8h1/2, nous quittons la Pension Kraml avec un peu de regrets. Il reste tant de choses à voir : le Musée d’Ephèse, les maisons des musiciens, … Mais aussi avec soulagement : tout est si cher ici! On ne peut même pas s’attabler à une terrasse et boire un café !
Boulevard de ceinture jusqu’au Nord. KarlMarxHof nous apprécions mieux l’ampleur de la cité ouvrière.
Grinzing
La route s’élève dans la colline jusqu'à Grinzing qui est encore dans Vienne. Onse croirait à la campagne avec de jolies villas dans des jardins et les Heuriger, genre de guinguettes, petits restaurants peints en ocre, tonnelles et tables dans les jardins.
A la sortie de Vienne, la route monte en épingles à cheveux. Au détour d’un virage : un chevreuil. Nous sommes presque au sommet à Kohlenberg, la vue sur Vienne est magnifique quoiqu’un peu embrumée.
« Révisions» . D'un côté : le Danube, de l’autre un quartier de maisons d’Hundertwasser étincelant sous le soleil, coiffé d’une sorte de cheminée portant un bulbe comme un œuf doré.
Autoroute vers la Hongrie
Autoroute vers la Hongrie, peu de circulation, campagne plate, les moissons ont commencé. Arrivée à Sopron vers 11h30Comme d’habitude, nous faisons trois fois le tour de la ville (petite) avant de trouver l’office de tourisme.
Chambre chez l'habitant
Très efficace l’employée fait la réservation d’une chambre chez l’habitant pour 4500 forint. Pour 135 F, notre chambre est meublée sans recherche, mobilier passe-partout, peinture vert criard, moquette grise. Nous avons la télé-satellite, une salle d’eau avec douche et WC .Nous avons la disposition d’une cuisine à partager avec un frigo, un micro-onde et de la jolie vaisselle en porcelaine. Des tables sont installées dans la salle commune. Il y a aussi une terrasse agréable.
Lac Fertö
Pou aller au lac Fertö la route traverse des petits villages aux maisons charmantes. Le tourisme est très développé. Partout on voit des écriteaux « Zimmer frei », des restaurants de plein air et des marchands de vannerie. Mais tout cela est au stade de l’initiative individuelle, pas d’hôtels énormes ni d’enseignes lumineuses ou de boutiques affreuses.
La plage est payante 7000 forints, (21f) aménagée avec une grande pelouse ombragée, des cabines, des douches de plein air et une rangée de guinguettes en bois offrant du vin blanc, du poisson frit des hot dogs et des glaces. Comme c’est vendredi, il n'y a pas trop de monde et nous trouvons un endroit calme. L’eau est boueuse. Mes pieds s’enfoncent de plusieurs dizaines de centimètres dans la vase. Il faut nager sans relâche. Le vent s’est levé et pousse l’eau vers le sud. J’ai peur de me laisser entraîner par le courant, je sors. Ce n’est pas le même plaisir qu’à la mer. Par cette première journée chaude je suis bien rafraîchie .Cela donne un air de « vacances » après le tourisme intensif à Vienne.
Nous nous promenons sur un ponton de bois qui dessert une rangée de chaumières installées sur des plates-formes avançant dans le lac. Ce village lacustre est curieux. Les maisons sur pilotis sont énormes et rivalisent d’originalité dans la découpe du toit de chaume. A l’arrière de maisons des roseaux, des canaux. Les oiseaux sont nombreux, les hirondelles se posent sur les planches, c’est bien curieux de les voir à terre. Les planches craquent et bruissent sous nos pas.
La carrière
Au retour nous nous arrêtons dans une carrière spectaculaire qui me rappelle les latomies de Syracuse. Une « salle de spectacle »y est installée.Ce soir et demain, on y jouera la Bohème. Nous assistons par hasard à une répétition (sans musique malheureusement).
Juste après le passage de la frontière est construite une cité commerciale dans le plus pur style capitaliste américain : un hypermarché, des boutiques, un cinéma des grands parkings…Nous trouvons tout ce dont nous avons besoin : salade au choix, charcuterie, crémerie dans avoir besoin de parler, à la caisse on accepte les cartes de crédit.
En ville il y a de nombreux petits commerces comme chez nous autrefois.
concert baroque
Retour à 7 h à l’auberge. Il faut faire vite pour ne pas rater le concert baroque. Dominique y renonce pour avoir le temps de se doucher et faire de la lessive. A 7h40, la messe n’est toujours pas terminée, dès que les fidèles sortent, je vais aux renseignements et me fais refouler par une grosse dame à chevelure blanche étincelante dans un gros chignon parce que j’ai à la main une pomme et mes cigarettes.Je ne vais quand même pas manger ou fumer dans une église !
L’église est très, très baroque, des angelots de bois peint grimpent partout. Un berger en sandales avec sa harpe (le roi David ?) est juché sur le rebord du retable en équilibre. Des religieux de bois en habit blanc et bleu de taille humaine peuplent l’église, au plafond, une fresque pastel. Ici le baroque est tout de dorure et de bois peint.
Avant le concert, le spectacle est dans l’assistance très nombreuse. Une dame âgée porte une capeline et des gants de fil blanc. Certaines toilettes sont élégantes, des robes longues, d’autres tenues sont simples, on est venu au concert en famille avec les enfants. A l’entrée des choristes, l’église s’illumine, au début je ne reconnais pas les morceaux, puis deux cantates de Bach et Händel.
Dîner sur la terrasse.
Vieille ville, vigne et vignerons
La vieille ville est très tranquille, pas de voitures en dehors de quelques vieilles Lada, Trabant ou Skoda qui stationnent.
Les murs des maisons basses à 1 étage sont peints de couleurs variées, un peu délavée, ocre jaune, ocre rouge mais aussi vert et même bleu foncé. De grands portails arrondis en lambris à chevrons, ouvrent sur des cours intérieures pittoresques. Nous découvrons parfois des jardins, des tonnelles de vignes, des ruelles pavées avec des escaliers de pierre extérieurs. On se croirait à la campagne. Parfois, aussi, quelques tables pour la dégustation du vin devant les caves.
commerce frontalier
Une rue commerçante ceinture la vieille ville. Des boutiques de luxe offrent des vêtements de marques et des chaussures détaxées pour les Autrichiens venus de l’autre côté de la frontière toute proche .Surle trottoir, des vanneries bon marché et toute une gamme d’articles déclinant le tonneau sous toutes les variations (tonneau cache-pot, tonneau à roulet,te, scié en deux…).
Au coin d’une rue un homme et une femme proposent les cerises et les petits pois de leur jardin écossés. Il y a d’innombrable boutiques de lunettes (grandes marques Dior, carven, Lacoste…) coiffeurs et salons de beauté, pédicures, solarium, bronzarium… bijoutiers et horlogers.
Les deux hôtesses de l’Office de Tourisme nous conseillent très aimablement et réservent par téléphone nos places au château de Fertöd pour le concert de ce soir.
