CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Canada

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dernier jour : aux environs de Québec

Publié le : 17 Novembre 2007
dernier jour : aux environs de Québec

Chutes de Montmorency

     A la sortie de Québec.

Le dénivelé est plus grand qu’au Niagara, le débit est imposant, mais aucune comparaison n’est possible. Le paysage n’est pas bien joli : coupe de schistes sans végétation. Un escalier de bois descend à flanc de coteau, un téléphérique pour les paresseux. Le site a aussi été le lieu d’une bataille entre le général anglais Wolfe et Montcalm.

Musée de l’abeille

    Derrière une moustiquaire, la présentatrice ouvre une ruche et sort un gâteau vide, un plein, nous montre les faux bourdons, la reine ; le plus amusant c’est son commentaire:
-  « j’va boucaner les abeilles » dit-elle, avant de les enfumer.

Cyclorama de Jérusalem

    Un bâtiment rond abrite une toile en trompe l’œil sur le thème de la crucifixion. Techniquement, c’est réussi, le trompe l’œil est saisissant. Quant à prétendre que c’est de l’art !

La Transat Québec Saint-Malo

    Nous prenons place dans la ville haute pour assister au départ de la course. Généralement ces évènements sportifs ne sont pas notre tasse de thé. Pourtant le spectacle des voiliers dans le Saint Laurent nous plait bien. On suivra à la télévision en France les arrivées.


1. Montréal

Publié le : 08 Janvier 2007
1.    Montréal

Rue Sainte Catherine.
    Nous retrouvons avec plaisir la rue sainte Catherine, ses façades peintes délirantes, ses boutiques. Le matin, la rue a un visage chiffonné de lendemain de fête. Le Festival de Jazz a laissé ses scories, son cortège de routards aux allures de clochards – ou peut être est ce l’inverse ?

Au bonheur d’Occasion

Nous parcourons René Lévesque d’est en ouest, traversons le vieux Montréal, les quartiers d’affaire avec les gratte-ciel, passé  Atwater, nous entrons dans le quartier anglophone de Westmount et cherchons le gîte Au bonheur d’Occasion rue Agnès recommandé par une collègue. Il se trouve sur une place rectangulaire occupée par un jardin public autour d’une fontaine vieillotte. Le quartier est construit de maisons sur trois niveaux de briques ou de pierres. Façades ornées de pignons, terrasses, toits pointus ou en tourelles, bow-windows, et bien sûr les escaliers extérieurs si typiques de Montréal forment un bel ensemble cohérent pourtant plein de fantaisie. Le gîte a servi de décor à des films. Nous prenons une réservation pour notre retour.

Arrivée d’Atlanta où les constructions paraissent anarchiques, la juxtaposition des quartiers résidentiels et les îlots de gratte-ciel m’avait complètement désorientée, je suis heureuse de trouver une ville structurée, un urbanisme lisible, des rues à angle droit et des quartiers bien individualisés .

Nous nous promenons sur les quais du Vieux Port avec ‘impression agréable de retrouver des lieux connus et pourtant dépaysants. Montréal nous est à la fois familière et étrangère. Nous sommes détendues, sans objectif touristique, avec l’impression d’être très loin de chez nous.

Ecureuils

Pique-nique au Mont Royal sous la surveillance des mouettes juchées sur des sculptures abstraites. Les écureuils gris nous guettent mais avec plus de circonspection. Inquiets, ils se dressent sur leurs pattes postérieures. Parfois, ils sautent à pieds joints avec des bonds comiques. Tranquilles, ils marchent. En juillet, ils sont déjà bien gras. Leur couleur gris fauve se confond avec les troncs des chênes et des érables. Nous leur distribuons les restes d’une pita libanaise. Il faut partager avec les goélands agressifs et très rapides. Certains écureuils sont très familiers. Les tamias marron les flancs rayés de jolies bandes noires sont les plus effrontés. L’un d’eux vient renifler les doigts de Dominique et s’agrippe un instant avec ses petites mains.


2. Estrie : mine de cuivre, castors au Soleil couchant

Publié le : 08 Janvier 2007
2.    Estrie : mine de cuivre, castors au Soleil couchant

En route...

      L’autoroute 10 vers Sherbrooke quitte Montréal par Atwater, le pont Champlain enjambe le saint Laurent et plusieurs îles. La route traverse une plaine cultivée de maïs et de blés dans des parcelles très allongées. Les fermes aux vastes granges métallisées, aux hauts silos cylindriques coiffés d’une hémisphère avec leur piscine ronde bleue sont les premières images du Canada découvertes d’avion il y a deux ans. La Rivière Richelieu nous surprend par son débit et sa puissance qui sont ceux d’un torrent. Des bois dévastés ; des peupliers trembles cassés, des arbres morts sur des dizaines de kilomètres racontent le gel catastrophique de l’hiver dernier.

lacs de Magog Memphremagog et Massawipi

     La route s’élève ensuite doucement, le paysage change, les champs laissent la place à une forêt d’érables et de résineux. Les habitations se font rares. Nous longeons des lacs. Nous quittons l’autoroute à Magog pour profiter du paysage. Sur les bords du lac sont construits de jolis lieux de villégiatures : maisons décorées, belles boutiques et restaurants, marinas au bord du Lac Memphremagogg qui s’étire jusqu’aux States.
Au lac Massawipi, nous nous arrêtons à North Hatley devant un club de tennis plutôt chic où des dames en blanc, affublées de visières, disputent des doubles.


