CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Cuba

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11. Retour à la Havane. Miramar

Publié le : 25 Juin 2006

Jeudi 26 Février : Retour à La Havane

Un déluge s’abat sur Trinidad. Au petit déjeuner, Helena ferme les volets orientables du comedor pour ne pas être inondée. Des gouttières s’écoule un flot furieux dans la cour. Heureusement que j’ai mis les sandalettes de plage !

Réparations au garage

Cubanacar accepte de changer l’essuie glace défectueux et les pneus lisses de la Hyundai. Cela prendra une heure. Nous traînons donc jusqu’à 10 heures dans les rues transformées en ruisseau. Les étalages de l’exposition des livres sont rentrés. Les cubains n’ont pas l’air de s’émouvoir de la pluie. Certains ont des parapluies, d’autres se laissent mouiller tranquillement. Nous attendons à côté de Cubanacar en nous abritant devant la vitrine d’un magasin d’objets « recyclés » principalement des vêtements d’occasion. La devanture est une misère. Pour meubler un peu la vitrine vide, on a réparti « artistiquement » des fleurs peintes sur des cartons. Dans une vitrine : deux pneus de vélo, quelques chambres à air, une pièce métallique étrange, sans doute de la plomberie. Dans l’autre vitrine, des bouteilles de verre ressemblant à des flacons de laboratoire remplis, de produits pour le sol et de shampooing, bleus tus les deux : pas d’étiquette, bouchons recyclés eux aussi.
Les objets modernes et neufs existent quand même, mais ils sont vendus dans les magasins en dollars où l’on montre patte blanche avant de rentrer et son sac et le ticket de caisse à la sortie. Un vigile laisse entrer au compte goutte et referme la porte derrière chaque client. Autre endroit étrange pour acheter son ventilateur ou son frigo : la station service !

Le trajet du retour

A 10h30, la voiture est réparée. Nous prenons la route de Cienfuegos. Pendant les premiers kilomètres, la voiture est en plein brouillard. Nous trouvons enfin les réglages de la ventilation et du chauffage de la voiture, asséchons l’humidité. La pluie cesse, les nuages se séparent. La chaussée s’assèche. Les conditions de conduite redeviennent normales. Entre Cienfuegos et l’autoroute, sur 50 km la route est très lisse et glissante à cause de la terre rouge. A l’aller, la grosse averse l’avait transformée en patinoire. Le paysage de rizière était magnifique. Dominique redoute ce tronçon de route. Le ciel est menaçant, nous passons au sec.
Dans le dernier village avant l’autoroute, nous achetons une pizza cubaine. Pour la manger au calme, nous nous arrêtons dans une rue parallèle à la route, très misérable. Une petite fille nous observe déjeuner dans la voiture. Sa mère l’appelle, elle revient avec des fruits. Cadeau inestimable de gens si pauvres qui ne veulent surtout pas vendre les fruits.
A midi, nous sommes sur l’autoroute. Après les vergers d’agrumes et les grandes pâtures des bovins, le paysage devient sauvage et monotone avec des arbustes piquants. Peu de diversion à part le manège de deux voitures qui roulent de front et se passent une bouteille de bière par la fenêtre tout en roulant. Des charrettes à cheval traversent l’autoroute, des vélos roulent à contresens. Le réservoir de la Hyundai semble à moitié plein quand nous passons devant la station service à 180 km de La Havane. Nous nous arrêtons pour profiter de la cabine téléphonique mais n’achetons pas d’essence. Le niveau baisse, à la fin, le voyant d’essence s’allume. Toujours pas de Station service. Heureusement, la route est plus souvent en descente qu’en montée. Enfin, juste à l’entrée de la ville, nous trouvons une pompe, nous sommes à la limite de la panne sèche.

