J'ai séjourné à Rome à plusieurs reprises sans avoir pris le temps d'aller voir la Villa Borghese et son parc. Pour ce séjour du mois de Septembre 2007 cette visite s'imposait donc et cela d'autant plus que j'ai dû renoncer à celle de la chapelle Sixtine n'ayant pas le courage de faire deux kilomètres de queue pour les musées du Vatican.
En Septembre, il vaut mieux réserver pour la villa Borghese, et cela est même indispensable sinon obligatoire en Juillet et Août. Le nombre de visiteurs est en effet limité à 90 personnes et la durée de la visite est fixée à deux heures, de 9h à 11h, puis de 11h à 13h, de 13h à 15h et cela jusqu'à la fermeture à 19h. Mieux vaut donc ne pas arriver en retard car, passé ce laps de temps et même si vous n'avez pas terminé, les gardiens vous font sortir sans échappatoire possible pour laisser place au groupe suivant. J'avoue que c'est plutôt frustrant de devoir quitter le musée sans avoir tout vu mais après réflexion je pense que cette organisation permet d'éviter les inconvénients de queues interminables, la cohue et les bousculades devant tableaux et statues. Certes, la visite est rapide mais au moins on peut voir les oeuvres d'art dans de bonnes conditions.
La villa Borghese a été construite au XVIIème siècle par les architectes Flaminio Ponzio et Giovanni van Santen (Vasanzio) pour le Cardinal Scipione Borghèse, neveu du pape Paul V afin d'abriter ses collections de statues.
Parmi ces oeuvres, celles du Bernin, Apollon et Daphné, Enée et Anchise, David... témoignent d'un art porté à la perfection même si je n'aime pas particulièrement le baroque et le maniérisme de l'époque. L'enlèvement de Proserpine, par exemple, est un groupe saisissant : le mouvement du corps de la jeune femme qui se tord dans les bras de Pluton, la violence qui s'exprime malgré le maniérisme de la forme, la force brutale du Dieu dont les doigts s'enfoncent dans la cuisse (littéralement car le marbre se fait chair), les trois têtes de Cerbère au pied de son divin maître, tout est ici extraordinaire comme le sont aussi les différents angles de vision qui changent notre perception de l'oeuvre quand on tourne autour du groupe.
A noter aussi la célèbre statue de Pauline Borghese par Canova; je l'avais vue cent fois dans des livres d'Art sans savoir qu'elle était là!
Au premier étage la pinacothèque expose des peintures de grands Maîtres : Boticelli, Raphael, le Pérugin, le Parmigiano, plusieurs tableaux du Caravage, Titien, Rubens, Granach...
Dans mon petit musée personnel, j'ai emporté un splendide portrait d'homme d'Antonello da Messina, expressivité du regard et jeu des couleurs, le rouge de la robe, le noir de la toque sur fond sombre.. Un Carpaccio, tête de femme aux cheveux enroulés sur le sommet du crâne, blond vénitien, quatre rangs de colliers différents peints avec une précision d'orfèvre, enfin, une petite madone à l'enfant de Bellini...
Villa Borghese
Piazzale Scipione Borhese 5
Tel. +39 06 32810
Fax. +39 06 32651329
Réservation conseillée en semaine, obligatoire le samedi et le dimanche.
Vous devez payer les billets aux guichets du Musée. Un retard de plus de 30 minutes par rapport au début de la visite entraîne l'annulation de la réservation.
Du mardi au dimanche
ouvert de 9h à 19h
visite toutes les deux heures
cafeteria
Si vous aimez les visites hors des sentiers battus, loin des hordes de touristes, de la foule et du bruit , allez visiter le musée de la villa Giulia, un peu à l'écart du centre historique, près du grand parc de la Villa Borghese.
Il présente une riche collection d'objets étrusques provenant des nécropoles situées au nord de Rome : Vulci, Véies, Cerveteri, Pyrgi, Bolsena, Castro, et des sites italiques du Latium préromain : Falerii, Capena, Palestrina.
Le charme de cette visite réside d'abord dans la villa Giulia elle-même, ancienne résidence d'été du pape Jules III, édifiée en 1556. Devenue un musée au XIXème siècle, cette villa Renaissance a un charme fou avec ses jardins enclos dans des murs décorés de stucs et de fresques, son nymphée orné d'une mosaïque romaine et de cariatides supportant un balcon ajouré de balustrades. On peut s'y reposer à l'ombre des arbres, sur un des bancs en pierre disposés dans les allées. Un hâvre de calme et de paix.
