CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Turquie

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Paris Istanbul - voyage - La Finale de la coupe d'Europe

Publié le : 12 Février 2008
Paris Istanbul - voyage - La Finale de la coupe d'Europe

Nous sommesconvoquées pour 19 heures au terminal T9 de Roissy, le vol est à 22 h. Vol au rabais! ils n’ont même pas fait les frais d’une pochette pour les billets !
Dans la longue queue devant l’enregistrement des bagages, attendent des familles turques avec de nombreux enfants. Très peu de touristes.  D. est bien la seule à s’impatienter : sur les écrans, le vol n’est même pas annoncé.
       Un jeune a allumé un gros radiocassette pour diffuser la finale de la Coupe de foot : la France mène, on suit le match, la cela fait diversion. la France a gagné! Seule consolation dans ce terminal où on semble nous avoir oubliés.
    Enfin ! le vol est annoncé pour minuit . Nous n’embarquerons que vers deux heures et demies dans un avion qui arrive tout juste d’Istanbul. D. râle. Les gosses excités courent partout.
    Vol au rabais, on ne nous offre même pas des couvertures, il fait glacial dans l’avion.
Quatre heures et demies, je me réveille, sommes nous déjà arrivées ? Nous sommes encore sur les pistes de Roissy.

arrivée à Istanbul

     Un taxi jaune bien vieux, pas climatisé, longe la mer de Marmara  bordée par des immeubles neufs assez clean, des marinas, puis traverse un quartier de poissonniers de restaurants, monte la rue Pierre Loti qui se termine en cul de sac, loupe l’entrée de l’hôtel, trop discrète.

      Notre chambre est assez petite mais confortable (clim et T.V.).  Un  grand platane étend ses branches devant nos fenêtres, fournissant une belle ombre et de la fraîcheur. De l’autre côté de la rue on voit des petites maisons aux toits de tuiles, une tonnelle de vigne dans une cour. Le pallier et le hall sont décorés avec goût, dans un style oriental avec des tables basses et  des selles de chameaux.
    Nous avons juste le temps de profiter du petit déjeuner buffet qui va bientôt être desservi, je me régale de concombres et de tomates au fromage.
    Sans prendre de repos, nous fonçons à Topkapi ?


Istanbul - Topkapi

Publié le : 12 Février 2008
Istanbul - Topkapi

La première cour est occupée par un parc planté de platanes et d’acacias recoupé de grandes allées. Elle est  bordée de bâtiments bas. Du côté de la mer de Marmara : un terrain militaire, en face, un édifice de briques rouges de grande taille d’aspect byzantin : l’église Ste Irène, fermée. A l’ombre, il fait frais. Nous sommes surprises : nous nous attendions à la canicule. Il ne fait pas plus chaud qu’à Créteil. Sous les arbres, avec le vent qui vient de la mer la température est beaucoup plus agréable.

Nous passons la deuxième porte, plus officielle, encadrée de deux tourelles à toits coniques très pointus. La Deuxième Cour est plus soignée : pelouse verte et cyprès très hauts. Curiosité horticole : un figuier sort du tronc d’un  cyprès – greffe improbable- il semble que le tronc du figuier s’est fait dévorer. Les troncs des platanes immenses sont entourés de bancs comme en Grèce. La cour est bordée de bâtiments précédés d’arcades.
     A droite, les cuisines, coiffées de curieuses cheminées. Unilever sponsorise le ravalement : des jeunes filles en T-shirt au logo CIF lessivent des colonnes antiques surmontées de chapiteaux blancs soutenant des arcades de briques. Faisant face une colonnade blanche : l’entrée du harem (pas de queue).
Au fond le Trésor Public et le pavillon très élégant du Divan décoré de faïences fleuries, de motifs de calligraphie, de grilles de ferronnerie dorée..  A l’intérieur de ce pavillon, une simple banquette fait le tour de la pièce, nous imaginons le fantôme du Sultan derrière son grillage dominant le Conseil.

Nous attendons tranquillement la visite guidée du harem en prenant des photos. Dans cette cour il n’y a pas de symétrie, plutôt une juxtaposition de matières et de styles disparates. Cette variété ne choque pas, au contraire elle distrait. Par ce fait, Topkapi,n’a pas la pompe ennuyeuse de certains palais classiques. Le faste dispensé dans la verdure est accueillant, le visiteur est impressionné mais pas lassé.