Mine de cuivre de Capelton

    Avant d’arriver à Sherbrooke un écriteau attire notre attention : « Visite sous terre, Mine de cuivre ».
Pour descendre à la mine, on se déguise d’une panoplie de mineur. Cet accoutrement se révèle bien utile. Le sol de la mine est boueux. La température n’est que de 9°. Cette ancienne mine fut fermée en 1907 mais d’autres mines furent exploitées jusqu’en 1939. On extrayait la chalcopyrite dans des veines grises (cendres volcaniques ?) encaissées dans des schistes à chlorite et séricite. Certains filons de quartz étaient aurifères. On attribue ces minéralisations au métamorphisme lié à la formation des Appalaches.
    Les techniques d’exploitation étaient rudimentaires. Les mineurs enfonçaient une sorte de barre à mine - le fleuret – dans le schiste tendre en cognant avec une masse. Quand le fleuret avait pénétré environ 60 cm dans la roche, on bourrait le trou de poudre grise (explosif peu puissant) qui disloquait le schiste. Les mineurs dégageaient  le minerai avec de petits pics. Puis ils le chargeaient en petits blocs sur des wagonnets.
    Les galeries étaient hautes d’environ 1,50 m à 2 m et suivaient le pendage des couches souvent inclinées à 45°. Le boisage souvent très léger – quelques troncs verticaux, espacés – soutenait le schiste. Ces pieux de soutènement servaient aussi de système d’alerte : avant de commencer la journée, un mineur expérimenté frappait sur les pieux, écoutait le son et reconnaissait d’oreille si le bois avait joué ou non. Un autre système d’alarme était fourni par des souris apprivoisées, nourries avec  des miettes de pain. En cas de vibrations, les petits animaux prennent la fuite et peuvent prévenir d’un effondrement. Les mineurs travaillaient à la chandelle.
    Dans la mine vivaient en permanence, des chevaux qui finissaient par devenir aveugles dans le noir. Pour les descendre, il fallait les envelopper dans du longe puis les tirer ave c des cordes.
    La chalcopyrite était fondue à l’air libre, ce qui causa une pollution terrible. On raconte, que, par jour de pluie, les chemises des paysans se trouaient sur leur dos du fait de l’acide sulfurique. Ils protestèrent et on couvrit les chaudrons pour récupérer l’acide. Il se construisit alors un complexe chimique utilisant l’acide sulfurique pour faire des engrais et des explosifs.
Un autre traitement du minerai, par gravitation. On concassait la roche et récupérait le fer, le soufre, le cuivre par différence de densité.
    Les mineurs travaillaient six jours par semaine. Le dimanche, ils allaient à la messe, jouaient au base-ball puis retournaient à la mine avec des chaudrons pour évacuer l’eau d’infiltration. Il n’existait pas de système de pompage. Aujourd’hui, la mine est presque entièrement noyée.
    Autre aspect de la visite : le plaisir des yeux. Les concrétions de calcite blanche ou colorée de bleu vert par le cuivre, les coulées de boue rouge, stalactites et stalagmites encore mous…le guide nous explique qu’ils ont la consistance d’un gâteau glacé, crémeux dedans et craquant à l’extérieur.
    Aux faits véridiques, s’ajoutent les légendes plus ou moins vraisemblables. L’une d’elles concerne l’exploitant de la mine voisine plus riche en or. Il aurait livré cet or aux nazis. Autre hypothèse : un trésor fabuleux serait enterré sous le lac.
lac Mégantic
    Nous ne faisons que traverser Sherbrook. Il nous reste encore 110 km pour rejoindre le Lac Mégantic, trajet par de vastes espaces boisés et montagneux, très sauvages.

notre gîte "Au Soleil Couchant"
    Notre gîte est situé en dehors de l’agglomération, surplombant la route 161. le lac est enchâssé dans des montagnes boisées. La maison ressemble à un chalet bas avec de belles baies vitrées. Notre chambre « la bonbonnière » est verte des murs au plafond avec des moquettes et plusieurs nuances de vert. Beaucoup de recherche dans la décoration. C’est plutôt une « chambre de jeune fille » avec sa lampe rose caneton, son cadre de poulbots. L’ensemble est mièvre, tout à fait bonbonnière. Les propriétaires sont très aimables. Le monsieur nous fait l’honneur des extérieurs. Il nous montre ses deux pièces d’eau. Dans l’une d’elles, des canards et un  jet d’eau. Mais ce sont les castors qui nous avaient fait choisir ce gîte dans le guide. Notre hôte a balisé un sentier qui mène au barrage. Sans tarder et même sans nous changer, nous nous précipitons. L promenade dans la forêt est très agréable. Nous trouvons des fraises et des framboises. Puis le chemin se rétrécit, devient boueux. La forêt est très touffue, évoquant la jungle. Il nous faut faire attention à ne pas glisser ou nous embourber. Le lac de barrage est vaste. Le barrage fait plusieurs dizaines e mètres de long.
    Après quelques minutes d’affût, nous entendons un gros plouf. Un plongeon ? Ou un coup e queue de castor. Nous voyons un gros castor nager dans notre direction. Il s’approche, conscient de notre présence, peut être curieux, faisant des allers et retours de la hutte au barrage, plonge d’un énergique coup de queue et disparaît. Rapidement deux autres apparaissent nageant l’un vers l’autre. Ils se rapprochent, se touchent le museau, (se flairent ?). il nous semble qu’ils échangent des signaux sonores, puis, se séparent. Chacun continue son circuit dans son coin. Dans la hutte, on entend du bruit de bois cassé ou rongé.
    Entre-temps la pluie se met à tomber. Des minuscules moucherons – les brûlots – me dévorent les pieds. Nous restons fascinées par les allers et venues du castor qui continue sa routine sans se soucier de nous.


