CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Turquie

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Cappadoce - Mustapha Paça

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - Mustapha Paça

Ürgup : carte bleue, courses essence.

Mustapha Paça est un petit village à l’écart des circuits touristiques. Abandonné par les grecs en 1923,  il était appelé autrefois Semessos. Un échange de population y a transféré des Turcs de Thrace, de Macédoine et de Bosnie. Un jeune homme blond aux yeux bleus nous accueille et raconte que sa famille est originaire de Salonique. L’église est récente, son proche est décoré de pampres et de grappes peintes en bleu et en rouge. Dans une petite pension on nous indique une promenade qui mène à trois églises grecques Agios Nikolaos, Agios Stéfanos et Semessos.

     Nous offrons à un âne les restes de la pizza pimentée et du pain dur. Après le pique-nique, je pars à la recherche des églises. Agios Nikolaos troglodytique, le rocher est une véritable termitière. Un petit porche gravé et peint s’ouvre sur un jardin abandonné charmant. D vient à ma rencontre mais  elle prend un autre chemin, nous ne nous retrouvons qu’une demi-heure plus tard, elle furieuse.

Nous passons encore le reste de la journée à la piscine. J’essaie de peindre, avec maladresse, cela me permet d’étudier plus attentivement le paysage. Le rocher-citadelle d’Uchisar ressemble encore plus à un vieux chicot dominant le paysage


Cappadoce - La Vallée Blanche

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - La Vallée Blanche

J’ai donné  rendez vous à mon guide à 7 heures. Mehmet, le propriétaire, qui est aussi veilleur de nuit, dort sur le canapé, le petit déjeuner n’est pas prêt. Hier soir, Ahmet m’avait semblé être un vieux paysan maigre et mal rasé. De jour, ses cheveux sont noirs et il n’est pas si vieux que cela malgré ses rides et ses dents manquantes. Il parle assez bien français. Il ne comprend rien de ce que je lui raconte mais commente très bien la randonnée. Il est chômeur et accompagne souvent des groupes, c’est un guide professionnel, chaussé de savates.

     Nous descendons dans le canyon de la Vallée Blanche, le chemin est bon, j’aurais peut être pu descendre seule. Comme un bon guide professionnel, il sait pointer tous les détails qui enrichissent une balade. Il me montre les abricotiers, les noyers, les pommiers, cognassiers, les amandiers nains et me fait découvrir un pistachier qui ressemble beaucoup à un noyer. Il arrache un plan de pois chiches avec de grosses gousses rondes et vertes et me les fait goûter.

    Nous passons devant des cheminées de fée très impressionnantes. Certaines sont creusées d’abris pour les vignerons avec la cuve pour fouler le raisin, creusée dans la roche. Il me montre les nids perchés ainsi qu’une ruche sauvage, un anneau pour accrocher une corde permet d’extraire le miel. Il me signale les sources, un cheval s’abreuve, nous attendons qu’il ait fini pour le déranger. Les chevaux jouissent d’une situation enviable par rapport aux ânes qu’on attache n’importe tout même en plein soleil. Le cheval mieux considéré est toujours à l’ombre en train de se restaurer ou de boire.


Cappadoce - Cavusin - Vallée Rose

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - Cavusin - Vallée Rose

Cavusin est un village tranquille, les façades des maisons troglodytes se sont effondrées en 1964. Un gamin nous mène en haut de la falaise puis nous propose la visite de la vallée rose.

     Nous reprenons la voiture, dans des chemins poussiéreux et sableux. En face de l’arbre où la voiture est garée, nous attend un jeune qui  prendra le relais de la visite. Nous nous engageons dans un canyon rose avec des teintes en dégradé. On se croirait au coucher du soleil. Nous montons un sentier. Une église est creusée dans un cône. Le plafond est gravé de trois croix avec des motifs géométriques. Dans l’abside, des fresques d’une autre facture que celles de Göreme, colorées avec de nombreux personnages mais en mauvais état difficilement  reconnaissables. L’accès est difficile, D a renoncé à nous suivre. Elle a continué le sentier plus loin. J’appelle, le gamin crie à tue tête « Dominique ». Nous continuons le circuit, pour une fois bien balisé, mais tout le temps en montée, des marches forment un escalier sur une petite crête. Au sommet, point de vue sur le canyon rose veiné de jaune presque fluo, un cône a l’air saupoudré de jaune. Nous arrivons à une buvette où l’on paie pour voir des fresques éclairées à la lampe de poche. Je suis un peu blasée. Le paysage est grandiose, les cônes roses se détachent sur des couches blanches éclatantes soulignées par le vert des abricotiers ou de la vigne. Tant qu’on monte, c’est fatigant mais cela ne glisse pas. En descente sur les petits graviers qui roulent c’est plus acrobatique, nos guides prennent leur tâche très au sérieux et assurent D.

