CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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En 4X4!! Leçon d'arbres dans l'Atakora

Publié le : 25 Mai 2007
En 4X4!! Leçon d'arbres dans l'Atakora

][/b]i]Il va venir ! Il faut attendre ![/i]

            Nous sommes convenues avec Léon de la location d’un petit  véhicule avec chauffeur pour demain matin 8 heures. A 9heures, Léon nous annonce que le chauffeur sera Duran au prix convenu  mais à débattre avec lui. A 10 heures, arrivée de Duran à moto. Il a cassé quelque chose sur le 4X4  il termine la réparation et passe nous chercher.

            Pas de panique ! Patience, nous sommes en Afrique. Tout arrive pour qui sait attendre. Nous allons voir la tisserande qui a installé son métier dans le jardin face à l’entrée de l’hôte. Elle tisse des bandes d’une quarantaine de cm qu’elle assemble pour faire des nappes. Ses pieds nus actionnent les fils, les gros orteils maintenant des morceaux de bois. Une belle nappe et 8 serviettes coûtent 12 000francs. Cela nous fait bien envie.

            Léon nous fait signe de monter dans son véhicule, 4X4 luxueux : il nous emmène au garage de Duran. J’observe le thermomètre : 36°C à l’extérieur, 27°C à l’intérieur. Le garage se trouve le long de la grande route qui traverse Natitingou sur 4 ou 5 km .De nombreuses voitures ou épaves jonchent le terrain. Quatre ouvriers s’affairent autour de la voiture rouge. Duran nous apporte un banc de bois et l’installe sous un manguier portant des fruits énormes. Il nous fait signe d’attendre. Nous devenons sans doute africaines.

            Vers 11 heures nous embarquons. Mais il faut d’abord trouver de l’essence. Le revendeur près du supermarché est à sec. La station service (étrange que cette installation existe !) idem. Duran tourne dans la ville et finit par dénicher une dame Jeanne au prix de 10 000CFA. Ce n’est pas fini : il veut de l’eau et de la glace.

            Enfin, nous quittons Natitingou par la grande avenue à 4 voies bordée de flamboyants en fleurs, complètement disproportionnée dans cette ville clairsemée. Les écoliers et lycéens convergent vers l’école, en uniforme sable, un ou deux cahiers à la main, pas de cartable.



L’Atakora et la route de Boukoumbé

            Dès la sortie de la ville, nous quittons le goudron pour une belle Nationale de terre, très large, très bien équipée en bornes et panneaux de signalisation : Boukoumbé, 39KM100 ; Quelle précision ! Pourquoi 100 ? La route est construite le long de la crête de l’Atakora dans une sorte de forêt clairsemée. J’ai toujours le même problème à faire la différence entre la forêt et les champs. Duran va m’aider, il est très disert depuis hier. Il évoque la pauvreté du sol rocailleux de la montagne et parle du bois de chauffage que l’on coupe. C’est le sujet du mémoire de la jeune allemande d’Helvetia. J’aurais bien aimé en prendre connaissance. Parmi des arbustes hauts de 3 m environ, poussent des arbres magnifiques : caïlcédrats qui dominent le paysage avec leur feuillage épais vert foncé, les troncs qui se ramifient très haut, moins droits que les baobabs, un peu tortueux.

            Un peu plus loin, des buissons verts : « Ce sont des champs » Explique Duran –« Et ce vert ?- Les arbres, il faut les brûler ». Ici, les cultures se font sur brûlis. Les jachères sont vite reconquises par les arbres. Après le brûlis, on doit labourer, le plus souvent à la main « Il y en a qui ont des tracteurs, il y en a qui ont des bœufs et un truc en fer. Tous sèment à la main ». A la fin de la saison sèche, je ne reconnais rien. Duran me montre le coton dont il ne reste que de minces tiges desséchées. Il est cueilli à la amin. Les Titans sont venus le chercher. C’est peut être pour eux qu’on a construit une aussi belle piste. « Comment les producteurs vendent ils le coton ? » - « C’est le gouvernement qui l’achète. ».

            Autres cultures : le mil. Il en reste des tiges paille clair. Sorgho et maïs, mais on ne voit rien en saison sèche. Les petites buttes des ignames sont rares. De temps en temps, une sorte de plantation  d’arbres. Ce sont des acajous, bien petits pour servir de bois de menuiserie.

            Duran me montre aussi les karités : arbres au tronc très rugueux – on dirait du liège- et aux grande feuilles vert clair. On en récolte les noix, on ne les voit pas en ce moment.

Le plus grand arbre est l’iroko. Ici, les baobabs ont leurs feuilles, même les vieux. Aurait-il plu ici ? Duran me répond que cela dépend aussi du sol.


Tatas Somba

Publié le : 24 Mai 2007
Tatas Somba

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Les premiers tatas

            Nous passons sans nous arrêter devant les premiers Tatas – fermes fortifiées- nous en verrons d’autres. Ils sont beaucoup plus petits que je l’imaginais, surtout moins hauts. Leurs petites tourelles dépassent vers l’extérieur le mur d’enceinte. Les jolis toits de chaume sont de couleurs variées selon la patine. Devant le Tata, des colonnes tronquées, genre phallus, sur lesquelles on devine toutes sortes de bizarres choses : les fétiches. Tout un bric à brac, tas de bois de chauffage, brassées d’herbes pour le toit, nattes…  Sous l’auvent de chaume, simple toit sur des piquets de bois, des gens s’abritent du soleil. Les animaux traînent ça et là : minuscules chèvres noirs. Des porcelets tètent leurs mères.



La tata en ciment de Maurice à Koussoukongou

Le premier arrêt : Belvédère de Koussoukongou.  Pour admirer le panorama, des petites tables blanches ont été installées avec un bar où on ne sert rien. Arrive un vieux petit monsieur tout maigre au regard malicieux qui nous commente la vue : là-bas : le Togo, des montagnes bleutées, à nos pieds, la plaine de Boukoumbé dans la brume de chaleur, près de nous la montagne pelée et abrupte de l’Atakora. Un peu plus loin, des arbres fleuris du jardin des Pères. Le monsieur s’appelle Maurice, Momo. Il nous ouvre sa tata. En ciment, ce n’est pas une vraie. Elle n’est pas habitée non plus. C’est une tata « de démonstration »  qu’on peut visiter. Et Momo explique bien. Je maudis ma jupe de gitane froncée que j’ai, bien malencontreusement, revêtue quand je dois monter à l’échelle Somba : une perche creusée de 3 ou 4 entailles, se terminant par une fourche que l’on pose le long du mur. Momo est vieux mais alerte. Il nous fait ensuite une démonstration de danse arc et flèches à la main, sur la tête un couvre-chef surmonté d’une corne de bovin, il rythme sa danse avec des castagnettes que Dominique appelle des crotales. Nous visitons ensuite son hôtel dans une autre tata de ciment : vue imprenable, chambres fraîches grâce à l’altitude et au vent. 4500F la nuit. Nous aurions volontiers passé une nuit dans cet endroit.