3. Observatoire du Mont Megantic

Publié le : 08 Janvier 2007
3.    Observatoire du Mont Megantic

Le petit déjeuner, servi sous la véranda, est très raffiné. Chaque plat rappelle le thème du « Soleil Couchant » : petits canapés aux cretons autour d’un  soleil de poivrons jaunes, yaourts dans une coupe à champagne ensoleillée de paillettes jaunes. Sur le pain doré, on a aussi figuré le soleil avec ses rayons faits de fraises à cheval sur une rondelle de banane. Des œillets d’Inde jaune orangé éclairent une journée grise. Nos hôtes connaissent bien la France et participent à un jumelage avec Dourdan. Je leur raconte que le village voisin de notre maison familiale, Saint Cosme, est aussi jumelé avec le Canada.
-    « Mais Saint Cosme c’est en Beauce ! » entendons nous. Cela nous amuse beaucoup.
-   
La côte Magnétique

     La 161 file vers le sud. Pour se diriger, inutile de chercher la ville la plus proche comme en France. Il suffit de connaître le numéro de la route et la direction. Cette route est fréquentée par d’énormes camions rutilants et chromés qui relient les USA. Le denier village proche de la frontière américaine, Wobeirn, fête son centenaire. Les maisons et l’église sont ornées de guirlandes lumineuses comme à Noël. Toutes les maisons sont en bois peint, souvent en blanc, mais aussi en bleu et en brun. Les encadrures des portes, les terrasses sont soulignées d’une couleur différente. Les terrasses sont très fleuries.
    Curiosité locale citée par nos guides : la Côte magnétique. Les voitures au Neutre (ce sont des automatiques) remonteraient la côte, moteur coupé. Il s’agit d’un  effet d’optique sur une route très droite dont la pente varie. Nous ne sommes pas convaincues de l’intérêt de cette excursion.

Observatoire du mont Mégantic

    Après déjeuner, nous atteignons l’Astrolab. Au sommet du Mont Mégantic, l’Université de Sherbrook a installé un observatoire astronomique. Un musée est ouvert au public sur le thème de l’Astronomie. Le bâtiment est sans surprise : des salles d’exposition un peu surchargées, une boutique de souvenirs et un amphithéâtre avec un écran arrondi où se déroulent les causeries.
    L’essentiel des activités se déroule aujourd’hui dans l’amphi. Elles sont animées par un  étudiant faisant appel à une banque de donnée interactive avec un ordinateur portable et un vidéo projecteur. Les « guides-interprètes » font une bonne vulgarisation en prenant un parti humoristique. Les plaisanteries les plus lourdes agacent Dominique mais ne nuisent pas au bon niveau scientifique. L’usage d’Internet permet  plusieurs niveaux de savoir.
Pédagogie
    Les images les plus simples étant destinées aux enfants, je pourrai les réutiliser en classe : pour prendre conscience de la taille des objets. Si la Terre était une orange la lune serait un grain de raisin, le soleil, un immeuble de trois étages. Importance relative du relief de la terre : la Terre est elle granuleuse comme une orange ou lisse comme une boule de billard ? C’est la dernière réponse qu est la bonne ce qui est loin d’être évident. Les animateurs font la conférence tenant une mappemonde à à la main et la faisant tourner sur son axe. Image du tourniquet pour montrer que, si la terre tourne d’Ouest en Est, les objets célestes se lèvent donc à l’Est. Pour le déplacement des étoiles, il utilise l’image de pièces tournant sur un disque de vinyle. Celles qui sont proches de l’axe paraissent fixes comme l’Etoile Polaire les autres tournent autour d’elles : les circumpolaires. Celles qui sont éloignées disparaissent.
latitude
    Je suis surprise d’apprendre que l’Observatoire se situe à 45° de latitude. Le climat, la végétation m’auraient suggéré une situation beaucoup plus au nord. Ce qui aurait dû me détromper c’est la longueur des journées d’été. Le soleil se lève tôt à 5 heures mais il se couche à 8H30, à peu près la même durée que chez nous en Juillet mais décalé vers le matin.
altitude
    La montagne culmine à 1100m. Elle est faite de granite couronné de syénite et de gabbro qui ont subi plus sérieusement l’érosion et qui se retrouvent en creux. C’est à peu près la même situation que Stone Mountain d’Atlanta en moins spectaculaire. Je suis surprise que le guide Interprète rattache ce volcanisme non à l’orogenèse des Appalaches mais plutôt à un volcanisme de point chaud.
télescope
    L’Observatoire est bien sûr, le clou de la visite. Nous pénétrons dans le sous sol où on nous présente un caisson pour re-métalliser chaque année le miroir. Des filaments d’aluminium sont sublimés. L’aluminium se dépose régulièrement sur la surface du miroir avec l’augmentation de la pression. Le télescope est plus petit que je l’imaginais. Il est enfermé dans une pièce isolée des variations de températures induites par la présence humaine. Le temps est couvert : nous ne verrons pas d’observation du ciel. A la place une causerie sur les trous noirs d alimentée par la banque de données d’Internet. Mais j’aurais préféré voir les planètes !


