Blog de palla_d'oro

  >>

Grèce

 : Page(s) 1 2 3

La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (1)

Publié le : 08 Mai 2006
La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (1)

Le musée du Petit Palais à Avignon abrite la collection Campana riche de nombreux tableaux de Renaissance. Là, l’histoire de Thésée et du Minotaure est racontée par un peintre d’origine française, qui partit à Florence au début du XVI° siècle. Son nom est inconnu, c’est pourquoi on l’appelle du nom de la collection du palais : Le Maître des Cassoni Campana.

Qu’est-ce qu’un cassone? C’est un riche coffre de mariage décoré par un peintre. Chacun des épisodes du mythe de Thésée est ainsi peint sur les quatre panneaux du coffre.

Le premier tableau décrit les amours monstreuses de Pasiphaé avec le taureau. Il s’agit d’une  sorte de bande dessinée où se déroulent de gauche à droite mais aussi du premier plan au dernier, différentes scènes narrant l’histoire. Il faut donc lire notre BD à la fois linéairement mais aussi en profondeur.
Au premier plan, à gauche, Pasiphaé, du balcon de son palais, aperçoit le Taureau blanc; elle descend dans le parc, vêtue d’une riche robe rouge et verte, couverte d’une chasuble dorée virevoltant autour d’elle, vêtement contemporain de l’artiste. Les cheveux blonds retenus par un ruban de couleur bleu, les pieds chaussés de spartiates et s’appuyant légèrement sur un bâton, elle s’approche du taureau.
Derrière elle, désobéissant à Poséidon, Minos refusant de sacrifier le bel animal tue un taureau brun. Dans l’arrière plan ce dernier, consumé par les flammes, est sacrifié au Dieu sur un table d’offrande.
A droite, toujours au premier plan, Pasiphaé tend une touffe de fleurs au taureau. Un second plan, à l’arrière, peint Pasiphaé, égarée par la passion,  demandant conseil à Poséidon armé d’un trident. Puis Pasiphaé, sur les conseils du Dieu qui retient l’animal, se glisse dans le corps d’une vache fabriquée par Dédale et séduit le taureau. De leur union naîtra le Minotaure, monstre à tête de taureau et au corps humain, qui se nourrit de chair humaine.
L’arrrière plan, au loin, tout en douceur et nuances subtiles, dessine une ville aux tours ajourées. Elle s’étage sur une colline.  Dans le lointain apparaissent presque estompées des montagnes diaphanes. Leurs pieds sont baignés par la mer sur laquelle les contours à peine esquissés de petits voiliers voguent allègrement.

Le paysage à l’inverse des hommes aux passions violentes et dont se jouent les Dieux, est tout de sérénité. Il est très composite : cyprès entourant le palais  rappelant l’Italie dans les peintures de la Renaissance, ville, au loin, de style nordique, aux glacis bleutés. Aucune note de réalisme dans le paysage. La Crète, si ce n’est par le récit, est absente ici.

Le deuxième panneau du Maître des Cassoni Campana raconte le combat de Minos contre Athènes. Le roi Minos pour venger son fils Androgée parti à Athènes  et tué par Egée attaque les Athéniens et emporte la victoire. Il exige que le la Grèce livre un tribut de sept jeunes filles et de sept jeunes gens à la Crète pour être sacirifiés au Minotaure.

La lecture se fait de gauche à droite, de l’arrière plan au premier. A l’arrière on aperçoit les Crétois assiégeant Athènes ceinte de remparts crénelés et arborant des clochers et des tours, une Avignon située dans les brumes du Nord de la France. Au premier plan, sur une éminence qui domine la ville, Minos sur son cheval blanc lève son épée pour terrasser un adversaire. Au centre un groupe armé, à cheval, hérissé de lances et d’étendards, à droite de jeunes athéniens  amenés prisonniers  en Crète par des soldats. La troupe disparaît ensuite dans un défilé de montagne.


La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (1)

Crète : Zeus et Europe

Publié le : 07 Mai 2006
Crète : Zeus et Europe

Zeus ! On sait tous quel piètre mari il fut ! On comprend bien que si son épouse, Héra, se montra quelque peu acariâtre et vindicative, c’est qu’elle avait de bonnes excuses. On sait aussi quel pauvre séducteur il était, ce que Offenbach ne manque pas de lui dire en ces termes :  "Que prouvent ces métamorphoses? c’est que tu te trouves si laid, que de te montrer tu n’oses tel que l’on t’a fait !"
Pour séduire ses conquêtes, Zeus se déguise et c’est sous la forme d’un taureau qu’il se présente à Europe, fille du roi de Phénécie. Celle-ci, conquise par le bel animal, monte sur son dos et il l’emporte à la nage jusqu’en Crète. On dit qu’ils font escale sur la plage de Vai au nord est de la Crète et à Gortyne au sud est où Zeus reprenant son apparence humaine s’unit à la belle princesse sous le platane de Gortyne.

