Si l'on en croit les conseils au voyageurs du M.A.E, mieux vaut s'abstenir de se rendre au Nord du Niger ! Sans négliger le regrettable décès d'un touriste français en décembre 2005 suite à l'attaque de son véhicule par une bande armée, il serait pourtant dommage de priver toute une population des revenus touristiques nécessaires à la subsistance de la région.
L'assassin a été retrouvé et condamné et, s'il subsiste toujours des bandes incontrôlées, elles n'ignorent pas que le crime est puni.
En fait, passé l'appréhension de départ, sur place le sentiment d'insécurité n'existe pas. On peut visiter la région librement, en faisant de préférence appel aux services de guides répertoriés, et sans oublier de remplir une feuille de route à l'intention de la gendarmerie. On s'efforcera de respecter le programme annoncé... Ces conditions remplies, on pourra prendre la piste paisiblement, à la découverte du sublime massif de l'Aïr et de la bordure infinie du Ténéré !
C'est un guide de voyage à la fois pratique et culturel, d'une richesse et d'une précision inhabituelle, qui lance des ponts comme on les aime entre les hôtes et les visiteurs. L'ouvrage est sorti fin 2005 et ne saurait vieillir vite! Il contient aussi bien des fiches pratiques pour déterminer son itinéraire qu'une foule d'explications scientifiques sur la géologie, l'archéologie, ainsi que des éléments de réflexion sur l'identité touarègue face au défi de la modernité. Vive les petits éditeurs qui donnent de l'ambition à leurs ouvrages!
Au sud du massif de l'Aïr, Tabelot est un village situé à quelques six heures de piste d'Agadez. En bordure d'un oued, entouré de jardins verdoyants et de rocs arrondis, ce village de cases n'est relié ni à l'électicité ni au téléphone. D'ailleurs, il n'y pas moyen d'y joindre quiconque. Mais si vous arrivez jusque-là, vous pouvez compter sur l'hospitalité d'Abdou, le chef du village : il a fait construire une case en banco pour les invités. Une cour dotée d'une pièce fermée permet de dérouler son matelas pour la nuit. Il faut ensuite commander des bidons d'eau, allumer le feu dans la cour pour faire bouillir la marmite, faire ses courses au marché, et s'aventurer dans les environs rocailleux du village pour les toilettes...
Chaque jeudi, Tabelot accueille un marché régional où l'on trouve fruits, légumes, et artisanat local. En échange, les cadeaux en nature sont les bienvenus: cahiers et crayons, vêtements ou produits alimentaires...
Cette toute jeune agence est celle de Moctar, un Touareg de grande expérience, qui a travaillé longtemps comme guide pour d'autres agences, avant d'obtenir cette année la licence qui lui permet d'ouvrir la sienne. Il ne dispose peut-être pas de l'équipement d'une grosse agence, mais il propose des tarifs plus accessibles, à négocier avec lui. L'homme est en tout cas d'une parfaite fiabilité, et je lui souhaite de tout coeur bonne chance dans son entreprise !
Son site web : www.desert-tours-sahara.com
L'agence Tidene Expéditions est la fidèle alliée des voyages dans l'Aïr et en bordure du Ténéré. Dirigée par un neveu de Mano Dayak, elle a l'expérience et la connaissance du terrain. Elle met à disposition des véhicules 4X4 et des guides touaregs qui connaissent parfaitement leur affaire! Ce n'est pas pour rien que les tournages de films font appel à ses services!
Originaire de la banlieue parisienne, Karim assure la coordination locale. Différents circuits sont proposés, mais on peut demander des séjours à la carte. Tous les atouts sont réunis pour partir en toute confiance...
Site Internet : www.agencetidene-expeditions.com
A deux heures de Tripoli, un comptoir Punique, devenu colonie romaine à partir de 96 av.J.-C.
L’âge d’or de Leptis Magna correspond au règne de l’Empereur Septième Sévère qui a voulu faire de sa ville natale la rivale de Rome à partir de 193. Il a fait importer de Grèce revêtements muraux, pilastres, colonnes et chapiteaux de marbre pour enrichir la capitale de la Tripolitaine. La « Rome africaine » conserve son arc à quatre faces, son immense forum, le plan des thermes d’Hadrien ainsi que les murs de la basilique sévérienne, un rectangle de 92 sur 40m. Mais également un théâtre, un amphithéâtre et un hippodrome… Au total, une cité qui compta quelques 100 000habitants à son apogée. Les murs furent rasés par les Vandales au Vè.s. mais le site, qui n’a pas été reconstruit, est émouvant, étendu sur plusieurs kilomètres, le long d’une baie abritée. Des têtes de Méduses et de Néréïdes, de magnifiques mosaïques, des colonnades fines, captivent le visiteur enchanté de déambuler librement au milieu de tant de richesses qui laissent l’illusion de leur virginité.