Le musée permet de découvrir le lointain passé de ce peuple qui vivait sur un territoire correspondant à l'actuelle Toscane et à une partie du Latium, peuple fabuleux comme en témoigne leur civilisation raffiné, peuple mystérieux car on ne connaît pas vraiment son origine. De récentes études de leur ADN tendent à prouver qu'ils sont proches des populations anatoliennes de la Turquie actuelle. Les plaques d'or de Pyrgi - exposées dans le musée- et sur lesquelles sont gravés deux textes semblables, l'un en étrusque, l'autre en phénicien, ont permis de déchiffrer quelques mots de la langue étrusque sans toutefois en lever complètement le secret.
Les nombreux vases à figures noires sur fond rouge ou rouges sur fonds noirs, les buccheri (céramiques qui imitent le bronze), les bijoux d'or finement ciselés, les mobiliers des tombes, toute une multitude d'objets, font revivre la vie quotidienne de ce peuple. Les remarquables statues de l'Apollon de Veies, du sarcophage des époux de Cerveteri, les reconstitutions des frontons des temples de Falerii montrent la grandeur de cette civilisation qui lutta pendant des siècles contre Rome et finit par être détruite.
Un musée passionnant donc où l'on peut s'offrir le luxe de ne pas faire la queue, où les visiteurs (peu nombreux mais intéressés) peuvent prendre le temps de regarder, d'étudier, d'admirer... Croyez-moi, c'est quelque chose de rare et de précieux à Rome.
On peut coupler la visite avec celle de la villa Borghese. Par exemple, comme nous l'avons fait, voir le matin le musée de la villa Borghese (attention mieux vaut réserver : visite limitée à deux heures .) restauration au cafe dell'Arti tout près de la villa Giulia que l'on peut visiter l'après midi puis promenade et repos dans le parc Borghese.
Musée Étrusque de Villa Giulia
Piazzale de Villa Giulia 9, à Rome, quartier Flaminio, pas loin de Viale delle Belle Arti.
bus : lignes 52, 88, 95, 490, 495, 926.
Horaires du Musée Étrusque de Villa Giulia : du mardi au dimanche : 8h30-19h30
Prix : 4 €, 2 € de 18 à 25 ans, gratuit pour les moins de 18 et les plus de 6 0ans (CEE).
Fermé le lundi.
Vous croyez y échapper ? Optimistes ! Si vous êtes à Venise avec vos enfants, vous les verrez couler des regards d’envie vers les Elus des Dieux, ceux qui glissent doucement dans ces élégantes embarcations, les gondoles. Ils regarderont passer, béats d’admiration, les romantiques promeneurs qui laissent traîner langoureusement la main dans l’eau glauque de la lagune (romantiques et... courageux).
Premier cas :
Vous faites partie des grandes fortunes de France et vous descendez au Danieli ? Pas de problème. Allez-y ! Offrez une promenade en gondole à vos chères têtes blondes sans discuter ! Et n’ayez pas honte de votre statut inférieur de touristes. Vous allez découvrir les petits rio de Venise tels que vous ne les avez jamais vus, toutes ces étroites rues liquides que votre vaporetto habituel n’emprunte pas. Vous vous promènerez parmi les ocres, les verts et les bruns fânés des maisons à l’affût de la beauté sous toutes ces formes : l’éclat d’un géranium accroché à une fenêtre lépreuse, le petit balcon aux colonnes torsadées, la fenêtre géminée, délicatement ouvragée, la haute cheminée pareille à celles qui ornent les tableaux du Carpaccio. Vous remarquerez, loin des marbres du Canale Grande, les crépis qui se délitent, les murs rongés par l’humidité, les marches défoncées, à moitié submergées, devant les pontons en bois vermoulues. Les vêtements suspendus au-dessus de vos têtes, sur une corde à linge, seront les drapeaux colorés qui salueront votre passage. Sous un pont, le gondolier sera obligé de se courber et de laisser aller la barque librement. Vous passerez dans l’obscurité des arches, un endroit hors du temps, où les bruits de la rue s’estomperont un moment, où le clapotis de l’eau répercuté par l’écho, envahira votre espace sonore. Dans les rio obscurs, vous croiserez un bateau de livraison, portant des caisses de boissons ou de légumes qui rappellent que la vie quotidienne continue malgré votre voyage dans les siècles.
