J'aime bien la crêperie Kar Maya. Pour 10€ vous pouvez commander : une galette, une crèpe sucrée (essayez la pomme caramel !) et une bolée de sucre. C'est copieux et bon.
Crêperie Kar Maya
ouvert tous les jours sauf le lundi et le dimanche
4 rue Copernic
Le restaurant japonais Le Tokyo
je ne suis pas une spécialiste des restaurants japonais mais j'ai bien aimé Le Tokyo.
Une décoration sobre, les prix entre 10 à 15€, le tout copieux et bon..
Restaurant : Le Tokyo
14 rue de la justice
La Gargouille
La Gargouille est un lieu de rencontre agréable, une taverne à l'ambiance gothique (décorations avec des gargouilles), grandes tablées en bois où chacun s'entasse, un peu les uns sur les autres dans une ambiance chaleureuse. Au plafond sont suspendues de grandes jarres, goulot en bas avec robinet comme pour boire à la régalade ou plus simplement pour servir le verre de rhum que vous allez commander. La Gargouille, en effet, est un bar à rhums et il y en a de toutes sortes fabriqués maison avec des fruits qui macèrent dans le liquide morodoré : leeches, cannelle, mangues, banane.... Vous pouvez bien sûr prendre une autre boisson, cocktails maison, bières pas chères (celle à la cerise par exemple). Le patron vous fait écouter la musique qu'il aime, un pot pourri de chansons françaises, de rock... et les soirs où il y a peu de monde, il sort des jeux de société.
La Gargouille
3 allée de Turenne
06 62 74 01 62
Le verre de rhum vaut 2€
Le John Mc Byrne : Un pub Irlandais
Il faut aller au pub irlandais John Mc Byrne le soir de la Saint Patrick ! Un pub bondé, une ambiance folle, un choix de bières extraordinaire, une bière qui coule à flots et même sur vos pieds. La décoration est belle et la musique... irlandaise, comme il se doit ! Pour tous les amoureux de l'Irlande.
John Mc Byrne
21 rue des Petites Ecuries
02 40 09 64 46
Le Violon Dingue à Nantes est un café-concert à la déco un peu kitch et à l'ambiance sympa. On y écoute de la bonne musique essentiellement tsigane.
Un endroit où l'on peut passer une soirée agréable.
Le Cinématographe à Nantes installé dans une ancienne chapelle est classé cinéma de recherche.
Le cinéma de recherche a une programmation art et essai et témoigne en plus d'une volonté pédagogique en direction des publics : adultes, étudiants, enfants...
Le cinématographe propose des cycles sur des auteurs et des thèmes, des rétrospectives,des animations scolaires, des conférences, des débats, des leçons de cinéma. C'est un lieu de culture et de foisonnement intellectuel...
Le Lieu Unique est un... lieu unique à Nantes. La Scène Nationale de Nantes s'est installée dans l'ancienne usine LU et présente des concerts, des expositions, du théâtre.
A la sortie d'un spectacle on peut s'arrêter au café, à la librairie d'art contemporain ou visiter la tour Lu qui domine la ville.
L'opéra de Nantes est un très bel édifice du XVIII°siècle situé place Graslin. L'intérieur, avec ses fauteuils en velours bleus, les dorures de ses balcons et de ses loges et sa coupole ornée de fresques, est somptueux. Or et Lumière. Qu'importe si les sièges ne sont pas toujours confortables et si les places n'ont pas toute une visibilté parfaite ! Nous sommes dans un monde en représentation, côté cour, côté jardin...
Le programme est une production Angers-Nantes et présente des opéras, des opérettes, des pièces de théâtre, spectacles de bonne qualité. L'opéra possède un choeur, un metteur en scène et un orchestre permanents. Un effort est fait pour les étudiants dont je fais partie. Les tarifs sont pour nous entre 5€et 10€ au poulailler ou à l'arrière des loges.
J'y ai vu de beaux spectacles : entre autres Lucie de Lammermoor dont j'ai aimé la mise en scène inventive,La flûte enchantée mon opéra préféré dans une mise en scène moderne...
