CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, Volterra, Arezzo

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San Gimigiano sous la pluie, Cathédrale et musées

Publié le : 16 Juin 2007
San Gimigiano sous la pluie, Cathédrale et musées

Lundi 12 Juillet : San Gimigiano
A la sortie de Colle V. d’Elsa, une petite route très agréable mène à San Gimigiano parmi les champs de maïs et les tournesols fleuris. San Gimigiano se voit de très loin, tout à fait reconnaissable avec ses hautes tours.
A 8h45 nous entrons par une belle arche dans le village fortifié endormi. La petite cité est encore plus ancienne que Sienne. Nous voilà au XIIème siècle ! Les maisons sont hautes de trois ou quatre étages et les façades sont toutes simples. La rue principale monte vers la Place de la Citerne entourée de palais avec leurs hautes tours qui ressemblent aux tours du Magne. La place est en pente. Comme à Sienne, les nervures cloisonnant le pavement de brique rouges en chevron, s’épanouissent en éventail. Ici, le centre est occupé par une citerne posée sur des marches et surmontée d’une sorte de portique de pierre très simple. Une Loggia abritant des bancs de pierre est commune à la place de la Citerne et à celle du Duomo. Le Duomo est une bâtisse romane massive dépouillée posée sur des marches.

A 9h30, ouverture des musées et de la Cathédrale.

La Cathédrale : le Paradis et l'Enfer


Nous étudions à loisir les cycles de fresques. Au dessus de l’entrée : l’Enfer et le Paradis. L’enfer est beaucoup plus amusant que le Paradis. Les péchés sont classés par gravité. On reconnaît facilement l’usurier au ventre gonflé qui vomit ses pièces d’or, la luxure, femme nue à qui le Diable enfonce un pieu dans le sexe, la Calomnie la Médisance ou le Blasphème ? Les pêcheurs se bouchent les oreilles.

    En face, solennels : les anges, les saints et les prêtres font une procession monotone. Sur chaque côté de la nef, les épisodes de l’Histoire Sainte sont représentés comme en bandes dessinées.
J’admire la composition des animaux qui entrent deux par deux sagement dans l’arche et qui en sortent joyeusement dans le tableau suivant.

    Le Passage de la Mer Rouge est aussi coloré et vivant. Le Peintre a ajouté des pêcheurs, des dauphins et des poissons. Les corps des Egyptiens sont emportés par le courant.
En face la vie de Jésus. Dominique lit à haute voix le Guide Vert. Après 10 jours de visites nous pouvons identifier facilement chacun de ces tableaux mais le Guide nous aide à observer méthodiquement..
Dans une chapelle, nous faisons connaissance avec la sainte locale : Santa Fina, une petite fille paralysée représentée par Domenico Ghirlandaio (celui de l’Adoration des bergers qui m’avais enchantée à l’Expo Botticelli) j’avais aimé les petits animaux : ici, une souris persécute la petite paralytique.

    Musées

    Après la visite de la Cathédrale j’achète des billets cumulatifs pour 5 musées : la Pinacothèque du palazzo del Popolo et la grosse tour.
      Malheureusement, le ciel s’est couvert et il tombe quelques gouttes. Ce serait dommage de faire l’ascension de la Tour sans prendre de photos et sans jouir d’une belle lumière pour apprécier le panorama ! Nous repoussons cette visite à plus tard.

     Il tombe maintenant une pluie battante. Nous nous abritons de porche en boutique pour rejoindre le Musée Archéologique où se trouve aussi la Galerie d’art Moderne et un petit musée consacré à Santa Fina. Quand nous arrivons à l’autre bout du village, la pluie a cessé mais il faut encore attendre un quart d’heure l’ouverture du Musée. Le Palais qui l’abrite est tout à fait remarquable, les objets exposés beaucoup moins. C’est un vrai « Musée des Pots cassés » avec explications vagues portant surtout sur la localisation des sites archéologiques. La Galerie D’Art Moderne ne vaut guère mieux. Jolie présentation mais œuvres discutables. Heureusement une exposition temporaire de photos « Palestine 1929 »vaut, elle, le déplacement. Très belles photos anciennes Noir et Blanc, souvent sépia, portrait de Halutzim, d’arabes, de yéménites, d’enfants…Paysages de Tibériade ou de Saint Jean d’Acre, Yaffo, encore palestinienne, .travaux des champs archaïques… C’est inattendu et très intéressant.

     Il est trop tard pour visiter le Palais et la Pinacothèque, il ne fait toujours pas beau pour monter à la Tour. Nous nous promettons de revenir. San Gimigiano est toute proche du gîte. Elle nous plaît beaucoup et nous avons toujours notre billet cumulatif.
Retour sous le ciel gris. Je vole deux tournesols pour égayer notre salle de séjour Passons à la Coop. Déjeuner encore tardif : haricots et beefsteack haché.

Malgré les nuages, je nage 40 longueurs pendant une éclaircie.