A l’entrée du site, un musée récent apporte les explications historiques et archéologiques. La visite de l’ensemble mérite une journée entière !
Depuis avril 1999 et la suspension de l’embargo aérien imposée à la Libye, le pays sort de son isolement. Une « terra incongnita » s’est entrouverte qui dévoile un littoral méditerranéen intact de près de 2000km, mais également des sites antiques de toute splendeur et des oasis sahariennes tout aussi inoubliables. Dans un paysage de verdure précaire, entre Méditerranée et Sahara, des prairies clairsemées, bordées de dunes dorées, abritent de grandioses vestiges de l’Empire Romain.
La magie des pierres se déploie à l’abri des hordes touristiques qui envahissent les autres sites antiques du bassin méditerranéen. Après une longue période d’isolement, les Libyens sont ravis d’accueillir des étrangers et il n’est pas rare que l’hospitalité l’emporte sur la tentation de rafler les devises touristiques. Il est vrai qu’à la satisfaction de voir arriver les touristes s’ajoute une relative aisance économique liée aux revenus du pétrole dont la Libye est le premier producteur d’Afrique du Nord. Ainsi, avec seulement six millions d’habitants, la Libye affiche un niveau de vie supérieur à celui des autres pays de la région. Un des signes extérieurs de richesse auquel est sensible le voyageur, c'est la qualité du réseau routier qui relie efficacement les sites éparpillés aux quatre coins du pays.
Le désert prend tant de place en Mauritanie, qu’on en oublierait cette longue façade maritime ! La surprise est d’autant plus délicieuse de se rendre au port de pêche de Nouakchott, en fin de journée, lorsque les pirogues sont de retour. En fait de port, une plage bordée de centaines d’embarcations colorées. Elles prennent la mer pour une journée, ou plusieurs jours parfois. Ces eaux maritimes comptent parmi les plus poissonneuses du monde, même si, comme ailleurs, les pêcheurs constatent une raréfaction des ressources halieutiques.
Le soleil tombe derrière l’océan, et les pirogues approchent du rivage. Une ribambelle d’enfants virevoltent, de jeunes hommes viennent décharger les pirogues de leur cargaison laissée en vrac sous les pieds des marins, et les déposer sur la plage. Au passage, les marins subtilisent un poisson qu’ils glissent sous leur ciré jaune. Et puis ils recommencent au déchargement suivant… On croit avoir l’œil indiscret, et puis on comprend que la pratique, si elle reste clandestine, est tacitement acceptée et vient compenser des salaires trop maigres.
Derrière la plage, un marché couvert où sont déposées des pièces très variées, capitaines et thons, comme de plus petites prises aussi délicieuses, dorades et sardines... Ce sont surtout les riches, au volant de 4X4, qui viennent faire leurs achats ici, car le port est excentré et il faut un véhicule pour s’y rendre. La plus grosse partie de la marchandise est transportée en ville, vers le marché central.
On ne s'en retourne pas, à la nuit tombante, sans acheter pour une bouchée de pain son kilo de dorades à déguster grillées, avec un mince filet de citron...
En plein centre ville, cette auberge est sans doute la plus fréquentée de la ville: des habitués, des backpakers, mais pas de T.O. L'ambiance y est en grande partie due au dynamisme d'Olivia, la jeune Française qui tient les lieux, avec charme et poigne!
Durant l'hiver 2005-06, elle s'apprêtait à ouvrir une annexe, non loin, qui devrait être dans une gamme supérieure.
Chez Menata, pour dormir, la place favorite est souvent le toit. Mais il y a aussi de petites chambres et une grande khaïma (tente nomade) avec des matelas et des moustiquaires pour dérouler son duvet.
L'avantage de sa situation, c'est la proximité immédiate du centre ville, des restaurants et des commerces; l'inconvénient, c'est le bruit et la pollution.
Mais assurément un coin très sympa pour prendre de l'info et préparer la suite de votre périple...
A noter si vous avez de la place dans vos bagages: Olivia collecte des dons pour les associations hummanitaires locales... (livres, vêtements, jouets...)
Cora est allemande et Just hollandais. Après avoir aventureusement sillonné l'Afrique saharienne, ils ont décidé de poser leurs bagages dans la ville d'Atar et accueillent désormais les voyageurs qui ont l'idée de passer par là... Ils ont le choix entre bungalows individuels couleur locale, et tentes collectives. Pas de sanitaires individuels, mais ils sont bien tenus.