Tour de Feu
Je monte à la Tour du Feu : tour de gué qui domine la ville. Du balcon la vue sur les toits et la place est belle.
musée de la Pharmacie : Semmelweis
Nous entrons au Musée de la Pharmacie de l’Ange. Les pharmacies étaient très nombreuses à Sopron. On peut admirer les bocaux de porcelaine et de verre, (photo interdite), achat de la carte postale obligé, un gros mortier de bronze, des balances de précision. Le certificat d’une sage-femme porte la signature de Semmelweis, le découvreur de l’asepsie. C'est un de "mes hommes illustres". J'ai parlé de lui aux 3èmes.De vieilles tablettes d’aspirine Bayer sont aussi exposées.
maison Storno
La Maison Storno est un bel hôtel faisant le coin de la place. Au premier étage, de nombreux souvenirs de la ville y sont exposés dans des vitrines : miniature représentant l’armée turque de Soliman, affiche de concert de Liszt, armures et mobilier…Au second hôtel les appartements de Storno se visitent sous bonne garde d’une guide qui promène un vieux magnétophone et qui désigne les objets selon la gestuelle des hôtesses de l’air. Cet appartement est tout à fait remarquable : Storno et son fils ont restauré des demeures historiques en Hongrie et à Vienne. Les murs sont revêtus de lambris étonnants provenant de bancs d’églises sculptés encadrant les portes . Toute une partie de la demeure est dans le style néo-Renaissance comme le palais Ferstel ou l’Opéra de Vienne. On imagine les intérieurs des immeubles du ring avec les fresques gothiques ou Néo Renaissance, les meubles noirs aux pieds tournés ou de fine marquetterie¸les murs sont surchargés de tableaux, miroirs ouvragés. Certains meubles sont anciens, vieux coffres italiens, chaises-masques étranges.
A midi nous nous installons sur la terrasse, c’est très agréable d’avoir un chez-soi avec une cuisine de la jolie vaisselle et une terrasse, c’est reposant et confortable après les fast food de Vienne, délicieux, mais picoré dans une barquette.
Bain Thermal
Un bain thermal connu depuis les Romains nous tente. La réalité s’avère décevante. Un hôpital qui possède une piscine thermale est un hôpital : couloirs sinistres, accueil très désagréable. Nous payons 50 forint pour une « cabine ». On nous donne une clé et on nous introduit dans une pièceoù une dizaine de femmes se déshabillent . Dominique est horrifiée par le spectacle des vieilles à poil, la clé ouvre une ,consigne. Dominique se sauve. Cela ne me gêne pas le moins du monde pas plus ici qu’au hammam. Ce qui m’ennuie, c’est qu’il fait très chaud, pas loin de 35°C, et que Dominique va m’attendre dehors sur le parking.
Nous comptions sur la piscine pour mettre nos habits du dimanche pour le concert de ce soir.
La piscine est couverte, partagée en couloirs par des lignes de flotteurs rigides. A l’intérieur de son couloir, tout le monde nage sagement. Je me fais disputer parce que je ne garde pas bien ma droite. Il faut respecter le sens giratoire. Je fais six longueurs et rejoins Dominique. Notre expérience balnéaire a un goût de raté.
Fertöd
La route vers Fertöd est très belle à travers des vignes avec de jolies vues sur le lac au loin et passe par de petits villages aux maisons basses.
Le château de Fertöd est vraiment ravissant. Une grille en ferronnerie ouvragée ouvre sur des jardins à la française . Dès qu’on la passe c’est la surprise : le château ne forme pas une barre comme à Schönbrunn ou au Belvédère, il est arqué entourant un jardin ovale. Cette courbure m’enchante. Face à la grille un escalier en fer à cheval, dans l’ombre, ferronnerie et statues. Comme à Schönbrunn, il est peint en ocre jaune. Les fenêtres, tout en courbes gracieuses, sont ornées de guirlandes et macarons pleins de fantaisie. Des vasques de fleurs et encore des guirlandes coiffent les ailes du bâtiment.
Nous achetons les billets 1000 forints (30F).La salle de concert est installée dans la Galerie des Glaces qui donne sur le Parc. Des chaises dorées font face à un piano à queue. Nous sommes assises aux meilleures places au premier rang..
Le concert commence avec Vivaldi (flûte, hautbois et piano), nous sommes placées si près qu’on voit très bien les clés et le jeu de la pianiste. Par la fenêtre les hirondelles semblent attirées par la musique. On dirait qu’elles apprécient particulièrement la flûte. Puis une suite italienne de Bach au piano, Télémann : flûte, hautbois piano, Donizetti sonate au piano et flûte, Weber piano et saxo, un saxo énorme très grave joué par un jeune très enthousiaste qui a l’air de beaucoup s’amuser, Schubert An der Musik, sérénade et Cimarosa : piano hautbois et flûte.
Ce concert est un enchantement! Dans les glaces les lustres se reflètent. Au plafond, une fresque pastel. Sur les murs blancs se détachent des moulures dorées, tantôt des fleurs mais aussi des motifs guerriers. Aux coins des divinités portent des cornes d’abondance, l’une remplie de gerbes de blé, l’autre de fruits peints.
Le centre commercial ouvert le dimanche est un véritable temple de la consommation , on peut tout trouver, des lunettes, des téléviseurs, des vêtements, des voitures. Nous descendons à pied en ville.
Eglise de la Chèvre
Sur la place principale, une colonne de la Peste, l’église de la Chèvre (une petite chèvre en bas relief se trouve au dessus du porche). L’église est petite. Elle possède un retable baroque sans grand intérêt. Un groupe de jeunes chante à plusieurs voix.
maisons peintes
Nous parcourons les petites rues à la recherche des maisons remarquables : belles maisons peintes décorées de sculptures. C’est tranquille. Au temple Protestant, les fidèles sortent du culte. je reconnais la dame en capeline. On décourage les touristes avec un panneau "Stop !" Nous entrons dans des cours intérieures. Dans une galerie de peintures, des tableaux rappellent un peu Chagall, les personnages ont l’air juifs. Ils ne le sont sûrement pas d’après les bondieuseries des autres tableaux.
Rue aux Juifs
Nous parvenons à une place ronde et creuse. En son centre : une statue d'où partent des rayons dans les pavés soulignant cet aspect circulaire. La petite rue qui rejoint la grande place s’appelle la rue aux Juifs. Une plaque commémorative rappelle la déportation des juifs de Sopron dans les camps.
Dans la maison suivante on a retrouvé et restauré l’ancienne synagogue datant du XIVème siècle. C’est un curieux mélange de pierres anciennes de béton et de bois qui donne au bâtiment ancien un aspect contemporain. La niche où était la Thora est d’époque, mais pas la chaire octogonale en poutres de bois foncé.La salle des femmes est complètement séparée, les femmes suivaient l’office par des archères (meurtrières horizontales)de l’autre côté de la cour.
Le Mikvé est très étonnant : c’est un puits très profond (une dizaine de mètres).
