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France (Métr.)

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Le livre des Sagesses, l'aventure spirituelle de l'humanité

Publié le : 29 Aout 2007

L'Amérique latine a-t-elle un message à délivrer au monde ?

Il me revient en mémoire ce livre publié en 2005 : Le livre des Sagesses, l'aventure spirituelle de l'humanité (Bayard Centurion, 2005). Un magnifique projet de plus de 1951 pages sur les grands penseurs, les philosophes et les « sages » qui ont marqué l'aventure spirituelle et intellectuelle de l'humanité. L'aspiration au bonheur, le sacré, l'amour, la liberté, la mort et l'au-delà... Un livre magnifique reliant dans un grand mouvement toutes les époques et toutes les civilisations.

Un livre hélas, où manque un continent dans son intégralité, celui que nous venons de parcourir. Pourquoi l'Amérique latine en est-elle absente ? N'a-t-elle pas de guides spirituels, de mystiques, de grands penseurs ou des croyances qui mériteraient de figurer en bonne place dans ce livre des sagesses du monde ? Le continent sud-américain oublié du courant intellectuel alors que même les spiritualités des peuples autochtones nord-américains ont droit à leur chapitre...

Cet oubli est aussi le symbole d'un continent qui cherche encore aujourd'hui sa place, une voie pour s'exprimer. Un continent qui par la violence sociale qu'il exprime dans ses bidonvilles et ses relations sociales montre qu'il n'en finit plus sa mue née de l'acculturation que la période coloniale lui a infligée. En France, l'Amérique du Sud est superbement ignorée par les intellectuels. Histoire jeune, mémoire incomprise, torturée, considérée à tort comme « européenne » ou manquant de spécificité. C'est comme si on privait le sud du continent américain d'un droit à la parole, à une contribution propre dans ce grand courant de l'aventure humaine. Cela me choque profondément. Les « autres » n'ont pas l'apanage de l'ignorance...

Sébastien


Messagers ?

Publié le : 02 Juillet 2007
Messagers ?

Sommes nous à la hauteur de ce que les Andes nous ont donné ?
Je me souviens parfois de nos critiques, de nos exaspérations et de nos mots durs pour ces terres difficiles. Dans les Andes, les gens ont souvent l'accueil taciturne et ,- il faut bien l'avouer-, le visage fermé de montagnards peux habitués aux relations sociales avec les étrangers.
Les Andes n'offrent pas aux voyageurs l'exotisme facile et attirant des parfums d'Asie ou des spiritualités de l'Orient. Le manque d'éducation, la pauvreté, le décalage culturel et le complexe colonial donnent parfois à ces campagnes montagneuses isolées l'image de rivages stériles à la vie. Aucun de nous n'est pour ainsi dire tombé amoureux de l'Amérique andine.
Parfois donc, l'accumulation de sensations négatives a pu nous conduire à des opinions hâtives et des rejets instinctifs. Jugements de valeurs nés de nos difficultés à trouver ce que nous étions venus chercher et dilemne classique : sont-ils trop fermés ou ne sommes-nous pas assez ouverts ? Des pièges de l'ethocentrisme...

Aujourd'hui, je prends plaisir à penser à certaines de nos difficultés. J'y vois même un point positif. Ne pas rencontrer ce qu'on attend est un gage de remise en cause permanente. Tomber en extase devant un pays, quel qu'il soit, me semble d'ailleurs une erreur : idéalisation facile, tropisme exotique et fascination béate sont les principaux risques des voyageurs "convertis". C'est bien connu, en voyage, on aime tout particulièrement ce que l'on cherche en soi. Thérapie du voyageur en mal d'identité ! Pour éviter ce piège, il convient autant que faire ce peut d'éviter l'empathie stérile. En un sens, les Andes et leurs habitants, - par leur esprit farouche et peu enclin à entrer facilement dans notre jeu (journalistique ou poétique) -, nous ont rendu bien des services...

Sébastien


Disparition dans notre constellation

Publié le : 04 Mai 2007

Dans "La Croix" daté d'il y a quelques jours, j'apprends que Christiane Singer et morte. Je ne découvre cette nouvelle qu'aujourd'hui, sur une île du Lac Titicaca, loin de tout et de tous. Je pense souvent à ses textes, découverts il y a peu, lors d'évènements importants pour moi. Le journal évoque ses derniers mois, face à la maladie. Et sa réponse à la mort. Sa fidélité à l'Amour. Sa spiritualité, si complexe, si profonde, si humaniste.
J'aurais aimé partager ce moment avec ceux de mes amis et de ma famille qui ont lu certains de ses livres, mais ce message n'arrivera qu'au moment de la célébration d'une messe en son honneur, paroisse Notre-Dame-des-Champs, 91 bd Montparnasse, pour un dernier hommage (le 3 mai à 18h30)...

