CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Italie

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De Créteil en Italie par le Mont Blanc

Publié le : 16 Juin 2007
De Créteil en Italie par le Mont Blanc

Nous quittons Créteil à 6h55 en passant par L’A5, vide.  A Courtenay,sur l'A6, nous n’avons que 9km d’écart avec l'itinéraire de Via Michelin. Pause croissants à Nitry. Après Mâcon,  Bourg en Bresse, Pont d’Ain, Nantua. C’est un vrai plaisir de rouler sur cette autoroute bordée de sapins que nous ne connaissons pas. 11h35, arrêt entre Pont d’Ain et Bellegarde. L’autoroute est construite sur d’impressionnants viaducs. A la sortie d’un tunnel nous découvrons le Genevois. Le jet d’eau de Genève se déploie comme une voile.
Sallanche
     Il fait frais j’ai gardé ma polaire dans la voiture.
Nous quittons l’autoroute à Sallanche pour faire le plein d’essence  à carrefour vers midi. J’achète une salade César à McDo. Justement la semaine où le film Supersize Me sort sur les écrans, mettant en cause la malbouffe et McDo. La réaction à la critique est immédiate : promotion sur les salades. Des prospectus énoncent des principes diététiques - pour la galerie ? Faisant la queue, je constate que les salades sont plus chères que le reste. Et surtout, personne n’en commande.
Une dame :
-  « Deux menus enfants »
- « Pour une fille ou un garçon ? »
- ?????

Mont Blanc

      La N205 passe aux Houches, jolis chalets, charmante église à bulbe vert. Nous pique-niquons à 13h sur le bord d’un torrent au pied du Mont Blanc.
     Les névés sont encore bien présents à faible altitude mais le sommet est dans les nuages. Dommage ; j’avais imaginé que nous nous arrêterions à Chamonix et que nous irions nous promener au Mont Blanc !
Glaciers
      Juste à l’entrée du Tunnel, nous approchons de très près deux glaciers des Pèlerins et des Bossons. Je suis impressionnée par l’épaisseur de la glace grise parfois bleutée et surtout étonnée par l’aspect de la surface hérissée de blocs de glace aux angles aigus.

Tunnel du Mont Blanc

      Péage : 29 €pour 11km. Depuis l’accident, toute une mise en scène garantie la sécurité : les poids lourds passent un test de rayonnement infrarouge, les consignes de sécurité sont relayées sur 9 fréquences radio italiennes et françaises. De jolis éclairages bleus matérialisent les distances de sécurité de 150m entre les véhicules et la vitesse est contrôlée.

Il fait beau en Italie!

      A la sortie, il fait un temps magnifique. L’autoroute s’engage dans une succession de longs tunnels si bien qu’on profite à peine du paysage splendide. La route effleure Courmayeur et ses beaux chalets de bois aux toits de lauzes, pas une faute de goût.  Des forteresses du 14ème siècle, tours carrées massives plantées sur des pitons rocheux dominent l’entrée des étroites vallées. Quelles guerres se déroulaient donc dans les Alpes ? Le seigneur marquait- il ainsi sa domination sur son fief ? Ou les forts faisaient- ils partie d’un dispositif d’ensemble interdisant le passage aux Français ? ou aux Habsbourgs ?

le lac de Vivarone

    Sur la carte, nous choisissons comme point de chute un petit lac situé à une dizaine de kilomètres d’Ivréa. Le lac de Vivarone est allongé entre des coteaux plantés de vignes et de villages aux toits rouges. Au loin, la lige des crêtes se découpe de plus en plus nettement à mesure que le soleil descend et que les couleurs s’avivent. Sur les bords du lac nous trouvons d’abord des campings, entrons dans un hôtel 3* (90Euros, trop cher), puis nous arrêtons dans  un 2* (31€) chambre très simple avec vue sur le lac.

     La plage est encadrée par des pontons de bois où est amarré un bateau à moteur qui tire les skieurs. Une belle pelouse verte avec un grand saule est équipée de chaises longues. La baignade me rafraîchit du voyage. Depuis que nous sommes en Italie, il fait bien chaud. Nous nous reposons allongées sur les transats regardant le ski nautique et les bouées qui se balancent, l’une d’elles jaune, ressemble à un haut de forme qui sautille et évoque Satie. Une autre bouée à moitié grise à moitié rouge brique évoque une coupole byzantine avec ses côtes en relief. Vers 19h  les autres baigneurs plient bagage et nous restons seules à passer une douce soirée.


De Vivarone àFlorence en passant par Lucques

Publié le : 16 Juin 2007

Samedi3 Juillet : Vivarone-Florence

     Le soleil éclaire le Val D’Aoste et un sommet massif enneigé vers l’Ouest : le Mont Blanc ?
     Le petit déjeuner est copieusement servi ! Pain frais, biscottes « brioche », son prix fait grimper l’addition : (31 €+13 €).

      L’autoroute traverse d’immenses rizières dans une ambiance tropicale, champs verts fluo petits canaux, nombreuses aigrettes, température douce mais nuages gris. On se croirait à Cuba. Les rares villages de brique ont d’élégants clochers.

     Entre Alessandria et Gènes, sous un ciel tout à fait couvert, nous retrouvons de nouvelles montagnes et l’autoroute s’engage dans des tunnels. A l’approche de Gêne le trafic se ralentit et même bouchonne. Dès que nous débouchons sur la mer le ciel devient bleu, le soleil chauffe. Sur la carte l’autoroute est censée longer la Méditerranée de Gènes jusqu’à la Marina de Carrare. je me réjouissais de cet itinéraire le long de la Riviera Ligure passant près des Cinque Terre près de la Spezia. C’est un spectacle tout à fait intermittent. La côte est si escarpée que l’essentiel du trajet est souterrain. On sort d’une galerie parfois longue d’un bon kilomètre et déjà 100 mètres plus loin s’ouvre un autre tunnel. Il faut se dépêcher de regarder la mer et par chance on découvre un petit port ou un village perché au sommet d’une colline. Le meilleur moyen d’explorer cette côte est sûrement le bateau !