Notre nouvelle adresse au Vedado

Pour nous orienter dans les banlieues, nous prenons une auto-stoppeuse et arrivons facilement à notre nouvelle adresse Vedado 21 y D, 501, La rue est très tranquille, très aérée avec de beaux jardins, de grands arbres et des villas magnifiques. La nôtre occupe le coin. Elle a dû, en son temps, être belle, avec ses ferronneries, ses moulures Art Déco au dessus des portes et des fenêtres, ses vitraux et surtout son architecture originale toute en courbes et dissymétries. Pas un angle droit ! Malheureusement, les occupants Delta et Douglas ont entassé un tas de vieilleries. La salle principale est très sombre et encombrée : pas moins de 9 horloges et d’une dizaine de guéridons. Aussi d’étranges reproductions de la Joconde brunâtre. Notre chambre s’ouvre sur le salon par des portes battantes en verre cathédrale sans serrure. Un rideau masque l’entrée. Cette pièce a une forme très bizarre, une sorte de trapèze dont les côtés seraient arrondis avec des sortes de placards dans les coins. Le lit à deux places occupe tout l’espace, pas de place pour des tables de nuit ! Après la belle villa 25y6 et la Casa coloniale de Trinidad, nous avons pris des habitudes de luxe ! Je suis donc un peu déçue. Dominique s’accoutume bien de la chambre, moins des propriétaires très collants.
Miramar virée en voiture.
Nous profitons de la voiture pour visiter les quartiers éloignés. Miramar, avec ses grandes villas et ses énormes hôtels, nous déçoit. Les villas sont encore plus grandes qu’au Vedado mais le bord de mer est tout gâché. Puisque Miramar ne nous a pas offert la promenade de bord de mer, nous traversons La Havane par le Malecon pour retourner à la forteresse. A 9 heures se déroule une cérémonie en costumes du 18ème siècle qui se termine par un coup de canon. Nous n’avons pas prévu la petite laine, comme le vent souffle fort, nous avons froid.
Nous attendrons 9 heures dans la Habana Vieja dans les petites rues autour de l’hôtel Valencia. Nous retrouvons avec plaisir la place d’Armes, l’hôtel Valencia, faisons un tour par Obispo. Je suis un peu déçue : les rues sont désertes. Pas de musique dans les bars. Peut être est ce le froid ? Ou simplement nous étions venues le week-end et en semaine, il y a moins d’animation ? 21h : coup de canon. Nous rentrons chez nous.


12. Maison de Hemingway. Manufacture des cigares.

Publié le : 25 Juin 2006

Un carillon a sonné toute la nuit les quarts d’heures et les heures !

Maison d’Hemingway

     Douglas nous explique comment arriver à la Maison d'Hemingway à San Francisco de Paula, qui est hors plan de La Havane. Tous les guides recommandent cette visite sans donner d’itinéraire. Les explications sont claires : trouver le Paséo tout proche, puis le remonter jusqu’à la Place de la Révolution, chercher la Cité Déportive puis la route de Dolores, enfin demander. La route est bien dégagée à huit heures du matin, peu de circulation à part les énormes autobus surchargés. Les directives sont bonnes. Les enfants des écoles sont massés de part et d’autres de la chaussée et agitent des petits drapeaux de Cuba. Nous avons l’impression d’être reçues avec les honneurs d’un Chef d’Etat étranger.

   San Francisco de Paula est déjà à la campagne. C’est une bourgade très fleurie sur une colline. La Maison d’Hemingway est précédée d’un beau parc avec des arbres immenses : casuarinas, bambous, palmiers royaux etc... La maison blanche se trouve à l’arrière d’une terrasse avec une tonnelle fleurie ornée de céramique. La maison est de plein pied, toute ouverte sur le jardin. Tout est resté tel qu’Hemingway l’a laissé, ses livres, ses bouteilles, ses chaussures. Je l’imagine avec ses chats et ses chiens – on a vu les tombes des chiens dans le jardin –. Nous montons à la tour. Partout des livres. Ce que je n’avais pas imaginé, ce sont les affiches de corridas et beaucoup de trophées de chasse. Belle piscine, sur le bord, tout est prêt pour recevoir des invités ! Ce pèlerinage dans le décor quotidien de l’écrivain m'émeut. J’ai vécu un bon moment dans son intimité en lisant Iles à la Dérive  et cet été Pour qui sonne le Glas avait accompagné nos vacances en Espagne. En revanche, je n’ai pas pu lire ses livres sur les corridas. Là, je n’accroche vraiment pas. Nous rentrons sans encombre à La Havane dans laquelle nous nous orientons bien maintenant et rendons la voiture dans les temps.

    A 11h30, nous sommes à nouveau sur le Malecon. Il fait très beau mais la mer est très agitée. D’énormes vagues viennent se briser sur la jetée. Elles sont tellement fortes qu’on a interdit la circulation le long de la digue. Nous faisons des photos des beaux immeubles qui tombent en ruines. La couleur de la peinture apparaît par plaques, délavée.

