CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Royaume-Uni

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Chateau de Cawdor

Publié le : 12 Septembre 2007
Chateau de Cawdor

Itinéraire

      Le château de Cawdor est situé à une quinzaine de miles à l’est d’Inverness et une dizaine au sud de Nairn. Une petite route passe par le champ de bataille de Culloden où bonnie Prince Charles fut défait en 1746  et à côté d’un Cairn préhistorique. A Inverness, impossible de trouver cette petite route. On se retrouve sur l’axe Inverness-Aberdeen et nous arrivons directement à Cawdor. Le parking est ombragé par des chênes séculaires magnifiques (l’ombre est assez inutile, le ciel est gris). Les pelouses sont d’une finesse incomparable, les mêmes que celles du golf qui appartient au château. Curieusement, les tarifs du golf sont très raisonnables (10 £ la partie ou 14£ la journée). Dommage que nous ne golfions pas !

Jardins

     Nous profitons d’une éclaircie pour visiter les jardins : le jardin des fleurs, le Jardin sauvage et Le jardin enclos de Murs. Le jardin des fleurs est un enchantement : mélange savamment désordonné de fleurs des champs comme les campanules ou les géraniums bleus et roses avec d’autres plantes plus sophistiquées comme les delphiniums ou les lupins. Harmonie de bleus et de blanc. Camaïeu de bleu à rose en passant par violine et mauve. Pas de jaune, peu de rouge. Enfin, si ! Un énorme coquelicot –un pavot ? – fait une unique tache rouge ans un massif. Des feuilles carmin d’un arbuste inconnu se détachent. Des seringats blancs ont des fleurs très simples. Simplicité trompeuse avec des variétés infinies de géraniums.
Des jardiniers travaillent avec des outils minuscules qu’on utiliserait pour des balconnières. Leurs genoux sont protégés par des coques plastiques comme les surfeurs. Pas une mauvaise herbe, le gravier est finement ratissé. En revanche, on ne touche pas au lichen qui colonise poiriers vénérables ou ifs déplumés. Nous nous livrons à une débauche photographique. J’ai un nouvel alibi : j’ouvrirai un dossier « fleurs » et je ferai un diaporama !

Château

     En dehors de la saison touristique, le château de Cawdor est habité. On a balisé des parcours pour les visiteurs et déroulé des bandes écossaises du tartan familial des Campbell et placé des feuilles explicatives. Tout est fait pour suggérer l’intimité de la famille des propriétaires : photos encadrées, objets modernes usuels, téléphone, romans actuels.

    Les tapisseries qui camouflent entièrement les murs de certaines pièces  doivent réchauffer l’atmosphère. Une série a pour thème Don Quichotte une autre illustre des épisodes bibliques. Le mobilier est de provenance variée, toujours de belle facture. Comme dans le jardin, un désordre précieux est cultivé suggérant la vie, le confort plutôt que des reconstitutions historiques ou les collection solennelles d’un usée. Chaque tableau ornant les murs mériterait qu’on s’y arrête un moment. Les châtelains sont aussi des amateurs d’art moderne du meilleur goût. On y reconnaît des vues du château. Dominique s’arrête devant un tableau contemporain particulièrement réussi représentant des troncs gris entrelacés. Le titre : « L’entrée de l’allée ».

    Jardin enclos de murs

Nous avons la surprise de reconnaître le tableau dans la double rangée de cytises formant une allée couverte, encadrant le labyrinthe de houx taillés, comme ailleurs on taille le  buis ou des ifs. Une autre partie du jardin dans les murs est un verger de vieux poiriers, néfliers, pruniers.

    Jardin sauvage

    Le jardin sauvage fait la transition avec le parc. Sur une pente on a planté des rhododendrons et des azalées. La floraison est terminée.

    De là partent des circuits qu’on appelle Nature Trails je choisis celui de 2 miles qui passe sous d’imposants séquoias puis dans une hêtraie d’arbres magnifiques séculaires. Une rivière, presque un torrent coule dans un creux. Pourquoi l’eau est elle si brune ? Est-ce la rouille ou la matière organique d’un terreau de feuilles ? Il semble que malgré la latitude nordique les végétaux soient florissants. Chênes et hêtres – arbres nobles – ont peut être l’âge du château ?