     Vers 11h30, nous entrons en Toscane : montagne découpée par les carrières de Carrare. Le marbre blanc brille comme de la neige. De l’autre côté de l’autoroute, des gros blocs taillés attendent.
Lucques

     Lucques est une jolie petite ville encerclée de fortifications de brique rose très bien conservées. Sur les remparts, une belle promenade ombragée par des platanes géants et des tilleuls en fleur, est aménagée pour les piétons et les cyclistes. De là, on découvre les tours, les campaniles et les toits. Les fossés sont plantés d’un gazon vert. J’y monte en éclaireuse mais l’idée de la promenade ne plaît pas à Dominique qui a envie d’eau. Nous cherchons les bords du fleuve derrière les stades. Le parking semble mal famé. A la sortie de la ville les berges sont réservées aux cyclistes. Dominique gare la voiture sur un parking dans la ville historique. C’est la mauvaise heure, il fait chaud, les magasins ferment. Nous n’avons même pas pris nos guides. Seul point positif : j’achète une carte détaillée de la Toscane, et une glace cerise et citron pour faire oublier le pique-nique raté.

    La sortie de la ville est pénible, la campagne est très urbanisée, on passe d’un village à un autre sans s’en rendre compte. Nous traversons Montecatini Terme à l’heure de la sieste. A trois heures enfin nous trouvons un petit bois pour un arrêt pipi et nous dévorons les trois œufs durs avant de prendre l’autoroute à Pistoia.


Arrivée à Florence, notre belle villa Palagi

Publié le : 16 Juin 2007
Arrivée à Florence, notre belle villa Palagi

A la sortie Firenze : Certosa. Les explications de l’Agence Cuendet sont assez énigmatiques : -  « suivre les flèches pour l’hôtel Royal Certosa ».
Pas de flèches, l’hôtel est le Relais Certosa. La Via Colle Ramole mène au camping puis s’élève raide dans les oliveraies. Au n°12, je lis : « Il Pino » sur une plaque de marbre, « Palacci » sur une autre fixée aux montants de pierre encadrant un imposant portail métallique qui s’ouvre sur une monumentale allée bordée de pins. La villa est invisible.
     C’est trop beau, trop monumental, nous avons dû nous nous tromper. Nous continuons la route et faisons demi tour au sommet de la colline. J’appelle avec le téléphone mobile. Une dame me répond qu’elle ouvre le portail. Lorsque nous retournons au n°12 la grille monumentale reste fermée, il n’y a personne. Nous nous sommes sûrement trompées ! Redescendons au camping et empruntons une autre route, pas de n°12 pas de villa. Retour à la grille. Je retéléphone. Un monsieur me répond en français :
     - «  c’est bien là, j’arrive en voiture. »
       Nous le suivons et découvrons une autre entrée, grand portail, allée dallée bordée de lavandes traversant les oliveraies. En contrebas nous découvrons la piscine. Arrivons devant des maisons de pierre à plusieurs étages autour d’une ravissante placette décorée de citronniers dans des pots de terre et de lauriers dans d’énormes jardinières rectangulaires.

      Nous sommes arrivées. Notre appartement occupe la moitié du rez de chaussée de la dernière maison. Un autre appartement est aménagé à côté. La pompe en fonte souligne la symétrie. Deux bacs de laurier en angle et des pots de buis taillés en cône de plus d’1.5m entourent une table rectangulaire recouverte d’une belle toile cirée à motifs de lierre avec deux chaises en fer forgé. L’intérieur est très petit mais très bien décoré : meubles de bois sombre tarabiscotés, des commodes ventrues, glaces de bois aux volutes baroques. Draperies et pompons encadrent la fenêtre. Aux murs, une collection de papyrus dans la salle à manger, des estampes japonaises dans la chambre, le tout de très bon goût. Placards immenses, lit king size. Nous baignons dans le luxe. Anabella, la femme de ménage, très gentille me fait visiter la propriété, me conduit à la piscine :
      - « les jeunes y font une fête ce soir, vous pouvez venir !»

Elle me montre « un coin très frais » : la loggia située sous la maison des propriétaires.

Catastrophe?

     A 5h, nous sommes installées. Avant d’aller me tremper dans la piscine, je veux faire des photos. Dominique m’appelle. La dame est revenue. La « Mamma » a téléphoné à l’agence de Florence. Nous sommes atterrées. Avant que je n’appelle, l’agence téléphone, il faut joindre Paris. Voulant m’assurer je fais répéter le numéro 01640…C’est Servon ! Je suis si énervée que je n’arrive pas à composer le numéro. Tout le monde va bien, Ouf ! ! C’est le Montaigut qui a brûlé. Ils l’ont vu à la télévision, le feu aurait pris au 8ème étage et on aurait évacué les étages supérieurs. . 400 personnes seraient dispersées dans les hôtels de Créteil.  Je suis soulagée. Heureusement que nous avons les numéros de téléphone des Lion, des Delfosse et de Nathalie. Les Lion nous rassurent : seulement trois appartements ont brûlé. Les Delfosse sont absents. J’envoie à Nathalie un SMS. Dominique est prête à repartir par avion.

