Mexico est une ville où l’on se laisse surprendre pour le mieux comme pour le pire… J’ai été surpris et bluffé de découvrir la «galerie aux livres». En prenant le métro à Pino Suarez, on traverse un couloir de plus de 400 mètres de long jonché de librairies appartenant aux principales maisons d’édition : Editorial Planeta, FCE, Editorial Porrua, Larousse, etc. Je n’ai pas eu le courage de compter, mais j’estime qu’il y a au moins 40 stands différents oú l'on peut se procurer tout genre de livres.
Il s’agit bien entendu d’un couloir de métro sans âme, mais si vous prenez le métro et aimez les livres, vous serez sans doute surpris de voir cette profusion dans un tel lieux - en français qui plus est!
Non loin à pied du Zocalo, en face du métro Pino Suarez se trouve le charmant petit musée de la Cuidad de Mexico. Je pensais tomber sur un musée relatant l’histoire de la ville, mais non, il s’agit plutôt de salles d’expositions artistiques liées à la ville de Mexico (certaines salles étant fermées, peut-être n’ai-je pas tout pu appréhender).
La particularité qui caractérise les expos que j’ai visitées (février 2006), c’est le ton très social et anti "establishment". Par exemple, les photographies affichées de la dernière campagne présidentielle sont très cocasses en montrant les candidats sous de mauvais jours ; des peintures un peu pop art très colorées qui dévoilent l’exploitation de la classe ouvrière.
Ce musée présente plusieurs avantages, et non des moindres : il est gratuit (sauf pour une salle qui reste payante). Le bâtiment auquel je ne saurais attribuer une date précise (courant du 19ème) est magnifique, et quelques 30 minutes suffisent amplement pour faire le tour des différentes salles.
Près de 12 ans après mon dernier passage, El Popular continue d’être un lieu de référence parmi les Mexicains. En effet, plus que bopn marché de par ses prix, c’est un lieu extrêmement fréquenté et donc populaire. Comme à Paris, j’ai dû attendre 10 minutes avant de trouver une table. Lors de l'attente, on m’a offert un jus d’orange.
Que dire de la nourriture, sinon que la relation qualité-prix est correcte sans plus. On peut manger pire ou meilleur ailleurs. La décoration n’est pas très attrayante, en revanche le bâtiment l’est d’avantage. L’atmosphère familiale du samedi midi a été ma récompense et c’est une raison suffisante pour y faire un tour. En semaine je ne sais pas.
En tout et pour tout, pourboire compris, j’en ai eu pour 60 pesos (4,5 euros).
Pas si facile que ça de tomber sur un cyber café à Toluca, même en plein centre ville.
Dans une galerie commerciale donnant sur la rue principale, Hidalgo, je suis tombé sur un petit cyber sans nom... La demi-heure coûte 5 pesos, soit environ 50 centimes d'euro. Les machines sont plus que correctes et permettent même d'écrire sans aucun problème un article sur Voix Nomades!
Portal Madero, pasaje CIMMSA, local 15.
Toluca est à une bonne heure de route de Mexico DF. Plusieurs dizaines de compagnies de bus font l’aller-retour entre ces deux villes. La plupart de ces compagnies partent de leur propre terminal de bus mais recueillent les passagers au pied levé dans les principales artères de la ville, principalement sur le Paseo Tollocan. Lorsque vous voyez un bus qui va vers Mexico, il suffit de lever la main pour que le bus s’arrête.
Il existe plusieurs qualités de bus et bien entendu de tarifs. Comptez environ entre 40 et 100 pesos pour un aller simple vers Mexico. La différence de prix vient non seulement du confort de bus mais aussi du fait que certains bus prennent l’autoroute avec péage ce qui est plus rapide. Au cours du voyage on franchi un col à 3050 mètres.
Les bus desservent plusieurs points de México: l’aéroport, les stations de métro Observatorio, Chapultepec, etc.
Pour vous rendre á l'aéroport de Mexico depuis Toluca, je vous conseille de prendre la compagnie El Caminante. Les départs ont lieu toutes les heures pour 100 pesos (environ 8 euros). www.tmt-caminante.com.mx
La plaza de las Tres Culturas est une place symbole qui synthétise quatre regards sur le Mexique : son passé précolombien, avec la ville aztèque de Tlatelolco (on peut se promener à travers les ruines), son passé colonial et catholique avec le couvent et la cathédrale de Santiago et enfin un gratte-ciel évoquant la modernité contemporaine. Le quatrième symbole est représenté par la lutte des étudiants pour la démocratisation du régime, qui fit des centaines de victimes le 2 octobre 1968, principalement des étudiants.
