CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Le Nouveau Monde de Toronto à Quebec

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En vol pour le Nouveau monde , arrivée à Toronto

Publié le : 17 Novembre 2007
En vol pour le Nouveau monde , arrivée à Toronto

10H30 décollage par temps couvert. L'épais tapis de nuages se rompt au dessus de l’Atlantique à l’arrivée sur le Nouveau Monde. Terre plutôt aride, rabotée, présentant des ondulations ;  des creux remplis d’eau…,  des lacs se succèdent. Seul, le rivage paraît construit de villages. La végétation est rare, le rocher, souvent à nu. Terre Neuve ? (Aucune explication de la part des hôtesses).

A nouveau, la mer – la Baie du Saint Laurent ? – encore, les nuages. En descendant sur Montréal, des champs très régulièrement ordonnés en parcelles rectangulaires. Atterrissage en douceur salué par des applaudissements.

Montréal – Toronto, au dessus des nuages. A l’approche de l’aéroport, l’avion joue les manèges de fête foraine, descend, vire, remonte. Je vois avec inquiétude les ailes basculer. Je suis toute barbouillée. Juste le temps de saisir le petit sachet prévu au cas où.

Arrivée à  Toronto

    Tom et Louise nous attendent, brandissant le catalogue jaune d’Intervac. Tom a une allure très américaine avec son large short et son chapeau.  La Chrysler grise, un  peu démodée, mais très vaste, roule sur la route 401. J’ai récupéré mes esprits. J’étudie le trajet, la couleur des panneaux sur l’autoroute dédoublée : au milieu la voie express, sur les bord le« collector ». En 20 minutes, nous atteignons « notre » quartier délimité au nord par Sheppard (travaux du métro) à l’Est par Yonge (la plus longue rue du monde). Une balise : le building Nestlé, immense cristal rhomboïdal de verre bleuté avec le logo Nestlé (un nid).

    Le quartier est très tranquille : maisons individuelles en briques ou en bois sagement alignées derrière leur carré de pelouse. Dans les allées du garage jusqu’à quatre grosses voitures américaines sont parquées à la queue leu leu et sur le perron souvent deux chaises (pour surveiller les voisins ?).

    Il est 15h, (heure locale), il fait beau. Pour nous, 21heures et nous sommes crevées.

visite de la maison

    Tout d’abord, visite de la maison. Au rez de chaussée une vaste cuisine et trois pièces de réception. Au centre la salle à manger occupée par une table vernie de 10 ou 12 couverts. De part et d’autre, deux salons meublés chacun de deux canapés blancs et d’une cheminée.  Symétrie. A l’étage, trois chambres, trois salles de bain. Celle du milieu a une lingerie. Tom et Louise occupent la chambre du fond, la plus vaste. Nous sommes vaseuses, une sieste s’impose. Je dors profondément comme en pleine nuit. A mon horloge interne, il est dix heures du soir, une heure convenable pour se coucher. Tout juste une heure de sommeil suffit à me ragaillardir. Me voilà prête à profiter de notre première après midi au Canada.

Mr Greek

    Nous dînons tôt. D propose d’aller chercher quelque chose au Fish & Chips. Comme  l’odeur l’avait écoeurée à Dalkey, en Irlande, je saute sur la proposition de Louise d’essayer Mr Greek. Nous choisissons des souvlakis et des calamars. Les souvlakis sont délicieux, les calamars, caoutchouteux. Le tout est servi  avec de la salade dans un pot en plastique : laitue (surtout des côtes), des tomates, fêta, olives des frites très abondantes mais peu appétissantes. Un part suffirait pour deux personnes. Le prix est raisonnable 18$ pour 4 personnes. Les prix apparaissent sur la carte sans les taxes et sans le service. Impossible de préparer sa monnaie à l’avance !

    A table, la conversation est plutôt décousue. Nous essayons de donner le maximum de renseignements à Tom et Louise pour qu’ils se sentent bien chez nous à Créteil. Ils en font de même mais nous sommes fatiguées et je ne me souviens plus de rien.


premier jour dans notre maison américaine

Publié le : 17 Novembre 2007
premier jour dans notre maison américaine

Au réveil

    Le décalage horaire se fait sentir. A 5heures du matin, il fait jour. Pour nous, il est  11heures. Impossible de se rendormir. De plus, nous avons très faim. Nous avons envie d’explorer notre nouvel environnement. Par la fenêtre, le beffroi de l’Hôtel de ville de York, un pignon pyramidal coiffe un clocher aux cloches apparentes. A chaque heure le carillon sonne comme Big Ben. J’ai envie de sortir, je descends discrètement. Près de la porte toutes sortes de diodes lumineuses clignotent. La maison est sous alarme. Et si je déclenchais une sirène ? Il vaut mieux s’abstenir de toucher à la porte. J’attends sagement que Tom et Louise se réveillent.

