CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

  >>

Créteil/Pobé , Bénin, correspondance scolaire, échanges et tourisme...

 : Page(s) 1 2 3

Etape à Natitingou : deux bonnes adresses

Publié le : 02 Mai 2007
Etape à Natitingou : deux bonnes adresses

Natitingou : La Montagne

Nous arrivons à la tombée de la nuit à Natitingou. L’hôtel La Montagne est une grande structure de trois étages et deux grands bâtiments sans aucun charme mais avec tout le confort : moustiquaires, douche, ventilateurs bien puissants, aucun effort de décoration mais tout est propre et on pourra charger les batteries pour faire des photos et des films à la Pendjari demain ! La mosquée est tout près, on entendra le muezzin juste avant de partir.

Dîner en ville: restaurant Le Taneka


Nous dînons en ville dans un restaurant très agréable le Taneka appartenant au frère de Michel. La table est dressée dehors sous un arbre. Il fait bon. Michel est chez lui. Il donne des ordres à l’employé qui part en détalant. Encore une expérience gastronomique : nous essayons une pâte de manioc en boule légèrement fermentée. Il faut que la sauce qui l’accompagne soit bonne parce que seule c’est encore pire que la bouillie de l’autre jour ! Encore du poulet bicyclette, il faut de bonnes dents ! Heureusement que nous avons toujours avec nous les « mangues, fruits de l’amitié de Pobé » pour améliorer l’ordinaire ! A la fin du repas, Michel disparaît. Nous l’attendons avec un peu d’impatience. Demain, il faut se lever tôt et nous sommes fatigués. Il réapparaîtra beaucoup plus tard. Mais c’est Kamal qui a disparu maintenant !  On le retrouve dans l’obscurité. Il est temps de se coucher pour être dispos pour le safari !


safari à la pendjari

Publié le : 02 Mai 2007
safari à la pendjari

Lever de soleil sur l’Atakora

    Réveil à 4H45 coïncidant avec l’appel à la prière du muezzin. Petit déjeuner rapide à la Montagne. Le départ est prévu à 5heures. Michel est en retard. De surcroît, la 4X4 est beaucoup trop petite pour contenir tous nos bagages. Nous avions pourtant prévu cette éventualité mais Michel avait soutenu le contraire. Nous voilà, en pleine obscurité sur le parking en train d’ouvrir les bagages pour laisser tout ce qui n’est pas indispensable.

    La 4X4 traverse Natitingou en pleine nuit. Le soleil se lève dans l’Atakora, paysage de montagne magnifique. L’an passé Duran m’avait fait un cours de botanique : caïlcédrats, néré, Karité…je ne sais plus les reconnaître. Illusion du savoir trop rapidement acquis, aussi vite oublié. Plaisir de revoir, de réviser !

    Sur le bord de la route, d’énormes camions sont arrêtés. Des branchages annoncent de loin l’obstacle. Sont ils en panne ? Ou est ce la pause pour le conducteur fatigué ?

    Et toujours la théorie des femmes qui marchent, une bassine de mangues, un fagot, sur la tête, en route pour le marché de Tanguiéta. Deux Peuls en longues robes bleues coiffés de leur chapeau de paille pointu, poussent devant eux un grand troupeau de bœufs. Marcel, comme Duran, l’an passé les regarde avec commisération, regard des sédentaires sur les nomades ! Après avoir lu « L’Enfant Peul » d’Hampâté Bâ, je connais leur fierté et leur noblesse.
 
Villages Betamaribé


    Nous quittons le goudron à Tanguieta. La piste traverse de nombreux village aux cases rondes coiffées de paille, aux greniers surélevés sur deux ou trois pieds, à l’ombre d’immenses baobabs. Des puits à balanciers modernes remplacent les anciens puits à margelle. Malgré d’innombrables petites mosquées blanches et vertes, des porcs très nombreux traversent la route. L’Islam est peut être majoritaire mais pas exclusif ! Nous remarquons les buttes coniques des ignames et les pieds de coton desséchés.

Après la pluie....

    La végétation est beaucoup plus verte que l’an passé. Il a déjà plu deux fois. La piste est encore humide. Les baobabs portent de petites feuilles. Les karités aux troncs ridés sont couverts de larges feuilles vert tendre.

    Nous retrouvons la Pendjari comme si nous l’avions quittée la veille. Le ciel était lourd de menace de l’orage qui allait tomber juste après notre départ. Il me semble que l’orage d’avant-hier était celui que nous attendions et que nous ne faisons que revenir après la pluie !

Instinct de chasse...

    Marcel a repéré les pas d’un éléphant solitaire sur la piste. Il a aussi laissé crottes et feuillage. J’étais persuadée que les antilopes se présenteraient les premières. C’est une famille de babouins qui nous accueille à l’entrée de la Réserve. Je sens l’excitation qui grandit en moi. La présence des animaux réveille un instinct préhistorique de chasseur… A tout moment peut surgir une bête sauvage !nous traversons la savane arborée puis la savane arbustive. Les arbres de grande taille sont peu nombreux, caïlcédrats, les karités sont plus petits. Les branchages cassés racontent le travail des éléphants.