Théâtre Graslin
Place Graslin
02 40 69 77 18
Le site de Lato, quand nous y arrivons, en ce jour d’Avril 2002, est étonnant! Situé tout en haut d’une montagne, dominant la mer, sauvage, il n’est pas encore exploité. Une petite baraque en bois en construction et une barrière que l’on peut contourner montrent que d’ici peu tout sera en place pour accueillir le touriste et lui faire payer l’entrée. Mais pour l’instant nous sommes seuls dans ce cadre magnifique.
Lato était une cité dorienne parmi les plus importantes de Crète. Elle doit son nom à la déesse Lato ou Léto vraisemblablement d’origine minonenne, la mère d’Appolon et D’Artémis. Néarque, le célèbre amiral d’Alexandre le Grand était originaire de cette ville. Elle est construite sur deux sommets et présente une double acropole fortifiée. Les portes de la cité, monumentales, dont les parties hautes sont ornée de sculptures de tête d’animaux nous accueillent. Nous grimpons ensuite une volée de marches bordées d’un côté par des magasins, des latrines publiques, de l’autre par un rempart orné de deux tours et nous nous retrouvons sur l’agora. Le sol dallé mène à une tribune où se réunissaient autrefois les magistrats. Tout près une grande citerne dont les marches sont encore visibles, à côté un portique et une construction ronde sur laquelle je m’interroge. Nous découvrons aussi l’architecture d’un temple dont les quatre murs de pierres taillées, massives, lourdes, encerclent un autel. Un peu plus bas des marches monumentales conduisent à une structure circulaire qui doit être un théâtre. Sur les pentes de la colline, s’étagent des maisons d’habitation, sanctuaires, temples... Nous restons longtemps dans ces lieux, savourant notre solitude.
Seuls ? Non, car nous découvrons au milieu des ruines une jeune fille assise en train de lire. Elle relève la tête, nous salue et replonge dans sa lecture sans se douter de l’impression un peu surnaturelle qu’elle produit dans ce lieu qui paraît éloigné de tout. Nous attendons aussi, bien sûr, égayées dans la nature, les habituelles clochettes de chèvres qui auront ryhmé nos visites tout au long de notre séjour. Elles indiquent la présence humaine et nous rappellent qu’après tout, nous ne sommes peut-être pas au bout du monde.
Si Knossos m’a déçue, Phaistos, lui, m’a enthousiasmée. Certes les visiteurs sont nombreux mais le site est moins envahi que celui de Knossos. Les recherches archéologiques ne sont pas encore terminées et se poursuivent tout autour sur une grande étendue. Nul doute que depuis ma visite elles ont dû progresser. Ici, pas de béton, pas de reconstitution, mais la pierre encore intacte. Le site lui-même est splendide, surélevé au-dessus de la campagne environnante, encadré par les montagnes, dans un écrin de verdure. Au loin, le miroir de la mer. Il fut habité il y a maintenant plus de cinq millénaires par, dit-on,le fils d’Europe et de Zeus, Rhadamante. C’est là, d’après la légende, que serait née l’institution du code de Rhadamante qui aurait plus tard inspiré la Grèce.C’est là, aussi, que fut retrouvé le célèbre disque de Phaistos que j’ai vu au musée d’Héraclion.
J’ai été étonnée de voir que le palais royal est au coeur même de la cité, non surélevé par rapport aux masures populaires. Les échoppes d’artisans et les magasins s’adossent à ses murs. On y retrouve encore les jarres qui contenaient les marchandises et d’immenses citernes ou réserves d’eau. Le palais s’organise autour d’une cour centrale où aboutissent toutes les pièces. Il faut faire un effort d’imagination pour deviner à quoi toutes ces pièces correspondaient et comment vivaient les gens à cette époque, aussi la visite est-elle passionnante ! Ces vestiges, avec le mégaron du roi et de la reine,présentent encore les bains lustraux. Les appartements étaient éclairés par des puits de lumière maintenant rebouchés. On peut comprendre d’où vient la légende du labyrinthe et du minotaure car tous ces couloirs forment un dédale fantastique. Plus loin, le théâtre est remarquablement conservé. Les gradins descendent vers un grand espace qui servait tour à tour de scène ou de cour ouverte, lieu de réunion.