    La légende du château

    Selon Shakespeare, Macbeth était le thane de Cawdor. Le château actuel est plus récent et date d milieu du 14ème siècle. On raconte que le châtelain bâtisseur aurait chargé un âne d’un coffre d’or et aurait attendu que l’animal se repose pour désigner le lieu où il construirait son donjon. L’âne aurait choisi un houx toujours visible au centre du donjon. On aurait mesuré avec le C14 l’âge du bois et la date de 1372 est tout à fait cohérente avec  la légende !


fumerie de saumon à Granton

Publié le : 12 Septembre 2007
fumerie de saumon à Granton

Fumerie de saumon
    Après le pique nique nous décidons d’aller voir une fumerie de saumon à Granton dans la Vallée de la Spey à une vingtaine de kilomètre de Cawdor. Dominique a gardé un souvenir extraordinaire des fumeries nordiques, de l’odeur du bois, de la fumée. C’est aussi l’occasion d’acheter de l’excellent saumon.
    Encore une fois, nous faisons le double de chemin en passant par Nairn. Au nord du parc  Naturel de Cairngorn nous traversons une lande couverte de bruyère. C’est vraiment l’Ecosse des cartes postales ! Le sol gorgé d’eau passe à des tourbières. Pour moi, c’est un enchantement. Pour Dominique la conduite exige une attention redoublée : toujours pas de bas côtés et à peine la place pour que deux voiture se croisent – on ne parle pas des camions de bois !
    La fumerie appartient à une Rockstar : Jethro que je ne connais pas. La visite est une déception. C’est un bâtiment moderne situé dans une zone artisanale tout à fait banale. A la Réception no ne paie guère d’attention à nous et on ne se donne même pas le mal de brancher l’audiovisuel. La seule activité qui se déroule en ce moment est le découpage du saumon en tranches fines qu’on va emballer. Rien de spectaculaire ! Nous nous contentons de lire les commentaires écrits décrivant les étapes de la fabrication :
-    salage avec un mélange de sel et de mélasse
-    rinçage puis séchage suspendu sur des portoirs
-    fumage
-    découpe et emballage.


A l'est d'Inverness : Nairn et Fort George

Publié le : 12 Septembre 2007
A l'est d'Inverness : Nairn et Fort George

Les plages de Nairn

      Nairn a deux plages de sable blanc. Je retrouve le plaisir de marcher sur la plage. Pas question de se déchausser, il fait bien trop froid. Le vent d’Ouest me cingle si bien que je referme la capuche de la parka. L’air sent bon les algues et l’iode. Cette odeur marine me surprend un peu. Ici, le Firth of Moray est étroit. Je distingue tous les détails de Black Island. Je reconnais ma promenade au dessus de Cromarty. Partout l’horizon est barré de crêtes. Et c’est justement un  point d’observation pour les dauphins. L’un d’eux, Sundance reconnaissable à une tache orange est bien connu des habitants de Nairn. Sur le bord je vois des villas imposantes, tourelles bow windows, un castelet en pierre de taille grisâtre  entouré de pelouses impeccables : c’est le club house d’un golf. Encore un ! L’autre plage est bordée d’une forêt de pins plantée en 1920     pour fixer les dunes mouvantes qui ont enseveli un village entier par le passé.
    La route Aberdeen Inverness est saturée à 17heures. Chacun rentre chez lui en voiture. N se croirait dans la banlieue d’une grande ville tandis qu’on traverse Nairn qui n’est qu’une bourgade sans importance. Dès que nous le pouvons nous quittons l’axe fréquenté pour la petite route de la côte qui va à Andresier et à Fort George.

    courses

    Courses à Andresier dans une épicerie Mac Call. En Ecosse on peut se ravitailler dans les campagnes, les prix sont tout à fait comparables à ceux des grandes surfaces. Il y a moins de choix, bien sûr, mais il est inutile de perdre son temps dans un grand centre commercial. En revanche le prix de l’essence varie de 94p à 103p. Avec notre gros véhicule il faudra bien choisir la pompe ! Attention aussi à la panne sèche, les stations service sont rares dans le centre de l’Ecosse.

