Toutes les mosquées d’Istanbul sont des oeuvres d’art lumineuses et sereines et qui appellent, croyants ou incroyants, à la contemplation. Dans certaines, quand vous entrez pieds nus, vous sentez le carrelage glacé sous vos pas, dans d’autres, vous pouvez vous asseoir sur les tapis rouges parsemés sur le sol et rester un moment dans le calme de ces lieux. En allant en direction du pont Galata, vous découvrirez la mosquée de Rustem Pacha, grand vizir de Suleyman. Parmi tant d’autres, elle se distingue par sa merveilleuse décoration. On pourrait l’appeler la Petite Mosquée Bleue, elle aussi, par comparaison à la Grande, la Sultanameth Camii, mosquée du sultan Ahmet I°.
La façade du porche d’entrée et l’intérieur de Rustem Pacha Camii sont décorés de faïences d’Isnik d’une richesse de tons et de motifs incroyables. Isnik, l’antique Nicée, est une ville située au sud-est d’Istanbul, célèbre dès le XV° siècle pour ses ateliers de faïences dont le travail est importé de Perse. Pour la décoration de sa mosquée, le Grand Vizir Rustem choisit, dit-on, minutieusement, les plus précieux carreaux d’Iznik qu’il achetait pour les donner à son architecte Sinan. Le résultat est éblouissant. Une tapisserie de fleurs se déroule devant le visiteur dans un camaieu de bleus réhaussés de couleurs plus vives, rouge des tulipes, la fleur d’Istanbul, vert turquoise de leurs tiges. Encore un lieu magnifique que je veux emporter dans le bagage de mes souvenirs.