CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Maroc

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Marrakech : visites , -souks -l'éclipse

Publié le : 17 Mars 2007
Marrakech : visites ,  -souks -l'éclipse

de la terrasse...
   
    De la terrasse haute où nous prenons le petit déjeuner, nous dominons une infinité de terrasses, de volumes compliqués, de patios, de puits de lumière. Les paraboles qui constellent les toits retirent un  peu de poésie, peut être ; mais correspondent tout à fait à la réalité d’aujourd’hui. Le moindre village du Haut Atlas capte le monde entier par le satellite. Le problème est de savoir ce qui fait rêver le Marrakchi  ou le Berbère de l’Anti-Atlas. Les feuilletons égyptiens ? Les séries françaises ou les prières d’Arabie ?

merdersa Ben Youssef

    9heures, après un petit déjeuner raffiné nous sortons dans notre quartier : la Medersa Ben Youssef, le musée de Marrakech, sont tout proches. Il suffit de suivre notre parcours initiatique de couloirs et de souterrains, de déboucher sur la petite place triangulaire décorée par les tapis, de passer le Bain d’Or avec son auvent de tuiles vernissées, de dépasser la Maison de la Cigogne Dar Beladj . Au coin de la rue se trouve la medersa.

    J’avais gardé un souvenir très vif de cette medersa toute en stuc et en cèdre. Je me fais une fête d’y retourner. Elle est là, comme dans mon souvenir. Sauf que le bassin est rempli d’eau et qu’il reflète la façade. Je m’amuse à photographier les reflets. Une jeune femme peint à l’aquarelle les zelliges bleues noires rouge et vertes aux couleurs des villes royales. Elle a apporté les entrelacs géométriques dessinés au compas. Elle pourrait sans doute les teinter chez elle. Probablement, elle est inspirée par la beauté et la sérénité de la medersa. Je m’attache à détailler les motifs de stuc. Impossible à décrire, ils sont si compliqués !Les portes de cèdre, les plafonds… chaque dessin est parfait.

Musée de Marrakech

    L’impression de déjà-vu ne se produit pas au Musée. Les expositions temporaires changent tout le temps. Inégal intérêt pour la peinture. Magnifiques exemples de broderies, céramique de Fès, bijoux berbères et tapis de la région de Marrakech. Le Musée est situé dans un magnifique Palais. Des canapés invitent à la flânerie. La matinée s’écoule tranquillement.

Kouba almoravide

Notre dernière visite touristique sera à la Kouba Almoravide que nous ne connaissions pas. Petit mausolée blanc avec une coupole au décor compliqué. Pour admirer sa construction sophistiquée il faut des cendre quelques marches et lever la tête. Tout un complexe hydraulique : fontaine, latrines, citerne… se trouve dans un  enclos.

maison de la Cigogne

    Dominique veut trouver la Maison de la Cigogne, d’après le guide Visa Evasion, des expositions intéressantes devraient y avoir lieu. Elle est fermée au public transformée en école d’art. Yannick, plus tard nous racontera qu’elle doit son nom à un hôpital pour oiseaux  comme il en existe en Afrique, cela fait rêver !
Nous tournons dans les souks bien animés aujourd’hui. Un jeune s’adresse à nous. Il veut nous servir de guide. Comme nous déclinons son offre il  nous traite de « racistes, sales putes ! »C’est bien la première fois que nous avons un contact désagréable avec des Marocains. Nous poursuivons l’itinéraire du guide VISA jusqu’à la Fontaine Shrob et Shouv abritée sous un  magnifique auvent de bois. On jette un coup d’œil à un fondouk, ancien  caravansérail, occupé par des artisans ;

vol à l'arrachée

    La promenade tourne mal. Dominique a l’habitude de porter son sac à dos sur une seule épaule. Un motocycliste tente de lui arracher. Comme elle retient le sac, elle est entraînée dans le pédalier de la mobylette et se retrouve par terre. Tout le monde accourt des échoppes environnantes. Un jeune s’excuse auprès de Dominique au nom du conducteur qui « ne l’a pas fait exprès » mai qui s’est sauvé dès qu’il a eu relever son engin. Dominique est sonnée. Son pantalon clair est tout maculé de boue. Nous préférons rentrer.

    Dans le petit salon bordé de canapés roses attenant au patio, un homme bavarde avec Yannick. C’est Eric l’ami du cousin éloigné de Dominique avec qui nous avons parlé au téléphone. Dominique cherchait à le joindre  mais elle avait oublié son adresse en France. Eric  nous conduit au riad du cousin après dix minutes de marche dans le souk. Quand on suit quelqu’un qui connaît, cela paraît tout simple !

le riad de ciment Marrakech et les promoteurs

    Le riad du cousin ne ressemble pas au riad Jenaï : restaurations de ciment, patio couvert occupé par une petite piscine. 7 chambres qui s’ouvrent sur une galerie. Un joli petit hôtel ! Pas un palais historique. La conversation roule sur les tendances du marché immobilier. Conversation instructive ! Nous nous demandions qui étaient donc ces français qui achètent les riads. Des noms circulent, la jet set, des retraités fortunés, mais les autres ? Les agents immobiliers. Le prix des riads a monté en flèche. Les maisons d’hôtes sont innombrables. Le temps n’est plus où un amoureux de la médina consacrait ses économies à faire revivre un palais en ruine. Maintenant il s’agit d’investissements considérables. Et si ce n’étaient que des restaurations !  Les environs de Marrakech font l’objet de chantiers pharaoniques. Des dizaines de grosses villas cossues encore vides bordent la route de l’aéroport. A qui sont elles destinées ? Aux Marocains fortunés ? Aux touristes ? Aux Expatriés ? Si une bourgeoisie moyenne émerge au Maroc, ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

    Des publicités représentant ces villas ornées d’une coupole dans une palmeraie sont affichées dans le métro parisien. Pas  d’hypocrisie ! Ce n’est pas le charme de la médina n i même le climat agréable ou l’exotisme qui est l’argument de vente. Seulement le profit ! Un taux de crédit intéressant, un investissement qui doit rapporter gros ! Pauvre Marrakech ! Elle est étouffée par les promoteurs.

    Ces villas ne sont qu’une infime partie des projets immobiliers : golfs, même une lagune. En plein désert ? Quand yannick nous décrit les bassins, l’eau gaspillée, les produits chimiques, cela paraît une absurdité. Pourtant ce n’est pas invraisemblable. C’est exactement ce qui se fait à Las Vegas. Marrakech imitant Las Vegas !!

    Bouygues restaure les remparts à grands renforts de ciment et de grues. Ils ont l’ai tristes avec leur ciment gris. Le badigeon blanc qui coiffe les créneaux n’est pas là pour les arranger. Je garde avec nostalgie le souvenir de notre découverte à la sortie de l’avion, la première fois. La taxi avait quitté l’aéroport, roulé dans un espace vide, caillouteux. La ville entourée de ses murailles avait surgi comme un mirage. Terminé le mirage.
notre riad secret
    Notre riad, niché au creux de la médina, inaccessible au  on initié qui n’en trouvera jamais le chemin tortueux et secret, me paraît encore plus un endroit privilégié, protégé des fautes de goût, du ciment et des tapis qu’on vieillit à l’eau de la piscine.

