CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

  >>

Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay

 : Page(s) 1 2

1. Puerto de la Cruz, la finca, les environs, la mer

Publié le : 19 Septembre 2006
1. Puerto de la Cruz, la finca, les environs, la mer

Réveil à 8h30. Les épais volets de bois nous ont protégées du bruit et de la lumière. Je viens juste de m’habiller quand on frappe à la porte. Tomas, encapuchonné dans un kabig marocain ou en djellaba courte rayée, portant des gants de laines, vient frapper à notre porte. Il brandit mes lunettes.

    Le petit déjeuner est servi sur la balconnade couverte avec vue sur la mer (et sur l’autoroute). Pour quatre €, nous trois sortes de pain, intégral genre allemand, gris avec une croûte fine, délicieux, et des Wasa au sésame. La jeune femme qui nous sert est très sympathique, italienne, cheveux courts .La confiture est « casera », maison, c’est elle qui l’a faite avec les tomates de Chine, oranges et oblongues qui poussent dans leur jardin en contrebas. Elle est délicieuse.

le jardin de la finca

    La pluie a cessé, il fait bien gris. En attendant le taxi, nous explorons le jardin, un fouillis de plantes rampantes (des cristophines, des courges énormes envahissant des arbustes. Les citronniers ont des fruits énormes à allure de cédrats, leurs feuilles sont racornies (nous sommes chez des écolos, sûrement pas d’insecticides). Les arbres à tomates sont nombreux, il y a également un petit papayer, un pêcher en fleurs et un figuier défeuillé.

Puerto de la Cruz

    Le taxi traverse Puerto de la Cruz, immeubles modernes, végétation tropicale, beaucoup d’hôtels. Notre voiture de location est une Clio grise standard (la même que celle de Nicole ou des parents de Dominique). La première sortie, moi-même au volant, a l’air d’un gag : je fais trois fois le tour du pâté de maison, et loupe l’entrée du parking à chaque fois. A chaque coin, un stop, des piétons dans leur bon droit. . Dominique s’énerve, prend les commandes et descend au parking souterrain.
 
    Une jolie promenade arborée, hibiscus et palmiers, nous conduit à une petite plage de sable noir déserte. Plus loin, la côte est abrupte, une coulée de lave a laissé une falaise noire avec des prismes de rétractation. Malheureusement, l’urbanisation anarchique, tours étroites et barres énormes gâche le paysage.

     Des bâches de chantier masquent les aménagements de la corniche du bord de mer. Plus loin, plus de travaux mais un péage (3.3 €) : des piscines, des jardins des chaises longues. Ce matin gris, par une température de 17°, personne ne s’est installé.

Cheveux blancs et têtes chenues

    En revanche, dans la rue à l’arrière de cette base nautique, une foule très dense se presse. Têtes chenues, les retraités de toute l’Europe du Nord se sont rassemblés ici. Malgré nos cheveux gris, nous faisons figure de jeunettes. Des boutiques se succèdent proposant des produits détaxés, des parfums, des articles électroniques, des appareils photos, des lecteurs de CD  vêtements de « marques », Adidas ou Lacoste, et des souvenirs canariens : énormes poussins jaunes criards. Plus tard, en écrivant, je me rends compte qu’il s’agit sans doute de canaris ! Cette foire détaxée me rebute. Caricature de tourisme balnéaire. Que faisons nous ici ?
Toujours les mêmes boutiques et la même foule dans les petites rues. Levant les yeux au dessus des devantures on découvre de très jolies maisons chaulées de blanc à balcons de bois ajouré. Dans les ruelles en pente, les balcons de bois, sont décalés. Le ciel s’est dégagé. Malheureusement, nous avons oublié l’appareil photo.

chapelles et églises

    Nous passons devant plusieurs églises. Une jolie chapelle en bord de mer est réservée aux allemands, une autre aux scandinaves. Dans l’église principale, la Messe du dimanche est en Anglais. Malgré les affiches polyglottes, nous sommes en Espagne ; il règne une véritable ferveur. Des retables, très baroques, très dorés, très surchargés. Le plus remarquable se situe au dessus de nos têtes : un plafond de bois précieux à motifs arabes rappelant les plafonds à caissons. La religiosité qui règne ici fait contraste avec  l’agitation mercantile de la rue. Il est difficile de se comporter en touriste ici. Partout des gens sont en prière. L’église donne sur une très jolie placette plantée d’un jardin public. L’eau jaillit du bec d’un cygne qui a renversé son cou vers le ciel dans une curieuse attitude, dans des carrés délimités par un grillage, des coléus, hibiscus et autres arbustes colorés sous des yuccas et des palmiers. Les bancs sont occupés par des vieux.

Nous terminons notre exploration au supermarché Hiperdino (dino pour dinosaure, quel bon goût !) puis nous remontons la côte dans les embouteillages.

Déjeuner sur la petite table ronde devant Platanera dans le patio : crevettes roses.

la Montaneta

     En face de chez nous, une petite chapelle blanche est perchée sur une petite montagne pointue. Elle attire notre curiosité. Ce sera notre but de promenade ! Nous contournons la base du cône dans des jardins un peu à l’abandon : bananeraies, oignons et pommes de terre. Le long de la route de petits oratoires fermés très soignés et fleuris. Une très belle finca est cachée dans les jardins. Malheureusement de grands panneaux annoncent la construction de chalets adosados du pire effet. Au pied du petit mont : un énorme parking et un restaurant annoncé par d’énormes barriques le « Monastère » composé de tout un ensemble de restaurants spécialisés, l’un dans les fondues, l’autre dans les grillades, un troisième de paellas …L’architecture et la décoration sont assez réussies. Nous traversons un jardin botanique planté surtout de plantes grasses, figuiers de barbarie, pins des Canaries aux longues aiguilles souples. Une bizarrerie : des fleurs rouges sortent de l’écorce des branches. Un pin n’a jamais de fleurs rouges. Est ce une plante parasite.
Un chemin de croix est en cours d’aménagement. Chaque station est illustrée par un azulejo plaqué sur un petit autel blanc. En haut, nous découvrons le cratère du petit volcan et la chapelle blanche, toute seule sur son esplanade de ciment. De là, nous apercevons les neiges du Teide étonnamment proches. Le sommet est caché dans les nuages. Les villages traditionnels de maisons cubiques avec des terrasses rappellent un peu les maisons marocaines. Une grande part d’entre elles est chaulée de blanc. D’autres ont adopté le crépi jaune ou orange. Les terrasses sont carrelées. Vu de dessus, elles forment une mosaïque en camaïeu très plaisante.
Corniche au dessus de la mer
Nous terminons la journée par une promenade en voiture vers l’Ouest. L’autoroute se termine quelques kilomètres après notre sortie 38. Après un tunnel la route se poursuit sur une corniche au dessus de la mer. Le belvédère San Pedro est aménagé au dessus des bananeraies. De là, on découvre toute la côte. Un sentier descend dans une palmeraie.
la plage de Socorro
Plus loin, la petite plage de Socorro est le rendez vous des surfeurs. Je sacrifie à mon rite : la promenade pieds nus à la limite de la vague. L’eau n’est pas froide, premier bain de pieds. La fin de l’expédition est moins réussie. Nous sommes à la recherche d’un supermarché. Nous nous perdons et rentrons à la nuit tombée.


2. Garachico : pointe de Teno

Publié le : 19 Septembre 2006

le jardin de la finca

    Nous ouvrons nos volets pleins sur un beau soleil. C’est une surprise ! La jeune femme du petit déjeuner est en train de cueillir du persil. Elle est vraiment très aimable et nous fait découvrir toutes les herbes du jardin : le persil en abondance, cachées plus bas : des touffes de menthe et de marjolaine à très petites feuilles. Le basilic pousse dans des pots. Epinards et chayottes rampent. Les épinards ont des petites feuilles triangulaires très charnues, on peut les manger crus en salade. Dans des jardinières, de l’aloès. Nous nous promettons d’acheter de la salade pour profiter des fines herbes.

En route vers l'Ouest

     Route vers l’Ouest, par un soleil resplendissant. La campagne est gaie : les petites bananeraies sont encloses dans des murs de parpaings pas très esthétiques. Des poinsettias aux extrémités rouges sont alignés. Les villages ont un aspect agréable, pas d’immeubles, des maisons agrémentées de balcons sont crépies de blanc, de rose ou de jaune. Le tourisme de masse n’a pas encore atteint cette partie de l’île (encore que, sur le bord de l’eau, un immeuble de style Grande Motte se voit de loin). A Garachico, nous cherchons le départ de la promenade. Un jeune nous indique la route de cuervas (route des virages) qui nous emmène à San Juan del Reparo. La montée est impressionnante : les lacets serrés sont soulignés à la chaux. Après 5 ou 6 km, nous arrivons à mi-pente à une altitude de 600m qu’il me faudra descendre.

Rando San Juan/Garachico

     Je me renseigne dans une petite épicerie. Une dame, derrière son comptoir, vend toutes sortes de marchandises, aussi bien des gâteaux à la pièce que de la morue au détail emballée dans du papier journal, des produits d’entretien, du vin des produits d’entretien …Le sentier est juste derrière. Dans le village, il est goudronné, ensuite c’est un beau chemin muletier empierré de lave, protégé par un parapet qui serpente dans la foret de pins. Il descend très raide, les pierres sont inégales et glissantes, les aiguilles de pin, traîtres. Je suis ravie d’avoir pris mon bâton télescopique qui m’assure contre les glissades. J’ai remis en service mon ancien appareil photo et je retrouve le plaisir de la mise au point manuelle qui me permet de réfléchir plus au cadrage. La côte découpée s’entend jusqu’à Puerto de la Cruz. Garachico, à mes pieds, se rapproche avec son îlot rocheux, son grand clocher blanc et toutes les terrasses des maisons en mosaïque. Les citernes sont dispersées sur les terrasses. Le sentier court sur la coulée de lave de 1706 qui a englouti le port, jadis important. Des croix ont été érigées. L’une d’elle, fleurie, a été recouverte de cailloux. Les fleurs ont séché, les cailloux tiennent en équilibre comme par miracle. Si la croix s’était détachée sur un beau ciel bleu, je l’aurais photographiée. Je passe devant deux petits édicules : oratoires ou sources captées ? Un petit canal de ciment, comme une levada de Madère, conduit de l’eau qui brille sous le soleil. Malheureusement, le système d’irrigation par levadas tombe en déshérence, remplacé par de vilains tuyaux de caoutchouc noirs qui aboutissent aux citernes et aux champs. Parfois, trois ou quatre tuyaux suivent le même chemin  et s’emmêlent.

