Le Sénat en arrivant de l'Odéon, avec ses lourds bossages m'évoque le Palais Pitti. Il ne me déplait pas d'aller voir de la peinture italienne dans ce palais médicéen.
Peinture italienne? Voire.
Arcimboldo est né à Milan d'une famille de peintre et a subi l'influence du grand Leonardo et plus tard des Maniéristes italiens . Mais c'est au service des Habsbourg qu'il a passé l'essentiel de sa carrière, Ferdinand de Bohème lui commanda les dessins de vitraux de la cathédrale de Milan avant de le faire venir à sa cour à Prague. C'est donc à Vienne et à Prague qu'il fut le peintrre officiel de Maximilien II puis de Rodolphe qui lui accorda en 1587 la permission de retourner en Italie. Toujours avoir à l'esprit la géographie politique d'une Europe où les descendants de Charles Quint, autrichiens étaient sous influence espagnole, flamande ou lombarde aussi bien qu'allemande!
Se promener dans l'exposition est un véritable jeu : chaque tableau se découvre avec joie. On cherche les légumes, les fruits. Contemplant un animal, on oublie un insttant le visage auquel il appartient. On cherche des correspondances. Les séries des Saisons et des éléments sont mêlées : l'Eau , l'air ou la Terre trouvent leurs correspondances. Autre série : celle des métiers. doit on regarder le tableau à l'endroit ou à l'envers? Les fruits sont ils de saison? Tiens, il a représenté un épi de maïs! Les végétaux venant des Amériques font leur apparition: Quand la tomate deviendra t elle Italienne? Je n'en ai pas vu ....On resterait infiniement à détailler chaque tableau à retourner de l'un à l'autre. si ce nétait la foule qui proteste losque nous piétinons un peu trop longtemps devant le Cuisinier.
Si on n'a pas eu le loisir de bien voir les 4 saisons elles retourneront au Louvre une fois l'exposition démontée!!!
Formidable étude de la nature sous toute ses formes. La mythologie cède le pas à la modernité dans l'étude de la Sériciculture...
Premier Dimanche du mois : le Louvre est gratuit!
Je me précipite. je ne suis pas seule : sous la pluie, la queue s'enroule autour du bassin où se reflèterait, par meilleur temps, la Pyramide.Impressionnnant! Curieusement elle avance très vite et je suis bien seule à la caisse pour payer 9.5€, prix de l'Exposition, "Le Chant du Monde" , L'art de l'Iran Safavide 1501-1736
La sélection par l'argent a fait son oeuvre : il y a très peu de visiteurs à l'heure du déjeuner. Heureusement! Les miniatures sont petites requièrent toute l'attention du spectateur pendant de longues minutes: tout l'art réside dans le détail, la finesse du trait, l'humour caché de l'artiste qui a donné des profils de caricatures aux rochers des montagnes. J'aimerais mieux connaître les histoires contées dans les ouvrages richement illustrés. Au passage je croise Alexandre, plus loin le Siborgh de la conférence des Oiseaux :souvenir d'une pièce magnifique mise en scène par Peter Brook aux bouffes du Nord il y a bientôt 30 ans...
En plus des miniatures, dans des vitrines des objets somptueux: Plats blancs et bleus, noirs et verts... bassins de bronze et d'étain ciselés et ornés de poèmes, hanaps et aiguières, coupes pour des libations de vin - qui le croirait? -.
Pour compléter cette visite - hasard ou mode? - les collections de l'Agha Khan seront présentées dans le futur musée islamiques de Toronto sont en visites libres dans les collections du musées. encore de belles miniatures mais aussi des objets de culte, des bois sculptés. L'ensemble des collections est plus éclectique.
De retour à la maison, j'ai repris Rouge d'Orhan Pamuk, lu récemment.
Orhan PAMUK : Mon Nom est Rouge (10/18)
Orhan Pamuk a été distingué cette année, lauréat du Prix Nobel de Littérature. Il a aussi fait l’objet d’un procès en Turquie pour insulte à la nation en évoquant le génocide arménien. Personnage tout à fait sympathique.De cet auteur, j’ai déjà lu La Vie Nouvelle qui ne m’a laissé qu’un souvenir mitigé.