Dispensaire de campagne

Dominique remarque des panneaux solaires : ici, l’électricité n’arrive pas. C’est la première fois que nous voyons une telle installation au Bénin : c’est le dispensaire. C’est ici que nous donnerons les tubes de paracétamol que nous avons emportés de France. L’infirmier

nous accueille, en blouse blanche, jeune souriant, très fier de poser pour la photo derrière son vaste bureau. Il sont deux infirmiers à se relayer 24H/24 dans ce petit poste de santé : soins urgents, petites maladies, paludisme… il y a même une maternité. Duran n’est pas vacciné contre la méningite. Dommage que nous ne soyons pas passés la semaine passée, il y avait campagne de vaccination ! L’infirmier nous explique qu’il reçoit le vaccin lyophilisé et qu’il prépare le flacon pour 50 doses. Ce qui reste se périme très vite. Dominique prend des photos et offre des chewing gums aux enfants. L’infirmier en réclame « Moi aussi, je suis un garçon ! ».

La route descend très raide vers la vallée. Le gros camion de Goussainville 95 grimpe la côte.

Les tatas sont des fermes fortifiées, pas des musées
Boukoumbé est endormie vers 13H30. Il fait une chaleur accablante. Les gens dorment sous des abris. Le poste frontière avec le Togo est désert. La plaine est cultivée principalement de coton, mais aussi de mil et de sorgho. Les champs sont plats, beaucoup plus vastes que partout ailleurs dans la région. Des troupeaux de vaches paissent tranquillement. Les très jolis tatas sont dispersés dans la campagne, tous plus beaux les uns que les autres, abrités par leur baobab déjà vert. Des papayers égaient les jardins. Les portes d’entrée sont décorées. Nous avons envie de tous les photographier. J’aimerais bien dessiner aussi. Duran gare le 4X4. Je m’installe sur le pare-choc arrière tandis que Dominique s’approche du tata. Des adolescents l’accompagnent. Un homme agressif la prend à parti, « je vous ai dit bonjour !... » Nous remontons en voiture. Duran le dispute gentiment « Si tu es saoul, va dormir ! ». Je dessinerai d’après photo de retour à la maison.

Nouvel incident : une femme s’approche de la portière, furieuse que Dominique ait pris une photo. J’ai peur qu’elle n’arrache l’appareil photo, et Dominique, d’être battue. Des sentiments très mélangés se bousculent. Pourquoi insistons nous  à aller voir des gens qui ne souhaitent pas notre présence et nous rejettent violement ? Est-ce notre présence ou celle de l’appareil photo. Il semble que tout soit causé par l’appareil photo. En Turquie, au Maroc, en Egypte, les gens avaient le sens de l’hospitalité. Ici, notre présence n’est pas souhaitée.



Momo sous introduit dans un vrai Tata


De retour, au col, Duran klaxonne et nous retrouvons Momo qui nous introduit dans un vrai Tata habité. Il nous montre d’abord la décoration extérieure : le mur de banco finement dessiné avec les doigts, laissant des marques parallèles bien marquées. A l’aide d’un balai on a imprimé des motifs variés très fins ressemblant aux scarifications qui tatouent le visage entier des hommes d’ici.

Momo montre les crânes de moutons et tout un bazar de graines, plumes et branchages sur une petite plateforme à l’extérieur du mur d’enceinte « pour les singes », un peu mystérieux. Il nous invite à le suivre à l’intérieur de la tata. De prime abord, il y fait tout noir, des étais mal équarris soutiennent le plafond. Au fond, dans la lumière du jour, la cuisine où mijote une tisane médicinale. Dans cette pièce vivent les animaux (invisibles). Momo montre : « Ici, la volaille ! », « Ici, les moutons, ici, les chèvres, ici, la vache ! ». Est-ce que les gens qui vivent ici possèdent tous ces animaux ? Quand les rentrent-ils ? Ici, c’est moderne, pas d’échelle de bois à encoche pour monter à la terrasse à la place des marches très hautes. Au niveau supérieur : des cases, chambres d’habitation qu’on ne visitera pas (ce n’est pas un musée mais une maison), des greniers énormes pithoi coiffés de chaume. Une échelle à encoches permet de grimper et des cendre dans le grenier. Notre hôte, l’instituteur ôte ses claquettes pour faire la démonstration et en sort une branche de mil. Dans l’autre grenier, est stockée une autre céréale dont on fait le couscous. Les greniers sont fait d’argile fine mélangée  à de la paille. Le résultat est plus léger que le banco, plus orange, on voit la paille. C’est ce que les termites recherchent. Ils ont creusé des galeries forant une sorte de dentelle. Il faudra refaire un autre grenier.

Sur le sol de la terrasse sèchent les graines d’un arbre  utilisées comme condiment »la moutarde ». Du mil germé forme un autre tas, fermenté, il servira à, faire de la bière locale, très alcoolisée. Des pots sont soudés au sol : dans deux grandes jarres on garde l’eau – très fraîche – sous un couvercle de bois. Une autre plus grande, très fine au décor géométrique de minces entailles, est noircie de l’intérieur « on fait brûler dedans, cela la rend plus solide ». Une vieille femme en pagne, mais les seins pendant, balaie la terrasse et s’active autour de bol émaillés contenant de la nourriture.

Toute la maisonnée est dehors sous l’abri de chaume, couchés ou assis sur ces banquettes de bois à clair voie que l’on voit presque partout. Dominique a été faire un tour avec les enfants puisqu’elle n’a pas pu accéder à la terrasse. Elle a distribué ses chewing gums et m’attend pour offrir notre collection de fèves des galettes des rois comme jouets aux enfants.

