Non loin du lac Titicaca, les plus beaux vestiges andins de Bolivie se donnent à voir sur un vaste plateau de 3800m d'altitude. Le site archéologique de Tiahuanaco est - de loin - le plus emblématique de la région. A première vue, ses dimensions peuvent surprendre. Les nuits froides et les paysages arides ne laissent en rien présager le développement d'une civilisation aussi complexe, dont la durée de vie fut très longue : près de 350 années environ (Horizon moyen : 650 – 1000). Même le premier empire andin des Wari ne mis pas fin à l'existence de l'idéologie religieuse de Tiahuanaco...
Rien de surprenant pourtant quand on sait que sur l'Altiplano, la puna, pâturage de cette région, a permis la pratique de l'élevage des lamas. De même, l'agriculture en camellones, champs surélevés entourés de canaux, permettait de réguler l'apport en eau. Tiahuanaco à regné sur une partie importante du Pérou actuel. C'est dire sa force militaire et commerciale, qui nous a lègué la plus grande réalisation mégalithique de l'époque pré-inca. Tiahuanaco pouvait compter jusqu'à 26 000 habitants...
Aujourd'hui, seul le site cérémoniel a été dégagé. Il est connu pour son très célèbre personnage sculpté au centre de la porte du soleil : quelques rares autres monuments ont résisté aux pillages et autres prélèvements des pays occidentaux, dont les magnifiques statues anthropomorphes (voir photo), témoignages émouvants de l'art andin pré-inca.
Les récents troubles sociaux ont fait peur à de nombreux touristes, qui hésitent désormais à se rendre en Bolivie. Il faut pourtant distinguer deux problèmes différents. L'instabilité politique est une chose commune dans ce pays, qui a connu tout de même plusieurs dizaines de coups d'états et plusieurs centaines de chefs de gouvernement en à peine moins de deux siècles de République bolivienne (178 gouvernements pour être exact !). En général, les voyageurs ne subiront pas directement ce genre d'aléas, sauf peut-être en terme de blocages de routes ou de désorganisation d'un séjour.
Par contre, il est vrai que l'insécurité sociale a augmenté ces dernières années alors que la Bolivie passait pour le pays non dangereux de la région, notamment en comparaison avec son voisin péruvien. Fini le temps où l'on pouvait laisser son sac à dos sans surveillance ! Les régions du lac Titicaca et de Santa Cruz sont assez exposées. Il paraît qu'il y a des enlèvements d'étrangers. Alors gare aux faux taxis et autres faux policiers. Vérifiez bien les identités de chacun et ne jamais se laisser embarquer... Pour le reste, comme toujours, il ne faut pas dramatiser ces événements qui arrivent dans de nombreux pays.
La vieille ville endormie, entièrement conçue en damier, disparaît peu à peu sous la croissance urbaine et démographique. Les plaines de la région favorisent l'essor des voies de communication dans la région aux dépends des villes des Andes.
Santa Cruz est devenu un point de passage obligé, porte d'entrée du pays : par le train, entre le Brésil et le reste du pays, par la route, pour aller au Paraguay ou en Argentine, et surtout par la voie des airs. A santa Cruz de la Sierra, la plupart des liaisons aériennes internationales effectuent une escale. Aussi, il est tentant pour les voyageurs de faire de même, pour aller visiter les missions jésuites, voire le parc national d'Amboro.
Un conseil si vous partez de cet aéroport vers l'étranger : attention aux fouilles corporelles pratiquées par les douaniers. Ici, ça ne rigole pas du tout. Ne ramenez pas de drogue ni même de feuilles de coca en souvenir (on en trouve facilement, dans des portes clés par exemple, sur les marchés andins) ! En plus, si vous avez acheté de belles statuettes, copies des statues de Tiahuanaco, vous aurez le droit à une tentative de racket par le douanier. Dans ce cas, mieux vaut faire l'idiot en ne parlant pas un traite mot d'espagnol ni même d'anglais...
La ville vaut surtout pour sa douceur de vivre. Il y fait chaud toute l'année et les plantations de café et autres cultures tropicales lui donnent un air créole agréable. On se croirait presque au Brésil. Il n'y a pas grand chose à y faire, sinon observer la vallée menant à la route de la mort... La route des Yungas se laisse voir comme une scène de théâtre, avant le départ des condamnés ! Coroïco est un peu une ville étape, avec pas mal d'hôtels et de touristes en transition. C'est un peu son charme et son point faible. Difficile de faire de vrais rencontres dans ce cadre là. La plupart des routiers qui sillonnent les Yungas vers la Paz font étapes à quelques kilomètres, au pied même des gorges qui montent vers la Paz, devant des barraques en bois servant de buvettes. Du coup, on reste un peu entre soi. Pour ma part, je m'y suis un peu ennuyé. Je ne suis pas certains que les Yungas (et le prix du danger) valent ce risque, sans compter que l'aller-retour est presque indispensable...
Le lac Titicaca est un mythe. Mais lequel ! Pour les espagnols, rêves de richesses. Pour les Aymara et Quechua, berceau des origines et des premiers empereurs incas (Manco Capac et sa soeur Mama Ocllo, devenue son épouse). Une atlantide andine ?
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