On pourrait penser que tout les oppose : le style, l'atmosphère, les comportements des gens, le maillage urbain. Kyoto et Tokyo semblent si éloignées... Et pourtant, ces deux villes sont les deux faces d'une même pièce, - ou d'un même voyage-, indissociables. Impossible de négliger ces deux villes phares dans votre itinéraire, surtout si vous venez au Japon pour la première fois. L'idéal, à mon avis, est de commencer par Kyoto en arrivant à l'aéroport d'Osaka, voire à l'aéroport de Nagoya. Après avoir abordé le Japon d'hier, vous pourrez vous plonger dans le Japon d'aujourd'hui...
Kyoto me fait penser à ces villes si rares et si propices au « receuillement », à l'image de Luang Prabang au Laos : on s'y imprègne d'une atmosphère spirituelle unique, on y lit comme dans un livre ouvert toute l'histoire d'un pays. On y découvre, à chaque coin de rue, la concentration d'un patrimoine culturel et architectural exceptionnel...
Puis vient l'étape de Tokyo. Transition spectaculaire, changement de siècle, oubli du passé. Edo a disparu et semble loin... Le Japon, mégalopole vertigineuse, cultures urbaines et excentriques, « salarymen » aux comportemens robotisés. La musique omniprésente du métro semble rythmer le mouvement des gens. Elle nous hypnotise, nous plonge dans une atmosphère en décalage total.
Dans le quartier de Ginza, vous visiterez un des derniers vestiges du passé de Tokyo, miraculé de la seconde guerre mondiale : le théâtre Kabuki-za. Ici, vous pouvez encore assiter à des pièces de Kabuki, forme de théâtre célèbre pour réserver les rôles de femmes... aux hommes. Un art à part entière au Japon. Un trait d'union entre Edo et Tokyo, entre les images du monde flottant et la Japon d'aujourd'hui.
Le gouvernement métropolitain de Tokyo distribue des plans bilingues Japonais-Français du métro de Tokyo. Extrèmement utile pour s'y retrouver. Vous pourrez en dénicher à l'aéroport et aux offices du tourisme. En voici un premier aperçu...
Plus d'informations dans le site web du métro de Tokyo : www.tourism.metro.tokyo.jp/french/index.html
Mieux vaut le savoir : il est possible de trouver des hôtels pas chers à Tokyo, mais les contraintes existent du simple fait qu'il n'y a pratiquement que des japonais : douches collectives (séparation Homme-Femme tout de même...) et version en langye originale obligatoire pour se débrouiller avec la réception... Ne parlant pas un mot de japonais, il m'est arrivé de vivre des situations cocasses, surtout lorsqu'on planifie, - ce qui m'arrive souvent-, un voyage trop compliqué : horaires tardifs, bagages perdus etc... Tout devient vite compliqué pour se comprendre, mais cela permet une immersion tout à fait sympathique.
Un hôtel luthérien japonais, le Lutheran Ichigaya Center, en partie financé par l'église chrétienne adjacente, m'a permis de découvrir Tokyo sans trop compter... Comme vous le verrez sur le site Internet, dur dur de se faire comprendre, même en anglais. J'ai négocié un prix de 40 euros par nuit en plein centre de Tokyo, pour une chambre avec trois lits. Evidemment, c'est un ami qui parlait japonais qui m'a aidé... Autre avantage de l'hôtel, il est sur la ligne JR entre Ueno, Tokyo et Shinjuku. Le Japan Rail pass est donc très utile.
Attention, la réception ferme très tôt.
Site Internet : www.l-i-c.com/
C'est souvent l'obsession numéro 1 pour tout voyageur désirant découvrir le Japon : voilà un pays cher, voire inabordable. Rien n'est plus faux...si l'on sait s'y prendre !
Première constatation : il est tout à fait possible de manger sans se vider les poches : on trouve de nombreux vendeurs de nouilles dans les rues, sans compter les innombrables chaînes américaines (Denny's, Jonathan's...). Et oui, rien de très poétique dans tout cela, mais tout est question de prix. Si vous voulez manger de la cuisine japonaise pas cher, mieux vaut rester en France...
Deuxième constat : il vous faudra amoindrir le coût des transports. Il suffit pour cela d'être prévoyant et inventif. Kyoto, pendant les beaux jours, se visite surtout en vélo. Le taxi étant hors de prix, le choix est vite fait. Pour les transports intérieurs, une solution pratique : achetez le Japan Rail pass ! Après avoir payé un forfait à la durée (une semaine ou deux semaines), vous pourrez prendre le train autant de fois que vous le voudrez, sur les lignes de la compagnie JR. Celles-ci comprennent toutes les lignes de trains entre les aéroports de Tokyo et Kyoto et le centre ville, la ligne de métro circulaire du centre de Tokyo (la plus utile, et de loin...), et toutes les lignes de train rapide (le fameux Shinkansen....). A partir d'un seul aller-retour Tokyo-Kyoto, le Japan Rail pass est déjà rentable....
Enfin, l'autre solution consiste à accepter de prendre le bus... au pays des trains rapides. Une station de lignes nationales se trouve à la gare de Tokyo, en plein centre, côté Nihonbashi. Très pratique, mais plus long.
Enfin, il reste les hôtels. Si vous manquez de sous, oubliez les Ryokans traditionnels. Hors de prix. Le plus simple consiste à aller dans des « Business hôtels », version japonaise (en tout point !) des hôtels formules 1. Les prix tournent alors autour de 40 à 60 euros la nuit à Kyoto, pour une chambre double.
Sites Internet :
Site officiel du Japan Rail pass : http://www.japanrailpass.net/fr/fr001.html
Pour les hôtels :
http://www.japanhotel.net
http://www.spocom.net/index.htm (hôtel pas cher à Tokyo. Le site possède une "version" anglaise. Attention, douches colectives, comme c'est souvent le cas dans les hôtels japonais avec un faible nombre de touristes étrangers).
Kyoto se découvre surtout par ses temples, toujours en activités, et ses jardins époustouflants : esthétique moderne, poésie, tradition et sacré se confondent en un tout. Impossible de comprendre une certaine idée de la nature telle que les japonais se la conçoivent sans passer par Kyoto.
S'il vous faut découvrir quelques jardins, privilégiez trois d'entre eux : le Ryoan Ji, jardin zen le plus connu du Japon, qu'il faut découvrir tôt le matin pour éviter la foule. Véritable chef-d'oeuvre de pierre et de sable, vieux de sept siècles. Rien ne sert d'expliquer les raisons qui ont présidé à une telle esthétique, sinon qu'elle donne à penser que l'abstraction fut inventée ici, bien avant la peinture occidentale du 20ème siècle !!
Il y a également le jardin des Mousses (Saiho ji), - mon préféré -, vieux de plus de 700 ans, lové au pied d'une montagne et entretenu par des moines du monastère zen voisin. Spectacle d'autant plus précieux et unique que rare : pour accéder à cet endroit, le plus magique de Kyoto, il faut réserver longtemps à l'avance, bien avant son arrivée...
Enfin, bien que moins spectaculaire, rendez-vous au Daitoku Ji. Plusieurs temples sont répartis sur un seul et même site, avec autant de jardins. Les guides vous pousseront inexorablement au Daisen in, avec ses trois jardins zen. Pourquoi pas... Mais c'est aussi l'occasion de vous perdre dans ce dédale de beauté et de receuillement... C'est là tout ce que je vous souhaite.
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