    Nous avons commandé pour midi un « en –cas » à la piscine ; Nous montons à 2 heures. Notre couvert nous attend. Des briouats tout petit format fourrés au fromage, croquants, délicieux. Vient ensuite une belle omelette au thon  accompagnée d’une salade mélangée, tomate, concombres, olives, salades. Beaucoup mieux qu’un encas ! Pour nous, c’est un déjeuner  complet !

    Yannick vient nous tenir compagnie sur la terrasse. Maître de maison idéal, discret, raffiné et disert. Il  nous conte la restauration du riad, la vie à marrakech. Nous devisons agréablement. Allongée confortablement sur les coussins des chaises longues de la piscine, à l’ombre. Je ne suis pas pressée de retourner dans les souks. Le luxe rend paresseuse !

Je n’ai pas envie de jouer les touristes pressés. Nous sommes venues récemment à Marrakech. Inutile d’accumuler les visites qui s’effaceraient les unes les autres. Inutile de doubler les photos, nous en avons déjà de très belles. Un regret de ne pas avoir le temps de retourner au Jardin Majorelle..

courses dans les souks

    En revanche, j’attends l’occasion de faire les courses dans les souks. Heureusement nous n’avons plus assez de dirhams pour acheter le jeté de lit qui me faisait envie et Dominique a peur de se prendre les pieds dans les tapis. Je n’achèterai donc que des bricoles !

Je me méfie de la fièvre d’achats au souk. L’accumulation d’objets ravissants pour des prix modiques augmente les tentations. On revient avec des babioles qui encombrent sans qu’on n’en ait l’usage.
    « Pour le plaisir des yeux ! » regarder sans s’attarder… Ne pas marchander un objet qu’on n’a pas l’intention d’acquérir. Il est incorrect de négocier un  rabais pour le seul plaisir de voir le prix baisser.

Mon  premier achat est l’acquisition d’un panier en raphia qui ressemble à la mallette de pique-nique de Taroudant et que nous avons cherché Latifa et moi au souk de Taroudannt. Proposé 120 dirham, je donne mon dernier prix 30 dh et je décampe. Le vendeur me rejoint 50 mètres plus loin ; j’emporte mon panier pour 30 dh. J’aurais dû encore baisser l’enchère !

    Je craque pour la poterie bleu vert de Fès. Copie d’ancien précise le vendeur. Je n’ai aucune illusion sur l’antiquité de l’objet. Le motif me plait et rappelle la grosse potiche sur le guéridon de Dar M’Haïta. Là aussi, j’obtiens un « bon prix ». Cela m’est égal. L’objet me plait. Dominique voulait offrir un plat vert à sa mère. Celui ci est magnifique. Achat groupé pour mes babouches et le porte-monnaie que j’ai promis à Yvette. Je ne saurais jamais la valeur de chaque objet. C’est difficile de négocier les babouches. Il faut une certaine taille, une certaine couleur, un modèle précis. Quand l’objet est sorti des rayons, difficile de partir comme pour le panier. Pareil pour le porte-monnaie, j’ai eu du mal à trouver le modèle qui convient je n’ai pas envie de le laisser passer.

    Reste la commande de Valou : une ceinture. Elles sont toutes épaisses et masculines quand elles ne ressemblent pas à un article sado-maso. Je me rabats sur les pompons de soie, le dernier gadget 2007§Ils se vendent en passementerie.leur usage originel était sans doute d’être accroché aux embrasses de rideaux ? On les voit partout : en porte clé, aux portes des placards, à la tête de lit...

    Je rentre par le chemin des écoliers. Je retrouve mes marques. Nous ne sommes pas adoptées comme à Essaouira. Les commerçants nous laissent tranquilles mais les gamins insistent « vous voulez la Place… ».

dernière soirée

    Pour la dernière fois, nous bouclons les valises. Notre belle chambre rouge est pleine de désordre hétéroclite. J’aimerais bien profiter encore un soir de la beauté du riad !

Nous attendons Yannick pour prendre congé. Demain  nous parons tôt. Il est invité à une soirée mais prend encore le temps de nous offrir un verre. Nous passons une heure très agréable dans le petit salon bordé à l’orientale de canapés roses.
éclipse
       A 9H18, commence l’éclipse de lune. Nous nous allongeons sur les chaises longues de la piscine sur la terrasse sous le ciel étoilé. La lune entre lentement dans le cone d’ombre. Elle est mangée imperceptiblement. Au début, ce n’est pas spectaculaire. Les lumières de la ville, la Koutoubia illuminée, les constellations m’attirent plus. La partie éclairée diminue sensiblement. Le spectacle devient fascinant. Bientôt il ne reste plus qu’un pôle éclairé. La boule sombre redevient visible comme sous un spot invisible. On dirait qu’elle se contracte. Elle rougit, devient orange. Je suis ravie. Youssef est venu nous servir un thé. Il reste avec nous contempler l’éclipse. La rumeur de la Place DJemaa el Fnaa parvient jusqu’à nous. Difficile de s’arracher au spectacle. Pourtant il faut se coucher. Demain le réveil sonnera à cinq heures pour être à l’aéroport à 6H.


Marrakech : visites ,  -souks -l'éclipse
Marrakech : visites ,  -souks -l'éclipse

Le plus beau, le plus secret des riads pour un week end merveilleux

Publié le : 10 Mars 2007
Le plus beau, le plus secret des riads pour un week end merveilleux

Pour y arriver la première fois, au Riad Jenaï, il faut être accompagné. Seule, je n'aurais jamais osé passer par le dédale de ruelles et de couloirs qui garantissent un calme absolu alors que le riad se trouve à deux pas des souks du Musée de Marakech et de la Medersa Ben Youssef.
Le patio est celui d'un riad traditionnel : 4 orangers figurent le 4 carrés du plan originel, un bassin ou nagent des pétales de rose, des
portes de bois anciennes, des corniches de stuc... Une merveille de restauration. Notre chambre, une symphonie de rouges de toutes matières, tissus, bibelots, carrelages... Elle était tellement belle que j'ai eu du mal à déballer ma valise. j'avais peur de briser l'harmonie d'un décor idéal avec mes impédimenta...
Un accueil parfait.
Et comme nous avons vraiment eu de la chance, nous avons admiré l'éclipse de lune sur la terrasse avec les rumeurs lointaines de la Place Djemaa el Fna.


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Jouer à la princesse dans un riad

Publié le : 10 Mars 2007
Jouer à la princesse dans un riad

Taroudant est surnommée la petite Marrakech. Ses remparts sont spectaculaires, plus authentiques même que ceux qu'on est en train de cimenter dans la vraie Marrakech.
Plus authentiques, aussi quoique moins riches, les souks.
On découvre un Maroc loin des promoteurs, du tourisme de masse, une médina où les habitants roulent en vélo...
Bien sûr, il n'y a pas de musées magnifiques ou de palais à visiter comme dans sa grande soeur.