Mare Bali

    A la Mare Bali, le vieux babouin Nestor n’est pas au rendez vous. Il y règne toujours le même calme. La tribu des babouins est installée sur la rive opposée à gauche du baobab. Deux guibs harnachés viennent boire timidement. Des cobs font leur apparition. Je les dessine. C’est l’occasion d’observer les lignes noires verticales qui confèrent une élégance supplémentaire à cette antilope. Les taches blanches sur le dos des guibs dessinent une selle justifiant leur appellation de « harnachés ». Les 3 grues couronnées sont accompagnées de 3 canards armés – noirs et blancs de très grosse taille.

     Marcel connaît bien les oiseaux. J’apprends à reconnaître l’Ombrette qui a une curieuse silhouette : un corps massif perché sur des pattes très fines d’échassier. Sa tête a une forme bizarre, un triangle vers l’arrière et un bec fort. On dirait qu’elle a servi de modèle aux Shadocks. Le Jacana a un joli motif en losanges gris blanc et noir, gorge blanche ailes noires, corps gris. Des vanneaux et des perdrix  sont posés à portée de dent des crocodiles. Ces derniers sont peu actifs. On devine leurs yeux dans l’eau boueuse mais ils refusent de sortir.

    Une 4X4 rouge avec une galerie se gare au parking. C’est celle de Duran qui nous reconnaît immédiatement. Il semble ravi de nous retrouver. Nous de faisons que nous croiser, il redescend sur Nati.

Antilopes

    Tout le long du chemin nous retrouvons toutes les espèces d’antilopes : Bubales – antilopes ânes, Hippotrague, antilope cheval, mais aussi Damalisques et Waterbocks, plus difficiles à observer et à identifier. Ces derniers sont de  gros animaux.

Calaos dans les rôniers

     Le paysage change un peu. les Rôniers annoncent la forêt galerie qui borde la rivière de la Pendjari. C'est cette rivière qui fait la frontière entre le Bénin et le Burkina Faso. C'est aussi elle qui a donné son nom à la réserve. Les Calaos sont au rendez vous, au même endroit que l'an passé. Ces oiseaux, de la taille d'un Dindon, avec un bec extravagant qui n'a pas l'air de pouvoir se fermer, me fascinent. j'ai lu dans un polar se déroulant au Botwana que dans ce pays, ils sont craints comme oiseaux de mauvis augure portant la mort.

passage clandestin au Burkina Faso

    Marcel arrête la 4X4 non loin de l'eau et nous propose un passage au Burkina sans visa ni passeport. Il appelle les pêcheurs burkinabés qui font sécher leur poisson de l'autre côté de la rivière. un billet de 1000 CFA suffira pour la traversée. On jette un oeil au produit de leur pêche, une photo des charognards  à l'affût d'une aubaine, et nous retournons au Bénin. Ravis de cette aven ture imprévue.

Auberge de la Pendjari

    Rien n’a changé à l’auberge si ce n’est qu’Etienne est parti à la retraite. Nos chambres ventilées nous paraissent luxueuses après les nuits passées à Essouhé et à la Montagne. C’est surtout la piscine qui nous appelle.  Sans attendre, je me trempe tandis que Dominique commande une salade au thon. Le petit Félix, notre passager sur la galerie dela 4X4 de Duran, vient nous saluer. Laure Damien et Stéphanie  me rejoignent  dans l’eau.  Nous restons à la piscine jusqu’à 16heures.

pachydermes

    16h10, Michel n’a toujours pas apparu. Nous faisons un  coup de force : nous partons sans lui. Marcel, le chauffeur est un guide très compétent et les animaux n’attendent pas !
     En effet, à peine avons-nous quitté l’auberge que deux éléphants se présentent : la femelle plus « fine » (tout est relatif !) pourvue de défenses, le mâle, plus massif, plus ridé. Ils sont très calmes. Marcel descend, marche à leur rencontre. Ils ne prêtent pas attention à nous. Marcel nous invite à nous approcher. Il faut leur « montrer qu’ils sont les plus forts », on leur prête allégeance en marchant à reculons une dizaine de pas. Nous pouvons faire de très jolies photos de près. Les pachydermes cassent délicatement, une branche après l’autre d’un petit karité aux feuilles tendres et fluo.

phacochères
    En route vers la Mare Sacrée, nous croisons plusieurs familles de phacochères très affairés. Ils sont aussi drôles de face que par derrière : leurs défenses recourbées, leurs crinières, leurs fesses rebondies et leur fine queue dressée très haute toute droite, les rendent très sympathiques !

Hippos à la Mare Sacrée
    Les hippopotames se reposent au milieu de la Mare sacrée. Ils ne se montrent pas disposés à faire des démonstrations de bâillements. Nous devons attendre longtemps avant qu’un ne se décide à ouvrir la gueule. En attendant, je dessine aigrettes et hérons. Bonheur de se retrouver dans la sérénité du parc !
    Sur la route du retour, nous croisons un troupeau d’éléphants. Pas question de les approcher ! Les petits sont avec eux. Ils pourraient charger. Les arbres craquent sous leur passage. Marcel s’amuse  à les provoquer. Nous préparons la fonction vidéo de nos appareils. Quel film d’action ce serait que la charge du gros mâle qui agite ses oreilles en signe d’avertissement !
    La nuit chaude enveloppe l’auberge décorée comme un sapin de Noël. Au menu : couscous mouton.


safari à la pendjari

Lion, il est rare il faut de la chance !