Mon Nom est Rouge est un très gros bouquin de près de 800 pages, se situant en 1591 dans le milieu des peintres miniaturistes turcs. C’est un roman polyphonique donnant tour à tour la parole aux peintres, au Maître de l’atelier du Sultan, ainsi qu’à un mystérieux commanditaire d’un ouvrage sulfureux, Monsieur L’Oncle amateur d’art et diplomate, à sa fille Shékuré et à Esther une marieuse Juive.
Un enlumineur est assassiné puis Monsieur l’Oncle. Qui est l’assassin ? Pour quel motif ? Le drame se déroule à l’ombre d’une secte intégriste iconoclaste qui s’oppose bien sûr à la représentation figurée et même à la consommation du café. Ces fanatiques ne reculent pas devant la violence et le meurtre. En sera la victime, un conteur, dans le café où les peintres ont coutume de se rencontrer.
L’allusion politique n’est pas le propos principal du roman. L’essentiel de la réflexion porte plutôt sur l' esthétique : qu’est ce que le style ? Le miniaturiste a-t-il le droit de revendiquer un style personnel ? Ne doit il pas s’inspirer fidèlement des maîtres miniaturistes et des traditions de son atelier.
Un grand vent d’est souffle sur le roman quand Pamuk évoque les traditions miniaturistes venant de Perse, mais aussi du Khorasan, de Mongolie, de Chine. L’école fameuse d’Afghanistan de Herat et même d’Inde.
Le débat porte justement sur l’introduction de la manière occidentale dans la miniature. Monsieur l’Oncle a visité l'Italie. Il a été impressionné par les portraits italiens. Il veut représenter le portrait du Sultan à l’occidentale. Pas question de suspendre son portrait au mur comme une idole. Le portrait sera donc caché dans un livre extraordinaire éxécuté en grand secret par les peintres les plus fameux de l’époque.
En plus du thème du portrait vient aussi l’introduction de la perspective. La perspective ne serait pas seulement une technique de dessin mais plutôt une révolution radicale de point de vue. Les miniaturistes peignant, vu de dessus, vu du haut d’un minaret, le point de vue de Dieu. Les Italiens, vu au ras de la terre, du point de vue de l’homme. De même l’occidental peint le modèle qu’il voit tandis que le miniaturiste peint l’idéal vu par Dieu. Le meilleur miniaturiste étant le peintre aveugle.
Diversité des points de vue, polyphonie, et harmonies de couleurs, diversité des styles quand des contes se mêlent au récit ou aux dialogues. Contes et paraboles des aveugles.
les Phéniciens, je les croisés en Sicile, à Motia, à Chypre et accidentellement en Italie quand étaientt évoquées les guerres Puniques. Phéniciens, Carthaginois? Comme les Etrusques, peuples méconnus, dont je soupçonne l'importance plus que je ne la connais.
Je me suis donc précipitée à l'Institut du Monde Arabe pour cette grande exposition.
Affiche étrange, énigmatique tête surmontant un voile vide fantômatique. je n'avais pas reconnu le tridacne, coquillage finement ciselé.
La plus grande gloire des Phéniciens, c'est de nous avoir donné l'alphabet, alphabet primitif de 22 consonnes, s'écrivant de droite à gauche, proche de l'alphabet hébraïque, même ordre des lettres. Les Grecs rajoutèrent par la suite les voyelles.
Les premières salles de cette grande exposition sont donc consacrés à cette découverte majeure.
Les salles suivantes présentent les différentes villes-comptoirs s'étendant de la Mésopotamie à Mogador au Maroc mais aussi au Portugal. Les plus nombreuses villes Phéniciennes se trouvent au Liban mais aussi dans les îles de Chypre, de Sicile, de Sardaigne même aux Baléares. les Phéniciens étaient des navigateurs experts et des commerçants.
Les différentes productions artistiques sont extrêmement variées, synthèses d'influences égyptiennes, grecques mais aussi pièces originales que je n'ai jamais rencontrées : masques, Dea Gravida, déesse enceinte ou accouchant, Astarté...oeufs d'Autruches et coqillages décorés. Pièces de verre.
Enfin, un audiovisuel nous présente les Phéniciens à travers les fantasmes des artistes de tous les temps, Salambô, bien sûr, mais aussi un Voltaire moins connu et des tableaux de différenttes époques.
