CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Royaume-Uni

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itinéraire picte : Eglise de Nigg

Publié le : 12 Septembre 2007
itinéraire picte : Eglise de Nigg

La croix de Nigg

     C’est vraiment le clou de notre périple ! Nigg est le village qui fait face à Cromarty de l’autre côté du Firth of Cromarty, sur une sorte de pointe. La vieille église est construite en hauteur cachée par de grands arbres. Comme à Cromarty, le plan de l’édifice est en T : un bâtiment rectangulaire long orienté E/O, très simple, surmonté d’un clocher. Elle est entourée de tombes moussues sur un terre-plein herbu. Certaines pierres tombales sont toutes effacées ou mangées de mousse. On reconnaît un crâne,e et deux tibias sur la tombe d’une femme riche ce qui rappelle que riche ou pauvre seront pareils dans la mort.

      Quand on pousse la porte de l’église, une bonne odeur de bois ciré nous accueille. On est frappé par l’austérité la sobriété du lieu de prière. A part deux lustres de cuivre il n’y a aucun décor. Des murs crépis de crème, des bancs de bois, une chaire très simple entre deux grandes fenêtres. La croix que nous cherchons est cachée dans une petite pièce sombre fermée par une porte. Peut être sa présence aurait distrait les fidèles de la prière ? Deux interrupteurs commandent l’éclairage. On nous prévient qu’une caméra nous surveille.
      Les deux faces de la Pierre sont finement ornées. D’un côté, une croix surmontée d’un fronton triangulaire racontant la légende de Paul l’ermite. Un corbeau tient en son bec un pain rond (cela ressemble à un  fromage !) Paul et Antoine sont à genoux. Au dessous la croix est entourée de curieuses boules figurant des serpents enroulés ? A l’envers, David tue un lion et protège son troupeau. Il est représenté avec sa harpe. On voit également un aigle et des scènes de chasse.


itinéraire picte : Eglise de Nigg

itinéraire Picte, Shandwick, Hilton of Cadboll,Portmahomack

Publié le : 12 Septembre 2007
itinéraire Picte, Shandwick, Hilton of Cadboll,Portmahomack

Pierre de Shandwick

     La pierre de Shandwick est, elle aussi, érigée au milieu d’un champ. Un abri de verre la protège des intempéries. Décoration de toute beauté, encore des bosses et des scènes de chasse. Malheureusement séparés par une vitre on ne sent pas l’intimité avec l’œuvre. On la voyait beaucoup mieux sur la vidéo de Rosemarkie !

Pique nique

      Le cadre est idéal, un parking donnant sur une plage de sable clair, de belles pelouses, des tables et des bancs. Nous sommes très bien installées pour la salade de pommes de terre thon et olives. Au dessert un gâteau sponge avec de la crème au citron.

    Sous un soleil voilé – mais soleil tout de même – j’arpente la plage le long de la mer du nord. C’est la première fois que l’horizon n’est pas limité par des terres. Nous sommes sur une pointe entre le firth of Cromarty et le firth of Dornoch. Le Firth of Moray est ici très ouvert. Ciel d’ardoise, crêtes bleuies et mer très brillante, miroir reflétant le soleil lumineux. Une famille a relevé aux genoux les pantalons des survêtements. Ils portent des seaux et des épuisettes. La mère et la fille sautent à pieds joints dans les vaguelettes. Trois jeunes gens plus téméraires sont en maillot de bain, ils ont gonflé un canot pneumatique. Seuls se baignent les labradors.

Stèle Hilton of Cadboll

      Nous traversons Balintore : quelques maisons au bord de mer et un  petit port.  La stèle se trouve au milieu d’un vallon, quatre jardiniers tondent l’herbe. Derrière la pierre, les vestiges d’une ancienne chapelle sont cachés par la végétation. La véritable pierre a beaucoup voyagé : en 1676 elle a servi de dalle funéraire à Alexander Duff et à ses trois femmes, puis elle a été transportée au château d’Invergordon, enfin elle a été exposée au British Museum. Maintenant elle se trouve à Edimbourg. Sur place sa réplique n’a que 7 ans. Elle n’a pas encore reçu la patine du temps. Même si la copie est fidèle elle est trop neuve pour être émouvante. C’est pourtant une  sculpture très intéressante représentant une princesse à cheval et des cavaliers partant à la chasse.

