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Carnet de route

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Rumicucho, tambo ou pucara ?

Publié le : 14 Mars 2007
Rumicucho, tambo ou pucara ?

Rumicucho est le vestige inca le plus proche de Quito. A 25 kilomètre de Quito, il n'en reste plus grand chose. Une perspective magnifique, des restes du chemin, aujourd'hui détruits par l'urbanisation galopante de la capitale équatorienne. Une impression de place forte. Vigie sur un axe essentiel à la survie de l'Empire Inca... Il est donc probable que ce vestige fut soit un tambo, soit un "pucara", ayant un rôle défensif.

Aurélia et Sébastien


Rumicucho, tambo ou pucara ?

Quito

Publié le : 14 Mars 2007
Quito

Quito, fondée par les Quitus, peuple pré-colombien tardivement envahi par les Incas... Un empereur Inca y serait mort, emporté par la variole, maladie de blancs qu'il n'avait pourtant pas encore vus... Mauvais présage. Quoi qu'il en soit, cette ville n'avait pas à l'arrivée des Espagnols l'importance qu'elle peut avoir aujourd'hui. Le Qhapac Nan, la grande route Inca, passe par ici, même si les traces, dans le Nord de l'Equateur, ont pour la plupart disparues. La densité de population y est évidemment pour quelque chose. Tous les habitants se concentrent dans le « callejon andino », cette bande de terres cultivables enfermée entre deux chaînes de volcans...

Les Espagnols n'ont guère laissé de traces des peuples précolombiens. Pourtant, au détour d'une ruelle, l'église chrétienne de San Juan marque le départ de la « calle Augosta », l'ancienne rue principale de la ville Inca. Là se trouvait la maison des vierges et le temple de la lune. Cette colline, appelée Huanacauri (phonétiquement, les espagnols l'ont transformé en "Juanacauri", d'où le nom de "San Juan") n'offre plus que son ancien nom en guise de témoignage. Il en est ainsi un peu partout dans la ville. La toponymie vient au secours de l'histoire et la géographie des noms de rue nous laisse songeurs : rue des Soupirs, rue sur Plaisir qui monte (!!), rue de la Solitude... et d'autres, qui marquent l'arrivée des espagnols : la rue des Sept Croix, la rue de l'Hôpital...

Dominant la ville, la Panecillo (le pain de sucre, surmonté d'un ange). Comme toujours dans les villes et villages précolombiens conquis par les espagnols, les anciennes collines sacrées Incas sont aujourd'hui surmontées d'une croix.

Aurélia et Sébastien


Quito

Quito et ses églises

Publié le : 14 Mars 2007
Quito et ses églises

Quito, son centre historique avec ses églises. Aurélia et Sébastien


Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises
Quito et ses églises

3. Un peu de vent transportait les restes de la soirée

Publié le : 12 Mars 2007

Ils pensent qu’ils aimeraient savoir cette intention possible : qu’un jour quelqu’un montre aussi à des inconnus, une photo d’eux-mêmes. Même une très vieille photo. Peut-être qu’ainsi, ils pourraient enfin espérer être quelqu’un. Tout le monde en est là, savoir que l’on existe pour quelqu’un d’autre ou ce genre de chose… et si on veut le savoir, n’est-ce pas, ce n’est pas tant pour soi, parce que ça, on y pense même pas. Simplement on aimerait savoir, une seule fois dans sa vie, qui on est vraiment pour quelqu’un.
L’autre soir dans une rue de Quito. La nuit était belle et douce et le ciel lumineux, suffisamment pour y voir resplendir vers l'Ouest la planète Vénus. Un peu de vent transportait les restes de la soirée finissante. Une femme était endormie sur un banc. Un bruissement agitait en permanence le sommet d’un cédratier et accompagnait ses rêves. Je me suis approché d’elle qui reposait sur un banc. J’ai ôté ma veste et l’en ai recouverte. Plus tard, elle m’a parlé de ce geste comme de celui d’un homme qui borde le corps d’une femme. (A moins que ce ne soit pas elle qui me l’ait dit et que la confusion aidant, j’invente ?). J’ai passé la nuit près d’elle en somnolant et en le regardant dormir, alternativement. Regarder dormir une femme, veiller sur son sommeil et ses rêves dont les soubresauts agitaient parfois sa respiration, même s’il s’agissait d’une femme inconnue, m’apparaissait comme la chose la plus douce qu’il puisse m’arriver. Alors que je savais que je devrais me contenter de mon existence actuelle et que ce présent s’étirerait désormais sans relief, durant toutes les années qui me séparaient de mon décès.
Quand au petit matin, elle s’est éveillée, je lui ai montré la photo de ma petite polonaise revêtue de la tenue chatoyante qu’elle arborait pour notre numéro. Elle l’a regardé longuement. Attentivement. Je comprenais qu’elle aurait voulu être assez gaie pour considérer ma demande avec indulgence. Mais aussi que malgré la nuit passée sur un banc, elle en était au même point qu’hier, quand elle avait décidé de partir de chez elle, laissant son mari et ses enfants qui dormaient déjà : à ce point de sa vie où elle se demandait si elle vivrait encore quelques années où si elle se laisserait tomber sous le premier train qui passerait… Jean-Luc