Ville haute de Colle Val d'Elsa

     Nous retournons dans la ville haute pour la passeggiata. De l’autre côté du ravin, un pont mène à un couvent franciscain (qui ne se visite pas), petit cloître tout simple dans le même style que tous les autres. C’est surtout le panorama sur la Ville haute qui est spectaculaire. Malheureusement, il pleut donc pas de photo ! Nous descendons l’unique rue bordée de palais. Plusieurs portent les écussons des Médicis avec les boules. Nous découvrons une sorte de passage secret : un couloir voûté peu éclairé mène du Palais qui enjambe la rue à la place principale. Nous rentrons par une petite rue en corniche où sont installés les ateliers et les boutiques des cristalleries.

     Nous n’avons toujours pas trouvé de photographe pour faire développer les photos et tentons notre chance dans la Ville basse. Dominique s’arrête sur une belle place bordée d’arcades et j’avise la boutique du photographe.


Sienne, ville médiévale, Palazzo Publico

Publié le : 16 Juin 2007
Sienne, ville médiévale, Palazzo Publico

Ville médiévale

     Il fait vraiment très frais ce matin, pas d’oiseaux au réveil ! J’ai donc traîné au lit jusqu’à 7 heures. Autoroute jusqu’à Sienne. La sortie sud nous mène directement à la Porta San Marco. Sans transition, on passe de la campagne aux murailles de la Ville Médiévale. Parking souterrain (1.5E/h). AZ 9h, nous remontons une petite rue tranquille bordée de maisons de briques aux persiennes vertes orientables.

     Une maison au fronton baroque peint en vert fait un angle aigu à une fourchette. Devant, il y a un très joli puits blanc. Belle image, mais photo impossible, on a garé des scooters et des motos près du puits.
Contrade
     Aux coins des rues, je remarque les carreaux apposés indiquant la Contrade à laquelle appartient ce quartier. Nous passons de la Contrade de l’Escargot à celle de la Panthère (jolie sculpture moderne sur une placette) puis à celle de la Girafe (oriflamme déployé à une fenêtre) et enfin sur le territoire de l’Aigle.
Les touristes et les habitants de sienne ne sont pas encore sortis. La promenade est très tranquille. Nous rencontrons seulement deux bonnes sœurs en cornette.

Piazza del Campo

      La Piazza del Campo, la belle place en forme de coquille, ou d’éventail, est déjà animée. On est en train de monter un podium pour un spectacle. Les ouvriers sont équipés de matériel d’escalade : baudriers longes et mousquetons Nous les regardons travailler avec intérêt.

    La Fontaine Gaia (Fontaine de la Joie) située en haut de la place en marbre blanc avec de jolis panneaux sculptés, fait le bonheur des pigeons. Perchés sur les louves couchées, ils prennent une douche dans le jet d’eau.

Palazzo Publico


     Le Palazzo Publico qui abrite la municipalité est un intéressant musée. C’est un grand bâtiment de brique rose décoré de parement de pierre blanche .couronné de créneaux et orné de belles fenêtres gothiques trilobées. L’élégante tour de la Mangia domine la ville de toute sa hauteur.

     Le Musée n’ouvre qu’à 10h, nous avons tout le loisir de regarder les façades de brique des palais qui entourent le Campo. Un souvenir très net de notre passage en 1983 s’impose à ma mémoire .Je suis assise à la terrasse d’un beau café ; Swanee s’est installée à l’ombre sous la table. J’attends Dominique partie visiter seule la Cathédrale. Nous devions nous relayer pour les visites d’églises. Assise sur les marches du parvis, on m’en avait délogée :
-  « ce n’est pas le marché des chiens ! »..

     Suivant les conseils du Nat. Geog. Nous traversons rapidement les premières salles du Palazzo Publico pour nous consacrer uniquement aux fresques Le premier cycle raconte le conflit entre Frédéric Barberousse et le Pape : une belle bataille navale entre les Vénitiens alliés du pape et les forces impériales. Malheureusement, la salle est en restauration. Dans la Salle de la Mappemonde (qui a disparu) deux fresques intéressantes : la Maesta(Vierge en majesté de Simone Martini que l’on peut comparer à l’autre Maesta, celle de Duccio exposée au Musée de l’Opéra del Duomo. Je préfère celle de Duccio. L’autre fresque est un portrait équestre du condottiere Guidoriccio da Fogliano (1328) qui m’avait séduite sur un étal de carte postale.