    Fort George

    Fort George est fermé. Belles fortifications à la Vauban. De toutes les façons les reconstitutions de la vie militaire ne nous auraient pas tentées. J’avais pensé que la promenade à la pointe serait belle. Terrain militaire, manœuvres en cours.

    Non loin du fort à partir d’u  parking une promenade nature est aménagée sur le cordon de galets. Un panneau signale un curieux phénomène datant de la Période Glaciaire. Le glacier a repoussé les roches sédimentaires, comme l’aurait fait un bulldozer. Les couches se sont retrouvées repliées sous l’effet de cette pression. On observe aussi une terrasse : plage témoin des variations du niveau de la mer ou de la surrection du continent, l’Ecosse libérée de sa calotte glaciaire remonte. Le long de la grève de galets on a tracé un sentier d’observation. Des ornithologues ont installé des bornes de bois sur lesquelles on a sculpté des oiseaux (courlis, canards, huîtrier pie) puis on les a peints. Un dispositif sonore permettait aussi de les entendre (en panne aujourd’hui). A l’arrière de la plage, un petit bois est sculpté par le vent d’ouest (étrange, la mer du nord est plutôt à l’est !) j’y cueille des framboises mûres. Des mêmes géraniums bleus que j’avais remarqués au château y poussent sauvages.

    Dominique était persuadée que j’avais les clés du gîte, et moi que c’était elle. En rentrant, la voisine nous guettait. Elle avait ramassé le trousseau pendu à la serrure.


Autour du Loch Ness : Urquhart et Drummadochit

Publié le : 12 Septembre 2007
Autour du Loch Ness : Urquhart et Drummadochit

De Beauly à Drumnadochit (comment cela se prononce – t il ?) – 17 miles – par une jolie petite route dans la lande. D’après les cartes postales, le château d’Urquhart semblait posé sur une île dans le Loch Ness. Pas de bac, ni de pont : on l’atteint à pied sec !

    Histoire d’Urquhart

    En introduction, les visiteurs sont accueillis par une vidéo très bien faite sous titrée dans les langues des non anglophones (espagnol et français, aujourd’hui).
En 580 AD s’arrêta à Urquhart et convertit le vieux chef Picte Emchath.
Le château fut construit au 13ème siècle par la famille Durward
En 1276 il fut conquit par Edward 1er d’Angleterre
En 1308 Robert le Bruce chassa les anglais du nord de l’Ecosse
Au 15ème et au 16ème siècle la menace venait de l’Ouest, des MacDonald, seigneurs des îles
En 1500 le château passe aux mains des Grant
Au 17ème, pendant les guerres jacobites, les Grant firent sauter le château et l’incendièrent pour qu’il ne puisse pas servir de base aux Jacobites.

    Ruines médiévales

    C’est donc un château en ruines qu’on visite. Les vieilles pierres sont mises en valeur par l’écrin vert d’une pelouse fine qu’une escouade de jardiniers tondent aujourd’hui.
    Poterne, salle des gardes, prison, donjon… Même si nous avons visité cent fois leurs analogues, nous avons plaisir à les découvrir dans ce site grandiose et à regarder le Loch Ness à travers les meurtrières. Un dispositif frappe mon imagination : pour consommer le grain, il fallait le sécher dans une sorte de cuve de pierre à proximité d’un feu, un peu comme un four. Cela en dit long sur l’humidité du climat !

    Souvenirs

    La boutique de souvenirs propose un échantillonnage complet de tartans, écharpes, bijoux mais aussi des cartes anciennes, des livres, des CD. Pour Maman, j’achète une carte ancienne, pour Valou deux livres de recettes de cuisine, pour dominique des toffee et pour moi, une Histoire de l’Ecosse illustrée 3.99 £.