Notre belle maison américaine

    Il nous reste quelques heures avant le départ de nos hôtes pour  nous familiariser avec notre belle maison américaine. Le réfrigérateur est imposant. Il est garni de tout ce qu’on peut imaginer : crèmerie, confitures, fines herbes dans des sachets à  glissières… J’ai honte : j’ai vidé complètement le nôtre avant de le dégivrer et de le nettoyer dans l’idée que nos « restes » pourraient dégoûter nos invités. Ils nous laissent tout et ne trouverons rien à l’arrivée à Créteil. Louise nous recommande de toujours utiliser la hotte aspirante quand nous cuisinerons. Le sol de la cuisine est noir brillant éblouissant, facile à entretenir. La somptueuse moquette rose moëlleuse me soucie un peu, Louise me montre le « boyau », sorte de tube mou, qu’il faut raccorder à la « prise » : nous sommes dans une maison « autonettoyante » la centrale d’aspiration se trouve à la cave. C’est aussi une maison « non fumeur » équipée de détecteurs de fumée. Pour en griller une, il faudra aller dans le jardin. Bien entendu, il y a l’air conditionné mais on peut aussi actionner de très beaux ventilateurs à larges pales si on préfère ouvrir les fenêtres et couper la clim. Innombrables « remotes » (télécommandes), pour ouvrir la porte du garage, pour la télé, ….le téléphone est illimité pour les conversations locales. Nos hôtes nous recommandent donc de ne pas nous priver. Toutes ces nouveautés m’étonnent. Les Canadiens seront aussi étonnés de notre maison primitive. Il nous téléphoneront pour demander comment ou allume la gazinière. Surprise de notre part : « avec les allumettes !! ». Et la Télé ? Il suffit d’appuyer sur le bouton.  Ils hésiteront à utiliser ma petite R5 à vitesse alors que leur Chrysler automatique fera notre bonheur.

Dernier raffinement de la belle maison : le jacuzzi attenant à la chambre de Tom et Louise sous une verrière : nous pourrons nous baigner en regardant le ciel étoilé !


Toronto : courses au mall et métro

Publié le : 17 Novembre 2007
Toronto : courses au mall et métro

Réveil sous une pluie battante ! Nous voici seules à régner sur notre belle maison américaine. Il est 6 heures et nous avons à peu près récupéré un cycle normal après deux jours de décalage horaire. Petit déjeuner devant TV5, journal d’Antenne2.

Mall

    Courses au Centre commercial. Le démarrage de la Chrysler a été laborieux, l’immense voiture nous intimide. Au drugstore (pharmacie) nous découvrons la Poste ( ?) et achetons shampoing et parfumerie. Première surprise ! Les prix indiqués ne correspondent pas du tout à ce qu’on doit débourser. Inutile de faire l’appoint : deux cartes à 35c : un total de 86c. La différence s’explique par les taxes. Au magasin de vins, toute la planète est représentée, de l’Australie à la Slovénie…Au supermarché, tout est bien présenté. Variété des plats préparés : on peut mélanger Beigele avec Pastrami de dinde cachers avec de la fêta grecque, olives et pâtes fraîches de toutes sortes, salades composées, cowlslow et carottes râpées analogues à celles dont nous nous régalions en Irlande. C’est sans doute le mélange qui est canadien…

        La pluie tombe par intermittence. Nous choisissons l’option «musées », plan B, remplacement du programme « plage » qui tombe à l’eau. Nous partons donc [Downtown par le métro. On cafouille un peu en achetant les jetons. Les wagons sont remplis sans excès et le transport est rapide. La présence de très nombreux asiatiques nous étonne.
A l’arrivée c’est la surprise : la très, très grande ville. Les gratte-ciel nous font tordre le cou. Il y a beaucoup d’animation. Nous n’avons aucun point de repère. Tout serait plus simple si  nous étions munies d’une boussole puisque toutes les indications sont assorties des points cardinaux. Nous partons à l’opposé de la bonne direction. Des  gens charmants prennent le temps de nous remettre dans le bon chemin.