Garachico

Après trois quarts d’heures de descente, je parviens aux premières maisons, traverse un petit parc archéologique où est exposé un ancien pressoir et je sors sous une porte ancienne construite en un appareil de petites pierres très soignées. Derrière le jardin, une jolie placette avec une fontaine, la rue mène à la mer. Je retrouve Dominique.

    La ville de Garachico est une toute petite ville très tranquille pleine d’un charme désuet. L’église Santa Anna est très vaste. Ses murs blancs sont rehaussés de parements sculptés autour des portes. Les boiseries sont magnifiques, surtout le plafond. Les retables sont surchargés.

    Un peu plus loin, la place de la Liberté est occupée en son centre par un rectangle planté de ficus touffus faisant de l’ombre aux tables d’un café. Au centre on a construit un kiosque à musique. Un palais austère orné de colonnes torses  borde la place. A côté, le grand bâtiment de la Mairie. Un couvent, au coin, se visite. Luxe : il renferme deux cloîtres aux galeries de bois sculpté sur deux niveaux. L’un deux est planté d’un jardin, l’autre forme une cour nue. Sous les galeries, une exposition de photos anciennes raconte la vie d’antan : l’antique autobus, le premier camion, les processions. Il y a également une collection de coquillages venant du monde entier ainsi que des échantillons de minéraux. Exposition ancienne, poussiéreuse, désuète, charmante.

piscines naturelles

     Les rochers du bord de mer ont été aménagés en piscines naturelles pour la baignade. D’étroites allées cimentées  conduisent à des bassins profonds où on pourrait nager si le temps s’y prêtait .Nous nous installons pour déjeuner à l’extrémité : une seule rangée de rochers nous sépare de l’océan. La vague se forme, se creuse, avance en gros rouleau qui explose. Nous sommes au sec, seuls les embruns des vagues les plus spectaculaires sont perceptibles. Est ce que la marée monte ? , Dans les vasques naturelles, de nombreux poissons évoluent. L’un d’entre eux est bleu profond absolument magnifique. D’autres, verts très aplatis nagent sur le fond. Au menu saumon (Carrefour) avocat de Ténériffe et pour moi une banane. Les vagues se creusent de plus en plus, les embruns nous mouillent, nous nous replions dès le repas terminé. Avant de quitter Garachico, je m’attable à la terrasse d’un restaurant pour un très bon café bien serré.

pointe de Teno

     Pour atteindre la Pointe de Teno, nous passons par Buenavista qui est une charmante bourgade tranquille encore peu touchée par le tourisme. La petite route se faufile entre les murs de parpaing qui protègent les bananeraies. Juste après une belle finca blanche, bien nommée Casablanca, de grands panneaux annoncent en quatre langues qu’on s’engage à ses risques et périls sur la route du phare, coupée en cas d’intempéries et dangereuse en raison de chutes de pierres et de glissement de terrain. Nous serons prévenues ! Une fraction de seconde d’hésitation. Devant nous, une Opel Corsa blanche stationne. Dominique la double, l’Opel nous suit. Une énorme montagne pointue nous fait face. La route s’engage dans un tunnel très long, tout noir et bas de plafond. Cela donne un parfum d’aventure à notre expédition. D’après le plan, la route devrait s’interrompre à la sortie du tunnel et nous devrions faire à pied la promenade. Elle a été prolongée jusqu’au phare et de nombreuses voitures sont garées sur le parking. Nous ne sommes pas les seules téméraires !
Le phare est construit sur une péninsule. Il apparaît derrière un cône de scories rougeâtres remodelé pour faire une route et une plate-forme. Au pied du cône : un petit port naturel avec des barques. Sous la route du phare, des arcades, sans doute des garages pour les barques. Nous négligeons la promenade du phare, trop fréquentée, et nous engageons sur le bord de la falaise dans les scories. Ca et là, poussent des touffes de feuilles vert très vif, très épaisses avec une inflorescence rappelant celle du fenouil : c’est la laitue de mer : Astydamia latifolia, des raquettes de figuiers de barbarie, plus spectaculaires : de très hauts buissons candelabriformes de l’Euphorbia canariensis. Dominique pénètre au milieu d’un de ces buissons pour donner l’échelle sur la photo.
Nous suivons le rivage. Sous nos pieds, la lave est creusée de grottes marines. A l’aplomb d’une grotte on a planté une croix décorée de coquillages, quel naufrage commémore t elle ?
Plus loin, les falaises noires interdisent tout passage. Elles sont impressionnantes quoique familières. Nous avons vu ce type de paysage au Cap Vert à Sao Antao et à Sao Nicolau. Sous le ciel gris, elles ont un air encore plus sauvages .

   Je me pose un moment pour dessiner. Ces montagnes me fascinent mais elles sont difficiles à saisir. Dominique rentre avant moi. Elle a trouvé de très jolies immortelles violettes, les mêmes que celles que nous avons rapportées du Danemark, des kakilées. Quand je la rejoins, elle vient de cueillir un fruit du figuier de barbarie Quelle imprudence ! En Israël, je laissais aux gamins arabes le soin de les éplucher et je les achetais tout prêts. Celui qu’elle me tend a l’air lisse et innocent : une sorte de petite poire rouge grenat brillante. Je le range dans le filet extérieur du sac à dos. Quelques minutes lus tard, Dominique est prise d’horribles démangeaisons, elle l’a mis dans sa poche de pantalon. Le jean est tout plein d’invisibles épines qui lui entrent dans la cuisse. Il faudra le laver !

congelados

     Nous rentrons à la finca Saroga avant la nuit après avoir fait nos courses dans un petit supermarché de congelados à Los Silos. On se sert seul dans les gros congélateurs. On choisit les tranches de poisson ou de viande en vrac. Ils vendent au détail également petits pois ou haricots. Ces boutiques de surgelés sont très courantes ici. Pour les fruits et les légumes, nous préférons les marchands de quatre saisons installés sur le bord de la route. Les prix sont plus élevés qu’en supermarché mais la marchandise est plus alléchante.


3. Randonnée dans l'Anaga

Publié le : 19 Septembre 2006
3. Randonnée dans l'Anaga

Avec les volets de bois plein, nous nous sommes réveillées à 8h20. Jamais, je ne me lève aussi tard ! Mon horloge biologique a été détraquée après le vol de nuit et le décalage horaire ?

La Laguna

    Nous prenons l’autopista Norte jusqu’à la Laguna que nous traversons très facilement grâce aux indications d’un policier. Cela fait plaisir de traverses une vraie ville avec des magasins, des administrations, des maisons anciennes, et pas une station balnéaire. Il est près de dix heures, tout le monde dort ce dimanche matin. Nous trouvons la route de l’Anaga (la montagne qui occupe la pointe Est de Tenerife). En moins d’une douzaine de kilomètres nous avons monté 1000m.

    Un mirador offre une vue très étendue sur la Laguna Santa Cruz de Ténériffe et le Teide qui est dans les nuages. Par temps plus clair on aurait pu voir la Grande Canarie mais aujourd’hui, l’horizon est embrumé.

Laurasylva

     Nous entrons dans la forêt des bruyères arborescentes la Laurasylva ou Monteverde. C’est une forêt très dense. Les feuillages sont légers mais les arbres poussent très serrés .A 1000m, c’est l’altitude des nuages, il fait tout gris avec des bancs de brouillards bien froids. Le parc naturel del’Anaga entretient très bien les chemins de randonnées. Des petites routes goudronnées ne figurent pas sur notre carte. Je me réfère aux panneaux et finalement nous nous perdons. Une troupe de randonneurs en bonnets, polaires bâtons et gants de jardinage, vient à notre rencontre. Nous nous sommes trompées, il nous faut revenir en arrière chercher la Cruz del Carmen. Nous quittons la forêt pour les villages des Carbonaras – charbonniers ? – dépassons le village pour le site de Chinemada d’où part ma randonnée N°20. Autour de nous des ravins vertigineux, des pics pointus se détachent, l’un d’eux ressemble à un tuyau de cheminée portant un pyramidion.

Carbonaras descente vers Punta del Hidalgo

     Le départ du sentier est bien indiqué, sous des maisons troglodytes encastrées dans la falaise peinte en blanc avec de petits jardins dans les courettes. Le chemin est bien entretenu, pas question de se perdre. Des marches sont taillées dans la roche orange ou rouge. Le ravin est profond, la végétation, clairsemée. Je descends avec précaution. Mon bâton remplace la rampe d’un escalier. Les pics ont des formes aiguës. L’un d’eux est complètement ajouré. La lave brune est crevée de grottes formant même une sorte de fenêtre. Je veux photographier cette fenêtre avec au premier plan une sorte de pissenlit géant: un laiteron. Sa fleur ressemble à celle du pissenlit ainsi que la forme de sa feuille, en énorme, et il est perché sur  un tronc. Une asphodèle est en fleur .Je descends seule mais au fur et à mesure je croise de nombreux randonneurs qui montent de Punta del Hidalgo. Si le dénivelé est très important, la montée n’est pas forcément plus pénible que la descente où il faut être très vigilante. Pour ceux qui souffriraient du vertige, des barrières assurent les endroits les plus à pic. C’est une occasion de m’arrêter et de regarder vers le bas. Des miradors ont été aménagés, dominant la mer de plusieurs centaines de mètres en dessous.
     Le dernier pic est creusé curieusement d’une sorte d’entonnoir qui le traverse de haut en bas. Cette figure d’érosion me fascine. Impossible d’imaginer une cascade monstrueuse. D’où viendrait l’eau ? Je pense à une cheminée remplie d’un matériau fragile qui aurait été déblayé. Il existe de nombreux filons verticaux. Mais c’est le contraire qui s’est passé avec eux : la lave plus cohérente se trouve maintenant en relief recoupant verticalement toutes les coulées et les cendres. Peut être une faille, due à un séisme,  a été élargie en entonnoir ?