    Elle râle qu’on ne l’y prendra plus. Mais je suis contente qu’elle ait vu la plus spectaculaire des trois vallées que j’ai visitées.

dimanche après midi à la piscine

     A la piscine, nous sommes les seules touristes ou presque, les Turcs sont venus passer le dimanche en famille. Des jeunes filles à l’air moderne (jeans et coiffures à la mode) se baignent en bermuda et chemisette, elles jouent avec une bouée et rient aux éclats de leur aventure. Une famille s’installe sous le parasol voisin, Madame, pantalon, pas de foulard, ne se baigne pas, sa gamine endimanchée, non plus, Monsieur et fils –deux gros lards –éclaboussent tout le monde. De jeunes hommes par petits groupes bavardent et se baignent, ils portent des shorts très longs, certains nagent bien d’autres très mal. Vers quatre heures nous constatons que nous sommes les seules femmes.


Cappadoce - Ürgüp

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - Ürgüp

Des bancs de nuages zèbrent le ciel, le lever du soleil est somptueux, rouge assourdi, il fait très frais, j’ai dormi avec une couverture.

     La Cappadoce, géographiquement est très originale. Après la steppe à blé autour de Konya, elle apparaît comme une sorte de jardin d’Eden avec ses arbres fruitiers, ses carrés de courgettes et de tomates, ses vignes. Tout cela a l’air de pousser naturellement. Les gens circulent encore sur des petites charrettes de bois peint tirées par des petits chevaux sur des chemins poudreux. Les villages sont rapprochés. Ils sont beaux, construits en pierre du pays. Le béton n’a pas encore fait de ravages. Même si les maisons grecques tombent parfois en ruine, les pavillons modernes sont construits en tuf clair avec des toits de tuile. Izzet m’a expliqué qu’ici on n’a pas le droit de dépasser deux étages. De rares panneaux publicitaires enlaidissent la route mais en dehors de Göreme colonisée par les restaurants et les boutiques de souvenirs, le tourisme reste discret.

     A part les cartes postales des cheminées de fées connues du monde entier, la grande richesse est l’extraordinaire abondance d’églises byzantine. Cette concentration est extraordinaire, il faudrait peut être la comparer à celle du Mont Athos. J’essaie d’imaginer la vie des moines des paysans il y a mille ans entre vignes et vergers. Qu’est-ce qui a pu pousser à creuser une seconde église à une dizaine de pas de la première ? Qu’est –ce qui les a attiré ici au milieu de l’Anatolie ? la richesse des vergers, ? L’isolement ?

Ürgüp

     Nous retournons faire nos courses à Ürgüp. Nous donnons trois pellicules à développer chez le photographe, plus moderne que celui d’Egirdir et moins folklo. Je lui montre la housse de l’appareil photo qui tombe en ruine :
–« accessoires à Istanbul ou à Ankara ! » - dit il
J’insiste. Il y a bien quelqu’un qui répare les selles des chevaux. Un client de passage comprend mieux le problème et m’emmène à grand pas au bazar chez le cordonnier. A midi tout sera prêt.

    Nous tournons dans la ville à la recherche d’un hypothétique musée des tapis introuvable. La ville n’est pas extraordinaire. Je remarque avec plaisir qu’Ürgüp est jumelée avec Larissa en Grèce ;  malgré les transferts de populations et l’hostilité des deux pays, les relations avec la Grèce se soient normalisées ici.

L’église Théodore

   Suivant les indications du Guide Bleu, nous suivons une petite vallée. Dans un petit village nous cherchons l’église Théodore, marchons sur une route pavée et parvenons à une grande façade de pierre à l’avant de la falaise. L’église, creusée dans la paroi, est de grande taille. Nous avons le temps de l’explorer à notre guise. Dans l’abside une Déisis : Marie et Jean Baptiste implorent le Christ pour les péchés du monde. J’essaie de grimper par un tunnel à la galerie, j’arrive à grand peine a premier étage. Pour aller plus haut, des trous sont creusés dans le roc. Je me dégonfle pour l’escalade verticale. C’est amusant de découvrir un site à l’écart.