La visite du harem se déroule au pas de charge, la guide commente en Anglo-turc incompréhensible, chacun cherche l’angle de prise de vue de ses photos sans écouter. Nous n’avons pas le loisir de profiter de toutes les merveilles de faïence, marbre, tapis, portes incrustées de nacre et d’écaille….Nous passons par un dédale de courettes, de couloirs, une enfilade de cellules, de bains, de pièces d’apparat. Avant la visite, nous avions regardé les guides et tenté d’apprendre par cœur le commentaire. Mais nous sommes perdues et ne retrouvons rien. Tout va trop vite pour tenter d’évoquer les eunuques, les odalisques, cadines, la validé et les princes. Nous saisissons, au hasard, une perspective sur les jardins, une vue sur le Bosphore. Difficile d’imaginer leur vie  des femmes recluses, prisonnières dans un luxe inouï ? Le film « le dernier harem » (quelconque d’un point de vue de cinéphile, et se déroulant dans un autre palais)  nous aide à évoquer les fêtes quand nous passons dans la grande salle d’apparat, les personnages de la Conteuse et les musiciennes s’animent (les instruments sont rangés). Il faudrait imaginer une foule de personnages au lieu de ces appartements vides.
Les carrelages si variés me fascinent : sur fond bleu nuit ou en pétales de fleurs.  Certains motifs couvrent des murs entiers comme des tapis, juxtaposés sans souci de symétrie. Certains murs sont parfois peints de paysages en fresques miniatures ou en  simples guirlandes de fleurs. Dans les bains, la lumière arrive d’en haut à travers des motifs géométriques compliqués.

A la sortie du Harem nous parvenons dans la Troisième Cour où l’ordonnancement des bâtiments se complique : Des pavillons sont construits en son milieu.

Nous découvrons une partie des trésors fameux : armes ornées de pierres précieuses, vaisselle d’or, émaux et joyaux en quantité phénoménale. Il y en a tant qu’on ne sait plus que penser. Plus évocateurs sont les costumes de Sultans.

Derrière la troisième cour, les pavillons sont dispersés dans les jardins de la quatrième, la cinquième cour. Différentes époques se juxtaposent, certains ont été érigés en souvenir d’une bataille : Erivan, Bagdad. Nous mitraillons avec nos deux appareils photos. On ne sait plus où donner de la tête.

Sous le plus beau platane de la première cour : un couple et un guide privé (15 US$ ou 100 FF) se sont installés. Sonnerie du portable : « Non, je ne suis pas au bureau, je suis en déplacement chez un client… » Fou-rire ! Sieste dans la première cour,  Dominique réussit à s’endormir vraiment.

16 heures : nous nous dirigeons vers la Corne d’Or, descendons la colline par un autre parc puis par des rues très commerçantes. Mélange architecturale : des fontaines ottomanes délicatement sculptées sont masquées  par de gros congélos ou des pendillocheries, mélange d’immeubles de pierre de taille, de maisons de bois de bâtisses modernes très laides. Nous suivons le trajet du tramway jusqu’à la gare.


Istanbul - Eminonü - Bazar aux épices - Yeni Camii

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul -  Eminonü - Bazar aux épices - Yeni Camii

EMINONU

      Grande activité des ferries qui conduisent des hordes de gens sur la rive asiatique ou sur l’autre rive de la Corne d’Or. Nous avons quitté les splendeurs distinguées et aristocratiques du Sérail. La foule est beaucoup plus pauvre. Beaucoup de femmes sont voilées. Des enfants, pieds nus, font les poubelles pour récupérer du pain jeté. De tout petits bateaux à quai, très colorés, sont équipés de barbecue où grillent des maquereaux que l’on sert dans du pain avec des salades traditionnelles, le tout emballé dans du papier gris, pour 500 000 LT. Les serveurs sont costumés de gilets brodés d’or sur un tablier bigarré avec une culotte brodée.

