L'église Saint-Symphorien, place des Carmes, appelée ainsi depuis la disparition de l'église du même nom située rue Banasterie en 1803, appartient à l'ancien couvent des Grands Carmes établi sur les lieux dès 1267 jusqu'en 1791.
Le couvent a de nos jours disparu mais l'on en retrouve des vestiges intégrés dans les maisons du quartier tout autour, belles fenêtres en ogive, portail..
Sa façade donnant sur la place des Carmes est austère, correspondant aux voeux d'un ordre voué à la pauvreté : un portail simple et une rose au centre. Par une porte latérale on peut pénétrer dans le cloître. Derrière l'église, à l'ombre du clocher du XIVème siècle, carré, surmonté d'un tambour octogonal souligné de machicoulis, s'étend un petit jardin paisible, actuellement en restauration.
L'église est fermée aux visiteurs et ne s'ouvrent que pour les messes. L'intérieur est composée d'une grande nef à deux niveaux et de sept travées bordées de chapelles présentant des tableaux de grands maîtres avignonnais du XVII ou XVIIIème siècle, Nicolas Mignard, Pierre Parrocel...
La place des Carmes vient d'être rénovée, elle aussi. Malheureusement, elle est encore partiellement utilisée comme parking, ce qui l'empêche d'être une des plus jolies places de la ville. Pourtant elle ne manque pas de charme. Elle s'est dotée d'une halle couverte vraisemblement en souvenir d'une ancienne halle aux grains métallique qui fut détruite en 1956. Jadis, c'était le centre du quartier des Italiens, immigrés qui s'étaient regroupés et formaient avec la place des Cames et la rue Carreterie un îlot appelé la Petite Italie.
Si les immeubles du centre ville deviennent de plus en plus chers, chassant, la population à revenus modestes hors les murs, la place des Carmes a su malgré tout préserver son côté populaire et convivial.
La Maison Manon, à gauche de l'église, est le siège des associations du quartier. Le Théâtre des Carmes, d'André Benedetto, troupe permanente d'Avignon, est installé à sa droite. Des représentations ont lieu pendant le festival dans le cloître des Carmes qui est un des lieux cultes du IN. De nombreux cafés, des restaurants installent leur terrasse sur la place, l'été, à l'ombre des platanes. C'est aussi là qu'a lieu, chaque semaine, le marché aux fleurs, le samedi et le marché aux puces, le Dimanche.
L'église Saint-Didier construite au VIIème siècle (sanctuaire roman) a été entièrement rebâtie entre 1356 et 1359. Erigée rapidement, en trois ans, sans transformation notable depuis, elle forme un édifice homogène considéré comme l’église la plus caractéristique du gothique provençal : une nef unique avec six travées, des chapelles latérales logées entre de puissants contreforts, une courte abside plus basse que le vaisseau principal, des fenêtres étroites.
Elle peut se visiter et les oeuvres d'art, à l’intérieur, sont très intéressantes, en particulier, le célèbre haut-relief du Portement de croix, sculpté par Francesco Laurana pour le roi René en 1478, qui provient de l’église des Célestins. Ce rétable nommé Notre-Dame-Du-Spasme en raison de la douloureuse figure de la Vierge tombée à genoux aux pieds de son Fils est un chef d'oeuvre de l'art de la Renaissance en France. Les attitudes, les expressions des personnages et le sens dramatique de la scène qui se déroule sur un fond d'architecture italienne sont remarquables.
Le clocher donne une impression de puissance avec sa tour solide tour qui arbore une volée de cloches. Coiffé d’une flèche octogonale à crochets, il abrite un célèbre carillon.
Il y a de très belles églises à Avignon même si l'on peut regretter qu'elles soient si souvent fermées et par conséquent difficiles à visiter.
L'église Saint Pierre est une de celles-là, très élégante avec son clocher élancé édifié par Blaise Lécuyer en 1495 sur le modèle avignonnais : une tour carrée surmontée d'un tambour octogonal percée d'ouvertures sur les cloches et d'une flèche ornée de crochets. La façade, achevée en 1524 est, comme la tour, un exemple de gothique flamboyant provençal, richement ornée mais avec des motifs Renaissance, oculi, guirlandes, couronnes.. Elle flanquée de tourelles polygonales coiffées de flèches à crochets. La grande baie du portail est surmontée d'un gâble finement ajourée. Sur le trumeau séparant les portes trône une Vierge à l'enfant, belle statue de Jean Péru (XVIIème siècle).