Cappadoce - Ercieyes

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - Ercieyes

Le plateau
     La route grimpe hors de la vallée sur le plateau. On voit très bien les coulées basaltiques. Je commence à beaucoup mieux comprendre les phénomènes géologiques. C’est le basalte qui protège le tuf. Dans les champs on voit des blocs, peut être des bombes. La végétation a changé, beaucoup moins de jardins luxuriants, des champs de pois chiches encore verts avec des coquelicots en fleurs. Les roses trémières ont des couleurs éclatantes. On se dirait en moyenne montagne, nous arrivons à un col à 1535 m.

Majesté des volcans


l’Erceyes domine le paysage. Il me fascine. C’est un géant plus haut que l’Etna. Au motel, dans la soirée, je guette l’apparition de sa silhouette émergeant des brumes de chaleur à gauche du rocher d’Ushisar. Nous sommes donc proches de l’imposant volcan dont il me semble distinguer un dôme emboîté dans un cratère avec des petits cônes sur ses flancs. Comme l’Etna ou le Vésuve, à cette heure de la journée, il se coiffe d’un panache blanc nuageux condensant l’humidité de l’air.

la plaine
    A sa base une plaine très plate occupée par des champs et deux petits lacs d’eaux grises comme plombées et bordées de blanc (du sel ?) Cette dépression coincée entre le plateau et l’appareil volcanique me pose problème. Sans aucune preuve j’imagine que c’est peut être un maar. La présence d’une quantité phénoménale de ponce qui recouvre la Cappadoce vient peut être de là. Il faudrait que je me documente.


Cappadoce - circuuit par Akköye et Ürgüp

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - circuuit par Akköye et Ürgüp

Le retour sur Ürgüp s’effectue en boucle. Sur le rebord du plateau nous cherchons le village d’Akköy « accroché à la falaise » selon le Guide Bleu, qui a omis de préciser qu’il fallait rejoindre la route principale sur la gauche. Nous tournons à la recherche d’un monastère byzantin, repassons trois fois devant les mêmes gens accroupis sur le pas de leur porte et devant ceux qui font sécher des abricots sur le toit. Ici, les toits en terrasses, autrefois en terre, le plus souvent en béton, servent à bien des usages, on y stocke le foin, y étend le linge, y range le petit bois. Finalement j’avise un homme qui lave une voiture immatriculée dans le Loiret, c’est un Turc, dont le premier mouvement est de nous inviter à prendre un café chez lui. Nous lui demandons le chemin d’Akköy qui, selon lui est plus beau de loin que de près.

    Il ferait une jolie photo, comme il est assez loin, il me faut un premier plan, justement un âne bâté est en train de paître sur le bord de la route. une femme surgit d’un champ de légume en contrebas brandissant deux tranches de pastèque. Photo de la dame avec moi et la pastèque. Elle m’invite à chevaucher l’âne. Ce n’est pas évident de monter . Rires !

Les artisans d’Ürgüp

      A Ürgüp, les photos sont prêtes, le cordonnier a fait un travail d’artiste, il a trouvé des lanières de scratch et propose de changer les autres points d’accrochage mais il a attendu mon accord pour piquer. Il travaille très lentement sur une vieille machine à coudre à pédale, fait une couture très soignée pour un prix dérisoire de un million auquel je rajoute 500 000 et bat des mains pour témoigner mes remerciements.


Cappadoce - panne et petits évènements sans importance...

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - panne et petits évènements sans importance...

Pique-nique à Göreme. La voiture refuse de redémarrer : plus de jus. Un touriste américain propose d’utiliser des câbles, sans résultat. Une famille de belges s’en mêle. Plus efficaces, ils poussent la voiture qui démarre en descente. Un jeune en moto propose ses services, nous sommes bien entourées.

    Au motel, tout le monde s’affaire autour de la batterie, un « garagiste » diagnostique une panne d’alternateur. Mehmet me conduit à Nevsehir chez Fiat où l’on ne change que la batterie. Pourvu que cela tienne !

Mehmet « du Mont Mesly »

     Après la piscine, nous montons rendre visite au Mehmet « du MontMesly », le patron du magasin Paris pour montrer nos photos. Il sort les siennes, lui et son magasin, ne regarde guère les nôtres, mais c’est très sympa. Dommage que sa camelote ne me plaise pas, on aurait pu acheter les cadeaux dans sa boutique.

Soirée musicale

   Le gérant, Izzet, est en grande tenue, en l’honneur de l’arrivée de deux Françaises. Il nous invite à nouveau à une soirée de musique turque. Il joue du banjo, du luth et d’un très joli instrument à caisse arrondie et à long manche en marqueterie nommé Saz. Il veut nous faire danser. cela fait une soirée Club Med en plus intime, puisque nous ne sommes que six en comptant Izzet et Mehmet qui boit son raki.