    Sentier CraigMonie

     A l’Office de tourisme, installé sur un grand parking, les employées sont très agréables et prodigues en cartes et plans. Je pars  sur le sentier de CraigMonie munie d’un topo détaillée et d’une carte. Monie était un chef Viking norvégien, les balises sont décorées d’un viking casqué. Le sentier fait une boucle sur une colline boisée. Les explications naturalistes sont présentées sur des panneaux de bois qui se range en coulissant à l’intérieur des poteaux. Il suffit de faire basculer la flèche pour avoir une leçon très complète concernant toutes les essences : frênes, sorbiers, pin sylvestre, pin douglas, « spruce » ? Le sentier monte et descend la dénivelée cumulée compensera la courte distance (3miles). Je dérange trois gros rapaces – des buses probablement- et un pinson. Je grappille les framboises.


Autour du Loch Ness : Fort augustus, Foyers, Inverness

Publié le : 12 Septembre 2007
Autour du Loch Ness :  Fort augustus, Foyers, Inverness

Le tour du Loch Ness

     La route A82 qui emprunte « The Great Glen » d’Inverness à Fort William est très fréquentée. Même si elle est assez large pour qu’on s’y croise sans difficulté la présence de nombreux camions rend la conduite désagréable. On ne peut pas s’arrêter pour jouir de la vue sur le lac.

    Fort Augustus
      A Fort Augustus, au bout du Loch, c’est la cohue. Le parking payant est complet. Un écossais joue de la cornemuse. On y vend des fraises. L’attraction, ce sont les écluses en série dans lesquelles une demi douzaine de petits bateaux blancs à moteur attendent attachés à des crochets. Quand la porte s’ouvre les plaisanciers détachent leur embarcation et marchent en tenant le bateau en laisse. La manœuvre est facile des enfants la réalisent – très fiers- .

    La route qui nous ramène à Inverness par la rive opposée quitte la rive et monte dans une lande de bruyères très sauvage. Sous le ciel gris, elle paraît encore plus rude. Des petits lacs se sont formés dans les creux. Un ruisseau serpente en décrivant de larges boucles. ON est très loin de Fort Augustus et ses cluses soignées.

    Au col (400m) Suiche Chuimein View Point la vue est très étendue. A côté des panneaux une sorte d’échelle permet aux piétons d’enjamber la clôture et de suivre le chemin qui monte vers les sommets. Il traverse des tourbières gonflées d’eau comme une éponge. Il faut rester sur le sentir empierré ou sauter de touffe en touffe pour ne pas se tremper les pieds. L’air est très vif, le vent souffle. Je me croirais en haute montagne et pars à ‘assaut d’une petite colline comme si c’était un sommet des Alpes. Derrière, il y a une autre crête, encore derrière, un petit pic, chicot rocheux que je grimpe avec un grand plaisir. Je reviens, dévalant les pentes, ravie de mon expédition.

      Cascade de Foyers

     La promenade est très aménagée avec des rampes et des marches de bois dans une pinède. Des écriteaux préviennent qu’il y a des caméras de surveillance en action …pour les écureuils roux (les écureuils gris américains sont en train de supplanter les écureuils autochtones). Quand aux caméras ! C’est un débat qui revient en ce moment tous les moments à la télé sur BBC1 Scotland. Récemment les caméras ont permis de confondre les terroristes de Londres et de Glasgow. Leur efficacité a d’abord rassuré les britanniques mais maintenant elle les inquiète. Big Brother est une invention britannique !

       La balade à la Cascade a été courte, je la poursuis en descendant à Lower Foyers sur le Loch Ness, découvrant une autre cascade et des marmites de géant. La petite route de foyers à Inverness suit le lac. C’est une route à une seule voie et passing places beaucoup plus agréable que l’A82 avec des parkings pour qu’on puisse admirer le château d’Urquhart. Les cartes postales qui le font croire dans l’eau on dû être prise en bateau, de cette rive, il est beaucoup trop petit !