Mais il y a toute la campagne verdoyante du Souss, la montagne aride de l'Antiatlas, les neiges de l'Atlas, des palmeraies à portée d'excursion.

Et puis, si on veut imiter notre président Jacques Chirac, on peut venir en villégiature profiter du climat agréable en hiver.
Si on a les moyens, il y a la Gazelle d'Or..., avec un peu de chance on y croisera le Président...

Si on est moins argenté, il y a le Riad M'Haita
Riad M'Haïta  Taroudant
(33) 1 42 22 71 40 - 6 77 81 40 05
site : marox.neuf.fr

Nous y avons passé 4 jours de rêve!

Une porte métallique ordinaire cache un patio arboré d'agrumes portant en même temps fleurs et fruits, oubliée la poussière de la rue!
En rentrant le soir nous avons eu la surprise de voir toutes les lanternes et les bougies allumées rien que pour nous. J'ai mis ma jupe longue et mon châle pour dîner et Lartifa a apporté les chefs d'oeuvres de la gastronomie marocaine qu'elle et Amina avaient préparé pour nous.

En rentrant de promenade, nous avons trouvé le Hammam tout brûlant comme il se doit!

Et comme le dîner était vraiment délicieux, nous avons pris des cours de cuisine...

Hélas! la vie de château n'a qu'un temps!
Cendrillon a retrouvé sa citrouille

mais il reste de beaux souvenirs.


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Villa de l'Atlas à Asni

Publié le : 10 Mars 2007
Villa de l'Atlas à Asni

Sur la route de Marrakech à Taroudannt et sur la route d'Imlil.

pour faire une étape reposante sur cet itinéraire spectaculaire,

pour chercher la fraîcheur de l'altitude (1200m) quand il fait chaud à Marrakech,

comme base de randonnées de moyenne montagne (voire plus)

voici un très joli gîte d'étape et également un bon restaurant.

Le nom est tout un programme :
des trois terrasses, celle du rez de chaussée dans le verger de cognassiers, pommiers...celle de l'étage, la plus confortable, ou celle du toit, la vue sur les sommets enneigés est extraordinaire!

villa, d'architecture élégante, un peu désuète, très décorée.

bon accueil et très bonne cuisine. Le patron vous montrera le Livrre d'Or où ont signé G Depardieu et JC gaudin...

Et on vous conseillera très judicieusement pour les itinétaires de balades.


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Maison d'hôte dans une maison berbère : chez Yamina

Publié le : 10 Mars 2007
Maison d'hôte dans une maison berbère : chez Yamina

Tafraoute est située dans un site enchanteur de l'anti Atlas. Base idéale pour les randonnées, sportives ou moins sportives.

La petite ville est bien équipée en camping, hôtels.

Nous avons préféré nous établir à Tandilt à 5km de la ville en direction d'Agadir sur la route D'Ait Baha. Petit village accroché sous la muraille rocheuse de la Tête de Lion.

La maison berbère rénovée avec beaucoup de goût a du charme. les chambres sont confortables.

ce qui nous surtout séduit : la qualité de l'accueil. Yamina et Jacques nous ont reçu plus comme des amis que comme des clients, nous ne nous sommes jamais senti "à l'hôtel".

Qualité de la cuisine de Yamina également, avec des spécialités berbères que nous ne connaissions pas, bercous, couscous berbère d'une légèreté incomparable, harira délicieuse, et menus variés pour nous qui sommes restées plusieurs jours.

Les randonnées peuvent se faire sur place.

Les amandiers fleurissent en février!


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Une bonne adresse dans la médina d'Essaouira

Publié le : 08 Mars 2007
Une bonne adresse dans la médina d'Essaouira

Si, pour vous, Essaouira évoque plage et surf, peut-être préfèrerez vous les hôtels de bord de mer?
Si, vous êtes allergiques aux marches et aux escaliers, réservez dans ces derniers hôtels, vous aurez peut-être l'occasion de faire une thalasso comme à Biarritz ou à Quiberon.
Si, au contraire, le calme de la ville close où ne penètrent ni voiture ni moto vous convient
Si, une terrasse d'où on voit les vagues se fracasser sur les rochers vous tente,
Si une porte charmante et une épicerie miniature vous font craquer...
Si la gentillesse des hôtes prime sur le confort d'un 3*.
Si vous avez envie de vous faire de la cuisine vous-même.
Si, habiter dans un quartier où les voisins seront familiers au bout de deux jours,
Si, penser qu'avoir une maison à soi dans la médina vous fait rêver...
Si vous n'avez pas peur de monter cinq étages pour arriver sur la terrasse

Vous  pouvez tenter de loger comme nous l'avons fait dans les appartements de Titus Fischer-Fels & Maryem Fischer-FelsS
                " Le Bastion"
                 www. lebastion.de
               
                 Email : titus@lebastion.de

                 tél. : +212 (0) 24 47 67 91
                 mobile : 0172 5 333 801/ +212 (0) 61 07 44 78

Ils louent des appartements et des chambres à partir de 300 Dirhams (30€) la nuit si on reste plusieurs jours.

On peut également dîner :  un tagine (150  dirhams)
un couscous, des brochettes, du poisson en commandant un peu à l'avance.

C'est une bonne adresse que nous a trouvée le porteur qui tire sa carriole à bras et qui attend les voyageurs motorisés au parking près du port. Parce qu'il faut le savoir, il vous faudra abandonner la voiture hors les murs pour le calme et le plaisir de tous.

Le parking se trouve près du port, il est payant (une somme pas fixe mais très raisonnable) si vous n'avez pas trop mégoté il sera bien gardé et on vous trouvera même une place à chaque occasion que vous déplacerez la voiture


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Quelques livres à emporter en voyage au Maroc ou à lire au retour

Publié le : 17 Février 2007

Tahar BEN JELLOUN Cette aveuglante absence de lumière

Titre magnifique pour un très beau livre témoignant de l’horreur du bagne de Tazmamart. Comment ces hommes ont conservé la vie et la dignité, enfermés dans l’obscurité d’une sorte de tombe, cellule sans lumière, à la merci de la faim, des scorpions, des maladies pendant dix huit ans au secret.. La religion comme ultime refuge complètement abstrait, prière sans espoir, seulement pour garder l’humanité, la survie avec des souvenirs de films, de romans, l’homme dont la fonction est de dire le temps, celui qui récite la prière. A rapprocher des livres de Primo Lévy.

Paul BOWLES : un thé au Sahara

Un classique avant de partir au Maroc, bien qu’il me semble que ce thé au Sahara se déroule en Algérie. Voyageurs américains à la dérive. Trio bancal, le mari, la femme, l’ami ? L’amant ? le mari meurt de la typhoïde la femme se laisse séduire par un homme du désert. Roman d’ambiance.

Driss CHRAIBI : la Civilisation, ma Mère !….