     Dominique m’attend en bas du sentier. Nous avions rendez vous sur la plage à 13h. Je suis dans les délais.

Déjeuner à la plage

      Nous nous installons près de l’eau. Ce n’est pas une vraie plage, plutôt une étendue de rochers bas mais hérissés de pointes sur lesquelles les rouleaux se fracassent dans une écume blanche qui jaillit. La mer est rayée de vagues blanches. Le vent froid souffle. Nous remettons les polaires pour déjeuner.
Avec les fines herbes du jardin, Dominique a préparé de jolies omelettes vertes au persil et à la menthe .

    Courte promenade avant de remonter en voiture le long de l’eau entre les buissons et les figuiers de barbarie. Dominique s’esquive pour laisser passer un Monsieur Pressé, une épine de raquette lui entaille la main qui saigne abondamment.

Punta del Hidalgo

    Dans le projet de boire un café en terrasse, comme à Garachico, nous allons à la station de Punta del Hidalgo, Garons la voiture au pied d’un immeuble imposant formé de deux ailes emboîtées en un V ouvert sur au moins 20 étages, les appartements donnant sur des coursives ouvertes qui ressemble au Plein Ciel du Mée. Au pied de ce monstre, une digue a été aménagée au dessus d’une très grande piscine arrondie creusée dans la roche .La corniche piétonne peinte en blanc est bordée de jolies maisons sas prétention . Un tout petit port est abritée par une jetée. Les barques colorées sont empilées sur un plan incliné. Comme c’est dimanche, le Café des pêcheurs est fermé. Il y a bien un restaurant perché sur une sorte d’estrade, mais à cette heure-ci (16h) toutes les tables sont occupées par des consommateurs qui déjeunent de crevettes, calmars ou moules. Tant pis pour mon café !

    J’envoie les SMS assise sur un banc face à l’océan. Le soleil chauffe. Je quitte les chaussures de montagne pour mes sandales. En short, pieds nus, j’ai des sensations d’été. D’ailleurs, on se baigne dans la piscine.

   Pour rentrer, nous essayons de longer le rivage. La route traverse des villages, fait des détours. Nous voyons la mer de loin bordée par des bananeraies sous plastique. Ces cultures en serre à grande échelle sont vraiment laides. Nous avons vu la même chose en Sicile, en Crête, à Chypre.

    Vers 18h nous nous installons dans notre patio ensoleillé sous la petite tonnelle défeuillée en cette saison. Le groupe des illuminés a déménagé. Malheureusement de gros nuages arrivent. Comme c’est dommage de rentrer avant la nuit, nous retournons au mirador de San Pedro d’où part un chemin dallé qui descend à la mer par un beau jardin de palmier. Nous nous promettons de revenir.


4. Le Teide : volcanisme spectaculaire

Publié le : 19 Septembre 2006
4. Le Teide  : volcanisme spectaculaire

La Orotava

    C’est le premier matin que le sommet enneigé du Teide est visible de la finca. Les jours précédents, on ne faisait que deviner la neige sur ses flancs. Suivant les indications de Juan, nous quittons l’autoroute à la sortie 33, et traversons la Orotava, cité en pente. Nous parcourons de vieilles petites rues. Comme à La Laguna, nous avons du plaisir à voir une ville ancienne. Une trentaine de kilomètres séparent La Orotava de l’entrée du Parc du Teide. La route passe par une jolie campagne plantée de vignes, des petits champs sont prêts pour les semis. Les arbres bordant la route sont des feuillus défeuillés qui nous rappellent que nous sommes encore en hiver. Nous évoquons des vacances dans les Pyrénées avec les arbres en fleurs sous le sommet enneigé du Canigou.
Vers 1000m nous entrons dans une très belle forêt de pins des Canaries : de beau arbres aux aiguillez très longues et fournies. Le sous-bois est uniquement recouvert d’aiguilles. A chaque tournant le Teide apparaît dans son écrin de verdure, sa pointe blanche se détachant sur le bleu du ciel. Je serais tentée de le photographier à chaque fois.

Monteverde

     Plus haut, nous traversons le Monteverde ou, Laurasylva, la forêt de bruyères arborescentes, de lauriers et de houx. Elle est très dense mais moins haute que dans le massif de l’Anaga. Moins impressionnante aussi : les bruyères sont si denses qu’elles ressemblent plus à des buissons qu’à de vrais arbres

La neige[/i

    A 1600m, les plaques de neige font apparition et bordent la chaussée. Plus nous continuons de monter,  plus il y a de neige.
Au Portillo (2020m) le Centre d’interprétation du Parc est très bien organisé. Un garde très aimable nous donne de  beaux dépliants et nous conseille pour les itinéraires. Nous négligeons le petit musée.
Avant toute chose, Dominique me photographie devant un genêt dans la neige. La neige est étonnante à cette latitude comme elle nous avait surprises à Marrakech.

[i]caldera


La route traverse la caldera très vaste de 17km de diamètre. Nous avions vu une caldera à Fogo au Cap Vert et à San Antao. Celle de Fogo est tapissée de coulées très récentes, elle est habitée, la vigne y pousse et donne un vin excellent. Celle de San Antao forme un cercle presque parfait, elle est cultivée, une route en fait le tour. Je me souviens des ânes chargés de bidons qui y faisaient la course comme sur une piste de cirque ou dans une arène.
Le rebord sud de la Caldera du Teide ne forme pas un mur vertical comme à Fogo. Il ressemble à un rempart épais en pente comme une forteresse avec son glacis. La neige s’accroche aux pentes. Les sommets sont couronnés de roches déchiquetées sombres qui tranchent avec le blanc de la neige. Le plancher de l’immense chaudron (puisque c’est ainsi qu’on pourrait traduire le mot espagnol) est très plat. Par endroit, le sol paraît poussiéreux, la végétation de buissons épineux et de genêts s’est développée. Ailleurs, différentes coulées s’étalent. Il faut un bon moment pour s’habituer à cet environnement étrange.

Végétaux étranges

Au premier arrêt aux Minas de San José, je suis plutôt attirée par la silhouette des végétaux, squelettes desséchés des genets, étrange colonne grise hérissée de longs poils du Tajinaste rojo , Echium Wildpreti, un genre de vipérine. Ces colonnes ébouriffées hautes d’un mètre à un mètre et demi sont les restes d’inflorescences rouges qu’un panneau présente. En hiver, il ne reste plus que ce squelette. La plante fleurie doit être extraordinaire.

imaginer le volcan primitif!

    Nous nous arrêtons à chaque mirador. Un panneau très bien fait raconte le volcanisme du Teide. Il faut imaginer l’énorme volcan primitif qui a explosé pour laisser l’énorme caldera en fer à cheval. C’est un exercice intellectuel difficile, comme imaginer le Sancy ou le Plomb du Cantal qui devaient être des édifices énormes. Le Teide avec ses 3718 m paraît tout petit à côté dans le schéma explicatif !

Phonolite, dômes de dykes les Roques de Garcia

    On explique également la formation des petits dômes en phonolite. Dans le paysage j’en devine quelques uns.
Nous arrivons enfin près du parador dans la zone la plus spectaculaire :celle des dykes formant des colonnes bizarres multicolores, des pains de sucre ruinés, des dents et des chicots oranges, rouges et violacés . Des cars, des jeeps, des minibus stationnent sur le parking, libérant des hordes de touristes. Ils grimpent sur les Roques de Garcia dont la silhouette est bien connue des Espagnols. Elle ornait l’ancien billet de 1000 pesetas. Le sommet du Teide est encadré par ces rochers pittoresques.
Nous nous mêlons à ces foules indécentes qui parlent fort, s’interpellent, se poussent et se prennent en photo. Des ados espagnols chantent et braillent dans un anglais approximatif.
Le sentier N°3 contourne les Roques de Garcia. Sur la carte ; c’est une petite boucle de 3.5 km faisable en 1h30 d’après le guide à l’entrée du parc. Au début le sentier est encadré par une rangée de pierres, il est très fréquenté. Nous marchons à plat entre des reliefs étranges. A l’arrière d’une immense colonne, le sentier amorce une descente vers le fond de la caldera. Le chemin devient malaisé, les scories ne tiennent pas et roulent. Heureusement, j’ai mon bâton ! Dominique ne veut pas entre parler de bâton .Elle se braque dès que j’ose vanter cet accessoire. Pourtant il est bien utile. Plusieurs fois, j’ai senti les cailloux se dérober sous mes pieds. Entre deux colonnes orange, une coulée fluide noire s’est épanchée. On voit comme d’énormes boudins qui se poussent, se tortillent, s’alignent, se superposent en une lente cascade de macaronis noirs. La surface présente d’énormes phénocristaux de l’ordre du centimètre. Cette coulée s’étale, s’élargit et va se terminer dans la caldera plate. J’imagine la lave, incandescente alors.

    Nous pique-niquons sur un de ces boudins noirs qui nous procurent des sièges confortables. De là, la vue est intéressante. Vers le sommet du Teide, on devine le téléphérique.

La cathedrale

    Vers le bas, un étrange édifice : la Cathédrale, dyke ressemblant aux Roches Tuilières et Sanadoire du massif Central. Je détaille les prismes de refroidissement. Derrière la Cathédrale, de bizarres rochers hérissés. La promenade contourne la Cathédrale. Puis il faut remonter ensuite une pente très raide. Dominique est partie longtemps avant moi. Le sentier est difficile à trouver. Tout au long de la descente, elle appréhendait la remontée. Finalement c’est raide, on s’essouffle, mais cela se grimpe beaucoup mieux qu’on ne le craignait. La descente était plus difficile.