Je suis assez réservée sur ces distributions, les chewing gum, cela fait toujours plaisir et c’est sans prétention. Les bracelets et les fèves n’ont aucune valeur. J’ai toujours peur qu’ils ne trouvent ces cadeaux insultants. D’autre part, ces enfants n’ont rien et la collection est jolie (je l’ai vue partir à contrecoeur). De toutes les façons, les fèves ne sont pas dans le sac à dos. On déballe tout ce qui pourrait faire « cadeau », des bonbons, un tout petit sac de toile, Dominique offre son laser à un petit garçon qui lui a donné son cahier d’écolier. Je raconte à l’assistance que le laser fait un point rouge que les enfants s’amusent au collège à pointer dans le dos du prof, que cela est interdit et alors, confisqué. Après un essai dans la pièce toute noire du rez de chaussé de la tata, l’instituteur s’approprie le laser du gamin. Il dit qu’il en aura plus l’usage.

Duran me fait « réviser » ma leçon d’arbres : iroko, néré qui ressemble à un mimosa, caïlcédrats et karité. Il est devenu bavard. Comme nous passons devant des garçons brandissant un lance pierres,  je lui raconte que j’ai vu passer ce matin sur son vélo, un vieux avec un arc et des flèches. « Allait-il à une cérémonie ? – Peut-être, pas forcément, il allait peut-être à la chasse ». Il existe deux sortes de flèches : les « préparées » et les ordinaires. Les « préparées » peuvent être mortelles. Elles envoûtent le gibier qui se laisse tuer. Selon le même principe, les cartouches « préparées » peuvent tuer des buffles avec les plombs pour les antilopes.

Nous rentrons vers 15H. La suite de l’après midi se déroulera au frais dans la clim et pour moi à la piscine.

Le soir nous dînons aux chandelles avec la Directrice de Finadev qui a laissé son rapport sur son ordinateur portable pour partager notre able le temps d’une récréation. C’est une femme très agréable et très énergique


Une journée à Natitingou, musée, affiches

Publié le : 24 Mai 2007
Une journée à Natitingou, musée, affiches

Une journée de courses

    Une journée pour les courses, la banque, le farniente avant le long voyage en car jeudi. Nous traversons les jardins puis les ruelles poudreuses de notre quartier pour rallier la gare routière. Les bureaux de Confort Lines sont à l’autre bout de la ville. Nous marchons le long de la rue principale bordée de flamboyants très animée avec les zemidjans bruyants, les taxis bondés, les écoliers en route pour l’école, les vendeuses de mangues, les colporteurs de tongs…Les boutiques qui bordent l’avenue sont presque aux standards européens. Le reste est tout rouillé, brinquebalant.

Enseignes
       Les enseignes m’enchantent:
-      « Le Crayon de Dieu n’a pas de Gomme », c’est la coiffeuse, -   les cafétariats ont invariablement un t au bout,
-      « Défense d’urinée sous peine d’amande »…
Tout cela est gai, charmant et sans prétention.

     Le bureau de Confort Lines est fermé. Il n’ouvrira qu’à 15H30 . Le réceptionniste de l’hôtel voisin propose de nous inscrire si nous lui laissons nos noms et 1000F. il peut aussi bien empocher l’argent et ne rien faire !

    Nous aimerions faire entrer dans le cadre d’une photo, le collège vieillot peint en rose « Ecole de Filles » « Ecole de Garçons », datant de l’époque coloniale avec la mosquée blanche et verte et ses quatre minarets verts. Une branche de flamboyant au premier plan. Evidemment, cela ne colle pas !

    Petit marché : mangues par terre en tas, tomates et piments artistiquement déposés, riz, haricots en cône dans des paniers. J’achète tout ce qui me fait plaisir : deux mangues, deux avocats, un petit ananas à la chair blanche et aux écailles vertes. A la Poste, pas de monnaie – comme d’habitude- la postière rigole « L’important c’est d’avoir l’argent » en détachant bien les syllabes comme les Africains.

On photocopie les billets de 50€!

    La façade de la banque est en marbre, l’intérieur est moins pimpant : un comptoir vieillot flanqué de caisses vitrées, des bancs de bois pour patienter. Seule la moitié des ventilos à grandes pales tourne. Le banquier fait l’important. Il ne changera les Travellers qu’avec le papier de la banque où sont inscrits les numéros, papier que je sépare volontairement des chèques à cause des voleurs. Rien à faire ! Je sors les cinq billets de 100€ et mon passeport qu’il photocopie, je dois même signer la photocopie des billets. On m’appelle pour comparer mon visage à la photo du passeport « Vous avez vieilli !» La caissière compte et recompte les billets. Elle fait des petits paquets de 9 billets qu’elle enveloppe dans le 10ème qu’elle plie.

Musée ethnographique de Natitingou

    Le musée ethnographique est logé dans une belle maison coloniale, le cercle des Officiers Français : terrasse avec balustres encadrée par deux escaliers extérieurs, briques à clair voie. Un guide très agréable nous accompagne.

     Les instruments de musiques sont présentés dans des vitrines : castagnettes métalliques (crotales), grelots de cheville en feuilles pliées contenant des graines, flûtes comme celles que nous entendons à l’occasion des cérémonies de circoncision que notre guide appelle des cérémonies de passage d’âge. Justement, un de ces orchestres se fait entendre dans la rue. Nouvelles précisions : ce sont les amis et la famille qui accompagnent     le jeune homme qui revêtira un  étui pénien et une serviette pendant plusieurs jours.

Parure et nudité

On a exposé des photographies anciennes datant du début de la colonisation française (1917 seulement à Natitingou). Elles montrent la vie avant les vêtements « civilisés », quand les gens allaient nus revêtus de leurs parures de raphia, de perles, de colliers de vertèbres de serpent, de jupettes de raphia, de grelots aux chevilles, de bracelets d’herbes tressées, d’étui pénien, de chapeau à corne…toutes sortes de parures sophistiquées.

    Une salle est consacrée aux Tatas Somba. Des petites maquettes donnent une vue d’ensemble. Nous faisons des « révisions ». Nouvelle anecdote : les cornes au dessus de la porte qu’on supprime quand le maître de maison décède. Dernière exposition sur l’esclavage (venant de Genève), un texte intéressant de Calvin.

     Nous mangeons dans la chambre un repas très frais : yaourt avocat, une mangue. Je me suis bien habituée à la chaleur qui me rappelle Israël (38°C). Nous passons l’après midi bien tranquille à la piscine.

