On ne peut pas toujours réussir ses vacances pleinement ! Istanbul est pourtant une belle ville, riche de son passé et de ses splendides mosquées, mais...
Le premier soir de notre voyage en sortant d’un restaurant, heureux et confiants en la nature humaine, nous nous faisons aborder par un vendeur qui nous propose une marchandise. Devant notre refus, il insiste, s’approche de nous, s’accroche à nos vêtements, nous bouscule. Il est difficile de s’en débarrasser et il faut vraiment se fâcher pour qu’il lâche prise ! Quand nous arrivons à l’hôtel, notre portefeuille a disparu avec une importante somme d’argent que nous venions de retirer, la carte de crédit, nos papiers d’identité... Un bon début !
Heureusement il nous reste une carte bleue qui nous permettra de payer le restaurant en choisissant uniquement ceux qui l’acceptent. Attention ! Ce n’est pas toujours évident en Turquie. Notre hôtel et notre retour en avion sont dejà réglés. Nous avons les numéros de téléphone à appeler d’urgence et nous faisons immédiatement opposition sur notre carte. Pourtant il nous reste des corvées à accomplir : déclarer le vol à la police turque, ce qui nous prendra une partie de notre deuxième journée à Istanbul. D’abord, trouver le poste de la police touristique de Sultanamet au centre ville et parvenir à se faire comprendre dans un anglais approximatif, face à quelqu’un qui parle aussi mal que nous (Ce n’est pas peu dire!) Ensuite, après avoir eu le malheur de déclarer que nous reconnaîtrions notre voleur, être transportés à l’autre bout de la ville dans un commissariat crasseux et délabré. Là, l’heure de la pause ayant sonné, être lâchement abandonnés sur un banc. Attendre patiemment au milieu d’un nuage tabagique épais. Puis, en désespoir de cause, quitter le commissariat et se retrouver dans un quartier inconnu aux maisons lépreuses mais pittoresquement colorées. Des banderoles pour des élections ornent toutes les rues. Des pancartes affichant des slogans se dressent un peu partout. Des gens discutent sur le trottoir ou à la terrasse des cafés. L’expérience pourrait être intéressante, loin des touristes, en plein coeur d’un Istanbul populaire. Mais, égarés, nous devons rentrer à pied à l’hôtel, en suivant, tels le petit Poucet, la voie ferrée qui nous ramène au centre de la ville.
Encore une matinée perdue, le troisième jour, pour aller au consulat de France faire valider notre déclaration. Attente pendant deux heures pour la délivrance d’un tampon, ce qui aurait pû être fait en deux minutes avec de la bonne volonté... mais bon... nous sommes en règle.
Moralité : Faites assurer votre carte bleue, méfiez-vous des marchands à la sauvette, fermez sacs et poches... Surtout ne déclarez pas que vous pourriez reconnaître votre agresseur. Cela ne sert à rien. Allez directement au Consulat et déclarez la perte plutôt que le vol de votre portefeuille. Vous gagnerez du temps !
Mais ce n’est pas fini ! Le lendemain, nous prenons un taxi. Celui-ci, sous prétexte de sens interdit, nous balade dans toute la ville et nous demande un prix exorbitant ! Nous payons, en râlant un peu, avec un gros billet et le taxi démarre avant de nous rendre la monnaie.
Moralité : si vous montez dans un taxi, fixez le prix à l’avance, ayez de la monnaie. Sinon, utilisez les transports en commun, ce que nous avons fait. Le service de tram est pratique et peu cher.
Mais oui, mais oui, cela continue : notre fille marche derrière nous, le sac au dos. Soudain, elle se retourne et se met à crier. Un jeune homme est en train de fouiller dans la poche de son sac. En colère, elle l’insulte en anglais et le poursuit de son noble courroux en lui donnant une tape sur le bras. Je suis persuadée qu’il va s’enfuir. Mais non, il marche sur elle, l’air menaçant. Il est deux fois plus grand qu’elle. Nous revenons à la hâte pour lui prêter main forte. Je m’inquiète : va-t-elle se taire ? Va-t-elle battre en retraite? Pas du tout ! Rouge de colère, elle l’affronte du "bas" de sa petite taille... Il faut la menace de la police pour que le voleur joue son rôle, du moins celui que nous attendons de lui... fuir ! et pour que notre fille se calme (un peu) ! Le pauvre homme ! Il n’a trouvé dans la poche que de vieux mouchoirs en papier et des billets de musée périmés. On ne peut pas gagner à chaque coup.
Moralité : Ne portez pas de sac à dos et, surtout, sachez que ce n’est pas conseillé de frapper un plus grand que soi !