4 . maison du Granite - Mine d'amiante à Thedford Mines

Publié le : 08 Janvier 2007
4 .   maison du Granite - Mine d'amiante à Thedford Mines

Dollarama

    Dernières photos du « Soleil Couchant » par beau temps. Au village du Lac Megantic, une trouvaille : le Dollarama, boutique où tout est à 1$, vraiment tout : des slips, des chaussettes, des articles de décoration, des stylos…j’achète un saladier thaïlandais et u n couteau à plusieurs lames. La campagne est vallonnée avec des lacs. Les routes font des détours mais maintenant nous avons la recette pour ne pas nous perdre !

Maison du Granite mont st Sébastien Lac-Drolet

    La vue est magnifique. Les lignes de crêtes se superposent. Au loin, les USA et Twin Peak. Le ciel est trop brumeux pour une photo réussie. Au Centre d’Interprétation du Granite, rien de bien nouveau au sujet du Granite en dehors d’une carte géologique. En revanche, le travail des carriers et des ouvriers est présenté de manière vivante. On voit les carriers et les tailleurs de pierre percer une série de trous alignés et enfoncer des coins métalliques pour fendre le bloc de granite. La pierre était transportée par train. On nous raconte les rivalités entre villages pour le passage de la voie ferrée. Ce qui nous amuse c’est qu’elle devait passer par Saint Cosme en Beauce !
    Sur la carte géologique des schémas expliquent la formation des Appalaches. L’épisode volcanique correspondant à la formation du Mont Royal et du Mont Mégantic ainsi que l’intrusion du granite sont Crétacé. Voilà ce qui confirme les dires du guide et qui répond à mes questions d’hier !

    Sur la route qui mène à Thetdford Mines, nous cherchons des cartes postales de saint Cosme et le la Beauce pour envoyer à ma famille. Introuvables ! Nous pique-niquons au bord du lac Caribou. Au détour du chemin, un immense terril de roche concassée grisâtre barre l’horizon. La région est dévastée : remblais gigantesques, montagnes éventrées, bâtiments très laids.

Mine d’Amiante de Thedford Mine


     L’industrie de l’Amiante a soigné le tourisme industriel. Nous embarquons à bord d’un gros autobus « tourisme de l’amiante ». Myriam, notre guide, sympathique et très dynamique commente le tour de la ville. Elle situe les différentes exploitations, à ciel ouvert ou souterraines. Un curieux cimetière est enseveli sous les gravats. De gros blocs remplacent les pierres tombales, emportées par les familles, les défunts, eux, sont toujours là…Les bulldozers remodèlent tout. Des quartiers d’habitations sont rasés. La mine à ciel ouvert, spectaculaire- toujours en activité – s’appelle Black Lake – un joli lac a été drainé pour permettre son exploitation.
explosion!
      D’un belvédère, au sommet, les camions semblent miniatures. Une sirène annonce une explosion. Une tranche de montagne se soulève sous nos yeux « Nous sommes chanceux ! ». La détonatrice et la seule femme à travailler ici. Le cratère ressemble à une pyramide en creux. Chaque gradin est haut de 13 m. au fond, une piscine turquoise. Une pelle mécanique monstrueuse charge les camions jaunes. Selon la nature du chargement, ils se dirigent vers le concassage ou vers le terril rocheux.
Chrysotile
     Myriam nous montre dans un court exposé, les différentes qualités d’amiante chrysotile. La taille des fibres détermine la qualité. Les fibres les plus longues étant les meilleurs et utilisées pour les vêtements ignifugés des pompiers ou des cosmonautes. Les plus petites servent à faire du fibrociment et même des céramiques très résistantes. Elle insiste sur les qualités de l’amiante chrysotile, serpentine issue de la transformation des olivines en présence d’eau piégée dans les roches de la croûte terrestre et métamorphisée). Selon elle l’amiante bleue ou brune formée d’amphiboles serait plus nocive. Bien surveillée, l’exploitation de l’amiante, ne présenterait aucun danger. Toutes les précautions seraient prises pour éviter que les ouvriers n’entrent en contact direct avec les fibres. En outre les matériaux de substitution n’auraient pas été testés à l’usage et pourraient se révéler dangereux.
Le Moulin
    Voilà pour la théorie ! La réalité s’avère un peu différente. Nous visitons ensuite le Moulin (sûrement traduit de l’Anglais Mill). C’est une usine énorme. Dans les salles d’énormes tamis vibrent. Il règne une chaleur étouffante et surtout la poussière contredit les propos de notre guide. L’ensachage est entièrement mécanisé. La chaîne travaille toute seule. L’amiante compactée dégage moins de fibres. Mais lorsque la visite st terminée nous ressentons une impression de saleté et une grande envie d’aller se laver.
Autre contradiction avec l’exposé sécurisant et lénifiant sur l’innocuité de l’amiante : les USA n’en n’importent pas, le Can ada n’en utilise que 1%. 60% sont destinés à l’Asie, 14% au Maghreb, la part des importations européennes diminue….
Toute la montagne est concassée, broyée. L’encaissant varie et on voit les veines des filons blancs. L’eau ruisselle dans une étrange piscine bleue. Cette couleur serait imputable à la présence de magnésium dans les roches au fond. L’eau, elle-même serait propre, limpide, même potable.

