Blog de chemin_inca

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Quête et itinérance : les pélerins

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Vous avez dit vagabondage(s) ?

Publié le : 15 Avril 2007

" Les lèvres et les mots de ceux qui me paraissent aux abois "(Jean-luc)

Dans « abois », il me semble y voir parler de forêts....

Le texte de Jean-Luc me fait penser à un documentaire de Sylvain Tesson, qui évoque le retour à la nature, dans les environs du lac Baïkal, de russes de plus en plus nombreux, déçus par la modernité. Ceux-là s'en vont seuls, sans gourous. Wanderer utopique, à l'image de ces voyageurs romantiques allemands du 19ème siècle ? A mon sens non. Le rêve du renoncement, de la cabane au fond des bois (plutôt canadienne pour ma part), reste le plus souvent une utopie déconnectée de la réalité. Mais dans la Russie d'aujourd'hui, des femmes et des hommes font ce choix de la Sibérie. De telles décisions ne sont pourtant pas l'apanage de rêveurs fous, tout comme un voyage au long cours ne relève pas d'un vagabondage stérile. Partir ou voyager sont une affaire d'organisation. On ne grimpe pas un col sans en apprécier les particularités. On ne part pas en marche sans un sac bien pensé. On ne va pas au bout du monde sans carte ni préparation méthodique et minutieuse. Ici, dans les Andes, chaque tronçon du Qhapac ñan que nous visitons est le fruit d'une longue préparation. Pas de dilettantisme ni de place pour l'aléatoire. Je n'en doute pas qu'il en va de même pour survivre plus de quelques semaines au froid sibérien...
On me rétorque parfois que le vagabond organisé et minutieux porterait en lui une contradiction de fait, celle qui viserait à empêcher l'émotion spontanée, la surprise, l'émerveillement. Il me semble que non, bien au contraire. Il faut observer en spectateur actif la majesté de paysages sans sentiments. Le dilletantisme est l'ennemi de la liberté d'esprit, le refuge d'une âme (rêveuse) qui finira par se faire peur à elle-même. Dominer ses choix et les risques encourus sont les meilleurs garants de la liberté d'action. Il faut ensuite faire confiance à l'instant de la rencontre, du choc intime produit entre soi et le décor que des milliers d'autres personnes auront pourtant foulé avant vous mais qui vous appartient, là, aujourd'hui. La nature ne se donnera jamais à l'imaginaire du marcheur (ou de l'ermite russe) de la même façon.

Je propose donc un verre de vodka en honneur à tous ces nouveaux vagabonds russes...

Sébastien


Moment de grâce

Publié le : 10 Avril 2007

J'ai le sentiment que tout ce que nous avons fait jusqu'à aujourd'hui s'est trouvé justifié un bref instant, en ce jour du 31 mars 2007, lors de la descente de la "subida del Inca". Tous les éléments du décor que nous avions rêvé étaient soudainement comme parfaitement ajustés. La route Inca en chemin de pierre vertigineux, - une descente de 1500 mètres en une heure de marche -, un panorama magnifique, une vallée verdoyante au coeur des Andes, des chevaux à la peine sur un sentier trop étroit, deux voyageurs ouvrant la voie à leur monture, usés par l'effort, silencieux devant cette scène imprévue, soucieux de la nuit qui vient, de la soif, du pâturage à trouver. Les corps tendus, l'esprit torturé par les impératifs immédiats, - trouver un gîte, ne pas blesser l'animal, ne pas perdre le chemin. Et l'âme, qui n'ose pas avouer qu'elle est comblée de bonheur. Le vent se lève alors et vient balayer nos derniers doutes sur le sens de notre voyage...

Sébastien


Neblina sur Cumbe mayo

Publié le : 30 Mars 2007
Neblina sur Cumbe mayo

Sur le site de Cumbe mayo, site sacré pré-inca  de la culture Cajamarca. Aurélia


Neblina sur Cumbe mayo
Neblina sur Cumbe mayo
Neblina sur Cumbe mayo
Neblina sur Cumbe mayo
Neblina sur Cumbe mayo
Neblina sur Cumbe mayo
Neblina sur Cumbe mayo

Dans les brumes andines d'Achupallas.

Publié le : 14 Mars 2007
Dans les brumes andines d'Achupallas.

Achupallas dans la brume du soir au matin. Aurelia


Dans les brumes andines d'Achupallas.
Dans les brumes andines d'Achupallas.
Dans les brumes andines d'Achupallas.
Dans les brumes andines d'Achupallas.
Dans les brumes andines d'Achupallas.
Dans les brumes andines d'Achupallas.
Dans les brumes andines d'Achupallas.