Azulejos

    La route qui traverse le cratère passe devant des rochers colorés verts, bleus, turquoise appelés Azulejos. Altération hydrothermale précise le panneau explicatif.

tunnel de lave

     A 16h nous sommes au petit musé du Portillo. On y entre par une maquette de tunnel de lave à taille réelle très bien expliqué et très bien fait, on s’y croit ; Je n’ai malheureusement pas le temps d’étudier les lames minces des roches présentes au Teide, du basalte à la phonolite. Un montage me plait bien : cinq cubes de même volume sont accrochés à des dynamomètres montrant ainsi les différence de masse. Lorsque nous sortons du musée il pleut et nous sommes en plein brouillard.

    Ce n’est que vers 1000m que le brouillard se dissipe. De temps en temps des pins apparaissent comme par mirage. Quand nous retrouvons une bonne visibilité, nous trouvons aussi les embouteillages. Nous traversons la Orotava au pas  et avons le temps de contempler les constructions. Toute la ville est un véritable chantier : on creuse, on nivelle, on supprime la vigne et les petits jardins.
De retour à Los Realejos, supermarché et photographe.


5. Arenas Negras et Los Gigantes

Publié le : 19 Septembre 2006
5.  Arenas Negras et Los Gigantes

La Montaneta

    Le Petit Futé donne une description très alléchante de ce site. Justement un itinéraire balisé y arrive. Départ de la rando N°5 à La Montaneta devant la petite église San Francesco. C’est toujours difficile de trouver le sentier .Il faut interroger les habitants. Le plus pratique est d’entrer dans une boutique ou un bar. Si le propriétaire n’est pas trop affairé, il donne des renseignements plus avisés que n’importe quel passant. Les meilleurs renseignements sont ceux des chauffeurs de taxi ou des policiers. Je rentre donc dans un bar. Le patron regarde des dessins animés à la télé. Il se débarrasse de moi  « arriba ! » manque de chance, il y a un chantier à l’entrée de Icod los Vinos et une déviation. Dans Icod, j’essaie une épicerie fruiterie. La marchande est si gentille qu’on y fait nos courses. Elle nous envoie sur la route d’El Tanque.

    Finalement nous trouvons. Pour une fois, Dominique n’aura pas besoin de tournicoter pour me reprendre. La chapelle San Francisco est toute moderne. Derrière une vitre, Saint François est habillé de satin devant deux rangées de bancs. Le sentier grimpe dans la pinède pendant 50 minutes (300m de dénivelé, 3km). Il fait bien frais dans la forêt, Je marche d’un bon pas. Cette rando matinale est tonique à défaut d’être pittoresque. Pas de ravin vertigineux, encore moins de point de vue .Le sentier rejoint une piste de terre qui conduit au rendez vous à la « base récréative de las Arénas » : parking, camping, bungalows. Comme souvent, c’est quand Dominique est seule qu’elle fait les plus jolies rencontres. Aujourd’hui, elle a vu cinq pics des pins. Quand j’arrive, ils sont envolés.

Arenas Negras

Dominique me fait les honneurs du site : un endroit lunaire tout noir. Les fameux sables noirs sont plutôt de la granulométrie de fins lapilli anguleux, bulleux et souvent très brillants .Sous nos pas, leur contact est très agréable, ils sont bien tassés. On ne s’enfonce pas. Ils proviennent d’une éruption récente. La Montana Negra est responsable de la destruction du port de Garachico en 1706 et le Chinyero, tout proche est entré en éruption en 1909. La végétation est déjà présente : quelques pins vert fluo poussent sur les sables noirs. Des buissons colonisent déjà les pentes du cône. Les lichens sont étranges. Certains, très petits, ont une couleur rouge. D’autres font de fins filaments orange. Bien sûr, il yen a de plus classiques formant des encroûtements grisâtres .Nous sommes seules dans ce paysage désertique, intimidées par des panneaux qui interdisent l’entrée pour la préservation de la réserve naturelle. Ces interdictions provoquent chez moi une réaction ambivalente. Je reconnais le bien-fondé écologique de ces réserves. Je veux être une bonne citoyenne du monde et je respecte ces interdits. Par ailleurs, ma curiosité est aiguisée. Qu’est ce qui se cache ? Le cratère ? Sur le sol poussent des lichens si fragiles qu’il ne faut à aucun prix les piétiner. Mais, je vois quelques sentiers. Ne serait il pas plus raisonnable de canaliser le public dans des parcours obligés plutôt que de tout interdire et ne rien surveiller ?

J’opte pour la solution intermédiaire : suivre le sentier sans couper à travers. Je grimpe jusqu’à une arête, espérant entrevoir le cratère. Dominique contourne un autre très petit cratère ? Quelques bombes parsèment le sol noir. Je ne sais pas pourquoi cet endroit me ait plus penser aux dunes du Sahara qu’à la caldera du Teide tout proche. Malheureusement, les nuages arrivent et cachent le Teide tout blanc sur la forêt de pins. Au loin, un homme appelle ; ses cris sont semblables à ceux des bergers qui rassemblent leurs troupeaux. Dominique est à l’avant, comme je tarde à ranger mes affaires. Je voix deux chiens énormes qui se dirigent vers moi. Ce sont eux qui gardent le parc. Nous en aurons la confirmation par des écriteaux. Quand je rejoins Dominique, je lui fais part de ma découverte. Nous avons un peu peur mais ils ne nous poursuivent pas.
Une canalisation de ciment clair se détache sur les sables noirs. Par endroit on peut soulever un couvercle et accéder à l’eau pure. D’après le Petit Futé, le remplissage des gourdes est une des attractions de cette promenade. Malheureusement, aujourd’hui, avec les nuages, il fait bien trop frais pour que nous soyons tentées par l’eau froide.

Ascension du cratère

Pendant que Dominique fait une photo, je me retourne vers le volcan : deux silhouettes se détachent au sommet, suivies par d’autres. On peut monter ! Je dis à Dominique « regarde ! » ce qui est idiot puisqu’elle a l’œil vissé au viseur de l’appareil photo.
Nous nous séparons et nous donnons rendez vous au camping. En un petit quart d’heure, je suis au sommet. La vue porte du phare de Teno jusqu’à Puerto de la Cruz. Sur la mer, il fait beau tandis qu’ici le ciel est tout gris .Le sommet de la Montana Negra est rouge très oxydé. J’avais déjà vu cela en Auvergne, la température élevée donne une forte oxydation. Par contre, l’intérieur du cratère est coloré par les lichens. Tout le rebord, côté de la mer, est incrusté de lichens gris .Les filaments oranges brillent sur les lapilli noirs à l’intérieur du cratère. Je redescends très facilement par l’intérieur du cratère. Je n’ose pas courir comme à la descente du volcan de Fogo (plus de trois heures de montée et vingt minutes de descente comme à ski avec de belles gamelles).Au rendez vous, Dominique n’est pas encore là. Normal, le chemin par le volcan était beaucoup plus court. Je m’installe sur l’unique rocher pour dessiner en l’attendant. Une demi-heure plus tard, j’ai fini mon croquis et elle n’est toujours pas rentrée. De plus, la pluie menace et il fait froid. Je la vois, enfin, furieuse ! Pour éviter les chiens, elle a suivi la route qui l’a écartée du site. Elle a donc fait un énorme détour avec l’impression de s’être perdue.

Nous allons chercher le soleil plus au sud

Nous allons chercher le soleil vers le versant sud de la montagne. La petite route d’Arénas negras nous emmène au sud du massif de Teno (pointe Ouest de l’île) près de Santiago del Teide. Dès que nous redescendons de l’étage de Monteverde nous retrouvons l’agriculture. De petits champs en terrasse soignés et surtout une profusion de pêchers en fleurs roses. Les agaves portent leur hampe florale. Les euphorbes et autres plantes grasses sont florissantes. Nous dépassons Santiago del Teide, village sympathique- maisons simples, vie rurale tranquille.

    L’heure du déjeuner a largement sonné, nous cherchons un coin agréable pour le pique-nique. Pour une fois, nous dénichons du premier coup l’endroit idéal. Une pente cimentée nous conduit à une terrasse. De grosses touffes de marguerites Argyranthemum, d’euphorbes et d’une curieuse plante à hampe desséchée ressemblant à un parasol fermé, forment une végétation exubérante. Nous nous asseyons sur un muret face à la mer abrité par une sorte de petite coupole construite en pierre de lave autour d’un petit canal d’irrigation. A nos pieds, un tapis sec et doux formé par des écorces d’amandes. A l’étage du dessous, un champ de pommes de terre et au fond un pêcher rose magnifique. De ‘autre côté de la route, épousant une arête horizontale, un village aux maisons colorées. Sur une esplanade, un marchand de légumes a empilé des sacs d’oranges : 10 kg pour 7 euros. Un âne attend, attaché à sa longe. Un appentis est entièrement recouvert d’une liane à grosses clochettes jaunes. Non seulement, le coin est charmant, le soleil brille et en plus le pique-nique est très bons : une salade de petites pommes de terre de Tenerife les papas, avec du thon assaisonné avec les herbes du jardin de la finca Saroga : persil en abondance, il pousse partout, menthe en petites feuilles, et épinards crus à feuilles très épaisses et charnues triangulaires vert foncé. Le fromage de brebis ou de chèvre acheté à Icod est délicieux. Je termine par une banane et Dominique avec des rousquilles.

Los Gigantes, tourisme de masse


Los Gigantes est un site réputé de Tenerife. Nous descendons une route en lacet dans une campagne en terrasse. De nombreuses cultures poussent hors sol sous serre : bananes et surtout tomates. Cette Tenerife rurale, même enlaidie par des bâches en plastique, est bien sympathique.  Nous traversons le village de Tamaimo, bien tranquille avant d'arriver  à Los Gigantes : les falaises que nous avons vues au phare de Teno .Malheureusement, le site naturel est éclipsé par le gigantisme des résidences, hôtels, immeubles. Les promoteurs ont vu grand ! Tout un quartier adossé à la montagne est formé de studios identiques, terrasses en gradins, tous crépis de jaune. Un hôtel ressemble à un paquebot géant (belle architecture). Des quartiers entiers d’immeubles identiques sont en cours d’achèvement. Une jolie marina entourée de maisons canariennes à balcons de bois ajouré. Cette station est plutôt de meilleur goût que les constructions que nous avons vues auparavant. On a fait des efforts d’architecture. Il en demeure quand même que cette station balnéaire est le comble de l’absurde. En face des falaises qui tombent à pic dans l’océan, il n’y a aucune plage. Seules quelques piscines artificielles, un lagon de ciment. Ces immeubles abritent des milliers d’estivants qui n’ont rien ou presque pour se baigner ou même pour se promener. Le site est resserré, encaissé. La circulation automobile, un cauchemar. Qui est assez idiot pour acheter des milliers d’appartements au bout du monde sans même une plage ? Je monte sur la digue qui encercle la marina, même pas aménagée, pour prendre une photo. Dominique n’a pas eu le cœur de me suivre. De la voiture, elle me lance le porte-monnaie pour aller m’acheter une glace – une cassate délicieuse dans un restaurant du port.