Petit livre de 180 pages qui commencent bien sur le mode de l’humour. Dans les années 30, une femme marocaine découvre l’électricité, la radio, le téléphone, le fer à repasser … c’est écrit de manière vivante . On pense à la Sagouine et son langage imagé, on se régale. Ensuite les deux fils très occidentalisés font découvrir à la recluse, le cinéma, la rue. La lecture devient plus laborieuse et  moins crédible. Enfin cela se termine comme un conte féministe et on n’y croit plus du tout, c’est devenu moins léger, moins drôle et le discours a perdu son authenticité.

Edith WHARTON voyage au Maroc


Les relations d’illustres voyageurs me passionnent toujours. J’y vois des modèles pour mes modestes carnets de voyage. Vingt ans après Pierre Loti, voici un récit moins aventureux et moins pittoresque. En 1917, la journaliste se déplace déjà en voiture, elle est l’hôte du gouverneur Français  Lyautey et sa vision est moins exotique mais plus objective.
Ce livre est d’une construction assez curieuse, en première partie, elle nous promène à Tanger, Fès, Meknès, Rabat et Marrakech. Les descriptions ressemblent à celles d’un guide de voyage. J’ai bien envie de l’emmener avec nous.
Ce qui fait l’intérêt de ce livre ce sont plutôt les rencontres : elle a l’occasion de pénétrer dans le domaine réservé des femmes. Sans illusion, elle est toujours accompagnée d’un interprète masculin qui assure une traduction qui filtre tout contact personnel avec ces femmes recluses. Ses descriptions sont très pittoresques, costumes, mobilier détails de la vie quotidienne que Loti n’a pu qu’entrevoir de loin.
Une dernière partie, plus érudite, traite de l’histoire bien documentée du Maroc et est une étude de l’architecture marocaine.
Sa vison est très moderne : liant polygamie et esclavage, elle voit dans l’ordonnancement de l’architecture privée une sorte de sanctuaire où l’homme apparaît comme une divinité vénérée par les femmes ou les esclaves, peu de différence entre les deux dernières catégories. Intéressante analyse de la tendresse que les marocains vouent à leurs enfants.

Amin MAALOUF Léon l’Africain
Biographie romancée qui commence en 1490 à Grenade, se poursuit à Fès puis au Caire à Constantinople et à Rome pour se terminer avec le sac de Rome. Toute une vie passée dans des lieux familiers avec des personnages rencontrés récemment : Boabdil, Soliman le magnifique, François premier, les papes Médicis, Barberousse, le pirate  …me voici en pays de connaissance. L’essentiel du roman se déroule au Maroc .à Fès particulièrement mais aussi dans l’Atlas, une tempête de neige mémorable, dans le Tafilalet. Lecture idéale pour ne pas quitter tout de suite le Maroc.

Abdelhak SERHANE :    Les enfants des rues étroites

Azrou, le roman commence avec le suicide d’une gamine violée par un notable. Fantasmes extrêmement violents de la sexualité masculine d’un adolescent, viol fantasmé et même réalisé sur un autre garçon. J’ai eu du mal à supporter cette lecture très violente dans la misère économique et sexuelle de ces enfants marocains. Pourtant l’humour fait passer cette réalité très dure. Un voyage en train de Rabat à Meknès décrit de façon hilarante le petit peuple, ses rapports avec une autorité militaire et bureaucratique, tendresse malgré les conditions de pauvreté et de frustration. Finalement malgré la noirceur, le roman est attachant. J’ai du mal à me déprendre du Maroc. L’auteur montre des paysages que nous avons visités récemment. Il me semble entendre les voix des inconnus que nous avons croisés. « Les gens pressés sont morts ! » s’écrie le chauffeur d’un car déglingué. Combien de fois n’avons nous pas entendu cette phrase. Ainsi que la description de l’insistance des mendiants….


Germain MOUETTE Relation de captivité dans les royaumes de Fez et de [/b[b]]Maroc

Un tout petit livre de l’époque de Moulay Ismail racontant la vie quotidienne des captif chrétiens pris par les pirates afin d’être vendus comme esclaves pour construire Meknès. Quelle surprise de trouver ce petit livre à Rabat, et des regrets de d’avoir pas acheté les trois autres parus dans la collection du Petit Mercure de France que je n’arrive pas à trouver. J’ai lu ce livre juste au moment du départ dans l’avion.


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1. Vol Orly - Fès

Publié le : 05 Février 2007

Manifestation !

    A Orly, une file de cars de CRS attend en prévision de la manifestation des salariés d’Air Liberté, en liquidation. Le jugement est attendu aujourd’hui au tribunal de Créteil.
L’enregistrement des bagages commence à 10h45. Fès n’est pas une destination touristique, nous sommes les seules touristes. Des familles attendent. Cette année l'’Aïd tombe dans les vacances scolaires, des adolescents voyagent seuls. On fait embarquer en priorité les enfants. La manifestation d’Air Lib se déroule sous nos yeux et bloque les cars qui nous conduisent à l’avion. Le vol est retardé d’une heure.

En vol

      L’épaisse couche de nuages ne se déchire qu’à Toulouse, les Pyrénées enneigées sont magnifiques, mais à nouveau les nuages cachent l’Espagne. Eclaircie au dessus de la Méditerranée, de courte durée, par moment les villages blancs du Rif apparaissent.

Arrivée à Fès

      A la descente sur Fès, la campagne est verdoyante piquetée de vergers géométriques. Au sol, 16h45, 12°C, temps couvert. L’aéroport décoré de mosaïques, est situé à 15 km de la ville. On nous conseille de négocier le prix de la course en grand taxi autour de 100 Dirhams, pas plus. A la sortie, les chauffeurs se jettent sur nous, 120DH .Nous nous dirigeons vers l’arrêt du bus où attendent deux femmes, la mère en djellaba jaune et sa fille. Nous partageons le grand taxi, une Mercedes grise, pour 50 DH chacune (la mère dit 5000francs). Nous avons fait une bonne affaire !

    La ville s’approche, des immeubles modernes bordent une avenue plantée d’orangers, très vite nous nous trouvons sous les remparts de la médina.

Hôtel Batha

      Le taxi s’arrête devant l’hôtel Batha. Nous découvrons un patio très agréable décoré de fontaines en mosaïque, un bassin rectangulaire long et étroit qui évoque l’Alhambra de Grenade, à l’écart, une piscine bleue.

     Notre chambre est toute bleue : la porte-fenêtre donnant sur un petit balcon est drapée d’un lourd tissu aux plis compliqués. Un carrelage bleu foncé aux petits pavés carrés orne les marches, une banquette et la tablette sous le miroir. C’est ce carrelage qui fait tout le charme marocain. Au mur, une belle photo de la ville, un minaret carré se détache sur un ciel nuageux tourmenté.

