La visite du musée archéologique d’Héraclion, splendide, passionnante, permet de s’initier à ce culte qui marque la civilisation minoenne.
C’est l’époque néopalatiale (-200 à -1700) qui est la plus brillante de la Crète. Dans les neuf salles du musée consacrées à cette période, la représentation du taureau est omniprésente.
Un des objets les plus admirables est sans doute la tête sculptée de taureau, dans une pierre noire, située dans la salle 4 (vitrine 51). Son muffle cerné d’une bande blanche en nacre semble luisant et doux au toucher. Ses yeux en cristal de roche et ses cornes dorées lui donnent vie.
L’acrobate en ivoire (vitrine 56), mutilé (il lui manque une jambe), est incomplet puisqu’il représente un jeune homme bondissant au-dessus d’un taureau disparu. Quoiqu’il en soit c’est une oeuvre émouvante par sa finesse et sa gracilité. Il attire l’attention tant le personnage est saisi dans le mouvement, suspendu dans l’espace. Il s’envole, étonnant de légéreté. La scène est d’une telle précision que l’on n’a aucun mal à visualiser ce saut fantastique, l’imagination suppléant sans peine l’animal absent.
A ne pas manquer également, la fresque n° 15 de la salle 14, provenant du palais de Cnossos, qui peint avec beaucoup de précision le déroulement des jeux avec le taureau, véritables cérémonies religieuses au cours desquelles les prêtres et prêtresses de ce culte risquaient leur vie en sautant au-dessus de l'animal. Cela pourrait expliquer la légende du Minotaure.
Après le catastrophique tremblement de terre de 1700 avant Jésus Christ, qui détruisit les palais, de nouveaux palais sont reconstruits sur les mêmes sites...
Le musée d'Héraclion : une visite à ne pas manquer !
Voir mon carnet de voyage sur Voix Nomades : http://www.voix-nomades.com/carnets-voy … h-all.html
La fresque n° 15 salle 14 du musée d’Héraclion provenant du palais de Cnossos peint avec beaucoup de précision le déroulement des jeux avec le taureau, véritables cérémonies religieuses au cours desquelles les prêtres et prêtresses de ce culte risquaient leur vie en sautant au-dessus de l'animal. Cela pourrait expliquer la légende du Minotaure.
Hommes et femmes participaient à ce jeu, tous habillés de la même manière, d’un pagne avec un noeud sacré dans les cheveux. L’acrobate devait saisir le taureau lancé au galop par les cornes comme on le voit sur cette scène, exécuter un double saut périlleux pour se rétablir sur ses pieds à l’arrière de la bête. Il fallait une adresse, une dextérité sans pareille, pour accomplir ce tour de force. Même si les cornes du taureau étaient rognées, le jeu n’en restait pas moins dangereux. Il pouvait entraîner des blessures ou des accidents mortels comme de nos jours, d’ailleurs, les corridas et les jeux de lâchers de vachettes qui se pratiquent dans certaines villes d’Espagne ou du midi de la France. Les jeunes filles et les jeunes hommes, entraînés dès l’enfance, étaient consacrés à ce culte.
Dans son roman, "Sinouhé l’Egyptien", Mika Waltari, écrivain Finlandais, entraîne son héros, Sinouhé, dans un voyage qui l’ amène de l’antique Egypte où il vit à la Crète.
Le jeune homme tombe amoureux d’une prêtresse du taureau, acrobate, qu’il ne pourra, malgré son amour, arracher au culte qui la dévore. Tout en donnant son interprétation personnelle du mythe du minotaure, Mika Waltari, cet érudit philosophe, nous offre de cette civilisation crétoise (et égyptienne aussi) une peinture étonnante et passionnante.
Un livre très intéressant et plaisant si vous voulez vous mettre dans l’ambiance avant votre voyage en Crète ou dans l’Egypte ancienne...
Tous les pays du pourtour méditerranéen ont voué un culte au taureau, incarnation de la force virile, de la fécondité, et l’ont défié dans des jeux qui étaient aussi des célébrations rituelles. Dans la civilisation crétoise le taureau est partout comme en témoignent les objets, les statuettes, les fresques trouvés dans les site archéologiques qui lui sont dédiés au cours des millénaires.
La visite du musée archéologie d’Héraclion, splendide, passionnante, permet de s’initier à ce culte qui marque la civilisation minoenne.
Dès l’époque prépalatiale (c’est à dire 2600-2000 av. JC) apparaissent des petits objets cultuels comme ce vase en forme de taureau avec des acrobates accrochés à ses cornes ( salle1 vitrine 4) prouvant que les jeux de taureaux étaient déjà célébrés dans ces temps reculés.
A l’époque paléopalatiale qui suit (2000-1700), périodes des constructions des grands palais comme Cnossos, Mallia, Phaistos, le culte du taureau se poursuit à travers les masques pourvus de cornes que les prêtres portaient pendant les cérémonies (salle 2 : vitrines 20 et 24), les rhytons en forme de tête taureau (salle 3 vitrines 38) ou de taureau entier ( vitrines 34 et 36)
Après le catastrophique tremblement de terre de 1700 qui détruisit les palais, de nouveaux palais sont reconstruits sur les mêmes sites..
C’est l’époque néopalatiale qui est la plus brillante de la Crète. Dans les neuf salles du musée consacrées à cette période la représentation du taureau est omniprésente.
Un des objets les plus admirables, est sans doute, la tête de taureau sculptée dans une pierre noire de la salle 4 (vitrine 51) Son muffle cerné d’une bande blanche en nacre semble luisant et doux au toucher. Ses yeux en cristal de roche et ses cornes dorées lui donnent vie.