Une pancarte officielle, dont le ton reste un peu « politiquement correct », évoque pudiquement la naissance de la culture mexicaine dans cette place, qui vit la sanglante défaite de Cuauhtémoc et la chute définitive de Tenochtitlan face à l’armée de Cortez en 1521.
La place en elle-même m’a semblé un peu froide et assez mal mise en valeur. D’ailleurs le quartier, au nord du centre-ville, n’est pas très accueillant en lui-même. Plutôt que de vous y rendre en métro, j’ai fait le trajet à pied depuis le centre ville (palais de bellas artes) en passant par la place Garibaldi où j'ai croisé des orchestres de Mariachis qui louent leurs services, ainsi que des bars mal famés !
Même si les distances sont importantes au Mexique, voyager en bus s’avère assez économique et permet de découvrir le pays par voie terrestre.
Transportes ADO est une compagnie de bus qui offre une bonne relation qualité/prix pour arriver et partir de Mexico en provenance des principales villes du Sud (Puebla, Coatzacoalcos, Cancun, Oaxaca, Palenque Etc...).
ADO offre plusieurs qualités de services, dont un service de luxe, mais tous les bus ont un WC, ce qui est important pour les longs trajets. Il existe plusieurs compagnies – type deuxième classe – mais la différence de prix ne justifie pas à mon avis de voyager dans des moins bonnes conditions.
Il existe deux moyens d’acheter vos billets, soit au guichet du « Terminal de Autobuses de Oriente » (TAPO) soit auprès des revendeurs d’ADO (consultez l’adresse ci-dessous).
Site ADO: https://www.ticketbus.com.mx/ticketbus/fra/index.jsp
Un bon moyen pour découvrir une ville sous tous ses aspects - et en particulier Mexico, c’est d’acheter un journal (ce que j’applique toujours). Entre la lecture des faits divers, les luttes (pour ne pas dire magouilles) politiques en cours, l’agenda culturel, les promos des supermarchés etc..., un journal me permet de prendre très rapidement le pouls de la ville.
A Mexico, je vous conseille (sensibilité personnelle oblige) le journal La Jornada, assez proche dans son format de Libération et d’El Pais.
Pour la petite histoire, ce journal a vu le jour en 1984. Il a été créé au départ non pas par des actionnaires appartenant à des grands groupes de presse, mais par des intellectuels. L’idée fondatrice du journal était de défendre les minorités (indigènes, homosexuelles, les artistes dissidents etc...) face aux groupes conservateurs et de défendre les valeurs démocratiques face au parti au pouvoir depuis 1929, le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel).
Le prix du journal est de 10 pesos.
La ville de Tula, au nord de Mexico, est curieusement assez délaissée des hordes de touristes. Il faut en effet vraiment s’intéresser aux sites archéologiques pour parcourir les quelques 80 kilomètres depuis Mexico DF.
Pourtant, d’après les légendes fondatrices de ce que l’on appelle la "culture Toltèque" (même si l’exactitude de cette dénomination fait débat entre spécialistes), cela serait dans la ville de Tula (du nahuatl Tollan) que serait née la légende de Quetzacoatl, le roi dieu serpent à plumes.
Quoiqu’il en soit, on doit à cette culture d’avoir fédéré la vallée centrale mexicaine et d’avoir mis fin à la suprématie Maya dans l’actuel Yucatan. Lorsque vous visiterez les superbes sites de Chichen Itza et Tulum, sachez qu’il s’agit de sites fortement marqués par les traits Toltèques venus de Tula. Enfin, culturellement parlant, il est fort probable que les Aztèques soient les héritiers des Toltèques.
Aujourd’hui Tula garde un vestige archéologique de taille moyenne mais néanmoins impressionnant du fait des atlantes, des colosses représentant les dieux qui mesurent plus de 4,5 mètres de hauteur. On pense qu’ils étaient les piliers du temple principal.
Arriver jusqu’à Tula fut une belle expérience. On quitte Mexico par la gare routière et on traverse différentes banlieues et zones industrielles, le tout avec les volcans et montagnes en arrière plan. Une fois arrivé à Tula, il faut prendre un taxi ou un bus vers le site qui se trouve à la sortie de la ville. Avant de repartir vers Mexico, faites un tour de cette ville plutôt industrielle. C’est intéressant.
