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Trinidad, ville de nulle part

Publié le : 13 Juin 2006
Trinidad, ville de nulle part

Trinidad est un peu loin de tout. Les paysages pour y arriver sont monotones et la ville manque un peu d'âme. Seul le centre rappelle l'existence d'une structure urbaine coloniale agréable...

La plupart des voyageurs n'y restent d'ailleurs que quelques heures, histoire de se reposer une nuit après un premier voyage en direction du Nord de l'Amazonie bolivienne ou vers Santa Cruz, au Sud.

Autour de la ville, l'endroit le plus connu est puerto Borador, avec ses dauphins et ses restaurants de poissons le long de la rivière Mamoré. Enfin, il existe de nombreuses possibilités d'effectuer des séjours dans la jungle des environs. Attention toutefois, la jungle ici est assez sèche et inégale. On est ni dans un parc national ni dans l'Amazonie luxriante du Brésil. Par contre la région est une des plus sauvages du pays et ses habitants conservent une vraie culture de pionniers et une forte identité.

Pour se rendre à Trinidad, il n'y a pas beaucoup de solutions : la ville se trouve au coeur des vastes plaines semi-tropicales de l'Amazonie orientale, à 12h de bus de Santa Cruz et autant des parcs nationaux du Nord de l'Amazonie bolivienne. Un aéroport bien pratique permet également de relier plusieurs fois par semaine Cochabamba et La Paz, dans les Andes, ainsi que d'autres villes de la région.

Vous pouvez lire deux articles et voir des photos de notre périple dans la région du fleuve Ibaré dans mon carnet de voyage "Atmosphères boliviennes", à l'adresse suivante :http://www.voix-nomades.com/carnets-voy … -1081.html


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Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (2)

Publié le : 13 Juin 2006
Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (2)

Nous avons parcouru le cours d'un affluent du rio Ibaré, 5 jours durant, à coups de pagaies. A contre courant, ce fut éreintant. Remonter une rivière ou un fleuve de la région de Trinidad, c'est partir à la rencontre du bush bolivien et de ses habitants-colons...

Un jour, nous visitons de frèles petites cabannes abritant une ou deux familles, le long de la rivière, unique échappatoire dans cet enfer vert. Des pressoirs manuels et quelques constructions en paille ou en bois cachent mal l'économie de subsistance dans laquelle ces gens vivent... Nous repartons comme nous sommes arrivés, avec une certaine incompréhension mutuelle mélée à de la sympathie. Que faisons-nous ici ? Nous visitons simplement, pour le plaisir. Alors, merci et au revoir ? En d'autres lieux, on appelle cela un trek ou un raid. Face au destin de ces familles, le décalage est parfois trop grand.

Nous poursuivons notre route. Nous avons vite compris que notre ange gardien, Pepe, même muni de sa pétoire, avait le sommeil bien plus lourd que le nôtre ! Allongé le long du feu, il dort si profondément que je le vois mal surpendre un boa sortant du fleuve pour dévorer les voyageurs de passage que nous sommes... Je n'imagine pourtant plus Pepe sans son fusil... A mon avis, il l'emporte toujours avec lui, partout, comme une compagne de bush. Le soir, avec ses petits enfants dont il parle parfois, il doit avoir son fusil non loin, au cas où. Mais marche-t-elle encore, cette arme de collection ? Je n'ose lui poser la question...

Pour ce qui est du léon, le puma de la jungle bolivienne, je commence à croire au mythe. Par contre, pour les alligators, ils sont bien réels. Le soir venu, alors que nous continuons parfois à pagayer, Pepe éteint nos lumières quelques minutes puis éclaire la pénombre d'un faisceau soudain et rasant. Le spectacle de dizaines de paires d'yeux sur la surface de l'eau, à quelques mètres à peine de notre embarcation, nous donnent une soudaine envie de gagner la rive du fleuve. Et si nous montions le camps, "amigo Pepe" !!

Le rite du soir est immuable. Une eau marron à bouillir, de la viande séchée comme pitance et des tentatives rarement couronnées de succès pour améliorer l'ordinaire avec du poisson. Et pas n'importe lequel. Dans cet univers sauvage et anonyme, où facochères et autres animaux dont les noms m'échappent déjà surgissent toujours à l'improviste, il est une espèce qui reste là, tapie tout près de nous, et qui occupe en permanence une partie de nos pensées... Le pirhana, dont la saveur est exquise (dans nos assiettes s'entend...) est l'autre seigneur du lieux, avec le mythique Léon !

Trinidad, rio Ibaré, amazonie bolivienne... adresse sans chiffres ni mémoire. Bonne route...


Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (2)
Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (2)

Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (1)

Publié le : 13 Juin 2006
Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (1)

Trinidad, ville monotone et endormie.

Je me suis parfois demandé s'il y avait des mots ou des données géographiques intellegibles pour décrire ce genre de lieux, perdus au coeur de vastes espaces de plaines semi-tropicales où tout se ressemble : les routes, les villages, les ponts, les itinéraires. Ici, ni paysages extravagants classés parc national, ni monuments historiques labéllisés patrimoine mondial.

Je me dis également, pour avoir parcouru bien des pays d'Amérique latine, que ce paysage de plaines infinies et vides (en apparence) est une facette fascinante de ce continent. Loin des Andes ou de l'Amazonie mythique, impénétrable et luxuriante, connue de tous, l'Amérique latine n'est-elle pas avant tout traversée par ces grandes zones faiblement peuplées qui s'étendent sur des milliers de kilomètres ? Ces espaces façonnent encore aujourd'hui l'identité et l'économie des peuples qui y vivent, au Brésil, en Argentine ou ailleurs. Esprit de pionniers, économie fondé sur l'exploitation ou l'élevage, sens de la débrouille... L'atmosphère de far west imprègne toutes ces régions. Les terres semblent si vastes et sauvages que le rôle de colon semble ici encore avoir un sens et une signification sociale évidente.

