A 17h, à deux pas du tennis club des Anges, sous le regard bienveillant de Jeanne d Arc, se déroule un rite auquel personne, ni la mer qui fait face ni l'Indien qui passe, ne peut echapper. Chaque jour, Michel et ses amis tirent et pointent sur le boulodrome local. Pondichérien de naissance, Michel, trente-cinq ans en France et une fille qui y travaille toujours, est revenu sous les tropiques pour sa retraite. Le ventre bien arrondi, affable et souriant, ce Français à la peau dorée est un des derniers Français vivant encore dans l'ancien comptoir.
Ici, cinquante ans après la restitution de Pondy aux Indiens, beaucoup de signes rappellent encore l'Hexagone : rue Dumas, rue Mahé de la Bourdonnais, rue de la Compagnie, rue Suffren...
Les bâtiments publics ont conservé les appellations d origine (Hôtel de Ville, Cercle de Pondichéry, Collège Calvet), bien que leur affectation est changée. Se promener dans les rues de la ville blanche, bien ordonnancée, propre et fleurie, est émouvant, notamment parce que les Indiens ont souhaité garder cette trace du passe. Ils jugent d ailleurs cette période sans rancune ni amertume, même si la plupart ne comprennent rien aux mots écrits sur les pancartes en français.
La France détient encore quelques monuments : l'Institut français de Pondichéry, le consulat, l'alliance française et le magnifique Lycée français, modèle d'architecture coloniale indochinoise.
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