     La Salle suivante : la Salle de la Paix est occupée par un autre cycle : Les Effets du Bon Gouvernement et le Mauvais Gouvernement. Sur un troisième mur on présente Le bon Gouvernement.  Toute la vie de Sienne au XIV ème siècle est résumée dans les deux grands tableaux. Sur une moitié la Ville de Sienne est représentée avec toutes ses activités : le cordonnier dans son échoppe avec les bottes suspendue, les maçons sur un toit, l’auberge avec des garçons occupés à jouer. Des jeunes filles dansent une ronde Des cavaliers entrent dans la ville. Dans un coin, on reconnaît ; le Campanile et le Duomo. Les maisons sont peintes en rose vif. Ce sont celles qu’on voit encore dans les rues. Les murailles de la ville découpent en deux le tableau : de l’autre côté : la vie à la campagne. Le seigneur chasse le sanglier, des paysans taillent la vigne, d’autres moissonnent d’autres battent le blé. Au fond, un beau paysage de collines coiffées de villages. On pourrait rester des heures à chercher des détails. En face les effets du mauvais gouvernement : les murs sont en ruine, les ordures sont dans la rue, les soudards entraînent une jeune fille, scènes de meurtre et de désolation dans la campagne… Une conférencière commente en Anglais. Je tends l’oreille. Elle me fait prendre conscience de principes simples : les fresques ont été conçues en fonction de la pièce et non pas comme les tableaux peints dans l’atelier e l’artiste. le rôle de l’éclairage est donc tout à fait remarquable. A cette époque il s’agit bien sûr de la lumière du jour venant de la fenêtre? Dans le Bon Gouvernement, le soleil éclaire la ronde des jeunes filles qui jouent le rôle de source lumineuse secondaire du tableau. On vérifie cette théorie en regardant les façades claires ou ombrées. Dans le Mauvais Gouvernement la table où sont le diable et les Péchés semblent au contraire jeter de l’ombre sur la ville. Comme dans la Cathédrale de Florence, les explications approfondissent notre analyse du tableau. Je serais volontiers restée plus longtemps à l’écouter, mais c’est gênant.


Sienne : Duomo

Publié le : 16 Juin 2007
Sienne : Duomo

Dans les rues…

      Pour ne pas enchaîner les visites nous nous promenons dans les rues autour du Campo. La Via di Citta épouse la courbe du Campo et serpente autour de la colline où est perché le Duomo. La longue façade gothique du palais Chigi-Saracini suit cette courbe. Nous entrons dans la cour et découvrons une jolie loggia peinte avec des motifs de grotesque rappelant ceux de Vasari au palazzo Vecchio. Nous nous arrêtons près du magnifique puits.

Duomo

       La visite du Duomo est le deuxième temps fort de la matinée. Contrairement au Duomo de Florence vaste mais presque vide, ici, nous avons une impression de surcharge de décoration et d’exiguïté tant il y a de sujets à observer.

pavement

      Nous commençons par le pavement décoré de 56 panneaux de marbre réalisés selon la technique de l’agraffito : silhouettes gravées dans le marbre blanc puis noircies à l’asphalte. A partir de 1518, Beccafumi utilisa la technique de marqueterie de différentes couleurs. Pour éviter l’usure du passage, les deux tiers des panneaux sont protégés par une plancher amovible. On n’en verra donc que le tiers restant. Les Sibylles de Cumes et des autres villes (1491-1498), une Allégorie de la Fortune avec Socrate et Crates qui renverse des pièces et des bijoux, une roue de la Fortune, curieux motifs pour ue église .Judith délivrant Bethulie (1473) et le Massacre des Innocents, Hérode chassé du trône  étonnent moins. Dans ce dernier, j’ai surtout admiré le dessin des chevaux avec le mouvement bien rendu.

Chapelles

      Comme à notre habitude, nous suivons scrupuleusement la visite du guide Vert (le plus méthodique), entrons dans toutes les chapelles, celle baroque du Bernin, celle Renaissance celle de Saint Jean Baptiste avec ue statue du saint par Donatello ressemblant à celle du Musée de l’Opéra del Duomo de Florence.

Libreria Piccolomini

     La Libreria Piccolomini est une grande salle très claire attenante à la nef couverte de fresques de Pinturicchio (1502-1509) racontant, la vie d’Enea Silvio Piccolomini devenu le pape Pie II. Ce sont des fresques très colorées très vivantes et narratives. Encore une fois, notre regard est plus historique. les fresques racontent le Concile de Bâle, les fiançailles de Frédéric III et d’Eléonor d’Aragon, la décision du pape Pie II de partir en guerre contre les Turcs..

     Nous terminons la matinée par une balade dans les ruelles. Nous n’avons pas trouvée la via Galluzzo « la plus typique ». Mais nous avons vu des passages cachés complètement couverts avec des marches. Nous avons abouti à la fontaine de la Contrade de la Selva avec sa forêt miniature de lauriers symbolisant la forêt. Enfin nous sommes rentrées à vive allure pour ne pas payer une heure supplémentaire de parking.

     Déjeuner d’une salade composée et d’une pizza. Piscine, le ciel est menaçant, de gros nuages font craindre un orage et nous replions bagage assez tôt. Nous avons échappé à l’averse et l’après midi s’est terminée tranquillement entre lessive, courrier et journal de bord.

     Après les visites très denses de la matinée nous avons besoin de ces moments de farniente à la piscine. Tout ce que nous voyons est si riche que j’ai peur de l’effet de surimpression Je suis contente de relire encore les guides et digérer les nouvelles connaissances. Sienne a brillé surtout au XIII et au XIVèm, un siècle avant la Renaissance florentine. C’est une période que je connais mal. Sur cette période gothique, j’ai peu de références. Il me faut les construire ici.


les Crêtes : comment photographier la campagne Siennoise?

Publié le : 16 Juin 2007
les Crêtes : comment photographier la campagne Siennoise?