   Nous quittons sans regret cet endroit absurde, remontons les lacets, traversons le massif du Teno pour nous retrouver à Icod et reprendre la route de Puerto de la Cruz.
Nous terminons tranquillement la journée à la plage de Socorro – baignade interdite- mais sable fin noir et trèsq


6. LeTeide sous la tempête de neige

Publié le : 19 Septembre 2006


Le temps est incertain


Pour faire le circuit n°2, marqué 3h, partant du Portillo, nous décidons de nous lever tôt.

    Quand nous arrivons les premières au Centre d’Interprétation du Portillo nous devançons les rangers du Parc. Le beau temps radieux d’avant hier n’est pas au rendez vous. Vu de la Orotava, le Teide apparaissait dégagé mais il y a déjà de nombreux nuages. Deux éventualités : soit nous serons au dessus des nuages, soit nous serons dedans. C’est donc un pari à perdre ou à gagner.
Au début de la promenade, le soleil brille seuls quelques petits nuages restent accrochés au sommet.

    Nous montons progressivement sur le flanc d’un cratère par un bon sentier. Assez rapidement nous rencontrons la neige. Pas de problème pour moi, mes chaussures de rando sont en goretex. Dominique, en revanche, est en tennis. Au début, la neige est ferme sous nos pieds, bien tassée et ne fond pas. Là où elle a fondu hier, la terre est soulevée par les cristaux de glace allongés et légèrement incurvés. Il a gelé dur cette nuit. Le thermomètre de la voiture marquait 2°. Pas de balisage, nous suivons les traces des pas des randonneurs. La vue est dégagée jusqu’à la mer qui se confond avec le ciel gris.

Mirage : des îles?

    Les nuages semblent se déchirer : la mer apparaît brillante, moirée, pas une ride ne l’agite. Il me semble apercevoir trois îles. A cette altitude ce ne serait pas invraisemblable puisque selon nos livres, on voit tout l’archipel du sommet du Teide .Je prends la carte pour les identifier. Hélas ! Il s’agit d’un mirage : ces »îles » ont change de forme entre temps, ce sont de petits nuages allongés sur l’horizon.

la neige sous les tropiques!

    Devant nous apparaissent les dômes et coupoles blanches de l’observatoire astronomique. Derrière nous, le Teide s’enveloppe d’une écharpe blanche qui cache la pointe. Nous avançons d’un bon pas parmi les genêts aux « feuilles » épaisses sur la face nord de la montagne. Nous avons une vue plongeante sur des cratères bordés de neige. Il y a même des traces de ski de fond et d’autres, plus grandes de raquettes. Tant de traces, que nous perdons le sentier. Dominique me montre une tache orange fluo avec une crotte de lapin au milieu. Ce lapin a dû manger de la carotte ! Plus loin, une autre tache orange. Nous arrivons à une impasse, plus de traces. Quelques mètres au dessous : le sentier sur lequel nous étions tout à l’heure. Et si les traces orange étaient un balisage ? Nous revenons en arrière et suivons les pas les plus nombreux. Les petits flocons qui ne nous avaient pas inquiétées tant qu’il y avait encore du soleil, se sont renforcés. C’est maintenant une véritable  tempête de neige. Nous marchons vers un petit col entre deux petites montagnes. Pas de vue. Nous marchons dans le blanc. Nous pourrions être aussi bien dans le Massif Central !Au petit col, nous retrouvons avec plaisir le balisage : des cairns alignés tous les 15 ou 20m. En quittant notre couloir abrité, le vent glacial nous arrive en pleine figure. Le sentier fait le tour d’un cratère de scories noires souligné par la neige. Les scories sont bien stables, le chemin est bien marqué et confortable. Ce serait une balade magnifique si le vent ne nous fouettait pas le visage et si nos jeans n’étaient pas trempés. Nous sommes gelées. Nous descendons en lacets la pente très escarpée du petit volcan. Quand nous retrouvons la neige nous recommençons à glisser. Enfin nous arrivons dans la plaine au fond de la caldera, recouverte de projection, blocs, bombes. On se dirait dans le lit d’un oued. Malheureusement, les conditions atmosphériques ne nous ont pas permis d’apprécier la variété des paysages.

luge et paella


Vers midi, le soleil est revenu. Nous croisons de jeunes espagnols portant des plateaux ronds – des plats à paella – enveloppés dans des sacs poubelles pour faire de la luge.
A une heure nous sommes de retour. La randonnée a duré 4 heures au lieu de trois, pourtant, nous n’avons pas musardé.

jardin botanique

    Nouvelle visite au petit musée, je découvre un jardin botanique très pédagogique. Malheureusement, en hiver les plantes ne sont pas à leur avantage !

Nous faisons une nouvelle traversée du parc en voiture en nous arrêtant aux miradors illustrés par des panneaux et des tables d’orientation.

    Nous avons un pique-nique gastronomique : grosses crevettes roses, avocat et saumon à l’aneth, pour dessert du pain perdu du Restaurant du Teide ; Nous comptions nous installer au Minas de San Jose. Malheureusement, dès que nous nous installons devant le petit dôme de ponces vertes, l’averse de neige de grêle redouble et nous cache le paysage ;

    Nous roulons vers la sortie ouest du parc en plein brouillard. Même les Roques d’ Garcia sont invisibles. Après les Azulejos des chutes de pierres ont presque barré la route. Nous empruntons la route ouest que nous ne connaissons pas. On se dirait sur une digue qui traverse une mer de lave ressemblant à un champ labouré. Enfin, on le devine. Ce que nous voyons, ce sont les stops d’une Fiat Punto de location que nous suivons pendant des kilomètres jusqu’à l’intersection pour Los Gigantes après Chio.

    Nous retrouvons le paysage de terrasses couvertes des raquettes des figuiers de Barbarie, d’euphorbes et autres succulentes et fleuri de marguerites en grosses touffes, de pêchers roses et de buissons bleus ressemblant à de la lavande. Ce paysage, riant hier, est plus triste sous la pluie. Quand nous arrivons sur la côte Nord au dessus de El Tanque, nous voyons un arc en ciel double. La mer est bleu profond agitée de nombreuses vagues. Les couleurs sont violentes   jaunes et ocre, orange des crépis des maisons, rose orange des bougainvillées. On aurait dit qu’on vivait depuis des heures dans un monde en noir et blanc et que, subitement, on aurait « remis la couleur ». Retour coloré par l’itinéraire bien connu.


7. Jardin botanique / San juan de la Rambla

Publié le : 19 Septembre 2006
7. Jardin botanique / San juan de la Rambla

jardin botanique

La tempête d’hier a été sérieuse : les avions n’ont pas pu atterrir et décoller à Tenerife. Vers 11h du soir nous avons encore entendu l’orage gronder. Toute la nuit, un vent terrible s’est déchaîné. Ce matin, le ciel est bleu, la mer agitée mais le Teide est couvert. Difficile de choisir un but de promenade. La télévision a annoncé de la pluie pour le nord de l’île, du beau temps au sud.
Compromis, nous irons au jardin Botanique de Puerto de la Cruz, après on avisera.
Pour trouver le jardin, nous entrons dans les embouteillages de la ville. J’interroge un passant. Il se rend tout de suite compte à mon accent que je ne suis pas espagnole. « Vous êtes italienne ? »- «  Non, française » –«  Je suis Catalan,  je vais vous expliquer en Catalan. » C’est bien ma chance ! Son catalan est compréhensible, de toutes façon, c’est facile, il suffit de tourner à droite et ensuite c’est fléché !

    Au moins trois cars de touristes attendent devant l’entrée du jardin. Les touristes ont tous collé sur leur pull le numéro du car. Certain portent à leur cou des pochettes comme celles des enfants non accompagnés des compagnies aériennes.

     Le jardin est ancien, il contient des arbres de très haute taille. Il est ordonnancé géométriquement : deux allées perpendiculaires le coupent en quatre quartiers ? Des allées secondaires le recoupent en seize. Chaque carré est délimité par une bordure soigneusement taillée de coléus, crotons … le carré des Cactées est entouré de Sanseveria. Dans chaque massif, un ou deux très grands arbres. Le sol est couvert de plantes fleuries : beaucoup de clivias mais aussi des fougères.

    Peu de logique ou de pédagogie. Les arbres proviennent de tous les continents, Beaucoup viennent du Brésil, d’Australie ou d’Afrique du Sud. Je reconnais à l’entrée un Mamey de Cuba. Un ficus énorme occupe le centre du jardin. Ces arbres sont toujours impressionnants. Je ne sais si celui là est plus grand que celui de Palerme.

     Les jardins botaniques m’enchantent toujours. Nous ne ratons jamais une occasion d’en visiter un et restons toujours longtemps. Ici, la foule est vraiment trop dense, le jardin trop petit pour supporter tout ce monde. Et, le soleil est caché, ce qui ne favorise pas la prise de photo. Après avoir arpenté chacune des allées méthodiquement. Après que Dominique ait rempli ses poches de dattes et de graines diverses, nous décidons de rentrer.

Auparavant, courses et distributeur de billets.