L’acrobate en ivoire (vitrine 56), mutilé (il lui manque une jambe) est incomplet puisqu’il représente un jeune homme bondissant au-dessus d’un taureau disparu. Quoiqu’il en soit c’est une oeuvre émouvante par sa finesse et sa gracilité. Il attire l’attention tant le personnage est saisi dans le mouvement, suspendu dans l’espace. Il s’’envole, étonnant de légéreté. La scène est d’une telle précision que l’on n’a aucun mal à visualiser ce saut fantastique, l’imagination suppléant sans peine à remplacer l’animal absent.
Le musée d'Héraclion : une visite à ne pas manquer
La fille de Minos et de Pasiphaé : c’est ainsi que Phèdre, Phaidra, la Brillante, la Phèdre de Racine, princesse crétoise, faisant illusion a sa double hérédité, dépeint le combat qui se livre en elle entre le mal et le bien, entre l’ombre et la lumière.
La pièce de Jean Racine est une tragédie où l’obscurité le dispute au jour, où les monstres de la Grèce antique s’affrontent. A travers elle, c'est toute l'histoire de la Crète qui nous est donnée à voir.
Lumière : Phèdre, la fille de Pasiphaé, petite fille du soleil, coupable d’amour incestueux envers Hippolyte, le fils de Thésée, cherche à fuir son crime
Misérable et je vis? et je soutiens le vue
De ce sacré soleil dont je suis descendue
Ombre : Phèdre responsable de la mort de son beau fils Hippolyte veut se réfugier dans la mort :
Où me cacher? Fuyons dans la nuit infernale...
mais elle sait qu’elle y retrouvera son père Minos, juge aux Enfers
Mais que dis-je? Mon père y tient l’urne fatale
Minos juge aux enfers tous les pâles humains
Ombre et lumière : Dans ce combat, il faut, pour que la lumière triomphe que Phèdre, la brillante, entachée de noirceur, mette fin à sa vie
Et la mort, à mes yeux, dérobant la clarté
Rend au jour qu’ils souillaient toute sa pureté.
Ombre et Lumière. Crète. Le rouge des fresques des palais minoens éclaboussent ta blancheur, les taureaux noirs aux cornes d’or veillent sur toi même s’ils ne livrent plus de combats. Tu as tué tes monstres mais l’ombre de Minos et de Pasiphaé s’étend toujours sur toi.
Le troisième panneau du Maître des Cassoni Campana au musée du Petit Palais d'Avignon peint l’arrivée de Thésée, le fils d’Egée, débarquant en Crète avec les autres prisonniers. S’éloignant de la nef, Thésée, en armure, met pied à terre. C’est le plus original et le plus énigmatique de tous les tableaux.
La compositionest, en effet, très curieuse. Le peintre brouille les pistes en représentant la même scène deux fois. D’abord, en plan d’ensemble, dans le lointain, devant un palais, Thésée parle aux deux filles de Minos et de Pasiphaé, Phèdre et Ariane. Au premier étage du palais on distingue deux petites silhouettes à peine perceptibles. Ensuite, mais cette fois, de près et en gros plan, Thésée s’entretient avec les jeunes filles. La même scène ? Non car les gestes de jeunes gens se sont modifiés. Les personnages au premier étage ont changé de fenêtre comme pour épier les jeunes gens : Il s’agit d’un homme et d’une femme. Qui sont-ils? Que font-ils ?
A droite, le récit continue avec la même singularité : Ariane et Phèdre sont assises devant l’entrée du labyrinthe. Ariane tient un fil à la main. Le dédale est curieusement représenté, tronqué à mi hauteur de manière à apercevoir ce qui se passe au centre. Thésée est en train de terrasser le minotaure qui apparaît vu par le peintre un peu comme un centaure, avec un corps d’animal et un torse humain.
Puis l’artiste se joue des répères chronologiques : derrière le labyrinthe deux scènes, l’une représente Thésée s’enfuyant avec les deux jeunes filles après avoir tué le monstre. L’autre, peint le minotaure dévorant des êtres humains. Il est fait prisonnier et il est entraîné par des soldats qui le conduisent vers... le labyrinthe ?
On a l’impression que les deux scènes sont contemporaines et se passent après l’exploit de Thésée. Ce qui est impossible. En fait, on s’aperçoit que la scène tourne autour du labyrinthe qui est cylindrique. Si, après la fuite de Thésée, on lit le récit vers la droite on retourne vers le passé. Si au contraire on le lit vers la gauche, on part vers le futur. L’avenir, c’est la nef qui attend Thésée et ses compagnes, c’est le bateau dont Thésée a oublié de retirer la voile noire et qui s’éloigne en direction de la Grèce...
Enfin, la quatrième et dernier panneau du Maître des Cassoni Campana est l'histoire d’Ariane abandonnée à Naxos. Un lit avec baldaquin où ont dormi les trois jeunes gens figure en gros plan sur la gauche. Thésée et Phèdre, debout et habillés, s’enfuient vers la nef, laissant Ariane nue, endormie dans le lit. A l’arrière plan, on voit la nef s’éloigner, contourner la côte et arriver en vue d’une cité, Athènes. Egée qui guette le retour de son fils, voyant la voile noire, croit que celui-ci est mort. Il se jette de la tour, petit pantin désarticulé. Ariane, elle, est recueillie par Dyonisos que l’on voit arriver de loin avec son cortège de personnages mythiques, faunes, bacchantes, et animaux fabuleux.
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