Sébastien

A lire :
Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies (prix Anna-de-Noailles de l'Académie Française, 2000)
Derniers fragments d'un long voyage (Albin Michel, 2007)


Donnez-moi de vos nouvelles, s’il vous plait !

Publié le : 23 Mars 2007

(Raconter la constellation, c'est-à-dire les gens auxquels etc.). Je ne sais pas pourquoi malgré les textes, les photos, les objet sonores déposés massivement sur le blog, je demeure dans l’envie d’avoir de vos nouvelles…
Alors qu’Ici nous avons hérité définitivement de douze candidats à l’élection présidentielle et je ne pourrais pas vous dire précisément pourquoi aucun d’eux (elles) ne m’emballent suffisamment pour avoir envie simplement de voter pour lui (elle)… et pas seulement parce que je crois depuis longtemps (au moins depuis un certain soir du 10 mai 1981 où nous étions quelques uns à Tours à nous retrouver pour réclamer une cinquième République), qu’il n’est pas décidément pas très moderne d’élire le Président de la République au suffrage universel direct.
Alors qu’Ici, Lucie Aubrac est morte. Lucie Aubrac, vous savez cette grande résistante et cette grande amoureuse surtout, qui a sauvé trois fois son Raymond (un des dirigeants du mouvement Libération) de la mort allemande, pendant le seconde guerre mondiale. Et elle, déjà, âgée, visitant les collèges, les lycées. Racontant la première fois où elle a vu l’étoile jaune sur la poitrine d’un de ces élèves de six ans : la certitude qui lui est venue qu’il fallait résister. Montrant l’étoile jaune aux collégiens et lycéens et disant : imaginez peut-être un jour, un croissant sur la poitrine de vos camarades de classe musulmans… L’étoile jaune, je vous l’ai montrée, maintenant c’est à vous de jouer, je vous transmets la nécessité de rester vigilant. C’est votre tour désormais, faites ce que vous croyez devoir faire. Lucie Aubrac, une femme debout !
Alors qu’Ici, aujourd’hui, une journée passée entre Paris (matinal), Amiens pour finir à Caen (nuitamment). Le sentiment que les mendiants sont de plus en plus nombreux. Cette journée, ce fut le défilé des visages de ceux qui m’ont interpellé pour me demander une pièce et des corps de ceux qui attendent, la main tendue ou non, que je leur attribue une pièce. Ce matin, Le Figaro publie un supplément spécial de 32 pages, intitulé « le grand audit de la France », qui ne nous dit rien sur la réalité de l’augmentation des mendiants, Ici…
Comprenez-vous pourquoi, malgré vos textes, vos photos, vos objets audio, j’ai envie d’avoir de vos nouvelles ? Au détour de vos trajets, le preneur d’images, de mots, de sons, passe aussi par Ici. Ce pourquoi, je demande au preneur d’images, de sons, de mots : est cela que l’on appelle la vie ? Répondez-moi. Donnez-moi de vos nouvelles, s’il vous plait !

Jean-Luc


Celle qui pense à ceux qui ne sont plus que cendres

Publié le : 19 Mars 2007
Celle qui pense à ceux qui ne sont plus que cendres

Dans la transparence du mal, un des écrits de Jean Baudrillard qui vient de mourir, il dit : Créer une image, ça consiste à ôter à l’objet toutes ses dimensions, une à une : le poids, le relief, le parfum, la profondeur, le temps, la continuité et bien sûr le sens. C’est au prix de cette désincarnation, de cet exorcisme, que l’image gagne ce plus de fascination, d’intensité. En lisant ces mots au détour d’un des nombreux articles qui rendent hommage à ce philosophe du doute comme le décrit son ami Paul Virilio, inévitablement je pense à Aurélia, partie là-bas pour créer des images. Va-t-elle elle aussi, ôter toutes leurs dimensions aux objets que son regard va croiser et dont elle va décider d’en constituer une « image » ?
Regardez, regardez attentivement ce saint photographié par elle, non loin de Quito. Regardez-le comme la preuve qu’il arrive qu’une image ne soit pas « dénégation de l’absence », mais son attestation même (Georges Didi-Huberman, Images malgré tout). Et regardez dans cette image ce dont elle (Aurélia) est la survivante : celle qui pense à ceux qui ne sont plus que cendres et qui sait qu’une seule phrase pourrait les ranimer…