Cappadoce - la cité enterrée de Derinkuyu

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - la cité enterrée de Derinkuyu

Il y a plusieurs cités enterrées dans la région. Nous choisissons Derinkuyu sur le conseil de Mehmet du Mont Mesly. La route court sur le plateau entre les champs de blé et d’avoine. Je commence à comprendre la morphologie de la région : les coulées de lave protègent le tuf plus tendre, le plateau à soubassement de coulée parfois en prismes, est entaillé de profonds canyons creuses par un ruisseau. Dans la vallée poussent des arbres fruitiers. Tout est verdoyant. Le cours d’eau est souligné par des rideaux de peupliers et des saules. Le plateau est plus aride. On voit, dans les régions irriguées, des parcelles plus foncées, des pommes de terre arrosées par des tourniquets qui forment un damier.

Derinkuyu

     Derinkuyu  est une ville très laide très pauvre, sans voirie asphaltée. Les maisons en moellons de lave s’écroulent et des parpaings très laids rebouchent les trous. La cité enterrée est invisible, signalée seulement par les étals de souvenirs, des poupées de chiffon et une dalle de béton.

     La visite commentée est très intéressante. Notre guide a participé aux fouilles. Il parle très bien anglais, il anime la cité souterraine. Celle-ci  est très ancienne, on y a retrouvé des objets hittites datant de 2000 ans av JC. 8 étages ont été fouillés et il y a encore d’autres niveaux en dessous.

    Les habitants vivaient l’été en surface sous des tentes ou dans des maisons et descendaient passer l’hiver sous terre. Ils s’enterraient également pour se protéger des ennemis. C’était une ville peuplée de 2000 foyers (10000 habitants). A l’étage supérieur, vivaient les animaux, aux étages inférieurs se trouvaient les hommes. Tout était prévu : habitations, église, école mais aussi, silos à grain, pressoir pour le vin. L’aération était aménagée par de larges puits, les apports en eau, les lieux d’aisance et même une sorte de téléphone : des conduits étroits de quelques cm de de  diamètre. Un système défensif très perfectionné était au point : des guetteurs sur les montagnes, des signaux, les boyaux pouvaient être bloqués par d’énormes dalles rondes à l’alerte mais percées en leur centre pour pouvoir envoyer des flèches.

     Cette cité communiquait avec une autre ville souterraine distante de 12 km. Dans les boyaux on voit encore les trous pour les lampes à huile, le trou rond du tandir, les cheminées d’évacuation de la fumée  aussi les signes de reconnaissance, croix et flèches. Tout cela creusé à la main dans le tuf. Je suis très impressionnée.

D n’a pas voulu descendre, elle est importunée par des mendiants ou des vendeurs de poupées de chiffon. Elle a hâte de quitter cette ville sordide.


Cappadoce - la Vallée de Soganli

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - la Vallée de Soganli

La vallée de Soganli est très étroite, entaillée dans le plateau. A l’entrée, curieuse installation de baraquements provisoires. Pour visiter la vallée on s’acquitte d’un péage. De part et d’autre de la route et du ruisseau (à sec) on découvre de nombreuses églises troglodytes encore très bien préservées avec des fresques. Nous sommes toutes seules et suivons la visite en nous aidant du Guide Bleu pour identifier les fresques encore bien lisibles mais abîmées par des graffitis (tous en grec dates de 1850 à 1920). Les couleurs sont différentes de celles de Göreme, en plus de l’orange et du vert tendre. Les fresques sont aussi plus naïves. Nous prenons tout notre temps pour reconnaître les personnages de l’histoire sainte, maintenant  nous connaissons les thèmes les plus fréquents : Déisis, nativité, arrivée de Jésus à Jérusalem. Quelque fois plus insolite : Abraham Isaac et Jacob portant les têtes de 12 enfants sur des plateaux.

De curieux pigeonniers sont peints en blanc. Caché dans la cour de la Karabas Kilise (église de la tête noire) un vieux offre un abricot et je suis bonne pour acheter le sachet 500 000 lira. Les fresques sont originales et très expressives. Un autre cône est creusé comme une termitière : un monastère. Nous avons maintenant l’expérience suffisante pour retrouver le réfectoire, le pressoir, les cellules. Nous utilisons la lampe de poche. Cette exploration sans importun est très agréable. Sur la rive d’en face : des petites églises taillées dans la roche imitent les basiliques byzantines avec leurs coupoles et ressemblent à des jouets.

