CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Egypte 2002 - premier voyage : Le Caire, Louxor, Assouan

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Assouan : Ile Elephantine - l'école

Publié le : 29 Mars 2008
Assouan : Ile Elephantine - l'école

Vers 15h30 nous retournons par le ferry à l’île Eléphantine (1LE pour deux) .Nous déambulons tranquillement dans les ruelles du village nubien. C’est un endroit enchanteur, celui que je préfère à Assouan. De grands arbres à feuilles étroites, longues et épaisses, exhalent un parfum très agréable. La fraîcheur est accentuée par la présence de l’eau dans de petits canaux. J’aimerais photographier les belles jarres brunes vernissées disposées soit sur des portoirs métalliques soit dans des tous creusés dans une simple planche. Elles sont fermées par un couvercle sommaire, au dessus est posé un gobelet. Sont-elles destinées aux passants assoiffés ? Servent-elles à désaltérer les bêtes ? Est ce la réserve d’eau de la maison ? On les trouve partout, même en ville.

Des femmes toutes de noir voilées, très belles, de type africain, sont assises sur des banquettes de terre. Certaines épluchent leur salade (elles découpent au ciseau des feuilles qui ressemblent à de la luzerne). D’autres font de la vannerie très colorée en mêlant à la paille de la laine. D’autres, enfin, surveillent de petits étals de souvenirs.

     Par hasard, nous découvrons l’école. Un groupe de touristes français la visite, camescope en action. Nous entrons donc à leur suite dans la cour toute pavoisée de papiers découpés colorés. Aux murs, toutes sortes de panneaux éducatifs bricolés très ingénieusement : un œil disséqué, des miroirs figurent les rayons lumineux, des tuyaux en plastique rouge et bleus expliquent la circulation du sang. Tous ces panneaux sont faits avec les moyens du bord avec beaucoup de couleurs, de goût et d’invention.
Les classes sont ouvertes. Nous entrons d’abord dans la salle informatique. Les trois ordinateurs sont protégés de la poussière par des housses plastiques. Aux murs, encore des panneaux bricolés expliquent le maniement de la souris « THE MOUSE »  imitée en polystyrène avec les icônes habituelles.

     Je rencontre mes collègues, les professeurs de bio et de physique, je demande à quels enfants sont destinés les panneaux du cycle de l’eau et ceux de la reproduction humaine , - 11 à 13 ans- comme chez nous, les programmes ne semblent pas très différents ;
Nous assistons à un cours de maths, le professeur, barbu en galabieh beige - la même que celle des paysans -  écrit des équations au tableau. Les gamins n’ont ni cahiers ni crayons. Tout se passe à l’oral dans le plus grand enthousiasme et le plus grand calme. Facile, ils ne sont que cinq élèves ? cette école scolarise 120 enfants. Au centre de la cour : une table portant une boite pour récolter les donations des touristes. Je laisse 20 livres avec un peu d’hésitation, c’est si peu pour nous. Peut être aurais je dû me montrer plus généreuse ?

     Nous flânons dans les jardins et atteignons l’autre rive du Nil. Tout est calme. Beaucoup d’habitants sont sortis prendre l’air. Les enfants et les vieilles femmes quémandent des « bonboni ». On distribue de très bonne grâce les chewing gum que nous avons dans nos poches ? Une femme très belle se laisse filmer par des touristes, elle nous propose « photo-bakchich », cela paraît un peu indécent, nous l’évitons.

     Les nuages se sont enfin dissipés. La lumière du soir est très belle. Dommage qu’Assouan ne soit pas très photogénique défigurée par un hideux bâtiment en hauteur, l’immeuble de la police, et surtout par les bateaux de croisière massifs et très laids. Les felouques sont nombreuses.

Nous reprenons le ferry (1 LE). Sur un banc de la Corniche, nous regardons passer les bancs de nuages roses et orange, saumon, violets au dessus des montagnes de la rive en face.


Assouan : achats au souk

Publié le : 29 Mars 2008
Assouan : achats au souk

Pour rentrer à l’hôtel, nous empruntons les ruelles du souk décidées à faire des emplettes. Dans la première boutique nous achetons deux coupelles d’albâtre pour 10 euros.

