CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Autriche

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1. Créteil -Ratisbonne: Vers l'Est!

Publié le : 01 Décembre 2006
1.   Créteil -Ratisbonne: Vers l'Est!

plan d'Internet

Créteil à 7 heures, avec seul guide l’itinéraire  d’Internet. Cela fait drôle de voyager sans carte! Il faut reconnaître que la présentation est agréable, les indications précises et les temps fiables. L’autoroute est déserte et nous gagnons un quart d’heure sur les prévisions.

En forêt

Jolie surprise :des montgolfières  survolent la Montagne de Reims! LA Lorraine est très boisée, nous ne quitterons la forêt que beaucoup plus tard, en Allemagne. Par la fréquence des sorties, nous devinons les villes et les activités industrielles (Opel, Bosch,…) sans jamais les voir.

Rhénanie : vignes

Vers Kaiserslautern nous roulons dans des vignes plantées dans le sens de la pente, les sommets sont assez pointus, les villages proprets au bas des côtes avec de jolies églises. Puis nous voyons des vergers, des champs de patates et de choux. Traversons le Rhin sur un pont haubané de filins d’acier très élégant. Puis nous quittons la Rhénanie pour le Bade Wurtemberg dans un paysage de collines riantes en évitant les villes. Le temps se gâte, nous mangeons dans la voiture .Passons en Bavière.

Ratisbonne : le Danube

A15h15 nous atteignons l’étape fixée: Ratisbonne. La ville est fermée à la circulation automobile : c’est la fête. Une foule dense est rassemblée sur les bords du Danube et dans les petites rues aux façades multicolores. Partout, des fanfares en costume folklorique. Plus que la fête de la musique, c’est la fête de la bouffe : des tables en bois et des bancs sont installés sur toutes les places, dans les cours et dans les rues. Des stands proposent toutes sortes de nourriture : plats turcs, thaïs, pizzas, des nouilles dans des barquettes, des poissons grillés enfilés sur des bâtons.

Dans la cour de l’Evêché des serveurs apportent des bocks de bière et des portions de choucroute, un groupe de musiciens joue des airs folkloriques, les spectateurs sont d’âge très mûr.Image très "typisch" sortie d’un magazine touristique qui mériterait la photo. Je me ravise, je n’ai vraiment aucune sympathie pour ces buveurs de bière. De l’autre côté du Danube des babas, rockers dans une sorte de foire moyenâgeuse me paraissent plus proches et moins suspects. Les chapeaux de feutre avec leur plume de faisan et lederhose m’effraient. Nous déambulons dans la foule, difficile de faire du tourisme dans une telle ambiance, les fumets des étals nous distraient des façades, impossible de nous livrer à notre habituel safari photo.
J’entre quand même dans la cathédrale gothique illuminée de beaux vitraux colorés et dans une autre église baroque –pas trop- avec un orgue orné d’angelots musiciens. Dominique, en bermuda n’entre pas dans les églises. Tout le monde est endimanché, quelques dames mûres arborent des tenues folkloriques : jupe longue froncée, corsage blanc à manches bouffantes et chaussettes blanches .A part un groupe de cyclotouristes en cuissards, personne n’est en short.

Ratisbonne nous laissera le souvenir d’une villes aux façades peintes en jaune, rose, vert pale, bleu, aux rues étroites bordées de maisons anciennes très variées certaines ornées de sculptures de la Vierge, d’autres de têtes grotesques, de styles et d’époques diverses : une bâtisse étroite comme une tour avec de petits balconnets à balustre rappelle la Toscane. Juste à côté, un hôtel  XVIIIème siècle peint en crème et orange, décoré de moulures délicates  avec des bow windows carrés….

Le débit du Danube qui s’engouffre entre les piles du pont de pierre en tourbillonnant est impressionnant. On ne peut pas bien se rendre compte de sa larguer puisqu’il se divise en multiples bras, certains canalisés.
Mon rejet des bavarois en costume m’inquiète un peu pour la suite du voyage, difficile d’aborder une civilisation étrangère avec suspicion. En général, j’aime me laisser aller à la sympathie sinon ce n’est pas la peine !