    Malgré l’affluence, une impression de calme prédomine. Les voitures, les passants semblent dilués dans un espace plus vaste que dans les cités européennes. On ne se sent pas pris dans une cohue. Idem quand  nous traversons les rues : les grands paquebots américains circulent à vitesse réduite et la priorité aux piétons est respectée. Cette échelle différente nous fait craindre le pire pour les distances nous séparant des musées puisque nous avons choisi de descendre deux stations de métro avant. En Centre-ville, il semble que les stations sont rapprochées et la marche est courte.


Toronto : downtown - Musée

Publié le : 17 Novembre 2007
Toronto : downtown - Musée

Musée : Dinosaures

    Au Musée, l' accueil  est polyglotte, et pas seulement en  Anglais et en Français, les deux langues officielles du Canada, mais également en espagnol et en arabe. Pour 8$, on nous remet un badge rose métallique valable toute la journée. Il est possible de fractionner la visite si on le souhaite.

    L’exposition-phare est celle des dinosaures. Les vitrines sont très pédagogiques et bien commentées. Les squelettes vernis (cela me choque un peu) sont représentés en situation dynamique. Chaque vitrine raconte une histoire. Un dinosaure marin croque une ammonite nacrée. Cette représentation n’est pas gratuite. Pour démontrer l’argument, on présente une ammonite qui a gardé la trace des dents. Si on retourne examiner la gueule du Dinosaure, les marques des dents s’adaptent à la denture. Un dinosaure carnivore prédateur et un herbivore sont mis en scène  en situation de prédation.

     Deux salles mettent l’accent sur l’environnement végétal – argumenté par le log des pollens. Fougères, prêles et gymnospermes sont en plastique. Interactivité, jeux et images de synthèse. Les enfants sont ravis d’appuyer sur les boutons qui commandent la locomotion des différentes espèces représentées, bruitages et couleurs fluo en prime. Un technicien dans un labo vitré dégage des fossiles de leur gangue. Maïasaura, la bonne mère, qui prépare son nid, pond et prend soin de ses petits, est la vedette : vidéo et images de synthèses très (trop) convaincante.


    Entre les galeries de paléontologie et celles de zoologie, une idée directrice : l’Evolution. Présentation des pinsons de Darwin. Diversité des caractères au sein de l’espèce illustrée par une mosaïque de coléoptères … La mise en scène se fait autour d’une idée plutôt que suivant une classification systématique. Les oiseaux empaillés s’envolent au dessus de nos têtes. Une foule de détails sur des panneaux complètent l’exposition.

    Devant une telle richesse, je finis par saturer. Nous passerons sans nous attarder devant des expositions d’art chinois.


les rues de Toronto : gratte-ciel

Publié le : 17 Novembre 2007
les rues de Toronto : gratte-ciel

D a remarqué des autobus pour touristes à impériale, un vert fermé et un rouge découvert. En  attendant leur passage nous profitons du spectacle de la rue.

    Une image très colorée : la vendeuse de Hot dogs passe avec ses bocaux de moutarde, cornichons et assaisonnements a décoré sa voiturette avec des bouteilles de soda aux couleurs violentes et artificielles. Il y a même des boissons bleues ! Le bus arrive, trop tard pour la photo !

    Un vieux monsieur récupère les reliefs des hots dogs dans une poubelle pour nourrir les oiseaux. Moineaux et pigeons cohabitent. Bien que petits, les moineaux, plus vifs, ont leur chance de saisir une bouchée. Surviennent les mouettes très agressives. L’une d’elle, le bec en avant, le cou rentré, attaque un pigeon et lui dérobe une demi saucisse.

