Jeudi 24 juillet : Ponferrada
Notre aubergiste est astucieuse : elle propose aux promeneurs matinaux le petit déjeuner sur un plateau avec des madeleines, du lait chaud et de l’eau bouillante dans des thermos qu’elle remplit le soir. Nous pouvons donc profiter des heures fraîches de la matinée. Si les hôteliers espagnols pouvaient tous en faire autant !
Le merveilleux jardin est plein d’oiseaux le matin. Nous avons le site pour nous toutes seule. C’est toujours plaisant de réviser, d’imaginer les 60 000 esclaves romains au travail dans le chantier monstrueux.
Les châtaigniers aux troncs noueux, souvent creux retiennent mon attention. Et toujours des oiseaux !
A midi, nous partons visiter Ponferrada distante de 20 km. Ponferrada vient de son pont ferré sur le sil. Nous voyons trois ponts récents trop modernes pour être le fameux pont ferré. Le château est tout à fait spectaculaire et immense. Une grande campagne de rénovation est en cours. Il y a des grues et des ouvriers casqués de plastique bleu qui s’affairent à remonter les murs .Quel est le maître d’œuvre de ce chantier ? La ville, elle même est toute en chantier. On construit des barres d’immeubles en plein centre . Je ne sais qui est le Viollet le Duc du XXIème siècle ? La reconstitution est menée scientifiquement, des panneaux très détaillés expliquent toutes les défenses, la balistique. Des jeunes filles se promènent et guident les visiteurs.
Nous entrons par une tour carrée couronné par plusieurs tourelles. On dirait un château fantaisiste . Nous suivons les chemin de ronde, celui du bas est du Xvème siècle, celui du vieux château des templiers du XIIIème. Un autre est du Xvème . Nous passons devant des tours carrées, des rondes, des restes de palais. C’est vraiment une grande forteresse ! Il faudrait être plus au fait des guerres Irmandines (révoltes galiciennes) ou de la noblesse espagnole pour reconnaître les blasons et écussons. Pour nous, c’est simplement une belle promenade avec de beaux points de vue sur la rivière, les montagnes environnantes, la ville et l’enclos fortifié.
tour de l'Horloge, Plaza Mayor
Passant sous le porche de la Tour de l’Horloge, nous jetons un œil à la cathédrale (fermée), traversons une succession de places pour atteindre la Plaza Mayor avec l’Hôtel de ville.. mais il est 14 heures, c’est l’heure de la sieste où tout ferme. Jusqu’à 16 heures rien à faire . Pas un chat dehors.
la muraille romaine d'Astorga
50 km plus loin : Astorga .Nous venons de quitter les mines d’or des Romains et voilà que nous les retrouvons ! Premier contact avec Astorga : une imposante muraille romaine protège la cité. Des archéologues ont dégagé la porte romaine encadrée par deux tours rondes . Une série de panneaux narre l’assaut de la muraille par les Wisigoths à la fin du Vème siècle (480) . L’office du Tourisme propose une visite guidée des ruines romaines . Nous n’avons pas de temps malheureusement. Pour nous Astorga n’est qu’une étape sur la route de Léon.
La cathédrale d'Astorga
Nous abordons la cathédrale par l’arrière : un chevet gothique flamboyant s’élance hérissé de pinacles crantés. Saint Jacques (ou un pèlerin) domine de la hauteur de la flèche les toits et les pignons .L’enclos dallé autour de la cathédrale est grillagé d’un mur. Sur le côté, deux églises s’emboîtent, les toits rouges couverts de tuiles des constructions romanes contrastent avec les tours de pierre élancées. Ma première réaction devant l’imposante façade baroque est la stupeur : Dépassé Mondonedo ! (Saint Jacques de Compostelle est hors concours !) Le baroque masque le gothique . Nous sommes étourdies par le foisonnement des éléments décoratifs . je laisse échapper une exclamation « quelle salade !)que Dominique interprète comme « quelle horreur : » . Non, elle n’est pas horrible, elle est même très belle.
Il faut prendre du recul pour apprécier l’ensemble. Elle n’est pas mise en valeur par une vaste place comme celle de l’Obradorio. A l’arrière du parvis, les étroites rues ne permettent pas de la voir en entier. J’emprunte la rue qui me paraît être en face pour prendre une photo de loin, mais je ne peux cadrer qu’une partie de la façade, une seule tour à la fois. Pour la contempler le mieux, il convient de s’adosser sur la banquette qui entoure le parvis et de regarder vers le haut ; mais on est alors étourdi ! Je prends photo sur photo des colonnes torses sculptées comme celles des retables dorés, des arcs jetés au dessus du vide vers les tours. Tant de colonnes, d’angelots, de balustrades, de frises…m’étourdissent Une ribambelle d’angelots remplace les balustres d’une galerie, entre les putti, un mouton grimaçant surgit, tout à fait étrange. Des femmes allongées représentent la Piété et l’Innocence, elles sont bien alanguies Le porche est encadré par des bas reliefs figuratifs très originaux . toute cette exubérance est permise par la finesse de la pierre de grès rose. Nous l’examinons à loisir ; il est trop tôt Nous devons attendre une bonne demie heure l’ouverture du portail
Puisqu’il faut se contenter des extérieurs, nous contemplons le Palais Episcopal, œuvre de Gaudi.
Je me réjouissais beaucoup à l’avance de le voir. Nous sommes déçues au premier regard. C’est un édifice gris en granite taillé de petits moellons non jointifs ? Là où j’attendais délire et exubérance, je trouve une parodie moyenâgeuse avec tourelles rondes et créneaux, ogives et hautes cheminées. Seule l’entrée est bizarre avec des ogives à la Gaudi. Il me paraît trop sage, trop gris, j’imaginais de la couleur.
Les Pélerins de Saint Jacques
Sur la place, touristes et pèlerins affluent. Plutôt pèlerins d’ailleurs. Astorga doit être ville d’étape pour marcheurs et cyclistes. L’ambiguïté demeure entre sport et religion. Un couple d’Américains, Lonely Planet à la main, longue queue de cheval pour le garçon comme pour la fille. Deux italiennes, cuissardes de cyclistes, look sportif mais carnet de pèlerinage sur le sac du guidon, elles veulent aller voir je ne sais quelle croix : pèlerinage, donc. Deux japonais, le père et la fille, casqués de plastique, discutent avec les italiennes, tourisme ou religion pour les Japonais ? Une famille de Hollandais blonds dégingandés et braillards, sans équivoque des néerlandais en goguette, mais dans la chapelle de Gaudi, ils déchiffreront le latin, Etonnants ces Hollandais !
Palais Episcopal
Quatre heures sonnent : sur un vélo, un guitariste débarque . le Musée ouvre. Nous pouvons découvrir l’intérieur du Palais Episcopal (un musée religieux, encore un !). Les arcades, les pilastres, les ogives démultipliées sont soulignés de céramique orangée .Les ogives démultipliées, les alignements de colonnes donnent une impression d’espaces infinis dans un volume assez petits. Les vitraux colorés ont de l’allure. Sur quatre niveaux (avec une cage d’ascenseur), nous nous promenons dans des salles fonctionnelles :une salle à manger, un bureau, on imagine la vie dans cette sorte de villa-château moderne: ici le bureau, ici les salles de bain … Les objets exposés ne retiennent que peu notre intérêt. Pourtant, de belles peintures flamandes sont exposées, un retable intéressant et surtout des sculptures peintes certaines naïves sont attachantes.