      Les marchands d’épice ont allumé des morceaux d’encens qui fument. Les odeurs d’épice et d’encens se mélangent dans un parfum très fort. Pour nous appâter un commerçant nous verse une pincée de poudre dans la main et nous fait deviner. Nous reconnaissons l’anis, le cumin (facile !) mais nous calons devant une masse grisâtre de racines et de tiges emmêlées : c’est du lotus. Si nous la plongeons dans l’eau elle reprendra son volume et dégagera son parfum.Cela se vend au poids et vaut quelques piastres le gramme. Sur la balance deux pieds atteignent 20 LE. Il ne faut pas oublier de marchander, nous les emportons pour dix. Cela vaut sans doute moins et qu’est ce que cela donnera de retour à la maison ?  Mystère !

nappes

     Les nappes damassées me font très envie. Au départ le prix est de 19 euros, on arrive à s’entendre pour 20 euros les deux nappes. Malheureusement le marchand n’a pas en magasin le bleu foncé que je souhaite. Nous renonçons - pensant trouver du bleu ailleurs - quoique le vert foncé et le jaune me plaisent bien,. Bien que le souk soit grand, il y a peu de marchands de nappes. Un autre commerçant veut faire affaire. Il assure « du bleu, il y en a ! » nous discutons du prix, il demande 35 livres, je maintiens mon offre à 20 Euros les deux. Nous nous en allons, il ne nous rappelle pas. Nous cherchons ailleurs. Puis revenons, acceptons un compromis 20 euros et 5 LE. Il nous offre des chaises et nous plante seules dans son magasin. Il y a plein de bondieuseries coptes très kitsch, un crucifix électrique comme veilleuse, des fioles à parfum, des animaux sculptés. On pourrait tout embarquer. On nous fait confiance. Au bout de dix minutes, il revient bredouille, il a cherché des nappes bleues chez tous ses collègues. Dommage ! En tout cas je me suis bien amusée.


D'Assouan à Gournah, en convoi

Publié le : 29 Mars 2008
D'Assouan à Gournah, en convoi

Photos des arbres en fleurs   
    7h30, le taxi passe nous prendre.
    Pour la première fois depuis notre arrivée en Egypte, le ciel est sans un nuage. Ce serait le temps idéal pour faire des photos. Nous devons patienter une demie heure le départ du convoi. Aujourd’hui, les militaires sont particulièrement consciencieux. L’un d’eux passe un miroir emmanché sur une longue tige sous les véhicules pour examiner sous le chassis des voitures et des cars.

     Je pars photographier les arbres aux grosses fleurs rouges. Je découvre en passant le Club des Officiers, l’endroit le plus luxueux de la ville, avec des jardins très bien entretenus. Les arbres rouges sont beaucoup plus loin que je ne le pensais. Je surveille l’heure à ma montre. Quand je reviens au car, D est très énervée et me dit  que j’ai failli retarder le convoi.

Voyage en convoi
     Le voyage dure trois heures. Nous regardons défiler la campagne. Les gens, en famille dans les champs, coupent la luzerne à la main. En revanche la  récolte de la canne à sucre est mécanisée, elle bat son  plein. Des douzaines de tracteurs avec des remorques pleines attendent devant la sucrerie de Kom Ombo. Les tractoristes dorment sur leurs sièges. Cette faculté qu’ont les Egyptiens me sidère : les felouquiers, les cochers des calèche, les chauffeurs de taxi dorment sur place dès qu’ils ont un moment. Peut être est ce la chaleur ?

     Les hérons gardes-bœufs (ou des aigrettes) sont très nombreux quand un fellah laboure son champ, ils sont peu farouches.
L’oasis le long du Nil est vraiment une bande très étroite. Tout est cultivé merveilleusement mais quelquefois la largeur n’excède pas quelques centaines de mètres. Dommage qu’on n’ait pas eu le temps de voyager dans le delta !


Retour à Nur el Gournah : tombe des Nobles

Publié le : 29 Mars 2008
Retour à Nur el Gournah : tombe des Nobles

Nous arrivons à midi avec grand plaisir à Nur El Gournah. Nous rentrons « à la maison ». Nos affaires sont toujours dans notre belle chambre. Nous retrouvons nos habitudes : repas de salade pour moi à midi, Dominique liquide le thon qu’on a emporté de Créteil. Dès que nous sommes rentrées je me précipite sur les valises.
confirmer le vol
  Les billets d’avion sont bien là. J’ai eu drôlement peur!  Il faut confirmer le vol par téléphone. Le numéro est au Caire. Impossible de téléphoner de chez Mahmoud, le téléphone est restreint aux appels locaux. Ashraf m’emmène à Medinet Habou à la cabine et me prête sa carte de téléphone. Je suis en retard pour la confirmation mais c’est OK, quel soulagement !