    La Rue San Lazaro est parallèle au Malecon. Elle est encombrée puisque le Malecon est fermé aux voitures. Nous arrivons au Prado. J’essaie de visiter la maison natale de Lezama Lima. Encore un pèlerinage littéraire, mais il n’y a rien à voir.
Le Prado est une belle promenade ombragée de magnifiques ficus. Des bancs de marbres pourront nous accueillir demain en attendant le taxi pour l’aéroport. Le Prado nous conduit au Parque Central, nous passons devant le Capitole.

Manufacture des cigares Partagas

     Derrière le Capitole, nous trouvons la manufacture de cigares Partagas. Visite guidée en français, mais le vacarme dans les ateliers couvre les explications. Cette fabrique date de 1840. Les méthodes de travail n’ont pas dû changer depuis. Les cigares se roulent à la main. Dans les ateliers, les ouvriers sont assis par deux ou par trois à de longues tables. Chacun doit rouler 100 cigares au minimum. S’il en fait plus, la prime est payée en dollars. Les calibres sont en bois, des planches creusées de rayures cylindriques. Quand la planche est pleine, on met les toutes quinze minutes sous presse. Pendant le travail, un lecteur lit le matin les journaux, l’après midi, des classiques. Comme c’est l’heure de midi, il y a de la musique à la radio. Les ouvriers chantent en même temps que la radio. Un homme passe, beau costume très mode, lunettes noires, acclamé comme une vedette de la télé : c’est le lecteur. Chaque ouvrier fait des cigares différents. Pour découper les feuilles, ils se servent de sorte de rasoirs en acier. Ici, les ouvriers fument en travaillant.

     Derrière Partagas, le quartier chinois avec son portail très chinois. Nous achetons du poulet dans un restaurant de plein air. On nous y recommande de prendre un  cyclo-pousse pour arriver au Couvent Santa Clara, cela ne devrait pas coûter plus d’un dollar. Nous en dénichons un qui nous débarque à la station des cyclo-pousse, peut être sommes nous trop lourdes ou le dollar marchandée suffit-il pas ?

Couvent de Santa Clara

     Le Couvent de Santa Clara se trouve au Sud de la Vieille Havane. La visite est guidée. C’est donc un couvent de Clarisses (franciscaines) très ancien du XVIème siècle. Un grand cloître a été restauré, planté d’un très beau jardin avec des arbres de nombreuses essences : une ceiba, un arbre de l’hypocrisie « yaruba », dont une face des feuilles est verte et l’autre blanche. Nous avions déjà remarqué cet arbre qui ressemble à un énorme aralia, sauf que les feuilles ne sont pas vernissées comme pour l’aralia. Quand elles tombent, elles se recroquevillent comme des mains de sorcières ou comme des araignées monstrueuses.

    Dans une autre cour, la maison du Marin où est installé un hôtel. Un marin ayant quitté Cuba avait laissé sa femme dans cette maison ancienne à balcon gardée par les religieuses.
Le couvent est restauré, les murs peints en jaune pale, les volets, les poutres, les arcades en « bleu Havane », bleu vif tirant sur le turquoise, très lumineux. La guide nous montre une maquette d’une cellule de religieuse. chaque religieuse a une esclave à son service, la maîtresse a une grande chaise, l’esclave une petite, la maîtresse un grand lit, l’esclave, un petit... L’hôtel est vraiment bon marché (25$), le même prix que notre chambre chez l’habitant.

Mojito

    Avant de rentrer au Védado, Dominique goûte enfin un mojito. Nous nous installons à la terrasse d’un très beau bar devant l’église San Francisco que je dessine. La place est occupée par des calèches, l’endroit est superbe. Le garçon donne la recette du mojito : sucre, glace pilée, de l’eau gazeuse , du rhum de la menthe fraîche et un trait d’angostura.

   Nous rentrons par un taxi genre touktouk marron à allure ancienne conduit par une fille en bonnet qui n’hésite pas à monter sur le trottoir pour doubler la poubelle...
Douglas nous sert sur la table de la terrasse un dîner végétarien : riz et légumes. nous faisons connaissance avec les autres locataires : des italiens deux couples et trois garçons suisses et italiens. Delta et Douglas ont vraiment beaucoup d’hôtes !