Je suis allée à l’antique Gortyne ou Gortys. J’y ai trouvé le platane d’Europe, ou érable crétois, arbre hybride comme le Minotaure, qui emprunte son tronc à l’un et ses feuilles à l’autre.

En voyant les murs épais des édifices de Gortyne, l’influence de Rome s’impose comme une évidence. Après la conquête romaine, la ville devient, en effet, la capitale de la Crète et connaît son apogée. La basilique Haghias Titos au style architectural imposant fut édifié à l’endroit du martyre de Saint Tite, premier évêque de Crète, en 60 après JC. Dans l’Odéon s’élève le mur qui porte en langue dorienne le texte appelé "les lois de Gortyne". Celles-ci détaillent les lois du mariage, du divorce, de l’héritage, de la propriété, des agressions, des viols...

Spectaculaires ces vestiges, certes, mais la promenade au  milieu des oliviers de l’autre côté de la route, à la recherche d’une nymphée, est ce que j’ai le plus aimé. Un canal et un aqueduc conduisent jusqu’à la fontaine perdue au milieu d’une végétation sauvage, herbes, ronces, entourée d’un tapis d’arnicas, fleurs ensoleillées ...
Plus loin, dans les champs labourés par l’agriculteur affleurent des pierres taillées, des fûts de colonne, des chapiteaux, qu’il faut contourner pour cultiver la terre. Partout la présence de la civilisation morte depuis si longtemps affirme sa présence. Un olivier au tronc fendu en deux par une colonne qui est restée  insérée dans ses entrailles, continue à pousser son trophée vers le ciel, arbre-pierre qui évoque  une des métamorphoses d’Ovide.  Quelle promenade belle et paisible...

Mais revenons à Zeus et Europe... De leur union, naissent Minos, Rhadamante et Sarpédon. Lorsque Zeus l’abandonne, Europe épouse Astérios, roi de Crète, qui éleva ces enfants, des demi-dieux, comme les siens et en fit ses héritiers. A la mort d’Astérios, Minos, pour laisser régner seul sur la Crète, se vante que les dieux exauceront toute prière qu’il leur fera. Il demande à Poséidon de lui offrir un taureau et assure au Dieu de la Mer qu’il le lui sacrifiera par la suite. Surgit alors des flots un taureau blanc si beau que Minos est reconnu comme roi... C’est le début, en Crète, de cette brillante civilisation qui porte son nom.

La civilisation minoenne... Elle est là, partout présente, dans les sites remarquablement conservés, Cnossos, Lato, Malia, Phaïstos, Zachros... dans les trésors inestimables des musées, Héraclion, Réthymnon... Sur elle reposent les strates des conquérants, les mycéniens, les doriens, les romains mais aussi les vénitiens, les turcs, mêlant les styles, enchevêtrant les siècles, les millénaires... Rien n’y fait. Elle ressurgit dans ces pierres accrochées aux montagnes, les dédales de ces palais, les statuettes de taureaux, les vases sacrés... Nous sommes sur la terre de Minos, juge aux Enfers, maître de la Crète, et de son épouse Pasiphaé, petite-fille de Hélios, le Soleil.


Crète : Zeus et l’antre de Dikté

Publié le : 07 Mai 2006

La Crète est le berceau des Dieux. Quand les douze Titans régnaient sur la Grèce, Chronos, le plus puissant de tous, avait pris la fâcheuse habitude de manger tous ses fils dès leur naissance sous prétexte que l’un d’entre eux risquait de prendre sa place... Jusqu’au moment où sa femme, Rhéa en eut vraiment assez. On la comprend ! Et quand son dernier né, Zeus, jeta son premier cri et ouvrit lesyeux sur le monde,  elle le cacha dans l'antre de Dikté - ou  grotte de Psychros-  en Crète, et fit avaler une pierre à son peu malin de mari !