Le Bus touristique

    Le billet du bus touristique à impériale coûte 25$, valable 24heures. On peut descendre à chaque arrêt et prendre le suivant. Le soleil brille, les gratte-ciel de verre étincellent. Nous découvrons ces tours monstrueuses aux formes découpées et variées. Les volumes sont tailladés de facettes tels des cristaux gigantesques. Au niveau de la rue, souvent de vieilles maisons de briques plutôt sales et délabrées. Nous mitraillons de photos. Le bus secoue beaucoup. Ni la mise au point ni le cadrage ne peuvent être soignés. Dans le viseur, des fils électriques, des poteaux divers, des feux de circulation ou même les têtes des autres touristes surgissent. Ils ne me dérangent pas esthétiquement parlant, ils font partie de cette ville qui se construit encore sous nos yeux. Le Guide commente, citant les architectes, les millions de dollars, les hauteurs vertigineuses…Tout cela sans queue  ni tête. Une phrase me frappe cependant : « A Toronto, il y a deux saisons : l’hiver et les constructions ! ». Nous passons, le cou démanché, pour deviner le sommet du building. Souvent, une construction pseudo- ou néo-gothique tranche sur le verre poli. Le front de lac est parasité par une autoroute surélevée. Nous longeons des voies ferrées, des terrains de base-ball…Toute l’Amérique du cinéma se condense sous nos yeux : gigantisme des tours, publicités géantes, et agressives, foule colorée, mal fringuée…

    Retour à la maison. Essai du jacuzzi. Il faut d’abord remplir la baignoire puis programmer les bulles. Le mieux est l’ennemi du bien : la mousse se met à enfler sous l’effet des bouillonnements. Au lieu de nous détendre, nous surveillons avec inquiétude les débordements savonneux. L’expérience est amusante mais pas vraiment convaincante


Sur l'Impériale du bus touristique

Publié le : 17 Novembre 2007
Sur l'Impériale du bus touristique

Yonge, la rue la plus longue du monde !

     Notre billet de bus est valable jusqu’à 16heures, nous continuerons à visiter Downtown. A 9h,  métro en véritables habituées, moins de vingt minutes plus tard nous émergeons au coin Yonge St. /Bloor St.

Yonge est l’axe nord/sud de Toronto. Le commentateur du bus est fier d’annoncer que c’est la rue la plus longue du monde, enregistrée au Livre des Records 190km. C’est cet axe qui détermine la situation Est ou Ouest de chaque rue perpendiculaire. Nous repérons grâce à elle. La maison de Tom et Louise est située au croisement Yonge/Sheppard W. Cette utilisation systématique des points cardinaux, le fait que toutes les rues se croisent à angle droit, facilitent l’orientation. Tout serait donc limpide si ,dans les quartiers résidentiels, de nombreuses rues n’étaient pas des impasses qui n’aboutissent pas à la rue principale. Nous nous sommes donc perdues en revenant du supermarché et en utilisant le réseau secondaire.

Ce matin, nous avons cafouillé pour trouver l’arrêt du bus. Cela nous a permis de voir les cafétérias proposant des plats à emporter aussi variés qu’exotiques. Falafels et souvlakis sont aussi courants que pizzas et hamburgers. Les hot-dogs se vendent dans des charrettes en pleine rue. Nous ne mourrons pas de faim à Toronto !

    Nous découvrons Yorkville, ancien quartier de briques rouges mitoyennes, très britanniques, rénovées et occupées par des boutiques de luxe, galeries, librairies. Il y a même une « Maison de la Presse » en français dans le texte vendant Libération et La Recherche.

Casa Loma, villa de Milliardaires

Le bus s’éloigne du centre pour monter sur une colline occupée par la Casa Loma. Summum du kitsch ! Un château en grès avec tourelles, mâchicoulis et créneaux construit au début du siècle. La mégalomanie du milliardaire Sir Henry Pellat (1859-1939) réunit tous les ingrédients début du siècle britanniques et américains : fortune américaine sur fond d’électrification de Toronto à la suite d’Edison et spéculation foncière. Snobisme britannique : le milliardaire a été anobli. Un étage entier est consacré aux gloires militaires de l’armée britannique ou au scoutisme : Lady Pellat, commissaire des Girl Guides. Visite commentée avec une cassette très détaillée et traînant en longueur. Luxe de pièces monumentales, salle de bains en marbre à tuyauterie sophistiquée, jardin d’hiver. Au début, le visiteur est ébloui. A la fin cela lasse. Jardins magnifiques, lys de toutes couleurs et de toute beauté.

Chinatown

Chinatown : tout est chinois, le dentiste, l’épicier, les passants…Les trottoirs sont occupés par un marché exotique : légumes chinois étonnants, choux, brocolis mais aussi fanes, anones énormes, moules séchées, châtaignes, baies recroquevillées ou luisantes. Le temps tourne à l’orage. Nous avons faim. Nous ne trouvons pas de fast food chinois.
Retour en Amérique chez Subway : sandwich au thon, chou, tomate, cornichon malossol dans un pain allongé brioché dégusté en terrasse en face de la  Galerie d’Art..