Nous abordons le site de Knossos non loin d’Héraclion, sous la pluie battante, au milieu de hordes de touristes munis d’armes sauvages - à savoir des appareils photos - et qui sautent dans tous les sens comme des chèvres en folie, s’appelant, criant, le doigt pressé sur le bouton, l’oeil vissé à l’objectif... Qu’a cela ne tienne, je visite le palais du grand roi Minos qui selon la légende doit son pouvoir au Dieu de la mer, Poséidon, qui fit sortir des flots, pour lui, un splendide un taureau blanc. La civilisation du taureau ! Je déambule dans le mégaron du roi et de la reine, j’admire la salle du trône aux rouges éclatants, fresques splendides aux bêtes fabuleuses, mi oiseaux, mi-lions, griffons mystérieux, au regard attentif, se dressant au milieu de motifs floraux délicats. Un siège en pierre, trône du roi Minos, reste là, témoin d’une autre époque. Plus loin la silhouette d’un jeune homme surnommé "Le Prince au Lys" à cause de son extravagant couvre-chef s’avance vers nous.
Certes, ils sont beaux, ces vestiges d’un autre temps. Pourtant la magie n’est pas toujours au rendez-vous et je me sens souvent déçue. Pourquoi ? La faute est due à la préservation du site par l’archéologue Sir Arthur Evans. Celui-ci a eu le mérite de découvrir Knossos en 1900 et de faire revivre la cité de Minos et de Pasiphae. Mais il a trouvé judicieux de noyer les belles et anciennes pierres des murs, les colonnes aux chapiteaux détruits sous des tonnes de béton. Il a aussi reconstitué entièrement des pièces d’une manière si artificielle que l’imagination est tuée. On n’a plus l’impression d’authenticité. Dans la querelle qui oppose les partisans d’Evans et ses détracteurs, je me place donc dans la deuxième catégorie ! Pour moi, ce site est abimé même si de temps en temps un fragment de fresques, une superbe rue au dallage inégal me procurent ce coup au coeur que je recherche... Heureusement je vais retrouver cette authenticité dans les autres sites archéologiques de Crète!
Les routes crétoises de l’intérieur sont étonnantes, tout au moins pour nous, touristes et automobilistes français. Nous empruntons des nationales, étroites et calmes. Nous croisons bien une ou deux voitures de temps en temps mais si peu...
Parfois nous roulons entre des mimosas, grands arbres différents des nôtres, beaucoup moins feuillus et dont les fleurs duveteuses et parfumées, énormes, nous enchantent. D’autre fois nous serpentons entre des champs d’oliviers au feuillage argenté, à la cîme haute, au tronc si large qu’il faudrait plusieurs personnes pour l’encercler ! En Provence, nous ne sommes pas habitués à des oliviers de cette taille, car ils ont tous gelé en hiver 1956. . Soudain, au milieu de la route, devant nous, se dresse un de ces arbres séculaires (certains peuvent atteindre trois cents ans), un mastodonte, aux branches tourmentées, au tronc rugeux et crevassé. Surprise! que faire ? Suivre la route qui amorce un virage vertigineux, à angle droit, pour tourner autour de lui et l’éviter. La protection de la nature ? Les crétois connaissent mais... quel choc !
D’ailleurs, quand ce ne sont pas les oliviers, ce sont des paysans que l’on découvre, arrêtés en plein tournant, l’un sur sa charrette, l’autre avec un panier plein d’herbes qu’il ramasse sur le bord du champ en taillant la bavette ! Et quand ce ne sont pas les hommes, c’est une chèvre allongée sur la chaussée... Elle consent à se lever mollement pour rejoindre ses compagnes après un crissement sonore de nos freins intempestivement sollicités... Quand ce n’est pas le troupeau entier qui traverse nonchalamment en vous fixant d’un air goguenard.