2. Vienne: le Ring en tramway

Publié le : 01 Décembre 2006
2.   Vienne:  le Ring en tramway

Arrivée en Autriche.

    L’autoroute est encombrée de camions, c’est désagréable, mais bien roulant. Nous traversons le Danube très large et impressionnant. De part et d’autre la plaine du Danube est cultivée de maïs et de pommes de terre. Au loin, des montagnes se détachent.
A Passau nous entrons en Autriche, le passage de la frontière est peu visible : même signalétique sur la route, rien d’évident du point de vue de la géographie, seul changement notable : l’autoroute est enclose par un grillage comme chez nous.

L’arrivée sur Vienne surprend : nous roulions dans une montagne boisée de résineux quand la pancarte nous a surprises. Pas de banlieues ou de zones industrielles ! Nous entrons de plain pied dans la ville résidentielle. Nous trouvons en face d'un beau bâtiment jaune : Schönbrunn ! Nous n’avons pas le temps de réagir nousl’avons déjà dépassé. Dominique refuse de faire demi-tour et prétend faire « le tour du pâté de maison ». Ce qui fait un certain nombre de kilomètres quand la « maison » en question possède un parc comparable à celui de Versailles !

la Pension Kraml

Après des embouteillages sur l’artère commerçante de Mariahilfer – réputée mais fort laide - nous trouvons finalement la Pension Kraml. Bonne pioche : la voiture sera garée à l’intérieur de la cour.
Notre chambre est très belle , vaste et meublée avec goût .

Vienna card

Il nous faut d’abord acquérir notre sésame : la « vienna card » qui nous permettra de circuler gratuitement et d’obtenir des réductions dans les musées. elle est supposée en vente dans les bureaux de tabac.Après en avoir visité 4? il faut se rendre à l’Office de tourisme à Karlplatz. Nous arpentons Mariahilfer : magasins de fringues, c’est le moment des soldes, restauration rapide : McDo, des pizzerias et une chaîne spécialisée dans le poisson Nordsee.Nous  ne mourrons pas de faim !
A Karlplatz l’office de tourisme est introuvable. Marche à pied jusqu’à l’Opéra… A cinq heures seulement nous achetons la précieuse carte. Nous sommes flapies et optons donc pour le tour du Ring en tramway.

Tour du ring en Tramway

Reposant  et spectaculaire : toute une collection de monuments énormes et pompeux défilentdevant nos yeux.»Historicisme » du règne  François Joseph. Copie de l’antiquité, une statue "chryséléphantine" de Minerve ressemblant à celle de l’université d’Athènes. Copie gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Un temple grec ionien. Théâtres très ornés. Palais énormes.  Mêmeune caserne orientalisante! C’est pompier, pompeux, trop tout…Malgré de jolis jardins le Ring ne réussit pas à nous séduire. mais c’est amusant de jouer  à reconnaître les bâtiments reproduits sur le guide Gallimard. Surtout agréable d’être assises !

Après le tour complet du Ring nous descendons visiter un parc : la statue de Mozart est en ravalement, devant elle une grande clé de sol en bégonias roses, encore du kitsch !

On a installé devant l’Hôtel de Ville un écran géant pour la  projection de film musicaux gratuits. Nous nous mêlons à une foule qui engloutit des nouilles dans des barquettes comme à Ratisbonne. L' attente de 3 heures avant la séance, nous décourage.

les boutiques ferment tôt!

Recherche d'une carte de téléphone, d’urgence. Mariahilfer, si animée à 16 heures, est maintenant déserte alors qu’il est tout juste 19 heures. Tabacs fermés ainsi que la plupart des fast food. Je suis bien déçue pour le dîner. Il existe des automates qui vendent toute une gamme de produits postaux. Pourle dîner il faudra se contenter des restes! D'ailleurs l’avocat est à point et le tsatsiki ne se gardera pas longtemps !