Publié le : 02 Mai 2007
Lion, il est rare il faut de la chance !

J’avais appris et on m’avait répété que dans le nord l’amplitude thermique est grande et que s’il fait très chaud le jour, les nuits sont fraîches. C’est peut être vrai « en général » mais pas "en particulier" cette nuit . Nous mijotons dans notre sueur sous un ventilo faiblard qui brasse mollement un air torride. Même Michel émerge en se plaignant de la chaleur.

    Nous déjeunons dans la nuit pour être prêts aux premières lueurs de l’aube si nous voulons rencontrer le lion. « Lion, il est rare. Il faut de la chance ! » Nous avait on répété l’an passé. Confiants dans l’habileté de Marcel à repérer les animaux nous pensons tous voir le lion. Trois lions ont été vus hier vers 7 heures à la Mare Bali. Avec un  peu de chance ils reviendront aujourd’hui.

    En chemin, deux hyènes tachetées se présentent. L’une d’elle traverse la voie derrière le véhicule la deuxième s’assied entre deux buissons. Elle nous observe. Cette réciprocité m’amuse autant que l’attitude canine du charognard. Elle s’éloigne ensuite avec son arrière train surbaissé et sa drôle de démarche.

    Deux buffles par hasard. Le temps d’une photo.

Bubales, Waterbocks, nous aurons tous vu toutes les antilopes.

Mare Bali

    Marcel m’avertit qu’il faut faire attention avant de monter sur l’affût : quelquefois, le lion s’y installe pour dormir à l’ombre. Point de lion. Point de Nestor. Les buffles tournent le dos dès notre arrivée pour s’enfoncer dans la savane.

    Les crocodiles sont sortis. Les oiseaux les narguent. J’arme l’Olympus prête à filmer la capture d’une perdrix. Un petit crocodile se dirige vers un couple de volatiles occupés à une parade nuptiale. Sa vélocité me surprend. Raté ! Il retourne bredouille à l’eau. Marcel attend dix heures zéro, zéro l’arrivée du lion. Dès que nous quittons la Réserve, je range jumelles et appareil photo. C’est un tort. Une famille de babouins traverse la route.

l'éléphant solitaire


    Notre dernière surprise : l’éléphant solitaire qui avait laissé ses empreintes hier sur la piste. Il est très vieux, sa peau est creusée de profondes rides. Nous filmons. Adieux à la Pendjari !


La cascade de Tanougou, belle piscine naturelle

Publié le : 02 Mai 2007
La cascade de Tanougou,  belle piscine naturelle

La cascade de Tanougou

    A l’entrée du chemin qui mène à la Cascade de Tanougou, une sorte de bazar attend les touristes. C’est là que nous achèterons éléphants et hippopotames d’ébène qui viendront rejoindre, le huard à collier et le castor du Canada, la Tortue du Cap Vert et le Dromadaire de laine du désert marocain. Laure et Stéphanie veulent encore acheter des colliers, des awalés… elles marchandent avec entrain. Je leur en veux. J’ai peur que la baignade ne soit écourtée d’autant. Les awalés et les colliers peuvent attendre! Elles trouveront les mêmes à Cotonou. D’ailleurs les marchands sont Sénégalais. Rien d’original ici.

    Une troupe de jeunes nous escorte. Marcel aussi. Il prend les photos et garde les affaires. J’entre la première dans l’eau – délicieusement fraîche dans sa vasque enchâssée dans la falaise. La cascade coule abondamment l’eau est très claire. Deux jeunes grimpent en s’aidant des lianes et escaladent une douzaine de mètres pour plonger. Damien mis au défi plongera du premier replat à 5 ou 6 mètres. Laure aussi. Elle grimpe très bien. La dernière marche est presque aussi haute qu’elle et elle la franchit sans aide. Pendant que les jeunes escaladent, plongent ou posent pour les photos, je traverse tranquillement la piscine naturelle économisant mes gestes pour profiter davantage du calme et de la fraîcheur.

Yovos secouristes ?

    Le repas nous attend sous la paillote : pintade grillée et pommes de terre sautées.

A peine suis-je arrivée que Damien  me rappelle : un  petit s’est fracassé la tête sur les rochers glissants. Il saigne beaucoup. Tout le groupe s’improvise secouriste tandis que je me rhabille derrière le camion. Il aurait peut être été plus avisé de l’emmener au dispensaire situé à quelques centaines de mètres.
    Un autre enfant se présente avec une profonde entaille au tibia de la veille qui n’a pas été désinfectée. Est-ce raisonnable de soigner ainsi sans gants ? Stéphanie se rince les mains à la Biseptine, Damien néglige cette précaution et découvre avec horreur une écorchure sur la main. Est-ce qu’on peut attraper le Sida de cette manière ? On le pourrait, certes…

Graines de Néré

    Sur la route de Tanguiéta, les Béninois, ou plutôt les Béninoises marchent lourdement chargées. Des femmes nous montrent des passoires de « moutarde » : des graines de Néré qui font penser à de grosses lentilles. Une autre porte sur la tête un panier avec des gousses ou des cosses: on peut manger une pulpe jaune un peu spongieuse au goût original.


