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Un film espagnol : La Luz prodigiosa de Miguel Hermoso

Publié le : 01 Avril 2007
Un film espagnol : La Luz prodigiosa de Miguel Hermoso

Encore un très beau film espagnol : La luz Prodigiosa de Miguel Hermoso. (2002). Le scénario  écrit par Fernando Marias d'après son roman est fondé sur une réalité historique, la disparition de Federico Garcia Lorca assassiné par les antirépublicains et jeté dans la fosse commune de Viznar en Andalousie avec d'autres victimes. Son corps n'a jamais été identifié.

Le film est l'histoire de la découverte par  Joaquin, jeune berger andalou, d'un homme fusillé par les franquistes et laissé pour mort dans un ravin en 1936. Le jeune homme amène le blessé dans un asile. Celui-ci a perdu la mémoire et ne sait que répéter un mot "galapago".  Joaquin part et oublie cet homme. Il se passera quarante quatre ans avant qu'il ne le revoie.

En 1980, donc, Joaquin devenu vieux retrouve Galapago qui mendie dans les rues de Grenade, ville proche du lieu de naissance du poète Federico Garcia Lorca et le recueille chez lui.  La naissance d'une amitié entre ces deux hommes donne lieu à un remarquable duo entre les deux grands acteurs qui interprètent respectivement les rôles de Joaquin et de Galapago,  Alfredo Landa et Nino Nanfredi..
Commence alors une recherche passionnante menée par Joaquin pour retrouver qui est véritablement son ami. Cette quête, qui le mènera à une révélation incroyable, est aussi une plongée dans le monde poétique du grand poète espagnol.  De plus la découverte de l'identité de Galapago est aussi pour Joaquin une découverte de lui-même.

Les images, très belles, accompagnent une poésie latente qui naît de la beauté de la lumière et des paysages, de l'émotion qui accompagne la révélation et de l'aura qui enveloppe peu à peu la silhouette misérable et pitoyable du mendiant Galapago et le transfigure, lui,  le poète assassiné.
Si l'on peut reprocher au film des scènes esthétisantes avec des effets spéciaux inutiles, elles ne sont pas assez nombreuses pour nous empêcher de savourer ce film subtil et poétique.


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Un film espagnol : Ne dis rien, Te doy mis ojos de Iciar Bollain

Publié le : 31 Mars 2007
Un film espagnol : Ne dis rien, Te doy mis ojos de Iciar Bollain

Il n'y a pas qu'Almodovar en Espagne! Le film "Ne dis rien" ( Te doy mis ojos) de Iciar Bollain est une très belle oeuvre, courageuse, chaleureuse, qui, pour traiter d'un sujet difficile -  celui des femmes battues -,  n'en est pas moins d'une portée universelle et peut plaire à tous. Oui, j'ai bien dit à tous! Car ceux qui affirment que le sujet de ce film ne peut toucher que les femmes se trompent. Une femme battue, c'est une femme qui vit avec un homme et qui aime voire qui est aimée. Il s'agit donc d'une histoire de couple, d'amour qui a mal tourné et qui, par conséquent, nous concerne tous, hommes ou femmes.
C'est d'ailleurs l'intelligence des scénaristes d'avoir su éviter manichéisme et schématisme. Si le personnage de Pilar est traitée avec beaucoup de tendresse par la réalisatrice, celui du mari, Antonio, est lui aussi très riche, son amour authentique et ses efforts pour contrôler sa violence en font un être complexe et tourmenté. De plus, tous deux sont remarquablement interprétés par Laia Marull et Luis Tosar.
Iciar Bollain a su, à mon avis, éviter avec beaucoup de finesse, le film à thèse, trop démonstratif. Son film ne traite pas  "des femmes battues" mais "d'une femme", Pilar, belle, courageuse, unique, et qui va peu à peu sortir de sa chrysalide blessée, prendre son envol et devenir un être à part entière que l'on ne pourra plus jamais humilier et maltraiter. Cette métamorphose nous apparaît dans la magnifique scène où Pilar présentant un tableau dans un musée pendant un stage se transforme soudain en une femme, belle, épanouie, sensuelle, aux yeux des hommes présents dans la salle ... et de son mari mordu par la jalousie.
La mise en scène toute en retenue sait jouer entre émotion et humour : ah! ces fameuses pantoufles qui reviennent comme un leit motiv dans les moments les plus tragiques!  Ou encore cette scène hilarante où les amies de Pilar miment derrière une vitre un dialogue qu'elles n'entendent pas mais qu'elles imaginent aisément entre une de leurs et son amant qui prétend avec une mauvaise foi évidente ne pas l'avoir trompée.
Ainsi, malgré le sujet plein de gravité, "Ne dis rien"  reprend à son compte la fameuse définition donnée par Charlie Chaplin : " le cinéma, c'est du rire et des larmes" ..
Ce film a été d'ailleurs maintes fois couronné dans divers festivals internationaux et a obtenu en Espagne pas moins de 7 Goyas!


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