Nous rencontrons des cyclistes du Val de Marne qui nous demandent de les photographier devant la synagogue. Rencontre utile, puisqu’ils nous expliquent comment nous servir de la Carte France Télécom n’importe quelle cabine publique.
musée de la Mine
Le Musée de la Mine m’a bien plu. Comme dans tous les Musées de Sopron, nous ne sommes jamais seules. Généralement, des vieilles femmes, mal fagotées, nous suivent partout. Elles allument, puis nous poussent dans la salle suivante pour éteindre (? ).Ici, la visite est guidée, en Hongrois et en Allemand. La dame actionne les maquettes des engins de la mine : la roue, actionnée par la force humaine, puis un ascenseur mu par la force hydraulique, puis d’autres machines à vapeur, enfin le tunnelier qui extrait le charbon tout seul sans même avoir besoin de consolider la galerie.
On nous montre ensuite, des gravures anciennes, des lampes de mineurs.La guide est très contente de rencontrer des françaises. Autrefois, elle a appris le Français, mais ne le parle plus, elle est ravie de retrouver les expressions françaises quand je traduis l’Allemand.A la fin de la visite, elle laisse tomber les Hongrois et nous avons une visite particulière. Dans les vitrines, de très beaux minéraux et une lettre autographe de Marie Thérèse.
Musée Romain
Je vais seule visiter le musée romain. Lapidarium avec des belles stèles bien conservées et 3 statues en mauvais état .Mon billet est aussi valable pour le Musée Archéologique, très bien présenté, moderne, avec des commentaires en anglais retraçant l’histoire de Sopron de la Préhistoire jusqu’à l’installations des Magyars en passant par l’histoire romaine et la route de l’ambre de la Baltique à Rome qui passait là. Mais je ne suis plus très disponible, deux musées de suite c’est un peu trop. je n’imaginais pas que ce dernier serait aussi riche.
Déjeuner sur la terrasse : escalope de veau et carottes râpées. Notre logeuse fait le ménage et nous fait sentir que nous la dérangeons
.
Nagycenk, Istvan Szechenyi
Au château de Nagycenk nous faisons connaissance avec « le plus grand des hongrois » Istvan Szechenyi, l’artisan du développement industriel de la Hongrie au XIXème siècle. C'est lui qui a canalisé le Danube, construit des routes et des ponts, des haras… Le personnage est passionnant ainsi que son époque qui voit arriver l’industrie en quelques décennies - passage de la féodalité à l’époque moderne -
Lechâteau, de style classique, est bien décevant. L’audio-guide en français est en panne. Au rez de chaussée quelques salles sont meublées, à l’étage, un musée des techniques, présenté à l’ancienne. Des vitrines avec des étiquettes en hongrois nous lassent rapidement.
Nous avions hésité entre la visite de ce château et retourner à Fertöd, et avons fait le mauvais choix. On essaie de terminer l’après midi par une baignade.Quand nous arrivons à la plage, un magnifique arc en ciel nous attend. La Pluie a rafraîchi l’atmosphère et je n’ai plus envie de me baigner. Nous restons un peu au bord de l’eau.
Dans un champ nouvellement retourné, des cigognes, je les aime elles sont un peu nos compagnes, oiselles nomades.
une ville de derrière le rideau de fer
La ville, « bouillonnante » selon le prospectus officiel, est construite d’immeubles gris - tous sur le même modèle - en barres et tours, peu avenante.L'Office Ibusz nous propose un appartement quil faut payer sans avoir visité. Bureaucratie : reçu en main, on nous donne des clés.Il est situé en centre-ville dans un quartier sinistre, tours et barres. Nous arrivons chez une vieille barricadée derrière une grille d’épais barreaux. Elle nous donne l’adresse exacte : Szent Marton (Saint Martin, celui du manteau, légionnaire romain est originaire de Szombathély)Donc : Szent Marton 35 I 2-5. C' est une cité, pas d’ascenseur. La clé ouvre la porte. Le désastre! Le grand appartementest dans un état de délabrement avancé, meublé années 50. La literie est propre, le tapis également. Tout le reste est plus que douteux. Cela pue la pisse et le chou.. Nous le tenons : notre souvenir des démocraties populaires, notre hébergement « chez l’habitant »- sans l’habitant- pour nous accueillir chaleureusement. Je suis démoralisée , curieusement, Dominique prend les choses avec philosophie et bonne humeur.
un petit lac comme à Créteil
Le Musée de Plein Air est situé dans une base de loisir. C’est lundi, il est fermé mais il y a un petit lac urbain, plus petit que celui de Créteil avec des pêcheurs, des joggers, nous ne sommes pas vraiment dépaysées, nous retiendrons cet endroit pour venir dîner. je refuse de manger dans notre HLM .
Dans la campagne : Jak
Jak possède une chapelle romane.L’occupation turque a fait disparaître la plupart des églises romanes. Les Hongrois sont très attachés à celles qui restent. Le porche est joli, le tympan rappelle celui de Vézelay. Curieusement, 4 lions gardent le porche, deux assis deux autres perchés dans des niches.En faisant le tour de l’église, nous découvrons d’autres statues protégées dans des niches.
Les frontières
Nous pique-niquons sur un banc, le ciel est gris et menaçant.
Nous continuons le circuit du Guide Nelles vers le Sud Ouest dans une région de collines, presque des montagnes. Des militaires nous arrêtent. Panique! Sommes-nous en excès de vitesse? Ils demandent simplement nos passeports. Nous verrons, plus tard, d’autres patrouilles.La frontière autrichienne est à quelques kilomètres. Très près : la Slovénie. Curieux endroit où trois pays se touchent. Depuis les accords de Schengen nous avons oublié ce qu’est une frontière. Ici, elles sont bien gardées par l’armée.
Szentgothard, village alpestre
D’après Nelles, Szentgothardt « vaut le déplacement ».Il n’a rien d’exceptionnel. C(estun petit village alpestre à la frontière autrichienne avec des massifs fleuris, une église baroque, des pâtisseries…
Nous rentrons par le chemin des écoliers par le massif de l’Örseg vanté par Nelles. Il faut se méfier de Nelles, ils ont tendance à monter en épingle des curiosités très quelconques pour peu "qu’un brin d’herbe pousse de travers" . C’est une région de collines boisées et de pâturages. De longue date, c’est une frontière gardée par des maisons de guet en hauteur formant des hameaux perchés :les szer.
La carte touristique nous indique le village de Szalafö où se trouverait un écomusée de plein air. Nous suivons de toutes petites routes de montagne traversant de belles forêts de feuillus et de résineux. Szalafö n’est jamais indiqué sur les panneaux, et même il est inconnu des passants que nous arrêtons. Nous nous perdons. Demandons notre chemin à une patrouille. les soldats sont ravis de la distraction. Ils nous renseignent comme ils peuvent A Szalafö on trouve de jolis hameaux souvent aménagés en gîtes ruraux mais pas de musée de plein air! Personne n’est au courant. En revanche, il y a plein de vacanciers.
La route du retour traverse une campagne plate, plutôt ordinaire. Des grands champs de blé mûr, des maisons aux toits de tuile. Rien de dépaysant, on pourrait aussi bien être dans le Berry ou en Seine et Marne. Seule différence, les moissons sont en avance.
Nous terminons la journée avec un pique-nique au lac.
Nous arrivons vers 9h à Köszeg, sur la frontière autrichienne sous un beau ciel bleu . Nous n’avons pas voulu utiliser la vaisselle de notre location pour le petit déjeuner, nous prenons donc un café en terrasse et des gâteaux dans une pâtisserie.