Un regret, cependant, la présentation un peu triste dans un environnement très sombre, grenant et marine et des photos des sites archéologiques .manquant de recherche. Je reste encore sur ma faim et les phéniciens gardent ne part de leur mystère.
Bénin : Cinq siècles d'art royal
Le Royaume du Bénin ne se trouve pas du tout en république du Bénin mais au Nigéria. Depuis le 13ème siècle, les rois, les Obas, règnent sur Edo (Benin city) jusquà nos jours.
Cet art, tout à fait officiel, utilise presque exclusivement le bronze coulé en figures de bonne taille. L'ivoire, privilège royal,matériau noble et précieux figure en moindre proportion. Les occidentaux apportèrent le corail rouge méditerranéen réservé au souverain.
Les têtes des rois, les groupes de statuettes, les panneaux de bronze racontent la vie à la cours. J'ai la naïveté d'aimer qu' on me raconte une histoire.Et les bronzes béninois sont très expressifs.
Cérémonies de cours, scènes de chasses, musiciens, ou culte du dieu marin Olokun, de Ogun, dieu du fer, ou d'Osun(plantes médicinales), tout est raconté avec un maximum de détails. Luxe de précision dans les coiffures, les parures, les armes...Omniprésence des animaux : Léopards, symboles de la royauté,oiseaux, serpents, poissons, grenouilles ou caméléons, antilopes. On ne chasse pas l'aigle comme les fauves. Une confrérie d'acrobates se suspendait à des cordes et se balançais.
Présence récurrente des Blancs : les Portugais, d'abord quui apportaient verroterie et manilles - gros bracelets de laiton - la matière première des plaques et figures sculptées? - des armes ensuite, fusils et canons pour ramener en Europe de l'Ivoire et des objets finement sculptés. Les échanges n'étaient pas du tout ce que j'imaginais. Les Portugais servirent même comme mercenaires pour les Obas! Aucune allusion à l'esclavage, pourtant la traite existait!
par la suite les commerçants laissèrent leur empreinte : sur un coffre de bois, des Européens bottés et casqués se reposent dans des chaises longues!
Déjà, à Ouidah et à Abomey, j'avais découvert des Royaumes hierarchisés très structurés, très organisés. Le royaume de Bénin qui s'étendit dans sa période faste jusqu'à Allada était aussi de première importance. Quand on pense que l'imagerie des colons et des missionnaires faisait croire que le Blanc apportait la civilisation! Ils arrivaient pourtant dans des terres civilisées!
Et même maintenant, qui connaît ces royaumes, ces empires, cet art sophistiqué? En arrivant à Cotonou, je pensais trouver des cases, des bidonvilles, mais pas des palais!
Diaspora , de la cinéaste Claire Denis, m'a un peu déçue. Installation très moderne, très sophistiquée, m'a paru vide. Sur de petits écrans le visage de Lilian Thuram qui tient un discours bien sympathique mais peu original - sauf quand il parle du rôle du père aux Antilles - héritage de l'esclavage, le père n'a que le rôle du géniteur.La mère détient l'autorité et la responsabilité de l'élevage des enfants.
Sur le quai, des baraques de contreplaqué abritent une exposition de photos : Photoquai. Les promeneurs sont nombreux, familles en patins à roulette, en vélib ou en skate, touristes et badauds. Certains aussi sont armés d'appareils photos ultraperfectionnés qui photographient...des photos!
Le président du musée du quai Branly est à l'initiative de cette manifestation : Le monde regarde le monde et qui privilégie le regard de non-occidentaux sur la photo. Bizarre que j'emploie cette expression. Cela me fait penser à la conférence de Lecointre, le pape de la nouvelle classification, critiquant la position anthropocentriste de la classification de Linnée. Invertébré, ne veut rien dire en soi - sauf pour l'homme - qui, lui, est vertébré! Pour mieux se faire comprendre, Leconintre avait fait une analogie avec la World Music - classification qui ne veut rien dire - sauf pour la musique occidentale qui est la musique "classique"...
Nous nous promenons donc dans le "non-occidental" passant sans transition de Russie au Congo, de Chine en Syrie... en Argentine, en Alaska..