    En attendant, il faut quand même faire les courses ! Nous ne trouvons rien au village. Florence n’est qu’à 4km. Les quartiers traversés sont touristiques, pas d’enseigne de supermarchés et personne dans la rue.
Finalement, avec l’aide des passants, nous trouvons le supermarché. La journée se termine bien.
Notre domaine
     Après le dîner je pars à la découverte de notre domaine qui est beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Derrière la belle maison, une allée bordée d’iris et de bornes de grès sculpté descend dans les oliviers. Après plusieurs virage, je découvre le grand pin qui a donné son nom à la villa. De vieux bancs de pierre patinée invitent à s’asseoir dans son ombre. Je découvre ensuite le potager avec les haricots ramés, les choux, les tomates. Le chemin s’engage dans une forêt de chênes verts touffus. Je dérange un couple de faisans, un lièvre détale. Encore de vieux bancs de pierre. Je suis enfin dans l’allée de pins qui conduit à la grille. Je regarde ma montre : j’ai marché 20 minutes d’un bon pas. L’allée fait près de 2km. Sur combien d’hectares s’étale le domaine ?


Florence : la Signoria, Palazzo Vecchio

Publié le : 16 Juin 2007
Florence : la Signoria, Palazzo Vecchio

Dimanche 4 Juillet : Florence

A 8h30, nous traversons l’Arno et arrivons en zone piétonnière. La ville dort, la circulation est facile. Mais que faire de la voiture? Nous la garons dans un parking privé (3€/h) cher, mais bien situé.
Sur le  Ponte Vecchio, les échoppes de bois sont relevées. La lumière du matin fait ressortir les crépis colorés des maisons. Nous suivons le « corridor » de Vasari qui nous conduit aux Offices, deux galeries à arcades solennelles se faisant face. Nous parvenons au Palazzo Vecchio et à la Loggia de la Signoria sur la Plazza della Signoria.

Piazza della Signoria

     La Loggia della Signoria est un musée de sculptures. Le chef d’oeuvre le plus célèbre est le Persée de Cellini en bronze. Beaucoup de statues sont antiques. La confrontation des œuvres du XVI ème siècle et des antiques qu’on vient de retrouver à la Renaissance, est particulièrement intéressante. Mais je ne trouve pas d’autre piste d’analyse.

    La place de la Signoria est ornée d’une curieuse fontaine de Neptune et de statues géantes. On voit l’emplacement où Savonarole a été pendu. Je suis ravie d’avoir préparé ce voyage en lisant l’histoire des Médicis. Même si je ne connais rien en sculpture je suis heureuse de mettre des visages sous les noms des différents Cosimo.

Palazzo Vecchio


     Le Palazzo Vecchio est emballé par des bâches de ravalement. Heureusement nos guides sont bien illustrés ! La cour décorée par Vasari est  un peu encombrée par le ravalement. Encore ! La visite du Palazzo est libre. De nombreux panneaux et des écrans multimédia fournissent d’abondantes explications. Deux axes : l’Histoire de Florence qui se confond avec celle des Medicis (parenthèse de Savonarole à la fin du XVème), autre thème : la Mythologie.
Mythologie
     Depuis plusieurs années nous avons appris à décrypter les fresques et mosaïques byzantines et romanes à sujet exclusivement religieux ou les mosaïques romaines. Avec la Renaissance, tout change, la mythologie fournit les thèmes des peintures. Mais il ne faut pas les regarder naïvement. La mythologie n‘est que prétexte à la glorification des maîtres de Florence. Je suis déroutée quand Cérès, déesse des récoltes figure un Médicis. A l’époque tout le monde savait reconnaître le sens caché de ces allégories. Pour nous c’est plus difficile.

    Les objets décoratifs sont plus faciles à apprécier : je tombe en arrêt devant un secrétaire aux nombreux tiroirs ornés de marqueterie de pierres dures.
     La salle des cartes de géographie nous plaît beaucoup.
     Nous avons passé deux heures dans le palais et ne sommes pas prêtes à entreprendre une autre visite sérieuse. Nous parcourons les ruelles à la recherche du Duomo et du Baptistère. De la Terrasse de Saturne, en haut du Palais, ils semblaient tout proches.

    Duomo et Baptistère

      Les grandes places sont maintenant occupées par la foule. Le soleil tape. Il fait meilleur dans les petites rues. Je ne sais pas très bien où porter mon regard : boutiques de luxe très raffinées, architecture des palais florentins… Ici, chaque immeuble est un palais. Les églises sont ornées d’abondantes sculptures. Tant de luxe, tant d’ornements finissent par nous étourdir et nous blaser. Difficile de garder longtemps la disponibilité et la capacité de s’émerveiller. Nous passons donc devant des merveilles sans nous étonner plus que cela.

     En face du Baptistère et de la Cathédrale, nous lisons les guides assises sur un banc à l’ombre. Les belles incrustations de marbre blanc et vert, les dentelles de pierre du fronton, le campanile ajouré, nous éblouissent au point de rendre un peu idiotes. Je fais le tour du Baptistère pour admirer les portes ouvragées. Celle de Pisano me rappelle Monréale, celle du Paradis est finement ciselée. Nous nous dépêchons de rejoindre le parking avant que n’expire la 4ème heure.


Florence : San Miniato

Publié le : 16 Juin 2007
Florence  : San Miniato

De retour au gîte

Il reste tout juste un peu d’ombre sous l’auvent devant notre gîte pour pouvoir manger une salade mélangée (roquette, trévise, chou, avocat, parmesan et magret de canard assaisonnée à l’huile d’olive et au citron de la cour). Pour dessert : un mille-feuille, le gâteau préféré de Dominique .

La sieste!
      Les émotions d’hier, la mauvaise nuit avec les moustiques et le rhume, la fatigue des visites, le soleil, m‘ont épuisée. J’ai envie de faire une bonne sieste. Ce qui inquiète Dominique. Comment, la sieste ? Elle, qui la fait tous les jours à Créteil, justement aujourd’hui, n’en a pas envie. Elle va directement à la piscine.

