Sous l'horizon des mers

Fragments de regards... "J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies, baiser montant aux yeux des mers avec lenteur, La circulation des sèves inouies, Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs!"

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Equateur

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Le volcan Tungurahua s'est réveillé!

Publié le : 18 Aout 2006
Le volcan Tungurahua s'est réveillé!

Il faisait la une de la presse nationale depuis des semaines. Ses éruptions avaient repris en 1999 après une centaine d’années d’accalmie. En juillet dernier, une série d’alertes étaient données, suite à des émissions cendreuses. Les agriculteurs installés sur les flancs du volcan avaient perdu du bétail, mais rien à faire, les habitants de la ville de Banos répétaient qu’ils ne craignaient rien, qu’ils n’évacueraient pas la ville. Selon eux, la ville de Riobamba au sud, était plus exposée que la leur, à cause du vent dominant. Mais leurs réticences à partir s’expliquent pour partie aussi par d’autres motifs : ils avaient en mémoire la sinistre évacuation de 1999 et les pillages auxquels certains militaires s’étaient livrés une fois la ville vidée de ses habitants. Quelques semaines plus tard, ils avaient repris la ville de force, racontent-ils, et mis l’armée dehors !
Depuis, on vivote, mais l’on est chez soi, au moins. Les touristes ne sont plus guère au rendez-vous et la ville, située aux confins d’une vallée, au pied du volcan, est en marge des grands axes de circulation.
De la ville même, on ne voit rien, mais il suffit de monter au "mirador de la Vierge" pour voir le spectacle insensé, celui des fumées qui s’échappent comme d’une cocotte minute, par intermittence. Certes, l’omniprésence d’une couverture nuageuse obstrue la vue sur le volcan la plupart du temps : on finit par oublier la menace.
Mais jeudi 17 août, le volcan a craché le feu qui couvait : les projections de cendres et de roches en fusion ont conduit les autorités équatoriennes à forcer l’évacuation d’environ 5 000 personnes vivant sur ses pentes...


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Le silence de la forêt amazonienne

Publié le : 12 Aout 2006
Le silence de la forêt amazonienne

On a beau y avoir sué, perdu notre chemin, puis notre orientation,  avoir sali nos pantalons de boue épaisse, glissé et trébuché dans les reliefs poisseux, nulle bête sauvage n’est venue à notre rencontre. D’ailleurs, existent-t-elles encore ?
Certes, les agences de voyage de Quito, Puyo ou Tena ne prétendent pas vous mettre face à face avec un de ces animaux féroces qui font la réputation de la forêt amazonienne, mais elles exhibent bien des photos, à tout le moins de singes, de toucans, parfois même de serpents... Rien de tout cela en vérité dans la selva de l’Oriente. La forêt est muette tout le jour et le reste encore après. Quelques sons, comme des grillons au crépuscule, et des jacasseries de perroquets, relayés à l’aube par quelques oiseaux mal embouchés... Il faut sans doute, comme les compagnies pétrolières, s’enfoncer de plus en plus loin dans la forêt pour avoir une chance encore d’entendre ce qu’elle aurait à dire.
Pas d’oiseaux dans les arbres, ni de puma sous les feuillages. On se résout donc à se contenter de l’éphémère et vive beauté des papillons. Et l’on se prend à espérer la race mutante qui voudra bien accompagner ses battements d’ailes d’un chant propice pour repeupler ce désert végétal.


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L'île de la Plata et les baleines