Les affiches

Je vais faire mes réservations d’une course en zemidjan. Cela m‘amuse de prendre la moto. J’ai écrit tout plein de choses sur les circoncisions, ne pas oublier les femmes et ne pas passer sous silence les grandes affiches à propos « Les fistules gynécologiques ne sont ni des envoûtements, ni des malédictions, mais des maladies qu’on peut guérir ». Cette affection est particulièrement choquante et indigne du 20ème siècle. D’autres affiches concernent les vaccinations infantiles. A Bohicon, Cotonou, Porto-Novo : UNE VRAIE [/b[b]]FEMME SAIT ATTENDRE : elle ne vend pas son  amour propre pour des cadeaux et de l’argent   et UNE VRAIE FEMME SAIT ATTENDRE : elle consacre son temps à ses études et pense à son avenir. UN VRAI HOMME SAIT ATTENDRE il n’écoute pas ses amis pour faire l’amour ! UN VRAI HOMME SAIT ATTENDRE / IL NE FORCE PAS LES JEUNES FILLES.
Lu également dans la rue toutes les panneaux «  publicitaires »  pour les différents cultes. Mosquée face à église. En plus un nombre incroyable d’églises évangélistes « gospel church », « église de la Profondeur Divine »…


Retour en car vers cotonou, Confortline

Publié le : 24 Mai 2007

Jeudi 20 Avril : voyage en car

Vu des fenêtres de l’autocar
Nous sommes installées dans le car aux meilleures places, juste derrière le chauffeur, la porte avant est ouverte et remplace la climatisation. A 7heures, un pâle soleil sable perce les nuages au dessus de l’Atakora. Le Bénin marche sur le bord de la route : surtout des écoliers, certains portent des balais de chaume. Plus tard, dans la cour d’une école de campagne, les enfants, en ligne, balaient la cour. Derniers tatas sur la route de Djougou. Champs d’ignames, sur les petits monticules coniques on a disposé une branche sèche. Traversant un  village, je remarque les pancartes colorées : sur fond blanc « c’est vrai le SIDA existe, protégeons nous ! », « Moi, je dis non au SIDA ! ».
Une banderole annonce Djougou « La  commune la plus écolo-environnementale ! » « Jumelée avec Evreux ». Arrêt. Des vendeuses proposent des galettes et toute sortes de nourriture. Elles doivent être musulmanes, elles sont voilées. Elles portent de grandes scarifications comme si elles avaient été griffées. Des bébés sur le dos, on ne voit que les petits pieds nus.
Les enseignes de Djougou
Je note les enseignes des boutiques : sur un café « La Joie du Magnificat », pour une cabine en tôle : « Au Palais des communications » et une autre : « Rosaire Mystica » plus énigmatique. A la station-service : « Bougie à éteindre » ou encore « Délices du carrefour », chez la couturière :« Eh vas y voir ! ».
Je note toutes les petites scènes pittoresques observées à la fenêtre du car .
Dans une école le cours de Gymnastique se déroule en rang trois par trois.
Arrêt dans la campagne : une petite fille regarde la car, elle porte de la braise sur un  couvercle métallique formant un petit plateau. Comme c’est chaud, elle le pose par terre.
A Savalou, retour du réseau du téléphone portable. J’envoie un SMS à l’hôtel Helvetia. Sur le bord de la route, des cafétérias « luxueuses » presque comme en Europe. Nous traversons ensuite des collines verdoyantes, des forêts de tecks, arbres petits plantés serrés, au sol de l’herbe verte. La végétation est maintenant complètement différente de celle du nord du pays.
Arrêt déjeuner à Dassa  dans une sorte de gargote, je mange des bananes. Que faire des épluchures ? Une femme propose de m’en débarrasser, elle les jette de côté. A la sortie de Dassa, sur de hauts comptoirs, des cylindres de gari ressemblent à de gros cierges très blancs, au sol, des sacs de charbon. Chaque étal porte un écriteau au nom du producteur


L'école Jacquot

Publié le : 24 Mai 2007
L'école Jacquot

300 € pour l’école Jacquot


Arrivée à 15 heures, à Cotonou, place de l’Etoile Rouge, le bus a une heure d’avance. Nous attendons Thierry. Les zemidjans insistent lourdement à nous prendre en charge malgré  nos bagages. Ils ne nous croient pas quand nous disons que notre taxi va venir. 16H, Thierry arrive à pied, son taxi est garé de l’autre côté de la place.

    Il a contacté la directrice de l’école de ses enfants et nous y conduit directement. Les maîtres sont assis autour d’une table sous une galerie. Ils ont décidé que la somme que nous avons apportée sera utilisée en priorité pour refaire le toit qui fuit. En saison pluvieuse, il pleut dans les classes. Cet investissement me plait : c’est du concret, du solide, cela marquera plus que du petit matériel éparpillé. Dominique n’est pas de cet avis – et c’est elle qui est concernée ! – elle préfèrerait des fournitures scolaires.

le salut

    A notre entrée dans chaque classe, un enfant donne le signal et tous en choeur crient « A l’école Jacquot : Travail ! Discipline ! Succès ! Bonjour Madame ! ». Il faut plusieurs reprises pour que je comprenne ce qu’ils hurlent.

Dans une classe on fait entrer 50à 70 élèves. Comme dans le taxi, ils sont serrés, 3 sur des bancs de deux, les mêmes bancs que chez nous il y a plus de cinquante ans. Les tables ne sont pas rangées face au tableau, elles sont regroupées par paquets. Peu de matériel, une ardoise chez les petits un cahier couvert d’un protège-cahier en plastique, un stylo à bille. Rien d’autre.

Le tableau noir

     Un grand tableau noir est peint sur chacun des cloisons de la classe, partagé par des frises peintes verticalement. Toutes les leçons du jour y sont calligraphiées avec des craies de couleur.  Chez les petits, on apprend les couleurs du drapeau du Bénin. Chez les grands, les planches de l’appareil digestif (CM1) ou de la circulation du sang dans le cœur (CM2) sont soigneusement dessinées par le maître. Thème de rédaction au CM2 : les Droits de l’Homme, et aujourd’hui, plus précisément ceux de la Femme. Une rédaction d’une écriture enfantine sert de base à la réflexion : Papa a donné de l’argent à maman pour qu’elle achète à manger. Elle utilise l’argent à autre chose. Papa l’a bat correctement…Je m’interroge sur le « correctement ».

Ballons cristoliens

Dominique raconte aux CM2 la fête de l’anniversaire des trente ans de son collège. En l’honneur, on lâchera 600 ballons portant des cartons expliquant l’évènement. 300 cartons ont déjà été achetés par les enfants français au profit des enfants béninois. Le public est nombreux, pour mieux entendre, ils se rapprochent, se déplaçant silencieusement, font un cercle autour de Dominique. Elle parle aussi de l’échange de correspondance. Ses élèves sont en 5ème et ont 12 ans. Cela ne pose pas vraiment de problème. Certains élèves de CM2 sont beaucoup plus âgés, ayant même 16 ans.