     Dans les champs les céréales sont presque mûres : orge ou seigle ? Difficile de le dire de la voiture. Le pictish Trail est ici balisé avec un pictogramme aux entrelacs pictes. La piste nous mène à l’église de Portmahomack, long bâtiment blanc coiffé d’un court clocher qui se détache sur le ciel gris du haut de sa butte verte. A ses pieds, des fouilles archéologiques : un rectangle découpé dans la terre très noire. Trois archéologues travaillent. Une jeune fille dégage doucement un trou avec une sorte de truelle pendant qu’un garçon prend des notes. L’église de Tabat a été transformée en musée. Les sépultures pictes contenant encore des ossements sont recouverts d’une plaque de verre. On voit de très belles sculptures : deux vaches et un veau, la mère lèche son petit, c’est précis et touchant. De nombreux panneaux, des photos, des écrans racontent les fouilles ou la vie du village. Nous avons été des touristes studieuses jusqu’à présent mais notre attention arrive à saturation. Nous regardons tout cela distraitement. Il est temps de s’aérer.

Promenade au phare

       La balade au phare est la bienvenue. Une allée abritée par des ajoncs très hauts nous mène à la pointe fleurie de bruyères. Il en existe au moins trois sortes dont une à grosses clochettes roses pâle que je n’ai jamais vu ailleurs. Les rochers de grès rose ont été sculptés par la mer. La stratification est bien visible. D’ici aussi on guette les dauphins à la jumelle. Des arlésiennes !

      Nous rentrons par Tain, encore une pierre gravée au cimetière, inscriptions peu lisibles. Sur l’A9 le trafic en direction du nord est très chargé, départs en week end ou en vacances. J’ai oublié de parler des panneaux bilingues depuis Cromarty, lettres noires en Anglais, vert en Gaélique. Les noms sont imprononçables. Arrêt au Tesco de Dingwall. La soirée se termine devant la télé : concert Beethoven.


De Beauly à Skye à travers les Highlands

Publié le : 12 Septembre 2007
De Beauly à Skye à travers les Highlands

Nous partons sous la pluie battante par Muir of Ord en direction de Dingwall. Une petite route coupe pour rejoindre la route d’Ullapool. A832 puis A890 qui suit la ligne de chemin de fer dans des vallées presque désertes. Très peu de villages, de rares maisons. Des bruyères, des fougères, des lacs, des cascades, des rivières. L’abondance de l’eau qui ruisselle est en parfaite contradiction avec le concept de désert. Comment qualifier autrement ces étendues inhabitées, désolées ?

    Dominique a décidé que la pluie, les nuages et la brume seyaient à l’Ecosse. Heureusement le plafond des nuages s’est élevé et nous profitons du paysage. Sur un parking on voit un vélo attaché. Un petit pont enjambe la rivière grossie par la pluie. Un chemin de planches a été construit au dessus de la tourbière. Ce chemin de planche invite à la promenade. La pluie vient de cesser. Les nuages se séparent. Les couleurs s’avivent. L’eau reflète le bleu du ciel.


Attadale : un jardin extraordinaire

Publié le : 12 Septembre 2007
Attadale : un jardin extraordinaire

A Attadale, nous visitons un jardin merveilleux. Des rhododendrons géants, certainement très vieux ont des troncs lisses rose saumon. Nous découvrons des plantes curieuses aux feuilles de rhubarbe géante, un jardin d’eau, une collection de fougères. Certaines arborescentes sont abritées sous une sorte de dôme géodésique. Je me demande comment ces fougères supportent l’hiver. « Il gèle très peu » me répond la jeune fille de l’accueil. La neige est aussi très rare, il n’y en a pas tous les ans. La côte Ouest est moins froide que la côte Est. Sur un banc dans le jardin japonais nous trouvons des explications sur une feuille plastifiée : le gravier ratissé figue l’eau, un galet lisse représente un poisson qui remonte le courant ce qui veut dire que l’on est maître de son destin. 8 rochers sur une mer de gravier sont les 8 îles de l’immortalité. Une petite auge basse avec une louche de bambou, symbolisent la cérémonie du thé. L’Empereur, comme le paysan, doivent se baisser pour puiser l’eau de la purification.