Comment photographier la campagne Siennoise ?


          Nous avons choisi le but de l’excursion d’après une carte postale. Dominique avait remarqué un paysage magnifique souligné par une allée de cyprès zigzaguant au flanc d’une colline dans les blés. Au dos Monticchiello- Pienza .Gallimard a recommandé d’un cœur l’itinéraire des Crêtes allant de Sienne à l’Abbazia di Monte Oliveto Maggiore. J’ai donc combiné ces deux destinations.

     Colle val d’Elsa-Sienne : voie rapide. Tour de Sienne sur le « périphérique » jusqu’à la dernière sortie. Nous trouvons la S438 en direction d’Asciano qui nous fait découvrir un vaste panorama dans un paysage de champs de blés ondulant, ravinés dans l’argile. La moisson a commencé dessinant de longs rubans de chaumes dans les épis mûrs. Les collines pointues sont coiffées de fermes ? Pas un arbre dans les champs. Seules les belles allées de cyprès conduisent aux grosses fermes. Au loin, la ville de Sienne, et ses tours, domine le paysage. On se dirait dans la fresque des Effets du bon Gouvernement. Le paysage n’a pas changé depuis le XIVème siècle.
Nous guettons les points de vue, impatientes de faire de belles photos comme sur la carte postale. La photo devrait contenir une colline et sa ferme avec son allée de cyprès, si possible avec les découpes de chaume dans les blés et en plus un premier plan.

      Vu de voiture, cela paraît faisable. Malheureusement, il faut également un endroit pour garer la voiture. La route tortille. On ne peut pas s’arrêter net au sommet d’une côte ou dans un virage. Encore une fois, je mesure l’écart entre l’image virtuelle construite par notre cerveau et l’image réelle dans le viseur.

     Le petit village enchanteur se trouve encombré d’une grue malséante. L’imagination élimine ce genre de parasite, pas l’appareil photo. Le zoom 110 n’est pas assez puissant : le village est minuscule, noyé dans un océan de blé ou de ciel. Le décalage entre le résultat cadré au viseur et l’image rêvée est énorme. Je finis par me décourager. Ce n’est pas que le paysage  ne me plaise pas. Au contraire, il est magnifique, pittoresque ! C’est la difficulté de trouver l’endroit idéal synthétisant toutes les impressions. . J’imagine l’auteur de la carte postale sillonnant à vélo ou à pied la campagne. Photographier de la voiture rajoute une difficulté supplémentaire. La vitesse gomme les imperfections du genre poteaux, panneaux routiers… ensuite, je suis assise en hauteur. Parfois, je retourne à pied en arrière à la recherche de l’image fugitive. Mais où était donc l’endroit exact qui m’a fait demander à Dominique de s’arrêter ? Je suis à la recherche d’un souvenir éphémère que j’ai déjà oublié .Si j’avais le temps, je peindrais. J’aurais alors la possibilité de tricher, de superposer à ce ravin des crêtes, un champ doré éclatant, agrandir le groupe de maisons, faire tourner la rangée de cyprès.

    Abbazia di Monte Oliveto Maggiore

    Après Asciano, nous suivons la route de l’Abbazia très bien indiquée. On aboutit sur un parking sans la découvrir ? Une belle allée de cyprès plus que centenaires descend vers les bâtiments cachés dans les bois ? Nous passons devant un très vaste bassin rectangulaire rempli d’eau, des petits édifices à coupoles et à frontons pour arriver à l’abbaye énorme et massive en briques rouges ? C’est un monastère de Bénédictins encore habité. Des panneaux nous incitent au silence et au recueillement. Si les bâtiments sont très simples et sans grâce, l’emplacement est admirable. La vue, très dégagée sur une vallée. Au loin, on devine Sienne. Nous visitons le cloître décoré de fresques de Sodoma et de Signorelli retraçant la vie de San Bernardino, assez peu élégantes et pas très inspirées malgré le renom des peintres. Les Bénédictins ont une boutique très bien achalandée : liqueurs mais aussi tout un choix de fioles et de flacons de phytothérapie. Des gouttes contre le rhume auraient bien été utiles la semaine dernière !

    Le trajet de l’Abbazia à Pienza est assez compliqué. Un panneau annonce 33km mais nous nous perdons à chaque croisement. Il faut reculer et revenir en arrière chercher les panneaux quelques fois malencontreusement cachés par les branches d’un tilleul. La verdure fait une apparition dans le paysage. Les montagnes plus hautes sont couvertes de forets ? On retrouve des vignes et des champs de tournesols.


Pienza, Montecchiello

Publié le : 16 Juin 2007
Pienza, Montecchiello

la ville de Pie II

      Pienza est une très jolie petite ville avec sa rue principale, sa place Pie II bordée de trois palais et de sa cathédrale blanche en travertin, ses murailles et ses portes en ogive, sa promenade le long des murs. Malgré sa taille réduire, on ne pense pas à un village mais à une ville. Les palais lui confèrent une élégance citadine. La pierre, du travertin, est blanche, elle se sculpte bien. Les chapiteaux corinthiens sont d’une grande finesse. Nous entrons dans le Palais Piccolomini et admirons sa belle cours, les décors intérieurs peints sont en cours de restauration. Que cette visite suive celle de la Libreria Piccolomini du Duomo me plaît particulièrement. La vie d’Enea Silvio Piccolomini, devenu le pape Pie II a construit Pienza d’où l’unité de style.