Une Iranienne parvient à pénétrer un des hauts lieux du machisme, la salle d'entrainement des lutteurs, elle se met astucieusement en scène avec ses objectifs dans les miroirs. Un Congolais découpe des photos ethnographiques anciennes d'africains nus et les colle sur un paysage de terrils et de chevalets de mines. Un Argentin réussit si bien en technicolor qu'on ne sait plus qui sont les personnages de la fresque, ceux de la publicité ou les consommateurs d'un fast food! Un Combodgien a choisi de photographier des fourmis en grand format. Une Egyptienne, des balcons. Un Grec, des modèles de "mode islamique"....On en a plein les yeux! L'exposition continue sur la passerelle qui relie la Rive Gauche au Musée d'Art Moderne juste en face du Musée d'Art Moderne. La biennale de Photo se tient en intérieur dans le Musée de la Marine et au Centre d'Architecture au Trocadéro.
Pour rentrer, je chemine le long des quais déserts sous une petite pluie fine de plus en plus insistante. Passerelle devant le Musée d'Orsay, je traverse les Tuileries pour reprendre le métro à Palais Royal.
le bourg de Plomodiern est une base idéale pour notre villeggiature randonneuse. 4 km de la plage. Un jolie campagne vallonée dominée par la Menez Hom. Le village est construit autour d'une église de granite dont le clocher pointu se voit de loin.
toutes les commodités : Intermarché et la station service un peu à l'écart, au centre une supérette 8 à 8 bien achalandée, deux boulangers, un charcutier-traiteur-boucher, un barc-tabac-Presse où je trouve Le Monde et les cartes de l'IGN, un poissonnier ouvert mardi et vendredi avec des pinces de crabes et des bouquets bretons vivants...
Et plein de gîtes ruraux!
La balade N°15 de l’Aber démarre à Tal ar Groas derrière l’école. On dépasse et on découvre un dinosaure grandeur réelle en métal peint en rouge et on se gare à la chapelle saint Laurent qui parait bien rénovée pour une chapelle en ruine. La ruine est un peu plus loin, il reste des arches fines qui se détachent bien sur le ciel bleu. Le Topoguide annonçait un chemin de terre puis, un chemin empierré ; je marche sur le goudron. Il n’y a pratiquement pas de balises si bien que je demande mon chemin à tous ceux que je rencontre. Deux filles à vélo ne connaissent pas les hameaux de Kerastrobel et de Trébéron que je dois traverser. Les chasseurs sont plus efficaces. Un groupe de bassets me barre la route en aboyant. Ils s’intéressent plus aux vaches et à mon passage qu’aux appels de leurs maîtres. La route traverse un groupe de maisons très jolies blotties sous les hortensias, les rosiers grimpants et d’autres buissons. Le toit est en chaume. Je photographie. Le « sentier » est une belle route passante. C’est un peu frustrant même si la vue sur la mer est belle. Une sorte de digue traverse l’aber : estuaire barré par un cordon dunaire où l’Aulne paresse en larges courbes. Les cormorans étalent leurs ailes, un héron est perché sur un arbre, une aigrette vole. Dominique m’attend sur la digue. Nous allons visiter un four à chaux datant du milieu du 19ème siècle. Gros bâtiment carré surmonté d’une tour ronde.
Traversant la route, nous allons pique-niquer juste en face de l’île de l’aber : le cake au thon paraît tout à fait approprié à ce premier déjeuner à la mer. A marée basse on passe dans l’île séparée d’une dizaine de mètre de la côte. Elle est truffée de galeries et de tranchées autour d’un fort de 1846. Les constructions militaires ne me branchent pas tellement. Je suis plus attentive aux indices de drames animaliers, ici un tas de plumes blanches, là des touffes de poils d’un lapin. Un drame a du se jouer. Quel a été le prédateur ? Si je remarque ces tragédies naturelles elles ne me touchent pas plus que cela. Il est normal qu’un renard ou qu’un rapace se soit régalé d’un lapereau ou d’un oiseau. Le chemin surplombe l’eau qui bat maintenant les rochers. La belle plage du Poul est encore dégagée mais le GR s’élève dans les bruyères vers les hauteurs de la Pointe du Guern. Les bruyères et les callunes sont toutes brunies, toutes cuites. Est-ce la sécheresse qui a sévi depuis septembre ou tout simplement la saison ? Les ajoncs, en revanche, offrent une nouvelle floraison. La pente est très raide : on grimpe d’une centaine de mètres. Le sentier court en balcon sur les falaises de Guern. Puis je traverse une pinède. Sur la pointe suivante, je vois la 206 bleue qui m’attend devant la plage de Trez Bihan. Je poursuis encore deux kilomètres plus loin, rencontre une toute petite vipère léthargique. La mer est haute. Nous rentrons par le chemin des écoliers vers Plomodierne.