Un énième musée de plus à visiter ? Non ! Le Museo de Antropologia de Mexico est pour moi sans conteste l’alter ego du Louvre en ce qui concerne les cultures amérindiennes et particulièrement celles du Mexique. Même si les musées ne sont pas votre tasse de thé, ne ratez pas celui-ci. Cela vous aidera à mieux apprécier les visites des sites archéologiques lors de votre séjour.
Le musée est divisé en plusieurs salles thématiques, chacune abordant les grandes cultures mexicaines : Teotihuacan, Oaxaca, Maya, en passant par les Aztèques et les Toltèques.
La partie consacrée aux Aztèques (également appelée Mexica) est impressionnante. Le clou du spectacle est le calendrier Aztèque ainsi que les autres reliques venues de Tenochtitlan, l’ancienne capitale Aztèque.
En plus de présenter des trésors, je dois avouer que j’ai rarement vu un musée faire un aussi grand effort pédagogique, ce qui renforce l’attrait du lieu Pour ceux qui souhaitent approfondir cette visite, et en particulier votre connaissance des Aztèques, je vous conseille de lire le livre du Fray Bernardino de Sahagun Historia general de las cosas de Nueva España. C’est magnifique.
Le musée mérite plusieurs heures de visites, voire plusieurs visites. Il est situé dans le quartier chic de Chapultepec, qui mérite également une attention particulière.
Une des bonnes surprises lors de mon séjour au Mexique a été celle de rentrer dans une salle de théâtre et d’y voir une représentation.
La ville de Mexico, comme toute capitale importante, possède une scène culturelle très importante et regorge de théâtres, dont le Teatro de las Vizcaínas. Ne vous fiez pas aux apparences. Ce théâtre est un bâtiment sans attrait et situé au centre ville (Métro Salto del Agua).
Généralement les spectacles d’auteurs mexicains sont de qualité pour un public à la fois exigeant et populaire. En fait, plus que la qualité de l’œuvre jouée, ce qui m’a attiré c’est de me retrouver dans un lieu de culture dans une ville étrangère. L’expérience fût gratifiante et je vous la conseille vivement si vous aimez comme moi le théâtre.
Pour les représentations en soirée jetez tout de même un coup d’œil au dessus de votre épaule... Vous n’êtes pas à Coyoacan, donc attention à vos poches !
En revenant du Mexique avec en poche quelques notions supplémentaires d’espagnol, on a souvent envie d'approfondir sa connaissance de la société mexicaine contemporaine. Afin de joindre l’utile à l’agréable je vous invite à vous procurer, soit à Mexico, soit dans votre cinémathèque locale, les films du célèbre acteur réalisateur Cantiflas (1911-1993).
Cantiflas peut à juste raison être considéré comme le Charles Chaplin mexicain. Tout au long de sa filmographie, Cantiflas a pris tour à tour la peau des différents personnages caractéristiques de la société mexicaine (l’illettré, l’ouvrier, l’enseignant, ou encore le médecin), toujours avec un regard très critique vis-à-vis des classes dirigeantes, mais toujours avec beaucoup d'humour.
Bref, au travers des films de Cantiflas, c’est un véritable parcours sociologique de la société mexicaine contemporaine qui s’offre à nous. Cantinflas reste encore aujourd'hui un des personnages préférés et adorés des mexicains.
Quelques bons films parmi d'autres:
- Ni sangre ni arena (1941)
- El supersabio (1948)
- Si yo fuera diputado (1951)
- El analfabeto (1960)
Le premier réflexe lorsqu’on arrive dans une ville aussi intéressante que Mexico DF est celui de se préparer en toute hâte afin de ne perdre aucun instant pour visiter la ville. Vous prendrez sûrement le métro comme moyen de transport. Par expérience je vous conseille fortement de ne pas faire trop d’efforts au cours de votre première journée !! Mexico, en plus d’être extrêmement polluée, est située à plus de 2200 mètres au dessus du niveau de la mer. Ainsi, le moindre effort de montée et descente des escaliers au cours d’une correspondance s’assimile à un mini « trek urbain » où l’on perd assez vite son souffle. N’ayez crainte, au bout de 24 heures vous vous habituerez. ;-)
Vous noterez la forte ressemblance avec le métro parisien : wagons, longueur des couloirs et des correspondances, la foule aux heures de pointe... Et pour cause, se sont les ingénieurs français qui ont aidé les mexicains à le construire à la fin des années soixante pour l’inauguration des jeux olympiques. Le réseau compte aujourd’hui 11 lignes et plus de 175 stations et constitue un mode de transport très bon marché, donc à privilégier.
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