     Nous arrivons à Inverness par les quartiers résidentiels sur les bords du canal Calédonien. Les berges du canal ont été aménagées pour la promenade. Nous avons une vision ensoleillée d’Inverness avec les flèches de ses églises.


Black Island : Dauphins et Pictes

Publié le : 12 Septembre 2007
Black Island : Dauphins et Pictes


    Les courses à Beauly sont amusantes : un brin de causette chez le boucher, la caissière de la Co-op me demande si je veux une carte de fidélité...Les légumes qui se vendent chez le fleuriste, la Poste à la papeterie..

    Dauphins ?

    A 10 heures,  nous nous garons sur le parking de North Kessock juste après le pont suspendu qui enjambe le Firth of Beauly. Dans un cabanon, les naturalistes surveillant les dauphins ont établi leur base. Des microphones installés dans l’eau permettent d’entendre arriver les dauphins.

    L’animatrice nous conseille d’aller plutôt à la Pointe de Chanonry qui est un meilleur point d’observation, le Firth  est très étroit. Si les dauphins passent ils seront plus près. C’est marée haute la mer commence à descendre, c’est une heure très favorable, selon elle, il faut se dépêcher.

    Malgré des prévisions météo exécrables, il fait très bon. Le pâle soleil finit par percer. Pas un souffle de vent. La surface de l’eau est plate comme un miroir. Le moindre aileron, la queue, le museau devraient être repérables. A peine sommes nous arrivées, que quelque chose de noir sort de l’eau et replonge. Mon premier dauphin ? Un instinct de chasseur enfoui quelque part dans mon code barre fait monter l’excitation, comme la proximité des fauves. Je sors les jumelles et scrute dans la direction du triangle noir disparu. Un peu plus loin sort la tête fine et le long cou d’un cormoran. C’est lui que j’avais pris pour un dauphin ! Très conscient du nombre de jumelles braquées sur lui, le cormoran joue les stars. Il a même l’air de me narguer. Il ressort plus loin avec un gros poisson frétillant dans son bec. C’est tout un spectacle que de le voir faire pivoter sa proie pour pouvoir l’engloutir. Je vois le cou de l’oiseau se dilater. Puis il s’enfuit en rase motte, bientôt rejoint par deux autres.

     Que faire en attendant les dauphins ? Je sors le carnet moleskine et je dessine. Dominique me signale que des touristes ont repéré quelque chose. J’ai tout juste le temps d’empoigner les jumelles et d’observer la gueule moustachue d’un phoque qui fait surface et disparaît. Au bout d’une heure, nous nous décourageons.

    Rosemarkie

    Je rejoins Rosemarkie par la plage sur la fine bande laissée par la mer descendante. Le sable est clair, par endroits il y a des accumulations de graviers rose foncé et des galets variés plutôt gris. Vers Rosemarkie, les galets sont plus gros et situés sur le haut de l’estran. Je n’ai aucune interprétation sédimentologique pour expliquer cette répartition. Peut être tout simplement a-t-on voulu dégager la plage pour les estivants ?

    Rosemarkie est une station balnéaire plutôt coquette avec de jolies villas en grès rose sur le front de mer. Le sable de sa plage est rosé également. Rosemarkie se déclare « free of alcohol ». La consommation à l’extérieur entraîne une amende faramineuse. La prohibition américaine vient elle des puritains écossais ou les Ecossais imitent ils les Américains ?

    Musée Picte

    Le minuscule Musée Groam est gratuit. Une vieille dame arborant le badge « volunteer » nous questionne longuement. Un DVD présente les Pictes, premiers habitants du Nord de l’Ecosse, peuplade plutôt mystérieuse qui a laissé des pierres gravées de toute beauté de l’Age de Bronze au 9ème siècle de notre ère. Les pierres gravées portaient de gracieux symboles en croissant, double disque, fer à cheval ou miroir. Des animaux étaient également gravés ainsi que des scènes de chasse. Enfin des entrelacs compliqués et savants complétaient la décoration de certaines de ces pierres levées qui font penser à des menhirs.