musée minéralogique

Les collections du musée, très moderne et très pédagogique, sont magnifiques. Vitrines et panneaux expliquant l’histoire des Appalaches. On voit également des ophiolites et des pillow lavas. Sur une carte et sur la coupe on voit très bien les intrusions granitiques (de la Maison du Granite et du Mont Mégantic) ainsi que tout le cortège métamorphique : grenats, diopside, disthène, chlorite. Un technicien à qui je loue la qualité du musée me présente le conservateur qui connaît la collection minéralogique de Paris VI . Nous évoquons le désamiantage de Jussieu.

gîte "Le kingsville"

Au gîte « Le Kingsville », l’accueil est très sympathique. Dans cette ville ouvrière, cette énorme maison bourgeoise entourée d’un beau jardin est un peu surprenante. Notre chambre est immense et confortable. On  nous propose l’usage du salon et du jardin où nous dînons.


5.Migrations des oies à Montmagny Quarantaine de Grosse Île

Publié le : 08 Janvier 2007
5.Migrations des oies à Montmagny Quarantaine de Grosse Île

Le petit déjeuner est très copieux : salade de fruits, œuf à la coque et fèves au lard (ce sont des haricots ayant cuit très longtemps avec de la mélasse).
      La pluie n’avantage pas le paysage. Nous traversons la Beauce et les contreforts des Appalaches avec la rivière Chaudière. Drôle de Beauce avec ses sapins et ses prairies ! Elle ressemble plutôt à l’Auvergne !
Cap au nord vers le Saint Laurent. Premier arrêt à Berthier/mer, petit port de plaisance. Petite note irlandaise : on commémore les 150 ans de la Famine. Le Saint Laurent est gris et embrumé.

Montmagny : Centre Educatif des Migrations

    Nous ne sommes pas en période de migration. La mise en scène de la Biologie rend la science attrayante.
Le Merle Bleu

Une salle est consacrée au Merle Bleu, autrefois courant qui a failli disparaître avec l’introduction des étourneaux au siècle dernier, puis avec celle des moineaux, concurrents directs, enfin avec  l’utilisation du DDT et avec la disparition de leurs lieux de nidification, le remplacement des piquets de bois par des poteaux métalliques. Pour favoriser le retour du Merle Bleu, on recommande la pose de nichoirs. Un bidon de lessive fait l’affaire mais il ne faut pas oublier de l’équiper d’un système antiprédateur pour protéger la couvée des chats, des ratons laveurs et même les écureuils.

Adaptations au vol de l’Oie

    La salle suivante explique toutes les adaptations au vol de l’Oie mettant en évidence l’absence de vessie (acide urique solide dans les fèces), seulement une moitié de l’appareil reproducteur est fonctionnel pour alléger l’animal, des os creux avec un système de ponts pour la solidité.

Grosse île

    Enfin, un spectacle audiovisuel retrace l’histoire de la Grosse Ile, quarantaine de 1832 à 1937, toute l’histoire du Québec et ses vagues d’immigration successives : colons français, puis anglais, irlandais, italiens…
    Sur la route, il pleut toujours. Notre balade touristique se transforme en course d’obstacle : trouver une station service avant de tomber en panne d’essence, trouver un abri pour ouvrir le coffre sans tremper toutes les affaires, trouver un coin pique-nique…La pluie redouble,  nous oublions le Saint Laurent, traversons des villages touristiques de villégiatures sans les voir.

notre gîte "Marie Soleil"
    Une maison bleue avec un balcon. Notre chambre est bleue du parquet au plafond ainsi que les murs en frisette. Les encadrements des portes et des fenêtres aux coins arrondis sont blancs ainsi que le placard. Sur les lits, encore du bleu et du blanc. C’est très sobre, très joli. En se penchant, on pourrait voir la mer.
Rimouski
    Courses à Rimouski, ville sans grâce, centre commercial sans intérêt. Le Guide du Routard nous avait promis des poissonneries. Elles sont bien petites comparée à celles de France. Il y a peu de choix. Les poissons sont débités en filets souvent congelés ou marinés.


6 . parc de Bic Eiders et phoques

Publié le : 08 Janvier 2007
6 .   parc de Bic Eiders et phoques

Gastronomie

    Le petit déjeuner gastronomique est servi autour de la grande table d’hôte. Le mari de Marie Soleil est cuisinier au restaurant chic Mange-Grenouille. Il a préparé de grandes crêpes fourrées aux fruits frais. Dominique jette un froid en refusant sa crêpe. Marie Soleil est vexée.

    La pluie a cessé mais il fait toujours gris et brumeux.

