Dans Cuzco et sa région, l'importance du tourisme est telle que l'on échappe pas à une certaine folklorisation. Les marchés sont très touristiques, les points de vues sur les bords des routes encombrés de revendeurs en tout genre, avec lamas et tenues « traditionnelles » attendant les touristes véhiculés... Pour avoir un contact serein avec les gens, on a vu mieux...
Cependant, certaines scènes de vie surgissent parfois sans crier gare et viennent briser cette mise en scène acceptée par tous, codifiée par un tourisme de masse souvent irresponsable et des stratégies de développement touristique locales à courte vue.
A Cuzco, cela ne m'est arrivé que deux fois, - ce qui m'a semblé beaucoup vu la balnéarisation de la ville (dans d'autres lieux, comme Aguas Calientes, c'est bien pire).
La première fois, c'était aux abords de la cathédrale de Cuzco, en plein centre ville, sur la plaza de armas. La nuit tombée, vers 18h00, commence alors à se former une queue de croyants désirant assister à la messe. Le touristes sont partis. Les croyants restent et s'alignent sagement le long de l'enceinte, par deux ou trois, dans un silence empreint de respect, comme si on allait entrer en classe... Je connaissais ce décalage qu'il peut y avoir avec nos rapports au sacré, et, au-delà, avec les marques inconscientes de respect que les habitants des Andes portent à l'église chrétienne et à sa hiérarchie. Me reviennent souvent en mémoire ces scènes moralisatrices représentées dans l'art colonial de cette région. La religion chrétienne, de l'Argentine au Pérou, s'est affirmée autant par la crainte de Dieu que pour son Amour...
La seconde fois, c'est une jeune fille de 5 ans à peine, vendant des petits bibelots misérables en tissus. Une fois le contact établi, la franchise et la maturité de ses mots m'ont stupéfié. La réalité de sa situation, de son acte, de mon pouvoir d'achat, l'inintérêt de ce qu'elle vend, sa capacité à marchander avec des mots parfois violents... Tout cela sans les gestes de ces enfants qui, au même âge, en France ou ailleurs, sont si communs. Dans les Andes, comme dans bien d'autres régions du monde, on grandit vite. Il suffit de parler à une gamine de 5 ans pour comprendre comment bien des habitants de cette ville perçoivent notre présence. Sans haine, juste avec avidité, et comme un moyen et une stratégie de lutte contre la pauvreté. Echange inégal. A tout point de vue...
Bu bain de l'Inca à Cuzco, en passant par le tambo de Puca Pucara, la huaca de Kenko et la forteresse de Sacsayhuaman. Une marche de quelques heures absolument féerique. A faire à pied, comme un pélerin...
Il est désormais "presque" possible de se rendre au village d'Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu, en voiture ou en bus. Cela pourrait devenir une solution, vu les prix prohibitifs du train. Cependant, le trajet passe par un col à plus de 4000 mètres et par Santa Teresa (trajet Quillabamba - Sta Maria - Sta Teressa - Hydro), ce qui constitue un sacré détour. Je ne suis pas sur que l'on soit gagnant en confort et en temps de trajet... Le paysage est par contre magnifique, surtout sur le toit d'un camion. Pour mémoire, le nouveau pont se situe non loin du village de Santa Teresa, point d'arrivée d'un trek que j'ai effectué dans cette région en juin 2006. Moi, j'étais passé sur la rivière par un câble peu engageant, avec plein de croix au départ... Je me suis abstenu de demander pourquoi... mais, - allez savoir -, j'ai tout de même pris soin, dans un élan de courtoisie, de laisser passer un autre marcheur avec son guide, juste pour voir !
De Santa Teresa, il faut 2 heures de marche vers la station de train "Hydro" (1 train par jour vers Aguas Calientes) et 2 heures de plus en longeant les rails, à pied...
Des banques, vous en trouverez partout. Je vous conseille cependant la avenidad del sol, l'artère administrative et bancaire de la ville. Des grands magasins, des agencts de change, une grande pharmacie centrale, à l'angle de la rue Almagro, le lieu d'achat du boleto turistico (dans le museo de arte) et, au n° 244, le magasin de camping le mieux fourni. Bref pas d'hésitations !
Pour les agences de voyage, allez rue plateros.
Par contre, méfiez-vous de la rue Procuradores. C'est la rue glauque de Cuzco, avec des boutiques lugubres, des lieux malfamés qui chercheront à vous vendre des prostituées et, le soir, de la drogue.
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