Les images qui me viennent immédiatement à l'esprit sont celles des actualités : burkas bleues, talibans, seigneurs de la guerre, montagnes sauvages et désertiques... Bien sûr, j'ai entendu parler des Bouddhas géants, sans bien en saisir l'origine.
Quel est mon étonnement quand je découvre : des Grecs!
La première surprise passée, je retrouve dans un coin de ma mémoire la conquête d'Alexandre. C'est bien là qu'il a épousé Roxane.
Ahténa, Aphrodite, Héraklès ont parfois des physionomies orientales, des traits chinois ou indiens. Métissage de l'hellénisme et de l'Extrême Orient!
Un trésor a été retrouvé dans les tombes de princesses inconnues : des bijoux d'une finesse et d'une richesse inouïes.
L'Afghanistan fut un carrefour où des civilisations très différentes se rencontraient : monde Grec et Romain, comme l'atteste une monnaie de Tibère, mais aussi Chinois, Perse. Qui étaient les Bactres?
Et puis, sans doute, les caravanes de la Route de la Soie transportèrent tapis et miniatures...(là, c'est le souvenir de la lecture de rouge d'Orhan Pamuk qui me le suggère).
Quelles richesses insoupçonnables derrière l'écran de poussière et de fumée des guerres actuelles.
Je ne sais pourquoi l'Hôtel de Ville m'a toujours apparu comme un non-monument, entre le BHV et la Samaritaine et la rue de Rivoli. Pourtant, par ce matin printanier rayonnant de soleil, j'émerge du métro et je le considère avec une sympathie nouvelle. Il m'évoque Vienne et le Ring, ou la Poste de Saïgon, c'est peut être pour cela que comme Ulysse...
De l'autre côté de la Seine, la Conciergerie imposante me donne une impression de voyage, me voici touriste dans ma ville natale!
L'occasion de la visiter : c'est l'Exposition sur les 12 capitales de l'Arménie. Il faut dire que le prix de l'entrée à l'Expo comprend la visite. En attendant Maman et Valou, je me trouve prise dans le flot des Japonais qui photographient en numérique à tout va!
L'exposition occupe une belle salle voûtée qui met en valeur les photographies de villes mystérieuses que je ne situe pas entre Anatolie et Caucase. Toute une histoire millénaire est racontée sur des panneaux très détaillés. Les visiteurs autour de nous viennent en pélerinage : beaucoup sont des voisins, venus d'Alfortville où réside une forte communauté arménienne. Des dames très aimables et très bien renseignées se font un plaisir de nous raconter l'Arménie. Nous les écoutons avec intérêt.
Nous découvrons des églises, des places fortes perdues dans une verdure étonnante. Peu d'objets, des vêtements brodés, des bijoux.
Une chronologie difficile à replacer dans l'histoire que j'ai apprise en classe ou ailleurs. Une géographie aux frontières floues. Pour aller visiter cette église perdue, est-ce que je devrais prendre l'avion pour Erevan ou pour Istanbul? Ce site se trouve-t-il en Arménie actuelle ou en Turquie? Floue aussi la frontière d'un Kurdistan turc, azéri ou iranien?
Le mystère des frontières actuelles n'est pas levé par des cartes qui montrent une Arménie si ancienne que je cherche les frontières d'un empire Romain, Perse, Byzantin ou Ottoman. Des capitales s'élevaient là où j'imaginais la steppe...
Architecture sophistiquée d'églises si anciennes qu'on les dit les plus vieilles de la chrétienté. Décors dans la pierre de motifs compliqués. Nous voilà en pleine poésie! Ecriture d'un graphisme original. Une maquette d'Erevan tranche avec ses monuments de style soviétique. La silhouette du Mont Ararat! Je suis toujours fascinée par les volcans. Mon imagination bat la campagne!
Retour dans le Paris ensoleillé et piétonnier. Nous ne prendrons l'autobus qu'à la Concorde et je me réjouis d'une promenade sur les quais dont on a chassé les voitures. Malgré le beau temps, la Seine est en crue. Pas une inondation spectaculaire, quelques centimètres d'eau recouvrent le quai. Les cyclistes et les patineurs glissent. J'ai des chaussures fines et des collants. Impossible pour Maman aussi d'escalader le parapet d'un mètre vingt que les joggers passent facilement. Nous reculons pour nous trouver dans un tunnel. Après un bon quart d'heure sous terre, je comprend notre méprise. C'est bien le tunnel que j'ai l'habitude d'emprunter en voiture, qui va des Tuileries au Châtelet dans l'autre sens. Quel dommage! On a loupé toute la promenade.
[i][/i]"les douze Capitales de lArménie"
Conciergerie 2 bld du Palais Paris 1er
01 53 40 60 80
9H30/18H jusqu'au 22 avril
6€ à 8€ (on peut visiter la conciergerie avec le même billet
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … r=RSS-3246
Comme randonneuse, il me semble que je m'oriente pas trop mal, avec le soleil, la boussole, les mousses....et pourtant dans le Marais je me perds entre la rue du Temple, la rue Vieille du Temple, la rue de ma Verrerie et la Rue de la Perle...
Et, dans ces tours et détours, autour des Archives, dans un périmètre si réduit, je peux rester une après midi entière.
Rendezvous "au Pain Quotidien", une terrasse abritée ce samedi pluvieux.
le cloître des Billettes est transformé en caravansérail où sont exposés des kilims iraniens, turcs et afghans. Pour le plaisir des yeux...les vendeurs sont iraniens, leur accent, exotique et charmant. On tombe amoureuses d'un kilim de Moghan d'Azerbaïdjan.
Une galerie, rue des Archives, expose des bijoux chinois, des masques africains et même des échelles pour grimper à l'étage des cases africaines. Celles-ci viennent du pays Dogon, ce sont les mêmes que celles des Tata Somba béninoises. Je suis un peu choquée qu'on puisse vendre une échelle dans une galerie d'Art. Pourquoi? Je ne saurais le dire.
une expo
L'exposition des Marionnettes du Mali, le prétexte de la sortie du jour, est installée à l'étage de l'Hôtel Libéral Bruant, rue de la Perle. Libéral Bruant était un architecte du 17ème siècle. L'hôtel qu'il s'est dessiné est un exemple d'harmonie et de bon goût avec une alternance de fenètres arrondies et rectangulaires et les oculis aveugles occupés par les bustes d'empereurs romains. Joli fronton décoré d'anges.
Je ne connais rien aux Marionnettes deu Mali, j'ai été séduite par les couleurs, l'inventivité, le foisonnement des personnages et animaux.A quelle occasion sortaient elles? le Galeriste questionné, a répondu que c'était par goût de la fête que les maliens avaient confectionné ces Masques et marionnettes. J'ai un petit doute. Quelle est la part de la magie dans ces curieux personnages? Peut être simplement mon imagination attribue-t elle des pouvoirs poétiques et surnaturels?
[Un concert[/i]
L'église des Billettes est un Temple protestant. Ce soir là, il était ouvert et allumé. une pianiste y donnait un concert Schubert et Chopin. Excellent acoustique. Grande simplicité du décor dépouillé. Une croix, un crucifix, seuls, pourraient distraire l'attention des les mélomanes.