Un jour, nous roulons sur la troisième route de Crète et nous arrivons face à un pont inachevé dont la construction semble interrompue. La route est prolongée par un chemin qui nous amène droit sur une rivière. Elle n’a pas l’air profonde mais notre conducteur refuse de traverser. Il fait demi tour et demande ce qu’il faut faire au patron d’une station service qui se dresse là, à côté du pont, attendant vraisemblablement des jours meilleurs. Celui-ci, philosophe, nous fait comprendre qu’il faut passer dans l’eau ou...attendre quelques mois (ou plus) pour continuer notre voyage !
Vous cherchez des panneaux de signalisation? Il n’y en a pas ou s’il y en a ce sont des insciptions à moitié effacées sur des panneaux déchiquetés, soigneusement cachés au fond d’un jardin, derrière un arbre, prêts à tout pour échapper à l’oeil pourtant plein d’espoir de l’automobiliste.
Enfin pour couronner le tout, les routes crétoises sont classées parmi les plus meutrières du monde et chaque accident mortel est signalé par un petit autel. Il y en a parfois cinq ou six au même endroit. Remarquez, depuis, nous avons fait aussi fort dans la signalisation des accidents mortels, en France, avec nos funèbres panneaux noirs tachés de sang. Pas très rassurantes non plus, les routes françaises !
Nous sommes maintenant en Crète orientale sur le plateau de Lassithi. Non loin de la grotte de Psyhro ou fut caché Zeus pour échapper à son père Chronos, se trouve un petit monastère nommé Moni Gouvernetiass. C’est la visite la plus surprenante qu’il nous ait été donnée de faire. Au milieu de la colline nous découvrons les ruines d’un monastère abandonné. Les murs du réfectoire et de la cuisine avec les fours sont effondrés. Un escalier encore debout s’élève vers un plafond percé qui laisse apparaître des poutres noirâtres. Là, des inscriptions récentes fleurissent, des coeurs , des prénoms entrelacés, le rendez- vous des amoureux du coin et... des chèvres que nous attendons tout autour de nous. Au moment où nous allons partir, nous avisons une toute petite chapelle dont la porte est entrouverte... Nous la poussons timidement et nous découvrons deux femmes en train de faire le ménage : elles nous accueillent avec des sourires, fières de nous montrer leur église. Il est vrai que les touristes son rares par ici! Des fresques et tableaux du XIV° siècle nous font face. De beaux visages de saints et de saintes, en prière, les yeux levés vers le ciel s’effacent peu à peu sur le mur rongé d’humidité. Leur auréole luit encore doucement, les ocres et les ors s’estompent, véritables joyaux en train de disparaître à jamais. Pourtant les bonnes âmes qui s’activent dans la chapelle ne manquent pas de zèle et de dévouement. Armées de chiffons et de produits de nettoyage, elles astiquent vigoureusement les précieuses icônes qui seraient, dans nos musées, placées sous haute surveillance et feraient la fierté d’un conservateur!
Le monastère du XVI° siècle, Moni Gouvernetou, dans la péninsule d'Akrotiri, est dédié à Notre-Dame-des-Anges. C’est une grande bâtisse un peu fortifiée et, surtout, c’est le point de départ du sentier qui mène à Moni Katholicou. Nous marchons pendant environ vingt minutes, au milieu d’une végétation aride et des rochers, bercés par le beguètement des chèvres, invisibles derrière les buissons épineux et les pins kermès. Nous croisons de temps en temps quelques visiteurs. Nous arrivons à une petite chapelle construite à l’entrée d’une grotte, appuyée sur un enrochement qui forme le mur du fond et la coiffe comme un chapeau. C’est là, dit-on, qu’a vécu Haghios Xonnis Xenos, Saint Jean l’Etranger, l’Ermite. Il y est mort au début du XI° siècle. Pour l’instant la chapelle est manifestement habitée par un berger et la grotte sert d’abri au troupeau : elle est tapissée d’une épaisse litière de fumier séché. Des stalactites et stalamites, torsadées, difformes, de tailles variées, se sont rejointes formant de hautes colonnes. Il se dégage de ce lieu une étrange atmosphère. On serait peu surpris de voir surgir Polyphème poussant ses moutons comme semble nous l’annoncer le tintement des sonnailles dispersées dans la nature. Dehors, en s’éloignant de la grotte apparaissent un escalier taillé dans la paroi rocheuse et les ruines du monastère. Au loin, au fond du ravin, à travers une trouée, l’éclat bleuté de la mer. Encore un lieu habité qui marque la mémoire!