BAZAR AUX EPICES

    Pas un arbre sur le quai, pas d’ombre, il fait très chaud. Nous cherchons vainement un banc pour faire une pause, regarder le plan. Nous traversons une route à la circulation d’enfer au péril de notre vie (on découvrira plus tard les passages souterrains) puis la gare des cars. Nous débouchons par hasard au Bazar Egyptien ou bazar aux épices. C’est un souk couvert très coloré. Des guirlandes d’éponges, de légumes séchés, des figues, sont suspendues.  Dans des sacs, de la menthe, de la lavande et des poudres énigmatiques vertes, jaune vif, roses sont rangés en cônes colorés. Je retrouve des parfums et des arômes de café qui m’enchantent. Comme nous parlons français les vendeurs viennent nous serrer la main « Zidane ! » le foot !

YENI CAMII

     Le seul endroit calme propice au repos est la cour de la mosquée Yeni Camii. Nous nous  asseyons un moment un peu intimidées. Fait il sortir les foulards ? J’aimerais bien fumer.  Nous nous perchons en haut des marches à la sortie sans nous soucier de la nuée de pigeons attirés par une femme qui leur  jette  du riz. Rapidement, des vendeurs de T-shirts nous abordent par, 3 pour 50FF, c’est intéressant mais nous n’avons pas d’argent français. On choisit, marchande le prix, finalement on se retrouve avec un seul T-shirt pour 3.5millions. C’est l’arnaque ! Le marchand me fait remarquer en riant que je suis couverte de fiente. Quelle horreur ! Le foulard islamique couvrira habilement la crotte, je me change dans les WC publics et passe le T-shirt neuf.

    Retour par des rues en montée, puis en descente, nous sommes harassées par cette journée bien remplie après une nuit blanche.


Istanbul - Mosquée bleue - Hippodrome

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul - Mosquée bleue - Hippodrome

Nous reprenons le chemin de Sultanahmet, la mosquée bleue. Il fait beau, ses minarets se détachent sur un ciel bien net. J’utilise mon filtre polarisant pour le foncer encore. Nous traversons des jardins égayés par des hortensias bleus en pleine floraison jusqu’à l’enclos de la mosquée Très peu de visiteurs. Il règne encore ce calme et cette fraîcheur apaisante que nous avion tant appréciés hier à Topkapi. La cour est majestueuse toute de marbre blanc, nous sommes seules. A l’intérieur, en revanche,  de nombreux touristes sont parqués dans un coin. Le volume de coupoles est impressionnant. J’avais imaginé le décor plus bleu, les faïences sont lointaines. Je suis étonnée par le lustre suspendu très bas avec des sortes  de culs de bouteilles innombrables.


HIPPODROME

      L’hippodrome ancien est recouvert de pelouses. Le socle de l’obélisque retient mon attention : l’Empereur entouré de figures en bas relief préside une course reçoit les tributs des vaincus. Le témoignage des anciens byzantins m’émeut. La colonne Serpentine est moins spectaculaire


Sainte Sophie à Istanbul

Publié le : 11 Février 2008
Sainte Sophie à Istanbul

Sainte Sophie est très impressionnante.  Malheureusement, sa coupole est cachée par un échafaudage géant. Elle ne me rappelle pas les basiliques grecques mais plutôt Saint Pierre de Rome. Sa taille et sa majesté sont comparables. Nous la parcourons d’abord sans comprendre. Nous sommes désorientées.  Le plan carré ne donne pas de repères comme dans une église occidentale, il faudrait une boussole pour trouver les points cardinaux. Ce qui me frappe le plus c’est la qualité des matières, la variété des marbres (encore un souvenir romain), les colonnes de brèche verte, les murs comme marquetés Puis je remarque les chapiteaux finement ciselés. Nous cherchons les mosaïques un bon moment avant de les trouver.
Nous pique-niquons dans un jardin public sous la surveillance d’un chat bien sale mais bien élevé qui attend patiemment qu’on lui laisse les restes.

Citernes de Yarabatan

     L’entrée des citernes de Yarabatan  est bien cachée. Un jeune garçon vendant des cartes postales nous y conduit La pénombre est très fraîche. Une forêt de colonnes antiques de matières différentes baigne dans  une eau  claire où nagent de gros poissons. L’effet est magique.


Istanbul - Corne d'Or - Eyüp

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul - Corne d'Or - Eyüp

Pour descendre vers Eminonu et le pont de Galata, nous connaissons maintenant le chemin  et les raccourcis par le bazar aux épices qui se prolonge par une ruelle remplie de boutiques proposant de la ferblanterie, des barbecues, des outils de jardinage, des tamis et des cribles, des cintres en bois …Tous ces articles sont suspendus en quantité.