Eilan Donan sous le soleil arrivée à skye sous l'averse

Publié le : 12 Septembre 2007
Eilan Donan sous le soleil arrivée à skye sous l'averse

Sous un beau soleil, nous arrivons à proximité du pont de Kyle of Loshaloh qui relie Skye à l’Ecosse. Détour pour voir le château d’Eilan Donan qui se trouve sur un petit îlot relié à la terre par un pont de pierre aux arches élégantes ? Trop de monde sur le parking. Il est tard. Et puis nous y repasserons au retour !

    Notre propriétaire nous a prévenues : tout sera fermé le dimanche sur l’île. Il vaut mieux s’arrêter se ravitailler au supermarché juste avant le pont. Le temps s’est gâté  brusquement. Nous arrivons sur l’île sous une belle averse. Je suis un peu surprise par la densité des cottages. La route qui passe par Broadford est très construite avec une abondance de B&B, bien souvent complet. Skye nous apparaît bien touristique après les étendues inhabitées que nous venons de traverser.

    A Sligachan, malgré la pluie tout le monde est dehors avec  des jumelles. Je demande ce qui se passe à une dame. « C’est une course ! » Les spectateurs suivent les grimpeurs sur le Cuillin.

    Nous arrivons à 16H30 à Dunvegan. Les indications au téléphone étaient suffisantes. Le propriétaire taille la haie de troënes, sa femme fait les honneurs de la maison. On entre par derrière dans la cuisine très bien équipée. Tout est neuf. Dans la salle à manger sur la grande table ovale de pin verni elle a posé un bouquet de fleurs. Le grand salon orange a une double orientation il est équipé d’une télé toute neuve à écran plat et de canapés très confortable. L’objet le plus original c’est la « cheminée avec un feu électrique » qui fait illusion et chauffe très bien. En face de la petite entrée : une belle salle de bains. Les trois chambres sont à l’étage. La bleue est double, la mauve twin. Nous installons les bagages dans la petite chambre d’enfant.
    Je mets à profit la soirée pour étudier les cartes, les prospectus et parcourir le livre de randonnées. Skye est vraiment très différente des régions que nous venons de traverser. J’ai peine à croire que nous sommes encore en Ecosse.


Eilan Donan sous le soleil arrivée à skye sous l'averse

Dunvegan : La dame aux moutons

Publié le : 12 Septembre 2007
Dunvegan : La dame aux moutons

Le premier jour est consacré à l’exploration des environs de notre gîte. Aucun plan précis, aucun but. Nous roulons au hasard sur les petites routes à une seule voie se dirigeant vers le rivage. Premier essai non concluant, nous faisons demi tour dans un vallon boisé sans aucune vue.

    La dame aux moutons

    Deuxième essai, des panneaux annoncent qu’une maison est à vendre. Nous pourrons toujours prétendre être des acheteurs. D’autres écriteaux demandent d’être prudent « vieux animaux ». Nous imaginions des vieux chiens hargneux gardant la dernière maison où nous devrons faire demi tour. Une femme en bleu de travail, un seau à la main nous interpelle. Je me justifie :
-« Nous cherchons un coin pique-nique ! »
La dame est très aimable. Elle nous montre une petite plateforme au sommet de la colline.
-« On dirait que c’est mou, mais c’est dur, vous pourrez garer la voiture. Avez-vous une couverture de pique-nique ? » (C’est une spécialité écossaise : un plaid, écossais bien sûr, doublé d’une feuille métallique et cela se vend moins de 4£ en supermarché)
-« Voulez vous une carte ? »
La dame entre chez elle pour chercher une clé et me fait entrer dans un cottage ancien meublé de vieux meubles, plein de livres et de tableaux. Le plan  qu’elle me propose est un prospectus des galeries et d’artisans de l’île. C’est un prétexte pour faire un brin de conversation. Elle est ravie de me raconter qu’elle vit ici depuis 25 ans. Elle achète les terres autour des a ferme pour empêcher qu’on ne les construise. Elle a également acheté très cher le petit cottage qui appartenait à des américains. Depuis la mort d son compagnon elle vit avec ses moutons qui sont des « pets » ; ils ont 17 ans. Elle avise l’inscription sur mon sweat shirt de Matane. –
-    « vous êtes canadienne ? »
Comme je lui raconte les orignaux des réserves du Québec elle rentre chez elle pour nous offrir des revues sur les loutres. Elle nous conseille d’aller faire des photos des vaches de son voisin.