    Une autre partie du musée est purement décorative. Des artistes contemporains ont réinterprété les motifs pictes qui rappellent les graphismes celtiques bretons ou irlandais. Des tampons encreurs sont même proposés pour l’amusement des enfants. Je tamponne plusieurs feuilles en prévision de la décoration de l’album photo. Dans un coin, sur une harpe. Dominique joue Scarborough Fair que j’immortalise dans un petit film.

    Déjeuner
    Au menu : le saumon des fumeries de Grantown On Spey que nous voulons déguster dans un bel endroit. La table que nous convoitions en bord de plage est occupée. La quête de l’endroit serra longue : détour par Eathie, galère dans Cromarty. Nous échouons sur le bord du Firth de Cromarty sur un parking pas très propre.


Cromarty

Publié le : 12 Septembre 2007
Cromarty

    Musée du Tribunal de Cromarty

    Le Musée installé dans le Court House a reçu de nombreuses distinctions. L’attraction principale est la reconstitution d’une audience au tribunal au 18ème siècle. Dans la salle historique des mannequins parlent et même se meuvent à notre entrée. Le shérif a l’air vivant. La présentation du tribunal n’est pas une attraction gratuite. Elle veut démontrer les différences entre juridiction anglaise (Commonlaw) et la juridiction écossaise avec l’individualisation de la peine (comme dans le Droit Français). C’est cette différence dans le Droit Ecossais qui permettait aux jeunes couples de se marier sans le consentement des parents. Autrefois, en 1969 Eti et Tchouka avaient fait le voyage d’Ecosse pour se marier.  Ce n’est qu’un élément de visite parmi d’autres.

     On a aussi reconstitué la prison Des objets donnent une foule de détails.. Une autre figure animée fait revivre Sir Thomas Urquhart, châtelain de Cromarty au 17ème siècle, traducteur de Rabelais, gentilhomme excentrique.

    Histoire de Cromarty
     
Une cassette vidéo raconte l’histoire de Cromarty La prospérité de Cromarty au 18ème siècle est due à une situation géographique exceptionnelle : un port naturel permettant d’abriter nombreux navires. Le châtelain entreprenant : George Ross (1760) favorisa l’implantation de trois usines : une fabrique de clous, une brasserie et une filature de toile de chanvre, importé de saint Petersbourg. Ces usines, en plus de la conserverie de harengs et l’abattoir de porcs faisaient de Cromarty une ville très prospère. En plus du château de George Ross on construisit de belles demeures en grès rose. Cette industrialisation draina les paysans des Highlands. Certains d’entre eux ne parlaient pas Anglais. George rosse construisit pour eux la chapelle Gaëlique. Des épidémies en 1830 puis l’arrivée du chemin de fer en Ecosse scellèrent le destin de la petite ville. Les voies d’eau avaient perdu de leur importance. La petite ville s’assoupit vers la fin du 19ème.

     Actuellement Cromarty ne vit pas que du tourisme. Une nouvelle industrie s’est développée : la construction des plateformes pétrolières dans son Firth très profond. Un énorme tanker passe sous nos yeux, escorté par deux remorqueurs.
Nous avons aussi appris, dans la reconstitution de la prison, ce qu’était la Disruption (1843), scission de l’Eglise écossaise. L’Eglise Libre réclamait que les prêtres soient choisis par les fidèles et non par les autorités. Ces querelles religieuses semèrent de véritables révoltes. Une femme fut emprisonnée puis libérée sous la pression populaire. Ces schismes expliquent peut être le grand nombre d’églises dans le pays. Ce qui est le plus étonnant c’est l’utilisation actuelle des lieux de culte. On ne les laisse pas fermées comme en France. On les transforme, souvent en galerie d’art, parfois en restaurants ou en salle des fêtes qu’on peut louer pour faire des parties. L’installation d’une cafétéria dans la cathédrale saint Gilles ù l’ofice se déroule régulièrement ne choque personne. La délicieuse odeur de bacon m’a paru inédite dans ce  lieu du culte !