Nous concluons cette visite par une séance photo dans la cour. Les maîtres alignent tous les enfants le long du vieux bâtiment au toit tout rouillé : 313 pour 6 classes. J’ai bien du mal à faire entrer tout le monde dans le champ de la photo.


Les courses pour l'Ecole Jacquot,

Publié le : 24 Mai 2007
Les courses pour l'Ecole Jacquot,

Saison pluvieuse

    Pendant la nuit : plusieurs orages et de la pluie.
Le matin,  promenade sous un ciel plombé, les pieds dans l’écume mousseuse. Le petit déjeuner, avec le grand verre de jus de fruit frais et l’omelette aux fines herbes, nous paraît encore meilleur qu’avant notre départ vers le nord.


Les courses

    Thierry nous attend dès 8H. Les courses s’avèrent bien  différentes de ce que j’imaginais. Hier,tous disaient  que nous trouverions les tôles et les fournitures scolaires dans le quartier de l’école. Le taxi emprunte les rues enfumées des pots d’échappement des innombrables motos et camions. Je pensais que la pluie aurait lavé la pollution, il n’en est rien. Elle a un peu rafraîchi l’air mais  a apporté tout un lot de désagréments : boue, et même chaussées inondées. Devant nous, une moto noyée jusqu’à l’essieu doit débarquer son passager au milieu d’une profonde flaque occupant toute la rue.

    Les tôles se trouvent dans des dépôts de matériaux de construction étalés sur le trottoir dans un désordre indescriptible. Premier arrêt : les tôles sont de mauvaise qualité au prix de la bonne qualité. On traverse Cotonou, je reconnais la grande Mosquée carrelée de bleu, l’église rouge et blanche. Finalement on achète dans un troisième endroit deux lots de 20 plaques, pas assez pour tout couvrir mais suffisantes pour une bonne réfection.

Fournitures scolaires

    A la Libraire Notre Dame, je laisse les autres chercher le matériel et je m’intéresse à la littérature africaine. On ne trouve ni ardoises ni cahier. Les ardoises sont les articles préférés de Dominique. Une ardoise, c’est fait pour durer ! Mais il faut y renoncer, beaucoup trop cher (1950CFA, la belle ardoise au cadre de bois comme j’avais, petite fille, presque autant celle qui a un bord en plastique fluo). Nous aurions pu nous contenter de toutes simples en plastique rugueux. Le  stock est sous clé. La patronne qui peut le sortir de la réserve ne viendra que tantôt.

      La liste de la Directrice comprend des gommes, des crayons de couleur, des cahiers, des règles et des stylos à bille. Pour chaque article, il faut compter au moins trois fois. Je compte les boîtes de crayons de couleur par cinq, mais les autres comptent crayons et gommes uns par uns. Le maître vérifie, la vendeuse recompte.

       Dominique commence à bouillir d’impatience quand le vendeur manipule un par un les 133 bic cristal. Il est onze heures il faut arriver à l’école avant le départ des enfants! Je prends le relais. La facture  terminée, je passe à la caisse…La vendeuse vide le carton où tout était rangé et recompte..

Dominique se prend pour Bernadette Chirac

    11h50 ! Les enfants sont encore en classe. On peut disposer les cadeaux sur une table en bois. Pile de cahiers, tas de crayons, stylos… Cela fait si peu !Vendredi 21 avril : Cotonou

    Pendant la nuit, plusieurs orages et de la pluie. Ce matin, je fais ma promenade le long de la plage sous un ciel plombé, les pieds dans l’écume mousseuse. Le petit déjeuner avec le grand verre de jus de fruit frais et l’omelette aux fines herbes nous paraît encore meilleur qu’avant.
Les courses
    Thierry nous attend dès 8H. Les courses s’avèrent bien  différentes de ce que j’imaginais. Hier, ils disaient tous que nous trouverions les tôles et les fournitures scolaires dans le quartier de l’école. Le taxi emprunte les rues enfumées des pots d’échappement des innombrables motos et camions. Je pensais que la pluie aurait lavé la pollution, il n’en est rien, elle a un peu rafraîchi l’air mais elle a apporté tout un lot de désagréments : boue, flaques et même chaussées inondées. Devant nous, une moto noyée jusqu’à l’essieu doit débarquer son passager au milieu d’une profonde flaque occupant toute la rue. Les tôles se trouvent dans des dépôts de matériaux de construction dans un désordre indescriptible. Premier arrêt : les tôles sont de mauvaise qualité au prix de la bonne qualité. On traverse Cotonou, je reconnais la grande Mosquée carrelée de bleu, l’église rouge et blanche. Finalement on achète dans un troisième endroit deux lots de 20 plaques, pas assez pour tout couvrir mais suffisantes pour une bonne réfection.
    A la Libraire Notre Dame, je laisse les autres chercher le matériel et je m’intéresse à la littérature africaine. On ne trouve ni ardoises ni cahier. Les ardoises sont les articles préférés de Dominique. Une ardoise, c’est fait pour durer ! Mais il faut y renoncer, beaucoup trop cher (1950CFA, la belle ardoise au cadre de bois comme j’avais, petite fille, presque autant celle qui a un bord en plastique fluo) on aurait pu se contenter de toutes simples en plastique rugueux mais le stock est sous clé. La patronne qui peut le sortir de la réserve ne viendra que tantôt. La liste de la Directrice comprend des gommes, des crayons de couleur, des cahiers, des règles et des stylos à bille. Pour chaque article, il faut compter au moins trois fois, je compte les boîtes de crayons de couleur par cinq mais les autres comptent crayon et gommes uns par uns. Le maître vérifie, la vendeuse recompte. Dominique commence à bouillir d’impatience quand le vendeur manipule un par un les 133 bic cristal. Il est onze heures il faut arriver à l’école avant le départ des enfants! Je prends le relais. La facture est terminée, je passe à la caisse…La vendeuse vide le carton où tout était rangé et recompte..

Les ballons de la coupe du monde

       Dominique voulait rapporter des factures!  Ici, c'est dans la rue que se font nombre d'achats.
      C’est Thierry qui négocie.  Le marchandage est un spectacle réjouissant. Au milieu de la chaussée en pleine ville, au feu rouge, on vous propose des objets variés tels qu’un assortiment de couteaux, un chauffe-biberons, un lecteur de DVD un pèse personnes. Pour appâter le client, le vendeur introduit la marchandise par les vitres ouvertes des voitures. Quelque fois, il s’agit de coton-tige ou de mouchoirs en papier.