Petite ville ancienne
Promenade dans les rues médiévales aux maisons colorées. Les caves à vin ont de belles enseignes ; on peut déguster le vin sur des tables dans le jardin ou sous les porches où il doit faire bon les jours de grosse chaleur dans le courant d’air.. Köszeg ressemble à Sopron, construites selon le même plan : deux rues circulaires entourent la ville ancienne, on parvient à la place en passant sous une arche.
Deux églises jumelles
Ici, curieusement deux églises se touchent, Saint Emeric et saint Jacques, l’une hongroise, l’autre autrichienne ..Un petit musée est aménagé dans une maison : . Les ateliers des différents corps de métiers sont reconstitués avec beaucoup de soin l’échoppe du coiffeur, du relieur, l’horlogerie,le laboratoire du photographe, Le nom et la photographie des artisans figurent, certains étaient encore vivants en 1980 .
Ancienne synagogue fermée
Nous découvrons l’ancienne synagogue en brique avec des tours qui encadrent les tables de la loi. La grille est fermée . le jardin est une jungle, le bâtiment à l’abandon. Mon cœur se serre à la pensée des milliers de juifs hongrois déportés, ici on n’a même pas mis une plaque comme à Sopron ou à Szombathély, je photographie.
Le château fort où Soliman fut repoussé
Visite au château fort qui a résisté à l’assaut de 20 000 (ou 60 000, selon les guides) turcs en 1532, arrêtant l’avance de Soliman sur Vienne, je fais le tour des remparts et monte au donjon.
Pour compléter la visite de la ville, je monte à pie par un chemin de croix à une chapelle baroque d’où on découvre un beau panorama. Dominique que son genou fait souffrir m’attend dans la voiture, elle est très pessimiste et parle d’opération ;je suis ravie de cette promenade sur le chemin très raide mais ombragé, il fait déjà très chaud. La chapelle est fermée, elle trône sur un piédestal avec un escalier très élégant orné de statues, des tilleuls sont plantés sur la placette, dans les vignes.
pique nique
Un étang est aménagé pour le canotage à la sortie de la ville, c’est un leu de pique-nique idéal, nous déjeunons en compagnie de quelques canards. Les nuages arrivent rapidement, à notre retour à Szombathély, le ciel est très menaçant.
village musée
Le village-musée rassemble des chaumières de toutes la région, certaines sont slovènes, d’autres croates ou allemandes mais il n’est pas précisé s’il s’agit de territoires avant ou après le traité de Trianon, la brochure explique que ces maisons ont été démontées pour une Exposition Universelle sans précision de date.
Les chaumières sont toutes des bâtiments en longueur perpendiculaires à la route toutes chaulées de blanc, seules différent les toitures : le chaume est retenu par une sorte de tréteau de bois à l’envers, bâtons en X, dans d’autres une grosse ficelle de chaume relie les bottes et s’enroule sur des pignons pointus aux extrémités. A l’intérieur la pièce la plus proche de la rue est la pièce d’habitation avec un gros poêle de faïence, des lits très hauts couverts de tissu bleu de Pappa, les tables et les chaises sont sculptées, un curieux accessoire, le tire-bottes.. Les jardins sont enclos dans des barrières tressées. Les treilles de vignes, les géraniums aux fenêtres seraient très photogéniques s’il y avait du soleil, sous les lourds nuages d’orage je ne suis pas inspirée, d’autant plus que mon zoom est en panne, la bague du diaphragme tourne à vide et je n’ai pas l’habitude de me servir de l’Olympus automatique de Dominique.
l'orage
Des gouttes énormes tombent, l’orage gronde, nous avons juste le temps de nous réfugier dans la voiture avant le déluge .Nous nous garons dans un parking sous la grêle, nous rentrons « à la maison » pour’ préparer Budapest.
Nous étudions soigneusement plans, guides et prospectus , oublions le cadre sordide de l’appartement. Finalement l’orage est tombé au bon moment.
Le voyage de Szombathély à Budapest a duré environ trois heures sur une bonne route vide au début puis un peu encombrée de camions, passant par des champs de blé, puis par des herbages dans une région plus vallonnée, et près du lac Balaton la silhouette des volcans .Ce qui m’a ravie, ce sont les fleurs des bas côtés, coquelicots et bleuets ainsi qu’un chevreuil qui a traversé un champ puis hésité devant la route, nous l’avons bien vu avec ses jolis bois pointus.
arrivée à la Capitale
L’arrivée à Budapest a été différente de ce que nous avion prévu, la circulation est infernale, Dominique ne peut pas changer de file, nous sommes portées par le flot des voitures jusqu’au centre en essayant de suivre les panneaux "i ", de mon côté je tente de suivre sur le plan et de nous repérer. Heureusement que nous l’avons étudié avec soin hier ! Se garer est toute une histoire, le parking est payant, ce n’est pas ne surprise, mais il est surtout impossible sur les grandes artères. Si on fait le tour du pâté de maison, on se retrouve 500 m plus loin. Nous déposons la voiture dans la rue de la Grande synagogue et cherchons le bureau de tourisme autour de l’hôtel Astoria.
J’entre dans un magasin de gants, chapeaux et sacs à mains, puis dans une banque, puis chez McDo. Tout le monde comprend à peu près l’Anglais mais personne ne peut me renseigner. Dernier recours, entrer à l’hôtel Astoria, je traverse le passage souterrain, retrouve le panneau "i" marche encore 500m et trouve le bureau d’Ibusz dans un très bel immeuble, très noir.
Trouver une chambre : Ibusz
Malgré notre déconvenue de Szombathély, je rentre demander une chambre, la dame est souriante – Budapest n’est donc pas complet !
Mais je précise que nous avons une voiture, la figure de la dame s’altère. Puis elle se souvient. Elle a ce qu’il nous faut! Pour 8000 forint la voiture sera dans le jardin.
Je suis ravie et cours annoncer la nouvelle à Dominique que j’ai plantée devant l’hôtel Astoria. Mais il faut remettre de l’argent dans le parcmètre! Dominique part en direction d’Ibusz et moi vers la voiture, sans les clés de la 205, je fais donc demi tour. Il me semble faire une course de relais sur Rakoszi utca et Kossuth utca en plein midi, j’ai dû parcourir au final 5 km.
Enfin à 13h nous avons notre logement et la Budapest Card qui nous assure les transports en commun gratuits ainsi que les musées. Nous trouvons assez facilement Becsi ut 9, notre adresse et le propriétaire nous accueille chaleureusement, sa fille parle bien anglais.
notre appartement près de l'île Marguerite
Nous voici installées dans notre appartement à Buda près de l’île Marguerite dans une maison de deux étage au crépis orange sale avec un petit balcon arrondi garni de fleurs. Notre appartement a une belle entrée carrelée avec une cabine de douche, la cuisine a une cuisinière et tout ce qu’il faut pour les repas mais pas l’eau qui se trouve dans les W-C. La chambre est vaste toute blanche soulignée par une baguette brune, l’ameublement est un peu désuet en bois clair verni. Tout est propre et clair .Le prix est correct 240 F, beaucoup moins que ce que nous comptions mettre dans une pension ou dans un hôtel.
