Quand on disait que Bruges avait du charme... Quand on disait qu'il était facile de s'y détendre et de s'y sentir bien... On avait même pas encore parlé du Béguinage, qui, dans la série "zen", s'intègre miraculeusement bien.
Le Béguinage est un ensemble de bâtiments où vivent les Béguines (comme son nom l'indique, oh surprise), des religieuses à la coiffe blanche et à la robe noire. Il existe depuis 1245 et est dirigé par la "Grande demoiselle", l'équivalent d'une mère supérieure.
Les jolies petites maisons blanches des soeurs entourent une grande cour cloîtrée et pavée où poussent des narcisses et des jonquilles (pas en hiver mais on s'en serait douté). On déambule dans ce lieu coupé de l'extérieur, calme et paisible, où les religieuses, sur le pas de la porte, se livrent à des travaux d'aiguille. L'ambiance un rien désuète et silencieuse intrigue, charme. On peut roucouler à loisir : "mon dieu que c'est typique". Personne ne viendra vous embêter et contester cela. Le béguinage est fait pour çela, conserver une atmosphère authentique et pieuse.
Pour rester dans le typique, visiter la Maison des Béguines, à l'entrée du monastère. Elle a conservé son aspect du XVIIème siècle. La petite salle de séjour et la cuisine demeurent austères, avec des meubles anciens en bois, sobres. Mais, petit luxe, rideaux de dentelle et objets de décoration à caractère religieux viennent égayer l'espace (youpi comme on dit de par chez nous, qu'est ce que c'est rigolo une assiette avec une croix dessus). La presse à linge ancienne rappelle qu'à l'origine, les Béguines lavaient et repassaient la laine pour les tisserands de la ville.
Bon, bon, bon, c'est très bien tout cela mais ne partons tout de même pas avant d'avoir jeté (pas trop loin) un coup d'oeil à l'Eglise. Datant du XIVème siècle et dédiée à Sainte Elizabeth, la patronne des Béguines. Cette petite église est de composition simple. Elle comprend quelques tableaux intéressants, mais ne présente pas non plus un caractère exceptionnel...
Non, décidement, on préfère une fois de plus retourner dans le cloître et profiter de "l'authentique".
Le Béguinage (près du lac d'amour) est ouvert toute la semaine et toute l'année de 7h à 12h15 et de 15h à 18h.
L'hôtel de ville de Bruges, situé sur la magnifique grande place, est le plus vieux édifice gothique des Flandres. Il abrita en 1464 la première réunion des Etats généraux.
Bâtiment de 1376, il présente une architecture dentelée, très fine, avec de nombreuses flèches et statues de la même époque. Ce blanc édifice de pierre, matériau plus cher que la brique, au toit d'ardoise, est l'une des fiertés de la ville, à juste titre. Il date d'ailleurs de l'époque de l'apogée de la cité : au XIVème siècle, Bruges est la concurrente de Florence d'un point de vue artistique, son port est mondialement réputé, et sa puissance économique fleurit. Les produits de luxe circulent dans cette ville raffinée, habitée par les ducs de Bourgogne.
Les vingt-quatre blasons qui ornent la façade témoignent d'ailleurs de la volonté d'affirmer un pouvoir. Six fenêtres en ogive décorent de plus l'hôtel de ville, doté de 48 niches de statues de comtes et de comtesses de Flandres. Les sculptures originales de figures bibliques et princes flamands peintes par Van Eyck furent détruites en 1712 par les sans-culottes.
L'intérieur est organisé autour d'un monumental escalier de bois, qui conduit à la salle de conseil.
Celui-ci impressionne par la beauté et la richesse de ses couleurs. Les fresques entièrement dorées, tracées d'un pinceau fin et raffiné, sont signées Albert et Julien de Vriendt (1895). Elles illustrent les étapes historiques de l'histoire de la ville, ses batailles, ses réunions diplomatiques, une scène religieuse... Les représentations des chevaux dans toutes les attitudes demeurent en particulier impressionnantes, dynamiques et complexes.
On circule sur un tapis rouge au centre de la vaste pièce, qui mène à la table de bois aux pieds massifs où siégait le conseil, devant l'imposante cheminée. Celle-ci constitue une pièce maîtresse de l'art gothique, avec ses dorures, ses statues d'anges et ses ogives sculpturales.
Dans une petite salle annexe, des cartes anciennes finement illuminées permettent de se rendre compte du développement de la cité au fil des âges.
En bas, des tableaux représentent encore une fois l'Histoire de Bruges, "la mort de Charles le Téméraire" et celle de Marie de Bourgogne. Mais ces oeuvres un peu massives et pompiers ne font que peu d'effets après avoir vu la salle du conseil et son plafond ouvragé.
Hôtel de ville, grand-place
Ouvert de 9h30 à 17h
Entrée 2,50€, réduit, 1,50€ (ticket combiné avec le palais du Franc).
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