Promenade Las Aguas El Rosario

     La promenade n°4 du petit fichier, Las Aguas-El Rosario, commence à la piscine de San Juan de la Rambla non loin de Los Realejos où est notre finca. Le parking est vide ainsi que la piscine. C’est un endroit très tranquille. Nous empruntons un sentier côtier bien entretenu. La mer, bleu profond, est décorée de nombreux moutons. Le soleil est éclatant. Il fait bon. Je suis en habits d’été : short, et T-shirt

Pique nique en bonne compagnie

     Face au village, une banquette de pierre perpendiculaire au parapet nous offre un coin pique-nique idéal. Au menu, carottes râpées au persil et aux épinards crus et une omelette aux herbes du jardin. A peine sommes nous installées que qu’un gros lézard sort de son trou : c’est un lézard  du Teide : Gallotia Gallotii eisentrauti. Sur le dos, une ornementation de raies jaune fluo très fines, tenue de camouflage. La gorge est bleue. Sur les flancs une série de points bleus. Entre les pierres de la murette, nous voyons poindre des petites têtes grises qui ont l’air de nous surveiller. J’ai lu au Centre d’Interprétation du Portillo qu’ils se nourrissent de graines, de racines et également des restes des pique-niques. Je lance une miette de pain. Le plus hardi s’en saisi et part se cacher. Le gros lézard tente d’intercepter le butin du jeune. Venant par derrière nous, un lézard mord dans l’omelette qui se trouvait dans le tupperware posé sur le parapet. Il en emporte du morceau. Je n’ai pas le choix, je lui cède le coin qu’il a grignoté. Quatre ou cinq petites têtes nous guettent. Je lance des carottes râpées, chacun emporte une provision. Chaque fois le plus gros recommence à chasser les petits pour les voler. Il est beaucoup plus prudent et ne s’approche pas .soudain, alerte générale : tous les lézards disparaissent. Au dessus de nous, bien haut, un faucon plane. Comment  ont ils été avertis ?

un joli chemin en balcon

Le chemin passe entre tamaris et roseaux. Les agaves pointent leur nouveau bourgeon floral de l’année. Une très jolie maison d’angle aux murs jaunes vifs parsemé de pierres apparentes est surmonté d’une sorte de loggia de bois vert de guingois. Elle est toute petite, une pièce en rez de chaussée, une plus grande à l’étage. A l’abord des maisons le chemin est très soigné pavé bordé de plantes ornementales fleuries avec des inflorescences bizarres sur de hautes hampes. Un vieux chien marron et blanc, entre cocker et épagneul, se lève péniblement  et décampe en boitant Le petit hameau de Rambla est très joli avec sa toute petite église blanche qui donne sur une place arrondie bordée par une banquette dominant l’océan. Nous descendons dans un ravin aménagé en terrasses irriguées. Des bananes poussent sans bâches et parpaing. . Près de la mer on cultive des tomates déjà mûres en cette saison .Tout un système de rigoles en ciment apportant l’eau  aux parcelles est remplacé par des tuyaux.

Au retour nous nous arrêtons à la plage de Socorro puis portons les pellicules photos chez le photographe de notre quartier à Realejos, en face de la Montaneta. Nous reviendrons les chercher à 8 heures. J’ai apporté les photos ratées toutes bleues et mon Olympus. Je lui demande si la pile de la cellule est responsable des photos surexposées. Non d’après lui, la cellule fonctionne bien ais elles sont brûlées –quemados – parce que mon film est trop sensible. Je devrais utiliser du 100 Asa.


8. Teide 3- mésaventure

Publié le : 19 Septembre 2006

La route de l'Ouest

Il fait beau. Dominique a élaboré un parcours ambitieux : aborder le Teide par la route de l’Ouest que nous avons parcourue sous le brouillard, traverser la caldera et rentrer par la route de l’Est , la Carratera dorsal que nous ne connaissons pas . J’ai un peu renâclé, pensant que rouler tant serait fatigant.
Finalement nous parvenons vite à Icod (17km) sur la route que nous connaissons maintenant très bien. Nous retrouvons les départs des promenades, le dragonnier d’Icod, près de la route. C’est un arbre fameux, Icod en est très fière, on lui attribue un âge immémorable. Les dragonniers de Sao Nicolao, au Cap Vert, m’avaient paru beaucoup plus beaux. Au dessus d’Icod, la route coupe la pointe ouest de l’île traversant des campagnes verdoyantes. Les montagnes très abruptes du Massif du Teno dominent la route. Dès que l’on redescend sur l’autre versant le paysage est égayé de grosses boules roses des pêchers en fleurs. Le Teide, bien blanc, se détache sur sa couronne de pinèdes. Les buissons de marguerites, presque des arbustes sur des troncs, toutes en fleurs font des touffes blanches.
Après Santiago del Teide nous trouvons un paysage de terrasses abandonnées sur des coulées de lave Une végétation étrange s’est installée : des Aeonium mansiquorum portent une inflorescence en chapeau chinois fanée d’autres Aeonium forment comme des assiettes, des Euphorbes en buissons, des vipérines, des Opuntias …Plus discrètes, les fougères ont de toutes petites crosses en cette saison. Je ne me lasse pas de prendre des photos. A l’Ouest, l’île de La Gomera se détache sur l’horizon.
Après Chio nous passons devant le cône du volcan responsable de l’éruption de 1909 qui a laissé un paysage noirâtre ressemblant à celui des Arénas Negras. Plus loin nous entrons dans la forêt de pins poussant sur des coulées plus anciennes.. Finalement, la route passe sur les coulées des Narines du Teide. Nous avons l’impression de traverser une mer déchaînée et pétrifiée sur une digue. Des tunnels de lave ont été coupés par la construction de la route. Sous cet angle je remarque le Pico Viejo responsable des éruptions les plus récentes.
   
    Des que nous arrivons dans le Parc nous trouvons une circulation intense des voitures arrivant du sud. Il y a bouchon presque à chaque arrêt.

piquenique devant l'Observatoire

     J’étudie méthodiquement en, recopiant les panneaux explicatifs. Après le Portillo nous prenons la route de l’Observatoire de l’Azanaga avec ses coupoles et sa tour blanche se détachant sur le ciel bleu. Ici, la montagne est toute blanche, la neige épaisse. De nombreux espagnols jouent aux boules de neige ou font de la luge. Aujourd’hui pas de plats à paella mais des planches de surf. Nous déjeunons au dessus de la Mer de Nuages (salade de pommes de terre, thon, anchois et herbes du jardin. Il y a plus d’herbes que de thon !Au dessert encore le pain perdu du Buffet du Teide.

Les Pastels

     Le Parc nous réserve encore une surprise : les Pastels. La route a entaillé une série de pyroclastites : entre deux couches sombres de scories basaltiques, une couche claire de ponce.
Puis nous nous enfonçons dans la Mer de Nuage, qui s’étend en dessous de 2000m. La forêt de pins est noyée dans le brouillard. On ne verra rien des innombrables belvédères.

Dernier mirador au dessus de Santa Cruz

     Nous sortons du nuage au dessus de La Laguna à 1000m. Au dernier mirador, nous découvrons la mer avec des dizaines de gros bateaux : Santa Cruz. Il fait très beau.
Un couple s’attarde sur la table d’orientation. Ils ont posé une carte et mangent un sandwich, nous empêchant de nous repérer. Dominique proteste : « en plus ils ne regardent même pas ! »
Quand nous retrouvons la voiture garée de l’autre côté de la chaussée, Dominique remarque un gnon sur sa portière. On n’arrive pas à ouvrir avec la télécommande. Nous comprenons tout de suite : j’ouvre mon sac et la cachette: vide ! Le porte-monnaie contenant 300Euros et la carte VISA, le téléphone portable ont disparu. Nous prenons l’autoroute dans le mauvais sens, demi tour à Santa Cruz puis dare dare à la limite des 120km/h autorisés, nous rentrons à la Finca. Tomas me prête son téléphone mobile pour faire opposition à la carte de crédit et nous allons au commissariat de Puerto de la Cruz faire la « denuciacion ».

La denuciacion.

     Le planton à l’entrée, plantureux et moustachu, parle un peu anglais. Je m’adresse à lui en Espagnol, il m’envoie dans une salle d’attente pleine : deux allemands, une famille espagnole, deux anglais. Les touristes sont en majorité. Quelques minutes plus tard on m ‘appelle pour me proposer de faire la déposition en français de mon « hôtel » avec un interprète parlant ma langue. Je ne veux pas téléphoner, on a volé le téléphone, je ne veux pas d’interprète non plus. Ce que je veux c’est un papier à présenter à AVIS. L’attente est interminable. Plus d’une heure a passé depuis que la famille espagnole a été invitée à entrer dans le bureau. Pourquoi n’appelle-t on plus personne ? Que fait le policier ? L’arrivée d‘une suédoise détend l’atmosphère. Elle raconte ses mésaventures : elle a perdu son bracelet et n’arrive pas à joindre son amie au téléphone. Elle nous fait la conversation. On s’ennuie moins mais rien n’avance. La nuit tombe. Je suis ici depuis deux heures. Le policier est sorti. Le commissariat va t il fermer ? Un jeune le remplace, en uniforme bien repassé, gros insigne doré à la poche de poitrine, l’air d’un poupon.
Je commence à raconter mon histoire. Comme toujours, les premiers mots en espagnol sortent difficilement. Au début je suis bloquée. Après, la conversation engagée, mon espagnol devient plus fluide .Le policier propose un interprète puis disparaît dans le bureau d’à côté où ses collègues écoutent la radio. Dans la vitre de la porte-fenêtre se reflète ce qui se passe : notre policier fait les cent pas sans rien faire. Au bout d’une longue attente, il revient, examine sous toutes les coutures ma carte d’Identité, les papiers de la Clio. Il est extrêmement pointilleux. Ce qui le gêne c’est que nous lui avons dit que le  vol s’était déroulé à La Esperanza. Il lui semble que le mirador est plutôt situé sur la commune de La Laguna. Nous racontons que nous avons vu les voleurs. « Les avez vous vus ouvrir la voiture ? »-«  non, bien sûr, mais nous avons vu une Fiat Punto bleue qui faisait demi tour précipitamment et un homme nous faire un « doigt d’honneur » par la fenêtre de la portière ». On mime le geste obscène. Cela amuse beaucoup le policier qui, poliment, écrira dans la déposition « geste inconvenant ». « Pourriez vous reconnaître la figure des voleurs ? » – « Non, cela s’est déroulé trop vite »- « Et sur des photos ? « .Il semble prendre très au sérieux son enquête, note le numéro de mon téléphone. Nous sortons à 8h20 après avoir signé huit exemplaires de la déposition et huit autres de mes droits. Trop tard pour récupérer les photos.