Pendant que Dominique se douche, j’explore notre quartier. Malgré la circulation bruyante, il a l’air tranquille, presque campagnard avec ses maisons basses et les rues pavées, une petite église et beaucoup de verdure . Les façades de maisons basses cachent un centre commercial ultra moderne où je trouve des plats préparés, schnitzel et salades. Le tram 17 passe dans notre rue et conduit au pont Margit..
Tour de Budapest en Tramway
Notre Budapest Card ne démarre qu’à 17 heures, nous nous reposons avant la première expédition : le tour de Budapest en tramway trouvé dans le guide VISA hachette.
Les trams de Budapest sont jaunes plus branlants que ceux de Vienne mais sur le même modèle. Lenom des station manque. A Vienne le machiniste annonçait les stations et les correspondances. Ici, pas d’annonce, ce qui de toutes façons ne servirait à rien puisque nous ne comprenons pas le Hongrois .En montrant notre plan aux voyageurs nous obtenons toute l’aide que nous souhaitons. Nous sommes quand même parties deux fois dans la mauvaise direction !
Au cours de ce premier tour de Budapest nous trouvons nos repères : les correspondances, les places principales et essayons de regarder le paysage : quelques beaux immeubles parmi d’autres grisâtres. Budapest n’est pas Vienne, tout le patrimoine architectural n’est pas entretenu, les façades sont noircies, les stucs partent en lambeaux laissant affleurer la brique.
J’avais prévu une promenade à pied au pied du Mont Gellert et le long du Danube, sur la carte on imaginait un parc, la réalité est toute autre, d’un côté la falaise de l’autre une double voie rapide nous assourdit ; le trottoir ne permet pas la flânerie. Nous passons devant les Bains Rudas, la coupole est en cuivre oxydé sinon on reconnaît bien un hammam turc.
L’hôtel Gellert est gardé par un employé qui barre le passage, il est 6h1/4, l’accueil des bains s’arrête à 6h, il me laisse consulter les tarifs, 2200forint,c’est encore abordable pour un endroit mythique.
Nous passons le Danube et nous retrouvons sur les Petits Boulevards de Pest. Arrêt à DeakTer, correspondance importante du métro, j’aimerais boire quelque chose. C’est un de mes rêves que de paresser à la terrasse d’un café, malheureusement, il est sept heures et tous les magasins ont fermé leur porte, il ne reste plus que Pizza Hut et cela ne correspond pas à mon rêve !
Nous retournons à la synagogue, à Astoria, de là on reprend le métro pour Moskva Ter .
Metro
le métro nous surprend : l’escalier roulant est impressionnant : il dévale à pic au moins cinq étages. Les rames sont confortables, sièges en velours propre, un affichage électronique annonce la station suivante et les correspondances. .De MoskvaTer n microbus le Varbusz qui nous conduit au Château de Buda, de là on voit les rues anciennes pittoresques mais il déjà tard. Nous installons au meilleur endroit de la ville : au café du bastion des Pêcheurs pour voir Budapest au coucher du soleil. Le Danube est pastel, le Parlement prend une elle teinte orangé. J’attends la serveuse avec impatience , j’ai toujours envie d’un coca ! mais la serveuse ne viendra pas.
Halles centrales
Nous suivons les itinéraires repérés hier : le tram 17, jusqu’au Pont marguerite, le tram 4 jusqu’à Moskva ter, puis le métro, ligne rouge puis ligne bleue jusqu’aux Halles Centrale.
La structure métallique du marché est élégante, les échoppes colorés, les guirlandes de paprika séché alternent avec celles d’ail. les charcuteries proposent des saucisses encore des saucisses et du foie gras. Aux légumes des piles de poivrons de toutes les teintes allant du vert acide jusqu’au jaune oranger en passant par toute la gamme du jaune. Choux, choux-fleurs, choux raves, radis, radis noirs, carottes en bottes et navets. A l’étage des broderies fines très chères. C’est un marché de luxe où nous nous promenons avec plaisir.
A la Synagogue, une mauvaise surprise nous attend : une queue serpente sur toute la place, c’est le premier jour de l’Exposition Chagall. La queue n’avance pas, je me renseigne, on doit passer sous un portique de sécurité et on fouille tous les sacs. Dans la file, une majorité d’Israéliens sont habitués à cette situation, ils parlent fort, s’interpellent, s’organisent, vidant leurs poches à l’avance des pièces et des clés. Cela dure bien trois quart d’heure mais personne ne s’impatiente.
Synagogue
Dans la Synagogue, je profite du commentaire en hébreu de la conférencière. Elle date d’environ 1850 et est de style « mauresque », aucun rapport avec une communauté séfarade, c’était simplement le style à la mode La Guide souligne les éléments copiant une cathédrale chrétienne : même chaire, même tribunes dans l chœur. Différence quand même les galeries en bois sur deux étages pour les femmes et les lustres impressionnants. Pendant la guerre les nazis ont utilisé la synagogue comme centre de communication sachant que les américain ne la bombarderaient pas. C’est aussi le lieu où ont été rassemblés les juifspartant pour les camps. C’est Estée Lauder qui a financé la restauration il y a quelques années.
Musée Juif
A côté le musée juif : les vitrines sont intelligemment présentées sur le thème des fêtes. Celle de Kippour montre de beaux shofars, la table du Séder est dressée avec des plats à Matzot magnifiques, les Haggadot et toute l’argenterie. Au fond une salle tapissée de photos sur l’extermination de la communauté hongroise. L’émotion très forte se dégage, on a beau connaître ces images cela fait quand même quelque chose.
Chagall
L’exposition Chagall est organisée par l’Institut français, beaucoup de tableaux proviennent du Midi de la France, j’ai plaisir à montrer à Dominique ces tableaux qui sont bien dans leur contexte ici.
Le saule du Souvenir
Dans un petit jardin ombragé des plaques sont debout comme des tombes qui portent toute la même année 1945, accumulées sous les grands arbres, cimetière vide. Le saule pleureur du souvenir porte sur chaque feuille métallique le nom d’un disparu au milieu d’une cour pavée. Arbre métallique isolé, image poignante . Les touristes qui se font tirer le portrait agacent Dominique, moi, je les comprends, ils rapportent à la famille, aux amis une preuve de leur passage, en pèlerinage.
Le Guide VISA nous invite à faire une promenade dans l’ancien quartier juif : nous voyons des façades noircies délabrées d’immeubles qui ont été décorées de guirlandes de statues, d’angelots ou de chevaliers du Moyen Age, gloire ancienne d’une communauté qui a été très prospère.