Nous avons failli dormir dans une tata somba

Publié le : 02 Mai 2007
Nous avons failli dormir dans une tata somba

On perd notre temps à Nati

    Il est 15H30 quand nous arrivons au supermarché de Natitingou. Qu’acheter pour dîner dans la montagne à Koussou chez Maurice ? Est-ce qu’on pourra faire cuire ? On remplit un panier avec un paquet de nouilles, du ketchup, nescafé, lipton…que Michel nous fait remettre en rayon. Kamal ne s’est pas occupé de la lessive comme prévu, il faut retourner la chercher à la Montagne. Les filles veulent des timbres à la Poste. On propose la visite du musée. Tous ces atermoiements m’agacent. Il faudrait au contraire arriver le plus vite possible à Koussou pour avoir le temps de s’installer, de visiter les tatas et de profiter de la beauté de l’endroit ! Dans le groupe, on sent une certaine nervosité.
Qu’allons nous trouver là-haut?

-    « C’est quoi le plan ? » demande Damien à la mode djeune.

Michel ne manifeste aucun enthousiasme pour aller chez Maurice.

Personne au Belvédère de Koussou

    Nous arrivons là-haut à 18heures. Il reste une petite heure avant la nuit. Il n’y a personne au Belvédère. Tout le village est réuni pour faire une « fête de funérailles ». En attendant que Maurice arrive, nous visitons les 4 cases de ciment destinées aux visiteurs. Elles sont propres, il y a des lits mais pas de matelas encore moins de drap. Pas d’eau dans les « cases de douche ». Nous ne sommes pas attendus. Cela aurait été si simple de déléguer Kamal hier ou ce matin pour prévenir Maurice ! Ou tout simplement de zapper l’étape à Natitingou et d’arriver vers 16heures ici. On aurait eu le temps de s’organiser.

Nous attendions tellement cette nuit dans la tata !

Je suis furieuse. J’ai envoyé plusieurs mails à Sébastien pour lui dire que nous avions très envie de cette étape. Il aurait suffi d’un tout petit peu de bonne volonté de la part de Michel qui visiblement préfère passer la nuit à Natitingou. Dominique, Damien et Michel sont d’accord pour retourner dormir à la Montagne. Laure et moi, pleines d’entrain et adeptes du camping aimerions bien rester ici.

Visite de la tata "pour touristes"

    Un jeune homme arrive en moto. Momo est à la fête mais il est saoul. Si nous souhaitons rester il sortira les matelas et les draps. En attendant qu’on se décide, il fait visiter la tata. Sans le cérémonial de Momo, la tata de ciment n’a pas autant de charme. Le jeune nous montre quelques détails qui m’avaient échappés : les petites buttes à l’entrée représentant les grands parents décédés. « Ici », il désigne un petit tas, « la grand-mère », « ici, le grand père », il en montre un autre. La belle poterie traditionnelle renferme les médicaments traditionnels : une graine évidée sert de flacon destiné à renfermer une poudre « pour la vipère ». « Pour le mal de tête,.. », il sort un crâne de chevreau. On fait couler l’eau sur la tête après l’avoir fait glisser sur le crâne ( ???). je grimpe sans problème à l’échelle. J’ai vu exposée, une telle échelle dans une galerie d’art dans le Marais, à Paris,. Proposer un tel objet à la vente m’avait scandalisée. Je ne sais pas bien pourquoi.
Laure monte sur la moto, les autres dans le camion, nous allons au village.

A Koussou,
tout le monde est saoul
   

    Une grande foule est rassemblée. Un petit orchestre de flûtes et de percussions joue. L’odeur d’alcool de mil plane. Le jeune homme ouvre une case où sont entreposées des calebasses de toutes tailles pleines. Nous cherchons Momo. « Il est là-bas, sur la paille » dit quelqu’un de l’assistance. A notre arrivée, il se lève – raide – se met au garde à vous. Il porte un béret rouge enfoncé jusqu’aux oreilles. Il lui reste assez de lucidité pour me reconnaître, me prend la main et ne me lâche plus. L’idée que nous sommes venus pour dormir dans son auberge ne l’effleure pas.

Nous partons visiter le village en compagnie du jeune. Damien et Stéphanie s’abîment dans la contemplation des cochons, une truie allaite ses petits. On a égorgé un bœuf dans la tata qu’on propose de nous faire voir. Il faut passer devant la mare de sang et la bouse avant d’accéder par l’étable à la cuisine fermée (en saison pluvieuse). Sur une banquette à l’entrée divers accessoires dont la « planche » en pierre où sont moulus le mil ou la moutarde (graine de néré). L’étable est dans une pièce très sombre au rez de chaussée. On monte ensuite sur la terrasse. Cette tata est habitée par deux vieilles personnes. Sur la terrasse il n’y a pas de foyer ni de graines qui sèchent. C’est un peu triste.

Petit dispensaire

    Dominique a préparé les médicaments pour le petit dispensaire que nous avions visité l’an dernier. Le même infirmier est en poste. Il accepte avec joie les médicaments et les petites couvertures mais il est très déçu que nous n’ayons pas apporté ses photos. Il nous fait visiter la salle de pansement meublée d’une table de bois à clair voie qui évoque plus l’établi de menuiserie ou la boucherie que l’hôpital.