Dans les environs

        Je suis impatiente de découvrir la médina toute proche. Face à notre balcon, la terrasse d’un  café très animé, un peu bruyant. Les hommes attablés regardent un match de foot à la télévision.
Au coin de la rue après la Poste et un bâtiment officiel au fond d’un jardin, la rue se rétrécit, elle est animée bordée de plusieurs « Crémeries », des petits restaurants servant des glaces et des milk shakes. Nous trouvons la Téléboutique que nous cherchions à deux pas. Sur de petits étals, on vend toute sorte de nourriture : des brochettes, des pains ronds, des sortes de crêpes. Deux restaurants très pittoresques proposent des plats traditionnels. Un vieil homme assis sur une chaise basse écale des œufs mollets dans un panier à ses pieds. Sur une cantine mobile on fait frire des poissons. Par terre, diverses herbes : coriandre, persil, et d’autres plantes séchées inconnues. Cela sent bon !
Nous cherchons des repères dans notre nouveau quartier : le cinéma, dans une maison ordinaire, reconnaissable uniquement à la caisse et à quelques affiches dans le couloir. Nous atteignons rapidement la porte de la ville décorée de faïence bleue   Bab BouJeloud. Au delà des murailles, un cimetière.


La médina
Nous descendons une rue très animée d’abord couverte de roseaux au dessus d’un marché de viandes et de légumes. A Athènes, Jérusalem ou Istanbul les boucheries dégagent une odeur pestilentielle, aujourd’hui, il fait frais, les parfums des épices, des poissons grillés et des beignets se superposent, cela sent très bon.
Des tailleurs travaillent dans de petites échoppes, les djellabas sont élégantes, sophistiquées avec des galons, des surpiqûre, des découpes. Sur des mannequins des manteaux très chics, d’un modèle un peu suranné mais très bien coupés. Plus loin de l’artisanat traditionnel pour touristes.
On nous hèle, nous sommes les seules touristes mais les marchands ne sont pas trop insistants ?
J’ai envie de regarder partout dans les portes entrouvertes des mosquées, dans les ruelles, les ateliers. Nous arrivons vers 6 heures chez les bijoutiers. La nuit tombe, la plupart des boutiques ferment. La rue principale est éclairée peut être allons nous nous retrouver dans l’obscurité ? Nous remontons la rue, j’achète des bananes et des oranges.  La rue parallèle semble spécialisée dans les chaussures. Cette année la mode ici est aux bouts carrés .Un curieux article : un compromis entre la babouche et le sabot suédois de luxe. Est ce que ce sera la mode de l’été en France que ces sabots au talon dégagé ou est ce une spécialité locale ?
Nous rentrons vers 7 heures à l’hôtel pour notre dînette de fruits


2Fès : la médina, le musée Batha et les tombeaux mérinides.

Publié le : 05 Février 2007

La prière de l’aube me réveille dans le noir complet. Je n’arrive pas à distinguer le chant d’un muezzin, toute la ville bruit d’un chant confus. Je me rendors tranquillement jusqu’au lever du jour. Ornée d’arabesques bleues vers l’extérieur – la couleur de Fès – et de vertes vers l’intérieur – la couleur de l’Islam.
Un groupe de touristes nous donne le signal du lever : nous les croisons au petit déjeuner : des femmes mal fagotées, blondes, parlant une langue slave.

Visite guidée


     A neuf heures le réceptionniste de l’hôtel nous appelle un guide « officiel » au café d’en face.
Il commence la visite à Bab BouJeloud, que nous avons trouvée hier soir, nous montre les arabesques bleues, la couleur de Fès vers l’extérieur de la ville , et vertes , couleur de l’Islam vers l’intérieur. Nous descendons les deux rues principales Talaat el Kébira et Talaat Es Seghira que nous avions parcourues la veille, pleines de monde. Ce matin à neuf heures, les boutiques commencent à peine à ouvrir. C’est l’hiver, explique le guide, la morte saison pour le tourisme. Avec la menace de guerre en Irak, les commerçants fassis ont perdu la clientèle américaine, c’est une véritable crise économique.
       Mercredi, c’est l’Aïd el Kébir, les familles auront du mal à payer le mouton du sacrifice. On nous fait valoir cet argument pour nous pousser aux achats. Les marchands, pressés de faire affaire nous donneront de bons prix, selon le guide.

      Notre visite guidée payante ressemble plus à un  parcours de rabatteur vers les différents magasins : à peine avons nous quitté Bab Bou Jeloud, nous nous trouvons dans une boutique d’articles de cuivre. Courte démonstration avec le poinçon et les deux maillets de bois, une recette pour astiquer les cuivres au jus de citron, on nous fait résonner le fond de deux plateaux de cuivre et de laiton et il faut passer aux emplettes. Poliment, je demande la carte du magasin et promets de revenir demain, ou lundi…Ouf ! Le premier piège est déjoué.

      Nous suivons le guide à vive allure dans le dédale des ruelles et des impasses. Dominique lui fait part de son étonnement de voir la médina si propre et si soignée, nous assistons au ramassage des ordures (deux fois par jour) : un âne lourdement chargé porte les sacs plastiques et le collecteur ramasse consciencieusement tout ce qui traîne. Les rues sont aussi lavées chaque matin, un caniveau au milieu d la ruelle draine les eaux usées. De gros efforts portent sur le nettoyage. C’est très surprenant comparé à Marrakech ou au Caire .

Balek !

     Partout on a installé de la paille et des petits sacs d’orge destinés aux moutons de la fête qu’on voit circuler dans des chariots à roulettes poussés par des hommes « Balek ! »Ce cri nous fait pousser, nous nous effaçons pour laisser le passage à un mulet ou à un âne lourdement chargé. La médina est interdite au trafic automobile. Certaines rues portent le panneau rond bordé de rouge représentant un quadrupède « interdit aux ânes et aux mulets ».
A chaque pas, une perspective mériterait une photo ou un dessin : un petit auvent de tuiles vernissées vertes colonisées par des plantes folles, une sorte de tambour à claire-voie remplaçant les moucharabiehs égyptiennes que j’avais pris d’abord pour des garde-manger, une porte ancienne cloutée et ciselée. Certaines portes anciennes ont deux heurtoirs, celui du bas pour les piétons celui du haut pour les cavaliers. Une main de Fatima cloutée orne généralement le haut du battant.
      Les volumes décalés des hauts murs aveugles dégagent des perpectives inattendues, un minaret carré surgit, parfois un cyprès d’un jardin caché.

      Au début le guide faisait un effort de commentaire en nous décrivant les palais cachés, j’espère qu’il ouvrira une porte , qu’un couloir nous mènera à un patio enchanté. Point du tout ! Il ne sait que nous conduire dans des magasins pour touristes pressés : autocollant VISA, coupures de journaux punaisées attestant de la visite de clients célèbres : le Président Reagan, le premier Ministre portugais. Exotisme de Tour Opérators ! Nous croisons d’autres touristes qui, comme nous, suivent le circuit des gogos. D’ailleurs le commentaire devient de plus en plus rare. Ceci a le don d’irriter Dominique qui ne veut pas jouer le jeu et ne rentre même pas dans les boutiques. Je  me prête à cet exercice imposé avec plus de politesse que d’enthousiasme.