Visite des Bains Kiraly
Quels bains choisirons nous ?Le tram 17 passe devant les bains Lukacs(1 étoile)près du pont Marguerite se trouvent les bains Kiraly (3*)Nous optons pour Kiraly et marchons le long du Danube. Au détour d’une rue calme nous voyons les coupoles de l’établissement de bains. Des petites coupoles turques vertes surmontent des murs antiques, adossés à une maison de deux étage verte coiffée d’une toiture qui fait un auvent. L’accueil est le même qu’à Balf, liste de prix en Hongrois, l’hôtesse en blouse blanche ressemble à une infirmière, les couloirs ripolinés il y a bien longtemps ont de vilaines couleurs terne hôpital. Je mime les gestes du nageur, une employée qui parle anglais se rapproche, ici, il n’y a pas de piscine, mais elle propose un ticket de visite pour 220 forints. On ouvre une cabine à claivoie pour ôter les chaussures, on aurait aussi pu enlever nos vêtements puisque nous avons pris la précaution de mettre les maillots en dessous. Notre hôtesse, pantalon blanc, blouse blanche, nous précède sur des sortes de caillebotis en plastique et nous montre le Hammam, nous passons très vite dans la pièce chaude et arrivons dans la pénombre sous la coupole éclairée seulement par les trous (qui nous permettaient de reconnaître les hammams en Turquie). Sous la coupole, une piscine d’eau chaude, des femmes à moitié nues, ou complètement, prennent leur bain, sur les côtés quatre piscines rectangulaires plus petits sont remplis d’eau fraîche. Nous sommes ridicules habillées dans la moiteur . je regrette en voyant les piscines d’avoir seulement le ticket de visite. Dominique est horrifiée par les corps vieillis offerts au regard des autres. Ambiance calme, personne ne parle, très différente de la joyeuse activité des marocaines. Pas de savon ni d’argile, ici, ce sont des thermes médicaux, pas le décrassoir.
Bains Lukas
Nous allons à pied aux bains Lukas. L’entrée est monumentale, des colonnes de marbre encadrent une fontaine, comptoir ancien où l’on vend l’eau au verre. bâtiments du siècle dernier sont peints en jaune ornés de statues, guirlandes, chapiteaux surmontés de balustre. Dans la cour il y a des grands arbres et des bancs. Cet établissement thermal a plus d’allure que l’hôpital de Balf .Au mur des plaques de marbre ressemblent à des ex voto, ce sont des remerciements de riches curistes. L’une est en allemand, une autre en arabe(en lettres latines le nom d’un prince égyptien.
Accueil habituel, on prend des entrées piscines avec cabine, le garçon de bain, heureusement n’est pas déguisé en infirmier, il est joyeux, il nous pilote, ouvre nos cabines, nous dit d’y laisser nos affaires. Pour les photos, c’est interdit, mais il ferme les yeux nous recommandant de faire discrètement.
Les piscines ne datent pas du siècle dernier ! elles sont carrelées et pimpantes. Il y en a trois, une froide, une à 25°C et une chaude. Au premier abord je rentre dans la piscine classique à 25° et fais des longueurs. Dominique m’appelle et nous descendons dans la piscine chaude. Sa forme est bizarre, il y a une partie rectangulaire et une autre ronde où un couloir fait le tour du bassin, dans ce couloir les baigneurs se suivent à la queue leu leu, nous y allons, un courant très fort nous entraîne, on attrape le rebord et on se laisse dériver à toute allure. C’est rigolo, on peut marcher, nager ou simplement s’asseoir en se tenant par les bras. Parfois on se cogne en riant. Pour quitter le tourbillon il faut bien calculer sa sortie sinon on repart pour un tour. L’autre partie de la piscine comporte des attractions : une douche puissante, cinq ou six personnes sont debout sous le jet qui cingle le dos ou les épaules. Difficile d’y rester longtemps. Une sorte de plage avec des arceaux permet de se coucher et de se laisser masser par des bouillonnements. Après .un certain temps, nouvel amusement : des sources bouillonnantes surgissent au milieu de la piscine, le courant giratoire et la plage bouillonnante s’arrêtent alors . Nous nous amusons bien et restons jusqu’à six heures.
Andrassy ut
Je suis la promenade III du Guide VISA le long d’Andrassy. Dominique reste dans le métro jaune. Nous avons fixé deux rendez vous, l’un à la maison de Liszt, l’autre à la place des Héros.
le métro jaune
Le petit métro jaune circule près de la surface. Les stations sont carrelées de blanc avec des bordures marron avec les mêmes carreaux que le métro parisien autrefois. De mon côté je longe de beaux immeubles qui ont des entrées monumentales : caryatides, colonnes et portes ouvragées. J’entre sous des porches et découvre marbres et fresques.
Opéra
L’Opéra est une copie de celui de Vienne, en beaucoup plus petit. Les statues des musiciens debout sur la corniche sont assez amusantes Liszt a une position privilégiée sous une coquille, en habit d’abbé.
Maison de Liszt
La promenade est délicieuse, il fait encore frais. Nous sommes les seules visiteuses dans l’appartement de Liszt. La dame de la caisse parle français. Elle nous renseigne très aimablement. Nous achetons une brochure qui détaille tous les éléments du mobilier et les portraits. Bien sûr, on voit de nombreux pianos, dont certains très curieux : un piano miniature à quatre octaves, ses cordes sont remplacées par des lames de verre.
Le bureau où Liszt composait possède un tiroir renfermant un clavier à trois octaves. Dans un autre pièce, un harmonium a deux claviers, l’un pour l’harmonium, l’autre pour le piano. Demain on donnera un concert comme chaque samedi à 11 heures. Nous nous promettons de revenir.
Andrassy ut
Je continue seule ma promenade sur Andrassy qui a maintenant, une contre allée ombragée, les immeubles ressemblent à des palais, l’un d’eux est recouvert de mosaïque dorée.
Place des Héros
Nous nous retrouvons sur la Place des Héros, immense quadrilatère dallé de noir et de blanc, en son centre, une haute colonne avec d’énormes statues : c’est le monument du Millénaire commémorant les 1000 ans de l’installation de tribus hongroises en 896. Au fond une colonnade comportait des statues, celles ci ont disparu. Pourquoi ?
Musées
Cet ensemble grandiloquent est bordé sur les deux côtés de musées ressemblant à des temples grecs. L’un d’eux est polychrome avec des dorures sur les chapiteaux, c’est plutôt kitsch !
Comme les musées sont gratuits nous entrons au Musée des Beaux Arts, celui dont le fronton imite celui du temple de Zeus. Dans des salles immenses les tableaux sont accrochés rapprochés les uns contre les autres recouvrant tout l’espace disponible. Les chefs d’œuvre sont mélangés avec des œuvres mineures (si ce n’est quelconques) Il y en a tant qu’on a du mal à s’y retrouver. L’abondance donne un résultat très indigeste.
Je cherche dans chaque salle le tableau qui me plaît, je suis déçue par le Greco mais ravie par le Breughel.Un Canaletto représentant Venise me plaît bien.
Bains Szechenyi
Nous achetons des brochettes pour manger dans le parc du Varosliget.
Les Bains Széchenyi sont installés dans un véritable palais avec des coupoles vertes. On entre par un escalier majestueux. L’employée est habituée aux touristes : pour un forfait de 1500 forint nous pourrons aller partout où il nous plaira, on nous donne un jeton qu’on glisse dans la fente d’un portillon. Dédale de couloirs qui mènent dans des lieux mystérieux dont la destination est écrite en Hongrois Trouver les cabines est une aventure. Si nous entrions par erreur dans le hamam des hommes ? ou dans un lieu de traitement médical ?Après les vestiaires nous poursuivons notre parcours initiatique par des couloirs et des salles de repos, les bassins d’eau thermale très chaude, des piscines de formes variées dans lesquels trempent des hommes et des femmes d’âges divers.