Porcs épics

    Accueil à l’entrée du parc de Bic par un Guide qui  nous parle des porcs-épics. Ces derniers se nourrissent de tremble. Nous pourrons les repérer en cherchant des arbres dans les branches sont endommagées.

flèche sableuse de l'île des Amours

    A marée basse, on peut aller à pied à l’Ile des Amours par une flèche sableuse découverte. L’île est escarpée. Elle est boisée d’une épaisse forêt d’épinettes et de trembles. La géologie m’apparaît assez complexe : grès, shales et schistes ainsi qu’un conglomérat que la mer a érodé de façon curieuse : certains galets ont été dissous ou enlevés par la mer tandis que le ciment reste en relief : la paroi ressemble à une dentelle à jours ronds.

Marelles

    L’estran est recouvert d’une herbe très verte où luit l’eau dans les marelles. Les marelles sont le résultat de la fonte différentielle de la neige et de la glace au printemps. La glace fond moins vite que la neige. Elle décolle la vase et l’emporte au loin. Il reste un trou :la marelle.

Glaciels

    De gros blocs erratiques : les Glaciels, eux, datent de la dernière glaciation. L’île nous protège du vent du large. Sur la côte ventée, il fait très froid. J’enfile le Kway par-dessus la polaire. Une dame appelle cela « s’habiller en oignon ».
Dans les flaques, nagent des crustacés : les gammares.

Eiders

Nous observons une troupe d’eiders à duvet (de leur nom vient l’édredon), des femelles et leurs canetons. Ils ressemblent à des canards fauve gris marron.

Notre premier phoque !

    Au Cap Caribou, on signale des phoques dans l’anse aux Pilotes. Nous en découvrons un qui se prélasse sur un rocher émergé. C’est notre premier phoque ! Nous sommes ravies !

Paysage dans la Brume


    Dominique entreprend la montée sur une chaussée rendue glissante par des mousses. Au pas de course j’explore l’Anse aux Bouleaux. Nouvelle découverte : le sol est recouvert par de grandes plaques de lichen clair, les épinettes sont rabougries. C’est ainsi que j’imagine la toundra ! Ces lichens sont très lumineux et apportent un peu de gaîté au paysage. La brume donne un aspect irréel aux caps, presqu’îles et rochers qui apparaissent et disparaissent. Des conifères déformés par le vent s’accrochent à la côte donnent un air d’estampe japonaise.

Centre d'Interprétation

Le Centre d’Interprétation  du Parc de Bic est remarquable : une maquette géante du saint Laurent occupe une grande salle. Le socle figure la coupe géologique. Des petits tiroirs contiennent des échantillons ou des explications supplémentaires.

Eiders à duvet

    Causerie illustrée par des diapositives sur les Eiders à duvet. Ceux que nous avons vus ce matin sont bien des femelles. Les mâles sont partis muer ailleurs. Les femelles ne muent pas. Elles ôtent elles mêmes leur duvet pour préparer les nids et en recouvrent les œufs lorsqu’elles doivent s’absenter. Pendant les 4 semaines de la couvaison, elles ne s’alimentent pas. Les petits seront pris en charge collectivement pour que les mères puissent se nourrir. Le duvet est cueilli sur le sol. Les mâles ont un beau plumage noir et blanc avec des taches vertes au temps des amours.
    Nous suivons la conférencière à la pointe des épinettes pour une observation sur le terrain. La mer est haute. Les gros glaciels sont noyés. Seuls quelques uns émergent et servent de perchoir aux goélands et aux eiders. Une surprise nous attend : deux phoques folâtrent dans l’eau ; leurs têtes apparaissent et disparaissent. L’observation au télescope est très joyeuse. Les eiders sont négligés. Tout le monde salue l’apparition des phoques qui font surface.
    Dans la partie du marais exondée de magnifiques hérons se promènent.
Nous faisons connaissance avec  les autres touristes, des campeurs canadiens en famille. Ils nous parlent de la Gaspésie et des baleines.
    Nous sommes retournées chez le poissonnier de Rimouski acheter un homard. J’en fais une dissection  approfondie pour ne pas en laisser perdre un gramme de muscle.


7. Parc de Bic sous le soleil

Publié le : 08 Janvier 2007
7.    Parc de Bic sous le soleil

Zonation des végétaux

    Nous avons pris rendez vous avec la naturaliste pour une sortie botanique à la Pointe des Epinettes. Nous étudions la zonation des végétaux dans le marais. Sur le haut de la plage : l’Elyme des sables, c’est une graminée portant des épis dont on peut faire une farine salée naturellement. Nous voyons aussi la Kakylée, une plante rampante aux feuilles très charnues. Je suis très émue de voir « pour de vrai » ces plantes pionnières qui ont colonisé l’île islandaise de Surtsey sortie de la mer dont je montre la vidéo depuis des années au collège.
Nous descendons ensuite sur la plage stérile. A marée basse, la spartine est découverte, puis inondée à chaque marée.
    Vers l’intérieur des terres, sur le marais, nous découvrons brusquement une plus grande diversité végétale : salicorne, plantain à feuilles étroites et d’autres plantes inconnues. Plus haut encore les carex, puis les roseaux qu’on appelle ici quenouilles, enfin la prairie. Les végétaux supportant le sel ont soit des feuilles très épaisses (genre plante grasse comme la salicorne) soit elles sont recouvertes d’une sorte de vernis : la pruine. Cette végétation est différente de celle qu’on trouve en Europe à cette latitude.