Chez l’herboriste

      Chez l’herboriste au boniment honnête « nous ne soignons pas toutes les maladies, seulement le rhume, les maux de tête, les problèmes de peau et les rhumatismes » le marchand vante les propriétés antimites du musc et désodorisantes : en frotter les tapis et les rideaux . Il me fait renifler l’anis noir enfermé dans un balluchon minuscule dans du PQ, cela débouche le nez et les sinus. A la fin de la démonstration, il faut bien sûr acheter. Dominique a filé dans la ruelle, je suis bien embarrassée et me laisse tenter par 5 grammes de safran (pas celui en poudre qui est du curcuma)  mais les pistils rouge sang à 2 dirhams le gramme. Pour 100DH, le guide rajoute un paquet d’argile qui doit servir de shampooing. Sur le moment, je suis ravie de ce cadeau, justement il nous manque du shampooing dans les bagages ! Après réflexion j’ai dû drôlement me faire avoir sur le safran !

      Tout autour de la boutique de l’herboriste des confiseries présentent des nougats multicolores, des sucettes pastel, de longues torsades enrubannées dans des emballages de Cellophane qui donneront de jolies photos.

      Nouvelle boutique, nouveau piège à touristes : des broderies cette foi-ci. Pas de démonstration du point de Fès, les brodeuses préparent la fête chez elles. C’est un peu dommage, ce point de croix particulier exécuté à deux mains avec du fil DMC bleu m’aurait bien intéressée. Mais pas l’achat d’un service hors de prix. En l’absence des brodeuses, j’ai moins de scrupules. j’essaie de ménager la susceptibilité du marchand et me souviens de la copine de Fatiha qui brode chez elle à la commande, je lui en raconte qu’il s’agit d’une de mes amies et trouve donc une porte de sortie honorable pour les deux parties.

      Nous retrouvons notre axe de référence Talaat El Kébir les « Champs Elysées » de Fès puis la charmante place Nejjarine où nous nous promettons de revenir seules.

     Dans la boutique des djellabas pour touristes, Dominique achète le cadeau pour sa mère. C’est un caftan vert, une djellaba comporte une capuche pas le caftan. Il y a des djellabas de toutes sortes à tous les prix, en soie aux couleurs délicates, en laine épaisse ou fine, unie ou rayée, en coton aux couleurs criardes pour les touristes avec des broderies voyantes et peu soignées. Malheureusement notre budget exclue la laine et la soie .J’essaie de marchander, c’est un des plaisirs de l’achat. Mais la présence de notre guide est plutôt un handicap qu’une aide (il doit percevoir une commission au pourcentage). Nous avons dû nous faire bien avoir, car ce dernier magnanime offre un cheiche bleu qu’il noue autour du cou de Dominique.

     La Karaouine est entrevue par les portes ouvertes ;
Après la kissiria, bazar fermé pour les soieries, nous entrons par un couloir dérobé dans un ancien fondouk occupé par des tisserands qui travaillent la soie ?) De beaux coupons de 3x2m pour 300 DH sont bien tentants. Si on achetait ici la tête de lit ?
Cela m’agace de faire des achats le premier jour des vacances. J’avais en tête autre chose : un kilim. Dominique ne veut pas de tapis pour une autre raison technique : le mur de la chambre est en béton et elle n’a pas envie de faire des trous pour l’accrocher. Elle n’éprouve pas du tout la même fascination que moi pour les tapis.

     Le guide, tout content d’avoir compris quelle sorte de marchandise nous tente nous entraîne dans une coopérative de tapis et chez un berbère qui vend des kilims.
Les kilims qui me plaisent sont ceux qui sont rebrodés avec des matières différentes, des motifs en reliefs mais ce sont les plus lourds. De toute façon, c’est un gros investissement, il n’est pas question de traiter cette affaire à la va-vite avec ce guide sur les bras.

      Nous passons rapidement par la rue des teinturiers, toute la rue dégouline de noir (les pauvres TBS blanches) toutes sortes de vêtements sont mis à sécher : des pantalons, des chemises. Ce n’est pas du tout comme à Marrakech un show pour touristes.

      Enfin nous prendrons un taxi à la place Safarine qui nous ramène en quelques minutes à l’hôtel  où nous nous débarrassons enfin du guide moyennant finances – à notre appréciation, je lui donne 120DH selon la suggestion du réceptionniste de l’hôtel.

     Quand nous sortons acheter un sandwich pour déjeuner, il commence à pleuvoir dru. J’enroule le nouveau cheiche bleu et nous voici sous une belle averse ! Heureusement notre quartier regorge de cantines et restaurants à bon marché. Pour 15 DH nous rapportons un sandwich aux brochettes de viande hachée épicée avec de la salade, tomates oignon, poivron dans un demi pain rond.

     Les rues pavées de la médina sont très glissantes sous la pluie : un cycliste s’étale sous nos yeux. La pluie cesse dès qu’on rentre. Nous sommes sorties au pire moment.

     Un soleil magnifique sèche le patio. Je m’installe pour écrire sur une table du bar devant la piscine, Dominique s’allonge au soleil sur un transat. Le ciel est d’un bleu qu’on n’aurait pas pu imaginer ce matin.

Musée Batha

      Le Musée Batha se trouve dans la rue qui longe l’hôtel de l’autre côté de la piscine. Rue large bordée d’un côté par des bâtiments officiels luxueux avec des jardins plantés d’orangers En face, d’impressionnants murs enclosent le palais. Le Musée est occupé par une exposition de céramiques « les arts du feu » les autres collections sont fermées. En cette morte saison, des ouvriers rénovent les zelliges de la terrasse et repeignent les murs. Nous sommes presque les seules visiteuses. Des gardiens sont censés nous suivre dans les salles mais ils préfèrent bavarder au soleil en bordure du jardin. Nous avons donc un palais pour nous seules ! Les portes peintes et les plafonds ouvragés ont plus de charme que les poteries néolithiques ! En revanche les céramiques de Fès bleues et blanches me captivent : des plats de dimensions impressionnantes sont dignes des réceptions du palais. J’imagine la pyramide de couscous ou les monceaux de gâteaux. …La géométrie des entrelacs et des arabesques me fascine.  Je cherche les symétries, les constructions au compas, du carré on passe à l’octogone, sur chaque face de l’octogone, un triangle, puis les motifs se compliquent. Ou alors, d’une étoile à 6 branches on arrive à 6 cercles qui se recoupent …Quel plaisir ce serait pour un prof de maths que d’imaginer un cours sur ce thème !

     Le Palais comporte deux ailes symétriques précédées chacune d’une terrasse carrelée ornée d’une fontaine. En contrebas, un jardin luxuriant, un peu à l’abandon à l’ombre d’un chêne immense. Parmi les mauvaises herbes, des papyrus, des géranium, des arums. Des dizaines d’oiseaux volettent d’arbre en arbre. Deux allées perpendiculaires partagent le jardin, à leur intersection, une petite fontaine. Il fait beau, le calme contraste avec l’agitation de la médina toute proche. Peut être derrière d’autres murs anonymes se cachent d’autres ryads insoupçonnés ?

      Dominique me laisse faire un  nouveau tour dans les salles d’exposition et retourne à l’hôtel chercher les guides. Elle revient avec le sac à dos et une idée géniale : aller voir se coucher le soleil des tombeaux mérinides.