13. Hôtel National callejon de Hamel. Musée des Beaux arts

Publié le : 25 Juin 2006

Pour aller au Callejon de Hamel, Delta nous recommande d’aller à pied jusqu’à l’hôtel Habana Libre (l’ancien Hilton), puis d'aller jusqu'á San Lazaro. Je viens justement de lire cet itinéraire dans «La Havane Pour un Infante défunte». Ce gros livre pourrait servir de guide des rues de la Havane. C’est mon livre de chevet. L’initiation sexuelle du jeune héros, toutes ses dragues minables ne me passionnent pas, mais je dévore ce livre comme guide touristique. Le héros promène ses conquêtes ou poursuit des inconnues selon des itinéraires précisément répertoriés. Cela donne une vie supplémentaire à la rue où nous passons. Cela me permet également de mémoriser des itinéraires.

Hôtel National

    Au bout de la 21 nous filons tout droit sur l’Hôtel National, «Monument Historique».
Nous nous promenons dans les salons et les jardins. Dans une sorte de tranchée, une exposition historique explique la "crise des fusées". Toujours des photos NetB avec citations sentencieuses de Marti et de Fidel. Pourtant ce n’est pas ennuyeux. Ce sont les actualités de mon enfance qui sont devenues de l’histoire. Dans un salon, des affiches rangées par ordre chronologique montrent tous les visiteurs célèbres des années 30 à nos jours : Errol Flynn, Clark Gable, Fred Astaire ou Marlon Brando ne m’étonnent pas, Danielle Mittérand beaucoup plus tard non plus. En revanche de nombreux américains, acteurs ou metteurs en scène, sont venus récemment : Schwarzennegger, Spielberg... Les liens entre les Etats-Unis et Cuba sont bien étranges.

    Nous traversons le centre de La Havane par les calle Animas, Virtudes, Industria. Toutes sont bien délabrées aux antipodes des quartiers aisés et verdoyants du Vedado et des belles restaurations de La Vieille Havane. La misère est bien visible. Pas de restaurations, des rues entières sont fermées à la circulation.

Callejon de Hamel

     Le callejon de Hamel est une petite rue complètement recouverte de fresques. Nous sommes habituées aux fresques révolutionnaires, les slogans ou les dessins simplistes qui occupent l’espace un peu partout où il y a un mur inoccupé. Celle du callejon de Hamel sont des fresques artistiques. Tout est peint de couleurs vives, du sol aux bidons d’eau sur le haut des toits et les murs des maisons jusqu’au troisième étage. Il y a toutes sortes d’installations : des colonnes peintes, des cadres de vélos suspendus, des grillages, des statues de style africain. C’est aussi le haut lieu de la Santéria, culte Afro-cubain. Le dimanche, on joue du tambour et de la rumba. Des galeries de peinture sont ouvertes au public. Des poupées et animaux de papier mâché font penser aux musée d'Art Moderne à Vienne. Dans  une sorte de citerne des tortues et un petit crocodile sont prisonniers. Pauvres animaux ! Que font ils là ? Des gamins noirs dansent. Une petite boutique d’herbes est prise d’assaut par les habitants du quartiers. Aromates ? Plantes médicinales ? Sorcellerie ?

   J’ai envie de tout photographier : les peintures murales, les colonnes, les statues qui semblent sortir du mur, les personnages pittoresques...

    Nous sommes abordées par un jeune noir qui vend son CD de rumba 10 $. Nous nous laissons tenter mais nous aimerions bien l’écouter. Il nous conduit à un petit bar où il y a un radiocassette. On n’entend rien. Il veut se faire offrir un mojito. Le mojito est fait à l’eau du robinet, sans angostura. Il est plus cher que dans le bar chic de la place San Francisco. Nous avons l’impression de nous être fait pigeonner. Espérons que le CD nous plaira ! Nous quittons le callejon de Hamel sur cette impression déplaisante.