     J’ai envie de retrouver mon rythme méditerranéen comme en Grèce, en Turquie : lever à l’aube vers 6h, déjeuner tardif vers 14h, sieste, puis la journée recommence vers 17h. Sous ce climat, la sieste est une évidence. D’ailleurs, tout est fermé.

La piscine

      Une petite heure suffit à effacer la fatigue. Nous avons la piscine pour nous seules. Quel privilège ! Elle est installée en contrebas de l’allée des lavandes, sous l’église qui émerge des lauriers roses et des oliviers. Tout autour du bassin, les chaises longues et les petites tables sont habillées de tissu à motif de lierre. Dans de grosses potiches, on a planté des géraniums. De grosses touffes de pourpiers sortent de cavités au flanc des jarres. Un peu plus loin, sous les oliviers, une pelouse rase. Autour des oliviers, de gros massifs d’iris. Nous n’avons jamais vu un tel luxe et un tel raffinement, il convient de bien en profiter.

San Miniato


       A 5h, nous reprenons les visites. De la terrasse de Neptune du Palazzo Vecchio, Dominique avait remarqué une façade blanche se détachant des collines. Nous avions demandé à la gardienne le nom de cet édifice : San Miniato. Ce sera le but de notre promenade. Le trajet de Certosa à San Miniato est facile et très agréable. La large avenue Galilée ondule aux flancs de la colline, entre des villas magnifiques précédées d’imposants jardins. D’immenses pins parasols font de l’ombre, toute la colline est boisée. San Miniato est perchée sur des escaliers blancs. La façade de marbre éblouissant est extrêmement décorée : motifs, bandes et incrustations de marbre vert, colonnes antiques à chapiteaux corinthiens. Le décor ressemble à celui du Baptistère. Il est mieux mis en valeur dans son écrin de verdure et ressort sur le ciel bleu tandis que le Baptistère se trouve écrasé par la Cathédrale. Assises dans un petit coin d’ombre sur le parapet, nous admirons les toits de Florence. Le panorama est magnifique. Nous identifions les tours, celle du Palazzo Vecchio, le Campanile, le Duomo, les arcades des Offices.

     L’intérieur de l’église San Miniato s’harmonise bien avec sa façade. Cela parait idiot mais c’est loin d’être une évidence. Combien de façades baroques cachent des églises gothiques ou romanes en Espagne ! Ou au contraire, une façade romane sobre s’ouvre sur un intérieur baroque en Sicile! Les murs sont décorés des mêmes motifs : imposantes colonnes de marbres variés. Au sol, marqueterie de marbre noire et blanche : un zodiaque est ciselé au milieu de motifs géométriques compliqués rappelant, selon nos guides, les tissus siciliens. Il fait bon dans l’église fraîche et aérée. Le plafond de bois est peint de motifs géométriques de couleurs vives. Cette église me paraît étrangement familière, réminiscences de Sicile. Au dessus du chœur, la mosaïque dorée du Christ Pantocrator s’apparente aux mosaïques byzantines. Nos guides la qualifient de romane. J’ai la curieuse impression d’une boucle qui se referme ici entre l’Orient byzantin et le Roman que nous le connaissons en France. Entre l’étrangeté et l’exotisme byzantin, la symbiose sicilienne, se trouve ici un chaînon qui relie nos voyages, Chypre, Sicile, Toscane….Dans le chœur, un curieux tabernacle abrite un crucifix miraculeux : sorte d’arche très décorée de tableaux qui rappellent les icônes. Sous le chœur, une très jolie crypte est soutenue par de fines colonnes. Au dessus, nous remarquons des marqueteries de marbre noir et blanc. L’église est aussi peinte de fresques qui ne m’attirent pas spécialement. .
La route qui serpente dans la colline aboutit à la place Michelangelo, occupée par un podium : des baraques, beaucoup de monde, aucun intérêt.

Feux d’artifice

      Nous rentrons au gîte vers 19h, mon rhume a redoublé et j’ai mal au crâne. Une aspirine et un quart d’heure de repos, et me voici dispose, prête  à profiter du décor de notre villa florentine, buis et lauriers, et belles jarres de terre rouge décorée d’Impruneta. Des feux d’artifice pètent dans le lointain. Je paris à leur recherche sur l’allée des lavandes. Dominique me rejoint en voiture. Nous remontons notre petite route, dépassons l’église toute éclairée qui se détache sur le ciel étoilé. La route continue loin dans les collines entre oliveraies et belles maisons derrière leurs grilles au bout des allées. Au loin Florence avec ses dômes illuminés.
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Florence : villa Médicis

Publié le : 16 Juin 2007
Florence : villa Médicis

Nous décidons d’explorer les villas Médicis dans les collines dominant Florence. Malheureusement nos guides ne fournissent pas l’itinéraire. Selon la  propriétaire, il  faut aller à Sesto Fiorentino. C’est le nom de l’aéroport. Cela paraît facile. On prendra l’autoroute, très chargée à l’heure de pointe, nous roulons lentement. A la sortie Sesto Fiorentino, l’employé du péage nous donne une mauvaise direction. Nous errons dans de laides banlieues industrielles entre Florence et Prato, passons devant Carrefour (tiens, cela existe ici !). Aucune pancarte marron. Je demande aux passants. Ils connaissent mais ne savent pas trop expliquer. Il faut retourner en arrière vers Florence. A l’entrée de Florence, enfin des pancartes ! Il est déjà 9h30 et nous avons galéré une heure et demie !