Plusieurs jeunes se promènent au beau milieu de la circulation avec une grappe de ballons dans un sac. C’est ici que Thierry se propose d’acheter les six ballons. Dominique maugrée parce qu’elle n’aura pas de facture.
La négociation s’engage « Six thousand last price ! » Je devine que le vendeur anglophone est nigérian. Toute cette marchandise vendue sur le trottoir vient du Nigeria comme le jeune ne veut pas « casser son prix », Thierry avance brusquement la voiture, fait le tour du pâté de maison et continue le marchandage avec un autre nigérian. Le premier rapplique – six ballons d’un seul coup – cela ne doit pas se vendre tous les jours. Thierry le rudoie « j’ai fini avec toi, je discute avec l’autre ». Il avance le taxi. Combien de tours de carrefour ? La vente aura duré une bonne demi heure et les six ballons, 20 500CFA.

Dominique se prend pour Bernadette Chirac

    11h50 ! Les enfants sont encore en classe. On peut disposer les cadeaux sur une table en bois. Pile de cahiers, tas de crayons, stylos… Cela fait si peu ! Les ballons ont un franc succès.

    A l’école, Dominique veut des photos. Sur le perron, elle donne des ordres – Bernadette Chirac ! Les enfants sont ravis surtout quand on collecte les enveloppes pour les correspondants et qu’on les photographie en gros plan. Apothéose lorsqu’elle lance les ballons. Les ballons ont un franc succès


Sur la lagune

Publié le : 24 Mai 2007
Sur la lagune

Juste derrière le Jardin Helvetia, il suffit de traverser la cocoteraie pour parvenir à la lagune.

      Le piroguier s’engage dans la mangrove inaccessible.  Tous les arcs des racines aériennes des palétuviers s'emmêlent - souvenirs de Cuba –. La lagune est enserrée dans un écran vert vernissé. Au dessus, se balance la frange légère des cimes des cocotiers bordant le chemin des Pêches.

       De l’autre côté de la lagune, la  campagne est plus peuplée et plus cultivée. Magnifique maison d’un Yovo (un Belge) avec parabole géante, digue privée et cheval. Petit port avec des pirogues sous un bouquet de cocotiers. Des piquets alignés ont été plantés par les pêcheurs, un cormoran s’est posé .
Des silhouettes, à contre jour, avancent dans le soir qui tombe. Des femmes traversent la lagune, habillées, dans l’eau qui leur arrive au-dessus de la taille. Elles portent sur la tête une bassine ou du bois. L’une d’elle nous fait un signe de la main. Son pagne est trempé,  ses seins sont dénudés.
Une pirogue remplie de bois de chauffage est actionnée par une femme arquée sur sa longue perche. Des écoliers, dans une longue barque, rentrent.
Quand le soleil descend sur l’horizon et entre dans les nuages, la surface de l’eau devient métallique. Le calme règne sur cette étendue d’eau entre Cotonou et Ouidah.


Une agence locale de confiance

Publié le : 08 Mai 2007
Une agence locale de confiance

Le Bénin est un pays plutôt secret, peu de sites spectaculaires (à part Abomey et Ganvié). C'est surtout le contact avec les Béninois qui est passionnant et très chaleureux.

Le tourisme individuel est facile et nous l'avons pratiqué sans encombre pour une première approche.

Pour notre second séjour nous avons choisi de nous laisser guider par SANDOTOUR, une agence locale et nous ne l'avons pas regretté. Nous avons pu pénétrer dans le quotidien d'un village, nous avons été accueillis, pilotés, choyés...Nous avons pu voir la vie du village et ses petits métiers mais aussi rencontrer les sages et les guérisseurs. Ceci nous a passionné.

Pour contacter Sébastien de Sandotour?
on peut trouver son site sur

INTERNET : perso.libertysurf.fr/benin

mail : sandotour@yahoo.fr
ou téléphoner (229) 90 90 25 23

il nous a organisé un circuit "à la carte" pour un petit groupe de 5 et nous avons été ravis


Plus d'infos pratiques

Guide de voyage - Bénin - (Où aller ? : conseils d’itinéraires)


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Vol Paris Orly Casablanca Lomé Cotonou Royal Air Maroc

Publié le : 03 Mai 2007
Vol Paris Orly Casablanca Lomé Cotonou Royal Air Maroc

L’autoroute A86 bouchonne cette veille de vacances, Yvette est venue nous chercher tôt mais nous avons rendez-vous à 14h avec une hôtesse d’Air Sénégal, comptoir voisin de celui de la RAM, qui va nous pistonner pour avoir de bonnes places. Pendant ce temps j’enregistre les bagages. Contrairement à ce qui est écrit sur le ticket électronique, nous pouvons emporter 40 kg chacun. Si nous avions su, nous aurions pu charger tous les livres qui sont restés au collège !

17H20, l’avion décolle avec une demi heure de retard – qu’il ne rattrapera pas contrairement à l’habitude. Je suis assise près du hublot, mais sur l’aile. La nébulosité rend incertain le paysage. Je crois reconnaître la Loire et la Centrale de Saint Laurent des Eaux. Ensuite, le Massif Central, lacs et bocage…L’Espagne est cachée par un épais tapis blanc. Les caprices de la météo me privent du spectacle de Gibraltar que j’attends avec impatience. Il reste de la neige sur le Rif. Nous avons quitté le Maroc il y a seulement 5 semaines et c’est une impression bizarre de le survoler à nouveau.
Transit à Casablanca. Changement  radical dans la physionomie des voyageurs qui attendent avec nous. Les passagers du Paris/Casablanca étaient en majorité Marocains, surtout des hommes d’affaires, des étudiants fortunés, quelques familles rentrant au pays pour les congés de Pâques, un groupe de randonneurs…peu de touristes qui préfèrent Marrakech ou Agadir. Dans la salle de transit attendent des Africains, Béninois ou Togolais peu  nombreux. Seulement 63 passagers dans l’avion qui vient de Paris. Chacun de nous 5 prend une rangée de trois sièges pour s’allonger. Bouchons d’oreille, masque bleu, chaussette légère polaire, tout l’équipement pour dormir confortablement.

« Escale technique » à Lomé, autrement dit, ménage aspirateur compris alors que les voyageurs ne quittent pas leur siège. Je me réveille à Cotonou quand le train d’atterrissage touche la piste. Une grosse bouffée de  chaleur humide nous enveloppe à la sortie de l’avion. Les formalités et la livraison des bagages se déroulent très rapidement.