Flèches sableuses
   
     A la pointe des Amours se déroule une autre activité organisée par le parc à dominant géologique : Erosion/Transport/Sédimentation. Le Guide nous montre la distribution des sédiments en fonction de la vitesse du transport par l’eau ou par le vent. A l’arrière de l’île des Amours, à l’abri des fortes vagues se construit la flèche sableuse appelée aussi queue de comète. De part et d’autre s’installe un marais très récent (en 9 ans l’animateur l’a vu évoluer) Deux autres îlots sont reliés par un tombolo datant de plusieurs millions d’année. Occasion d’évoquer la dernière glaciation et le relèvement isostatique.

Pourquoi les coquillages sont ici si petits ?

     Rapide étude de la faune : les moules, ici, sont très petites ainsi que les myes (mya arenaria). La taille des coquillages s’explique par les caractéristiques de l’eau. Au niveau de Bic la température de l’eau de l’estuaire est très froide, plus que sur la côte nord. Ceci est dû au profil de l’estuaire. Au niveau de Tadoussac et du Saguenay, un verrou provoque la remontée d’eaux très froides d’origine océanique (courant froid Atlantique). De plus, les courants de surface sont très forts et empêchent le réchauffement des eaux de surface. Au niveau du verrou, la remontée des eaux (de type upwelling) provoque une floraison du phytoplancton qui entraîne une augmentation du zooplancton (krill) ce qui explique la présence des baleines. En revanche, au Bic, la vitesse du courant est telle qu’il emporte les éléments nutritifs si bien que les organismes filtreurs (moules) n’en profitent pas. Pauvreté en plancton et température basse expliquent la petite taille des coquillages.

Erosion, rôle du gel

     L’animateur montre l’érosion différentielle des grès, pélites (shales et schistes) et celle du conglomérat. Grès et pélites, plus tendre, sont en creux tandis que le conglomérat plus résistant coiffe le relief (Pic Champlain). Grès et Pélites, roches gélives, sont attaquées par le gel qui débite de curieuses frites comme en haute altitude. Le conglomérat est attaqué chimiquement : les galets calcaires sont dissous. J’avais observé hier ces curieuses figures en dentelle. Le rôle du gel est ici primordial. C’est nouveau et étonnant pour moi. Il joue à deux échelles de temps : cycle annuel et influence énorme des glaciations quaternaires.

Glaciations quaternaires
     Les glaciations ont laissé un curieux échantillonnage de tout le Canada sous forme de blocs erratiques. Les lignes de rivage ont aussi été modifiées. On peut voir les différentes terrasses.
La morale de l’histoire
    Le guide continue son exposé par des considérations plus générales : la tectonique des plaques, la création des Appalaches. Tout son discours est soutendu par une morale. La Terre évolue, les paysages changent. Ils sont fragiles. D’où l’importance de la préservation des milieux.

Pique-nique à la Baie du Ha Ha

    La brume s’est levée avant midi. Il fait un  chaud soleil. Sous la voiture voisine de notre Buick j’aperçois un porc-épic. Il est beaucoup plus poilu que je ne l’imaginais. Au dessus de la tête, il est tout hirsute avec de longs et fins poils  Les épines sont à l’arrière du corps. Le plus mignon, ce sont ses pattes postérieures qui ressemblent à des petits pieds de plantigrades, d’ours ou d’humains. Pour le photographier, il lui faut faire quitter sa cachette. Il s’éloigne lentement d’un air pataud.
    Après le pique nique, il reste seulement quelques écharpes de brumes accrochées sur le relief. Nous découvrons un paysage complètement nouveau : des îles, des montagnes pointues surgissent, qu’on n’avait même pas soupçonnées. La plus grande surprise ce sont les fleurs ! La Baie du HaHA est bordée d’une prairie colorée de roses sauvages  d’un rose intense très parfumées, de marguerites, d’épilobes, de pissenlits orange foncés, de luzerne violette, de gros pois de senteurs, martensia. Le sentier qui rejoint l’Anse à Rioux traverse cette prairie éclatante de couleurs. Le sol est tapissé de fraisiers portant des fraises énormes et délicieuses ? Nous sommes au Bic depuis deux jours et nous n’avions rien vu !

La Petite Normande

    Déménagement à la Petite Normande, gîte situé en dehors du village sur un plateau dominant le Saint Laurent. Claire, notre hôtesse, est ravie d’accueillir des Françaises. Sa maison est moderne, bois peint en blanc à bordure bleue. Les chambres sont meublées avec simplicité de meubles rustiques en bois clair. Lorsque nous remontons au gîte après le dîner nous avons comme un éblouissement : nous nous croyions à la mer et nous découvrons l’autre rive du saint Laurent qui se découpe nettement. De gros bateaux illuminés passent sur le fleuve qui s’écoule dans toute sa majesté avec des reflets roses et violacés. Des lumières s’allument. Les gros navires semblent décorés de lampions rouges.
Claire nous a rejointes sur la terrasse. Elle nous parle de son amour de la culture française, de son anglophobie aussi. Elle est indépendantistee sans trop y croire. Les gens d’ici se disent volontiers québécois et non Canadiens. Nous commençons à nous habituer à leur parler. Quelques expressions nous font sourire pour faire demi-tour « Faites U-turn » ou « Mon Dieu : il vous faut virer de bord ! »