Orage sur l’Atakora

    Nous reprenons la piste de nuit. Des éclairs déchirent les nuages. La proximité de l’orage me fait oublier mes regrets de ne pas dormir à la montagne. A la Montagne, il reste des chambres. Nous retournons au restaurant du frère de Michel. Le dîner est immangeable, heureusement qu’il y a les mangues de Pobé.


petit déjeuner à Nati, conférence sur les Tatas somba

Publié le : 02 Mai 2007

Journée de route, pas de tourisme.

Nous devons nous lever à 8 heures, cela fait bien longtemps que nous n’avons pas fait la « grasse matinée » si bien que je m’éveille à 6h 30 après avoir dormi d’un sommeil si lourd que je n’ai entendu ni l’orage violent qui a refroidi l’atmosphère ni le muezzin à 5heures.

Le Cours de Tata de Marcelline

    Petit déjeuner à l’auberge Taneka. On nous sert des viennoiseries et les mangues de Pobé. La dame qui nous sert porte une étrange coiffure en tulle orange, mi-turban à volants mi-charlotte. Son opulente poitrine est moulée dans un T-shirt noir court. Ne pas se fier aux apparences, ce n’est pas la serveuse. C’est la dame qui devait nous monter le repas à Koussou hier soir. Elle y est d’ailleurs montée « avec un très bon repas et de la moutarde de Dijon ». Dès qu’elle a vu la fête et l’état d’imprégnation alcoolique de Momo et de tous, elle a compris. Même le jeune homme qui nous avait fait visiter la tata a été incapable d’expliquer notre défection.
-    «  J’ai tout arrangé ! » lâche Michel avec un petit sourire,
-    «  Comment ?
-    «  J’ai payé ! »

      Marcelline nous fait un cours sur les tatas. Tous les tatas ne sont pas des tatas d’habitation. Il existe aussi des tatas rituels. Selon elle, le bœuf a été égorgé dans un tata rituel. Avec le sang du sacrifice on a arrosé tous les points consacrés à l’âme des défunts que la fête honorait.

     Le  but de cette fête est, pour nous, très flou. Tout d’abord, on nous a dit qu’il s’agissait d’un enterrement. Comme nous voulions savoir qui était mort (seul le décès d’une très vieille personne donne lieu à une fête joyeuse), il nous a été répondu que la personne était décédée il y a 35 ans. Marcelline nous livre une nouvelle version : il s’agit d’une commémoration de tous les morts d’une classe d’âge décédés il y a 35 ans. Marcelline s’occupe d’une agence pour la promotion du tourisme dans les Tatas Somba. Elle déplore la mauvaise tenue de l’auberge de Koussou. Maurice devrait aérer les matelas et les retourner tous les jours.
-    « Il ne le fait jamais ! » soupire t elle

     Elle est également professeur d’anglais. Demain c’est la reprise des cours. Je lui laisse mon adresse électronique. Elle écrira. Nous verrons bien.


De Natitingou à Cové, longue journée de route

Publié le : 02 Mai 2007
De Natitingou à Cové, longue journée de route

En route !

    L’orage a lavé le paysage. A Djougou, je cherche les enseignes qui m’avaient amusée l’an passé. Le minibus roule trop vite pour des photos. Nous traversons Savalou vers 13 heures nous commençons à avoir faim. Michel décide que l’on déjeunera à Dassa.

Gastromomie sur la route

    Le restaurant situé sur le bord de la route est composé de plusieurs paillotes rondes. On choisit les plats dans de grosses boîtes isothermes : riz ou semoule de maïs que l’on accompagne d’épinards, ou de poulet ou de fromage baignant dans une sauce rouge. C’est délicieux, surtout les épinards très parfumés et relevés. Le fromage est bizarre, tout rouge avec une texture spongieuse. Nous partageons l’addition 700CFA, boissons comprises. Je regrette notre méfiance vis-à-vis de la nourriture africaine. Au lieu de chercher désespérément des beignets et des bananes nous aurions pu nous régaler à peu de frais !

dans la chaleur de midi

Dassa- Bohicon : je somnole après le repas dans la chaleur écrasante de midi. A Bohicon, nous partons plein est dans une campagne très verte et plus ordonnée que celle que nous connaissons au Bénin. Les palmiers à huile sont bien alignés. Michel fait arrêter le véhicule pour nous montrer les plants de coton (après la cueillette). Deux rangées d’une vingtaine de mètres. On ne peut pas appeler cela un champ ! Que font ils donc de la petite quantité récoltée ?je fais la remarque à Michel que la campagne me paraît plus entretenue. Il acquiesce, selon lui, la pénétration des Blancs en est la cause.

La Cité du Bonheur

    Nous arrivons bientôt à Cové, gros bourg commerçant aligné le long de la route. Aucune trace d’un hôtel. Le minibus sort de la ville. Michel hèle un passant.
-    «  En arrière ! »
Kamal fait demi-tour. Pas plus de panneaux. Chaque fois qu’on demande à quelqu’un l’avis est différent. C’est amusant de les voir pointer des directions opposées d’autant plus que les Béninois utilisent beaucoup leurs mains pour parler.