Tombes des Nobles

   Après une petite sieste nous visitons deux tombe de Nobles figurant sur le prospectus de Louxor : Nakht et Ména.
Sur la route, nous trouvons un petit guide de treize ans qui parle bien anglais et qui exerce son autorité sur une bande de gamines qui nous assaillent. Il a beau être tout petit et maigrichon avec ne coupe de cheveux enfantine et un sourire d’ange, il a déjà une grande prestance. Nous distribuons chicklets aux fillettes qui se disputent. L’une d’elle vient avec deux Euros, elle veut huit livres, ce qui est le bon change. Nous lui disons que nous n’avons pas la monnaie ?

    Les tombes sont très belles. Les dessins montrent d la vie aux champs, les vendanges, un vol de canards et aussi des musiciennes et des chanteuses. En revanche il y inflation dans le prix du bakchich depuis la semaine dernière, 5 livres contentaient un gardien qui avait fermé les yeux quand nous avions pris des photos, le gardien ici est furieux et demande de rajouter deux livres. Comme je n’ai plus de monnaie, la fillette de tout à l’heure survient fort à propos, elle propose de changer mon billet de 10 livres, un euro et six livres. Cela arrange bien nos affaires et les siennes. Les touristes donnent des pièces d’un euro aux enfants qui sont contents parce que cela fait quatre fois plus que le billet d’une livre ensuite ils ne savent plus quoi faire de nos pièces, la banque ne leur échangera pas la petite monnaie. Le petit guide est vexé que je ne lui donne que 4 LE, il me rend les billets avec dégoût, mais viendra bien vite les rechercher.

Soirée
     Nous rentrons à pied par l’agriculture en prenant les colosses de Memnon pour repère. A la tombée de la nuit un vent fort soulève des nuages de poussière. Nous allons pour la dernière fois voir les illuminations du temple de Medinet Habou. Ashraf nous emboîte le pas, son copain devrait nous laisser pénétrer à l’intérieur. D imagine qu’Ashraf me drague. Elle me fait toute une scène et refuse d’aller voir le petit temple éclairé.  Je ne sais plus que trouver comme prétexte pour éviter qu’Ashraf ne se vexe. D imagine toujours des raisons et des intérêts cachés. Puisqu’Ashraf ne veut pas d’argent elle pense qu’il en veut à mon cul. Il en ressort un échange de propos peu amènes.

    Je suis peut être très innocente mais il me semble qu’il se décarcasse seulement pour nous faire plaisir puisque nous sommes les seules clientes et qu’il veut que nous apprécions son hospitalité.


Deir El Bahari : temple d'Hatshepsout

Publié le : 29 Mars 2008
Deir El Bahari : temple d'Hatshepsout

Samedi 2 mars : Gournah

Montgolfière

     Nous avions décidé de nous lever tard en prévision de la longue soirée à l’aéroport. Vers 7 heures un curieux bruit me tire du lit : comme un souffle puissant juste au dessus de nos têtes. Je cours sur la terrasse et vois une énorme bulle verte : une montgolfière survole la maison. La flamme s’élève dans un bruit de chalumeau.

Deir El Bahari

     Nous allons voir le temple d’Hatshepsout à Deir El Bahari. Cet édifice en terrasse est vraiment impressionnant, le site est magnifique, une sorte de cirque dans des falaises roses. Les terrasses s’enchâssent comme naturellement dans la roche.
Pas un nuage, il fait très chaud. Nous grimpons les rampes très bien (trop ?) restaurées pour arriver aux colonnades. La troisième terrasse est interdite, on nous dit que Moubarak doit venir demain (ce n’est pas vrai, il est à Washington).

     Une conférencière commente les fresques et les bas reliefs protégés par une barrière, dans l’ombre. Je ne les aurais sans doute pas remarqués. Ils racontent l’expédition d’Hatshepsout au pays de [/b[b]]Pount. La végétation  est luxuriante, les animaux, africains : girafes, éléphants et babouins. Il y aussi des soldats, des marins. Les barques sont chargées de marchandises. La pesée des trésors sur une balance, ressemble à celle d’Osiris - la pesée des âmes - sauf qu’ici la plume de Maat et le cœur sont remplacés par trois bœufs d’un côté et de l’autre un monceau de trésors.

