Au voyageur étourdi par le bruit de la grande ville et lassé de respirer les fumées des diesel des colectivos, je vous conseille une balade dans cette banlieue chic, calme et si agréable de Buenos-Aires.
Prenez la cathédrale de San Isidro comme point de départ. Certes, ce n’est ni Chartres, ni Beauvais, mais elle a été entièrement restaurée et donne sur une petite place très bien arborée dont le caractère colonial a été sauvegardé. Plusieurs maisons traditionnelles basses avec des fenêtres grillagées à l’espagnole, dont un insolite Musée du Rugby. En Argentine ce sport est pratiqué par l’élite, comme jadis en Angleterre. Ce n’est pas un sport "populaire" comme en France. Cette place est occupée par le foot...
La place descend en pente douce vers la nouvelle ligne de train de banlieue qui dessert les gares au bord du Rio de la Plata. Le dimanche, déambulez dans l’agréable marché artisanal. La municipalité de San Isidro a visiblement le souci de préserver un environnement privilégié : hippodrome, terrains de polo et de golf, club nautiques chics. Pas d’immeubles de vingt étages ici, seulement des maisons individuelles avec des jardins soigneusement clos. Les rues, parfois pavées et très arborées, sont tranquilles.
Toutes les deux ou trois cuadras, on aperçoit une cabine avec son garde (vigilante). Les riverains du coin nous ont expliqué que c’est pour la sécurité et que cela fait partie des charges... Une cabine signifie trois gardes (non armés) salariés à raison de huit heures par jour pour assurer une présence jour et nuit. Les frais de ce service, entièrement privé, sont assurés par les riverains. Est-ce indispensable ? Certains vous assurent que oui, avec véhémence et force histoires d’agressions (asaltos). D’autres sont nettement plus sceptiques... On ne sait qui croire.
Pour aller à San isidro, le plus commode est de prendre le train à la gare du Retiro. Il y a deux lignes, une qui suit la rive du Rio de la Plata, (el tren de la Costa), et une autre, qui se trouve plus à l’intérieur des terres. On préfèrera le second. Prendre un billet jusqu’à la gare de San Isidro.
Il est possible de s'y rendre en bus, avec le bus menant au Tigre, mais c'est plus long.