Rüstem pacha Camii

     L’entrée discrète de la Rüstem Pacha Camii est bien gardée par de vieux dévots qui cherchent à nous décourager. La cour est très petite, un mur est carrelé de faïences magnifiques formant comme des tapis fleuris ? Un panneau indiquant l’entrée des touristes, nous met en confiance. A l’intérieur, les carrelages sont très colorés L’ensemble est plus intime qu’à la mosquée Bleue, plus coloré et plus chatoyant.

canot sur la Corne d'Or

   Nous cherchons le ferry qui parcourt la Corne d’Or. Sans le trouver.  Un homme nous aborde, c’est le capitaine d’un minuscule bateau Nous refusons son offre, puis regrettons. Nous embarquerons pour Eyüp sur un vieux canot à moteur puant et bruyant. Petite croisière pour nous toutes seules entre les cormorans et les goélands. Topkapi s’éloigner et les minarets qui dominent la ville s’éloignent. Nous passons devant deux églises, le gros bâtiment rouge brique du Patriarcat. Nous longeons sans nous arrêter Balat (l’ancien quartier juif que j’aurais beaucoup aimé visiter. )
La ville tentaculaire phagocyte la Corne d’Or entourée de bâtiments. Des petites barques donnent un air désuet.
Eyüp

     Escale à Eyüp « photo-photo 30 minutes » Passé le marché aux articles de piété nous découvrons des cimetières, des mausolées. Nous sommes trop pressées pour les visiter. Je regarde la foule turque en vêtements islamiques. De nombreux petits garons portent le curieux costume de fête de la circoncision.


Istanbul - Croisière sur le Bosphore

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul - Croisière sur le Bosphore

Nos trois nuits (en comptant celle passée à T9) payées à Look sont terminées. Je marchande avec le réceptionniste de l’hôtel qui accepte de nous garder au prix accordé à Look. Il faut payer en devises. Heureusement il nous reste les 600 F destinés au taxi du retour. Je regrette bien ne pas avoir emporté plus de billets.  Avec des devises, on peut tout acheter,  même des cartes postales. Souvent dans les hôtels les prix ne sont pas indiqués en LT mais en dollars, ce qui ne serait pas une affaire si les prix indiqués correspondaient à la réalité. Heureusement, tout se négocie !

Cemberlitas

     Nous remontons la ruelle raide au coin de la rue – rien que des  sandales- pour arriver à Cemberlitas: une colonne hideuse mais de haute valeur symbolique  qui contiendrait des morceaux de la vraie croix, du rocher de Moïse et je ne sais quoi du Prophète ! Elle a donné son  nom au quartier.

Bazar


     De l’avenue du tramway, (l’antique axe de Byzance) on redescend sur Eminönü (pont de Galata) au débarcadère. En théorie c’est simple, il suffit de descendre tout droit. Dans la pratique, c’est plus aléatoire : nous traversons le Grand bazar encore fermé  à 9h du matin – puis passons par des ruelles en pente spécialisées dans la confection. Une sorte de Sentier ou de Marché Saint Pierre à l’échelle du quartier. Chaque ruelle vend un article donné, dans l’une d’elle des foulards, dans une autre seulement des couvre-lits. Toute la marchandise est apparente, déballée en quantités énormes. J’ai revêtu un débardeur, grave erreur, les regards sont insistants. Nous arrivons rapidement au Bazar des épices à la Yeni Camii que nous connaissons bien.

     Arrêt à la banque, D. tire 50 millions avec sa carte de Crédit. Nous sommes en avance au guichet du bateau. J’ouvre la cachette du porte-monnaie dans mon sac à dos : vide ! Que faire ? Nous pouvons nous contenter de l’argent que D. a tiré mais c’est quand même inquiétant ! Pas trop, j’ai manipulé ma banane pour payer l’hôtel ; par habitude, j’y ai probablement rangé le porte-monnaie.

Croisière

     Après une longue attente, ruée sur le bateau pour les bonnes places. A l’entrée un serveur porte des plateaux avec des verres de jus d’orange. Est-ce offert ? Pour ne pas perdre de temps, je fonce, D., me rejoint plus tard avec un verre, le garçon viendra plus tard encaisser. Nos voisins sont canadiens, D.les questionne et obtient des renseignements pour la Cappadoce et Ephèse.

