraient très photogéniques s’il y avait du soleil, sous les lourds nuages d’orage je ne suis pas inspirée, d’autant plus que mon zoom est en panne, la bague du diaphragme tourne à vide et je n’ai pas l’habitude de me servir de l’Olympus automatique de Dominique.
l'orage
Des gouttes énormes tombent, l’orage gronde, nous avons juste le temps de nous réfugier dans la voiture avant le déluge .Nous nous garons dans un parking sous la grêle, nous rentrons « à la maison » pour’ préparer Budapest.
Nous étudions soigneusement plans, guides et prospectus , oublions le cadre sordide de l’appartement. Finalement l’orage est tombé au bon moment.


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