    La Cité du Bonheur est un hôtel qui appartient à un douanier devenu ensuite député (dixit Michel). L’établissement regroupe plusieurs bâtiments bas, une salle de conférence, un restaurant rond tout cela dans une verdure bien entretenue. De gros climatiseurs dépassent à l’extérieur. Nos trois chambres occupent un édifice circulaire caché derrière un gros manguier. On découvre des chambres biscornues peintes jusqu’à mi-hauteur d’un marron assez repoussant. Moustiquaire. Ventilateur au plafond à grandes pales, une salle de bains carrelée pimpante. « il y a coupû(r)e ! ». Nous ne pensons qu’à une chose : la douche ! On nous assure que l’eau reviendra d’ici un quart d’heure. Un énorme seau (une poubelle de 30 L) recouvert d’un couvercle plein à ras bord nous fait penser le contraire. Nous nous rinçons à l’écuelle comme au village.

Pour dîner : de l’agouti

    Nous traînons à la terrasse du restaurant en buvant des pots. Pas de visites. Pour une fois, nous apprécions bien cette détente. Michel a fait installer des chaises sous le manguier.
Pour dîner : de l’agouti, une sauce délicieuse et du couscous. L’agouti ressemble à un ragondin, on l’appelle aussi rat palmiste. Sa chair est ferme rappelant celle du lapin, en plus ferme (tout est plus ferme au Bénin, souvent trop cuit et coriace). Michel avait proposé une bouteille de vin rouge qui n’est jamais venue. Pendant le dîner « il y a coupu(r)e ! ». Nous dînons à la bougie. Moins plaisant : l’arrêt des ventilateurs, les chambres seront des fournaises. On dormirait volontiers dehors sans les moustiques.

Bonne assise !

     Nous terminons la soirée sous les étoiles innombrables. Une femme passe et nous souhaite : « Bonne assise ! ». Douceur de la nuit africaine. Retour du courant : le ventilateur brasse de l’air chaud. Dernière douche au seau. Si on ne bouge pas un orteil la chaleur sera supportable !


De Cové à Pobé

Publié le : 02 Mai 2007
De Cové à Pobé

La transparence des élections au Nigeria

    A 7 h du matin, un employé frappe à notre porte, un lourd seau à la main.
Il justifie :
-    « Il y a des élections au Nigeria. Quand il y a eu des élections au Bénin, le Nigeria a prêté beaucoup de courant pour qu’elles se déroulent dans la transparence… »
-    « Quel rapport avec l’eau ? »
-    « quand il n’y a pas de courant, l’eau ne monte pas à la pompe. C’est pareil dans tout le Bénin, à Porto novo ou à Cotonou… »


     C’est vrai, le Bénin subit une grave crise énergétique. Le Ghana, son fournisseur principal, ne peut plus fournir la demande car le barrage est à sec. On est parfois obligé de faire appel à la Côte d’Ivoire. En tout cas, aucun rapport avec le manque d’eau ici.
    Au petit déjeuner, la dame arrive :
-    « Bonjour à table ! »
-   
De Cové à Pobé par Kétou

     Une cinquantaine de kilomètre séparent Cové de Pobé par la route. Par la piste, c’est plus court (36km)    mais la piste est mauvaise. Nous traversons Ketou qui se vante de posséder des sites historiques que nous ne visiterons pas. Nous passons le fleuve Ouémé qui prend sa source dans l’Atakora. C’est un cours d’eau tranquille. Les champs de maïs sont soignés. Nous passons devant la grosse usine de ciment Lafarge. De gros camions ont défoncé la voie. Une poussière rouge enveloppe tout sur leur passage.
    Pobé s’étale le long de la route, comme à Cové comme à Kétou. Nous passons devant un gros collège islamique tout neuf et bien peint.


une journée d'école

Publié le : 02 Mai 2007
une journée d'école

Mozart à la récré

    Nous arrivons au CEG1 pendant la récréation. La cour est pleine. Une musique sonorise la récré. Nous reconnaissons Nana Mouskouri. C’est le surveillant général qui choisit le CD. on nous fait entrer dans le bureau du Principal aussi jovial qu’à  la première rencontre mais très affairé. La fin de la récré est annoncée par Mozart.

En classe

     Romain nous introduit dans la classe des 4ème1 où se déroule le cours d’Anglais. Les élèves se lèvent et chantent la chanson qu’ils ont écrit pour nous : « Nous sommes les élèves du CEG Pobé, soyez les bienvenus. Chers Cristoliens, chers gens de Fefa, soyez les bienvenus ! ». Comme nous, ils portent le T-shirt orange avec l’Aigle Bleu, leur tenue de sport.

Aux murs de la salle


La salle est  nue comme toutes les salles du collège, colorée par la poussière rouge.Seules quelques feuilles blanches ont été collées:

La maxime de la semaine est affichée :

« N’ATTENDS RIEN DE PERSONNE, COMPTE SUR TI-MÊME CAR SI LE PARTAGE DEVAIT ÊTRE FAIT PAR L’HOMME TU N’AURAS JAMAIS TA PART. »

Sur une poutre, à la craie :

« L’ECHEC N’EST PAS AU PROGRAMME CETTE ANNEE ! ».

D’autres inscriptions sibyllines : « CONGO ! CONGOLAIS ! » (???)

La feuille avec la liste des élèves pour la corvée de balayage.