      La croisière commence. Le ferry longe la rive européenne  Nous sommes du mauvais côté. Changeons de place juste à temps pour voir défiler la façade interminable du palais des Sultans Dolmanbahce avec ses grilles monumentales.

     Nous guettons les yalis, belles maisons anciennes, de bois ouvragé, parmi les constructions modernes. Les berges du Bosphore sont très raides et se prêtent mal à la construction : elles sont donc préservées. Seules des résidences de luxe avec des bateaux se sont installées. Mais derrière les collines, on voit comme une menace les cités dortoirs.

      Le ferry va d’une rive à l’autre, nous regardons défiler les maisons, les mosquées, (une très jolie, baroque), les citadelles perchées….

     De très gros bateaux croisent. Un pétrolier immatriculé à La Valette, me fait penser à l’Erika. Tous ces navires me semblent bien rouillés. Des yachts et des trois mâts sont amarrés sur les berges.

     Nous atteignons la fin du voyage : on devine la Mer Noire, tout le monde débarque dans un petit village près d’une caserne pour une pause de deux heures. S’il faisait moins chaud, on pourrait monter à la citadelle. Nous tournons dans le village en quête d’ombre. Rien d’autre à faire que de s’attabler dans un restaurant de poisson. Je me décide pour une petite taverne (deux tables seulement) et commande des calamars frits servis avec du yaourt à l’ail et une salade (2 millions). Dominique choisit des sardines (1 million seulement). A l’autre table, deux jeunes filles turques habillées très légèrement jouent avec un téléphone portable.


Istanbul - Sons et Lumières

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul - Sons et Lumières

De retour à l’hôtel douche et lessive. Un peu de repos, nous explorerons notre quartier pour trouver un raccourci vers l’hippodrome et la mosquée Bleue. La promenade est agréable dans des rues tranquilles bordées de vieilles maisons de bois.

Sons et Lumières

    Nous dînons dans les jardins situés entre Sainte Sophie et la Mosquée Bleue devant un bassin rond. Nous attendons les illuminations prévues pour 9 heures. Le soleil baisse, le ciel est doré, la lumière très belle. Mais le sol garde la chaleur et il fait plus chaud qu’en pleine journée.

     L’appel du muezzin résonne, les muezzins se répondent de la Mosquée Bleue aux autres mosquées, au même moment, les jets d’eau jaillissent formant une coupole liquide entre celle de Sainte Sophie et celle de Sultanahmet.

     Le spectacle commence : musique tonitruante, les minarets s’éclairent en vert. C’est assez kitsch et cela nous fait penser à Eurodisney. Finalement on s’habitue. La mise en scène permet d’observer plus attentivement les petites coupoles qui se superposent. De l’autre côté Sainte Sophie, éclairée normalement, est plus belle que de jour.

      Sur le chemin du retour à l’hôtel nous traversons le jardin de la Mosquée Bleue. La mosquée est ouverte. On nous propose d’y entrer. Elle est très différente de nuit que de jour. Des décorations délicates apparaissent, invisibles sous  le soleil qui rendait le marbre tellement éblouissant qu’il paraissait lisse. Sous les éclairages artificiels une calligraphie sur le porche se détache. Les décorations de la fontaine sont mises en valeur. Pour entrer par la porte principale, je revêts un voile prêté j’admire encore les lampes du lustre.


Istanbul - Saint Sauveur In Chora - circuit en taxi

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul - Saint Sauveur In Chora - circuit en taxi

Pour parvenir à la Kahryié Camii il faut prendre un taxi. Nous arrivons trop tôt sur une jolie placette occupée par des cafés et des marchands de souvenirs. Les maisons de bois peintes sont basses avec des balcons de bois fermés en surplomb. On se croirait à la campagne loin de la ville. Toutefois le coin tranquille est petit, à deux pas s’élèvent des immeubles hideux.

     L’église est construite en briques et pierre, au mortier rouge comme la brique. Elle est d’assez petite taille, très petite comparée aux autres monuments d’Istanbul,  mais beaucoup plus grande que les basiliques grecques.  Nous flânons, émerveillées par les mosaïques et fresques en parfait état de conservation éclairées par une très belle lumière : le soleil entre à flot et l’éclairage artificiel est bien étudié. Malheureusement nous avons oublié le Guide Bleu. C’est frustrant de ne rien comprendre.