9. Rambla de Castro

Publié le : 19 Septembre 2006
9.   Rambla de Castro

Ce matin, temps magnifique, bien plus chaud que les autres jours. Pour la première fois, nous prenons notre petit déjeuner dehors sur le patio. Un canard nous rend visite. Il a une curieuse façon de réclamer : il se tortille du croupion en étendant le cou. Il est très drôle et apprécie le pain.

    Je pars à pied chez le photographe. Sans la mésaventure d’hier soir j’aurais redonné les négatifs de Garachico pour un tirage de meilleure qualité. Pour 15€40 en plus du développement et du tirage des deux pellicules il nous a offert deux petits albums et trois pellicules de 100Asa. C’est vraiment très bon marché mais la qualité s’en ressent, la machine travaille toute seule sans aucun contrôle. Je fais faire des photocopies de la déposition. La dame est contente de bavarder, moi aussi. Je redescends le long des jardins en terrasse.

Une très belle hacienda en contrebas

     Le premier jour, nous avions repéré une belle promenade à partir du Mirador de San Pedro à Los Realejos dans une réserve naturelle. A Tenerife tout ce qui n’est pas protégé par une réserve est menacé du béton, des grues et des excavatrices. Les réserves que nous avons visitées sont très bien tenues. Les panneaux explicatifs sont toujours intéressants.

     En bas, au fond du ravin, se trouve une hacienda du 17ème siècle. L’abondance des sources a favorisé l’agriculture. Depuis la colonisation, se succédèrent les cultures de la canne à sucre, le vignoble de malvoisie et tardivement les bananeraies. On acclimatait également là des arbres exotiques avant de les importer en Espagne.
Descendant une belle allée pavée, nous remarquons d’abord un énorme ficus abritant de nombreux oiseaux. L’écriteau nous invite à nous asseoir sur le banc de pierre pour écouter les canaris .Nous traversons une très jolie palmeraie. Comme dans les palmeraies marocaines, il règne ici une atmosphère spéciale de paix et de fraîcheur. L’eau coule dans de petites rigoles. De magnifiques grappes violettes ressortent sur toute la verdure. Un chemin nous conduit à la source principale, maintenant capté, un mince filet d’eau goutte sur les fougères.

    La Casona jaune se visite. Le gardien bedonnant et rigolard rassemble les touristes. Il aurait préféré un groupe constitué. La courette est précédée d’un portail original. Il ouvre la porte et nous nous trouvons dans un charmant patio entouré de galeries couvertes en pin et planté en son centre d’un grand magnolia. Il ouvre toutes les portes et les fenêtres, essaie de plaisanter pour gagner sa propina.

     En sortant nous trouvons le chemin côtier entre des murs abritant des bananeraies. On pousse une porte et découvrons le Teide enneigé dominant une jungle de bananes Le sentier en corniche nous conduit à une urbanizacion très chic et très fleuri. Fin du sentier. Tout en dessous, une minuscule plage de galets. Un escalier mène aux rochers .La mer s’y fracasse avec une profusion d’écume blanche. De dizaines de crabes s’accrochent aux rochers ? L’un d’eux accolé à une protubérance rocheuse nous fait penser à une tortue. Des pêcheurs arrivent avec leurs lignes et leurs cannes télescopiques et se plantent en vigie. La mer monte. Les embruns atteignent notre perchoir. .Nous déjeunerons ailleurs.

Encore les lézards

     Retour à la palmeraie de la Rambla de Castro où de nombreux recoins ont été aménagés avec des bancs. Nous trouvons sans mal une terrasse. Les lézards accourent dès que nous entamons la salade de pommes de terre. Ont ils un bon odorat ou savent ils par habitude que les touristes leur laissent des miettes ? Les plus gros revêtant une livrée rayée sur le dos et leur rangée de points bleus semblent plus circonspects et ne s’approchent qu’avec prudence tandis que les jeunes moins colorés sont moins farouches. Nous avions déjà fait cette observation à notre première rencontre ; Ils surgissent des buissons d’euphorbes emportant les fragments de pomme de terre pour les manger à l’abri. Les croûtes de fromage ont encore plus de succès.

Dragonniers

    Comme les CapVerdiens, les Canariens vénèrent leurs dragonniers. L’écorce du dragonnier est grise, très pâle et assez lisse. Par endroits, elle est griffée ayant un peu l’aspect d’un nid de guêpes. Autour des blessures, les cicatrices sont pourpres ? On dit que le sang du dragon, rouge serait paré de nombreuses vertus médicinales. La couleur rouge sang de cette sève est plutôt suggestive .Quatre ou cinq mètres au dessus de nous, les épines forment un épais parasol .Mais les dragonniers sont fragiles. Souvent, ils sont étayés avec des planches tout à fait inélégantes. En tout cas, chaque dragonnier est répertorié sur les cartes comme curiosités touristiques.

tunnels

    Je laisse Dominique adossée au plus beau dragonnier pour descendre jusqu’à la plage de galets au creux du barranco par un sentier très raide. La mer fait un bruit effrayant en roulant des galets de plusieurs décimètres de longueur. Je ne sais pas si la granulométrie utiliserait le terme galet ou bloc. Impossible d’approcher de l’eau.

     Les ouvertures de la taille d’une porte pratiquées dans la falaise sont les sorties des galeries creusées dans la roche tendre et poreuse à la recherche de l’eau. Les ponces et les scories sont des roches réservoir exploitées en puits et en tunnels. Si on les mettait bout à bout leur longueur dépasserait la distance Tenerife Madrid affirme le panneau.

merci les faucons!

     Un dernier écriteau nous informe que dans les années 70, on avait commencé à bâtir un hôtel de neuf étages ? Ce sont les défenseurs des faucons qui ont obtenu le classement en réserve naturelle. Je regarde avec une reconnaissance redoublée le petit faucon crécerelle qui niche dans la falaise de l’autre côté du ravin et qui plane à la recherche de quelque lézard.

surfeurs à Socorro

La plage de Socorro est très fréquentée avec le beau temps revenu. Le thermomètre de la voiture annonce 26° mais il est toujours pessimiste. Il fait sûrement plus chaud : le goudron fond et me brûle les pieds quand je vais faire ma marche rituelle au bord de l’eau. Les surfeurs sont nombreux mais la baignade est toujours interdite pour cause de courant violent.
Quand nous rentrons à la Finca, le parking est bondé ? Une foule silencieuse est en méditation ou en prière dans la salle commune. De temps en temps, ils sortent pour une récréation et se promènent dans la cour. Curieusement personne ne téléphone. Je ne sais à quelle secte ils sont affiliés. Dans la chapelle, le Bouddha en carton a laissé la place à la Sainte Vierge habillée de velours à l’Espagnole. Au dessus du bureau de Tomas qui participe aux prières il y a des images pieuses bien catholiques.


10.Los cristianos/la Gomera traversée en hydroglisseur

Publié le : 19 Septembre 2006
10.Los cristianos/la Gomera traversée en hydroglisseur

Menace de tempête

     Nous venions tout juste de boucler les bagages que la tempête s’est levée brusquement sans que rien ne l’annonce. La pleine lune et le ciel étoilé avaient fait suite à cette très belle journée. Malgré les épais volets de bois nous entendons rugir le vent .Il ne reste plus qu’à espérer qu’il tombera aussi vite qu’il est venu. Je convoque mes souvenirs de traversées en bateau. Curieusement, chaque fois, la veille nous avons eu du grand vent. Au pays de Galles avant de passer en Irlande, seul le plus gros ferry avait pris la mer très agitée. En Croatie, nous avions eu plus de chance : le pin, en face de notre balcon s’était balancé toute la nuit à s’en casser les branches. Le matin, la mer était d’huile. Pareil à Mindelo.

    Trois heures du matin, plus de vent. Tomas nous a prêté son réveil matin. Nous partons vers six heures dans une nuit très douce. Je me réjouis de voir le jour se lever lorsque nous quittons Icod los Vinos. J’avais eu peur de rater le paysage à cause de la nuit. Nous avons choisi la petite route jaune qui traverse le massif du Teno en tortillant.

En montagne sous la pluie

     A la sortie de Buenavista, la pluie s’invite. Rapidement, nous entrons dans le brouillard. La route est si étroite qu’on se croiserait à peine. Heureusement, ce dimanche matin à 7h1/2 en Espagne, tout le monde dort. Quand la brume laisse entrevoir le paysage, des pics acérés, des ravins profonds surgissent pour disparaître. Les formes sont étranges, parfois des silhouettes de monstres, un profil couché avec trois verrues sur le nez, une mâchoire de requin avec des dents pointues recourbées…La montagne ruisselle de partout. De belles cascades, des petites rigoles. La route est recouverte de scories charriées par les ruisseaux qui inondent le goudron. Dominique doit éviter les très grosses pierres. Je me rappelle que la route du phare, juste en dessous, est coupée par temps d’intempéries, à cause des chutes de pierres. Dominique commence à s’inquiéter. Je n’ai jamais vu, même en montagne, autant de chutes de pierre. Cela roule autour de nous. Evidemment, le ruissellement explique l’érosion. Les tunnels de lave façonnent les véritables dentelles que j’avais admirées en descendant de Chinemada dans le massif de l’Anaga - pendant est du Massif de Teno- que nous traversons. Le brouillard s’épaissit. La pluie redouble. Le parapet peint de couleur claire permet de deviner les courbures des lacets .Je compte les kilomètres qui nous séparent de Santiago del Teide où nous retrouverons la route principale . Je regarde les bornes  puis le compteur de la voiture. Les  23 km entre Buenavista et Santiago del Teide paraissent interminables.