Villa Pétraia

     La Villa Pétraia est entourée d’un très beau jardin. A la Française ? Renaissance ? Sur les terrasses successives, des buis taillés délimitent des carrés, des triangles dans lesquels les fleurs donnent de la couleur. Des agrumes, dans d’énormes pots de terracotta sont alignés. Il semble que la présence de ces plantes en pots soient la touche originale des jardins toscan par rapport aux jardins des châteaux de la Loire .Des fontaines complètent le décor : un bassin rectangulaire. Une belle terrasse décorée d’hibiscus en pots. Des plumbagos bleus fleurissent l’escalier.

      Une gloriette orne un coin de la terrasse. C’est un anachronisme : cette partie du jardin a été redessinée en 1872 pour le mariage du fils de Victor Emmanuele, roi d’Italie au temps où Florence fut la capitale d’Italie. Un panneau détaille les installations de style Baltard : verre et acier. Seule la gloriette subsiste.

     Nous sommes les seules visiteuses, nous avons la chance d’avoir une visite privée. Le guide ouvre une porte qui donne dans l’entrée : l’effet de surprise est total. Le patio fermé par une verrière 19ème est entièrement recouvert de fresques. Un lustre de cristal énorme meuble tout l’espace. Des canapés sont disposés comme pour une réception. Les fresques datent du temps des Médicis, sur un mur : la prise de Jérusalem par les Croisés ; sur les deux autres de grands personnages représentent les Médicis, au dessus d’une porte Catherine de Médicis et ses enfants, lui fait face Marie de Médicis. Le guide confirme que les Français ont été très présents dans l’histoire du château. Napoléon fut le pire occupant en le dépouillant de ses richesses.

    Entre temps, des ouvriers arrivent avec une estrade, des rouleaux de tapis. Ce soir, un Congrès va banqueter dans cette salle. Notre guide dirige les préparatifs du banquet et nous délaisse un peu.

     Encore un effet de mise en scène de la visite : nous pénétrons dans une salle obscure, le guide allume l’électricité, nous sommes au milieu de la salle à manger d’apparat de Victor Emmanuele toute tendue de tissu rouge, tapis rouge, nappe rouge longue table pour des dizaines de convives .

     La Villa Petraia a été entièrement meublée au 19ème siècle dans ce style Empire pompeux que je n’apprécie guère. Nous traversons des pièces d’apparat, le bureau du Roi d’Italie, des chambres, une immense salle de jeu contenant des billards divers un ancêtre du flipper et même une « Roue de la Fortune » avec sa Règle du Jeu en Français Quelques jolies statues, des horloges originales. C’est une visite instructive. Nous révisons l’histoire de la Toscane du 14ème siècle jusqu’au 19ème. Nous ne prenons pas le temps d’explorer le parc immense.

    Villa « le Castello »

     A la Villa « le Castello », on ne visite que les jardins et le parc. Ce dernier est planté de grands chênes d’énormes platanes de pins très hauts qui procurent beaucoup de fraîcheur. Les allées sont bordées de lauriers. Le laurier est presque revenu à l’état sauvage. Le jardin est très soigné. Comme celui de la Pétraia, il est dessiné géométriquement avec des massifs délimités par des buis. Les agrumes dans les pots forment l’élément décoratif dominant. Au milieu des massifs, des poiriers croissent en pleine terre. De nombreuses statues peuplent le jardin. Enclos par de grands murs. Ils réservent des surprises : une grotte aux animaux, un jardin des mystère. Malheureusement, le chantier de restauration est interdit au public.
La dimension des Villas leur vaudrait, en France, le nom de château. Comme beaucoup de bâtiments florentins, leur architecture est austère. Un donjon carré d’aspect moyenâgeux domine la Villa Pétraia. Le Castello est une grande bâtisse très simple.


Florence : Duomo, Baptistère

Publié le : 16 Juin 2007
Florence : Duomo, Baptistère

Parking!

      La recherche d’un parking à Florence est une affaire délicate. Le long des remparts, dans l’Oltrarno, se trouvent de nombreuses places de stationnement. Celles qui sont peintes avec des bandes blanches sont réservées aux résidents. Nous devons utiliser les bleues, payantes (1€, la 1ere heure, 2€ les suivantes) Il vaut mieux se rapprocher du Duomo puisque c‘est le même prix partout. Nous garons la 206 près de l’Arno à la Porta al Prato dans un grand parking gardé.

     Dominique souffre de son genou. Nous nous séparons donc : j’irai d’un bon pas pour l’ouverture du Musée de l’Opera del Duomo à 9h et nous nous retrouverons à 10h devant le Duomo. Je parcours rapidement des rues à consonance napoléoniennes Solférino, Magenta Montebello, pour arriver à la Piazza Trinita au Palazzo Strozzi puis au Duomo.

Musée del Opéra del Duomo

     Le Musée del Opera del Duomo est très moderne.  Peu de visiteurs hormis  une classe d’étudiantes américaines très studieuses mais bruyantes. Il est consacré aux sculptures de la Cathédrales qu’on a enlevées à cause de remaniements de la façades ou à cause de la pollution. C’est toujours passionnant de voir, à hauteur d’homme, des statues perchées. Comme à saint Jacques de Compostelle, il y a de nombreux anges musiciens. On a installé face à face les putti de la Cantaria de Donatello qui font des rondes et de la musique et la Cantaria de Della Robbia. Les putti de Luca della Robbia sont des enfants sages tandis que ceux de Donatello sont des garnements bagarreurs (je pense aux putti de Serpotta).A l’honneur: La Piéta de Michelange, Il faut avoir vu un Michelange quand même !


     La dernière partie du Musée montre l’Atelier de Brunelleschi et la fameuse maquette du Duomo en double coque. On voit aussi les concours d’architecture pour la façade. De belles maquettes en bois montrent des frontons baroques qui n’ont jamais été construits. Des gravures du Concours de Restauration du 19ème siècle gagné par Emilio de Fabris .Enfin les panneaux originaux de Ghiberti de la Porte du paradis. Séparés, les panneaux sont mieux mis en valeur. Je peux ainsi observer tous les détails.