Puis visite de la cathédrale.. La hauteur de la nef est impressionnante : les piliers nervurés sont énormes. Mais la nef est bloquée par une sorte de mur . autant la hauteur donne du volume, autant cette nef tronquée choque. Un organiste joue. C’est toujours bien, la musique vivante. Nous contournons cette sorte de boîte géante contenant les stalles de bois, fermée par une grille de bois (clôture ?) Ce qui reste à l’avant de la nef est occupé par des bancs. Nous sommes déçues. La façade grandiose laissait présager autre chose.
Arrivée à Leon
Nous arrivons en fin d’après midi à Léon, sans aucune adresse d’hôtel. Il faut trouver comme à Bilbao une solution pour la voiture. A la troisième tentative, je découvre une pension au troisième étage d’un immeuble sans charme mais bien situé . C’est moderne propre mais après notre auberge de Medulas, décevant. La voiture couchera dans le parking souterrain
25 Juillet : (Saint Jacques,fête du patron de l’Espagne) Leon
8h30 petit déjeuner dans une jolie cafétéria juste en face de l’hôtel : café con leche y churros – le cadre est agréable, Ripolin vieilli beige jaunâtre et brun rouge sang, balustres, parquet ciré.
maquette de Leon
500m de marche pour arriver dans les anciens quartiers intra muros. Une maquette géante montre la croissance de la ville. Une enceinte autrefois rectangulaire consolidée par de grosses tours rondes entourait déjà la ville au 1er siècle, au Xème quelques faubourgs. De cette muraille, il reste quelques tronçons, suffisamment pour avoir une bonne impression, bien pratique aussi pour s’orienter Cette ville ancienne est piétonnière, c’est bien agréable.
vieux quartiers
Un dédale de petites ruelles ombragées et tranquilles contraste avec les grandes avenues commerçantes toutes proches. Dans la vieille ville, les maisons n’excèdent pas quatre étages. Clochers des églises, pignons de la Casa Bottine de Gaudi, dépassent des toits et nous donnent des repères.
Casa de Bottine
La Casa de Bottine ressemble en plus sobre au Palais Episcopal d’Astorga. C’est une banque. Le bâtiment construit par Gaudi est fonctionnel. Le choix du granite gris martelé non poli accentue son aspect austère. Seuls les clochetons élancés recouverts d’ardoise brute, les créneaux d’ardoise, les fenêtres gothiques et une statue confèrent un peu de fantaisie à l’édifice utilitaire. Ne pas confondre l’architecte avec tous ses délires.
cathédrale
Une large rue au pavage lisse et moderne orné de coquilles dorées (chemin de Santiago oblige) nous mène à la cathédrale située sur une vaste place. Elle toute blanche, gothique, sans surprise. Enfin une façade que le baroque n’a pas phagocytée !
On admire d’abord le porche avec ses trois tympans dans des ogives surmonté d’une très belle rosace ? Dans le tympan central : un Jugement Dernier très réussi. Evidemment, c’est l’Enfer et ses monstres grotesques qui est plus rigolo !
A l’intérieur, résonne la marche nuptiale, une jeune chanteuse répète l’Ave Maria de Gounod et d’Albinoni. Nous restons longtemps à l’écouter. Un fleuriste apporte gerbes sur gerbes blanches. L’église embaume le lys .Dominique reste à écouter la chanteuse tandis que je parcours le déambulatoire. La nef est très haute, complètement ajourée de vitraux colorés. Certains sont anciens et magnifiques. D’autres modernes. Evidemment, ceux qui sont au soleil sont plus beaux. Pour la rosace il faudra revenir l’après midi. Le chœur et l’autel sont abrités par une vitre. On voit bien mais de loin un retable.
Je suis plutôt saturée de visites de cathédrale, mon regard est distrait. Quant à Dominique, elle en a vraiment assez ! Nous décidons de renoncer à Burgos, encore une cathédrale ! Nous ne faisons pas un pèlerinage ! Ma curiosité est satisfaite, je n’ai plus la capacité » de m’émouvoir. D’ailleurs, le gothique m’émeut peu.
musée et cloitre
Curieuse quand même, j’achète un billet pour le Musée et le Cloître .Il sera fermé cette après midi « c’est la Saint Jacques, le patron de l’Espagne »explique la guide d’un air indigné quand on lui demande la raison de la fermeture. Une dame de Logrono proteste que chez elle, la Saint Jacques n’est férié que si cela donne un pont !
Le cloître gothique tardif a de belles ogives avec des clefs de voûte très ornées. La frise Renaissance est assez étrange : des animaux fantastiques font place aux têtes de mort humaines mais aussi animales, têtes de vaches ou de chevaux. La visite soi-disant guidée est un piège : la guide se contente d’ouvrir les portes, les referme, dit quelques mots et nous laisse livrés à nous mêmes. Dans une salle : belles statues de bois polychromes, un Saint Jacques Matamore très réussi. Mais le personnage piétinant les Sarrasins n’est guère sympathique ! la suivante présente des habits sacerdotaux dans des vitrines et la dernière des peintures modernes « Es un horror ! s’exclame la dame de Logrono».
J’ai vraiment l’impression de m’être faite piéger. la guide fait mal son travail, je me sens prisonnière Cette visite n’offre aucun intérêt Après la « salle des pierres » (statues romanes) celle de la peinture hispanoflamande (rien de spécial. par comparaison avec l’exposition de Bilbao. On arrive dans la salle « archéologique » silex et poteries romaines cassées, toujours explications minimales, je demande à sortir.
[bpPantheon Real[/b]
J’avais souhaité visiter Léon à cause d’une photo dans le Guide Vert du panthéon Réal décoré de fresques. Il se trouve accolé à l’Eglise San Isodoro, bel édifice roman.
Encore une visite guidée, bon guide heureusement. D’après lui, ce bâtiment, accolé à l’église était le palais Royal des rois de Léon, de l’autre côté, il y avait un monastère. Il insiste sur le sens politique du bâtiment : le petit royaume de Léon avait bien besoin de la caution religieuse pour s’affirmer coincé entre le Royaume franc et l’Espagne musulmane. Repeuplé par les Mozarabes, es influences islamiques se font sentir sur le style des construction (arc en fer à cheval) et surtout dans l’artisanat. la salle du Trésor montre la coupe d’Urraca (1063) toute en or sertie de pierres précieuses. Les reliquaires décorés d’ivoire finement ciselés montrent aussi les influences mozarabes ou arabes.
La bibliothèque contient des incunables (on ne voit que des fac-similés des parchemins).
Enfin nous descendons au Panthéon Réal où sont enterrés les rois de Léon. Les dalles sont près de l’entrée. les murs et les plafonds sont couverts de fresques très fraîches « préromanes » qui ont encore beaucoup en commun avec les fresques byzantines : le Pantocrator domine le centre de la nef, entouré des quatre évangélistes. Ces derniers sont très drôles : au lieu de représenter leur animal symbolique (lion, taureau, aigle, homme) à côté du saint, ils ont dessiné la tête de l’animal sur la silhouette humaine. Un autre plafond représente la Cène, un autre les anges et les bergers. Les animaux adoptent des poses pittoresques : combats de chèvres aux cornes torses emmêlées… sur un arc, on a représenté un calendrier des travaux des champs : en juillet on moissonne le blé à la faucille, en août, on le bat, vendanges en septembre, Octobre : récolte des châtaignes pour le cochon qu’on tue en Novembre. En Décembre, on reste chez soi. Le zodiaque montre aussi la course du temps, malheureusement, il est effacé. Trous ces travaux des champs évoquent les tombes égyptiennes en moins élaboré, toutefois. Les chapiteaux montrent les prémisses de l’art roman, on passe de la décoration végétale « asturienne » ou wisigothique d’acanthes et de pommes de pin aux chapiteaux historiés romans. Le Cloître roman, puis Renaissance est moins original. Vraiment, je n’ai pas été déçue de mon attente. Dernière surprise : une girouette, un coq d’or.