8. De Bic à Matane en passant par le jardin de Métis

Publié le : 08 Janvier 2007
8.    De Bic à Matane en passant par le jardin de Métis

maringouins!!
    Temps magnifique, promenade au Cap à l’Orignal. Je suis contente, enfin, de mettre un  short et un débardeur  pour prendre le soleil. Quelle erreur ! Je passe mon temps à me donner des claques. Malgré l’hécatombe de maringouins je reviens toute boursouflée. Dommage ! Cela a gâché la balade à l’Anse Mouillecul. Nous pique-niquons à l’anse du Flacon.
route 132
    Entre Rimouski et Matane, la route 132 longe la côte. Les constructions sont posées ça et là en dépit du bon sens. De jolies maisons  colorées voisinent avec des bicoques, des caravanes ou des motels. Aucun effort pour fleurir les jardins, pas un arbre. C’est moche, du gâchis de paysage.

Jardin de Métis

    Au Jardin de Métis, les planes sont étonnantes : pavots bleus et orange, primevères graciles sur une haute hampe… Jolies associations : une plate-bande d’œillets est bordée de thym. C’est une très agréable halte.

Au Chant des Marées
    Notre nouveau gîte « au Chant des Marées » est une belle bâtisse bleue violacée, bien située le long de la plage. A l’arrière, une terrasse ensoleillée le soir fait fac e au Saint Laurent. Louise fait tout son possible pour nous mettre à l’aise. A l’arrivée, elle nous propose des rafraîchissements, nous conseille de dîner sur la terrasse et nous invite à une veillée feu de camp sur la plage. Nous espérions un coucher de soleil. Les nuages abrègent le spectacle.
    Notre chambre est lambrissée de bleu avec des plinthes crème. La décoration est jolie : une collection de chapeaux et des reproductions de peinture. Notre hôtesse est branchée « bio » : plantes et massages. Elle coupe une pousse d’aloès pour soulager des piqûres de moustiques. Je me barbouille avec la pulpe, c’est efficace !


9. Réserve faunique de Matane

Publié le : 08 Janvier 2007
9. Réserve faunique de   Matane

On a gagné !


    Au petit déjeuner, nous entendons Chirac féliciter l’Equipe de France de Foot qui a gagné le Mundial. J’appelle avec une carte de téléphone mes parents à Atlanta. Surprise ! Ils ont regardé le match ! C’est bien la première fois que je les vois s’intéresser au foot. Il faut croire que l’Amérique leur a peut être donné de la nostalgie ou du chauvinisme ?
petit Déjeuner
    Au menu du petit déjeuner : œufs pochés dans du sirop d’érable, toasts et fruits. La salle à manger véranda donne directement sur la mer. La marée est haute, les vagues sont toutes proches. Les plantes sont resplendissantes. Dans un coin un spa est installé. L’idée de prendre un bain dans la salle à manger ne me dit rien du tout !

Réserve faunique de Matane : guet des orignaux

    A l’Accueil de la Réserve nous achetons une casquette pour Dominique un sweat shirt clair pour moi. Nous nous badigeonnons de repellent anti-moustique. Nous voilà parées pour des heures d’affût. Les zones à orignal sont signalées : au Lac de la Truite il y a deux observatoires. L’un est près de la source saline fréquentée par les animaux qui ont besoin de sels minéraux, l’autre à proximité d’une autre source. Pour garantir la tranquillité des orignaux, le parking est situé à 1 km. Nous faisons donc une jolie promenade dans un sous bois touffu et humide. Au dessus de la vasière on a construit un chemin de planches. Des écriteaux commandent le silence. Nous croisons un jeune couple qui revient. Ils ont vu un « veau ». La tour de guet est une chambre d’observation munie de moustiquaires et d’un banc. Nous attendons trois quarts d’heures. Seul un écureuil se présente en faisant un boucan d’enfer.
    Après déjeuner, nous tentons notre chance à l’autre vasière. Pour l’atteindre, encore une promenade parmi les fraisiers et les fleurs. Les nuages sont partis, même franchement chaud. Le chemin est ensoleillé, il n’y a donc pas de moustiques. L’affût est occupé par une foule bruyante.

au Lac de Tête
    Dernier endroit : le Lac de Tête. Peut être serons nous plus chanceuses ?
Une piste de graviers étroite longe un lac et se faufile entre les montagnes, certaines hautes de près de 1000m. Avant de parvenir au Lac de Tête, nous remarquons trois jeunes munis de jumelles et d’une caméra vidéo. Ils ont trouvé un orignal au milieu du lac, un mâle énorme, la fourrure brun plutôt clair, les flancs gonflés. L’orignal passe beaucoup de temps à brouter sous l’eau, sort sa tête, s’ébroue. Malheureusement, il est bien loin !
    Tandis que je retourne à la voiture chercher l’appareil photo, juste derrière la Buick, je vois la grande silhouette dégingandée noire d’un jeune bock. Je ne sais si je dois le prendre en photo ou appeler Dominique ou l’observer à la jumelle. Le temps de mettre au point. Il est déjà au bout du chemin.
Les crevettes de Matane
    Au dîner des crevettes de Matane, la spécialité locale : roses et délicieuses. Mais le ciel est nuageux. Nous n’aurons pas encore de coucher de soleil ce soir !


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