Duomo

     Me voilà prête pour la visite du Duomo. Une longue queue s’est formée à l’entrée. Heureusement on avance vite. C’est gratuit. En attendant, j’ai tout le loisir d’admirer les marbres blancs (de Carrare) le vert (de Prato) et le rouge de Pise? Les colonnes sont torsadées, finement et incrustées. A Palerme, j’avais été étonnée, ravie. J’avais attribué ces incrustations au savoir-faire arabe. Ici, à Florence, tout est décoré d’incrustations de marbre. Cela m’incite à plus de prudence dans mes interprétations. La Sicile m’avait paru plus orientale alors. Maintenant, je la trouve plus italienne. Un autre lien entre Florence et Monréale : le sculpteur Pisano auteur des portes du baptistère à Florence et à Monreale.
la nef

     L’intérieur de la nef est censé donner un sentiment de grandeur, d’élévation, que sais-je ? Je m’y sens plutôt perdue, sans aucune extase mystique. Nous remarquons la curieuse horloge à une seule aiguille qui tourne à l’envers et marque l’ »heure italienne », puis les vitraux colorés, beaux mais lointains et trop petits.
Crypte

    J’essaie la visite de la crypte. Dominique a trop mal pour descendre les marches. Elle renonce à regrets, elle aime beaucoup les cryptes. Sous la Cathédrale Santa Maria del Fiore se trouve l’ancienne église Santa Reparata. On ne trouve pas l’atmosphère de recueillement intime des cryptes plutôt celle d’un site archéologique avec des mosaïques, des fondations de l’ancienne église. Les mosaïques rappellent celles d’anciennes basiliques romaines visitées à Chypre. On retrouve la brique des anciennes constructions romaines.

fresques

     De retour dans la nef, nous trouvons devant deux fresques la conférencière, Clémence, qui fait des visites en français gratuites. Elle nous explique les effigies équestres des deux condottieri. La plus ancienne représente Sir John Hawkwood par Paolo Uccelo. Les Florentins avaient promis d’élever une statue de bronze. Seuls les empereurs romains avaient l’honneur d’une statue équestre. La fresque apparut comme un bon compromis. Paolo Uccelo a traité le socle en perspective mais pas le cheval qui aurait été énorme. Il a imaginé un cheval presque cubiste Sans la conférencière, nous n’aurions jamais remarqué cela.

    Une deuxième effigie équestre représente Niccolo Tolentino par Andréa del Castagno elle est plus conforme au goût du Quattrocento florentin.

    La guide analyse pour nous le portrait de Dante. Le tableau le représente en pied au milieu de sa Divine Comédie. An haut : le ciel et les constellations font allusion au début de la Divine Comédie par un rêve. Toute la partie gauche est occupée par une procession des damnés qui descendent vers l’Enfer. Au milieu, on croit reconnaître la tour de Babel. Cet édifice circulaire en degrés figure le Purgatoire : chaque tranche circulaire représente un « étage » de péchés. Au sommet Adam et Eve sont debout sur le dernier petit cercle. Le Paradis : c’est Florence, on reconnaît le dôme de Brunelleschi et les remparts. Dante, exilé de sa ville natale, voyait en Florence le Paradis. Les façades incrustées de couleurs figurent l’idée du Paradis pour les florentins. (Chez les Musulmans c’est un jardin)Encore une fois, merci à la conférencière pour la découverte de ce tableau et un aperçu de l’œuvre de Dante que je n’ai jamais lue.

La coupole

     Dernière étape de la visite guidée : la coupole. Clémence nous montre les plans sur des photocopies. Elle explique l’idée géniale de la double coupole. Elle nous montre les trous par lesquels on pouvait installer des poutres pour des échafaudages flottants. Enfin elle nous livre des clés pour la lecture de la fresque. Comme nous le savions déjà, il existe toute une symbolique théologique et politique dan la peinture de la fin duXVIème siècle. La coupole a été terminée en 1436 par Brunelleschi pais les peintures sont l’œuvre de Vasari plus d’un siècle plus tard après le Concile de Trente. Ce Concile a fixé les canons de la peinture. On peut faire une lecture horizontale registre par registre du lanternon vers le bas. On voit alors le cercle des vieillards de l’Apocalypse, le cercle des Anges Archanges Chérubins, en dessous celui des Saints : évêques rois, puis celui des Vertus et tout en dessous
l’Enfer et le Jugement Dernier
     Curieux Jugement dernier : la Mort casse sa faux, un chérubin brise les armes, Chronos brandissant un sablier va mourir, les quatre Saisons sont étendues tout cela symbolise l’abolition du Temps ; Des trois vertus Espérance en robe verte, charité en rouge et Foi en blanc (non, ce ne sont pas les couleurs du drapeau italien ! !) seule reste la Charité puisqu’avec la fin des temps l’Espérance n’a plus de sens ni la foi.

Une autre lecture est possible : une lecture politique qui est aussi une lecture verticale : le pape Clément V (un Médicis) couronne Charles Quint. Les Médicis sont bien présents ici aussi.

Al'assaut de la coupole!