Dominique m’a donné rendez vous sur la place de la Casa Bottine près de la maquette. C’est aussi les rendez vous de tous les vieux messieurs. Elle a couru les magasins de la ville moderne et a rapporté un repas délicieux : anchois, artichauts, et aubergine confits à l’huile. Nous nous installons dans le parc aménagé le long de la rivière. Il fait bon, presque frais quand les nuages cachent le soleil. J’ai trouvé le Monde que j’aime toujours lire à l’étranger.
Après la sieste, nous retournons à la Cathédrale et à San Isodoro. Puis nous flânons dans les petites rues tortueuses aux maisons ocre, jaunes orange. Certaines ont de jolis balcons ouvragés, d’autre des loggias. Le re de chaussée est occupé par des boutiques. Les plus jolies sont celles des fromagers (une effluve de fromage les précède), celles des charcutiers disposant les conserves artistement, piments rouges, asperges en bocaux, olives, bouteilles d’huile.
Plaza Mayor
Nous découvrons l’immense Plaza Mayor avec l’Hôtel de Ville, blanc ouvragé à pignon d’ardoises. Une grande esplanade carrée est bordée d’arcades, maisons jaunes aux balcons de fer. Impression de vide, cependant. On rénove, on restaure, mais je me demande si les maisons sont bien habitées. Il faut cependant tenir compte de l’heure espagnole, à cinq heures, les boutiques commencent seulement à remonter les volets de fer et les cafetiers à disposer les chaises sur les terrasses. A la terrasse d’un glacier sur la Place de la Cathédrale, je commande l’ Horchata que j’attendais depuis le début des vacances (comme le café con churros de ce matin).
Belle promenade jusqu’à San Marcos situé à l’écart de la ville historique près du fleuve. Une esplanade immense très moderne la précède : fontaines basses dans des carrés ras du sol, calvaire simple, sur des marches, une statue moderne d’un pèlerin assis qui a enlevé ses sandales pour soulager ses pieds.
La façade très ornée de San Marcos (occupé par un parador) ne retient pas longuement notre attention. L’église avec ses coquilles en relief nous plaît plus. Nous avons un spectacle vivant : une sortie de mariage avec limousines, les badauds tournent autour et se font photographier. Scène vivante après toutes ces pierres !
Samedi 26 Juillet Burgos
De Leon à Burgos
Réveil à l’heure espagnol et encore un petit déjeuner de luxe. Nous passons à Carrefour, tout comme en France, nous y trouvons des salades et des crevettes, du pastis …
La route de Léon à Burgos est une quatre voies gratuite . elle es complètement vide. Nous roulons dans une plaine jaune paille. La moisson est terminée, Bottes et rouleaux traînent dans les chaumes. Pas un arbre, un peu comme en Turquie. Parfois, des tournesols minables, ils ont souffert de la sécheresse. La Cathédrale de Burgos se voit de loin, on pense à Chartres. Ce serait quand même dommage de ne pas nous arrêter.
La Cathédrale de Burgos
Burgos paraît plus animée que Léon. Toujours des pèlerins randonneurs, des touristes et beaucoup d’Espagnols endimanchés : les mariages se succèdent. La Cathédrale est toute blanche en pierre à grain très fin. Deux tours pointues, légères, aériennes, comme en dentelle ajourée. Une belle rosace surmonte un porche rectangulaire très simple. Sur la façade les rois de Castilles sont alignés. Sur le parvis, une rangée de pinacles pointus et sculptés et une belle fontaine. On voit un merveilleux plafond peint dans une chapelle, sérénité de la messe garantie par des panneaux de verre. Nous ne pouvons pas en visiter plus. Il faut acheter un ticket d’entrée à l’Office de tourisme : longue queue qui n’avance pas et nous décourage. Je renonce, notre temps est compté il reste encore 200km de route . Nous renonçons donc au tombeau du Cid et à toutes les merveilles, je le regretterai plus tard. mais nous avons déjà visité tant d’églises !
La porte de l’Arco de Santa Maria décorée des statues des grands personnages de la ville, entre autres, le Cid qui tient compagnie à Charles Quint, se visite – exposition d’art contemporain que nous parcourons au pas de charge -.
Nous aurions, sans doute, faire l’inverse, traverser Léon et rester à Burgos. Il est trop tard, Burgos ne m’avait pas attirée, sans doute sa mauvaise réputation de ville franquiste , nous aimerions terminer notre voyage par quelques jours à la mer.
Comme il est l’heure de déjeuner, nous entrons dans un bar particulièrement bien fourni en tapas et raciones : boudin coupé en tranches, calamars, poulpes, croquettes de pommes de terre ou fourrées aux piments doux rouge, un vrai délice ! que nous dégustons, installées sur les marches d’un escalier faisant face à l’entrée de la Cathédrale. Nous guettons la sortie des mariés. Les petites filles d’honneurs ont leur panier tout prêt.
Un autre spectacle se présente : plus coloré que le mariage : des danses folkloriques au son d’une bombarde (hautbois ?), peu agréable à l’oreille. les filles sont vêtues de jupes vertes ou jaunes avec de larges ceintures rouges, jupons et culottes blanches sur des bas blancs tricotés, les garçons en noir, petit gilet, pantalons courts .danses en couple ; farandoles, tantôt des castagnettes, de foulards et des cerceaux.
Quittant Burgos, le relief s’accentue, toujours des champs de blé, mais aussi des collines ravinées, puis nous nous approchons des montagnes . l’autoroute passe par un défilé impressionnant avant de retrouver les montagnes vertes du Pays Basque.
A la Recherche d'un abri pour la nuit
15h40, Bilbao, sans un regard pour le Guggenheim puisque j’ai les yeux fixés sur les panneaux. Nous négligeons les stations balnéaires de Getxo et de Plentzia trop proches de Bilbao . Nous empruntons la route côtière qui domine la mer de très haut. Cette portion de côte est très inhospitalière, pas de plages . En ce samedi ensoleillé et chaud, les gens sont installés dans les prés, parasol et sièges pliants avec la vue sur la mer, comme à la plage. Pas de villages, de belles fermes basques sont dispersées dans les prés bien verts bien pentus abrités par d’épaisses forêts aux alentours.
Je commence à m’inquiéter pour l’hébergement. ce n’est pas ici que nous allons trouver le petit hôtel de nos rêves avec une chambre avec vue sur la mer comme nous en avons pris l’habitude : la dame de l’Office de Tourisme m’a recommandé les fermes de l’agrotourisme.
Complet à Bekio!
Bekio et Berméo, stations balnéaires, sont assez décevantes. Dans l’étroit espace coincé par la montagne, les immeubles se tassent le long de la route, très hauts, très laids. Bekio affiche complet.
Dernière chance à Berméo
A l’office de tourisme de Berméo, on retient pour nous par téléphone la dernière chambre disponible de l’auberge de Manu à ( km dans la montagne.