Architecture

Dans le bus à impériale: nous recommençons le même parcours qu’hier sous les gratte-ciel jusqu’au front du lac. La répétition est profitable. Le cicérone a une diction plus claire.De nombreuses anecdotes  m’avaient échappé hier. Les deux tours incurvées de l’Hôtel de ville représenteraient les mains de Dieu et le petit dôme, la Terre. Le destin de la Terre dans les mains de Dieu. Hier nous ne savions pas où donner de la tête. Aujourd’hui nous admirons mieux les prouesses architecturales. Les commentaires me font sourire : les millions de dollars, les tonnes de béton…  Il faut toujours que la tour soit la plus haute, le bâtiment le plus grand.. L’hôtel (gratte-ciel gothique) le plus important de tout le Commonwealth !

    Le soir, nous profitons de la douceur de la soirée, assises sur la terrasse. Un geai bleu fait une apparition. Nous guettons les écureuils.


Promenade et moustiques : l'Escarpement du Niagara

Publié le : 17 Novembre 2007
Promenade et moustiques : l'Escarpement du Niagara

Halton Falls

    Temps magnifique pour une journée à la campagne !

Nous quittons facilement de Toronto par la HW 401 vers l’Ouest. L’autoroute est chargée mais le trafic est fluide. A l'extérieur de la ville la signalisation s’avère problématique.Tout parassait simple  sur la carte. J’avais repéré les numéros des routes. Le but du voyage est tout proche de la sortie de l’autoroute.Sur la route, les panneaux indicateurs n’indiquent pas les numéros des routes mais des lieux énigmatiques. Nous nous dirigeons à l’aveuglette dans une campagne sans repère. Au lieu partir vers l’Ouest, nous fonçons plein nord. Le quadrillage des routes découpant des rectangles identiques à l’infini, est un piège pour les yeux. Aucun détail, aucune courbe n’attire l’œil. Si je lâche la carte un court instant je n’arrive plus à me situer. On finit par découvrir en chiffres minuscules la numérotation de la route qu’on croise mais impossible de savoir sur laquelle on se trouve. Finalement, après force détours nous retrouvons les panneaux de Halton Falls.

    L’entrée du parc est payant : 3$25. Le parking est presque vide : deux voitures, deux retraités et une famille curieusement attiffée avec des bonnets d’un autre âge sur la tête. Trois pistes sont proposées : ce sont de larges chemins gravillonnés, des pistes de ski de fond. Nous choisissons celle de 4.5km qui va aux chutes. Nous nous enfonçons dans une belle forêt. Des fleurs inconnues attirent l’œil. D’innombrables grenouilles sautent sous nos pas. Très rapidement les moustiques attaquent.  Nous avions été prévenues : à l’entrée du parc un écriteau annonce:

« Mosquitoes are bad ! »

      Rapidement, nous nous donnons de grandes claques et les moustiques deviennent l’unique sujet de la promenade. Heureusement, ils disparaissent aux abords des chutes.

    Des panneaux illustrés nous apprennent qu’un moulin en ruine a fonctionné sur ce lieu. C’est l’énergie hydraulique actionnant les scieries qui a permis le développement de la région au milieu du 19ème siècle (1830-1860).

L’Escarpement du Niagara

    L’Escarpement du Niagara est une structure régionale majeure visible sur 900km du Lac Huron aux lacs Ontario et Erié. Le Bassin du Michigan est un immense synclinal datant de l’ère primaire. L’escarpement du Niagara silurien fait saillie vers l’est. On ne peut comprendre le phénomène des chutes du Niagara qu’en pensant à l’immensité des lacs américains dont le courant se déverse d’Ouest en Est vers la mer à travers le Lac Ontario. Le Rôle des glaciations quaternaires dans l’érosion du paysage a été un facteur majeur. C’est la débâcle correspondant au réchauffement 14 000-12 000 qui a creusé d’énormes marmites de géants, puits profonds de plusieurs mètres et de plus d’un mètre de diamètre.

Enfin une coupe  dans la  falaise de l’escarpement montre la chute des galets à l’origine des marmites des géants.