     Dans la rue, beaucoup de boutiques pour les touristes, toutes du meilleur goût, principalement des marchands de vin et de fromages proposant des pâtes variées des champignons et des tomates séchées.
Le fromage local pecorino distille un parfum très fort qui me plaît beaucoup. J’achète un petit fromage blanc parfumé à la roquette. Dans une charcuterie un cochon entier est rôti et vendu en panini. Dominique préfère quant à elle aller à la boucherie acheter des tranches de rôti de porc classique.

    Montecchiello

      Nous allons à la recherche de Montecchiello pour trouver le lieu de la carte postale qui a inspiré l’excursion. La moisson est terminée, les énormes meules cylindriques jonchent les chaumes et donnent du relief au tapis jaune paille et or  qui colore les croupes arrondies. Nous croyons reconnaître la strada bianca qui zigzague. Mais comment la photographier ?

       Fin du voyage : Montecchiello, petit bourg médiéval perché. Pour une fois nous trouvons facilement le coin pique-nique idéal ; la vue est très étendue, d’un côté Pienza, de l’autre Monticchiello juchés en haut de leurs sommets. Nous sommes sur une butte à côté d’une ferme en ruine dans les chaumes. Il fait un bon petit vent et notre pique-nique est délicieux. Retour vers 17h à Colle.


San Gimigiano sous le soleil, ses tours, pinacothèque

Publié le : 16 Juin 2007
San Gimigiano sous le soleil, ses tours, pinacothèque

Sous un soleil magnifique, à 8h30, nous nous préparons à prendre les photos de San Gimigiano que nous avions vu sous la pluie .Nous flânons dans les ruelles tranquilles, découvrons des passages couverts, des échappées sur la campagne . .Le marché occupe toute la ville, la place de la Citerne avec les étals de fringue, de quincaillerie et de chaussures, celle du Duomo avec les commerces alimentaires…Cette animation me plaît beaucoup. Je photographie les tabliers et les robes se détachant sur les décors médiévaux. J’aime ces anachronismes et cet apport inattendu de couleurs criardes. Cela ne fait pas l’affaire des autres touristes venus pour la matinée.
Des remparts, je dessine la campagne, les vignes, les cyprès en appliquant les principes énoncés hier en raccourcissant les perspectives pour faire entrer tous les sujets intéressants dans le cadre. Je triche donc avec la géographie !

Les tours

     Nous nous sommes donné rendez vous à 9h30 devant le Musée civique à l’ouverture. Je monte à la Grande tour de 54 m. Un édit a été publié pour interdire aux particuliers d’édifier des tours qui la dépasseraient. Un malin a contourné l’interdit en érigeant des tours jumelles de 52m. La hauteur des tours revêt une importance insoupçonnée sans aucun rapport avec l’art de la guerre. Il s’agit plutôt de prestige et de prééminence politique. A Sienne, d’après les mêmes considérations, on a pris soin de construire le Beffroi du Palazzo Pubblico de manière à ce qu’il se trouve au même niveau que le Campanile du Duomo. Equilibre politique entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux. . Ces tours ont une base carrée, elles sont très hautes et ne comportent que très peu d’ouvertures. Elles ressemblent aux tous du Magne en plus élancé. La Grande Tour a perdu son escalier, elle est évidée. Un escalier métallique moderne qui suit la muraille conduit à la plate-forme où les cloches sont installées. La vue sur la campagne est très étendue. Les collines les plus hautes portent d’épaisses forêts tandis que la vigne est cultivée sur les plus basses.

Pinacothèque

      Le Palais Municipal renferme la Pinacothèque qui présente de beaux retables et des polyptiques des peintres de l’école siennoise - plus primitifs -  ou florentine –presque Renaissance. Au premier étage, les grandes salles du Conseil sont encore meublées de bancs et de stalles comme aux grands jours de la cité. Les murs sont décorés de fresques Dans la première pièce, le sujet est original. Un jeune homme s’émancipe. On lui remet une bourse qu’il confie à une femme à l’entrée d’une maison (bordel ?). Puis vient la scène de son mariage. Au centre, les époux se baignent dans un baquet.  Le dernier tableau montre le coucher des époux dans un grand lit recouvert d’une couverture à carreaux, une servante ouvre le lit où l’époux va rejoindre sa femme. Ce sujet profane, très intimiste surprend.

      La grande salle du Conseil est décorée d’une Maesta copiée sur celle du palazzo del  Populo de Sienne, elle même inspirée de celle de la Cathédrale. Encore ici on devine les rivalités, les équilibres subtils. Les autres murs sont peints en l’honneur de Charles II d’Anjou, sur deux registres : en haut les tournois en dessous une scène de chasse avec une battue au sanglier. Les chevaliers des tournois sont très réussis et très colorés. Dante aurait négocié certain accord ici.