     Dominique reste dans l’église tandis que je grimpe à la coupole. 460 marches annoncées. On monte à la queue leu leu. Heureusement, seulement des sportifs ont choisi cette attraction. L’ascension s’effectue à un rythme soutenu au début. Malheureusement, quand le couloir se rétrécit, cela bouchonne. De temps en temps une ouverture nous fait découvrir un beau panorama.Quand on domine tous les palais, on devine qu’on a déjà effectué une bonne montée. Le circuit passe au bord de la fresque, à l’intérieur de la coupole. Le Diable mesure au moins 4 mètres de haut. Les couleurs sont vives. Puis la montée reprend, l’escalier utilise l’espace entre la coupole extérieure et la coupole intérieure. On comprend mieux l’astuce de Brunelleschi. Enfin nous arrivons sous le lanternon où un balcon est aménagé. Toute la ville est à nos pieds. Je distingue très bien les Villas Médicis Le Castello et La Pétraia et leurs jardins. Le Palais Vecchio présente une façade sans échafaudage de ravalement. On a l’impression de toucher le Campanile. La descente est plus rapide.

Baptistère

     Dernière visite : le Baptistère. A midi, les portes ouvrent. L’intérieur est beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Beaucoup plus décoré aussi. Sous la pyramide se cache une coupole (décidément Florence est la ville des toits doubles !). Cette coupole est décorée de magnifiques mosaïques tout à fait comparables à celles de Monreale, en éclat tout au moins. La lecture est plus compliquée moins pédagogique qu’en Sicile. Des colonnes très décorées dessinent des arêtes et découpent des tranches verticales dans la coupole 
Malheureusement, c’est ma quatrième visite et je me sens moins fraîche pour une étude de détail.

    Dominique est rentrée à grand peine au parking et m’attend dans la voiture.


Florence : Chartreuse de Galuzzo

Publié le : 16 Juin 2007
Florence :  Chartreuse de Galuzzo

Midi au gîte
     A 13h30, nous sommes de retour et déjeunons sous l’auvent des boulettes de viande délicieuses, de salade et des courgettes que nous avons achetées chez notre traiteur habituel.

      Il fait très chaud : 34°C. A la piscine, nous trouvons le fils de la maison Cosimo et sa fiancée Giulietta. Ils sont charmants, polis mais occupés à téléphoner.

    Chartreuse de Galuzzo

     A 17h, nous allons visiter la chartreuse de Galluzzo perchée sur la colline juste en face de chez nous. C’est elle qui a donné le nom au gîte sur le catalogue (en réalité elle s’appelle Villa Il Pino ou Villa Palagi). Nous nous devons donc d’aller lui rendre visite. Ce matin, je l’ai dessinée au lever du jour. Le campanile gracieux, la façade baroque donnent une impression de légèreté. Les autres bâtisses sont plus massives. Le bord est même fortifié et coiffé de créneaux. Elle coiffe une colline isolée et semble flamboyer des flammes noires des cyprès émergeant d’un épais bois de chênes verts ? Les autres collines sont plus douces avec un moutonnement d’oliviers des jardins et des maisons.

      Le monastère est encore occupé. Les Chartreux ont été remplacés par des Cisterciens, 7 moines. La visite est guidée par un Padre noir (peut être éthiopien ?) à l’Italien ralenti et chantonnant (il accentue sur la syllabe finale). Malheureusement nous sommes arrivées en retard et traversons la Pinacothèque sans accorder un regard aux fresques de Pontormo (le chef d’œuvre de l’endroit !)Dommage, les couleurs sont fraîches et claires avec des teintes orangées rares.

     La visite de la Chartreuse est intéressante pour le mode de vie des Chartreux eux mêmes. L’ordre fondé par Saint Bruno est originaire de France (tableau croutesque). Les Chartreux étaient des ermites. Ils vivaient enfermés dans leurs cellules ne se retrouvant que pour un repas commun le dimanche et à la promenade le lundi. Les frères converts faisaient tourner le monastère mais ne vivaient pas en ermites. Autour d’un vaste cloître occupé par une pelouse verte et leur cimetière (tombes anonymes) sont installées les cellules. Ce sont de véritables maisons. A l’entrée, dans la porte, un passe plats pour les repas. On entre dans une belle salle de séjour claire et chauffée par une cheminée meublée d’un bureau à rabat à côté une chambre à coucher de bonne taille occupée seulement par un lit de bois simple. Un couloir de 5 à6 m éclairé par de belles fenêtres permet la promenade (vue magnifique). Le moine dispose également d’un petit jardin. J’avais imaginé la vie des ermites plus ascétique. Ceux là étaient vraiment très bien logés !

Della Robbia

     Nous visitons l’église (belles stalles). Le Padre nous montre les médaillons de della Robbia. « se vede » murmure en admiratrice, une des deux italiennes qui se pique d’être connaisseuse.

     Dans la boutique, on vend de la Chartreuse, comme de bien entendu. A 18h nous sommes à nouveau à la piscine et profitons d’une dernière heure ensoleillée. Ici, le soleil se couche plus tôt qu’en France. Il fait nuit vers 9h. Après 7h1/2 le soleil a disparu derrière la colline.


Florence : Fiesole et retour à la villa

Publié le : 16 Juin 2007
Florence : Fiesole et retour à la villa

Fiesole.
Fiesole se trouve sur une colline voisine. Le trajet paraît bien compliqué sur notre carte. Nous avons de la chance, un monsieur dans une Punto grise métallisée, (la même que celle que nous avions en Sicile) nous dit : « suivez moi ». Il nous promène dans des quartiers modernes de Florence par un dédale de sens interdits et nous conduit sur les bords de l’Arno. De là, grâce à ses indications nous parvenons facilement à Fiesole.
      Les villas sur la colline sont encore plus luxueuses que la nôtre (et ce n’est pas peu dire). Le site archéologique est adossé à la pente. Dès l’entrée, nous découvrons un très joli théâtre romain. Malheureusement, un festival s’y déroule et la scène est occupée par un horrible décor tout noir qui écrase tout. C’est sûrement agréable d’y écouter de la musique (Birkin Branduardi !). Mais cela gâche le paysage. D’un tout petit temple étrusque, il ne reste qu’un pavé rectangulaire peu évocateur. Les thermes romains sont très bien préservés mais nous en avons vus de plus spectaculaires !