3 Vienne Schönbrunn Hundertwasser

Publié le : 01 Décembre 2006
3   Vienne Schönbrunn Hundertwasser

Le petit déjeuner buffet de la Pension est tout à fait roboratif avec plusieurs sortes de charcuteries, des petits pains variés des yaourts aux fruits. Il permet d’envisager un déjeuner tardif et léger .

métro viennois

Le métro  nous mène à Schönbrunn en 3 stations. Les transports en commun viennois sont vraiment remarquables : rapides propres, fréquents et peu bondés. Avec notre Vienna card de 72 heures, nous ne nous privons pas et utilisons toutes les ressources du réseau, de plus ils sont équipés d’ascenseurs ou d’escaliers roulants .

Schönbrunn- Versailles

Schönbrunn est l’équivalent de Versailles : construit à la même époque, un parc à la française, un bassin de Neptune, un labyrinthe... la gloriette analogue à Trianon, une orangerie. Mais en moins beau.

Dans l'intimité des Habsbourgs

En revanche, l’intérieur est beaucoup mieux conservé et plus vivant. Ce palais a été habité jusqu’en 1918, il a conservé beaucoup plus de meubles et d’accessoires . Nous pénétrons dans l’intimité des Habsbourg dans les détails les plus triviaux (WC de François Joseph, salle de bain de Sissi). L’audioguide est très bien fait, on peut arrêter la cassette, la rembobiner pour réécouter à son aise, le commentaire est agréable et intéressant.

Avant cette visite, Vienne m’évoquait surtout la période 1900 avec Freud, Schnitzler, les intellectuels juifs ou les musiciens : Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Mahler Schönberg dont les statues sont dispersées dans Vienne.

A Schönbrunn donc, leçon d’histoire. tout d’abord, François Joseph et Sissi, dans leur décor familier avec les journaux d’époque, la coiffeuse de Sissi, ses brosses, son pèse personne… la table est dressée pour leurs repas.

Marie Thérèse

Un  autre personnage essentiel que j’avais oublié : Marie Thérèse qui, en plus d’avoir embelli Schönbrunn, d’avoir gouverné l’empire d’une main de fer, a eu 16 enfants.

Les appartements de François Joseph sont plutôt laids avec les murs tendus de marron, les meubles lourds (sauf un joli secrétaire arrondi). La partie du château de Marie Thérèse, en revanche, est très sophistiquée, les motifs chinois ou indiens sont délicats. Des aquarelles peintes par la famille royale sont encadrées dans de la porcelaine bleue. Tout cet ensemble rococo est extrêmement raffiné.

Le parc - la Gloriette

Nous montons à la Gloriette dans le parc. Des touristes asiatiques très excentriques en chapeau de paille, auraient faitde beaux figurants sur une photo, je réagis trop tard. De la Gloriette, la vue sur Vienne est magnifique : Je reconnaîs la flèche du Stephansdom, de nombreux parcs et des collines boisées.

parc botanique

Nous redescendons par le parc botanique avec des essences rares étiquetées. Notre carte d’entrée VIP très chère (175 ats) ne nous donne pas accès aux serres de la Palmeraie, dommage! nous passons par un joli jardin japonais aux structures de bambous et par la roseraie.

Chère saucisse!

Sur un banc devant les tonnelles, nous devons nous contenter du plus cher hot-dog de ma vie, tout ce qu’il y a de plus ordinaire !

Hundertwasser

Métro puis tram jusqu’à la place Radetzky.  Un itinéraire fléché mène aux maisons colorées de Hundertwasser.

Le temps s’est couvert.Il commence à pleuvoir. C’est tout à fait dommage ! je me faisais une fête de photographier ces curieux immeubles multicolores décorés de pilastres géants en céramique, de mosaïques et de miroirs où les terrasses arborées font entrer les végétaux à tous les étages. Il fait si sombre que les couleurs ont l’air passées et on se contentera de cartes postales.

WC remarquables!