San Augustino

     Les fresques du chœur de San Augustino retracent la vie de Saint Augustin. Les images sont commentées en latin. Mes souvenirs de latin me permettre d’identifier les scènes mais pas de comprendre les commentaires.
Nous terminons la matinée dans les ruelles à l’écart de la rue principale encombrée de touristes. La forteresse a été aménagée en jardin public. Des oliviers sont plantés sur les pentes, un joli puits, des arcades et quelques cyprès décorent une esplanade où on a installé un cinéma de plein air. Dominique veut rentrer tranquillement, son genou la fait beaucoup souffrir. Nous fixons rendez vous à 12h20 et je m’installe au milieu d’une ruelle pour dessiner une tour à travers une arcade.

     Au retour, nous prenons un autre itinéraire, « touristique » selon la carte mais qui tortille dans une épaisse forêt de chênes où se camoufle une vaste prison.

      Pour une fois, nous déjeunons « tôt »- 13h45 : de la porchetta achetée au camion au marché et des beignets de calmar pour Dominique, salade et ratatouille froide.

      Il fait chaud, aujourd’hui. La résidence Tana de Lepri commence à se remplir, la piscine aussi. Dominique a réservé une place à l’ombre à l’heure du déjeuner. Incident rigolo : le Monde s’envole et plonge dans la piscine, on le fera sécher sur le fil à linge.
La soirée est très douce, j’écris en regardant se lever les étoiles.


villages autour de Colle Val d'Elsa :

Publié le : 16 Juin 2007
villages autour de Colle Val d'Elsa :

Vendredi 16 Juillet : Casole d’Elsa, Radicondoli, Monteriggioni

    Casole d’Elsa

      Les luxueuses brochures de l’Office de Tourisme vantent Casole d’Elsa et Radicondoli, absents sur nos guides français. Nous partons donc à la découverte des petits villages du Val d’Elsa dans un rayon de 30km.
       Casole d’Elsa est perchée sur sa colline. La municipalité fait beaucoup d’efforts pour attirer les promeneurs : un ascenseur va directement du parking au château, des rampes toutes neuves conduisent à des jardins nouvellement aménagés avec une belle fontaine moderne. Des statues de bronze sont assises sur des bancs et dispersées debout dans les rues du village. Le château sert de hall d’exposition de peinture. C’est accueillant, propret, gai et calme. Bien sûr, aucune comparaison avec San Gimigiano qui regorge d’œuvres d’art et de souvenirs historiques. Les tours operators n’emmèneront jamais les troupeaux en car. En revanche, les promeneurs sont les bienvenus. Nous ne devons pas être les seules à arriver jusqu’ici : à la mercerie on vend les journaux étrangers et j’achète le Monde.

       Les rues sont désertes, pas de voitures, pas de passants. La pierre aristocratique a été utilisée uniquement au château et au Palazzo qui sert de Mairie, dans les rues, c‘est le domaine de la brique. La promenade ne manque pas de pittoresque : grosses tours rondes, passages couverts, escaliers dérobés et jardins suspendus nous font de minuscules surprises bien agréables  Dans les ruelles, larges comme un couloir, en pente, les arches arrondies et les voûtes se décalent. Un céramiste a décoré de carreaux les murs de brique. Les enfants de l’école ont contribué à cette décoration naïve.

     A la sortie du village, une très jolie chapelle est construite près d’un enclos. Un cloître ? Non, c’est tout simplement le cimetière. La toute petite chapelle est décorée de fresques baroques : quatre anges musiciens et une ribambelle de putti dans des tons pastels. Elle est fleurie de bouquets défraîchis mais encore charmants de tournesols, camomille, lierre, carottes sauvages, lavande, du blé  et des feuillages de chêne.

Mensano

      Sur la route de Casole D’Elsa à Radicondoli, un église surgit de la falaise : Mensano est un tout petit village caché de la route. Deux rues en pente bordées de maisons bien rénovées et fleuries. L’église est toute simple mais elle a de beaux chapiteaux romans sur d’imposantes colonnes. C’est la première fois que j’en vois e pareils en Toscane. Minuscule village, agréable surprise.

Collines Métallifères

       Nous reprenons la route dans les collines Métallifères. Nous sommes à environ 500m d’altitude, les champs ont laissé la place à une forêt touffue de chênes et quelques rares pins. De loin, on voit des cheminées industrielles bizarres. En Toscane le modernisme (immeubles et usines) a le bon goût de s’installer à l’écart des centres historiques. Le relief accidenté permet de masquer les artefacts.

    Radicondoli

      Radicondoli est aussi un village perché. De loi on reconnais sur leur perchoir Casole d’Elsa et San Gimigiano et ses tours .Le parking à l’écart du centre historique de Radicondoli se trouve en contrebas d’une église imposante en briques roses qui curieusement enjambe la route d’accès à la place.. C’est encore un village de briques, tranquille, propret, fleuri décoré de statues de bronze contemporaines d’un goût assez douteux : des prétentions à l’érotisme font relever les jupes des mannequins à talon-aiguilles et lunettes de soleil exagérées. Un palazzo sans attrait particulier (style florentin avec bossage autour des fenêtre) .Et , un Musée de la Géothermie. Nous sommes près de Lardarello. Les installations industrielles entrevues en chemin trouvent ici leur explication. Vers midi nous rentrons en faisant un crochet par Belfonte, encore un minuscule village.