Un petit sentier nous conduit à la petite église à coupole, il y a une église cachée sous l’église à coupole, le site est tout à fait charmant et D se fait un plaisir de prendre des photos.


pique nique au ruisseau

    Nous pique-niquons dans le lit du ruisseau, dans une flaque vivent des têtards, des notonectes, une grenouille saute sous mes pas et un tout petit serpent nage la tête hors de l’eau. le pique-nique est maigre . Nous avons oublié les œufs durs. Deux jeunes hommes viennent près de nous, ils parlent français. Sur la place du village, les deux cafés sont vides, je commande du yaourt au miel, mais Dominique ne trouve rien à son goût (le choix est restreint). C’est très mignon, mais désert !

Retour tranquille par Güzeloz, petit village dans un canyon. Encore des églises…. Un petit rat tranquille rentre dans son trou, puis d’autres villages, Saffineffendi, Taçkin Paça avec de jolies maisons de pierre cubiques. Dernier monastère troglodytique : l’arrivée des touristes avec un guide rompt le charme, le monastère est trop restauré. Nous avons hâte de rentrer à la piscine.


Piscine

   Curieux spectacle : deux hommes, moustaches et casquettes de base-ball, deux femmes élégantes voilées, des gamines se préparent à la baignade. Les petite filles sont en maillot, la plus petite en slip à volant, la plus grande bermuda et brassière. Les deux foulards disparaissent un moment et réapparaissent dans une curieuse tenue, sorte de survêtement flottant en tissu à fleurs, élastiqué aux chevilles et aux poignets, bonnet assorti. Les pères gonflent bouées et brassards, les gamines dans les bouées, les mères revêtent les brassards et plongent avec leur tenue de cosmonaute.

    D ne décolère pas de cette aberration, les deux femmes ont l’air joyeuses et entament un crawl bizarre. Moi, je me demande bien quelle allure elle vont avoir à la sortie avec leur tenue mouillée qui va coller. Je loupe ce spectacle.


Cappadoce - Vallée d'Ilhara - volcanisme

Publié le : 11 Février 2008
Cappadoce - Vallée d'Ilhara - volcanisme

Nous reprenons la route d’Aksaray. Sur 60 km, camions et cars sur la route droite dans les champs de blé. Ilhara se trouve dans des gorges entaillées profonds dans une coulée basaltique en orgues qui se débitent en gros prismes.

    Mauvaise surprise : 320 marches à descendre et des visiteurs. Notre vallée charmante de Soganli était plus agréable ! Deuxième mauvaise surprise : le chemin qui longe la rivière est mauvais. D renonce à poursuivre la promenade. Je visite donc seule, deux églises. Les fresques sont encore différentes de celles que nous avons visitées. Les plafonds sont peints en orange et vert avec des motifs végétaux stylisés rappelant le papier peint (style orientalisant d’après le Guide Bleu). Je trouve enfin la fresque de l’église au Serpent : un dragon à 3 têtes dans l’Enfer où les damnés à poil se pressent, 4 personnages féminins nus sont chacun enlacés  par deux serpents les mordant par là où ils ont péché : aux seins pour la luxure, à la bouche pour la calomnie, aux oreilles…

     Le sentier qui longe la rivière se perd dans les rochers et la végétation, je renonce. Dernière déception : des touristes en sandales sortis d’un minibus feront en une heure la promenade  que j’ai abandonnée !

     Nous achetons deux gros sandwichs aux boulettes de viande  et trouvons un agréable endroit sur le bord de la rivière. Ce pique-nique agréable nous console de cette matinée un peu décevante. Tous les jours ne peuvent pas être aussi réussis que l’excursion d’hier à Soganli !

Volcanisme

    Retour par Derinkuyu, en chemin révision de géologie : en ligne de crêtes, un grand volcan le Hasan Dagi,  moins impressionnant que l’Erceyes, malgré ses 3200 m d’altitude. Sur le plateau, d’innombrables cônes avec toutes les variétés possibles : à cratère, égueulés …La lave est plus sombre.

    Certains paysages sont pédagogiques : le plateau très nettement installé sur une coulée presque horizontale, de profondes entailles des cours d’eau dégagent des prismes ; en dessous un matériau plus tendre, le tuf, apparaît en pente raide avec des cheminées de fées portant encore leur protection de lave en chapeau, d’autres petits cônes à divers stades d’usure.


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