A l'heure de la sieste, un hamac tendu auprès du bouquet de bougainvilliers est très prisé. On peut profiter des très bons repas du cuistot, ou utiliser la cuisine pour se faire ses repas. Pour les soirées, pas de soucis: Just a l'art du récit et ne manquent pas d'aventures à conter!
Située à l'écart du centre ville, l'auberge est calme.
Pour trouver, demandez "Baba Sahara", la porte du Sahara.
Il faut lire les récits des René Caillié et Heinrich Barth, en particulier, de leurs rêves d'exploration, de leur persévérance inouïe et de la réalité de leur long cheminement. Ils rapportèrent des récits qui laissent pantois les fades voyageurs que nous sommes devenus...
La collection Bouquins chez Robert Laffont a dressé une anthologie, comme une bible du voyageur en Afrique.
Comparé à la somme de publications de vulgarisation scientifique qui peuvent exister sur l'Egypte, le Soudan fait triste mine. L'ouvrage de l'égyptologue Joy Soulé-Nan, directrice du Centre des recherches et des études nubiennes, s'efforce de rétablir une justice! Elle décrit l'histoire de l'Egypte antique à travers l'influence de la Nubie, le "couloir de l'Afrique", aujourd'hui partagé entre l'Egypte et le Soudan. On y découvre le rôle d'une civilisation qui mérite de sortir enfin de l'ombre de son voisin.
Les auteurs soudanais, qui plus est traduits en Français, ne sont pas légion! Les éditions Actes Sud nous offrent à la fois l'occasion de découvrir un auteur contemporain originaire du Soudan et de plonger dans l'Histoire du pays, à l'époque de la colonisation britannique, tandis que les Anglais décident de construire une voie ferrée reliant le Soudan à l'Egypte. Face à eux, la résistance du Mahdi et de ses fidèles...
Une épopée salutaire à l'époque où nous débattons en France des prétendus bienfaits de la colonisation!
Un embarcadère sur le Nil en plein centre ville. Des barques à moteur pour traverser le fleuve et rejoindre une rive verte. Sur l’île comme dans toute la capitale soudanaise, les habitations ne s’approchent pas du fleuve indompté. La vie rurale y semble se poursuivre immuable depuis la nuit des temps, avec l’âne et la faucille. Un détail pourtant corrige cette impression : le grondement de moteurs, ceux des pompes à eau qui parsèment les berges du Nil pour irriguer les champs.
Là confluent Nil Blanc et Nil Bleu, sans tumulte, du moins en ce mois de décembre. Venu l’un des plateaux éthiopiens et l’autre du lac Victoria, les deux fleuves se rejoignent et poursuivent ensemble leur course vers le Nord et la Méditerranée. Là, sur la pointe de l'île, face à ce spectacle, le voyageur connaît son bonheur.
Omdurman, souk Shaabi, dits aussi "les ateliers modernes". Comme un village sans fin qui déroule ses pistes de poussière de part et d’autre de l’avenue goudronnée. Cases de pisée, maisons de briques et d’autres inachevées de béton sont juxtaposées dans un chaos confondant. Mais où sont les six millions d’habitants de Khartoum ?
Le trafic automobile est dense, mais uniquement sur l’axe asphalté. Autour, c’est le monde des ânes attelés d’une cariole brinquebalante, des hommes affalés, parfois à même la poussière, pourvu que ce soit à l’ombre. Là, des artisans garnissent des matelas de coton. Dans la rue suivante, les ballots de luzerne attendent les bêtes. L’eau rare est recueillie dans des cruches et versée avec parcimonie dans les abreuvoirs. La cohue s’intensifie ; on approche du marché ou bouchers et primeurs se font face. A la sortie d’une allée, la puanteur est insoutenable, mais incontournable : une benne déborde de boyaux de moutons et autres viscères déchargées par les bouchers.
On est content de rejoindre le coin quincaillerie. Lui aussi pourtant se révèle déconcertant car, à côté des tasses plastiques et autres vaisselles made in China, la panoplie de l’artisanat local ne tient guère la route, pas même sur le marché local : du fer blanc tordu et qui se décompose à vue d’œil, évoque vaguement la forme de cuillères ou de couteaux sans manche ni tranchant. Des câbles de vélo rouillés sont pressés en un rond que la ménagère agitera pour disperser la fumée du fourneau. Et c’est à peu près tout ce qu’on trouvera comme objets de fabrication locale artisanale…
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