Les portes de bois sont de toute beauté et vous consolent à elle seules de ne pouvoir découvrir (sauf jour de chance) l'intérieur. En noyer doré, elles présentent de riches sculptures dont les panneaux centraux figurent, à gauche, Saint Jérome et Saint Michel, à droite la Vierge et l'Ange de l'annonciation.
La place Saint Pierre où s'ouvre ce portail est adorable. Fermée sur elle-même, avec son pavement de galets, son soustet sur la partie gauche de l'église, son café-restaurant L'Epicerie, à l'ancienne, elle vous replonge dans le passé médiéval sans aucun effort d'imagination. A l'ombre du palais des Papes s'étend d'ailleurs ici un très joli quartier aux ruelles caladées, étroites, aux maisons pittoresques, aux petites places paisibles et accueillantes avec ses restaurants et ses cafés, place du Cloître, place des Châtaignes... au chevet de l'église Saint Pierre.
L'exposition temporaire Ecole d'Avignon, maîtres provençaux réunit de nombreux tableaux de l'Ecole d'Avignon dans le riche hôtel particulier de Louis Vouland.
Louis Vouland qui fit fortune dans l'agro-alimentaire a donné son nom à l'hôtel de Villeneuve-Esclapon, une belle demeure qu'il acheta en 1927 et où il vécut jusqu'à sa mort en 1973.
Devenue le musée Vouland, la maison est un exemple de ces belles demeures bourgeoises néo Louis XV qui réflètent le goût de la bourgeoisie avignonnaise du début du XXème siècle.
Elle ne manque pas de charme avec sa façade intérieure dont le perron surélevé permet d'accéder par une élégante volée de marches au jardin paisible à l'abri des regards.
Le Musée Vouland se visite comme si le propriétaire venait de quitter sa maison à l'instant. La décoration intérieure est celle d'un bourgeois cossu aux goûts plutôt éclectiques : salons Régence, Louis XVI, chambre chinoise... Celui-ci privilégiait le luxe ostentatoire et s'entourait d'une profusion de collections, mobilier précieux, pièces d'orfèvrerie, céramiques, tapisseries, tableaux de maîtres, gravures, comme cette Tête de jeune fille de Boucher gravée par Gilles Demarteau qui sert d'enseigne au Musée.
Chaque année,le musée organise une exposition sur un peintre provençal car la fin du XIXème et le début du XXème furent une période féconde pour la peinture provençale, que l'on appela,la Nouvelle Ecole d'Avignonpar référence à l'Ecole médiévale.
Cette année 2007,le Musée Vouland présente une rétrospective des peintres qui ont été présentés dans ce lieu depuis vingt ans. Les oeuvres viennent des fonds permanents du musée Vouland mais aussi des musées d'Avignon, de Nîmes, de Villeneuve-lez-Avignon.
L'exposition est passionnante car elle permet de juger de la qualité et de la vigueur de cette école avignonnaise. Tous les peintres qui prennent pour thème commun les paysages avignonnais, la ville, la vie quotidienne du peuple, des artisans, se réclament de leur maître à tous : Pierre Grivolas. De ce dernier, notons que l'on peut admirer le célèbre tableau : le marché de la Place Pie ainsi que celui intitulé : Intérieur d'une filature.
Mais chacun a su préserver sa personnalité. On a ainsi l'occcasion de pouvoir admirer plusieurs Claude Firmin qui reste mon peintre provençal préféré. Le choix de ses sujets, sa palette de couleurs chaudes et la beauté rayonnante de la lumière ne sont pas sans faire penser à Renoir : la lessive,le départ... Et enfin, de cet artiste, j'ai pu revoir ce magnifique tableau que je n'avais eu l'occasion d'admirer qu'une seule fois au musée Calvet - certaines oeuvres restant, hélas,trop longtemps dans les réserves faute de place pour être exposées-. Il s'agit de : Intérieur d'un réparateur d'objets d'art.
Si l'on ajoute un beau Montagné, de superbes Victor Crumière, des Victor Leydet fort intéressants, des sculptures de Pierre Gras et Félix Charpentier et tant d'autres encore, l'on comprendra que cette exposition est à ne pas manquer pour tous les amoureux de la peinture provençale.
Voir : www.vouland.com
Exposition temporaire : Ecole d'Avignon et maîtres provençaux
jusqu'au 31 Mai.
Toute l'année visite de la maison et des collections.
Musée Vouland
17 rue Victor Hugo Avignon
Téléphone : 04 90 86 03 79
Ouverture de 14h à 18h du mardi au dimanche et de 12h à 18h l'été.
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