Départ de la Canée vers la presqu’ïle d’Akrotiri. Splendides paysages avec une végétation évoquant la lande, et de magnifiques aperçus de la mer. Assez proches les uns des autres, à l’extrémité nord de la péninsule d’Akrotiri : Moni Haghias Triadas, Moni Gouvernetou et Moni Katholikou...
Dans Moni Haghias Triadas, ou monastère de la Sainte Trinité, nous sommes accueillis par le miaulement des chats. Du matériel de ferme montre que les moines vivent encore, comme dans le passé, de l’agriculture. Isolé dans sa montagne, au milieu de son domaine, Moni Haghias Triadas s’organise autour de sa petite église entourée par des orangers... Certains sont greffés avec des citronniers, curieux phénomènes, la moitié des branches se chargeant d’oranges, l’autre de citrons. Ici, c’est une symphonie de couleurs, un tourbillon de parfums : les murs ocrés des bâtiments, les fruits oranges et jaunes, les fleurs blanches des arbres fruitiers, le rose violet des arbres de Judée, tout concourt à donné un aspect enchanteur à ce lieu. L’église de 1632 a subi une forte influence vénitienne comme le montre le campanile à trois cloches qui la surmonte. L’intérieur est relativement dépouillé. Les murs blancs présentent quelques icônes peu nombreuses. Seul véritable luxe, un lustre tout ruisselant de cristal.
Les monastères de la Crète ont un charme fou et en bonne stakanoviste enthousiaste que je suis, j’en ai visité beaucoup. Bien sûr, je n’ai pas voulu rater les plus célèbres, à juste titre, par leur beauté et leur importance historique. Ainsi je suis allée admirer Moni Akhadiou situé entre Rethymnon et La Canée, haut lieu de la résistance de la Crète contre les Turcs. En 1866, quarante femmes et enfants se donnèrent la mort pour échapper à l’envahisseur et sont célébrés sous le nom des “quarante martyrs". Ce Monastère d’Arkadi, avec son église à la façade baroque, ses bâtiments conventuels, son musée dédié à la résistance et ses nombreux chats, accueille d’ailleurs beaucoup de touristes. Il y a aussi, en Crète orientale, non loin de Setia, le très beau monastère fortifié, Moni Toplou, ce qui signifie en turc “Le monastère aux canons” et les fresques renommées de l’artiste crétois Kornaros. Inoubliables. Cependant, ce n’est pas sur eux que je vais m’étendre car tous les guides les présentent longuement. J’aimerais faire partager le plaisir ressenti dans certains lieux un peu moins connus, ou le pas des visiteurs ne se portera pas obligatoirement, mais qui ont, pour moi,un charme particulier.