Arrivée : CEG1 Pobé!

Dans le hall des arrivées un petit groupe nous attend sous une pancarte CEG1 POBE. Je ne m’y attendais pas ! Ils sont venus exprès de Pobé pour nous accueillit. Je répète  «  C’est trop gentil ! » un peu niaisement. Marcelle, Thimoléon et un troisième homme sont là. Jusqu’à présent notre projet était resté virtuel, mails et textos, deux conversations téléphoniques. Je ne les avais jamais imaginés. N i leur apparence physique, ni leur âge. Marcelle est une belle femme « de constitution traditionnelle » comme la décrirait l’auteur de nos romans policiers Botswanais. Laure ou Stéphanie la complimente sur sa robe. Elle est contente. Je suis vraiment très touchée et répète encore « c’est trop gentil » sans savoir ajouter une phrase plus intelligente. Il est vrai qu’il est passé trois heures du matin.
le taxi de Thierry
Thierry n’est pas là. Je ne m’inquiète nullement « Il va venir » - refrain béninois connu ! Juste le temps de sortir mon téléphone mobile, un taxi passe. Dominique reconnaît Thierry. Il dormait au bout de la piste dans sa voiture et n’a pas entendu l’avion se poser. Moronikê a envoyé un deuxième taxi. Nous embarquons dans la Toyota Corolla qui a toujours son pare-brise étoilé, les trois jeunes dans l’autre taxi. Thierry donne des nouvelles. Il a toujours son petit rire à moitié étouffé. Les résultats des élections législatives ont été validés hier soir. C’est le Parti présidentiel de Yayi Boni qui l’emporte. Le slogan de l’an passé « Tout Va Changer » a-t-il été suivi d’effet ? Thierry est un  peu désabusé « pour la corruption, oui…Mais pour le reste… ». Je lui demande de raconter l’attentat qui a failli coûter la vie au Président. Il minimise : « ce n’est pas un attentat, seulement des coupeurs de route. Ils étaient déjà à cet endroit la veille ! ».
L’an dernier nous étions arrivées tôt dans la soirée et la route de l’aéroport puis la piste étaient éclairées avec les lampes tempêtes et les bougies.   Ce matin, le taxi roule dans le noir complet et évite comme par miracle de gros trous.
    Moronikê nous a préparé « notre bungalow ». Elle s’est levée pour nous recevoir, toujours aussi rayonnante et chaleureuse. Une nouvelle vague de sympathie me submerge. Ce deuxième séjour démarre dans la chaleur humaine. Le séjour qui perd son attrait « découverte » commence bien.


Retour à Cotonou un an après

Publié le : 03 Mai 2007
Retour à  Cotonou un an après

J’ai eu bien du mal à m’endormir dans le vrombissement des ventilateurs et l’excitation des retrouvailles. Dès 8h, heure française, 7h au Bénin, je pars vérifier que l’océan est toujours là. Les rouleaux, les petits crabes…la mer monte. Une vague mousseuse plus forte que les autres vient noyer le bas de mon boubou. Je remonte sur le sable sec.

     Au petit déjeuner (une demi papaye au citron vert, omelette, fromage, confiture…) Moronikê me donne la carte SIM du téléphone de Parfaite que mon mobile débloqué accepte sans histoire. Laure Stéphanie et Damien émergent plus tard. Moronikê a convoqué Thierry pour 10H30

L'orage

     A peine montés en voiture, le ciel s’assombrit et de grosses gouttes s’écrasent sur le pare-brise. Des éclairs déchirent le ciel. A l’entrée de Cotonou, il pleut si fort qu’on a relevé les vitres, réduisant ainsi notre champ de vision. De grandes pancartes ont poussé sur le bord du Chemin des Pêches annonçant des projets immobiliers et la construction de 3 complexes hôteliers. Pour les trois jeunes collègues, tout est neuf. Damien pose les questions de Candide : - « Pourquoi cette annonce : courant à vendre ? »
- « Les gens organisent des fêtes sur la plage, des mariages….Ils louent les paillotes. Les gens qui ont l’électricité posent de grands câbles qui traversent la route. », Explique Thierry.
Ecobank est bondé à la veille du long week end pascal. Nous faisons une longue queue tandis que des cordes tombent à l’extérieur. Au moins dans l’agence bancaire nous sommes à l’abri.

Centre Artisanal

Sous la pluie, la visite du grand marché Dantokpa est impossible. Thierry nous conduit au Centre Artisanal, imitation d’un village de cases où des marchands proposent des souvenirs. L’an passé, nous avions jeté un simple coup d’œil aux étalages, fatiguées par la visite de Cotonou et la chaleur. C’est donc une découverte aussi pour moi. Nous sommes les seuls touristes. Les vendeurs nous accaparent et nous invitent à l’intérieur des petites boutiques sombres. Je sors l’appareil photo, au moins ici, lieu touristique, on ne nous interdira pas de photographier, pensais-je naïvement.

je prends un coup de vieux!


Pendant que Stéphanie achète un masque, je compose des natures mortes. Nous passons à une boutique de bijoux. Laure et Steph marchandent comme de vrais pros des colliers. Une vieille femme avec de grosses lunettes mange avec ses doigts du riz et de la sauce dans une bassine émaillée. Elle envoie sa fille chercher de l’eau pour se rincer les doigts en attendant elle montre à Laure la coupelle où elle range sa monnaie et la laisse se servir. La fille ne revient pas et je suis bien tentée. Laure a payé 1500CFA , à ce prix, je peux bien faire une première folie ! Le collier qui me plait est trop court, la dame a le même plus long mais ne peut pas le sortir avec ses mains sales. Elle se confie :
- « Tes filles sont bien élevées, pas comme la mienne qui a disparu et qui m’a laissée comme cela, sans eau pour me laver les mains ! ».
J’ai pris subitement un coup de vieux et gagné deux filles. Cette dame me dit qu’elle a 54 ans, elle est plus jeune que moi. Pendant tout le voyage on va m’appeler Maman et tous les Béninois seront persuadés que Laure et Stéphanie sont mes filles. Comme elles ont déjà acheté deux colliers la dame me fera un bon prix sans que j’aie le mal de marchander.