Dans la galerie marchande de l’Art Moderne les WC sont remarquables. C’est la première fois que je paye pour entrer dans des toilettes publiques sans les utiliser ! Elles méritent la photo avec leur carrelage à damier, les bandes rouges et bleues et les miroirs encadrés brisés.
Musée
Plus loin le Musée Kunsthauswien : Dominique boîte beaucoup après les jardins de Schönbrunn, on lui propose de prendre l’ascenseur et faire la visite en descendant..

Tiffany
Exposition Tiffany : lampes 1900 avec des abat-jours en vitrail aux motifs végétaux Glycine merveilleuse, narcisses et jonquilles, nénuphars ou feuilles de vigne. Autre motif récurrent : les libellules. Je me souviens en avoir vu à l’exposition "1900" du Grand Palais. Dans la pénombre, avec des effets de miroir, toutes ces lampes précieuses font un ensemble extraordinaire. Tiffany est un Américain qui a saisi l’opportunité de la découverte de la lampe à incandescence d’Edison pour faire de la lampe électrique un objet d’art .Cette exposition cadre très bien dans notre programme « Art nouveau » ou Sécession prévu pour demain.

Hundertwasser

Le reste du musée est consacré à Hundertwasser : des maquettes présentent son travail d’architecte: des maisons d'habitation mais aussi une usine d’incinération (type de celle du Carrefour Pompadour)toute habillée de couleurs vives de mosaïques et de bulbes dorés.
Architecture écolo
Un village aux forme arrondies à moitié enterré sous des pelouses témoigne de la sensibilité écologique de l’auteur : la terre isolerait du froid comme de la chaleur, on marcherait sur les toits, ce serait la fin de l’architecture verticale, la maître d’œuvre y voit une nouvelle convivialité, également un traitement différent de l’eau.
peintre ou  plasticien?

En plus de cette utopie, nous découvrons un peintre, ou plutôt un plasticien, majeur. Comment nommer celui qui utilise plutôt la sérigraphie, la gravure, un graphiste ? un graveur ?? les titres sont amusants, un peu surréalistes, les couleurs, vives parfois criardes dans les épreuves de sérigraphie avec une utilisation d’encres métallisées, dorées argentées et même violet métallisé. La spirale est un motif récurrent ainsi que les gouttes qui traversent le tableau, gouttes de pluie, pluie de sang, larmes… Les arbres, parfois de simples boules vertes, surviennent dans des situations inattendues : un meuble, un portrait.


On devine une sensibilité écolo très forte, Hundertwasser semble traduire l’air du temps, quand j’examine les dates , je découvre un précurseur « Mehr grün » n’est pas un slogan politique des années 80, le tableau a trente ans de plus, un « garçon aux cheveux verts » baskets aux pieds, tellement actuel a presque 50 ans En tout cas son œuvre me touche beaucoup . les pluies de sang, flammes et cendres sont elles des réminiscences des années de guerre ‘(Hundertwasser a perdu une partie de sa famille dans les camps) ou traduisent elles un état de guerre permanent à travers le monde ?

Une biographie de l’artiste(1928 2000) montre qu’il a beaucoup voyagé, Paris, japon, Nouvelle Zélande, il est d’ailleurs mort en mer à bord d’un paquebot. Curieuse idée d’inventer des drapeaux ! pour Israël la moitié du magen David au dessus d’un croissant vert allongé sur le même fond blanc, une curieuse spirale verte pour la Nouvelle Zélande, un rocher rouge sur fond bleu pour l’Australie.
La visite se déroule dans le calme, nous sommes presque les seules visiteuses. Il y a des bancs pour s’asseoir. Nous passons une excellente après midi.