En route nous passons à saint Nic Pentrez où nous avions passé les vacances de Février 1996. Reconnaîtrons nous le gîte ? La longue plage de Pentrez s’appelle la lieue de grève, sans doute est elle longue d’une lieue ? Une aimable animation s’y déroule : on loue même des chars à voile. Nous tournons en direction de la chapelle de saint Côme qui est vraiment charmante et je retrouve juste ensuite la cour de la ferme du gîte de Pennavouez.
Nous rentrons tôt sous le soleil.
Douarnenez n’est pas une cité aimable. Plutôt austère, ouvrière, peu avenante. Des immeubles blancs défigurent les versants raides Nous traversons des quartiers déserts aux façades délavées, écaillées. Nous passons devant la conserverie Connétable décorée de fresques colorées. Nous descendons au port, grands bâtiments frigorifiques dans le style des années cinquante, quais destinés à recevoir des bâtiments de grande taille pour une pêche industrielle, un peu plus loin des façades colorées égaient un quai bordé de restaurants.
Sous le ciel gris, on n’a pas trop envie de faire des photos .on remonte en voiture pour chercher le Port Musée installé dans l’estuaire d’une petite rivière à Pouldavid, barrée par une écluse enjambée par une passerelle métallique pour piétons et de plus haut par un pont routier . Des quais de bois avec des baraques peintes sont déserts. On peut visiter de beaux bateaux à voile et un musée. Dominique remarque un bassin bleu vide dont la peinture s’écaille. A quoi peut il bien servir ? Une dame qui promène un chien minuscule habillé d’un manteau écossais, entend sa question et engage la conversation. Un monsieur faisait voguer là des maquettes. La dame nous commente les installations qui selon elle périclitent. Elle nous recommande d’aller à l’Ile Tristan.
Exceptionnellement, lors des grandes marées, l’îlot est accessible à pied sec, justement c’est marée basse et la promenade est autorisée jusqu’à 13H30.
Sur l’île un très beau bâtiment, presque un château, appartenait à un industriel de la conserverie. Le Conservatoire du Littoral a fait l’acquisition de l’île et n’autorise que les visites guidées le reste de l’année. Une longue procession descend un escalier glissant et verdi pour rejoindre l’île interdite le reste de l’année.
Au milieu du chemin une curieuse statue : sardine de bronze côté pile, femme de granite côté face rend hommage à la sardine de Douarnenez qui a fait vivre pêcheurs, ouvrières des conserveries et était la richesse de la ville. La belle demeure est ouverte, un grand feu de bois brûle dans la cheminée. Intéressante. Des sculptures métalliques, bestiaire fantastique d’animaux étranges de Marc Morvan, sculpteur de Quimper, sont installées là. Nous avons déjà rencontré ces animaux : dinosaure de Tal Ar Groaz, monstre sortant d’un œuf sur à l’entré du Port Musée. Les visiteurs se suivent dans le parc laissé à l’abandon planté d’araucarias très hauts, de pins magnifiques. Sur cet île aussi, la même petit fortin carré que dans l’île de l’aber visitée hier. Une bambouseraie dans un jardin enclos de murs. Le soleil perce à peine un ciel très voilé, il fait presque beau tandis que je termine le tour de l’île.