      Quel dommage que nous n’ayons pas parcouru cette route par beau temps ! Le petit village de Masca s’étage sur différents éperons. Des terrasses vertes façonnent la montagne. Les maisons sont blanches avec des toits recourbés. Le barranco fameux s’ouvre sous mes yeux dans une trouée dans la brume. La route grimpe en lacets de plus en plus serrés. Dans une épingle à cheveux, la Clio cale. Dominique doit maintenant passer la première à chaque virage.

La côte sud

    Nous attendions le soleil sur la côte sud. Le ciel est bien gris quand nous atteignons les fameuses stations balnéaires de la Playa las Americas et los Cristianos. Dans un paysage désertique les complexes touristiques s’adossent aux petits cônes volcaniques. Selon une architecture très répandue ici, d’énormes résidences adoptent la forme d’une demi pyramide. Chaque étage est construit en retrait du précédent en laissant une vaste terrasse à chaque niveau. Les couleurs différencient les résidences : ocre ou blanc dominant mais toutes les fantaisies sont permises : toits de tuiles vernissées bleues, loggias violettes, balcons turquoises … Tourelles et pignons témoignent autant de l’originalité que du mauvais goût des promoteurs ; Finalement, j’avais craint pire. Les stations sont ramassées sur elles mêmes et ne mordent pas sur les terres agricoles. Elles semblent construites ex nihilo. Finalement elles dégradent moins le paysage que les tours de Puerto de la Cruz.
Nous tournons longtemps avant de trouver le bureau d’Avis. J’interroge les ambulanciers sur le parking des urgences d’une clinique. Négligemment ils me conseillent de me renseigner dans une cafétéria. Au bar, personne ne bouge Les touristes ne sont pas d’une meilleure aide, ils sont pressés et ne savent rien. Au pays du tourisme la gentillesse n’a pas cours. Mépris de l’autochtone pour les foules moutonnières débraillées et stupides. Mépris du touriste qui est là pour passez du bon temps et non pas pour aider son prochain. . De toute façon, il n’est pas d’ici et ne parle pas la langue.

    Nous n’en menons pas large devant le bureau d’Avis. Comme c’est dimanche, il est fermé. C’est la réceptionniste de l’hôtel Oasis Mango qui prend la clé. Je lui annonce que les voleurs ont ouvert la voiture (en espagnol on dit que la voiture a été forcé forzado, cela ressemble au français.) elle fait une photocopie de la déposition et nous appelle un taxi pour nous conduire à la gare maritime.

Attente à la Gare Maritime

    La Gare maritime est un très joli bâtiment construit comme un bateau sur un port animé où de jolies barques de pêche et quelques grands voiliers se balancent de façon inquiétante. La gare est vide, les comptoirs fermés. Les horaires ne sont pas affichés .Le bateau pour la Gomera est encore à quai quand nous arrivons. Nous aurions bien dû grimper dedans. Le suivant est à 15h30. Le bateau de midi a été supprimé pour cause de révision justement entre le 26 février et le 1er mars Les autres compagnies ont supprimé les passages à cause de la tempête : leurs embarcations sont trop petites pour sortir par gros temps.  Aucune information aucun accueil. Seule explication d’un employé « boat is broken ». Il faut attendre cinq heures dans la gare et surveiller nos bagages. On se relaie pour faire un tour dans les rues de Los Cristianos : foule dense magasins de toutes sortes journaux en toutes langues, bars allemands avec saucisses, pubs anglais … On achète des sandwichs chez Subway. On aurait pu choisir Kentucky Fried Chicken ou MacDo

    Il y a une consigne pour les bagages : des petits trains de casiers en bois on met un Euro et on emporte sa clé. Cela nous permet de nous promener ensemble sur la digue sous le soleil qui est revenu.
   
     Un anglais lit un livre savant la météo pour les navigateurs. Je l’interroge. Peut être a t il une explication pour ce gros temps. Oui, l’anticyclone des Açores est décalé. Au lieu que les alizés (tradewind) soufflent de nord-est apportant un peu d’humidité c’est le vent du Sud Ouest qui apporte la tempête.

le ferry

     A 15h, grande agitation : notre ferry entre au port. Sa proue ressemble à la gueule d’un énorme requin. Il va tellement vite que nous ratons la photo de l’arrivée. Sur cet hydroglisseur géant il n’y a pas de pont. Seul endroit pour rester à l’extérieur une sorte de balcon à la poupe. Nous traversons des salons luxueux. On se dirait plutôt dans un avion que dans un bateau.

    Le ferry quitte los Cristianos dans une traînée d’écume qui monte tellement haut qu’un petit arc en ciel se. Le bateau longe la côte très construite. Je révise mon opinion, plutôt indulgente, ce matin. Les constructions sont vraiment très étendues et très laides. Nous sommes parties par temps clair. Quelques minutes plus tard, la couverture nuageuse du Teide se dissipe. Je ne le quitte pas des yeux jusqu’à notre arrivée à San Sebastian. Nous ne découvrons La Gomera qu’au dernier moment, très verte très découpée.

Notre voiture sur le port

Sur le quai, pas de Fiat 600 rouge comme promis sur le mail. Après avoir cherché systématiquement je téléphone. En effet, ils ont changé de voiture. La dame nous cherche. Elle nous propose à la place une Seat Ibiza blanche. Dominique en pro fait le tour de la voiture. Elle est bignée de partout. Pas de feuille constatant les dégâts. Nous ne sommes pas chez un loueur international mais dans une petite entreprise familiale. On passera lundi payer au garage et faire les papiers .Comme nous ne connaissons pas la route ils nous proposent de suivre la Mercedès .Nous les suivons donc plus préoccupées à trouver les lanternes quand nous arrivons dans une série de tunnels et, ensuite, par le voyant d’essence qui s’allume, que d’admirer le paysage.
C ‘est aujourd’hui dimanche, nous ne trouverons du carburant que demain. Les boutiques sont également toutes fermées. J’achète de l’eau en bouteille dans un bar rudimentaire. Pour manger rien. Heureusement que nous avons une soupe en sachet  et deux œufs durs! Pour le jus d’oranges du petit déjeuner de demain, je cueille des oranges dans le jardin. Nous avons aussi ramassé à la Finca Saroga des avocats que le vent a fait tomber. Ce n’est pas une idée d’arriver un dimanche !

Notre belle maison

Notre gîte est somptueux et immense. Le salon est très vaste avec deux canapés jaunes deux rocking- chairs, un très vieux coffre en bois ciré et un beau buffet sur lequel on a disposé de très vieux livres de compte reliés. Ce qui me plait le plus, c’est le plafond de bois foncé. Les lambris sont fixés sur de fines poutres qui font un dessin de chevrons. Les poutres sont elles mêmes gravées de deux traits. Comme à la Finca Saroga,  la hauteur des pièces donne un volume surprenant. Portes et fenêtres, également en bois ciré sombre, se détachent sur les murs jaunes. Rideaux jaunes, jetés de canapé assortis, un tapis et des coussins vieux rose. Les éléments décoratifs sont de bon goût : composition de fausses fleurs très réussie dans un vase, deux sous- verres : une nature morte et une aquarelle du Teide.
Deux chambres à coucher sont équipées chacune de lits jumeaux. Dans celle qui a la même vue que le salon un grand secrétaire me tenterait. Nous choisissons la chambre d’angle plus proche de la salle de bains, celle que l’on nous destinait puisque les lits sont déjà faits. La cuisine est correcte, un four quatre plaques un grand frigo avec un petit congélateur. Une salle à manger jouxte la cuisine : grande table et quatre chaises en osier. Elle donne sur une petite courette cimentée blanche et doit être fraîche en été.
Nous avons une vue merveilleuse sur la vallée d’Hermigua : vallée encaissée, verdoyante aux maisons dispersées, toits rouges, terrasses cultivées, bananeraies dans le creux. Pour mieux profiter de la vue, comme autrefois dans les châteaux, deux sièges en bois cirés sont construits dans l’épaisseur du mur ;
En plus de la courette chaulée avec ses deux agaves, il y a un jardin avec des orangers et des néfliers et une terrasse pour étendre le lige.
Le seul défaut du gîte c’est qu’il est perché très haut au dessus de la route. Il faut monter des marches
Dominique prépare de jolies assiettes avec les œufs et les avocats et nous dînons devant la télévision. Par chance il y a une soirée de musique canarienne traditionnelle.


10.Los cristianos/la Gomera traversée en hydroglisseur
miriam
999 contribution(s)
21 pays renseigné(s)
Ecumeur du monde
Info auteur
Derniers articles
Recherche

Lien(s)
- clubpobecreteil
- les jardins de simone

Carnets de voyage
- 2001- Marrakech et la vallée du Draa
- 2003 - De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.
- 2003 Espagne Atlantique du pays Basque au Portugal
- Atlantique, AntiAtlas, Atlas et Riads des Mille et Une nuits
- Ballons, dictionnaires et bêtes sauvages.... Bénin 2006
- Budapest : toussaint 2008, Bains, Art Nouveau et musique
- Canada 98 de Montréal en Acadie en passant par la Gaspésie
- Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay
- Chypre 2004, chapelles du Troodos et archéologie
- Cinq semaines au Cap vert
- Créteil/Pobé , Bénin, correspondance scolaire, échanges et tourisme...
- Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad...
- Egypte 2002 - premier voyage : Le Caire, Louxor, Assouan
- Egypte 2008- Moyenne Egypte, Alexandrie Sinai
- Eté 99 Grèce et Crète
- Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, Volterra, Arezzo
Photos : 997 photo(s)
les Citronniers  Film d'Eran Riklis
Zsolt Harsanyi : la vie de Liszt
Miklos Molnar : Histoire de la Hongrie (Hatier)
Victor Sebestyen : Budapest, 12 jours qui ébranlèrent l’Empire soviétique (Calmann-Lévy)

Vidéos : 0 vidéo(s)

Audios : 0 audio(s)

Archives

Pays
Mes amis Voix Nomades
- akwaba
- Aurelia_Frey
- Elea
- Fogg
- palla_d'oro
- sebjal
- chemin_inca

Fil RSS du blog de miriam

Hébergé par Voix Nomades
1 2