Enfin nous atteignons l’extérieur à la sortie d’un escalier en colimaçon trois grandes piscines dans un décor baroque. Murs peints en jaune comme à Schönbrunn, moulures blanches, balustres, festons et guirlandes. Au milieu d’un bassin rond, une vasque, sur le rebord de la piscine, des divinités marines juchées sur des dauphins nous surveillent.
Il y a beaucoup de monde mais les installations sont si vastes que l’on trouve facilement une place. On peut nager sans se gêner. L’ambiance est différente des piscines de France : pas de cris, pas de bousculade ou de plongeons. Il faut dire que les enfants sont rares et les ados absents. La majorité du public est d’âge respectable. Un maître nageur à chaque extrémité de chaque piscine siffle les nageurs sans bonnet. Nous avons donc un moment de détente et de calme. Je nage dans ce cadre royal dans la piscine à 25 ° longue d’au moins 50 m/.Un peu plus loin, une piscine ronde a des bulles et un courant giratoire, des jets d’eau, tous les enfants réunis dans cette sorte de manège, suivent un géant poilu mais au crâne rasé à la silhouette d’haltérophile qui porte une jeune fille brune aux longs cheveux à bout de bras et émet des imprécations dans ne langue slave ‘russe, bulgare ?)
Dans la piscine remplie d’eau très chaude on joue aux échecs assis dans l’eau.
Nous rentrons tranquillement en faisant le tour du château composite sur le bord du petit lac : il reproduit sur chaque face un site connu de la Hongrie, nous reconnaissons la chapelle de Jak, la façade de Fertöd un autre château renaissance et il y a un clocheton de bois à toiture compliquée et une tour moyenâgeuse. L’ensemble est kitsch et peu intéressant. C’est un précurseur du château de la Belle au bois dormant d’Eurodisney.
Galerie d'Art moderne
Profitant de notre Budapest Card, nous entrons dans la Galerie d’art Moderne logée dans le temple antique polychrome. Contrairement au musée d’en face, peu de tableau sur les murs blancs, mais ce qui est mis n valeur n’offre que peu d’intérêt. En revanche on a tassé un Picasso, 3Modigliani et deux Kandinsky dans une même salle.
Dans une dernière salle une exposition sur le thème des collections de Gertrud Stein avec des copies de Picasso de Braque ou de Cezanne sur des matériaux divers : chaises, caisses avec des couleurs fanées.
Pest
Le petit métro nous conduit place Vörôsmarty dans le quartier piétonnier et chic de Pest : je lorgne le Café Gerbeau mais Dominique déclare que nous sommes mal fringuées et surtout, manger un gâteau à la crème ne lui dit rien (à moi si !). Nous arrivons au Danube devant les grands hôtels Hyatt, Mariott… qui font un front de fleuve très moderne et très quelconque (mieux que le front de seine du Xvème)Sur le bord du Danube il y a de belles terrasses de café, beaucoup de promeneurs , sur le corso les rails du tram nous séparent du quai en contrebas.
Pont des chaînes
Nous passons le fameux pont des Chaînes gardé par des lions sans langue, ce pont est un des symboles de Budapest et fait 235 m de long En face le funiculaire grimpe au château, tout petit en bois peint en jaune, très cher Il est passé six heures les musées sont fermés mais la lumière est très belle, il y a peu de monde et une relative fraîcheur ? Nous déambulons dans le palais grandiose. Des clarinettistes plutôt jazz et un violoniste nous donnent un concert de plein air.
Une rampe pavée nous conduit au Danube, nous trouvons un bus direct qui nous ramène très vite chez nous, le 86.
Concert Liszt
Nous mettons nos plus beaux atours et partons à l’avance pour avoir les meilleures places au concert Liszt. Deux trams, en un quart d’heure nous sommes sur place.Il faut acheter une nouvelle Budapest[/i[i]] Card puisque la notre expire ce soir. Ibusz est fermé le samedi, à la gare, un bureau de change nous en vend.
La salle de concert est pleine, il y a surtout des vieilles dames endimanchées mais aussi des enfants avec leurs parents .Certains sont venus avec des sacs en plastique de supermarché contenant une serviette éponge pour la piscine. La pianiste est une grande et grosse blonde aux cheveux crêpés, très maquillée, en robe longue grenat. Elle a passé sa tête entre les rideaux et a l’air morte de trac. Comme s’il ne faisait pas assez chaud, on ferme fenêtres et rideaux. Je dégouline. La pianiste commence à massacrer Beethoven, la Pathétique. Dominique qui l’a jouée, relève les fausses notes, et met certaines sur le compte des doigts qui glissent avec la chaleur. Ensuite au programme, la grande Polonaise, Dominique me donne des coups de coudes, "c’est trop difficile, elle n’y arrivera jamais".Malgré le lieu mythique nous n’assistons pas à un concert exceptionnel. Viennent ensuite des pièces de Kodaly que nous ne connaissons pas, Dominique a envie de partir, moi, je veux attendre Liszt.On se sauve entre deux mouvements et écoutons la fin du concert dans l’entrée où la fenêtre ouverte donne un bon courant d’air. Bizarre impression, quand on ne voit plus la grosse dondon avec ses chairs molles qui tremblent, la musique est plus belle.
Bains Gellert
Le hall d’entrée des bains Gellert est rempli de touristes, beaucoup de Français mais aussi des Espagnols, des Italiens. Nous payons prix réduit avec la Budapest Card mais nous nous retrouvons dans un vestiaire collectif avec des consignes pleines et une employée désagréable. Dans les bains les plus sélects on doit se déshabiller devant tout le monde. Heureusement! on a pris nos précautions !
Après avoir parcouru de longs couloirs (encore !)Nous arrivons à la piscine extérieure entourée de marbre rose avec un mur en petites pierres et carrelage art Nouveau, sculptures et colonnes, un filet d’eau descend en cascade d’une série de vasques en escalier. Le décor est somptueux mais il y a vraiment foule.
Nous préférons la piscine intérieure recouverte d’une verrière coulissante beaucoup plus calme et surtout plus belle. Le bassin est entouré d’une colonnade en céramique crème a motifs Art déco géométriques rappelant la mer. Le bord est de marbre rose, les murs bleu marine sont décorés de potiches de porcelaine de chine. Au fond une vasque avec une naïade qui porte dans ses bras des canards. Des lions crachent de l’eau.
Derrière une porte verrouillée qui s’ouvre discrètement quand on sonne, le hammam des femmes. On peut quitter son maillot et se baigner nue dans des piscines chaudes (38° ou34°). Au mur des mosaïques bleues roses et dorées, des pavés de verre laissent passer le jour donnant une lumière très douce comme dans les bains turcs.