Légendes

      L’histoire du village ne serait pas complète sans les légendes de géants, de sorcières et de lutins. Deux géants, les Stutors, deux collines symétriques, gardaient  l’entrée du Firth. J’en ai gravi un dimanche.
Nous étions passées devant deux belles maisons sans nous douter non plus qu’elles fussent hantées.
Quant à la Femme Verte, celle qui fait mourir les bébés, les enlève pour les remplacer par les Changelings, j’aurais dû suspecter son rôle quand j’avais déchiffré les pierres tombales et vu que tant d’enfants étaient morts en bas âge

    Visite de la Ville
    Enfin, un audio guide est prêté pour la visite de la ville. On a imaginé que Hugh Miller - une autre célébrité de Cromarty, un maçon devenu géologue puis journaliste – serait notre guide. Ce stratagème donne de la vivacité au commentaire.
    Nous reprenons la promenade de dimanche dernier « accompagnées » par Hugh Miller qui nous raconte la vie au début du 19ème siècle à l’époque de la prospérité quand les rues étaient très animées.


la fêtte à Beauly

Publié le : 12 Septembre 2007
la fêtte à Beauly

Un nuage bas envahit la vallée juste à notre retour à 18heures. La fête du village sera-t-elle annulée pour cause de pluie ? Non ! bien sûr ! On a installé une  plateforme bâchée avec une toile cirée verte qui sert d’estrade sur la grand place du village juste en face du Fis hand chips « the Friary » (allusion au Prieuré) qui ne désemplit pas. Les familles se sont abritées dans les voitures garées sur la place dînant de frites, de poisson ou de glaces en attendant le spectacle.
      Un accordéoniste, Frankie, essaie de mettre de l’ambiance. Il joue des airs écossais  très connus, des marches, des polkas. Les gens se trémoussent sur place mais personne n’ose se lancer.

     Nous piétinons une bonne demie heure avant que les petites danseuses n’arrivent sous des capes en nylon rouge ou violettes, chaussées de sabots en plastique rose ou bleus. Toutes ont les cheveux tirés en un chignon rond très haut sur le crâne, elles portent des kilts ou des jupes plissées sur des jupons blancs avec un justaucorps de velours assorti sur un chemisier blancs à manches bouffantes. Les plus vieilles ont peut être douze ou treize ans mais les plus jeunes ont à peine 5 ans. Le musicien est un piper de 13 ou 14 ans en grande tenue. Les danses ont des chorégraphies compliquées mais paraissent terriblement monotones aux non-initiées que nous sommes. Les petites filles se penchent très bas pour une sorte de révérence avant de commencer. Elles lèvent les bras et font des entrechats. Deux plus grandes dansent sur des sabres croisés. Nous attendons les cornemuses. Pour nous faire patienter Frankie a repris l’accordéon avec plus de succès, des toutes petites filles dansent pour imiter leurs aînées, même des petits garçons se laissent entraîner.
       Les cornemuses ne jouent pas un morceau pour nous, elles défilent avec les tambours descendent la rue principale, exécutent un demi tour de revue militaire au bout de la place de façon à repasser une deuxième fois, demi tour ! Et nouveau passage. En regardant bien on voit que de nombreuses femmes portent le kilt, différence au niveau des chaussettes, les hommes ont glissé un gros couteau, presque un poignard


Pictish trail et thermalisme victorien à Strathpeffer

Publié le : 12 Septembre 2007
Pictish trail et thermalisme victorien à Strathpeffer

Vendredi 13 juillet : la Route des Pictes

    Nous avons trouvé un itinéraire au musée Groam qui commence au musée d’Inverness, nous prenons le parcours à Beauly pour aller à Dingwall. Il s’agit d’aller voir les pierres gravées par les Pictes sur place (souvent ce ne sont que des répliques, les originales étant conservées à l’abri dans des musées. C’est un grand jeu de piste. Nous disposons d’indices plus ou moins précis, parfois le parcours est fléché, pas toujours. Il faut demander aux passants.