La Venta est une belle bâtisse en pierre, cubique, dans un petit hameau avec une petite chapelle et un curieux cimetière. La vue est magnifique sur le vallon vert. L’accueil est incroyable : un homme lave un quad, il me demande si c’est l’office de tourisme qui nous envoie et continue tranquillement à laver son engin. Je me dirige vers le bar : personne, à la réception, personne non plus . L’homme arrose tranquillement le quad, prend son temps pour fermer l’eau puis vient au comptoir. Il me demande mon nom et vérifie si c’est bien celui de la réservation. Carte d’identité, il remplit la fiche en silence, me tend une clé « c’est au premier étage », puis il disparaît. J’ai tout juste le temps de lui demander le prix « 37 euros »,. Il ne nous a même pas demandé combien de nuits nous comptions rester ni si nous dînons. Je jette un coup d’œil à la carte : le coup de fusil !
Plage de Mundaka
Nous descendons rapidement à la mer . Déception, il n’y a pas de plage à Bermeo, il faut aller jusqu’à Mundaka, à l’entrée de la Ria de Gernica . la plage est minuscule et bondée, le pire est le parking.
C’est marée basse, nous laissons les gens entassés sur le sable sec et nous installons près des rochers couverts d’huîtres. L’eau est chaude, sans une ondulation. Je nage comme en piscine le long d’un filin portant des flotteurs jaunes. Un peu plus loin vers le large, des surfeurs, debout, glissent sur les vagues de la mer ouverte. Un curieux bateaux rouge chargé d’estivants, fait des allers et retours . Où vont ils ? Dans quelle plage cachée inaccessible aux voitures ? De l’autre côté de l’estuaire, un plage magnifique, immense de sable clair. Si nous faisons abstraction de tous les gens entassés derrière nous, le site est magnifique dans cette crique enchâssée dans des rochers gris aux formes bizarres, bleu de la mer, vert vif des collines.
Nous faisons halte aux miradores, admirons les falaises et les îles de la côte découpée, le petit port de Bermeo, vu d’en haut puis grimpons au sommet d’une colline pour pique-niquer au coucher du soleil.
Dimanche 28 juillet : Berméo /Vieux Boucau
Pluie sur le Pays Basque
Réveil dans le brouillard. Il pleut. Nous nous promenons sur le port et sur la digue à Berméo .Le vieux port est installé dans une jolie rade nichée entre les maisons Les maisons du port sont étroites, hautes et colorées avec toujours ces vitrines. Elles se reflètent dans l’eau. Des bateaux blancs et des barques colorées dansent. Le port plus récent est vaste et contient de plus gros bateaux de pêche. De très gros bateaux sur des cales attendent la réparation. S’il avait fait beau, nous aurions pu faire de nombreuses promenades. Sous cette pluie nous songeons au retour si bien que nous retournons faire précipitamment les valises avant midi.
Terroristes ?
A midi, nous sommes en voiture, direction Gernica. J’avais imaginé cette ville rasée par les allemands, certains beaux bâtiments anciens avec des arcades bordent les rues. A la sortie de Gernica : embouteillage. Nous croyons à un accident, mais la file n’avance pas, les gens sortent des voitures, téléphonent, beaucoup font demi tour. « Que pasa ? » « Une bombe dans un restaurant » (on apprendra ensuite que c’est à l’aéroport). La route est bouclée, on nous conseille d’essayer la route côtière.
Nous remontons vers l’océan le long de la Ria, traversons Artéaga puis de belles forêts dans les collines. Jolies vaches grises, beaux jardins. Encore des petits ports entourées de maisons colorées, une plage de sable jaune très profonde. Le village suivant est à 13 km. De nombreux marcheurs suivent la route. La plupart portent un parapluie. La pluie ne semble pas les effrayer. D’ailleurs, elle a cessé. Encore un petit port, c’est la fête locale, les voitures encombrent les bas côtés de la route, impossible de stationner. Pourtant, nous aimerions au moins acheter du pain.
Tapas à Delia
Délia est le dernier village avant l’autoroute, encore un port, des maisons en hauteur, des bateaux de pêche… deux plages de sable. Je ne trouve pas la boulangerie. J’entre dans un bar et achète les plus jolis bocadillos, les plus raffinés : tortilla au lard thon et piment, champignons confits escalope panée au piment. Dans de tout petits pains frais. Ce sont des mini sandwich à consommer en tapas, j’ai du mal à convaincre le barman de les emballer « para llevar ».
Pour ce beau pique-nique, il nous faut un bel endroit ! Justement un mirador est aménagé avec des bancs, une table d’orientation et une lunette. Les falaises de flysch gris se succèdent dans une mer grise sous un ciel gris. Belle vue mais photo tristounette, qu’on ne prend pas.
Irun, la frontière
Autoroute jusqu’à Irun, arrêt courses au poste frontière. Il règne un désordre inhabituel à cette heure de sieste. Les gens remplissent des caddies entiers d’alcool.
Vieux Boucau
Retour en France, les montagnes s’éloignent, les nuages se séparent. Arrivées dans les Landes, il fait très beau.
Nous trouvons un bel hôtel à Vieux Boucau près de Souston : l’Hôtel de la Côte d’Argent ** situé sur une rue piétonnière. Non seulement il reste des chambres, mais le prix est raisonnable 45 euros. Notre chambre n’est pas grande mais elle est claire, vue sur parking (nous sommes mal habituées) papier peint pastel, belle salle de bain et téléphone. La plage est assez loin, il faut traverser le quartier piétonnier, contourner le lac marin puis de grosses résidences (bien fichues, en Espagne la construction était vraiment laide), je trouve une certaine élégance à ces immeubles modernes aux volumes variés, surtout ils paraissent finis et léchés. Je crois que la dimension y est pour beaucoup : ils n’ont que trois ou quatre étages ; beaucoup moins que les immeubles espagnols ?. Au déboucher du lac, nous trouvons la dune, bien haute et bien pénible à gravir. Derrière, l’océan avec de jolies vagues (drapeau jaune). Nous sommes sur une plage déserte – baignade interdite- au retour, nous verrons des écriteaux « plage interdite : pollution ». La marée noire est ici, non pas deux ou trois bouettes comme en Espagne mais des galettes de l’ordre du décimètre alignées sur le sable mouillé.
Réveil à 8h30. Les épais volets de bois nous ont protégées du bruit et de la lumière. Je viens juste de m’habiller quand on frappe à la porte. Tomas, encapuchonné dans un kabig marocain ou en djellaba courte rayée, portant des gants de laines, vient frapper à notre porte. Il brandit mes lunettes.
Le petit déjeuner est servi sur la balconnade couverte avec vue sur la mer (et sur l’autoroute). Pour quatre €, nous trois sortes de pain, intégral genre allemand, gris avec une croûte fine, délicieux, et des Wasa au sésame. La jeune femme qui nous sert est très sympathique, italienne, cheveux courts .La confiture est « casera », maison, c’est elle qui l’a faite avec les tomates de Chine, oranges et oblongues qui poussent dans leur jardin en contrebas. Elle est délicieuse.
le jardin de la finca
La pluie a cessé, il fait bien gris. En attendant le taxi, nous explorons le jardin, un fouillis de plantes rampantes (des cristophines, des courges énormes envahissant des arbustes. Les citronniers ont des fruits énormes à allure de cédrats, leurs feuilles sont racornies (nous sommes chez des écolos, sûrement pas d’insecticides). Les arbres à tomates sont nombreux, il y a également un petit papayer, un pêcher en fleurs et un figuier défeuillé.