      Malheureusement le temple ne montre guère la reine, son successeur Thoutmosis a fait marteler ses traits et il ne reste plus que le fantôme de sa silhouette dans les fresques représentant les divinités.

Dans une aile : le temple d’Hathor, la vache y est représentée sous diverses formes.

Il fait vraiment très chaud à onze heures sous un soleil sans nuages. Nous partons rejoindre la vallée des artisans sur un sentier qui passe par un petit col. La promenade n’est pas bien longue, deux kilomètres environ. Quitter les sites contrôlés, et marcher au jugé dans la montagne thébaine,  a un petit goût d’aventure.


L'école derrière chez Mahmoud

Publié le : 29 Mars 2008
L'école derrière chez Mahmoud

Dernier après midi

        Nous profitons de notre terrasse, simplement le bonheur de se reposer devant notre paysage, maintenant familier. Mahmoud nous a laissé la chambre. Sylvia doit conduire de nouveaux clients, tant qu’ils ne sont pas encore arrivés, nous pouvons rester. Les valises sont bouclées. Nous pouvons nous doucher et nous sommes encore chez nous. Nous ne verrons pas nos remplaçants, tant mieux !
Vers 15h30 nous descendons dans la salle à manger d’été sur les banquettes à l’ombre. Je commande un dernier kerkadé.

L’école
       Des voix enfantines ânonnent en chœur. On dirait une école ! Juste derrière nous, derrière le mur de terre qui jouxte l’enclos des chèvres et le wc du restaurant.

     Dominique découvre les enfants assis par terre. Seul mobilier scolaire : deux tableaux noirs encastrés dans le torchis.
Des dizaines d’enfants sont arrivés là sans qu’on s’en rende compte. Les deux maîtres en gallabieh claire étonnamment silencieux s’occupent des plus petits. Un groupe de fillettes se tient en face d’un tableau. Couvert d’écriture. L’une d’elle tient une badine et suit le texte, les autres lisent à haute voix. Une autre la remplacera A l’écart les garçons les plus grands sont assis en tailleurs par petits groupes et lisent le Coran, chacun a le sien.
Dans l’encadrement de la porte, les « parents d’élèves »attendent accompagnés d’autres enfants et des femmes de la maison de Mahmoud. Tout le monde suce de la canne à sucre. On m’en offre un tronçon, une femme me l’épluche avec ses dents.

     Dominique fait des photos elle distribue des dragées de chewing gum. Si j’étais à la place du maître je ne serais peut être pas ravie de notre intrusion. Les deux instituteurs ne manifestent aucun signe d’agacement. Etrange école, sans table, sans bancs, sans cahiers ni livre. Est ce  l’école coranique ? En plus de l’école d’Etat, Est ce l’étude ? Personne ne nous renseigne. Dans les écoles les enfants sont en uniforme, pas ici.


Dernière soirée à Louxor

Publié le : 29 Mars 2008
Dernière soirée à Louxor

Dimitri et le chauffeur sont arrivés en avance. Il faut traverser le Nil avant la fermeture du pont à six heures. Nous hâtons les adieux.
    Musée de la Momification
Dimitri nous conduit devant le musée de la Momification : moderne, cher, bien présenté, de belles vitrines bien éclairées dans une pièce sombre. La visite n’est pas bien longue.

    Son et lumière à Karnak
Nous prenons une calèche pour aller à Karnak. Nous sommes en avance d’une heure sur l’heure du Son et Lumière, et attendons au pied de la rangée  de béliers de l’entrée.

    La visite commence par un parcours commenté de façon grandiloquente, c’est la loi du genre. Si on ne fait pas trop attention au texte pompeux, c’est une occasion magnifique de revisiter le temple. Point final à notre voyage.

     Ensuite nous allons poireauter de longues heures, d’abord pour attendre le taxi, puis à l’aéroport. Heureusement il y a quand même de courts intermèdes : derniers achats de Halva et de gâteaux dans le quartier des souks très animés, c’est là que nous aurions dû aller plutôt que de rester sur la corniche déserte !
      Salle d’embarquement, les boutiques hors taxe font diversion, on achète pour trois fois rien des fioles à parfum. Une boutique za la très bonne idée de passer des vidéos sur l’Egypte Antique : ultimes révisions.


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