Voyager, une affaire de merveilleux ?

Publié le : 14 Mars 2007

Émerveillement. Il suffit de Croire et cela vient presque tout seul, comme un cadeau. Il faut aimer les belles histoires, les mythes, les mystères et les contes pour enfant. Chaque rencontre en amène de nouvelles, encore plus inattendues. Et avec elles des histoires et croyances populaires spécifiques.

La planète est un champ d'expérimentation magnifique pour l'imaginaire, l'irrationnel, les incertitudes, les différences.

Parler de cosmovision andine n'est pas un tropisme confortable de voyageur naïf et pressé. Je ne sais pas pourquoi les gens nous font confiance ainsi. Peut-être parce que nous aimons croire au merveilleux ?

Le voyage comme antidote à notre univers d'adulte.

Pour moi, oui, cela ne fait aucun doute. A 18 ans, mon imaginaire est passé d'un dé à 20 faces à la planète, de Tolkien au fantasme géographique. Mon imaginaire fantastique sur une table à jouer s'est tari lors de mon premier voyage d'adulte, en Equateur, il y a 15 ans. Retour aux sources...

Pour voyager, nous devons (ré)apprendre à être idiot, spontané, déraisonnable. Croire aux fables auxquelles nous n'avons jamais crues. Il nous faut apprendre à écouter. L'écoute sensible disait René Barbier, une personne que j'admire. C'est un vagabondage assumé, sans jugement, où les croyances d'ici peuvent apparaître comme ridicules ou inutiles ailleurs. Accepter les Hommes et les événements tels qu'ils sont, avec fatalité et naïveté, même feinte. C'est un jeu indispensable sans lequel on ne fera qu'effleurer quelques ruines et rêver un pays incompris. C'est un pari, un antidote vis à vis de nos civilisations blasées.

Sébastien


Tienes frio ?

Publié le : 14 Mars 2007
Tienes frio ?

« Tienes frio ? »
Une parole se perd dans le vent froid qui balaie les flancs de la montagne de Tigua.
« Tienes frio ? »
Une deuxième fois, plus haut, plus fort.
Deux enfants me regardent avec leurs billes rondes, allongés dans les champs sur terre battue. Deux petites voix qui viennent rompre le silence venteux. Le ciel est bas et lourd.
Tendre la main pour toucher les nuages.
Personne aux champs, en ce milieu d'après-midi, un dimanche. L'odeur de  terre humide remonte. Du silence à perte de vue : l'heure des siestes, du repos, l'heure de ne rien faire.

Un retour en arrière. La Lozère, dans la maison familiale, Louis, mon grand-oncle est attablé. Il ne dit rien. Seul le bruit de son couteau qui épluche une de ces petites pommes fripées est perceptible.Toutes paroles seraient malvenues. Il est de ces silences qui portent en eux l'explication de toutes choses.
Par le fenêtre de la cuisine s'égare un rayon de soleil timide qui éclaire le journal posé devant lui. Les murs de granit. La pièce en clair-obscur. Le visage buriné de Louis, modelé par la lumière.
Sur le poële, un verre de vin qui chauffe. Louis rajoutera un sucre.

Ici, Daniel peint, à la lueur d'une fenêtre. Sans voir le paysage, enfermé dans son établi qui lui sert aussi de chambre, il peint des paysages de Tigua, des scènes de vie, des femmes en tenues traditionnelles. Une palette de couleur dans cette chambre terne qui tamise tous les bruits.
Il garde son chapeau comme Louis gardait sa casquette.
Il ne parle pas ou très peu seulement quand on le presse de le faire.
Ses yeux parlent pour lui. Il regarde, il observe, retranché dans son mur de silence. Louis regardait avec son oeil unique qui riait, qui parlait.
Toujours l'odeur de la terre, de la pierre humide dès que l'on franchit le seuil de la maison.
La chienne vous regarde partir sans détacher ses yeux sombres de votre silhouette qui s'éloigne. Soulagée de votre départ. Elle reste avec son maître dans l'enclos protégé de son territoire. Tous deux enfin seuls, en cette fin d'après-midi.

Aurélia


Mais comment faire pour respirer ?