Puerto de la Cruz
Le taxi traverse Puerto de la Cruz, immeubles modernes, végétation tropicale, beaucoup d’hôtels. Notre voiture de location est une Clio grise standard (la même que celle de Nicole ou des parents de Dominique). La première sortie, moi-même au volant, a l’air d’un gag : je fais trois fois le tour du pâté de maison, et loupe l’entrée du parking à chaque fois. A chaque coin, un stop, des piétons dans leur bon droit. . Dominique s’énerve, prend les commandes et descend au parking souterrain.
Une jolie promenade arborée, hibiscus et palmiers, nous conduit à une petite plage de sable noir déserte. Plus loin, la côte est abrupte, une coulée de lave a laissé une falaise noire avec des prismes de rétractation. Malheureusement, l’urbanisation anarchique, tours étroites et barres énormes gâche le paysage.
Des bâches de chantier masquent les aménagements de la corniche du bord de mer. Plus loin, plus de travaux mais un péage (3.3 €) : des piscines, des jardins des chaises longues. Ce matin gris, par une température de 17°, personne ne s’est installé.
Cheveux blancs et têtes chenues
En revanche, dans la rue à l’arrière de cette base nautique, une foule très dense se presse. Têtes chenues, les retraités de toute l’Europe du Nord se sont rassemblés ici. Malgré nos cheveux gris, nous faisons figure de jeunettes. Des boutiques se succèdent proposant des produits détaxés, des parfums, des articles électroniques, des appareils photos, des lecteurs de CD vêtements de « marques », Adidas ou Lacoste, et des souvenirs canariens : énormes poussins jaunes criards. Plus tard, en écrivant, je me rends compte qu’il s’agit sans doute de canaris ! Cette foire détaxée me rebute. Caricature de tourisme balnéaire. Que faisons nous ici ?
Toujours les mêmes boutiques et la même foule dans les petites rues. Levant les yeux au dessus des devantures on découvre de très jolies maisons chaulées de blanc à balcons de bois ajouré. Dans les ruelles en pente, les balcons de bois, sont décalés. Le ciel s’est dégagé. Malheureusement, nous avons oublié l’appareil photo.
chapelles et églises
Nous passons devant plusieurs églises. Une jolie chapelle en bord de mer est réservée aux allemands, une autre aux scandinaves. Dans l’église principale, la Messe du dimanche est en Anglais. Malgré les affiches polyglottes, nous sommes en Espagne ; il règne une véritable ferveur. Des retables, très baroques, très dorés, très surchargés. Le plus remarquable se situe au dessus de nos têtes : un plafond de bois précieux à motifs arabes rappelant les plafonds à caissons. La religiosité qui règne ici fait contraste avec l’agitation mercantile de la rue. Il est difficile de se comporter en touriste ici. Partout des gens sont en prière. L’église donne sur une très jolie placette plantée d’un jardin public. L’eau jaillit du bec d’un cygne qui a renversé son cou vers le ciel dans une curieuse attitude, dans des carrés délimités par un grillage, des coléus, hibiscus et autres arbustes colorés sous des yuccas et des palmiers. Les bancs sont occupés par des vieux.
Nous terminons notre exploration au supermarché Hiperdino (dino pour dinosaure, quel bon goût !) puis nous remontons la côte dans les embouteillages.
Déjeuner sur la petite table ronde devant Platanera dans le patio : crevettes roses.
la Montaneta
En face de chez nous, une petite chapelle blanche est perchée sur une petite montagne pointue. Elle attire notre curiosité. Ce sera notre but de promenade ! Nous contournons la base du cône dans des jardins un peu à l’abandon : bananeraies, oignons et pommes de terre. Le long de la route de petits oratoires fermés très soignés et fleuris. Une très belle finca est cachée dans les jardins. Malheureusement de grands panneaux annoncent la construction de chalets adosados du pire effet. Au pied du petit mont : un énorme parking et un restaurant annoncé par d’énormes barriques le « Monastère » composé de tout un ensemble de restaurants spécialisés, l’un dans les fondues, l’autre dans les grillades, un troisième de paellas …L’architecture et la décoration sont assez réussies. Nous traversons un jardin botanique planté surtout de plantes grasses, figuiers de barbarie, pins des Canaries aux longues aiguilles souples. Une bizarrerie : des fleurs rouges sortent de l’écorce des branches. Un pin n’a jamais de fleurs rouges. Est ce une plante parasite.
Un chemin de croix est en cours d’aménagement. Chaque station est illustrée par un azulejo plaqué sur un petit autel blanc. En haut, nous découvrons le cratère du petit volcan et la chapelle blanche, toute seule sur son esplanade de ciment. De là, nous apercevons les neiges du Teide étonnamment proches. Le sommet est caché dans les nuages. Les villages traditionnels de maisons cubiques avec des terrasses rappellent un peu les maisons marocaines. Une grande part d’entre elles est chaulée de blanc. D’autres ont adopté le crépi jaune ou orange. Les terrasses sont carrelées. Vu de dessus, elles forment une mosaïque en camaïeu très plaisante.
Corniche au dessus de la mer
Nous terminons la journée par une promenade en voiture vers l’Ouest. L’autoroute se termine quelques kilomètres après notre sortie 38. Après un tunnel la route se poursuit sur une corniche au dessus de la mer. Le belvédère San Pedro est aménagé au dessus des bananeraies. De là, on découvre toute la côte. Un sentier descend dans une palmeraie.
la plage de Socorro
Plus loin, la petite plage de Socorro est le rendez vous des surfeurs. Je sacrifie à mon rite : la promenade pieds nus à la limite de la vague. L’eau n’est pas froide, premier bain de pieds. La fin de l’expédition est moins réussie. Nous sommes à la recherche d’un supermarché. Nous nous perdons et rentrons à la nuit tombée.
le jardin de la finca
Nous ouvrons nos volets pleins sur un beau soleil. C’est une surprise ! La jeune femme du petit déjeuner est en train de cueillir du persil. Elle est vraiment très aimable et nous fait découvrir toutes les herbes du jardin : le persil en abondance, cachées plus bas : des touffes de menthe et de marjolaine à très petites feuilles. Le basilic pousse dans des pots. Epinards et chayottes rampent. Les épinards ont des petites feuilles triangulaires très charnues, on peut les manger crus en salade. Dans des jardinières, de l’aloès. Nous nous promettons d’acheter de la salade pour profiter des fines herbes.
En route vers l'Ouest
Route vers l’Ouest, par un soleil resplendissant. La campagne est gaie : les petites bananeraies sont encloses dans des murs de parpaings pas très esthétiques. Des poinsettias aux extrémités rouges sont alignés. Les villages ont un aspect agréable, pas d’immeubles, des maisons agrémentées de balcons sont crépies de blanc, de rose ou de jaune. Le tourisme de masse n’a pas encore atteint cette partie de l’île (encore que, sur le bord de l’eau, un immeuble de style Grande Motte se voit de loin). A Garachico, nous cherchons le départ de la promenade. Un jeune nous indique la route de cuervas (route des virages) qui nous emmène à San Juan del Reparo. La montée est impressionnante : les lacets serrés sont soulignés à la chaux. Après 5 ou 6 km, nous arrivons à mi-pente à une altitude de 600m qu’il me faudra descendre.