      Nous passons l’après midi à la piscine bien au calme. Je nage 70 longueurs et lis le Monde.

Montereggioni

     Montereggioni est une place forte enclose dans une enceinte ovale qui a gardé ses 14 tours carrées . De loin, l’ensemble est spectaculaire. Dante avait comparé les tours à des géants. La lumière rasante du soir donne un bel éclairage. Nous sommes déçues : le village a perdu sa vie rurale remplacée par magasins de souvenirs restaurants pour touristes et cartes postales. Une belle place et sa citerne, une petite église, deux rues : on en a vite fait le tour


Trois ermitages dans la Montagnola

Publié le : 16 Juin 2007
Trois ermitages dans la Montagnola

Dominique a trouvé hier un dépliant sur la Montagnola, petit massif aligné Nord Sud à l’Ouest de Sienne. Au programme trois monastères dont deux ermitages. Comme une heure de voiture sépare Casale Marittimo, notre prochain gîte, de Colle, le détour paraît raisonnable.

Ermitage de Lecceto

     L’ermitage de Lecceto est le plus difficile à trouver. Sur la carte il ne semble situé sur aucune route. On tourne dans les petits pays en lisière de Sienne. On demande. Tous les gens connaissent Lecceto mais nous donnent des indications plus ou moins fiables.  Nous tournons en rond avant de trouver le chemin de cailloutis, qu’ils appellent  « une route blanche ». Nous grimpons dans un bois de chênes sûrement plus que centenaires. L’ermitage est un véritable monastère, ce n’est pas un monument ouvert à la visite. Des pancartes invitent au silence . Nous entrons sur la pointe des pieds dans le cloître vide. C’est un très beau cloître planté de cyprès de paliers à l’ombre d’une belle tour carrée en pierre blanche ornée de mâchicoulis et couverte d’un toit .De nombreux jeunes hommes entrent et sortent certains habillés en civil d’autres en robe blanche. Le crucifix est bizarre : le Christ de bois est penché vers l’avant. C’est une statue grossière évoquant presque le sadomasochisme.

San Leonardo al Lago

    Dans cette montagne sauvage, pourtant proche de Sienne, aux chênes impénétrables il y a un autre ermitage en haut d’un sentier très pentu : San Leonardo al Lago. Le bâtiment est austère, l’église très haute, fermée, le cloître, en ruine. Pas d’animation, pourtant, un écriteau invite à sonner pour la visite guidée.
Le troisième monastère du dépliant devrait être le plus beau (photo d’un cloître sur 3 niveaux à décors noirs et blancs). Malheureusement nous arrivons trop tard : il ferme à 12h.


Vers Casale Marittimo à travers les Monts Métallifères,

Publié le : 16 Juin 2007
Vers Casale Marittimo à travers les Monts Métallifères,

Longue route pour contourner les Monts Métallifères

      Il faut songer à prendre la direction de Casale Marittimo. Nous avons tellement tournicoté à la recherche des ermitages que je ne sais plus où est le nord, le sud l’est et l’ouest. Le plus simple serait de prendre la 4voies de Sienne à Colle puis la route de Volterra. Dominique refuse de revenir à notre point de départ.

      J’improvise donc le contournement de la Montagnola. Impossible de couper. Il faut donc partir plein sud vers Grossetto pour remonter au nord. La Montagnola n’est pas le seul obstacle naturel. Beaucoup étendus sont les Monts Métallifères. Ce ne sont pas de hautes montagnes : les sommets culminent vers 600m. Pourtant, ils forment une barrière incontournable. Les paysages sont monotones : forêts très denses, peu d’échappées. Pas de village pendant des dizaines de km. Et cette route qui ne cesse de tortiller. Sur les pancartes je repère la distance qui nous sépare du prochain carrefour (bivio). 4 km me paraissent une éternité. L’aiguille du compteur de vitesse semble se coincer entre 30 et 40. Je n’ose plus compter les kilomètres qu’il reste à parcourir. Je ne sais quel itinéraire choisir : la « grande route » qui conduit à Massa Marittima mais qui nous fait descendre beaucoup trop au sud? ou au contraire tenter de traverser les montagnes par une route toute petite?

Lardarello

      Nous arrivons à Lardarello : bouche de l’enfer d’où s’échappent des fumerolles malodorantes. Hier lors de la visite du Musée de la Géothermie à Radicondoli, je n’imaginais pas l’ampleur des captages de ces fumerolles. Des énormes cheminées grises comme des cheminées de Centrales nucléaires, des kilomètres de canalisations en métal inoxydable parcourent la montagne. Les tuyaux se regroupent, se superposent, se chevauchent. Paysage industriel très moche. Et pourtant, c’est l’énergie la plus naturelle, la plus écologique. Nous finissons par retrouver un paysage plus paisible avec des villages perchés.