     Malgré l’interdiction, nous nous installons sous un arbre fruitier pour manger nos panini (omelette, salade pour Dominique, épinards, mozarella pour moi).
Musée
    Terminons la visite au Musée un peu fouillis. Je suis un peu déçue pour cette première rencontre avec les Etrusques.

     Retour  sans problème. Nous avons encore la piscine pour nous seules et nous en profitons bien. D’après la télévision, la température s’élève à 32°C.
    Nous préparons nos visites à Florence. Le plus difficile c’est d’éliminer. Les visites marathon ressemblent aux documentaires télévisés. Une image en chasse une autre. Quand l’émission est terminée on a déjà tout oublié. Nous avons besoin de temps pour construire des souvenirs, de fraîcheur pour nous enthousiasmer. Tant de détails triviaux président à nos choix : horaires d’ouverture, proximité du parking …

    Dominique part faire de courses au village voisin de Tavarnuzze. Si nous y étions allées samedi cela nous aurait épargné bien des énervements.
Nous terminons l’après midi par une promenade à travers notre domaine. Visite au Grand pin qui a donné son nom à la Villa.  Pause sur les bancs de pierre patinée.


Florence : Bargello

Publié le : 16 Juin 2007
Florence : Bargello

Au petit matin, à la villa 

     A 5h45 les hirondelles battent le rappel. Elles saluent le lever du jour très bruyamment. A 6h ; c’est le carillon de l’église voisine. Malgré les épais volets de bois qui empêchent le jour d’entrer, je commence ma journée vers 5h50. Ce matin, le ciel est couvert, il tombe même quelques gouttes qui sèchent à peine arrivées au sol. La météo de la télé annonce 36°/nuageux.

     Je dessine la placette  située entre les deux grosses maisons. La maison des maîtres a deux étages. Elle est crépie de blanc. Son entrée est aristocratique avec deux fausses colonnes cannelées, des chapiteaux et une maxime latine gravée au dessus de la porte. Elle possède une terrasse où tout le monde se tient à l’ombre d’un grand parasol beige et deux loggias.

      L’autre maison n’a qu’un étage. Les pierres sont apparentes, quelques briques en arc de cercle donnent aux fenêtres ordinaires un air cintré. Son charme réside dans une très jolie liane grimpante aux fleurs blanches. De loin, on dirait du chèvrefeuille, en plus fleuri. Une guirlande traverse la fenêtre garnie de barreaux, remonte. Dans les jardinières de terre : de magnifiques géraniums rouges fleurissent toute la place ainsi que l’allée terminée par cinq vieux cyprès.

     En face, dans de très grosses potiches, des citronniers en fleurs et en fruits. Trois tuteurs guident les branches souples qu’on a contraint à tourner en formant une sorte de cage.

     Vers 8h, nous empruntons la promenade des collines qui passe devant San Miniato et par la Piazzale Michelangelo, traversons l’Arno et garons la voiture sur le Lungarno à proximité de la Bibliothèque nationale. Nous sommes à moins d’un kilomètre du Bargello que nous trouvons facilement.

Bargello

      Le Palais du Bargello a très belle allure, surtout le Cortile : arcades hautes et cintrées peintes, murs décorés par les écussons des armes des Podestats. Autour de la cour, de nombreuses statues. Un groupe de musiciens nous plaît.
Bacchus ivre
      Les chefs d’œuvre sont réunis dans la salle de Michelange. Dès l’entrée,  le Bacchus ivre attire le regard. Je pense au Satire dansant ou à l’Ephèbe de Motzia. Seuls, ils meublaient un musée. Le Bacchus pourrait avoir cet honneur. On pourrait prendre son temps pour l’admirer. C’est une statue étrange. Peu de sculpteurs ont représenté l’ivresse. On peint plutôt un personnage dans une attitude honorable et digne.

    Un beau médaillon Tondo Pitti, représente une Madone, Jésus et Jean Baptiste. Encore un témoignage de l’originalité de Michelange, cette madone ne ressemble à aucune Madone.

Nous examinons de nombreuses statues de cette salle. Retrouvons Ammanati avec un curieux Leda et le Cygne.
Je découvre un sculpteur que je ne connaissais pas : Giambologna, Jean de Bologne. Nous retrouvons Persée de Cellini.

     J’ai du mal à analyser mes sentiments devant tous ces chefs d’œuvre. La première impression est la curiosité. Dans toutes mes lectures, j’avais entendu parler de tous ces sculpteurs fameux sans pouvoir fixer une image. Mon premier élan est de classer : un artiste, une époque, une œuvre. Après seulement, je peux me demander ce qui me plaît vraiment. Est ce que c’est beau ? Sauf dans les cas exceptionnels de quelques chefs d’œuvre où la réponse saute aux yeux. La question ne se pose pas.

     Je retrouve Donatello avec qui j’avais fait connaissance hier au musée de l’Opera del Duomo. Tout le bestiaire de Giambologna me ravit. Plus vrais que nature, le dindon, le hibou  ou l’aiglon. Les représentations d’animaux me font toujours craquer.

     Nous retrouvons aussi les médaillons émaillés et les compositions de terre cuite vitrifiée des Della Robbia. L’atelier comprenait toute une famille : Luca, Andréa. Cela me rappelle les Gagini en Sicile. Je n’ai pas repéré lequel était le plus doué. Tous ont la même facture : tête des madones blanches, vêtements bleus et pourtour décoratif. C’est extrêmement reconnaissable. La dame d’hier pouvait bien frimer !

    Nous passons devant des objets de prix : ivoires, horloges, art islamique. Impression de bric à brac.
Après un dernier regard à Bacchus, nous nous séparons.


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