Jean-Luc


3. Un peu de vent transportait les restes de la soirée

Publié le : 12 Mars 2007

Ils pensent qu’ils aimeraient savoir cette intention possible : qu’un jour quelqu’un montre aussi à des inconnus, une photo d’eux-mêmes. Même une très vieille photo. Peut-être qu’ainsi, ils pourraient enfin espérer être quelqu’un. Tout le monde en est là, savoir que l’on existe pour quelqu’un d’autre ou ce genre de chose… et si on veut le savoir, n’est-ce pas, ce n’est pas tant pour soi, parce que ça, on y pense même pas. Simplement on aimerait savoir, une seule fois dans sa vie, qui on est vraiment pour quelqu’un.
L’autre soir dans une rue de Quito. La nuit était belle et douce et le ciel lumineux, suffisamment pour y voir resplendir vers l'Ouest la planète Vénus. Un peu de vent transportait les restes de la soirée finissante. Une femme était endormie sur un banc. Un bruissement agitait en permanence le sommet d’un cédratier et accompagnait ses rêves. Je me suis approché d’elle qui reposait sur un banc. J’ai ôté ma veste et l’en ai recouverte. Plus tard, elle m’a parlé de ce geste comme de celui d’un homme qui borde le corps d’une femme. (A moins que ce ne soit pas elle qui me l’ait dit et que la confusion aidant, j’invente ?). J’ai passé la nuit près d’elle en somnolant et en le regardant dormir, alternativement. Regarder dormir une femme, veiller sur son sommeil et ses rêves dont les soubresauts agitaient parfois sa respiration, même s’il s’agissait d’une femme inconnue, m’apparaissait comme la chose la plus douce qu’il puisse m’arriver. Alors que je savais que je devrais me contenter de mon existence actuelle et que ce présent s’étirerait désormais sans relief, durant toutes les années qui me séparaient de mon décès.
Quand au petit matin, elle s’est éveillée, je lui ai montré la photo de ma petite polonaise revêtue de la tenue chatoyante qu’elle arborait pour notre numéro. Elle l’a regardé longuement. Attentivement. Je comprenais qu’elle aurait voulu être assez gaie pour considérer ma demande avec indulgence. Mais aussi que malgré la nuit passée sur un banc, elle en était au même point qu’hier, quand elle avait décidé de partir de chez elle, laissant son mari et ses enfants qui dormaient déjà : à ce point de sa vie où elle se demandait si elle vivrait encore quelques années où si elle se laisserait tomber sous le premier train qui passerait… Jean-Luc


Les aventures des arpenteurs !

Publié le : 07 Mars 2007

Au début du XVIII siècle se déroule une querelle scientifique de  premier plan : on veut savoir si la Terre est aplatie aux pôles comme  le soutient Newton, ou à l'équateur comme le soutient Cassini (un  astronome français). L'Académie des Sciences envoie donc deux  missions : une en Laponie et une autre au Pérou, dont fait partie  l'Equateur actuel (ce qui donnera d'ailleurs le nom d'Equateur au  pays). Une expédition part donc au Pérou en 1735; il y a 3  académiciens : Godin, un astronome, le "chef" de la mission (en fait  un imbécile consciencieux), Bouger, mathématicien et physicien, et La  Condamine, chimiste et géographe. Font aussi partie de l'équipe :  Jussieu (celui de la fac) qui est botaniste, un horloger, un  chirurgien, un géodésien, etc. Certains vont y laisser leur peau : le  chirurgien est assassiné à Cuença, l'horloger se tue en tombant d'un  échafaudage lors d'un séïsme, le géodésien meurt de la fièvre  jaune... Quant au courrier, il lui faut six mois pour arriver en  France (y a pas de mail !).
Tout ce petit monde fait des mesures astronomiques, depuis le nord de  Quito jusqu'à environ 300 km au sud. Mais ils se détestent tous,  s'engueulent, manquent d'argent, ont des histoires de femmes (...),  sans compter la neige, le froid, les pluies, le brouillard, le mal  des montagnes, etc ! Bouger part de Quito en février 1743 et arrive  en France le 27 juin 1744 en étant passé par Panama. Bouger en  profite pour publier ses résultats à l'Académie et s'attribuer tous  les honneurs. Quant à La Condamine, le plus sympa, il gagne Cayenne  par l'Amazone (et découvre le caoutchouc) et ne revient en France  qu'en 1744.