Deuxième cas :
Vous avez eu du mal à boucler votre budget pour payer le camping. Bref ! Pour parler franchement vous êtes fauchés, pas de gondole en perpective ! Alors, là, les choses se gâtent. Bébé se roule par terre de dépit (normal, elle n’est pas encore dressée), les grandes vous font la gueule... discrètement (normal, elles sont bien éduquées). Ne désespérez pas ! J’ai une solution...
Entre le pont du Rialto et le Pont de l’Académie, à la hauteur du Campo Silvestro, en face du fondamento Del Carbon, une gondole vous fait traverser le grand canal pour une somme modique. C’est un service public. Elle accomplit ces allers-retours plusieurs fois dans la journée. Grâce à elle, vos enfants feront un tour de gondole génial.
Le service de traversée en gondole appelé Traghetto existe à plusieurs endroits du Grand Canal... Il est indiqué par une pancarte Traghetti située à l’entrée des rues qui donnent sur les embarcadères. Il permet de traverser le Grand Canal sans être obligé d'emprunter les ponts qui l'enjambent, ce qui est un gain de temps appréciable.
C'est aussi un plaisir, un moyen de s'offrir un tour en gondole rapide, certes, mais peu onéreux, car il s'agit d'un service public...
Pour ma part, j'ai souvent effectué la traversée entre le pont du Rialto et le Pont de l’Académie, à la hauteur du Campo Silvestro, en face du fondamento Del Carbon pour la plus grande joie de mes enfants. La gondole accomplit ces allers retours plusieurs fois dans la journée.
Il y a plusieurs manières de se déplacer à Venise en dehors de la gondole. Le taxi-bateau est très cher. Le vaporetto, une sorte de "bus-bateau" emprunté par les vénitiens est un moyen moins onéreux de découvir le Grand Canal de manière agréable.
Renseignez-vous à l’office du tourisme sur les cartes de transport qui permettent d’obtenir des réductions sur le vaporetto et sur le prix des gondoles. Et sachez que l’on peut toujours discuter le prix avec le gondolier. Mieux vaut pour cela ne pas être pressé et revenir marchander avec lui à plusieurs reprises. Il acceptera de baisser ses prix à un moment où il aura moins de travail.
Je pensais vous proposer d'amener vos enfants sur la Tour de l'Horloge, place Saint Marc, pour leur montrer de près les colosses appelés Mori en italien... les Maures qui frappent les heures sur la cloche. J'apprends que la Tour est en restauration depuis quelques années. Elle devrait être réouverte au public incessamment.
La Tour, construite en 1496, fut surélevée au XVIII° siècle pour y installer sur une terrasse la cloche et les deux statues en bronze appelées les "Mori" en raison de leur couleur. Le mot peut désigner les musulmans et au sens large les noirs.
Sous la terrasse, sur un fond bleu, se dresse le lion ailé de Saint Marc, emblème de Venise.
A l'étage en dessous une niche abrite une Vierge à l'enfant, de chaque côté deux portes d'où surgissent pendant la semaine de l'Ascension, les Rois Mages qui s'inclinent devant la Vierge.
Enfin, à l'étage inférieur, une Horloge indique outre les heures, les phases de la lune, la position du soleil, les signes du zodiaque, la succession des saisons.
Mais regarder la Tour de l'Horloge d'en bas est moins spectaculaire que d'en faire l'ascension surtout pour nos charmants bambins avides d'émotion ! Car être là haut au moment où les Maures sonnent la cloche de leur marteau au long manche est un spectacle qui les ravit... Un peu assourdissant, certes, mais comme on se sent tout petit face à ces géants de bronze ! La place Saint Marc s'offre à nos yeux dans toute sa beauté et nous assistons à l'envol des pigeons
Une autre visite est possible, celle du Campanile qui se fait en ascenseur : appréciable pour ceux d'entre nous qui n'ont pas le pied sportif. D'une hauteur d'environ 98 mètres, il offre un panorama magnifique sur Venise et sur sa lagune.
La réouverture de la Tour de l'Horloge est prévue pour ce mois de mai 2006.
Renseignements au : +39 4 12 71 59 11
Le Campanile de la Place Saint Marc est ouvert de :
9h30 à 19h30 du 1° Avril à la mi-juin
et jusqu'à 21h30 de la mi-juin à la mi septembre.
De 9h30 à 16h le reste de l'année
Entrée : 6€ tarif réduit : 3€
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