Musée des Beaux arts

     En route nous découvrons les marchés populaires et reprenons le même chemin qu’hier pour visiter le musée des Beaux Arts. Dominique m’attend dehors. C’est un musée moderne très clair, très bien conçu quoique sobre. Les collections sont très intéressantes mais je les parcours au pas de charge. Dommage d’avoir prévu si peu de temps. Tout m’intéresse : les œuvres contemporaines colorées, certaines plutôt naïves d’autres politiques, les œuvres anciennes du siècle dernier, qui n’ont peut être pas valeur de chef d’œuvre du point de vue de artistique, mais elles sont un témoignage précieux pour imaginer la vie des cubains il y a 150 ans. Paysages agrestes de plantations, vie à La Havane, portraits d’espagnols, de cubains, de Créoles... J’aimerais consacrer plus d’attention.
Quand je rejoins Dominique, elle s’est fait une belle frayeur, ne retrouvant plus la carte de crédit que j’ai avec moi. Qu’allons nous faire de ces quelques heures qui nous séparent du départ ? Nous avions tout prévu en cas de grosse chaleur : la sieste au Prado, les sandwichs etc. Il fait très frais et nous ne sommes même pas habillées avec une petite laine.

Visite au Vedado 25y6

    Je propose d’aller rendre visite à nos hôtes de la belle maison du Veda do 25y6. Nous pourrions nous reposer dans le beau jardin. Un coco taxi nous y conduit donc. Les dames ont l’air contentes de nous revoir mais elles ne comprennent pas tellement pourquoi nous sommes chez elles puisque nous ne voulons pas de chambre. Je demande si nous pouvons avoir un sandwich comme la semaine dernière. C’est compliqué. La dame part faire des courses elle n’a plus de pain. Nous attendons longtemps sur la terrasse. Déjà Dominique s’impatiente. La dame arrive avec un plateau avec des verres et les sandwiches. Elle a l’air affolée, elle en casse un verre. Il ne faut pas que nous nous installions sur la terrasse de devant : "les voisins pourraient vous voir". Nous allons donc derrière à l’ombre. Dominique a très froid. Je n’avais jamais pensé au fait que cela aurait pu leur causer des ennuis de déjeuner dans le jardin. Sans doute, elle n’ont pas le permis de nous faire à manger. Cela jette un froid. La dame très gentille veut nous offrir un café. Dominique s’impatiente encore. Finalement nous nous sauvons presque comme des voleuses. Ce n’était pas une si bonne idée de revenir ici. Dommage.
De retour chez Delta nous avons juste le temps de nous changer et moi d’écrire. Le taxi arrive à 16h30.


14Dernier jour à la havane, callejonde Hamel, Musée des be

Publié le : 25 Juin 2006

Pour aller au Callejon de Hamel, Delta nous recommande d’aller à pied jusqu’à l’hôtel Habana Libre (l’ancien Hilton) puis de prendre L jusqu’à San Lazaro. Je viens justement de lire cet itinéraire dans « La Havane pour un Infante défunte ». Ce gros livre pourrait servir de guide des rues de la Havane, c’est mon livre de chevet. L’initiation sexuelle du jeune héros, toutes ses dragues minables ne me passionnent pas mais je dévore ce livre comme guide touristique. Le héros promène ses conquêtes ou poursuit des inconnues selon des itinéraires précisément répertoriés. Cela donne une vie supplémentaire à la rue où nous passons. Cela me permet également de mémoriser des itinéraires.

Hôtel National

Au bout de la 21 nous filons tout droit sur l’Hôtel National "Monument Historique".
Nous nous promenons dans les salons et les jardins. Dans une sorte de tranchée, une exposition historique explique la crise des fusées.
Toujours des photos NetB avec citations sentencieuses de Marti et de Fidel. Pourtant ce n’est pas ennuyeux. Ce sont les actualités de mon enfance qui sont devenues de l’histoire. Dans un salon, des affiches rangées par ordre chronologique montrent tous les visiteurs célèbres des années 30 à nos jours : Errol Flynn, Clark Gable, Fred Astaire ou Marlon Brando ne m’étonnent pas, Danielle Mittérand beaucoup plus tard non plus. En revanche de nombreux américains, acteurs ou metteurs en scène sont venus récemment : Schwarzennegger, Spielberg …Les liens entre les Etats Unis et Cuba sont bien étranges.
Nous traversons le Centre de La Havane par les calle Animas, Virtudes, Industria. Toutes sont bien délabrées aux antipodes des quartiers aisés et verdoyants du Vedado et des belles restaurations de La Vieille Havane. La misère est bien visible. Pas de restaurations, des rues entières sont fermées à la circulation.