Publié le : 14 Mars 2007

Plus d'une semaine que nous sommes arrivés en Equateur.
Une semaine à l'image d'un mois, car le temps semble s'être étiolé. De villes en villages, de montagnes en paysages, je n'ai pourtant pas le sentiment d'être rentrée au coeur du voyage, au coeur de ce que je suis venue chercher. Chercher un temps intermédiaire, infini à l'image des paysages. Immuables.
Un mois en une semaine car trop d'énergie a été dépensée à vouloir s'abreuver de sons, d'images comme s'il nous était interdit de respirer. Pourtant à la recherche de cette « lenteur qui révèle des choses cachées par la vitesse » dont parle Sylvain Tesson, je me sens au contraire happée par ce temps, incapable de le maîtriser. Encore dans ce « temps d'occident » , ce temps « courant d'air » qui « passe par la fenêtre de nos vies ».
La question se pose une semaine après : comment ralentir cette course, comment prendre le temps de ressentir ? Je repense à mes lectures de Cees Nooteboom, voyageur qui accompagne mes lectures solitaires depuis quelques années... et je me demande...
« Espaces vides, arrières boutiques vides de l'Histoire » : juste l'envie de vivre cet entre-deux auquel j'aspire où la pensée n'est plus contrainte, simplement libre de vagabonder, de communier avec un rien, un tout...
Libre de marcher, désengagée. Véritable utopie du voyage, de ce voyage ? Car au fond, il suffit parfois d'un petit instant, que l'on soit ici ou ailleurs pour s'ouvrir les portes de ce monde contemplatif.
Mais le voyage, cette forme que nous avons choisi me semble être la voie pour y arriver plus vite. C'est peut-être là mon erreur : « pour y arriver plus vite ». Encore une fois, c'est vouloir brûler les étapes. Une étape ne se brûle pas, elle se doit de se donner en son temps, en son heure sans qu'on la presse d'être là.
Donner du temps au temps en somme.

Aurelia


Hésitations

Publié le : 01 Mars 2007
Hésitations

Hésitations sur notre démarche. Notre rencontre avec le prêtre Luis Eduardo Rodrigues, de la basilique de Quito, nous pose bien des questions : que restituer d'une telle rencontre ? En rester là ? « Raconter » une histoire ? Laquelle ?

Sentiment de tricher, un peu. Mot central, pivot. Aurélia répugne à voler immédiatement des photos dans « l'action », des fidèles, de la messe. Quelle légitimité avons-nous pour demander un droit de regard particulier sur ce lieu ? Idéal en action, idéal pragmatique... ? Capter le réel et en témoigner au travers de notre imaginaire. On y passe une matinée, puis deux. Entretiens, dialogues, enregistrements. On obtient une permission fondée sur la confiance dans notre démarche...

Je doute. Je préférerais parfois partir sans raconter. Est-ce souhaitable ? La transmission est-elle nécessaire ? Sentiment passager d'avoir justifié un tel voyage par une démarche « responsable », acceptable par tous, famille et amis. Voyager sans tricher...

Raconter son voyage, c'est aussi un Art de la mise en scène...

SJ


Dans les catacombes

Publié le : 26 Février 2007
Dans les catacombes

Basilique de Quito, dans les catacombes situées sous les fondations.
Des noms alignés, des boîtes les unes au-dessus des autres. Des milliers de noms qui se perdent. Immanquable question : mais comment font-ils pour respirer ? Ils sont morts, certes. Est-ce que tous les vivants se posent la même question ou bien, moi, seulement? Fugacité de l'existence.
Prendre des photos me rend fébrile comme si je brisais un interdit, un tabou. Je suis dans la maison des morts. L'ange souffle la trompette du jugement dernier : "Morts, Levez-vous."
Derrière les tombeaux scellés, je m'imagine des visages derrière des noms, des morceaux de vie. Parfois une photo d'identité permet de voir le visage d'un défunt puis le regard se perd au milieu des milliers d'effigies du Christ, de la vierge. Une enfant passe dans les allées souterraines et s'agenouille devant une petite case, fermée sur l'urne funéraire. Elle se signe puis prie en silence. Il y a une telle dévotion ici qui me renvoie toujours plus à notre incroyance.
Il règne un sentiment diffus de menace. Toutes les phrases écrites au-dessus des différentes entrées des catacombes nous rappellent à nous, Vivants, que le jugement dernier est proche, que la vie est éphémère et qu'il ne faut jamais l'oublier.

"El que cree en mi anque hubiere vivira"

"La muerta es la hora de la Verdad"
    De Dios
        Del Hombre
            De las Cosas

Des sons nous parviennent de la Basilique : chansons religieuses, paroles du prêtre disant la messe pour un mariage. La mort à côté de la vie.
Tu redeviendras Poussière...

AF


Les saints de l'Eglise de Calacali

Publié le : 24 Février 2007
Les saints de l'Eglise de Calacali

Calacali, village situé à 40 kms de Quito : point 0°0'0". AF.


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