Publié le : 11 Aout 2006
L'île de la Plata et les baleines

Une silhouette décharnée se détache sur le bleu de l’océan. Les falaises de l'île sont recouvertes par le guano des oiseaux qui y vivent à l’abri de tous prédateurs. La présence des hommes n’est autorisée que jusqu’à 15h !
Ils arrivent en bateau à moteur de Puerto Lopez, débarquent sur la plage où le pirate Francis Drake avait pris ses habitudes et sont invités à suivre l’un des deux sentiers tracés sur l’île à leur intention. Les oiseaux en font peu de cas, qui établissent leur nid sur ses abords ou même directement dessus ! Les appareils photos sont une menace que les oiseaux supportent sans excès de coquetterie. Le jabot rouge, énorme excroissance des frégates mâles, n’enfle pas davantage devant les objectifs. Les fous à pattes bleus se déplacent d’un pas pataud, tandis que leur dame couve le petit sous le nez des visiteurs à longues jambes. L’absence de source d’eau douce sur l’île a protégé ses colonies d’oiseaux de toute autre activité humaine que ces visites encadrées et limitées, qui font aujourd’hui le fond de commerce des quelques agences établies au port de Puerto Lopez, à 1h30 de navigation de là. Le couvert végétal offre un exemple rare de forêt équatoriale sèche, largement arrachée par ailleurs. Les guides dits "naturalistes" apportent les explications requises aux visiteurs qui sont étroitement surveillés.

Autour de cette côte d’apparence si peu hospitalière, c’est le royaume des poissons multicolores, tortues marines... mais aussi des baleines, dont les amours, entre juin et septembre, s’offrent en spectacle aux passagers ébahis des bateaux à moteur. Elles s’ébrouent sous la surface de l’eau, plongent et soufflent. Un aileron dépasse, une queue virevolte au-dessus des flots... Parfois, on peut les voir sauter, entend-t-on... Car il s’en dit des choses sur les baleines entre les voyageurs qui se rencontrent sur les routes d’Equateur; pour beaucoup, l’approche des "baleines de Puerto Lopez" est le temps fort du séjour...
"Rire comme une baleine", disiez-vous ? Oui,tout à coup, ce jour-là, tout là-bas, ça fait sens !


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Cotopaxi, "le cou de la lune"

Publié le : 10 Aout 2006
Cotopaxi,

"Le cou de la lune", le volcan Cotopaxi, vénéré par les populations andines des environs, demeure un site symbolique pour les Equatoriens.

Protégé au sein du parc national du même nom, le second plus haut sommet du pays (5897m) et plus haut volcan actif du monde est un must touristique, mais il devient une expérience émouvante les dimanche lorsque, à côté des Land Rovers rutilants, les pick-up déchargent leurs passagers éreintés par les heures de pistes lentes et cahotiques : de simples villageois ont laissé leurs champs pour une excursion rare, la montée au Cotopaxi en famille. Les voitures vaincues par la pente, ils attaquent l’ascension à pied, dans un vent à édenter les plus vaillants ! Ils ont jeté une couverture sur leurs épaules et, cassés en deux, s’en prennent à la côte qui mène au dernier refuge, naguère entouré de glaces éternelles, mais aujourd’hui niché dans la pierre de lave : le glacier n’en finit pas de rétrécir, années après années. L’air se fait rare, mais le vent n’en démord pas. Les touristes étrangers sont emmitouflés dans leur équipement de montagne. Certains aguerris, accompagnés d’un guide nécessaire, passent la nuit au refuge pour chercher à rejoindre le sommet à l’aube. Beaucoup renoncent en route à cause du vent. Pourtant, les courageux qui affrontent l’ascension continuent d’être pris de cette gratitude qu’offre la nature, lorsqu’elle est rude à fréquenter.

Pour les autres, ceux qui se sont contentés d’une courte mais déjà épuisante ascension le long de la pente de poussière jusqu’au refuge, il faut songer à redescendre avant la nuit. Ebourriffé, essoufflé, heureux, on s’en retourne dos au vent et l’on contemple la lagune au loin. Le plus souvent les nuages condamnent le paysage et même le sommet. Il faut espérer l’apercevoir dans une éclaircie.

Avant de remonter à l’arrière du pick-up et de s’y serrer les uns aux autres, les villageois transis forment une ronde et chantent pour fêter leur visite. Les Land Rover et autres 4x4 jettent un nuage de poussière en doublant. Leurs passagers sont au chaud pour la longue piste de retour, mais ce sont les indiens "quechua", visages au vent, qui savent comme le Cotopaxi est sacré...


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