2. Nous ne nous sommes plus lâchés depuis ce soir-là

Publié le : 09 Mars 2007

Elle n’avait pas froid aux yeux. La première fois, là-haut, quand je lui ai dit « allez-y, sautez ! », elle n’a pas hésité une seule seconde, elle a lâché la barre, elle a sauté et elle m’a saisi les mains… et nous ne nous sommes plus lâchés depuis ce soir-là. Sauf le dernier soir… Elle a très vite désappris le principe numéro un du trapèze fixe qui est de ne jamais lâcher la barre. Et nous sommes partis plusieurs années en tournée avec le cirque Amar. Puis nous avons monté un numéro de grand volant. C’était ça son truc à elle, le grand ballant, le grand trapèze. Elle aimait vraiment ça, le grand frisson. Après, on est parti en tournée en Afrique avec le cirque Chipperfield. Et quand on a eu le mal du pays, nous sommes revenus en France pour travailler.
J’ai décidé de ne pas remonter de nouveau programme. Je ne le pourrais pas. Depuis que je l’ai lâchée ce soir-là. Je sais que j’ai la guigne. Ce serait criminel de vouloir faire encore le porteur… Et puis, ce serait la trahir, il n’y a qu’avec elle que je puisse travailler.
C’est pour cela que je me retrouve là à marcher sur le chemin de l’Inca. Je suis parti avec une photo d’elle, dans la tenue chatoyante qu’elle arborait pour notre numéro. Je la montre à tous ceux que je croise depuis que je suis parti. C’est comme pour les poètes morts, les photos des amantes. On montre toujours la même photo, et à coup sûr, les gens à qui vous la présentez cette photo-là, ils la reconnaissent. Enfin, tout au moins, ils sont certains de l’avoir déjà vue. Ils ne savent pas prononcer le nom de la personne qui est sur la photo, mais ils savent qu’ils la connaissent. Alors, ils se mettent à rechercher son nom ou une occasion où ils l’auraient rencontrée. Ils cherchent un indice, un détail qu’ils leur permettraient d’associer un nom à la photo que je leur présente. Parfois, ils s’efforcent même de prononcer son nom, mais le plus souvent, non… Ils s’intéressent.
Ils pensent qu’ils aimeraient savoir cette intention possible…
Jean-Luc


1. Je me rappelle pourtant bien du commencement

Publié le : 06 Mars 2007

On appelait CHASQUIS, ces courriers disposés sur les chemins royaux et chargés de porter rapidement les ordres de l’Inca et lui faire parvenir les informations de ses royaumes et provinces. CHASQUIS signifie tout à la fois échanger, donner et prendre. Et ce nom leur convenait parfaitement puisqu’ils échangeaient, recevaient et communiquaient des messages. Des messages constitués de peu de mots. Des mots précis et simples pour que ces messages ne risquent pas, lors de leurs périples sur le chemin de l’Inca, d’être altérés ou bien amputés en partie. Que l’Inca ait disparu, qu’il n’existe donc plus aucune raison valable (raisonnable ?) d’emprunter ce chemin, ne m’a pas empêché d’y partir marcher. Partir marcher dans la montagne des disparitions où l’énigme dresse ses pierres. Partir pour traverser mes morts, mes renaissances et psalmodier un récit constitué de peu de mots, précis et simples. Partir plus loin encore comme en un livre. Je me rappelle pourtant bien du commencement. C’est à Paris que je l’ai rencontrée. Cela aurait fait dix ans le mois prochain. Je cherchais une fille pour monter un numéro de trapèze volant petite distance. Pour cela, je faisais la tournée des gymnases en demandant aux patrons de me présenter des candidates. En un soir, dans le douzième, je l’ai vu qui s’entraînait à la barre fixe. J’ai tout de suite que ce serait elle et je lui ai donné rendez-vous le lendemain. Elle n’avait pas d’expérience de voltige, simplement de trapèze fixe. Mais elle avait déjà travaillé chez Bouglione et même chez Ringling Barnum, le plus grand cirque du monde.
Quand elle est arrivée avec sa toque, sa veste cintrée et ses bottes, elle ressemblait à une polonaise… Ensuite, je l’ai toujours appelée comme ça, « ma petite polonaise ». Elle n’avait pas froid aux yeux…
Jean-Luc


Quito... Arrivée en Equateur

Publié le : 24 Février 2007
Quito... Arrivée en Equateur

Premier jour à Quito... Au petit matin, à 6 heures. Le volcan Pichincha en fond, Gringoland en contrebas, quartier résidentiel des étrangers et des touristes.

Aurélia et Sébastien


Quito... Arrivée en Equateur
Quito... Arrivée en Equateur

Le chemin de l’Inca. Prologue.

Publié le : 20 Février 2007

(dans le théâtre antique, le prologue est la partie de la pièce qui précède l’entrée du chœur)

Dans « Désir d’Espagne » (Actes Sud, 1993), Cees Nooteboom écrit à propos de Santiago que, bien qu’y étant allé à plusieurs reprises, il y eut un temps où il avait le sentiment de n’y être pas vraiment allé : pendant tout le temps où il n’avait rien écrit sur ces visites…
Nous sommes en février. Je ne pars pas marcher sur le chemin de l’Inca. Je veux dire avec Eux. Mais si je reste là, c’est pour écrire. Pour écrire moi aussi le récit de celui qui place ses pas dans les traces fantomatiques des Chasquis, ces courriers qui portaient rapidement les ordres de l’Inca sur ces chemins royaux.
Moi aussi, je vais habiter mes récits de « la lumière de mes randonnées à travers la cordillère, [de] la vision de cent rivières et fleuves, des ponts suspendus au dessus de la course désespérée de l’eau, [de] l’éclat resplendissant et [de] la noirceur des hautes et redoutables nuées » (José Maria Arguedas, Les fleuves profonds, Gallimard, 2002). Moi aussi, je vais porter en moi, la vision du cœur incasique et l’odeur du cédrat. Moi aussi, je vais marcher sur le chemin de l’Inca, puisque j’écrirai le récit de ce voyage…
Je sème des lettres et je plante des mots, au devant d’Eux. Alors, je peux partir en voyage. Je peux enfin, moi aussi, chercher l’immortalité.
Jean-Luc
Mais alors, tu es donc venu ?


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