masques

    Damien cherche un masque. J’en profite pour photographier une magnifique sculpture aussi haute que moi représentant un Calao. Cet oiseau me fascine et l’objet ancien est magnifique. Pas question de l’acheter « il est trop encombrant pour voyager », j’explique au marchand. –« j’ai son petit frère ! » rétorque –t-il brandissant un petit calao qui me tenterait bien. Je suis devenue beaucoup plus sensible aux sculptures africaines depuis ma visite au Musée Branly et à l’exposition des marionnettes Bozos dans le Marais. Je prends un réel plaisir à regarder les objets. Les animaux m’attirent beaucoup. Ceux qui sont sculptés dans du bois poli ou même vernis, moins. Ceux qui ont l’air ancien et qui ont beaucoup voyagé m’intéressent mais le vendeur n’indique jamais la provenance : Burkina ? Mali ? Sénégal ?  J’aimerais qu’il me raconte l’histoire de l’objet. Je reconnais aussi les masques béninois, Guédelé, les divinités du panthéon vaudou, ainsi que des bronzes intéressants représentant la cour d’un roi abrité sous un vaste parasol. Je photographie et provoque la colère des marchands.
» Vous photographiez et vous n’achetez rien ! »
Et me voici encore privée de photo !

stratégie

Chaque vendeur veut nous faire entrer dans l’échoppe. J’ai éprouvé une tactique d’évitement polie et souriante au Maroc. La stratégie est différente à Cotonou qu’à Marrakech. Les touristes sont beaucoup moins nombreux, ils sont même très rares. Chaque vendeur s’acharne à faire affaire et très vite, il est donc beaucoup plus entreprenant et devient carrément agressif quand il s’aperçoit qu’il ne vendra rien. Rapidement la visite me fatigue. Je fais mine de chercher « mes filles » tout le monde les a vues cela me permet d’éluder les visites dans les boutiques qui vendent des objets qui ne m’intéressent pas.

Datokpa

    La pluie a cessé. Nous pouvons donc aller à Dantokpa, le plus grand marché de l’Afrique de l’Ouest. Les Béninois en sont très fiers. Selon eux, on viendrait s’approvisionner ici depuis le Togo, le Burkina Faso, le Niger et même le Ghana ou la Côte d’Ivoire. Situé en contrebas, près de la lagune, il devient rapidement un bourbier en saison pluvieuse. Mes jeunes collègues insistent auprès de Thierry pour qu’on  le visite malgré la pluie abondante qui vient
de tomber.

Wax

    Nous commençons par les allées couvertes de tôle qui abritent les marchands de tissu, de sacs et de chaussures. Deux malabars nous emboîtent le pas. D’expérience, je sais ces « guides » tenaces et je présume qu’on aura le plus grand mal à leur fausser compagnie. Ils  nous conduisent dans une boutique de leur connaissance. On nous déplie tous les tissus « wax »  les plus colorés. Pour une jupe, il faut 2 mètres, pour une robe entière 4 mètres. Les Africains achètent des coupons pour toute la famille. On a déjà rencontré des dizaines de personnes vêtues du même imprimé. Le costume a été choisi pour une fête familiale, funérailles ou mariage. Comme nous sommes 3, nous cherchons à négocier un bon prix. Stéphanie voudrait du fuschia, il n’y en a pas dans la boutique. Ce n’est pas un problème, on nous laisse seules et la marchande revient avec des nouveaux pagnes venant de chez la voisine. Les pratiques commerciales sont différentes de chez nous. On n’hésite pas à s’entraider entre voisins sans faire jouer la concurrence comme en Occident. Nos ‘accompagnateurs » interviennent, ils veulent nous conduire chez le tailleurs ou la couturière qui transformera illico le tissu en costumes. L’altercation avec Thierry est immédiate et violente. Thierry est très doux, il parle à voix basse en riant tout le temps. Mais quand quelque chose ne lui plaît pas il s’emporte très rapidement et crie. Nous n’avons pas le temps de comprendre ce qui s’est passé. Les deux importuns sont congédiés et n’insistent pas. Thierry nous explique que ce sont des bandits.

Alimentation

Nous quittons rapidement l’allée pour arriver dans une partie découverte du marché où se vendent des produits craignant moins les intempéries. Les marchandes ont des charlottes en plastique sur la tête. Les mêmes qu’on trouve dans les hôtels pour la douche. Stéphanie cache l’appareil photo dans son Kway et fait un film en caméra cachée. Instruite par l’expérience de l’année dernière, je ne cherche même pas à sortir le mien. La vue d’un appareil photo déclenche l’hostilité. Je suis plus occupée à chercher où poser les pieds sans patauger dans une boue noire et grasse et sans bousculer un étalage. Dès que nous passons devant un tas de tongs, Laure en achète une paire en remplacement de ses sandales en cuir. J’aurais  dû en faire de même. Elles ne coûtent que 300 CFA . Des bouchers découpent la viande en musique, plateaux les vendeuses présentent des tomates, des piments, des carottes en petites pyramides. Même souci du décor avec les poissons qui sont parfois encore congelés, raides de glace. D’autres poissons sont fumés enroulés sur eux même. Parfois les tous petits poissons luisent dans un plateau. On vend même des miettes de poisson fumé. Sans doute pour parfumer la sauce. Ici,  rien ne se perd. Damien remarque vite qu’il est le seul homme des environs. Marchandes et clientes, les hommes ne s’aventurent pas dans le commerce alimentaire sauf en boucherie. On les retrouvera dans les ruelles où se négocient les produits électriques ou les pièces détachées des voitures.

Encore, nous essayons de contourner les flaques. Thierry propose de monter sur la passerelle qui enjambe la route principale pour avoir une vue d’ensemble du marché s’étendant loin. On gagne un « marché aux puces » qui ne propose pas grand-chose après la pluie. Il est déjà largement passé l’heure du repas. Nous achetons des bananes. Rien de mieux que les bananes pour manger dans la rue !

inondations

Nous rentrons bien tard à Helvetia. Entre temps, Dominique, Moronikê et les filles ont dû faire face aux pluies diluviennes qui ont noyé les bungalows trempé les matelas jusqu’aux cadeaux dans le sac posé sur le sol. Le soleil est revenu mais les toits de chaume devront être refaits ou protégés par des bâches en plastique.

téléphone mobile

Je n’arrive pas à entrer le crédit de ma carte téléphonique. En ce week end pascal l’opérateur est saturé. Je renouvelle l’opération dans chaque coin du Jardin. Soit je n’ai pas de réseau soit mes chiffres refusent d’entrer. Si le téléphone mobile est très répandu au Bénin, les opérateurs ont du mal à répondre à la demande. Ne pas oublier que nous sommes en Afrique !


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