Les Trois commandements du randonneurs

    Au bout d’une route carrossable, un vague chemin mène à un portillon dans une pâture de moutons. Nous l’ouvrons sans scrupules. Sur toutes les publications, destinées aux touristes on répète les 3 commandements du randonneur :

1)    rapporter avec soi sa poubelle – on le fait toujours
2)    tenir son chien en laisse ou au pied – on n’a plus de chien
3)    bien refermer les portillons derrière soi – ceci implique qu’on a le droit de les ouvrir !

Les moutons de Skye ont l’habitude des promeneurs. Nous ne les affolons pas. Le terrain es herbu avec de petites collines. Nous sommes sur une pointe. Il y a de l’eau de tous les côtés. Dominique s’assied sur un rocher en hauteur d’où la vue est magnifique. Je continue jusqu’à la plage où je dérange un couple d’huîtriers pie. Je ne savais pas pourquoi ils étaient « pie ». Leurs cris affreux m’expliquent ce mystère ! Tout près, une île toute noire avec une plage toute blanche. En retournant vers la route principale un panneau nous permet de nous repérer : Harlosh à 5 miles au sud de Dunvegan.

    Les nuages du matin ne nous avaient pas incité à prendre notre pique-nique. Nous nous dépêchons de cuire le beefsteak, pressées de repartir. Etonnant le prix du bœuf anglais. Beaucoup moins cher que chez nous et délicieux. J’espère que l’histoire de la vache folle est bien terminée.


Skye : Coral Beach

Publié le : 12 Septembre 2007
Skye : Coral Beach

Le château de Dunvegan

    Le château de Dunvegan se trouve à la sortie du village vers le NW. Sur une petite plate-forme en dessous de la route nous avons une très belle vue sur e donjon carré et les hauts bâtiments. Il est habité depuis le 13ème siècle par la même famille. Le seigneur du lieu Mac Leod est le 30ème

    Des barques à moteur emmènent les touristes voir les phoques installés sur un rocher à une encablure de notre perchoir. Ils sont 4 à se chauffer au soleil. S’ils ne bougent pas beaucoup ils sont très bruyants. Je dessine avec beaucoup de plaisir le château, les rochers, les algues et au fond, les Tables de MacLeod, montagnes aux sommets aplatis.

    Vedettes poilues

    Sur la route à une voie nous rencontrons les vaches poilues aux longues cornes effilées et recourbées qui se prêtent de bonne grâce à la photo. C’est à se demander si elles ne stationnent pas exprès au beau milieu du chemin. Peut être ont-elles reçu quelques douceurs des touristes ?la route monte et descend, dans les creux il y a des petits lacs avec des roseaux et des plantes aquatiques. Des canards pataugent.

    Coral Beach

    Au bout de la route : un parking bondé. C’est le départ de la promenade à la Plage de Corail distante d’un bon mile. Au sommet de la dernière colline qui surplombe la plage toute blanche Dominique trouve un siège confortable avec une vue superbe. Arrivée à la plage, je me déchausse. Le sable éblouissant n’est pas fait de corail. C’est du maërl formé de débris calcaires d’algue et de coquillages. Sous les pieds ce n’est pas confortable c’est même piquant. Je ne regrette pas mon initiative l’eau transparente est presque tiède. Ce sera peut être mon seul bain (de pieds) des vacances en Ecosse. Remontant sur la pelouse je reste pieds nus pour me débarrasser des coquilles. L’herbe est beaucoup plus douce ! Se souvenir quand même que l’emblème de l’Ecosse est le chardon !

    Dominique me fait des signes. J’essaie d’accélérer dans la montée. Trop tard ! La mer montante a submergé l’îlet. Les phoques l’ont quittée. Pendant que je pataugeais à Coral Beach une dizaine de phoques plongeaient, jouaient, s’appelaient, faisaient des cabrioles. Maintenant on ne voit plus que trois têtes luisantes qui sortent périodiquement de l’eau. On dirait que l’animal se tient debout à la verticale et qu’il pointe son museau vers l’extérieur. Dominique les regarde s’éloigner. Ils semblent suivre un courant qui fait une traînée plus lisse et plus claire à la surface de l’eau bleu marine profond et ridée. On repère les têtes lisses et noires. Quand ils s’éloignent on pourrait les confondre avec les cormorans qui pêchent aussi dans le coin.