Rando San Juan/Garachico
Je me renseigne dans une petite épicerie. Une dame, derrière son comptoir, vend toutes sortes de marchandises, aussi bien des gâteaux à la pièce que de la morue au détail emballée dans du papier journal, des produits d’entretien, du vin des produits d’entretien …Le sentier est juste derrière. Dans le village, il est goudronné, ensuite c’est un beau chemin muletier empierré de lave, protégé par un parapet qui serpente dans la foret de pins. Il descend très raide, les pierres sont inégales et glissantes, les aiguilles de pin, traîtres. Je suis ravie d’avoir pris mon bâton télescopique qui m’assure contre les glissades. J’ai remis en service mon ancien appareil photo et je retrouve le plaisir de la mise au point manuelle qui me permet de réfléchir plus au cadrage. La côte découpée s’entend jusqu’à Puerto de la Cruz. Garachico, à mes pieds, se rapproche avec son îlot rocheux, son grand clocher blanc et toutes les terrasses des maisons en mosaïque. Les citernes sont dispersées sur les terrasses. Le sentier court sur la coulée de lave de 1706 qui a englouti le port, jadis important. Des croix ont été érigées. L’une d’elle, fleurie, a été recouverte de cailloux. Les fleurs ont séché, les cailloux tiennent en équilibre comme par miracle. Si la croix s’était détachée sur un beau ciel bleu, je l’aurais photographiée. Je passe devant deux petits édicules : oratoires ou sources captées ? Un petit canal de ciment, comme une levada de Madère, conduit de l’eau qui brille sous le soleil. Malheureusement, le système d’irrigation par levadas tombe en déshérence, remplacé par de vilains tuyaux de caoutchouc noirs qui aboutissent aux citernes et aux champs. Parfois, trois ou quatre tuyaux suivent le même chemin et s’emmêlent.
Garachico
Après trois quarts d’heures de descente, je parviens aux premières maisons, traverse un petit parc archéologique où est exposé un ancien pressoir et je sors sous une porte ancienne construite en un appareil de petites pierres très soignées. Derrière le jardin, une jolie placette avec une fontaine, la rue mène à la mer. Je retrouve Dominique.
La ville de Garachico est une toute petite ville très tranquille pleine d’un charme désuet. L’église Santa Anna est très vaste. Ses murs blancs sont rehaussés de parements sculptés autour des portes. Les boiseries sont magnifiques, surtout le plafond. Les retables sont surchargés.
Un peu plus loin, la place de la Liberté est occupée en son centre par un rectangle planté de ficus touffus faisant de l’ombre aux tables d’un café. Au centre on a construit un kiosque à musique. Un palais austère orné de colonnes torses borde la place. A côté, le grand bâtiment de la Mairie. Un couvent, au coin, se visite. Luxe : il renferme deux cloîtres aux galeries de bois sculpté sur deux niveaux. L’un deux est planté d’un jardin, l’autre forme une cour nue. Sous les galeries, une exposition de photos anciennes raconte la vie d’antan : l’antique autobus, le premier camion, les processions. Il y a également une collection de coquillages venant du monde entier ainsi que des échantillons de minéraux. Exposition ancienne, poussiéreuse, désuète, charmante.
piscines naturelles
Les rochers du bord de mer ont été aménagés en piscines naturelles pour la baignade. D’étroites allées cimentées conduisent à des bassins profonds où on pourrait nager si le temps s’y prêtait .Nous nous installons pour déjeuner à l’extrémité : une seule rangée de rochers nous sépare de l’océan. La vague se forme, se creuse, avance en gros rouleau qui explose. Nous sommes au sec, seuls les embruns des vagues les plus spectaculaires sont perceptibles. Est ce que la marée monte ? , Dans les vasques naturelles, de nombreux poissons évoluent. L’un d’entre eux est bleu profond absolument magnifique. D’autres, verts très aplatis nagent sur le fond. Au menu saumon (Carrefour) avocat de Ténériffe et pour moi une banane. Les vagues se creusent de plus en plus, les embruns nous mouillent, nous nous replions dès le repas terminé. Avant de quitter Garachico, je m’attable à la terrasse d’un restaurant pour un très bon café bien serré.
pointe de Teno
Pour atteindre la Pointe de Teno, nous passons par Buenavista qui est une charmante bourgade tranquille encore peu touchée par le tourisme. La petite route se faufile entre les murs de parpaing qui protègent les bananeraies. Juste après une belle finca blanche, bien nommée Casablanca, de grands panneaux annoncent en quatre langues qu’on s’engage à ses risques et périls sur la route du phare, coupée en cas d’intempéries et dangereuse en raison de chutes de pierres et de glissement de terrain. Nous serons prévenues ! Une fraction de seconde d’hésitation. Devant nous, une Opel Corsa blanche stationne. Dominique la double, l’Opel nous suit. Une énorme montagne pointue nous fait face. La route s’engage dans un tunnel très long, tout noir et bas de plafond. Cela donne un parfum d’aventure à notre expédition. D’après le plan, la route devrait s’interrompre à la sortie du tunnel et nous devrions faire à pied la promenade. Elle a été prolongée jusqu’au phare et de nombreuses voitures sont garées sur le parking. Nous ne sommes pas les seules téméraires !
Le phare est construit sur une péninsule. Il apparaît derrière un cône de scories rougeâtres remodelé pour faire une route et une plate-forme. Au pied du cône : un petit port naturel avec des barques. Sous la route du phare, des arcades, sans doute des garages pour les barques. Nous négligeons la promenade du phare, trop fréquentée, et nous engageons sur le bord de la falaise dans les scories. Ca et là, poussent des touffes de feuilles vert très vif, très épaisses avec une inflorescence rappelant celle du fenouil : c’est la laitue de mer : Astydamia latifolia, des raquettes de figuiers de barbarie, plus spectaculaires : de très hauts buissons candelabriformes de l’Euphorbia canariensis. Dominique pénètre au milieu d’un de ces buissons pour donner l’échelle sur la photo.
Nous suivons le rivage. Sous nos pieds, la lave est creusée de grottes marines. A l’aplomb d’une grotte on a planté une croix décorée de coquillages, quel naufrage commémore t elle ?
Plus loin, les falaises noires interdisent tout passage. Elles sont impressionnantes quoique familières. Nous avons vu ce type de paysage au Cap Vert à Sao Antao et à Sao Nicolau. Sous le ciel gris, elles ont un air encore plus sauvages .
Je me pose un moment pour dessiner. Ces montagnes me fascinent mais elles sont difficiles à saisir. Dominique rentre avant moi. Elle a trouvé de très jolies immortelles violettes, les mêmes que celles que nous avons rapportées du Danemark, des kakilées. Quand je la rejoins, elle vient de cueillir un fruit du figuier de barbarie Quelle imprudence ! En Israël, je laissais aux gamins arabes le soin de les éplucher et je les achetais tout prêts. Celui qu’elle me tend a l’air lisse et innocent : une sorte de petite poire rouge grenat brillante. Je le range dans le filet extérieur du sac à dos. Quelques minutes lus tard, Dominique est prise d’horribles démangeaisons, elle l’a mis dans sa poche de pantalon. Le jean est tout plein d’invisibles épines qui lui entrent dans la cuisse. Il faudra le laver !
congelados
Nous rentrons à la finca Saroga avant la nuit après avoir fait nos courses dans un petit supermarché de congelados à Los Silos. On se sert seul dans les gros congélateurs. On choisit les tranches de poisson ou de viande en vrac. Ils vendent au détail également petits pois ou haricots. Ces boutiques de surgelés sont très courantes ici. Pour les fruits et les légumes, nous préférons les marchands de quatre saisons installés sur le bord de la route. Les prix sont plus élevés qu’en supermarché mais la marchandise est plus alléchante.