Retour vers7h30 à la pension Kraml après avoir acheté des poissons chez Nordsee (très chers pour un fast food mais délicieux)


4.Vienne Karskirche Stephansplatz maison de Freud KarlsMarx

Publié le : 01 Décembre 2006
4.Vienne Karskirche Stephansplatz maison de Freud KarlsMarx

Karlskirche

    La pluie contrarie nos plans,  prenons le métro U4 à Pilgram et deux stations plus loin, descendons à Karlskirche. L’église est vraiment curieuse : une coupole précédée d’un fronton, encadré par deux colonnes rondes, évoquant des minarets et deux tours carrées à toit en pagode de cuivre oxydé.
Lorsqu’on s’approche les minarets font place à deux colonnes trajanes avec des bas-reliefs comme à Rome. La façade à fronton triangulaire classique représente l’épidémie de peste de1713 ; Charles VI (le père de Marie Thérèse) avait fait vœu de la construction d’une église à la fin de l’épidémie.

intérieur très baroque

C’est la plus belle église baroque que j’ai jamais vue. La nef ovale est surmontée d’un dôme très haut. Au fond du chœur Saint Charles Borromée, en habit d’évêque tout en dentelle, est entraîné au ciel par des dizaines de petits anges, les putti siciliens tant aimés par Fernandez, certains crèvent le nuage et seules leurs têtes émergent des rondeurs.
Fresque de la coupole
La fresque de la coupole a été restaurée, elle est bien lisible. Une scène est parlante : un ange armé d’une énorme torche met le feu à la Bible de la Réforme. Ce n’est pas seulement la Peste qu’il s’agissait de combattre. Il y a bien une démonstration  flagrante des liens entre la Contre-Réforme et le Baroque.

La pluie a cessé, une timide éclaircie permet de prendre quelques photos.

Nous quittons le Baroque pour l’Art Nouveau : les pavillons du Métro Karlsplatz bien rénovés et le beau pavillon Sécession, pas de chance, c’est aujourd’hui jour de fermeture !

Naschmarkt

Le marché Naschmarkt est très joli avec ses boutiques exotiques grecques ou turques. Cela sent bon les olives et les épices. Après Marrakech et Istanbul nous sommes blasées ! Les épices sont vendues dans des petits godets fermés : cela n’a pas d’allure !
Jugendstil
Les maisons Jugendstil d’Otto Wagner sont face au marché : la maison majolique est décorée d’un rosier qui s’étale sur toute la façade carrelée tandis que les balcons sont ornés de feuillage vert (nymphéa ou lierre ?) La maison voisine porte des médaillons dorés et les feuilles sur les rambardes vertes sont plus simples.

place de la cathédrale, Graben

Stéphansplatz : les toits de la cathédrale sont vernissés brillants et colorés mais les murs sont passablement noirâtres. A l’intérieur, le baroque a colonisé la nef gothique qui est un peu encombrée. Il y a foule, on ne s’y arrête pas Dehors, il fait grand soleil, Dominique trouve un banc disponible et je pars explorer le Graben et les rues piétonnes voisines : beaucoup de beaux cafés et des magasins de luxe. Les vitrines détonnent un peu, c’est dommage! On doit en faire abstraction pour examiner les façades très ornées.

Je suis un peu déçue : c’est toujours du même style que le Ring, 19ème siècle pompier, genre Nice, monstruosité crémeuses avec caryatides et atlantes. J’avais espéré quelque chose de différent.
La colonne de la Peste rappelle le chœur de Karlskirche, encore des angelots débordant d’un nuage. En suivant nos guides on débusque les maisons les plus spectaculaires : le Palais Equitable, gros et noir renfermant une cage d’escalier en marbre donnant sur un patio fermé par une verrière.

Pour déjeuner, j’achète dans une pâtisserie un gâteau au pavot pour moi et un rouleau au jambon salade russe pour Dominique que nous mangeons sur un banc.
Peterskirche
Visite de Peterskirche, baroque, nef ovale comme Karlskirche mais en cours de restauration.

palais Ferstel
Dominique a potassé les guides, elle mène donc par la Naglersgasse étroite et tranquille bordée de maisons baroques avec guirlandes et angelots, visitons le palais Ferstel, une galerie italiénisante débouchant sur un patio où se trouve le Café Central où Trotski avait ses habitudes, fermé. Encore un escalier de marbre monumental, des atlantes de bronze, des luminaires 1900, difficile de cadrer les photos.