    Nous rentrons par étapes au gîte d’Hillside. Le ciel est débarrassé  des nuages. La pelouse devant la maison est en plein soleil nous nous installons sur le salon de jardin jusqu’à ce que le vent se lève, très frais. On dînera à l’intérieur.


Trotternish ; Old Man of Storr

Publié le : 12 Septembre 2007
Trotternish ; Old Man of Storr

Sous un beau soleil nous prenons la route de Portree (20 miles) traversant une forêt et des landes. Nous passons Portree sans nous arrêter. A petite route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish est très tranquille. Elle traverse des contrées inhabitées. Les pics déchiquetés de Storr se profilent et nous faisons la photo là où on extrait de la tourbe. Les petites briquettes sont entassées au premier plan de la photo. Nous nous chauffions à la tourbe en Irlande. Jaime bien l’odeur qui ressemble à celle du café torréfié. Pour cette même raison Dominique ne l’aime pas.
    Arrêt suivant pour voir une jolie cascade. L’eau ruisselle partout. Le sol de tourbière est spongieux. Le ciel est encore bien bleu.

Old Man Of Storr

       Le parking au départ de la promenade au  "Old man of Storr" se trouve en face d’une forêt de résineux très dense. Si je craignais de me perdre, me voici rassurée le parking est plein, des touristes descendent de voiture. Le sentier est bien tracé. Le fascicule annonce 4km et 3ààm de dénivelée – au moins une heure. Dès les premiers pas les premières gouttes de pluies tombent mais on ne les sent pas puisqu’une grande partie de la montée se fait sous les sapins plantés très serrés. Quand je sort à découvert des écharpes de brouillard se faufilent entre es pinacles volcaniques. 40 minutes après être partie je suis sous la fine aiguille que je dépasse pour atteindre un petit col. Seuls les randonneurs très bien équipés le dépassent ; Il est temps de redescendre. Je déplie la cape de randonnée.

    Diatomite

    Nous reprenons la route sous une pluie battante. A chaque grand parking nous retrouvons les mêmes voitures. En haut d’une falaise rose, des panneaux nous racontent que là arrivaient les wagonnets de diatomite extraite dans un loch à 4 km. Il este quelques installations rouillées. Pas de diatomite. J’en aurais bien échantillonné. Sous l’objectif du microscope les diatomées sont des organismes particulièrement gracieux.

    Kilt rock

    Kilt rock est une attraction du circuit de Trotternish. Cette formation rocheuse rappelle le tartan écossais. Des sédiments jurassiques de différentes couleurs déposés horizontalement (sables, grès, calcaires) sont recoupés par des dykes, intrusions volcaniques perpendiculaires, formant ainsi le motif écossais. Au dessus une épaisse coulée s’est refroidie en formant des prismes verticaux formant des orgues basaltiques spectaculaires. C’est là que nous mangeons nos salades toutes prêtes achetées à l’épicerie de Dunvegan.
    La pluie redouble sans affecter notre humeur. Après tout, nous attendions la pluie et nous sommes équipées !


Trotternish sous la pluie

Publié le : 12 Septembre 2007
Trotternish sous la pluie

Fossiles

     A Staffin, dans une vieille maison de pierre on peut visiter un petit musée (1.5£). Le gardien est un gamin qui enfourche son vélo quand une voiture s’arrête. Dans un coin, des outils, des vieux meubles auxquels je prête une attention toute relative. L’essentiel de la collection consiste en ammonites énormes de 30 ou 40 cm de rayon, de septaria, galets creux comme des géodes et cristallisés, divisés en loges. Il y a même des empreintes de dinosaures et un fragment d’os de sauropode jurassique. Moins spectaculaire mais tout aussi intéressante : une bélemnite entière.

    Château de Duntulm
    Dominant la falaise, au dessus de la mer le château de Duntulm est bien ruiné. Le site est magnifique mais il ne reste pas grand chose du fief des Mac Donald. Des légendes effrayantes s’attachent à ce lieu. Un bébé aurait été défenestré. On y aurait rendu la justice en enfermant le condamné dans un tonneau bardé de clous qui aurait dévalé le précipice ! Sous ma cape plastique, je brave la tempête. Je ne veux rater aucune attraction du circuit de Trotternish, ni le château, ni les rochers ni le monument de galets érigé en l’honneur des joueurs de cornemuse.