Nous mangeons nos langoustines dans la voiture en face de la plage de Kervel à Sainte Anne la Palud, il fait beaucoup trop frais pour manger sur les bancs. J’arpente la plage sur le sable mouillé sous un vent vif. Toutes sortes de voiles s’activent : kite surf avec planche à roulette, planches à voiles classiques, les pêcheurs à pied profitent de la grande marée, certains pêchent avec des filets à crevette, d’autres creusent avec toutes sortes d’outils de jardinage, binettes, griffes…
Le sentier côtier monte dans les bruyères jusqu’à la Pointe de Tréfeunec puis s’enfonce dans une Anse étroite, estuaire d’un ruisseau. De très belles propriétés s’étagent sur les pentes. Le sentier côtier est repoussé sur la plage évitant d’écorner les jardins des belles maisons. La marée monte. Je ne suis pas très tranquille. L’estran sera bientôt recouvert. Pourtant j’ai tout mon temps. Dominique me retrouve dans les dunes.
De là nous allons voir l’Eglise de sainte Anne la Palud célèbre pour son Pardon ; quelques statues remarquables, une grande église un peu froide. En revanche la petite chapelle saint Nicodème cachée dans un vallon derrière de grands arbres est tout à fait mignonne. Un panneau nous apprend qu’une foire aux bestiaux s’y tenait et que son pardon était le « pardon des queues des vaches ». Il faudra revenir faire des photos par temps ensoleillé.
Le temps ne s’arrange pas. Nous rentrons vers 4 heures au gîte. Je sors cueillir des « chardons » bleus et j’ai la grande surprise de découvrir qu’il ne s’agit pas d’une jachère envahie par les chardons mais d’un champ bien ordonné d’une plante inconnue qui fleurit en petits pompons bleus. La soirée se termine avec une belle flambée.
P.S. je n 'ai pas osé cueillir les pompons. le lendemain, j'ai demandé au voisin ce qu'il cultivait là : de l'engrais vert , de la Phacelia. puisque c'est de l'engrrais vert,j'ai sorti mes ciseaux sans remords!
De retour à la maison j'ai googlisé la Phacélia : son nom complet Phacelia tanacatifolia Phacélie à feuilles de Tanaisie originaire de Californie mellifère (elle est très odorante)
lundi 29 octobre 2007 : Crozon, Pointe de la Chèvre
Morgat est une jolie station balnéaire jouxtant la ville de Crozon. Une plage de sable fin, un front de mer très coloré où les propriétaires d’une crêperie n’ont pas hésité à peindre la façade en jaune acide bordé de vert tandis que les voisins avaient crépi la leur en bleu vif d’un côté et rose de l’autre. Plus haut sur les pentes, de grosses villas cossues sont entourées de beaux jardins. J’entre dans deux galeries, l’une présentant des aquarelles tout à fait intéressantes et l’autre des montages de photos de marine moins originaux.
Dans le Topoguide, nous avons choisi la randonnée n°12 au Cap de la Chèvre. Je pars de Kerdreux qui est un hameau charmant de très petites maisons basses très fleuries (et très rénovées). Sous le brillant soleil, je fais des photos. Avant de rejoindre le littoral, ne marche dans un chemin creux très vert que j’abandonne dès que je trouve le sentier côtier qui est tracé dans les bruyères en corniche au dessus de hautes falaises. Le vent souffle si fort que je mets mon bonnet écossais tricoté à Dunvegan et mes gants. L’Atlantique est bleu profond rayé de nombreuses crêtes blanches. Le paysage est austère, les bruyères sont roussies, les falaises impressionnantes. Je marche avec peine contre le vent. Dominique devait m’attendre au parking du sémaphore, je la découvre à contre jour en haut d’une pente.
Nous décidons de pique niquer un peu plus loin après le joli village de Rostudel au dessus de l’Anse Saint Nicolas. Nous avons déjà fait l’expérience dans les îles de la différence entre la côte sauvage ou au vent et la côte abritée. Cette différence est spectaculaire : ce matin j’ai lutté contre le vent mugissant, l’océan était agité de grosses vagues. Sur la côte Est donnant sur la Baie de Douarnenez l’eau est turquoise, limpide, lisse, nous sommes assises à l’abri du vent, en plein soleil. Des pins tordus de détachent sur le ciel bleu, la lande est encore fleurie. Je continue donc le tour du cap sur le sentier côtier entre les pins. Cela sent bon la résine ! Il faut quand même se méfier, les aiguilles peuvent être traîtres. C’est une promenade délicieuse, gaie et colorée. Dominique vient à ma rencontre. Je suis ravie qu’elle puisse ainsi goûter à la plus belle promenade depuis le début des vacances.