|
2 article(s) publié(s) 2 photo(s) publiée(s) - voir photos 1 membre(s) à (ont) écrit sur cette destination |
| |
| Ecrire dans cette rubrique Tous les articles | Articles recommandés | |
Les informations que je vais donner ici remontent à quelques temps déjà, lors de mon dernier séjour à Alep, en 2001, mais j’ai envie de parler de cet hôtel toujours en fonction et dont je garde un merveilleux souvenir. Je sais que c’est un lieu assez controversé qui suscite de nombreuses réactions : certains adorent, d’autres détestent...
Beaucoup en tous les cas s'accordent à dire que l'endroit est vétuste et n'a plus le charme et la prestance d'antan. Je fais partie de ces gens qui ont été touchés par son charme désuet et qui s’attachent dès la porte d’entrée franchie. On a la sensation de pénétrer dans un monde où le temps s’est figé il y a des années. L’appréhension du monde n’est plus la même, on se sent "participant" à un roman en train de s’écrire. Ce lieu est une histoire mouvante où l’on ne peut s'empêcher de voir des "fantômes", de repartir dans un flash back... Théâtre, cinéma, on est très vite poursuivi par les romans d’Agatha Christie, qui y écrivit d'ailleurs son très fameux Le crime de l'Orient-Express.
Il y a du mystérieux ici, dans ces longs couloirs, ces salons aux ambiances tamisées dans lesquels on s’imagine surprendre des conversations à demi-étouffées. Chacun de ses habitants de passage écrit l’histoire. Même les gens qui tiennent l’hôtel ont leur rôle (peut-être y servent–ils encore, peut-être ont ils disparu depuis 2001 ?) et lui prêtent un peu de leur vie, de leur âme. Monsieur Jean, l’Arménien, le cireur de chaussures, hante le hall, la main tremblante, les yeux tristes et bienfaisants. Monsieur Samir passe de salle en salle pour aller ensuite s’enfermer dans sa loge, propre sur lui, le crâne dégarni, s’exprimant dans un langage châtié, les yeux grands ouverts même s’il n’en paraît rien. Les garçons de café sont dans l’ombre des personnages clefs. Un téléphone noir posé au milieu de nulle part, dans le hall du premier étage totalement déserté... Il ne doit plus fonctionner depuis longtemps, vieux modèle des années 50, je suppose.
Voilà, ce sont toutes ces raisons qui me font aimer cet endroit si particulier, et même si le petit déjeuner laisse parfois à désirer, c’est un voyage à lui tout seul que cet hôtel. Et si vous décidez de ne pas y loger, allez tout de même prendre un verre dans le bar de type colonial.