Avec les volets de bois plein, nous nous sommes réveillées à 8h20. Jamais, je ne me lève aussi tard ! Mon horloge biologique a été détraquée après le vol de nuit et le décalage horaire ?
La Laguna
Nous prenons l’autopista Norte jusqu’à la Laguna que nous traversons très facilement grâce aux indications d’un policier. Cela fait plaisir de traverses une vraie ville avec des magasins, des administrations, des maisons anciennes, et pas une station balnéaire. Il est près de dix heures, tout le monde dort ce dimanche matin. Nous trouvons la route de l’Anaga (la montagne qui occupe la pointe Est de Tenerife). En moins d’une douzaine de kilomètres nous avons monté 1000m.
Un mirador offre une vue très étendue sur la Laguna Santa Cruz de Ténériffe et le Teide qui est dans les nuages. Par temps plus clair on aurait pu voir la Grande Canarie mais aujourd’hui, l’horizon est embrumé.
Laurasylva
Nous entrons dans la forêt des bruyères arborescentes la Laurasylva ou Monteverde. C’est une forêt très dense. Les feuillages sont légers mais les arbres poussent très serrés .A 1000m, c’est l’altitude des nuages, il fait tout gris avec des bancs de brouillards bien froids. Le parc naturel del’Anaga entretient très bien les chemins de randonnées. Des petites routes goudronnées ne figurent pas sur notre carte. Je me réfère aux panneaux et finalement nous nous perdons. Une troupe de randonneurs en bonnets, polaires bâtons et gants de jardinage, vient à notre rencontre. Nous nous sommes trompées, il nous faut revenir en arrière chercher la Cruz del Carmen. Nous quittons la forêt pour les villages des Carbonaras – charbonniers ? – dépassons le village pour le site de Chinemada d’où part ma randonnée N°20. Autour de nous des ravins vertigineux, des pics pointus se détachent, l’un d’eux ressemble à un tuyau de cheminée portant un pyramidion.
Carbonaras descente vers Punta del Hidalgo
Le départ du sentier est bien indiqué, sous des maisons troglodytes encastrées dans la falaise peinte en blanc avec de petits jardins dans les courettes. Le chemin est bien entretenu, pas question de se perdre. Des marches sont taillées dans la roche orange ou rouge. Le ravin est profond, la végétation, clairsemée. Je descends avec précaution. Mon bâton remplace la rampe d’un escalier. Les pics ont des formes aiguës. L’un d’eux est complètement ajouré. La lave brune est crevée de grottes formant même une sorte de fenêtre. Je veux photographier cette fenêtre avec au premier plan une sorte de pissenlit géant: un laiteron. Sa fleur ressemble à celle du pissenlit ainsi que la forme de sa feuille, en énorme, et il est perché sur un tronc. Une asphodèle est en fleur .Je descends seule mais au fur et à mesure je croise de nombreux randonneurs qui montent de Punta del Hidalgo. Si le dénivelé est très important, la montée n’est pas forcément plus pénible que la descente où il faut être très vigilante. Pour ceux qui souffriraient du vertige, des barrières assurent les endroits les plus à pic. C’est une occasion de m’arrêter et de regarder vers le bas. Des miradors ont été aménagés, dominant la mer de plusieurs centaines de mètres en dessous.
Le dernier pic est creusé curieusement d’une sorte d’entonnoir qui le traverse de haut en bas. Cette figure d’érosion me fascine. Impossible d’imaginer une cascade monstrueuse. D’où viendrait l’eau ? Je pense à une cheminée remplie d’un matériau fragile qui aurait été déblayé. Il existe de nombreux filons verticaux. Mais c’est le contraire qui s’est passé avec eux : la lave plus cohérente se trouve maintenant en relief recoupant verticalement toutes les coulées et les cendres. Peut être une faille, due à un séisme, a été élargie en entonnoir ?
Dominique m’attend en bas du sentier. Nous avions rendez vous sur la plage à 13h. Je suis dans les délais.
Déjeuner à la plage
Nous nous installons près de l’eau. Ce n’est pas une vraie plage, plutôt une étendue de rochers bas mais hérissés de pointes sur lesquelles les rouleaux se fracassent dans une écume blanche qui jaillit. La mer est rayée de vagues blanches. Le vent froid souffle. Nous remettons les polaires pour déjeuner.
Avec les fines herbes du jardin, Dominique a préparé de jolies omelettes vertes au persil et à la menthe .
Courte promenade avant de remonter en voiture le long de l’eau entre les buissons et les figuiers de barbarie. Dominique s’esquive pour laisser passer un Monsieur Pressé, une épine de raquette lui entaille la main qui saigne abondamment.
Punta del Hidalgo
Dans le projet de boire un café en terrasse, comme à Garachico, nous allons à la station de Punta del Hidalgo, Garons la voiture au pied d’un immeuble imposant formé de deux ailes emboîtées en un V ouvert sur au moins 20 étages, les appartements donnant sur des coursives ouvertes qui ressemble au Plein Ciel du Mée. Au pied de ce monstre, une digue a été aménagée au dessus d’une très grande piscine arrondie creusée dans la roche .La corniche piétonne peinte en blanc est bordée de jolies maisons sas prétention . Un tout petit port est abritée par une jetée. Les barques colorées sont empilées sur un plan incliné. Comme c’est dimanche, le Café des pêcheurs est fermé. Il y a bien un restaurant perché sur une sorte d’estrade, mais à cette heure-ci (16h) toutes les tables sont occupées par des consommateurs qui déjeunent de crevettes, calmars ou moules. Tant pis pour mon café !
J’envoie les SMS assise sur un banc face à l’océan. Le soleil chauffe. Je quitte les chaussures de montagne pour mes sandales. En short, pieds nus, j’ai des sensations d’été. D’ailleurs, on se baigne dans la piscine.
Pour rentrer, nous essayons de longer le rivage. La route traverse des villages, fait des détours. Nous voyons la mer de loin bordée par des bananeraies sous plastique. Ces cultures en serre à grande échelle sont vraiment laides. Nous avons vu la même chose en Sicile, en Crête, à Chypre.
Vers 18h nous nous installons dans notre patio ensoleillé sous la petite tonnelle défeuillée en cette saison. Le groupe des illuminés a déménagé. Malheureusement de gros nuages arrivent. Comme c’est dommage de rentrer avant la nuit, nous retournons au mirador de San Pedro d’où part un chemin dallé qui descend à la mer par un beau jardin de palmier. Nous nous promettons de revenir.
La Orotava
C’est le premier matin que le sommet enneigé du Teide est visible de la finca. Les jours précédents, on ne faisait que deviner la neige sur ses flancs. Suivant les indications de Juan, nous quittons l’autoroute à la sortie 33, et traversons la Orotava, cité en pente. Nous parcourons de vieilles petites rues. Comme à La Laguna, nous avons du plaisir à voir une ville ancienne. Une trentaine de kilomètres séparent La Orotava de l’entrée du Parc du Teide. La route passe par une jolie campagne plantée de vignes, des petits champs sont prêts pour les semis. Les arbres bordant la route sont des feuillus défeuillés qui nous rappellent que nous sommes encore en hiver. Nous évoquons des vacances dans les Pyrénées avec les arbres en fleurs sous le sommet enneigé du Canigou.