    Nous pique-niquons au parking d’une salade de champignons, maïs, poivrons, crevettes et surimi. Je prends ma première leçon de conduite sur la Chrysler. Je me sens comme une débutante au volant d’une si grosse voiture. Il me faudra d’autres essais avant de me lancer dans la circulation.

    Au retour nous descendons l’Escarpement pour rejoindre le Lac Ontario. La route est bordée de propriétés magnifiques dans des jardins fleuris et surtout d’immenses pelouses entretenues comme des terrains de golf. Le front de lac est difficlement accessible. Il est bordé de maisons luxueuses. Nous trouvons finalement un petit parc où les riverains promènent leurs chiens. Le lac est immense ais peu propice à la baignade  Un petit rebord d’environ 2 mètre dans des roches rouges fait une falaise.


les chutes du Niagara

Publié le : 17 Novembre 2007
les chutes du Niagara

Préparatifs

    La préparation de l’expédition a commencé la veille :

a)    Météo sur la télé canadienne et sur CNN : favorable pour jeudi, les orages sont prévus vendredi.

b)     Pique-nique tout terrain : avocat, rosbif froid, jambon et petits pains.

c)    Etude minutieuse de la carte : 401,429, puis QEW (Queen Elisabeth Way)

d)    Etude sur les guides des attractions à voir absolument ou à éviter

e)    Radioréveil à 5h20 et coucher tôt.

Le Réveil du Cardinal

    On n’a pas entendu le radio-réveil. C’est l’oiseau bruyant qui m’a tirée du lit. Il démarre avec 2 ou 3 tuitt, puis 4 puis 5 jusqu’à 9.  C’est un cardinal, magnifique oiseau rouge.

Autoroute

    Nous partons au lever du jour par temps clair. A 6h30 l’autoroute est déjà passablement encombrée.

- Avantage :  elle est gratuite et simple.
- Inconvénient : le revêtement est plus que rapiécé. C’est un tape-cul. Il n’y a aucune aire pour s’arrêter.

Aux environs de Burlington un signal sonore prévient que le réservoir est presque vide. On doit sortir de l’autoroute pour faire le plein. L’essence est à moitié prix mais le réservoir a une grande capacité et la Chrysler consomme beaucoup. C’est donc moins économique que prévu.
    A 8h10, nous abordons Niagara Falls endormie. Les parkings sont déserts (payants).

Niagara Falls au petit matin

    Nous découvrons les Chutes par temps couvert sous une lumière blafarde. Heureusement que nous avons les Kways. Les « embruns » mouillent comme une véritable pluie.

    Le « Fer à cheval » est noyé dans le brouillard. Du haut de la corniche nous ne le voyons pas dans son ensemble. Seules les extrémités sont visibles. Au centre, un épais nuage masque la cascade. En amont, des îles, des rapides, des remous sur une largeur impressionnante. Difficile de donner le nom de rivière à cette étendue tourbillonnante qui tient plutôt du déluge ou du cataclysme.

    Les Chutes, elles-mêmes, m’ont moins étonnée. Les photos, les cartes postales, m’avaient préparée. Même sans l’effet de surprise, les chutes dépassent tout ce qu’on peut imaginer en puissance. Les chutes « américaines » sont moins imposantes, moins photogéniques. Le phénomène de brouillard est moindre et ne cache pas l’ensemble.


Attractions


    Première attraction : les tunnels (5.5$). Avec le billet, un imperméable en plastique jaune très fin, genre cape à vélo, est offert. Un ascenseur nous emmène sur une plateforme juste sous la cascade. Je tente de prendre des photos (on verra ce que cela donnera). Plutôt que des images ce sont plutôt les bruits qu’on voudrait enregistrer. On s’engage alors dans des tunnels qui débouchent au niveau du rideau d’eau. On ne voit rien. C’est très impressionnant. Les touristes qui veulent vraiment rapporter des photos se rabattent sur les panneaux et photographient n’importe quoi : les horaires d’ouverture, les panneaux d’interdiction de franchir. Nous gardons les imperméables en souvenir.