Budapest by night
Le soir: Budapest by night. Nous avion prévu une croisière sur le Danube mais devant l’affluence des touristes qui arrivent en troupeaux pour le week end nous nous ravisons et décidons de marcher sur les quais du Danube côté Pest.
la Bastille
Sur le quai d’en face, l’Institutfrançais a construit une Bastille bleue Blanc et rouge, installée un podium décoré de ballons tricolores pour fêter le 14 juillet.
Nous attendons que la nuit tombe et que les lumières s’allument sur la colline du château. Le Pont des Chaînes s’illumine de toute une guirlande. Plus loin le bastion des Pêcheurs. Nous longeons le fleuve, il y a vraiment beaucoup de monde. Soudain une barge s’immobilise au milieu du Danube, une fusée explose et nous assistons au plus beau feu d’artifice du14 juillet donné en spectacle par l’Institut français.
C’est vraiment une jolie surprise, nous aurions pu choisir n’importe quel autre soir pour notre promenade nocturne.
Dominique n’a vraiment pas de veine, elle se relève de la pelouse où nous étions assises avec le short complètement trempé, il y avait une flaque ! Le retour se fait un peu sauve qui peut.
les vieilles maisons de la colline de Buda..[/i]
Il fait déjà bien chaud le matin, les rues de la colline de Buda sont encore vides et nous pouvons regarder les façades des vieilles maisons peintes de toutes les couleurs, ornées de festons guirlandes enseignes et grilles de ferronnerie.
Malheureusement les cars ont déchargé leur cargaison de français et de japonais qui se dirigent vers l’église Saint Mattias, fermée jusqu’à 13 heures pour cause de messe dominicale. Tant pis pour les touristes qui avaient prévu d’entendre la messe, ils sont refoulés comme les mécréants.
D’une vieille synagogue du XIVème siècle, il ne reste plus grand chose en dehors de deux peinture sur un mur : un arc brandi vers le ciel et une étoile de David.
Musée de la Musique
Un vaste palais du XVIIIème siècle où a séjourné Beethoven a été transformé en musée de la musique. Nous sommes bien accueillies par les vieilles employées en tablier. De nombreux instruments sont présentés, des harpes ouvragées, des pianos, pianoforte, clavecins, piano carré ( ?) en bois clair, plusieurs cymbalums. L’atelier du luthier est reconstitué avec les violons mis à sécher Dans des vitrines, des flûtes, des hautbois, mais aussi des instruments paysans, des cithares grossières, une cornemuse bizarre. Une partie de l’exposition est consacrée à Bela Bartok : photos de ses recherches sur le folklore, vieil appareil enregistreur, partitions manuscrites, corrections …
petit musée de l'hôtellerie et du commerce
Les touristes restent aux abords du Bastion des Pêcheurs entre la place Diesz Ter et celle de l’Eglise avec sa tour de la Peste (encore !). Dans les petites rues nous sommes bien tranquilles.
Dans le petit musée de l’Hôtellerie et du Commerce nous sommes plongées dans l’époque 1900-1935. Prospectus et photos de l’exposition du Millénaire 1896, époque du tourisme de luxe où l’on se déplaçait train en (horaires de trains), on descendait déjà au Gellert (une chambre) et chez Gerbeau qui vendait des chocolats de voyages et des biscuits dans des boîtes en fer. On emportait des malles et des boîtes à chapeaux. Vieux guides touristiques de l’époque ainsi que cartes postales de Budapest avant la circulation automobile et quand les cafés étaient dans leur plus grande splendeur. Le Danube bleu et d’autres musique d’époque nous accompagnent.. On a aussi reconstitué des vitrines de commerce, celle de l’épicerie 1930 est particulièrement réussie avec toutes les boîtes en fer et le comptoir.
Promenade sur les remparts
Nous retournons à Diesz ter par la promenade des remparts qui offre de belles vues sur les collines, certaines sont rocheuses et vierges de toute construction.
Déjeuner à la terrasse d’un café d’une salade César sous de grands arbres avec une belle vue sur le Danube. La vaisselle et le service sont raffinés et le prix raisonnable.
L'église Mathias
A 13 heures visite de l’Eglise Mathias, une surprise nous attend : une chorale de petites filles japonaises d’Hiroshima robes rouges, chemisier blanc qui chantent en latin, elles sont très mignonnes et peuvent avoir 8 ou9 ans. L’intérieur de l’église est complètement recouvert de fresques, malheureusement trop 19ème à mon goût. L’effet est surprenant.
Bains Lukacs
Nous terminons l’après midi aux bains Lukacs.
Lundi 16 juillet : boucle du Danube
Szentendre
Parla route du nord, en trente minutes, nous sommes à Szentendre, très joli village touristique aux maisons peintes de jaune de rose ou de blanc avec des enseignes, des roses trémières, des petites rues pavées.Au moins 4 églises, dont deux orthodoxes serbes.
Malheureusement c’est lundi et tout est fermé.
Avant dix heures les marchands n’ont pas encore sorti leurs étals. C'est tranquille. A 10h débarquent les Allemands et les Japonais en car. Nous leur laissons le village, nous avons profité pendant une heure des jolies rues vides, de la petite placette au sol pavé de galets, ombragée par des tilleuls, autour d’une église toute simple avec une jolie fresque.
Exposition d'une sculptrice qui utilise la terre pour modeler des personnages ou des bas reliefs, je relève de nombreuses sources d’inspiration grecques ou orientales.
Nous suivons le Danube caché par un rideau d’arbres.
Visegrad
Viségrad est située juste dans la courbure du méandre, situation stratégique commandant toute la vallée protégeant Budapest et la route de Vienne et de Bratislava.Nous montons à la citadelle, bien détruite et mal restaurée. Nous voyons beaucoup de béton et des briques. Le plus spectaculaire, c’est quand même la vue. La vie des seigneurs, un tableau de chasse, les tortures, les paysans,sont illustrés par des montages - on a vu mieux.
Piqueniquer sur les bord du fleuve!
Après Viségrad la route longe le fleuve. C’est l’heure du pique-nique Exceptionnellement nous n’avons rien de prêt. Nous comptions trouver sur place des buffets, rien jusqu’à Estergom.
Estergom
La basilique énorme visible à des kilomètre nous fait plutôt fuir. Toujours rien à manger !je finis par trouver un concombre et de la pastèque que nous mangeons avec des conserves sur le bord du fleuve sur une plage.
Pour traverser le Danube nous prenons le bac à Visegrad et découvrons une belle plage et tous les buffets servant du poisson frit des croquettes comme nous en rêvions toute à l’heure, la baignade est très agréable, je me sens bien rafraîchie.
Vac
Le ciel s’assombrit, il tombe d’énormes gouttes quand nous quittons Vac après avoir visité une basilique énorme commandée par Marie-Thérèse.
Le retour est tranquille jusqu’à ce que nous rations la pancarte "Margit Hid". Après cela tourne au cauchemar. On rejoint la voie sur berge mais elle file vers le sud de Budapest. On a bien du mal à s’en extraire. On tourne trois fois de suite dans les mêmes rues de Pest. Impossible de traverser le Danube. En plus il y a des travaux …Enfin nous retrouvons le trajet du bus 86, ouf !