C’est dans cette grotte, donc, au milieu du décor brillant de magnifiques concrétions calcaires, stalagmites difformes aux formes scintillantes et étranges, que vécut le petit Zeus, tétant le lait de la chèvre Amalthée, jouant avec les Curètes, ces  dieux crétois prêts à tout pour le distraire. Quand vous visiterez ce lieu, sur le plateau du Lassithi, vous verrez que ce n’est pas une grotte ordinaire. Vous sentirez bien que vous foulez les traces du Dieu des Dieux, du premier des Olympiens...
A moins que, matérialiste pur et dur, vous ne préfériez apprendre que la grotte au cours de la période prépalatiale de la civilisation minoenne a servi d’habitation aux hommes et de grotte cultuelle. Elle semble, en effet, avoir été dédiée au culte de la déesse Mère. De nombreux objets trouvés lors des fouilles attestent de ces deux vocations : sceaux,  poignards, bijoux, figurines, vases en terre cuite, vases sacrés, tables à offrandes...

Si la Crète a été le berceau de Zeus, elle a recueilli aussi, disent les Crétois, son tombeau. Il est situé au sommet du  mont Ggioutcha qui domine la ville d’Archanès, à 10 km au sud de Cnossos. Car les Dieux meurent aussi...


La Crète : de la palmeraie de Vai à Sitia

Publié le : 21 Avril 2006
La Crète :  de la palmeraie de Vai à Sitia

Nous décidons d’aller pique niquer sur la plage de Vai, située au Nord-Est de la Crète, non loin de Moni Toplou  et de la ville de Sitia, capitale de l'éparchie qui porte son nom.

Elle est célèbre pour sa palmeraie que l’on ne trouve nulle part ailleurs en Grèce, un curieux caprice de la nature. On dit qu’elle aurait poussé dans l’antiquité à partir de dattes ramenées par les marins phéniciens ou par des soldats de Ptolémée. C’est là que, dans la mythologie grecque, Europe enlevée par Zeus sous la forme d’un taureau blanc, aurait abordé.

La plage est belle, presque déserte, à l’exception de quelques familles en ce mois d’avril. Nous la découvrons sous la pluie, qui cesse bientôt, pour laisser place à un doux soleil. Il paraît - et on imagine aisément pourquoi - qu’elle est envahie par les touristes l’été. Quelques enfants se mettent d’ailleurs à l’eau. Nous regrettons nous aussi de ne pas avoir amené nos tenues de bain. Nous passons un bon  moment de détente puis en route pour Moni Toplou.

La forteresse de Moni Toplou, ou Monastère aux Canons, est un moment clef de la visite de l’éparchie de Sitia. De l’extérieur le monastère est peu accueillant, très imposant avec ces murs fortifiés. A l’entrée se dresse un moulin blanc. On pénètre ensuite dans une cour calme et coquette qui fait oublier l’impression première.  Refermée sur elle-même, à l’abri, elle présente un bâtiment en pierres rehaussé par deux étages aux murs blancs, fleuris de géraniums roses. Sur la gauche une petite chapelle à la façade de pierres qui est le seul vestige du monastère originel  construit au XIV siècle et qui fut par la suite reconstruit et fortifié au XVI° siècle.

A l’intérieur, une fresque de l’artiste crétois du XVIII° siècle, Ionnis Kornaros, dépeint la grandeur de dieu (Megas et Kyrie). Cette fresque vivement colorée contient un grand nombre de personnages répartis en une soixantaine de scènes représentant chacune un verset de l’Epiphanie. Elles sont peintes avec un souci du détail, une minutie extrême. Au-dessus, se tiennent le Père, le Fils et le Saint Esprit, la Trinité couronnée par toute une multitude d’anges. Au centre, le baptême du Christ par Saint Jean-Baptiste. Plus bas, la vierge Marie tient son fils sur ses genoux. Celui-ci serre dans sa petite main gauche un globe terrestre. Marie retient Eve par la main tandis qu'Adam se tient debout devant un pommier. En dessous, le Christ reconnaissable à son auréole marquée d’une croix rouge,   descend chercher les âmes de ceux qui, n’ayant pas reçu le baptême,  se trouvent dans les Limbes. Là, dans la partie inférieure de l’oeuvre, Jonas sort du ventre de la baleine, ici les Hébreux conduits par Josué traversent le Jourdain...

On ne s’arrêterait pas de contempler cette icône de grande taille, à la recherche du moindre détail. Le trait est d’une grande finesse  et l’on sent la ferveur de l’artiste qui laisse libre cours à  son imagination et à sa foi pour broder un histoire à la gloire de Dieu. D’autres fresques et icônes complètent la visite de Moni Toplou, qui mérite vraiment le détour...