    Deuxième attraction : les bateaux. Avant de s’engager dans l’aventure nous avons vu ces petits rafiots bondés remonter le courant.  A leur bord, des passagers revêtus de capes à capuchons bleus. Le bateau danse dans les remous et continue dans le nuage. On dirait qu’il va s’écraser sur les roches. Il tourne son flanc parallèle à la cascade, se met dans le sens du courant et s’éloigne alors très rapidement. A bord, on ne voit presque rien. On s’approche des chutes américaines, on peut alors admirer la belle couleur verte de l’eau. Ensuite, on est tellement mouillé qu’on ne pense qu’à retenir son capuchon.

    En voiture, nous suivons la corniche « parkway » très bien aménagée avec des arbres magnifiques sur de belles pelouses. Il y a certainement des centaines, des milliers de touristes mais aucune impression de foule moutonnière. Les hommes sont tellement petits à côté des chutes qu’ils sont négligeables. Ils  ne gênent pas tout juste une attraction supplémentaire.


Court passage aux USA

Publié le : 17 Novembre 2007
Court passage aux USA

Nouvelle étape prévue : les Etats-Unis.

But de l’opération : passer le Rainbow bridge, obtenir un tampon sur le passeport, chercher un  coin pique-nique éventuellement visiter la ville et acheter des babioles.

Aucun problème pour passer le pont : 1.25$CAD.

     On nous dirige vers un poste où un policier de carrure impressionnante nous prend les passeports. Aucune question concernant la voiture canadienne (ce qui me souciait le plus).

Comme je croyais les formalités terminées, je demande un tampon. La réponse est peu amène :
-  « je ne le ferai pas. Un autre peut être le fera ! ».

Nous avons mal décodé le sens de cette phrase. Garons  la voiture tandis qu’un policier emporte nos passeports dans un baraquement  ressemblant à un poste de police. De nombreux touristes attendent assis sur un banc. Une affichette annonce que le visa n’est pas gratuit et  coûte 6$. Les gens remplissent un long carton vert. J’ai peur que les formalités ne s’éternisent.

Enfin on nous appelle – par nos prénoms – "Marianne et Dominique" – étrange. Le douanier mesure au moins 1.90m, la carrure assortie, cheveux bonds en brosse. Il commence par me complimenter pour la couleur de mes yeux puis prend un ton officiel :

-« avant toutes choses je dois vous prévenir que le passage aux Etats-Unis vous coûtera 6$ ! »

Son ton était si cérémonieux que j’ai cru qu’il allait nous réciter la Constitution !

- "Peut on s’acquitter de ce droit en $ canadiens ou par carte de crédit ?"

Impossible ! Il n’y a pas de bureau de change. Il ne peut pas contrevenir à la loi. Tout cela sur un ton solennel.

    On dirait que nous sommes des criminelles. Notre crime : ne pas avoir 6 $ américains. Il se fait  menaçant :

-« Je dois vous faire un  papier et ce sera long ! »

Ce n’est pas long du tout.

Nous obtenons un papier jaune et un imprimé blanc : nous sommes refoulées du territoire américain ! Une jeune policière nous prend en charge pour faire demi-tour entre deux rangées de bidons orange. Le retour sur le pont sera gratuit. Bien sûr, c’est un peu décevant. Cela nous fait rigoler. L’imprimé blanc de notre refoulement figurera dans l’album photo ! Déception : la police canadienne le confisque avec des airs soupçonneux. Non seulement on n’a pas pu fouler le sol étasunien mais encore on ne peut même pas garder de preuve de  notre expulsion !


    Pique-nique en face d’une attraction ridicule : une nacelle accrochée à un filin est suspendue au dessus des gorges.


De Niagara falls à Toronto

Publié le : 17 Novembre 2007
De Niagara falls à Toronto

Glen View

     Dernière visite avant de quitter Niagara Falls : Glen view, un parc naturel dans lequel on peut faire une randonnée dans une nature préservée. Dominique ne peut pas descendre l’escalier, moi, si. Je dévale à toute allure une tour métallique puis un sentier balisé pour arriver à l’eau. La photo en fait foi. Remontée en marche forcée sous une pluie fine.

Ecole d’Horticulture

      Arrêt dans les jardins de l’école d’Horticulture, la roseraie est agréable, sans intérêt particulier. En revanche, le potager avec ses épouvantails en paille, mérite la photo. Les carottes sont nantaises, le basilic géant, les haricots grimpent sur de hauts trépieds. La route traverse des vergers. Nous achetons des cerises. Nous traversons rapidement Niagara on the lake et admirons les belles maisons fleuries


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