Schubert

Nous négligeons les musées et les palais pour aller à la recherche d’une des maisons de Schubert : la Dreimädlhaus cachée derrière le Ring. On y accède par un étroit escalier à une rue pavée qui tourne puis à un groupe de petits immeubles de deux ou trois étages. La terrasse fleurie du café Schubert donne un aspect campagnard, en dehors du temps, loin de la circulation du Ring, pourtant à un jet de pierre, des magasins classieux du quartier, loin des excès architecturaux de la fin du XIXè. Les maisons XVIII  ème de couleur pastel ont des guirlandes, un médaillon peint ovale représente les trois Mädel de la garçonnière de Schubert.

Maison de Freud

Pèlerinage à la maison de Freud, Berggasse 19, à l’extérieur du Centre. La Berggasse rue bourgeoise descend vers le canal du Danube. On nous confie un gros classeur rouge puis nous assistons à la présentation de vidéos des dernières années de la vie de Freud ; c’est assez émouvant de le voir en famille, peu d’intérêt autre qu’anecdotique, sauf peut être les images de l’arrivée d’Hitler à Vienne. La salle d’attente est meublée, avec sa table et ses chaises on dirait plutôt une salle à manger, quelques objets antiques des collections de Freud sont présentés dans une vitrine.

Les autres pièces sont vides, les murs couverts de photos et de fac-similés de documents, chaque numéro renvoie à un commentaire de Freud souvent tiré de sa correspondance , au début c’est amusant de voir ses livres préférés d’enfant , Hannibal, le héros sémite contre l’empire Romain, ses photos de jeunesse, la Bible familiale ornée de dessins égyptiens, puis les photos de ses professeurs, de Charcot Jung et Adler. Au bout d’un certain temps je me lasse. Dominique est plus persévérante. . Elle a trouvé enfin après toute une journée des toilettes gratuites pour se laver les mains, son TOC,  après une longue attente, elle voit ressortir une femme avec un air béat des chiottes Freud , cela l’a fait bien rire.

Vienne la rouge

En quelques stations de métro nous rejoignons les faubourgs de Vienne la Rouge pour visiter l’ensemble architectural du KarlMarxHof, nous sommes un peu déçues : l’énorme barre d’un kilomètre de long n’est pas visible dans son ensemble, nous n’avons pas le recul nécessaire. On se contente d’une vue partielle de HLM rouge et jaune, sobre, mais on sent la volonté de l’urbaniste de placer des statues dans une cité ouvrière. Dominique se demande bien ce qu’André Eydieux a été faire et pourquoi il a recommandé cette visite.
Stadtpark : musiciens
Retour au centre, tram sur le Ring jusqu’au Stadtpark : l’attraction consiste à chercher les statues des Viennois célèbres :Schnitzler, Brückner, Schubert, Makart, Franz Lehar, Strauss doré joue du violon. Il fait très chaud, le ciel devient brusquement très menaçant, nous rentrons sous l’orage et achetons en route deux escalopes viennoises dans un fast food.


5. Vienne - Secession - jardin alpin-Belvédère

Publié le : 01 Décembre 2006
5. Vienne - Secession - jardin alpin-Belvédère

Karlsplatz : métro

Karlsplatz, notre point de ralliement : il fait un temps magnifique pour prendre des photos des pavillons du métro d’Otto Wagner, de la Karlskirche et du pavillon Sécession. En attendant l’ouverture du Pavillon, nous faisons un tour au Naschmarkt.

Pavillon Sécession

Le Pavillon Sécession est très sobre avec seulement quelque ornements et surtout un dôme de feuilles dorées. Devant la porte, des topiaires dans des vasques bleues, posées sur de grosses tortues de bronze. La porte en bronze est très sobre et très belle .