Tombeaux mérinides

      Un petit taxi rouge nous y conduit en quittant la médina par Bab Boujeloud, la belle porte bleue. Le taxi traverse des cimetières avant de monter sur la colline qui fait face à la ville ancienne, Fès El Bali. Une corniche est plantée de jardin. De là, une vue dégagée sur la ville.
Des nuages sont arrivés, le soleil est bas, sous les nuages noirs, la lumière est très belle. Les murs crénelés prennent une teinte chaude. La colline est couverte d’une herbe vert vif avec des plaques de petites fleurs orange comme des soucis miniatures, fermés à cette heure-ci. Un berger pousse devant lui un troupeau de moutons.
Nous repérons les toits des principaux monuments, le mausolée carré de Moulay Idriss et la Karaouine, entr’aperçue à la sauvette est livrée à nos regards avec ses toits vert et ses murs blancs.

      Les tombeaux des mérinides sont bien en ruine, rien de spécial à y voir de près. De loin, sous la lumière du soir, ils ont fière allure, ruines romantiques d’un siècle révolu…
Nous nous promenons tranquillement, un homme nous commente le panorama, il nous situe le quartier des tanneurs au delà d’un mur rose. Ses explications sont très claires. Puis il essaie de nous vendre des sacs en cuir. Un autre s’approche avec un sac en plastique et nous montre des djellabas beaucoup plus soignées en meilleur tissu que celle que nous avons achetée ce matin pour 250 DH, on se laisse tenter pour 100DH. Je m’apercevrai ensuite qu’il s’agit de djellabas que les femmes marocaines portent dans la rue .Nous rentrons à pied par les jardins .puis par un marché aux légumes très fréquenté et très boueux .Pour dîner, le tajine de l’hôtel est bien gras.


3. Fès : Medina-Fès el Djedid

Publié le : 05 Février 2007

Toutes seules dans la médina
     
       Fortes de notre équipée guidée d’hier, avoir étudié le plan, nous nous lançons à l’aventure. Nos repères seront les deux Talaats, axes principaux orientés SE/NO et le but à atteindre : la place Nejjarine qui se trouve au milieu de tout ce que nous voulons voir.
     Première étape Bâb Boujeloud, la porte bleue, puis le marché aux victuailles. Hier, des chats se partageant des restes de viande sous l’étal d’un boucher un autre chat sur la cage d’un pigeon auraient été des sujets d’une belle photo à laquelle j’avais renoncé à cause du guide. Les chats traînent toujours, mais plus la mise en scène !

La clepsydre de Maïmonides

      Nous retournons photographier la clepsydre qui me plaît de plus en plus depuis que j’ai lu que des cymbales sonnaient les heures et que des oiseaux mécaniques surgissaient des petites fenêtres. Ce guide parle d’un « juif astucieux » qui n’est autre que Maïmonides (pas seulement astucieux, l’auteur du guide aurait pu se renseigner !) qui aurait trouvé le mécanisme hydraulique de cette horloge monumentale qui occupe tout un bâtiment en face de la Medersa Bou Inania (visitable selon les livres mais fermée pour cause de travaux).

      Nous aventurons dans les ruelles des quartiers d’habitations pas plus larges que des couloirs, tombons dans des culs de sac et chaque fois retrouvons les artères commerçantes. Nous nous débrouillons très bien sans guide.

       Premier but de promenade : le souk des luthiers (le Routard). Nous tournons dans le quartier, demandons aux habitants. Introuvable ! Les boutiques vendant des tambourins et de flûtes ne manquent pas mais nous ne nous attardons pas de peur de nous faire piéger par les vendeurs.

      Les enfants deviennent insistants. Seul avantage de la visite accompagnée d’hier, ils ne se manifestaient pas. Pour  les décourager j’explique inlassablement que nous ne cherchons qu’à faire des photos tranquilles. Cela marche à peu près. Pour les photos, un nouveau problème surgit : l’étroitesse des rues. Nous n’avons pas de recul, il faudrait un plus grand angle pour capter la porte, l’auvent et un coin de ciel bleu. Il faut aussi être rapide, à peine ai-je trouvé le cadrage satisfaisant qu’un mulet chargé me déloge « Balek !». Les mulets aussi sont photogéniques, mais ils disparaissent avant que l’objectif ne soit sorti.

Maristan

       Une enseigne peinte nous indique le souk au henné. C’est une placette bien agréable, ombragée (en été) par deux gros platanes défeuillés en ce mois de février entourée de petites boutiques de bois  .Les vendeurs sont bien aimables et ne cherchent pas à nous vendre quoi que ce soit. le marchand nous installe un sac de jute pour que sur la margelle d’une fontaine désaffectée, nous soit plus confortable . Nous avons tout le loisir de lire nos guides et de nous reposer. En face, des ouvriers restaurent une tour carrée, le Maristan, hôpital ou a officié Léon l’Africain (j’ai dans les bagages sa biographie par Maalouf).

Le Musée du bois de la Place Nejjarine


     Nous traversons les souks couverts pour trouver la place Nejjarine avec sa belle fontaine polychrome et le Musée du Bois. C’est un havre de paix. Pour 20 DH nous payons la visite mais aussi le repos dans un cadre merveilleux .L’ancien fondouk a été récemment rénové. Les boiseries embaument le bois de cèdre, les sculptures de stuc sont comme neuves, merveilleusement ouvragées .Les toilettes sont luxueuses, les banquettes ont des coussins. Encore une fois, nous sommes les seules visiteuses.

     Nous prenons tout notre temps pour examiner le contenu des vitrines, des dizaines de rabots, de ciseaux et d’outils n’offrent que peu d’intérêt, mais les portes ciselées, les étagères peintes, les vieux panneaux sont de toute beauté. Ici aussi, je m’amuse à détailler les constructions géométriques, à chercher des symétries .Pas étonnant que tant de profs de maths soient arabes, la géométrie et la symétrie sont élevées au rang d’arts majeurs.

      La terrasse du quatrième niveau offre un beau panorama sur la Mausolée de Moulay Idriss avec sa pyramide verte et le minaret vert brillant. Une petite coupole blanche dont la cheminée fume très noir est sans doute un hammam. Vers le nord les collines verdoyantes et les tombeaux mérinides. Il faut se gendarmer pour ne pas gâcher la pellicule. Tout attire l’œil : le linge qui sèche, les petits auvents de tuiles vernissées, un vénérable platane …

Les tanneurs

      Plutôt que de gaspiller notre énergie à chasser les enfants entreprenants et très collants, plutôt en choisir un sympathique qui nous guidera vers les tanneurs. Nos candidats sont vite trouvés : deux minuscules Mohamed et Smaïn en beaux pulls jacquards, le cheveu ras, l’air intelligent qui nous présentent la carte d’une boutique qui a une terrasse surplombant les tanneries. Les deux gamins filent, nous marchons sans nous presser, ils nous attendront plus loin. D’autres gosses tentent l’aventure mais les petits font bien leur travail. Ils nous disent que les guides officiels prennent des commissions sur les achats des touristes (ça on le savait !) mais pas eux, ce sera plus avantageux pour nous.