Moni Savathianon
Au départ d’Héraclion, en direction de Rethymnon, nous décidons d’abandonner la côte, pour emprunter une route qui serpente à travers la montagne au milieu des troupeaux de chèvres. C’est ainsi que nous arrivons à Moni Savathianon. Une pluie fine tombe paresseusement. Il fait doux. Nous poussons une grille et nous engageons dans un sentier bordé d’arbres scintillant de gouttelettes, d’orangers dont le parfum, délicieux, est exalté par l’humidité. Au fond d’un petit vallon fleuri se niche un monastère blanchi à la chaux. Une icône, dehors, nous souhaite la bienvenue; à ses pieds deux cierges rouges. Tout semble désert mais... Une porte s’ouvre, des religieuses vêtues de longue robe noire en sortent en courant, leur voile rabattu sur la tête pour éviter de se mouiller. Elles s’approchent de nous, souriantes, des “Kalimera” retentissent. Elles sont toutes heureuses de notre visite. L’une d’elle, une vieille soeur moustachue, toute petite, nous fait signe de la suivre et nous ouvre la porte de leur église. Elle reste sur le seuil pour ne pas nous gêner. Minuscule, le petit bâtiment nous accueille dans une odeur d’encens et de bois ciré. Au-dessous de l’icône de la Vierge, toutes sortes d’ex voto argentés sont accrochés sur une sorte de paroi dont j’apprendrai bientôt le nom - l’iconostase - qui sépare l’autel de la nef dans toutes les églises orthodoxes. La vieille soeur nous montre ensuite une direction et s’éclipse, nous laissant seuls sur un chemin de croix qui monte doucement dans la colline. Nous parvenons ainsi jusqu’à une autre église, fermée celle-là, intégrée en partie dans la falaise qui la suplombe. Elle s’appuie sur le roc et la paroi de la grotte au-dessus d’elle semble la protéger. A côté,le cimetière des soeurs présente des tombes simples, avec des pierres blanches, pour la plupart récentes. Des ficus immenses, des citronniers chargés de fruits les entourent, toute une végétation odorante, fraîche, lavée par la pluie et frémissante sous les rayons d’un soleil léger qui apparaît enfin. Sur le chemin du retour, nous passons devant les cellules des religieuses, blanches, ornées chacune par une toute petite fenêtre ouverte sur le calme et la paix de ce lieu. En revenant dans la cour centrale du monastère, plus un bruit, plus personne. Il n’y a plus que le silence et le parfum des fleurs d’orangers flottant dans l’air. Tout semble avoir été un rêve.
Moni Savathianon n’est certainement pas le plus beau et le plus célèbre des monastères crétois mais cette visite reste dans mon souvenir comme un instant précieux, un moment suspendu dans la marche du temps.
Et voilà ! Nous sommes en avril 2002 et l’avion nous emporte vers la Crète, cette île de rêve qui nous apparaît bientôt du haut du ciel avec ses côtes découpées dans une mer si bleue qu’elle en paraît fausse. Pourtant, nous ne l’abordons pas sous le soleil. Pendant l’atterrisage, le commandant nous signale qu’il pleut sur Héraclion et qu’il fait 15°. Brr! Ce n’est pas tout à fait ce que j’attendais. Mais pour le moment en route pour le centre d’Héraclion. La ville, sous la pluie, m’apparaît quelconque, bruyante, sans véritable charme. Impression première peut-être superficielle car je ne suis pas restée longtemps à Héraclion, juste le temps de visiter quelques musées, églises et le site archélologique de Knossos.
Le musée archéologique d’Héraclion
La visite du musée archéologique d’Héraclion par contre m’emballe tout de suite : riche, variée, passionnante, elle me replonge quelques millénaires en arrière du néolithique jusqu’à la période gréco-romaine au V° et IV° siècles avant Jésus Christ. Un saut vertigineux ! C’est bien sûr la civilisation minoenne qui est la plus attirante : là, un acrobate au corps superbe, statuette en bois abimée, témoigne d’un art délicat et gracieux, fin et puissant à la fois. On voit l’athlète en plein saut, bondissant au-dessus d’un taureau maintenant détruit. Plus loin, la superbe tête d’un taureau noir aux cornes d’or me rappelle que la civilisation de Minos est vouée à cet animal déifié : quelle précision dans ce muffle que l'on croirait chaud et palpitant! Que de grâce dans l’élégante courbure des cornes! L’oeil du taureau semble mélancolique, un peu triste comme s’il regrettait son époque, son créateur aujourd’hui inconnu. Sa toison, entre les deux cornes est ondulée, dans un dernier raffinement de luxe et de beauté. Ses oreilles semblent prêtes à écouter le murmure souple et indistinct de la vie.
Ici, avec une grâce exquise se tiennent deux déesses aux serpents. La plus grande qui est aussi la plus vieille brandit deux serpents qu’elle tient à mains nues. Toutes deux sont coiffées d’un drôle de chapeau sur lequel est juché un animal, peut-être un chien ou un chaton ? Selon la mode de l’époque, elles portent une robe qui laisse la poitrine entièrement nue. On ne peut s’empêcher de sourire en pensant que cette civilisation propose en matière de bienséance le contraire de ce qui est la règle en ce qui concerne les civilisations chrétiennes ou musulmanes. Avec précision le sculpteur a fixé chaque détail de la toilette, la jupe à plusieurs volants, le court tablier qui la recouvre, la ceinture haute et large qui enserre une fine taille de guêpe, les seins ronds et écartés, les manches trois quart qui s’arrêtent à la hauteur du coude.