Fresque de Klimt

La fresque de Beethoven de Klimt court sur les murs d’une vaste pièce rectangulaire . Des femmes transparentes volent allongées. Seule leur chevelure est colorée. Des plages dorées, en relief, font ressortir les cheveux peints et les vêtements colorés. Sur un autre mur, un singe énorme avec des ailes bleues et un corps de serpent, figure un monstre géant : Typhée avec ses trois filles les Gorgones menaçantes. Sur le troisième côté la fresque se termine par les chœurs de la IXème symphonie.

installations d'art Contemporain

Au dessus deux expositions d’art contemporain : une installation d’un vidéaste dans une sorte de tunnel surélevé en Skaï avec des écrans de télévision : des gens friqués parlent, un verre à la main, une piscine,... aucun intérêt.

Encore une installation à l’étage supérieur : des vêtements sont pendus ou posés sur le sol, des dessins sont suspendus. Sur l’un d’eux la « gestion du bonheur » formulée comme un problème de robinets avec des débits, des fuites.. sur une banderole toute l’histoire du XX ème siècle est schématisée de façon très marxiste avec des flux de capitaux, des rouages, des entonnoirs (dépression) un réseau enserrant l’Europe figure le nazisme.

Opéra

Nous allons à pied à l’Opéra qui fait meilleure figure sous le soleil. Ressemblance avec Garnier, en moins bien, et avec le palais Ferstel, renaissance Italienne.

Tramway D jusqu’à la Gare du Sud.

Jardin Alpin

Récréation-nature au jardin Alpin, un peu sauvage. De nombreux végétaux semblent réduits comme des bonsaïs. Un ajonc espagnol forme des petits coussins ronds, on le dirait taillé à la cisaille. De minuscules bassins renferment des nymphéas nains. Je remarque le marcottage dans des sacs en plastique sur un érable pourpre du Japon et sur des azalées. J’ai parlé souvent de cette technique aux élèves sans l’avoir jamais vue en vrai.

Les sushis : une découverte

Pique-nique au jardin botanique, plutôt un parc sauvage très ombragé. Nous avons acheté au Naschmarkt des  sortes de crêpes en rouleau fourrées avec une salade de thon et au saumon avec du chou. ce sont les sushis! (petits rouleaux dans une pâte noire(des algues avec du riz et un morceau de poisson cru, thon et saumon) pour accompagner le sushi il y a des lamelles de gingembre et une curieuse pâte verte au raifort. C’est fin, c’est joli, c’est délicieux.

Belvédère

Le Belvédère est un magnifique palais décoré de nombreuses statues. Encore un petit Versailles sur une colline dominant un jardin à la française. Dans les salles « au tournant du siècle » nous trouvons un Schiele très grimaçant impressionnant, un seul Kokoschka décevant, et bien sûr des Klimt somptueux : le célèbre Baiser mais aussi Judith et le Portrait d’Adèle Bloch Bauer, tout en dorure, motifs géométriques, d’yeux, spirales. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils ont dû influencer Hundertwasser dans l’utilisation des couleurs métallisées et des spirales.

Les tableaux suivants paraissent plus ternes. Mes préférés sont un Van Gogh avec des champs encore verts un Munch où la lune se reflète dans la mer.

Dominique m’a demandé un jour comment on reconnaît un chef d’œuvre d’une croûte ; impossible de répondre en théorie. Dans ces collections inconnues, au premier regard, sans préjugé, et sans regarder les étiquettes, j’ai tout de suite sélectionné Van Gogh et Munch (quant à Monet, j’avais reconnu Giverny).

Puis on passe aux peintre plus anciens les symbolistes m’avaient déjà paru sinistres à l’Expo 1900 , et Makart à l’unisson avec les constructions du Ring.

La deuxième partie de l’exposition, séparée par un salon de marbre, s’appelle « l’ère Biedermeier » (1815 –1848), représente la montée en puissance de la bourgeoisie et présente donc des tableaux accrochés dans des intérieurs bourgeois ; 3 tableaux d’un même peintre : un énorme bouquet de fleurs et deux scènes avec des paysans : on dirait des photos tant le peintre est habile, à cette époque, la photo n’existait pas encore et la précision et la ressemblance étaient sûrement des valeurs plus importantes que maintenant.
Paysages romantique, montagne.