     Image insolite : une sorte de vizir coiffé d’un turban à la turque, offre une maquette d’église à coupole au Christ. Ce n’est pas un Turc mais un ministre byzantin, son costume est surprenant !

Autre curiosité :  au dessus de la vierge dans son tombeau (Dormition) le Christ  porte un  bébé qui est l’âme de Marie. Inversion insolite pour moi du stéréotype de la Vierge portant l’enfant. Gallimard est ici insuffisant.

     Mais nous ne restons pas longtemps dans l’ignorance : les groupes de touristes font leur apparition : D’abord les Japonais (la plaie !  Bruyants et incompréhensibles)- puis des Italiens (parfaits dans les églises, ils sont cultivés et leurs conférenciers ne débitent pas les lieux communs - au contraire- ils détectent les détails invisibles). Je les suis donc sans scrupule. Leur guide commente les mosaïques représentant la vie de Marie avec des épisodes obscurs : Marie 12 ans présentée au Temple, Marie avec ses prétendants choisissant Joseph, déjà un vieillard à barbe blanche, les premiers pas de Marie … cette visite est un enchantement. Une surprise aussi : les peintures tardives ressemblent plus  à la peinture italienne qu’aux icônes grecques et se rapprochent  de celles de Mistra.


Circuit panoramique en taxi

     A la sortie un taxi nous propose ses services. Il nous fait faire un circuit panoramique longeant les remparts jusqu’à la Corne d’Or. Nous montre de loin le Café Pierre Loti. Traverse Balat. Les maisons sont en piètre état. Je pense avec nostalgie aux juifs qui vivaient là mais j’aurais bien du mal à retrouver leurs traces. Rustem Pacha Camii, Marmara, les murailles maritimes. Arrivés à l’Hippodrome je lui donne 10 millions. Par un tour de passe passe il substitue le billet à un d’un million et réclame la suite. Comme je ne suis pas contente du tout et que je lui demande la monnaie sur 10 millions,  il me rend très vite plein de billets. Je pensais trouver un billet de 5millions. Celui ci a été escamoté et remplacé par 500000. Le parcours touristique a coûté bien cher !


Istanbul - Musée des Arts turcs et Islamiques

Publié le : 11 Février 2008
Istanbul - Musée des Arts turcs et Islamiques

Installé dans un beau palais sur l’hippodrome, il est bien agencé avec la clim, de jolies vitrines bien éclairées et beaucoup d’explications.

      Nous remontons dans le temps des Seldjoukides jusqu’au début du XXème siècle. Les objets sont variés : calligraphies, objets de cuivre, tapis de toutes les époques.

      Je suis séduite par les rouleaux portant le monogramme du sultan enluminé, toujours le même  mot avec d’infinies variétés dans les courbes et les proportions, tantôt il me semble voir une bougie et sa flamme tantôt un cyprès.

Les tapis sont souvent usés.  Les motifs et les couleurs différent selon les époques et les provenances. Je pense à tout ce que j’ai loupé en prêtant si peu d’attention aux paroles de Grand Papa qui portait en lui la science des tapis. 27 ans après sa disparition, je prends conscience de l’héritage perdu. Jacqueline a été plus attentive et a plus retenu. Elle était aussi plus âgée – trois ans à l’adolescence- cela compte. Papa parle finalement bien peu de tout ce savoir là. Grand-papa savait reconnaître un tapis ancien d’un mécanique. Il connaissait les motifs. Je regarde ces merveilles avec un air profane alors que j’ai grandi, moi aussi, sur des tapis de valeur.

Au rez de chaussée : présentation de la section ethnographique : photos de Yörüks et de leurs yourtes. Je pense aux livres de Yachar Kémal, luxe des couleurs des kilims. Puis reconstitution d’intérieurs de sédentaires, toujours avec des kilims ; même les sacs de grain sont entreposés dans des tissus colorés. Puis intérieur bourgeois du début de ce siècle : meubles et costumes européens avec seulement quelques détails orientaux : bijoux meubles en marqueterie d’ivoire et de nacre.

Pique-nique devant l’Obélisque en compagnie de l’Empereur et de ses Romains, j’aime beaucoup ce bas-relief.


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