     La terrasse des tanneurs est décevante, beaucoup trop haute, beaucoup trop loin. Cela ne vaut pas la visite à Marrakech. Je ne me laisse pas tenter par les babouches, 200DH, c’est beaucoup trop cher. D’ailleurs nous n’avons presque plus d’argent et il n’y a pas de guichet automatique dans la médina. Les petits nous conduisent vers la porte de la ville où nous trouvons un petit taxi pour l’hôtel.

     Déjeuner sur le pouce : sandwichs au poisson frit très épicé : sardines pour moi, congre plein d’arêtes pour Dominique .Nous trouvons un avocat à la crémerie drôle d’endroit. La raison est simple, avec une centrifugeuse on fait du jus d’avocat avec du lait, plus classique, le milk-shake aux amandes, à la vanille ou à la banane.

     Le réceptionniste de l’hôtel a invité une loueuse de voitures qui vient avec sa fille mais sans les tarifs ni les contrats. Elle ne connaît pas la carte VISA Premier et ses assurances. Cela ne nous inspire pas confiance. Elle propose une Fiat UNO pour 450 DH, nous ne concluons rien avec elle. Nous verrons demain les enseignes mondialement connues.
Sieste écriture et café près de la piscine.

Fès el Djedid

    Fès el Djedid, Fès la neuve du XIIIème siècle, (la nouveauté est toute relative) se trouve à environ 20 minutes de marche de l’hôtel. Nous suivons une avenue moderne avec une très belle vue sur un ravin et des collines vertes. Puis nous arrivons dans une foule compacte qui fait ses achats dans un bazar tout à fait contemporain : bassines en plastique, fleurs artificielles, grills …Nous atteignons une porte carrée qui s’ouvre sur une ruelle encombrée de foule. Aux abords, sur le trottoir, des petites gerbes de mauvaises herbes, une poignée nouée par un brin d’herbe, sans doute pour les moutons. Heureusement, nous ne prenons pas cette ruelle. Au contraire, nous traversons l’ancien Mellah en suivant une belle rue large bordée de magnifiques maisons ornées de balcons de bois ouvragé de style colonial avec des frontons décorés, des fenêtres en saillie ornées de ferronnerie. Au rez de chaussée, les boutiques des orfèvres juifs sont remplacées par des marchands de fruits secs, pruneaux, dattes amandes, pralines et pâtisseries. Une bonne odeur d’amandes grillées flotte.

    Plutôt que demander le cimetière Israélite ou la synagogue, nous désignons la place Allaoui que tout le monde connaît. C’est l’entrée du palais Royal, monumentale, plus grande que les portes de la ville avec des décorations polychromes, des zelliges, des portes de bronze. Tout cela flambant neuf, brillant – trop neuf, trop clinquant – précédé d’une immense esplanade bordée de palmiers et de massifs fleuris. Personne n’a le droit de la traverser, des militaires sifflent ceux qui s’y hasardent et verbalisent les vélos.

Le Palais est une ville secrète bien gardée.

     Au bout de l’esplanade, un parking bruyant : il s’y déroule une activité intense de marché aux puces où tout ce qui est imaginable se négocie : des bracelets-montres, des gazinières, des canapés, de vieux vêtements ainsi que des neufs.

Cimetière juif

       Le cimetière juif se trouve derrière ce marché. Nous ne trouvons pas l’entrée, quelqu’un nous l’indique : la porte noire derrière le garage. Elle est bouclée à double tour, il faut sonner trois fois. Personne n’ouvre :
-    « Ya Khuya, le cimetière est grand » dit à mon intention un invalide barbu famélique qui surveille un étal minable de couteaux, tournevis à même le goudron.

       Un vieil homme à la peau noire et aux yeux morts nous fait entrer sans un mot. Un autre homme se précipite, m’accueille en hébreu, me serre le bras. Visite guidée : des centaines de tombes  en demi cylindre chaulées de blanc sont entassées. La plupart n’ont pas de nom mais le chaulage est impeccable. Des morts d’épidémie de peste, commente t il. Notre hôte a la mémoire des lieux et connaît les concessions de chaque famille : les Sarfaty, les Pinto, les Danan … des mausolées honorent des rabbins célèbres : Sarfaty et Danan. Notre hôte répète à satiété que les Juifs Marocains protégés du Roi, sont bien, que la communauté marocaine est protégée. Il est heureux de parler Hébreu, ses fils sont en Israël. Il est fier de son cimetière bien entretenu. La tombe d’un rabbin ressemble à une locomotive, une bougie y brûle. , celle de la jeune Soulica est teinte de bleu et blanc tacheté curieusement .Soulica était une très jeune fille qui avait refusé de se convertir à l’Islam pour se marier avec le Roi .Il nous mène ensuite à la synagogue transformée en musée. Musée de quoi ? Cela ressemble plutôt à un grenier avec quelques objets du culte sans valeur, des chapeaux, quelques vieux livres, une collection de pierres, des vieux habits. Deux mannequins miment des mariés sous la Khoupa. C’est dérisoire, infiniment triste. Touchante aussi, la classe de l’Alliance Israélite, les bulletins d’Elbaz, Sebbag ou Azoulay… Le juif nous fait sortir par l’arrière. Sorti de son cimetière sa peur est palpable. Il m’extorque 100 DH pour l’entretien du cimetière. Je suis furieuse parce qu’il ne nous reste plus un dirham pour ce soir. Je me raisonne vite, 100Dh, c’est 66 Francs, deux entrées dans un musée européen, la djellaba achetée hier …moins que ce que nous avons donné au guide incompétent. Finalement c’est si peu face à la tristesse de ce qui reste de la communauté ! Je mesure aussi la différence entre la situation actuelle et celle en 2001 lorsque nous sommes venues à Marrakech dans l’avion des juifs qui venaient passer Pessah en famille.

     Nous décidons de quitter Fès demain. Si nous restions que ferions nous ? Nous avons bien exploré la médina Fès El Bali et Fès El Djedid. La ville nouvelle ne nous dit rien Mieux vaut ne pas attarder et avoir plus de temps pour descendre dans le sud ; Dominique ne supporte pas la foule très longtemps, quant à moi, je ne saurais qu’inventer comme programme. Fès garde pour elle ses secrets que les touristes ne profanent pas. Les chantiers empêchent aussi les visites.

     Nous rentrons à l’hôtel à la tombée de la nuit.
Le dîner se compose d’un potage, poireaux pommes de terre, d’une omelette pour Dominique, couscous pour moi. On s’attaque au couscous qui suffit largement pour deux et laissons le reste.
Pour aller fumer sur le balcon, Dominique fait glisser la porte-fenêtre qui s’enclenche. Nous voici prisonnières sur le balcon ! Dominique hèle les passants dans la rue qui alertent la réception. Finalement le portier vient nous délivrer. Fou-rire ! Cela fait du bien de rigoler.


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