Dans les sculptures qui m’ont séduite, j’ai pu encore admirer des statuettes d’hommes en albâtre, d’autres en terre cuite accomplissant les rites funéraires face à des statues de dieux, des petites Tanagras délicates en train de danser. Le disque à deux faces de Phaistos retient aussi mon attention. Des signes gravés sur la surface en or, partent du centre et se déroulent en spirale vers l’extérieur. Ces symboles, une tête de soldat, une roue, un oiseau... ne sont pas encore compris de nos jours et demeurent un mystère pour les archéologues. Des traits séparent ces dessins entre eux comme s’il s’agissait de mots. Ensuite je me passionne pour les bijoux: à noter un superbe petit canard en or, des bagues ou des boucles d’oreilles sur lesquelles sont ciselées des scènes mythologiques grecques : Daphné se transformant en laurier, Diane chasseresse... Enfin, remarquable, un des plus célèbres joyaux du musée, un pendentif d’une précision extrême et d’une beauté sans pareille. Il représente deux abeilles de profil, enlacées, leurs deux têtes surmontées d’une couronne. De leur bouche sort une goutte de miel. Elles tiennent entre leurs pattes jointes une grosse boule de pollen sertie de fines petites perles serrées les unes contre les autres. Leur abdomen est lui paré de minuscules cercles de perles. De chaque aile tombe une breloque d’or ouvragé.
La deuxième partie du musée est consacrée aux fresques trouvées dans les maisons des cités minonéennes et transportées au musée pour leur préservation. Une reconstitution d’une salle du palais de Minos à Knossos nous permet d’admirer la frise des dauphins, celles des demoiselles en bleu figées pour l’éternité, arborant un sourire énigmatique. Des singes s’ébattent dans des jardins somptueux peuplés d’oiseaux bleus au milieu de lys blancs ou rouges, des iris se dressant autour d’un bassin ...
Un superbe musée, à voir absolument!
Le musée de Haghia Ekaterina
L’ancienne église byzantine Sainte Catherine a été transformée en musée. Des tableaux religieux, des fragments de fresques ou des statues y sont exposés. Les peintures qui s’étendent sur plusieurs siècles sont étranges car l’art n’a pas l’air d’évoluer contrairement à ce qui se passe dans l’art religieux occidental. Il n’y a pas de perpective, les visages restent plats. J’adore le style byzantin, à la fois naïf et émouvant dans une débauche d’ocre, de pourpre et d’or. Ce que j’aime dans ces tableaux peignant des scènes religieuses, la Cène, l’Adoration des Mages, l’Assomption... c’est chercher le petit détail que l’on ne remarque pas au début : un agneau qui se désaltère, les plis compliqués d’une étoffe, les maladresses qui font sourire comme le visage adulte de Jésus sur un corps de bébé. J’aime également les vieux manuscrits à la reliure en argent, ciselée avec une finesse et une habileté impressionnante. Le travail d’orfèvre rend avec minutie les moindres détails, l’expression d’un visage, les attitudes, la phalange d’un doigt légèrement replié sur lui-même. Et si je m’intéresse au travail d’orfèvre, je n’en rends pas moins hommage au travail des tisseuses, des couturières et des brodeuses , aux étoffes somptueuses des habits sacerdocaux, cascades de velours, de brocart et de fils d’or.. L’aiguille avec une précision étonnante “peint" des paysages, met en scène des personnages religieux jusqu’au moindre détail qu’il faut presque aller regarder à la loupe.Je me souviens de la barbe d’un saint minuscule constituée de deux couleurs entremêlées, des petites broches brodées qui retiennent les étoles des personnages. Le raffinement est total. Combien d’heures a-t-il fallu à ces artisans, courbés sur leur travail, pour achever ces habits qui sont à leur manière des oeuvres d’art! Ils nous ont laissé une richesse inestimable et une source d’émerveillement constamment renouvelée.
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