    Kilmuir
    Un groupe de chaumière a été restauré pour installer un écomusée. Deux maisons meublées ont conservé le lit clos par des rideaux, le couvre-lit crocheté avec la laine des moutons de la ferme, tondue, filée, teinte sur place…Sur les étagères, des tasses patriotiques, souvenirs de couronnements anciens de monarques disparus…des lettres, des factures anciennes (pas si antiques puisque l’une d’elles est datée de 1967 !

    Age du Fer

    La dernière étape est une surprise : un tunnel de l’âge du fer. Le site est récemment ouvert au public. Le tunnel n’a été découvert que dernièrement. On a laissé une torche pour que le visiteur puisse y entrer.


Au sud de Skye : Armadale

Publié le : 12 Septembre 2007
Au sud de Skye : Armadale

Vers le sud

    Pour aller au sud il faut plus d’une heure, 50km sur une route à 2 voies où la circulation est plus dense que sur autres routes de l’île. D’abord nous passons entre le vert fluo et l’eau qui s’insinue partout dans des bras de mer tortueux et compliqués. Après Sligachan l’imposante silhouette du Cuilin domine tout le paysage et accroche les nuages. Les couleurs changent : brun, rose des bruyères, vert foncé des fougères. Des dégoulinades pierreuses évoquent des coulées anciennes décolorées. Peut être des pierriers dus à l’érosion ? Vers Broadford, Skye est plate. Les cottages avec leurs panneaux B&B se succèdent. Le tourisme n’est pas agressif, pas de faute de goût, pas d’immeubles, des petites maisons blanches derrière leur jardin. Mais le charme est rompu. Plus de solitude, de landes ou de vertes prairies peuplées seulement de moutons.

    Des petits panneaux bleus étoilés signalent que la route de Sleat est fiancée par la Communauté Européenne. Elle est large de 2 voies, avec (luxe !) des bas côtés faisant trottoir et même une piste cyclable ! La route la plus large que nous ayons fréquentée depuis bien longtemps. Là aussi, cela casse l’ambiance !  La côte sud est la « côte d’Azur de Skye : le climat est plus doux, les agaves fleurissent, les fuschias forment de gros buissons rouges, presque des arbres, poussant, sauvages, sur le bord de la route. La côte est également plus construite de jolies villas avec des jardins magnifiques.

    Armadale

    Le Château du clan Macdonald est entouré de jardins. Le « château » est une ruine gothique qui date de 1815 et qui a brûlé quelques dizaines d’années plus tard. L’aile plus ancienne est une belle  bâtisse rectangulaire. Une autre ruine se trouve dans le jardin devant le lavoir. Les jardins sont plus intéressants : mélange « naturel » de plantes cultivées et de fleurs sauvages. Des primevères composées, supercoucous à plusieurs étages de 60 cm de haut. Des fuchsias arbustifs, des agaves au feuillage et aux hampes florales violettes.

      Le musée est ultra moderne. On y prête un audio guide très bien fait. Sans cet auxiliaire l’exposition de textes et de photos aurait été bien austère et indigeste. Mais le commentaire est intelligent. Nous entendons une nouvelle version de l’histoire de l’Ecosse à travers la version du clan Macdonald.
Les origines celtiques des Gaëls sont bien expliquées. Comment faire des Hébrides et de Skye le centre du monde ? En affirmant que les Vikings ont « découvert l’Amérique », en étendant leur domaine d’influence jusqu’à l’Empire byzantin et même à  la route de la Soie. On imagine alors que les marins abordant Skye échangeaient des informations venant du monde entier. L’ancêtre des Macdonald, Sommerled, marié à une princesse norvégienne, établit – dit on – sa supériorité en dotant son drakkar d’un gouvernail. Les Macdonald étaient les Seigneurs des Iles. Leur domaine s’étendait jusqu’à l’Irlande.

      Le nom de Flora Macdonald est lié à celui de Bonnie Prince Charlie. Les guerres Jacobites sont aussi très bien expliquées. C’est une bonne mise au point après notre visite au château d’Edimbourg.

     Une pièce est consacrée aux tartans, cornemuses, et autres accessoires romantiques ou folkloriques mis en scène par Walter Scott puis par l’Angleterre victorienne. Ce folklore est repris à son compte par une Ecosse actuelle toujours nationaliste.
Je n’ai pas appris grand-chose de nouveau qui ne soit pas dans le Gallimard mais c’est une bonne illustration. A force de répétition, l’histoire de l’Ecosse commence à rentrer !


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