Callejon de Hamel

Le callejon de Hamel est une petite rue complètement recouverte de fresques. Nous sommes habituées aux fresques révolutionnaires, les slogans ou les dessins simplistes qui occupent l’espace un peu partout où il y a un mur inoccupé. Celle du callejon de Hamel sont des fresques artistiques. Tout est peint de couleurs vives, du sol aux bidons d’eau sur le haut des toits et les murs des maisons jusqu’au troisième étage. Il y a toutes sortes d’installations : des colonnes peintes, des cadres de vélos suspendus, des grillages, des statues de style africain. C’est aussi le haut lieu de la Santéria, culte Afro-cubain. Le dimanche, on joue du tambour et de la rumba. Des galeries de peinture sont ouvertes au public. Des poupées et animaux de papier mâché font penser aux Musée de l’Art Moderne à Vienne. Dans  une sorte de citerne des tortues et un petit crocodile sont prisonniers. Pauvres animaux ! Que font ils là ? Des gamins noirs dansent. Une petite boutique d’herbes est prise d’assaut par les habitants du quartiers. Aromates ? Plantes médicinales ? Sorcellerie ?
J’ai envie de tout photographier : les peintures murales, les colonnes, les statues qui semblent sortir du mur, les personnages pittoresques …
Nous sommes abordées par un jeune noir qui vend son CD de rumba 10 $. Nous nous laissons tenter mais nous aimerions bien l’écouter. Il nous conduit à un petit bar où il y a un radiocassette : on n’entend rien. Il veut se faire offrir un mojito. Le mojito est fait à l’eau du robinet, sans angostura. Il est plus cher que dans le bar chic de la place San Francisco. Nous avons l’impression de nous être fait pigeonner. Espérons que le CD nous plaira ! Nous quittons le callejon de Hamel sur cette impression déplaisante.

Musée des Beaux arts

En route nous découvrons les marchés populaires et reprenons le même chemin qu’hier pour visiter le Musée des Beaux Arts. Dominique m’attend dehors. C’est un musée moderne très clair, très bien conçu quoique sobre. Les collections sont très intéressantes mais je les parcours au pas de charge. Dommage d’avoir prévu si peu de temps. Tout m’intéresse : les œuvres contemporaines colorées certaines plutôt naïves, d’autres politiques, les œuvres anciennes du siècle dernier qui n’ont peut être pas valeur de chef d’œuvre du point de vue de artistique mais elles sont un témoignage précieux pour imaginer la vie des cubains il y a 150 ans. Paysages agrestes de plantations, vie à La Havane, portraits d’espagnols, de cubains, de Créoles … J’aimerais consacrer plus d’attention.
Quand je rejoins Dominique, elle s’est fait une belle frayeur, ne retrouvant plus la carte de crédit que j’ai avec moi.  Qu’allons-nous faire de ces quelques heures qui nous séparent du départ ? Nous avions tout prévu en cas de grosse chaleur : la sieste au Prado, les sandwichs etc... Il fait très frais et nous ne sommes même pas habillées avec une petite laine.

Visite au Vedado 25y6

Je propose d’aller rendre visite à nos hôtes de la belle maison du Veda do 25y6. Nous pourrions nous reposer dans le beau jardin. Un Coco taxi nous y conduit donc. Les dames ont l’air contentes de nous revoir mais elles ne comprennent pas tellement pourquoi nous sommes chez elles puisque nous ne voulons pas de chambre. Je demande si nous pouvons avoir un sandwich comme la semaine dernière. C’est compliqué. La dame part faire des courses, elle n’a plus de pain. Nous attendons longtemps sur la terrasse. Déjà Dominique s’impatiente. La dame arrive avec un plateau avec des verres et les sandwiches, elle a l’air affolée, elle casse un verre. Il ne faut pas que nous nous installions sur la terrasse de devant "les voisins pourraient vous voir". Nous allons donc derrière à l’ombre. Dominique a très froid. Je n’avais jamais pensé au fait que cela aurait pu leur causer des ennuis de déjeuner dans le jardin. Sans doute, elle n’ont pas le permis de nous faire à manger. Cela jette un froid. La dame très gentille veut nous offrir un café, Dominique s’impatiente encore. Finalement nous nous sauvons presque comme des voleuses. Ce n’était pas une si bonne idée de revenir ici. Dommage.
De retour chez Delta nous avons juste le temps de nous changer et moi d’écrire. le taxi arrive à 16h30 .


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