Arrivée à Casale Marittimo

     Encore 6km et nous arrivons à Casale Marittimo.
Comme nous le craignions, nous sommes déçues par la résidence Poggetto : complexe résidentiel moderne. Autour d’un bâtiment carré au toit en pente des appartements sont alignés sur des terrasses. La piscine est minuscule.


Volterra, églises, musée étrusque

Publié le : 16 Juin 2007
Volterra, églises, musée étrusque

J’avais gardé un excellent souvenir de notre passage il y a 20 ans et je me réjouissais de retourner à Volterra. Allons nous reconnaître le camping et sa piscine ?

       Nous partons plus tard qu’à l’accoutumée. Il fait déjà très chaud .La route est facile à trouver. Nous nous arrêtons au Distributeur d’essence automatique qui avale les deux billets de 10 Euros mais refuse de délivrer le carburant. Je vais protester au bar voisin. La jeune fille du bar téléphone au pompiste qui vient nous dépanner. C’est vraiment très sympa !

        Autour de Volterra les collines sont dorées par les chaumes. La moisson est terminée, les grosses bottes rondes sont déjà rentrées. Certains flancs sont en argile grise ravinée comme dans la région des crêtes mais en moins pittoresque, pas de fermes perchées ni d’allées de cyprès.
        Nous reconnaissons Volterra avec ses tours et sa coupole. Je les avais peintes et ma peinture est accrochée dans la bibliothèque du Vaurayet.

San Francisco :fresques de Sodoma
   
      Une chapelle de l’église San Francisco est décorée de fresques par Sodoma  représentant l’histoire de la Vraie Croix. Les fresques couvrent les murs et le plafond. Décidément Sodoma n’est pas mon peintre préféré. Les personnages sont expressifs. La naïveté des fresques plus anciennes me touche plus. Les décors sont moins colorés il y a moins de détails.

Baptistère et Duomo

      Les rues sont désertes. On découvre de jolis passages, des échappées par les portes de la ville sur la campagne. Promenade tranquille pour arriver au Duomo. Sa façade romane est plus sobre que celles de Sienne ou de Florence. Ici aussi, un Baptistère octogonal à rayures blanches et vertes. C’est la messe, on ne peut pas voir r les détails des tableaux.

Place dei Priori

     De là, nous rejoignons la Place dei Priori avec l’Hôtel de Ville, son beffroi et de hauts palais aux belles fenêtres à colonnettes géminées. Air de déjà-vu : est ce le souvenir ancien qui surgit ou la ressemblance avec les places des autres villes que nous venons de visiter ?

Musée Etrusque

        Le Palais Guarnacci renferme le Musée Etrusque. Dominique est saturée de musées. Je le visite seule.
Luxe : je me paie un audioguide. Dans les premières salles : des urnes de poterie conique de l’âge du bronze et de l’âge du fer, rasoirs, fibules, haches décorées : tout un artisanat très élaboré. Rien d’étonnant dans cette région des monts métallifères .Les urnes sculptées en albâtres retiennent toute mon attention. Les personnages à demi couchés comme pour un banquet sont très différents des Grecs ou des Romains .On imagine le caractère du défunt : le sculpteur a ait œuvre de portraitiste. Les femmes sont très nombreuses : chez les Etrusques elles participaient à la vie sociale et étaient présentes dans les banquets. Sur les côtés de l’urne les décors sont très élaborés. Certains thèmes sont récurrents : l’Adieu du défunt à sa famille ou à ses amis, le voyage au Royaume des Morts est souvent effectué à cheval en compagnie d’un serviteur, Combats avec les monstres du Royaume des Morts, et aussi scènes de la mythologie grecque. L’Odyssée ou le Minotaure ont beaucoup inspiré les sculpteurs étrusques.
    Encore une fois, il faut envisager une civilisation du point de vue de son originalité (égalité homme/femme) mais aussi en fonction des échanges avec les civilisations voisines : Rome et la Grèce.
Les spécialistes verront les spécificité étrusques, moi, je vois les ressemblances avec des modèles connus.

     Dans le monde méditerranéen, les échanges étaient incessants (même réflexion dans les musées phéniciens de Sicile !) Les chefs d’œuvres du musées sont très bien mis en valeur au premier étage : Urne des Epoux, l’homme et la femme vieillissants en terre cuite, criants de vérité. Une curieuse statuette allongée au nom très poétique de l’Ombra della Sera, presque un Giacometti. Cette statuette ne ressemble à rien de connu, sauf peut être à d’autres statuettes votives de bronze. Je suis restée près de deux heures dans le musée. Si Dominique ne m’attendait pas je serais sûrement restée plus longtemps.

     Nous avions rendez vous sur la Place dei Priori avec le projet de nous asseoir à la terrasse de l’un des deux eaux cafés. J’aurais pris un café glacé. J’attends ce café depuis le début des vacances ! Dominique s’est impatientée ou s’est inquiétée, elle est retournée à la voiture. Je ne la trouve pas. Nous ne nous rencontrons qu’à 13h30. Tant pis pour le caffe freddo !


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