Pédagogie expérimentale

     Les tables sont en nombre suffisant mais on les a regroupées par paquets. 4 à 6 élèves ssont assis perpendiculairement au tableau. L’effectif est à peine(!) d’une trentaine d’élèves, silencieux et calmes. mais ils se déplacent parfois et se parlent doucement en suivant à plusieurs sur le même polycopié. Je suis assez étonnée de ce fonctionnement. Romain nous expliquera plus tard que la 4ème M1 est une classe expérimentale où l’on met en œuvre une  pédagogie active. Les enfants travaillent en groupe. La disposition des tables et le « petit effectif » doivent favoriser les échanges entre les élèves « un peu comme chez les scouts » précise Romain qui me regarde, se souvenant que j’ai, moi aussi, été éclaireuse dans ma jeunesse.

Cours d’anglais

     Le jeune professeur d’Anglais est imperturbable. Notre arrivée ne modifie en rien le déroulement du cours qui est la correction des compositions semestrielles. Mariette, une élève volontaire, écrit la correction au tableau que l’enseignant a soigneusement divisé en trois colonnes. Un élève lit le texte d’une dizaine de ligne. Sa voix est inaudible, son accent africain est étrange à nos oreilles. Je n’y comprends rien ! Je m’intègre donc  à un groupe d’enfants pour pouvoir suivre sur le polycopié.
     Deux exercices de compréhension de texte, rien de bien méchant ! Les élèves sont volontaires pour répondre « Moi ! Monsieur ! », Ils lèvent la main vers l’avant. L’élève désigné pour répondre se lève.
     Lorsque vient l’exercice de conjugaison avec des difficultés dans la  concordance des temps, les réponses se font plus rares. Enfin, une fille trouve la solution. Le professeur d'un geste déclenche des applaudissements et un ban sonore retentit accompagnés de  gestes éloquents. L’élève félicitée se contente de sa gloire. Le  calme revient immédiatement dans la classe.
La correction achevée à l’oral, le professeur s’assied à une minuscule table dans un coin et laisse le temps aux élèves pour recopier. Nous sommes tous admiratifs devant le calme des enfants. Nous n’avons jamais entendu l’enseignant forcer sa voix. Tous paraissent bien motivés même pendant cette correction aride.
    Il y a quand même un  puni. Seul, juché sur une table de côté. Pourquoi l’a-t-on isolé ? Il est arrivé en retard.

    Nous aimerions récolter les lettres et aller voir la 4èmeM2 dans la salle voisine. Le professeur distribue ses copies sans se soucier de nous, puis permet, seulement ensuite, aux élèves de nous remettre ce qu’ils ont préparé.

70 élèves au cours de maths

     En 4ème M2, c’est très différent. Près de 70 élèves sont assis face au tableau. Certains se tassent à 3 sur un banc de 2. Ce n’est pas une classe expérimentale c’est  de la pédagogie traditionnelle. Ici, aussi correction de l’examen, mais en maths. Le tableau est couvert de factorisations et de fractions. Je ne suis pas sûre que les 3èmes de chez nous arriveraient à calculer aussi vite que les béninois. Nous attendons en compagnie de Romain, parmi les enfants sages, la fin de l’heure pour emporter nos lettres.

Le Père Noël à l’envers

     A ma grande confusion, les enfants ont préparé de gros paquets emballés dans du papier cadeau métallisé. Nous ressemblons à des Pères Noël à l’envers. Dans le cliché, ce sont les « gentils riches blancs » qui apportent des cadeaux aux « pauvres africains ». Aujourd'hui, c’est le contraire qui se passe. Les 4èmeA de chez nous, n’ont rien donné pour leurs correspondants. Nous distribuons les bics cristal et les crayons. Je me sens plutôt honteuse de cette pitoyable distribution. D’autant plus, que j’ai bien peur que les enfants gâtés français n’apprécient pas leurs cadeaux à leur juste valeur.

Cuisine et couture

Dominique vient me cherche :
-    « Marcelle te cherche ! Elle a apporté plein de paquets ! »
C’est le déjeuner dans des boites isothermes et des faitouts et nos tenues. Le menu est le même que lundi, je me sers avec modération de hors d’œuvre pour pouvoir apprécier le poulet et les légumes au gingembre.
    Les trois robes nous vont parfaitement. La couturière a beaucoup travaillé. Les encolures sont toutes piquées de « nervures » très fines qui ont du prendre des heures de travail. C’est habillée à l’africaine que je vais parapher le protocole de coopération entre le CEG1 de Pobé et le Collège Simone de Beauvoir avec aussi la Fefa dont Thimoléon est le Président.