En repartant de Moni Toplou, nous longeons la côte en direction de Sitia. Le paysage côtier, avec ces points de vue sur la mer, est d’une indescriptible beauté. Nous arrivons à Sitia, une jolie ville étagée en gradins autour de son port où nous faisons, en cette fin de journée, une halte rapide. Les petites maisons colorées, les églises, offrent un spectacle charmant. C’est une station balnéaire  qui a beaucoup de succès mais qui est déjà un peu trop touristique à mon gré.

Retour à Hiérapétra. A l’hôtel, au début du repas, le serveur qui conmmence à bien nous connaître, nous demande où nous sommes allés. Quand il apprend que nous avons visité Sitia, il s’anime. C’est sa ville natale. Il ne tarit plus d’éloges, nous explique sa beauté, nous apprend que c’est une de plus importantes villes de la Crète (la sixième, en fait), réputée  dans tout le pays pour sa douceur de vivre. Pour finir, comme nous hésitons, il nous conseille de choisir un vin de Sitia, le meilleur de Crète, d’après lui. Oui, c’est vrai, il est bon.


La Crète : le plateau du Lassithi

Publié le : 21 Avril 2006

La Crète est divisée en "nomes" qui sont des divisions administratives, eux-mêmes subdivisés en plusieurs "éparchies", qui correspondent au diocèse de l’église latine.

Ainsi le nome du Lassithi, le plus oriental de Crète, est subdivisé en quatre éparchies : celles de Mirabello, du Lassithi, de Hiérapetra, de Sitia.

Nous sommes logés  pour quelques jours à Hierapetra, une station balnéaire sur la côte sud-est de la Crète, et c’est à partir de cette base que nous visiterons quelques-unes des richesses de ces différentes éparchies.
             
Et tout d’abord le plateau du Lassithi dans l’éparchie du même nom.  A partir de Hierépietra, la route serpente dans un massif montagneux  sauvage et beau.

Et puis, d’un seul coup, surplombant de très haut le paysage, elle nous révèle un spectacle impressionnant. Tout en bas, au-dessous de nous, s’étend, encerclée par de hautes montagnes aux neiges éternelles, une formidable dépression de plusieurs kilomètres de diamètre, une vaste étendue circulaire semblable à une gigantesque piste de cirque, au fond incroyablement vert. C’est un "poljé", le plus grand d’Europe.

Le poljé, mot slave signifiant plaine, est selon la définition du dictionnaire, une dépression plus ou moins vaste entourée de rebords rocheux, à fond plat et alluvial, très répandu dans les reliefs karstiques, provenant de l’érosion des roches calcaires.

La dépression de Lassithi n’est pas une plaine même si elle paraît comme telle vue de la route qui la domine. Il s’agit en fait d’un plateau qui est situé à 800 mètres environ d’altitude. Ce plateau forme une immense cuvette qui était autrefois inondée. Des travaux de drainage ont permis d’en faire un terrain de culture d’un grande fertilité. Pendant l’été, l’eau pour l’irrigation, est tirée du sol par l’action d’une multitude de petites éoliennes, légers moulins à vent aux ailes blanches,  de nos jours motorisées. En ce mois d’Avril pluvieux, elles sont au repos et dépourvues de leur toile lèvent vers le ciel leurs maigres bras métalliques. Le découpage des champs et des prés de tailles et de cultures différentes, tirés aux cordeaux, forment comme une sorte de patchwork coloré qui décline en cette saison toutes les nuances du vert.

Nous descendons par la route en lacets au fond du poljé. C’est pour découvrir  de charmants et blancs villages pelotonnés au pied des hautes cîmes enneigées. De nombreuse auberges indiquent qu’il s’agit d’un lieu très touristique en haute saison.


249 contribution(s)
12 pays renseigné(s)
Ecumeur du monde
Info auteur
Derniers articles
Recherche

Lien(s)
- aurelia frey

Carnets de voyage
Photos : 1020 photo(s)
Montréal : Musée des Beaux-Arts, le groupe des Sept
Montréal : Le groupe des Sept
Montréal, Le Mont Royal : Rencontre avec le Bonheur (2)
Montréal, Le Mont Royal : Rencontre avec le Bonheur (1)

Vidéos : 0 vidéo(s)

Audios : 0 audio(s)

Archives

Pays
Mes amis Voix Nomades
- coranne
- jaccactus
- miriam
- amandine
- Aurelia_Frey
- lydia
- Elea
- claudialucia
- yerf
- la_CLIN
- sebjal
- sylvain_doudou
- stephanieT
- claire_thiriet
- Charlexandrie
- msarth44
- akwaba
- chemin_inca

Fil RSS du blog de palla_d'oro

Hébergé par Voix Nomades
1 2 3