Depuis longtemps, les paresseux peuvent déambuler sur cette place, centre un peu vide de Santa Cruz (voir photo). Avec les cinémas, les restaurants, le parc et le caractère un peu préservé de cet endroit, la plaza 24 de Septiembre est idéale pour faire une pause, se détendre, ou encore recharger ses batteries ! Un ami me dit que les paresseux ne sont plus là... On ne peut plus les voir grimper au rythme d'un escargot dans les arbres du parc central ! Dommage, cela ajoutait au charme indolent du lieu...
Santa Cruz de la Sierra, c'est un peu le far west bolivien aux allures d'eldorado un peu louche.
Ici, on aperçoit beaucoup d'argent, de belles villas cossues, de belles voitures aux vitres teintées et des aventuriers en tout genre. Les fortunes y sont fulgurantes (gaz, pétrole, agriculture) et/ou illicites (drogue)... Franchement, si vous débarquez de plusieurs semaines dans les andes boliviennes, l'atmosphère ne vous paraîtra pas très saine.
C'est d'ailleurs cette prospérité qui donne corps, à mon avis, à la revendication autonomiste de cette région. La ville est maintenant plus peuplée que La Paz et bien plus riche. Son dynamise économique et son rôle de porte d'entrée du pays donnent des ailes à Santa Cruz !
Néanmoins, il y a ici un sens du sourire qu'il n'y a pas ailleurs en Bolivie. Les gens sont plus communicatifs que dans les Andes. Peut-être est-ce dû au climat chaud ?
L'est du pays est fascinant du fait de ses missions jésuites. Magnifiquement restaurées depuis 25 ans, elles furent construites pour la plupart au 17ème et 18 siècle par les jésuites suisses et autrichiens. Les chiquitanos, qui vivaient de chasse et de cueillette, furent très fortement influencés par la christianisation. Encore aujourd'hui, on note la forte présence de religieux autrichiens ou suisses, sans compter les particularités vestimentaires ou physiques de cette région de Bolivie : chemises ou salopettes pour les hommes, tenues féminines rigoristes faisant penser au christianisme protestant sourcilleux pour les femmes, sans compter des paysans (rares toutefois) au teint blond qui laisse penser que le mélange des cultures ne fut pas uniquemennt spirituel !
Néanmoins, l'héritage est également musical et architectural. Les églises évoquent un mélange réussi d'Art Baroque avec une certaine esthétique propre aux tribus amazionnes. Dans l'église de San Javier, on peut également assister à des concerts de musique baroque, tradition musicale héritée de la première école de musique fondée par le Jésuite Martin Schmidt. Ce dernier fonda en effet à San Javier (fin 17ème s) une école de musique en même temps que l'église. Ces missions ne sont pas des ruines ouvertes aux touristes. Elles sont encore le lieu d'une vie spirituelle intense, avec des offices réguliers, des concerts et des activités culutrelles.
Quel itinéraire choisir ? Le transport prend énormément de temps dans cette région. Si vous avez un peu de temps, il suffit de faire un aller-retour à San José de Chiquitos (voir photo), la mission la plus intéressante. Pour ceux qui ont un peu plus de temps, le retour (ou l'aller) peut se faire part étape en bus, de missions en missions, en passant notamment par San Javier...
Autant le dire tout de suite, en deux semaines de séjour, il est impossible de visiter toutes les régions les plus significatives de ce pays (La Paz, Altiplano, lac Titicaca, Yungas, Amazonie, missions jésuites...). Les trajets sont trop longs, les régions trop grandioses pour être négligées par seulement quelques heures (ou jours) de visite !
Pour ma part, l'âme de la Bolivie ne se révèle réellement que par la découverte de ses cultures andines : La Paz, Lac Titicaca, Uyuni, Potosi, Sucre. Voilà la formule magique, qui vous plonge au coeur de paysages d'un étonnante beauté. Le point d'orgue est sans conteste le couple Potosi – Sucre, villes proches et si différentes.
Potosi, ville rude et froide, est dominée par ses mines d'argent (voir photo). Ici, la vie est encore rythmée par les ouvriers qui partent vers le Cerro Rico, la bouche pleine de feuilles de coca. Sa sublime architecture coloniale espagnole en fait tout simplement une des villes les plus fascinantes de l'Amérique andine. Elle fut en tout cas la ville la plus grande et la plus riche d'Amérique latine à la fin du 18ème siècle. Cruauté et tragédie d'un destin hors norme, car aujourd'hui on ressent le poids de cette économie d'exploitation et de domination. Les enfants partant à la mine sont nombreux. Potosi, parcourue de part en part par les vestiges magnifiques de cette splendeur passée, n'en n'est pas moins tristement pauvre et difficile pour de nombreux Boliviens qui l'habitent aujourd'hui.
A quelques heures de route, Sucre possède une allure de type "créole". L'héritage colonial est palpable un peu partout dans la ville, mais les murs, peints en blanc, donnent à cet endroit le charme des belles villes endormies.... Ajoutons un climat agréable et Sucre devient l'endroit idéal pour se reposer, en fin de voyage, de la rudesse de l'Altiplano...
La Bolivie est un pays très long à parcourir : les montagnes ne sont pas les seules coupables. Les routes, hors des grands axes de communication comme la Paz-Cochabamba, se transforment souvent en de simples pistes. Du coup, les temps de transport en bus explosent : pour aller de Sucre aux plaines de l'Est, à Santa Cruz de la Sierra, il faut compter de 16 à 25 heures... Il faut également ajouter que les voyages en bus se font souvent sur des routes assez dangereuses, avec de nombreux passages "délicats". Les personnes sujettes au vertige ne seront guère heureuses au cours de ces trajets. La vitesse des chauffeurs n'est d'ailleurs pas en reste. Pour aller d'Uyuni, près du salar du même nom, à Potosi, nous avons dû nous réunir à 10 passagers pour convaincre le poste de police local de libérer le chauffeurs du car, qui était enfermé depuis la veille. Lorsqu'il est enfin sorti, j'ai pu en comprendre la raison... Il n'était pas très frais suite à sa cuite de la veille et, pour nous remercier, s'est mis en tête de ratttraper son retard... Charmant !
Dans la mesure du possible, préférez les autres moyens de transport : le train est idéal entre La Paz et Uyuni et entre Santa Cruz et San José de Chiquitos. Pour le reste, l'avion est le moyen de transport le plus pratique. Il n'est pas trop cher et on peut trouver un pass spécial "visite Bolivia" pour 4 vols intérieurs depuis l'étranger. Pour ma part, les vols Sucre – Santa Cruz, Santa Cruz – La Paz et Trinidad – La Paz se sont révélés être très pratiques...
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