Vers 1000m nous entrons dans une très belle forêt de pins des Canaries : de beau arbres aux aiguillez très longues et fournies. Le sous-bois est uniquement recouvert d’aiguilles. A chaque tournant le Teide apparaît dans son écrin de verdure, sa pointe blanche se détachant sur le bleu du ciel. Je serais tentée de le photographier à chaque fois.
Monteverde
Plus haut, nous traversons le Monteverde ou, Laurasylva, la forêt de bruyères arborescentes, de lauriers et de houx. Elle est très dense mais moins haute que dans le massif de l’Anaga. Moins impressionnante aussi : les bruyères sont si denses qu’elles ressemblent plus à des buissons qu’à de vrais arbres
La neige[/i
A 1600m, les plaques de neige font apparition et bordent la chaussée. Plus nous continuons de monter, plus il y a de neige.
Au Portillo (2020m) le Centre d’interprétation du Parc est très bien organisé. Un garde très aimable nous donne de beaux dépliants et nous conseille pour les itinéraires. Nous négligeons le petit musée.
Avant toute chose, Dominique me photographie devant un genêt dans la neige. La neige est étonnante à cette latitude comme elle nous avait surprises à Marrakech.
[i]caldera
La route traverse la caldera très vaste de 17km de diamètre. Nous avions vu une caldera à Fogo au Cap Vert et à San Antao. Celle de Fogo est tapissée de coulées très récentes, elle est habitée, la vigne y pousse et donne un vin excellent. Celle de San Antao forme un cercle presque parfait, elle est cultivée, une route en fait le tour. Je me souviens des ânes chargés de bidons qui y faisaient la course comme sur une piste de cirque ou dans une arène.
Le rebord sud de la Caldera du Teide ne forme pas un mur vertical comme à Fogo. Il ressemble à un rempart épais en pente comme une forteresse avec son glacis. La neige s’accroche aux pentes. Les sommets sont couronnés de roches déchiquetées sombres qui tranchent avec le blanc de la neige. Le plancher de l’immense chaudron (puisque c’est ainsi qu’on pourrait traduire le mot espagnol) est très plat. Par endroit, le sol paraît poussiéreux, la végétation de buissons épineux et de genêts s’est développée. Ailleurs, différentes coulées s’étalent. Il faut un bon moment pour s’habituer à cet environnement étrange.
Végétaux étranges
Au premier arrêt aux Minas de San José, je suis plutôt attirée par la silhouette des végétaux, squelettes desséchés des genets, étrange colonne grise hérissée de longs poils du Tajinaste rojo , Echium Wildpreti, un genre de vipérine. Ces colonnes ébouriffées hautes d’un mètre à un mètre et demi sont les restes d’inflorescences rouges qu’un panneau présente. En hiver, il ne reste plus que ce squelette. La plante fleurie doit être extraordinaire.
imaginer le volcan primitif!
Nous nous arrêtons à chaque mirador. Un panneau très bien fait raconte le volcanisme du Teide. Il faut imaginer l’énorme volcan primitif qui a explosé pour laisser l’énorme caldera en fer à cheval. C’est un exercice intellectuel difficile, comme imaginer le Sancy ou le Plomb du Cantal qui devaient être des édifices énormes. Le Teide avec ses 3718 m paraît tout petit à côté dans le schéma explicatif !
Phonolite, dômes de dykes les Roques de Garcia
On explique également la formation des petits dômes en phonolite. Dans le paysage j’en devine quelques uns.
Nous arrivons enfin près du parador dans la zone la plus spectaculaire :celle des dykes formant des colonnes bizarres multicolores, des pains de sucre ruinés, des dents et des chicots oranges, rouges et violacés . Des cars, des jeeps, des minibus stationnent sur le parking, libérant des hordes de touristes. Ils grimpent sur les Roques de Garcia dont la silhouette est bien connue des Espagnols. Elle ornait l’ancien billet de 1000 pesetas. Le sommet du Teide est encadré par ces rochers pittoresques.
Nous nous mêlons à ces foules indécentes qui parlent fort, s’interpellent, se poussent et se prennent en photo. Des ados espagnols chantent et braillent dans un anglais approximatif.
Le sentier N°3 contourne les Roques de Garcia. Sur la carte ; c’est une petite boucle de 3.5 km faisable en 1h30 d’après le guide à l’entrée du parc. Au début le sentier est encadré par une rangée de pierres, il est très fréquenté. Nous marchons à plat entre des reliefs étranges. A l’arrière d’une immense colonne, le sentier amorce une descente vers le fond de la caldera. Le chemin devient malaisé, les scories ne tiennent pas et roulent. Heureusement, j’ai mon bâton ! Dominique ne veut pas entre parler de bâton .Elle se braque dès que j’ose vanter cet accessoire. Pourtant il est bien utile. Plusieurs fois, j’ai senti les cailloux se dérober sous mes pieds. Entre deux colonnes orange, une coulée fluide noire s’est épanchée. On voit comme d’énormes boudins qui se poussent, se tortillent, s’alignent, se superposent en une lente cascade de macaronis noirs. La surface présente d’énormes phénocristaux de l’ordre du centimètre. Cette coulée s’étale, s’élargit et va se terminer dans la caldera plate. J’imagine la lave, incandescente alors.
Nous pique-niquons sur un de ces boudins noirs qui nous procurent des sièges confortables. De là, la vue est intéressante. Vers le sommet du Teide, on devine le téléphérique.
La cathedrale
Vers le bas, un étrange édifice : la Cathédrale, dyke ressemblant aux Roches Tuilières et Sanadoire du massif Central. Je détaille les prismes de refroidissement. Derrière la Cathédrale, de bizarres rochers hérissés. La promenade contourne la Cathédrale. Puis il faut remonter ensuite une pente très raide. Dominique est partie longtemps avant moi. Le sentier est difficile à trouver. Tout au long de la descente, elle appréhendait la remontée. Finalement c’est raide, on s’essouffle, mais cela se grimpe beaucoup mieux qu’on ne le craignait. La descente était plus difficile.
Azulejos
La route qui traverse le cratère passe devant des rochers colorés verts, bleus, turquoise appelés Azulejos. Altération hydrothermale précise le panneau explicatif.
tunnel de lave
A 16h nous sommes au petit musé du Portillo. On y entre par une maquette de tunnel de lave à taille réelle très bien expliqué et très bien fait, on s’y croit ; Je n’ai malheureusement pas le temps d’étudier les lames minces des roches présentes au Teide, du basalte à la phonolite. Un montage me plait bien : cinq cubes de même volume sont accrochés à des dynamomètres montrant ainsi les différence de masse. Lorsque nous sortons du musée il pleut et nous sommes en plein brouillard.
Ce n’est que vers 1000m que le brouillard se dissipe. De temps en temps des pins apparaissent comme par mirage. Quand nous retrouvons une bonne visibilité, nous trouvons aussi les embouteillages. Nous traversons la Orotava au pas et avons le temps de contempler les constructions. Toute la ville est un véritable chantier : on creuse, on nivelle, on supprime la vigne et les petits jardins.
De retour à Los Realejos, supermarché et photographe.