Protocole
    Thimoléon m’avait assuré au téléphone qu’il rédigerait le papier à Cotonou. Il est venu les mains vides. Nous improvisons  quelque chose de court mettant en avant l’échange de correspondance et la Réhabilitation de la Bibliothèque. Thimoléon et le Directeur veulent ajouter un paragraphe concernant une coopération informatique. L’informatique n’est pas mon domaine. Je n’ai pas envie d’engager la participation du collège sur ce plan. Thimoléon et le Directeur font valoir que ce n’est qu’une intention sans aucune obligation.
Le Directeur rédige dans un style plus imagé et plus emphatique, souhaitant « fouetter le goût de la lecture ». Il confie le texte à son secrétaire qui le dactylographie sur le champ. Dans une chemise cartonnée : le devis des travaux projetés. Notre petit paquet de billets couvrira tout juste la première tranche des travaux : le gros œuvre : tôles, plafonds en contreplaqué. Saurons nous trouver le financement des rayonnages ? Sans parler du sol qu’il faudrait cimenter ! 
Derniers cadeaux :
Marcelle a confectionné des biscuits apéritifs croquants et anisés présentés dans des flacons de verre.


une journée d'école

Fin de l'aventure en minibus,

Publié le : 02 Mai 2007
Fin de l'aventure en minibus,

[i]Retour à Cotonou[/i]

      Nous quittons Pobé sans avoir revu les enfants. Les cours ne reprennent qu’à 15 heures. Thimoléon, Michel et Kamal sont pressés de rentrer à Cotonou. En chemin Thimoléon propose de construire un site INTERNET pour nous avec l’aide de Clotaire. L’idée est séduisante. Mais je ne sais pas construire un site, c’est Clotaire qui devra tout faire. Le contrôle m’échappera cela me plait moins.

     En sens inverse de la circulation, nous voyons des caravanes de voitures luxueuses, neuves ou presque, en route vers le Nigeria. Cotonou est la plaque tourante du commerce de la voiture d’occasion en Afrique de l’Ouest. Les Libanais y jouent un  rôle important.Pobé n’est qu’à quelques kilomètres de la frontière nigériane.

     Les occupants du minibus sont accablés de chaleur. A partir de Porto Novo le trafic devient très dense. Les camions sont très nombreux. Nous arrivons à 16heures à Cotonou. La pollution est à son sommet. L’embouteillage est complet. Kamal cherche des chemins de traverse pour se dégager de la grande route saturée. Seulement trois ponts enjambent la lagune. Il faut obligatoirement passer par ces goulots d’étranglement.

Les adieux

Le camion s’engage dans un quartier plus calme aux rues sablonneuses où les enfants jouent dans la rue. Je reconnais le manguier qui pousse sur la voie devant le bureau de Sébastien. Ce dernier arrive, vêtu d’un magnifique costume bleu avec de grands motifs jaunes : prise électrique, fil ampoule. Sébastien fait la bise. Il ne lâche pas sèchement la main d’une personne. Il l’accompagne encore quelques pas. Pour garçons ou filles, il a des attentions affectueuses, il me prend par le bras puis manipule très délicatement le col de la chemise de Damien pour découvrir le collier en os qu’il s’est acheté. Nous ne tarissons pas d’éloges sur son village et sur ses frères. « Même père, même mère », ils ne sont que 4 frères. Symplice et Hyacinthe ne sont que des cousins si on applique le schéma de parenté européen. Elevés ensembles sur une même concession, ils se disent tous frères et ne savent même pas combien ils sont !

      Sébastien et Michel nous raccompagnent jusqu’au Jardin Helvetia ou nous buvons un dernier verre ensemble. Même Kamal, pour une fois, veut bien se joindre à nous. Nous avons fini par comprendre pourquoi il prenait ses distances : il est musulman pieux et rattrape les prières qu’il n’a pas pu faire pendant la journée.

Helvetia

    Le voyage en minibus est terminé. Nous sommes heureuses de retrouver Helvetia et Moronikê. Nos avons l’impression de rentrer chez nous. Nous avons juste le temps d’aller à la plage. Les vagues sont puissantes. Après s’être fait rouler dans le sable je n’insiste pas. Pour dîner je revêts ma belle tenue africaine tout en me tartinant abondamment le dos décolleté pour ne pas me faire dévorer. Merci à Insect Ecran : cela marche !


miriam
1003 contribution(s)
22 pays renseigné(s)
Ecumeur du monde
Info auteur
Derniers articles
Recherche

Lien(s)
- clubpobecreteil
- les jardins de simone

Carnets de voyage
- 2001- Marrakech et la vallée du Draa
- 2003 - De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.
- 2003 Espagne Atlantique du pays Basque au Portugal
- Atlantique, AntiAtlas, Atlas et Riads des Mille et Une nuits
- Ballons, dictionnaires et bêtes sauvages.... Bénin 2006
- Budapest : toussaint 2008, Bains, Art Nouveau et musique
- Canada 98 de Montréal en Acadie en passant par la Gaspésie
- Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay
- Chypre 2004, chapelles du Troodos et archéologie
- Cinq semaines au Cap vert
- Créteil/Pobé , Bénin, correspondance scolaire, échanges et tourisme...
- Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad...
- Egypte 2002 - premier voyage : Le Caire, Louxor, Assouan
- Egypte 2008- Moyenne Egypte, Alexandrie Sinai
- Eté 99 Grèce et Crète
- Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, Volterra, Arezzo
Photos : 999 photo(s)
le Chant des mariées film de Karin Albou
Roberto Vecchioni : Le Libraire de Sélinonte
les Citronniers  Film d'Eran Riklis
Zsolt Harsanyi : la vie de Liszt

Vidéos : 0 vidéo(s)

Audios : 0 audio(s)

Archives

Pays
Mes amis Voix Nomades
- akwaba
- Aurelia_Frey
- Elea
- Fogg
- palla_d'oro
- sebjal
- chemin_inca

Fil RSS du blog de miriam

Hébergé par Voix Nomades
1 2 3