Conclusion : la Terre est aplatie aux pôles comme l'avait prédit Newton.

Denis


Comment font-ils, les morts, pour respirer ?

Publié le : 01 Mars 2007

Là-bas, dans la basilique de Quito, dans les catacombes, Aurélia à se demander comment les morts, alignés dans leurs boîtes, les uns au-dessus des autres, font pour respirer…
Ici (où à peu près), l’Autorité britannique pour la fertilisation et l’embryologie humaines (HFEA) vient de refuser de donner son feu vert à la demande de plusieurs équipes de biologistes de vouloir créer, in vitro, des chimères. Des chimères, ces êtres pour partie humaine et pour partie animale.
Là bas, dans les catacombes, dit-elle, pèse un sentiment de diffus de menace. Mais ici (où à peu près), où des biologistes travaillent à la création de ce qu’il nous faut bien nommer des monstres vivants, quel genre de sentiment de menace nous advient ?
Je les vois, là bas, eux vivants, retrouvant leurs morts, nos frères, les serrant dans leurs bras, puis les quittant, dans leurs boîtes à nouveau couchés.
Et je nous vois ici, nous, vivants (?) inventant des chimères qui nous inspirent crainte et tremblements.
Comme faisons-nous, ici, parfois, pour simplement respirer... ?
Jean-Luc


Si on partait...

Publié le : 01 Mars 2007

(à la manière de Pascal Lainé). Enfant déjà, Sébastien rêvait d'aller ailleurs, en quête d'une insaisissable harmonie, pacifiée, mais glorieuse, qui lui permettrait d'échapper aux mille désastres d'une vie en train de se faire et de se défaire à chaque instant. Alors, pour atteindre la réalité imaginaire, le voyageur se fait magicien. Il construit son voyage à l'envers. Le départ de Paris n'est que l'arrivée, le but de ce périple. Mais alors se demande le lecteur, si le départ est l'arrivée, que peut bien signifier CUZCO dans cette histoire ? Un nouveau départ ?. JLC


Les yeux vers le ciel

Publié le : 28 Février 2007

Un peu de sciences !

Que faire la nuit tombée à Quito ? Observer le ciel bien sûr ! Dès le coucher du Soleil resplendit vers l'Ouest la planète Vénus, qui se  couche 1 h 48 m après le Soleil. Quant à Saturne, elle est visible  vers l'Est, très haute dans le ciel, non loin de la constellation du  Lion, dès le coucher du Soleil. Si la nuit se prolonge jusqu'au petit matin, impossible de passer à côté de Jupiter, magnifique objet très brillant qui se lève plus de 5 h avant le Soleil, aux confins du Scorpion. Toutes ces planètes sont visibles à l'oeil nu.

Et puis surtout, dans la nuit du 3 au 4 mars, magnifique éclipse  totale de Lune, bien visible en Equateur : dès que le Soleil va se coucher, surveiller l'horizon Est : la pleine Lune va se lever, déjà  plongée dans l'ombre de la Terre. Elle sera colorée en rouge brique;  puis elle va monter dans le ciel, toujours rougeâtre, pour finalement  sortir de l'ombre : on peut alors nettement voir la forme sphérique  de la Terre se projeter sur la Lune. Un spectacle inoubliable et  facile à photographier. Je dis ça au cas où une photographe célèbre se trouverait dans le coin...

Bon et dans la journée? Comme Quito n'est pas exactement sur l'équateur mais un peu au Sud (à 13' de latitude Sud), et que le  Soleil est aussi en ce moment dans l'hémisphère Sud, ça veut dire que  les ombres à midi sont dirigées vers le Nord. Mais ça va changer ! Et oui, le 21 mars, c'est l'équinoxe : ça veut dire que le 20-21 mars, le Soleil sera au zénith de Quito : à midi, plus d'ombre ! Et après le 21 mars, le Soleil passe au Nord : à midi, les ombres seront dirigées vers le Sud. Comprendo?

Au fait, il y a un observatoire astronomique à Quito; dans cet  observatoire se trouve une dalle, que l'astronome La Condamine a fait  graver en août 1741. Le texte est en latin, qu'Aurélia lit  couramment... Dans ce texte, La Condamine a mentionné toutes les  mesures qu'il a faites pour mesurer l'aplatissement de la Terre. Le  graveur était un Indien, sculpteur sur bois, mais illettré ! Il lui  fallait une journée pour graver une ligne...

Bon, la prochaine fois, on fera de l'histoire. En attendant, observez  bien les cieux équatoriaux !

Denis


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