Avant de descendre au Belvédère, une pause pour se délasser les pieds. Nous passons par de très beaux jardins, une sorte de labyrinthe de charmilles, des parterres fleuris .Dans le palais baroque nous cherchons les grotesques, têtes grimaçantes de Messerschmidt. Nous passons donc rapidement devant les tableaux, un peu blasées,  puis cette période n’est vraiment pas ma période préférée en peinture. C’est le palais lui même qui retient notre attention : une galerie des glaces petite mais harmonieuse avec des reflets à l’infini, une pièce chinoise toute dorée et très finement ouvragée, décorée de porcelaines, de petites appliques avec encore des effets de miroirs.

Dans l’Orangerie, c’est l’art médiéval qui retient plus notre attention. Nous voyons encore beaucoup de dorures. Finalement ce procédé est plus banal qu’il ne me paraissait.

Nous rentrons à pied, en passant devant un monument aux morts Russes, portique incurvé, laid à souhait, précédé d’un immense jet d’au dans un bassin. Derrière Karlskirche,nous empruntons la Paniglstrasse, calme et cossue


38 Quelques livres pour accompagner le voyage

Publié le : 27 Novembre 2006

Avant de me consacrer à un autre sujet, envie de classer le chapitre lectures

Avant le départ difficile de faire une bibliographie, je ne sais pas ce que nous cherchons ni ce que nous allons trouver, j’emprunte des livres au hasard

Un roman sur le fils de Mozart, j’ai oublié le titre exact et le nom de l’auteur,  ce n’est pas très grave, ce n’est pas un chef d’œuvre impérissable. Je pressens que nous croiserons Mozart au cours de notre voyage. A Vienne, bien sûr, mais là où nous l’attendons moins, à Eger dans la bibliothèque du Lyceum, une lettre manuscrite à sa sœur Nannerl après la mort de leur père
Schnitzler : Vienne au Crépuscule, le titre bien sûr mais aussi l’écrivain m’interpellent. je suis un peu déçue, Schnitzler est trop bavard à mon goût, ses personnages passent leur temps à bavarder. Si je le relisais au retour, je serais peut être plus sensible à la poésie des lieux, le personnage masculin et assez antipathique, musicien sans grand talent,  séducteur sans charme particulier. Cette morale où la femme, même assez libérée se trouve toujours dans la problématique du « séduite-abandonnée » m’agace ;  même si, le personnage féminin a assez de consistance
Joseph Roth : la marche Radeztski j’avais lu autrefois ce livre et il ne m’avait pas laissé de souvenir précis. Je l’ai ouvert en Croatie, alors que nous n’avions plus de guide pour préparer la suite du voyage et plus de temps libre pour la lecture. J’ai été très fortement impressionnée par cette histoire qui couvre trois génération presque quatre, entre la bataille de Solférino et le début de la guerre de 1914. Le grand père, paysan slovène entré au service de l’empereur, sous officier de l’armée autrichienne personnage obscur fondateur de la lignée. Le père, Le « héros de Solférino » qui sauve François Joseph et se trouve anobli, type de l’officier, raide, son fils qui ne sera pas militaire mais préfet, presque sosie de l’Empereur, le petit fils, militaire, velléitaire et peu glorieux qui finit par sombrer dans l’alcoolisme cantonné sur les marches orientales ukrainiennes attendant que la guerre improbable se déclenche, donnant sa démission la veille de Sarajevo. Fresque de tout un règne, de toute une géographie de l’Europe centrale, entre la Slovénie, vienne, Prague, l’Ukraine , avec en filigrane l’invasion de la Bosnie …
Elias Canetti le flambeau dans l’Oreille  ce flambeau est le journal de Karl Kraus, que j’ignorais. Ce récit autobiographique me promène dans une période plus récente principalement à la fin de la première guerre mondiale, on y fait la connaissance avec toute l’intelligentsia viennoise et aussi berlinoise.

Stefan Zweig : Clarissa je n’avais rien lu de Zweig, je suis enthousiasmée, voilà un écrivain !


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