    Eagle stone

    La première pierre a pour nom Eagle Stone et se trouve à 5 km de Dingwall à Strathpeffer. Nous suivons le camion des poubelles sur une route étroite qui fait penser à un chemin creux, caché sous une tonnelle de très beaux arbres dont les ramures se touchent. On a l’impression d’être à la montagne. Nous arrivons à une station thermale charmante et désuète. De grands hôtels sont cachés dans des parcs immenses. Les maisons de pierre grise ont des pignons pointus ornés de feston de bois laqué de vert, de brun ou de rouge. Bow windows, chiens assis, véranda donnent un peu de fantaisie sur la pierre grise austère. Le style victorien rappelle les constructions de Biarritz ou de Deauville.

    La pierre est bien cachée derrière une propriété. On y accède par une allée bordée par une palissade de bois gardée par une énorme chatte tricolore qui fait une démonstration d’équilibre, marchant sur l’étroit champ. Les pétroglyphes sont bien visibles : on reconnaît l’aigle, bien sûr, et le croissant avec les doubles disques. Les signes en Z sont plus difficiles à observer. Pleine de bonne volonté, je dessine sur mon carnet moleskine les motifs et recopie les légendes de l’Eagle Stone.

    «  Eagle Stone – 7ème siècle
A été enlevé pour marquer les tombes du clan Munro tués dans une bataille au 15ème siècle-
Brahan Seer a prophétisé au 17ème siècle que si l’Eagle stone tombe trois fois, les navires seraient capables de remonter pour être attachés à la pierre. L’Eagle stone est  déjà tombé une fois. »

    Tourisme thermal

    Nous nous promenons ensuite dans la station thermale à la recherche de la Source d’eau sulfureuse qui se trouve dans le « square » près du pavillon des soins. Une dame nous accueille en français dans le petit établissement tout carrelé appelé « The Pump ». C’est ici qu’on aurait pu goûter l’eau si, pour une raison mystérieuse, la source ne s’était tarie. Le pavillon est converti en petit musée avec des personnages en cirre grandeur nature, certains sont parlants comme à Cromarty, le médecin délivre sa consultation en public !Une vidéo raconte « La Cure de Délia et Prudence en 1912 », film plein d’humour. Sur des panneaux, dans des vitrines sont exposés toutes sortes d’objets rappelant l’Age d’Or de la cure. Les plus drôles : les manuels de savoir vivre un pour les hommes, un pour la femme. Des ordonnances…

    Sur la place de l’autre côté de la route, une petite gloriette sert d’échoppe au loueur de vélos des vélos noirs très classe sont proposés ainsi qu’un grand Bi.


itinéraire pite : Dingwall, Ardross, Rosskeen

Publié le : 12 Septembre 2007
itinéraire pite : Dingwall, Ardross, Rosskeen

Dingwall

      Nous abandonnons l’époque victorienne pour aller retrouver les Pictes à Dingwall. La pierre gravée se trouve dans le cimetière d’une église. Laquelle ? Trois clochers au moins se détachent au dessus des toits. Comme le centre-ville est piétonnier nous abandonnons la Vauxhall sur un grand parking gratuit et je vais me renseigner au musée. La pierre est bien là où on nous l’a indiqué mais les gravures sont moins intéressantes : un double disque, deux croissants, des cupules… L’important c’est de l’avoir trouvée !

Ardross

     Le jeu de piste continue sur la route A9 puis sur une petite route qui mène à Ardross. Ardross est un tout petit village le New Ardross Hall est un gymnase qui ne paie pas de mine. Nous sommes un peu déçues d’avoir tant tourné dans la campagne pour ne découvrir que des répliques. Un loup et un cerf  gravés sont d’une élégance inouïe ! Une troisième pierre présente des motifs stylisés..

Rosskeen : The Thief’s stone

     Encore une fois, nous croyons être perdues et demandons notre chemin à des jeunes qui ont une sorte de kermesse. Personne ne connaît la pierre ! Nous aurions dû faire plus confiance dans le plan qui est très bien fait. Evidemment il nous faut revenir en arrière : j’ai vu le parking trop tard. Pour étudier les gravures, c’est raté. La pierre se trouve dans un champ enclos, on ne peut la voir que de loin.


miriam
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