C'est ici, à Trinidad en Bolivie, sur un affluent du rio Ibaré, que nous avons décidé de parcourir la jungle avec un guide, pour un périple de 5 jours en canot. Pepe ressemble à ces petits vieux à qui la vie ne semble plus rien devoir apprendre, usé jusqu'à la corde, coiffé d'un chapeau de gaucho et muni d'une pétoire des années 50 (je n'ose pas dire un fusil)...

Il nous rassure d'emblée :

- " Avec moi et mon fusil, vous ne risquez rien !"

Parle-t-il de la peur des animaux ou de celle des Hommes ? J'ai soudainement un doute. Avec un fusil et du plomb, on ne fait pas grand mal à des boas, des alligators ou au mythique léon, roi de la jungle bolivienne (mot populaire local désignant en réalité un puma, noir le plus souvent). Alors de quoi veut-il nous protéger ?

Nous sommes partis ainsi, en faisant confiance à sa mine de vieux bonhomme sympathique et peu locace, du genre de celle qui en a vu d'autres...


Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (1)
Vers le rio Ibaré - Région de Trinidad (1)

La Isla del sol

Publié le : 08 Juin 2006
La Isla del sol

La Isla del sol, véritable coeur du monde andin ! Ici, on est un peu au centre spirituel du lac : lieu des origines de la civilisation Inca, rien de moins, d'où vient d'ailleurs le mot Titicaca, premier nom de la Isla del sol  (Titi Khar'ka, où "rocher du Puma", du nom de la forme évoquée par un rocher se trouvant sur la pointe Nord de l'île.

Sur la Isla del sol, il y a 10 années, il n'y avait pour les voyageurs qu'une petite chambre à même le ciment, sur le sol, pour y dormir. Pour aller visiter les ruines de Chincana, il fallait traverser toute l'île, à pied, du Sud vers le Nord, puis revenir. On marchait au milieu des champs et des villages. Moments féériques et sentiment de bien-être absolu. Aujourd'hui, l'atmospère est toujours aussi prenante même si le nombre de pensions ne cesse de croître. Le tourisme prend peu à peu sa place, mais la vie rurale reste exceptionnelle à observer : la rudesse des hauts plateaux et du climat façonnent un paysage à couper le souffle, dans lequel l'Homme s'est malgré tout adapté. Heureusement, il n'y pas de véhicules sur l'île. Pour circuler, les sentiers restent la principale voie de communication. Un régal.

Reste le site de Chincana, sur la pointe Nord de l'île. Au coucher du soleil, avec sa vue imprenable sur le lac, le lieu est un heureux et grandiose supplice pour l'âme ! Pour les Aymara et Quechua, c'est ici le berceau de la création. En ce lieu, Inti, le dieu Soleil, demanda à son fils Ayar Manco et à sa fille Mama Ocllo d'aller civiliser les Hommes et de descendre sur la terre pour bâtir un empire. Lorsque la capitale fut fondée, à Cuzco, Ayar Manco, qui devint Manco Capac, prit sa soeur pour épouse. Ils fondèrent la lignée des empereurs incas. Du palacio del Inca, dont il ne reste que des ruines (voir photo), il existerait un passage vers la terre ferme. Quelque part gisent également les tombeaux de tous les empereurs... Vous avez dit légendes ?

Pour voir des photos du lac Titicaca : http://www.voix-nomades.com/carnets-voy … d-985.html.


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Se rendre à Tiahuanaco – Tiwanaku

Publié le : 08 Juin 2006
Se rendre à Tiahuanaco – Tiwanaku

Le site archéologique de Tiahuanaco est - de loin - le plus important de Bolivie. Il est néanmoins assez délicat d'accès. Assez mal desservi, la meilleure solution consiste à effectuer un aller-retour depuis la Paz même si on souhaite se rendre ensuite à Copacabana (lac Titicaca) ou au Pérou. C'est illogique mais les routes boliviennes sont ainsi...

Je vous conseille de vous regrouper pour prendre un taxi à plusieurs. Le prix d'un voyage en taxi est très faible (20-30 euros environ). En bus, c'est un trajet court mais pénible. Les bus sont plus que bondés : pas un centimètre carré ne restera innoccupé, aussi bien dans le couloir central ou sur vos propres genoux que sous les sièges (les poules, mêmes vivantes...). Ensuite, les arrêts sont fréquents et peuvent rallonger le trajet. Enfin, des aléas sont possibles. Nous avons vécu une mauvaise expérience à la suite d'un début d'incendie (de taille ridicule d'ailleurs) à l'avant du bus. Panique générale, vitres cassées avec des Boliviens s'enfuyant par les fenêtres... Nous nous sommes retrouvés au coeur du bidonville de la Paz, sur le plateau, en train de négocier le prix de fenêtres que nous n'avions pas cassées, accusés par ceux-là mêmes qui étaient les vrais auteurs de cette panique mais qui préféraient voir des touristes payer la note... Ce fut mon marchandage le plus mauvais mais, avouons-le, en bien mauvaise posture !

Vous pouvez voir mon carnet de voyage sur la Bolivie à l'adresse suivante : http://www.voix-nomades.com/carnets-voy … -1058.html.


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