CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Juillet Ecossais (2007)

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Black Island : Dauphins et Pictes

Publié le : 12 Septembre 2007
Black Island : Dauphins et Pictes


    Les courses à Beauly sont amusantes : un brin de causette chez le boucher, la caissière de la Co-op me demande si je veux une carte de fidélité...Les légumes qui se vendent chez le fleuriste, la Poste à la papeterie..

    Dauphins ?

    A 10 heures,  nous nous garons sur le parking de North Kessock juste après le pont suspendu qui enjambe le Firth of Beauly. Dans un cabanon, les naturalistes surveillant les dauphins ont établi leur base. Des microphones installés dans l’eau permettent d’entendre arriver les dauphins.

    L’animatrice nous conseille d’aller plutôt à la Pointe de Chanonry qui est un meilleur point d’observation, le Firth  est très étroit. Si les dauphins passent ils seront plus près. C’est marée haute la mer commence à descendre, c’est une heure très favorable, selon elle, il faut se dépêcher.

    Malgré des prévisions météo exécrables, il fait très bon. Le pâle soleil finit par percer. Pas un souffle de vent. La surface de l’eau est plate comme un miroir. Le moindre aileron, la queue, le museau devraient être repérables. A peine sommes nous arrivées, que quelque chose de noir sort de l’eau et replonge. Mon premier dauphin ? Un instinct de chasseur enfoui quelque part dans mon code barre fait monter l’excitation, comme la proximité des fauves. Je sors les jumelles et scrute dans la direction du triangle noir disparu. Un peu plus loin sort la tête fine et le long cou d’un cormoran. C’est lui que j’avais pris pour un dauphin ! Très conscient du nombre de jumelles braquées sur lui, le cormoran joue les stars. Il a même l’air de me narguer. Il ressort plus loin avec un gros poisson frétillant dans son bec. C’est tout un spectacle que de le voir faire pivoter sa proie pour pouvoir l’engloutir. Je vois le cou de l’oiseau se dilater. Puis il s’enfuit en rase motte, bientôt rejoint par deux autres.

     Que faire en attendant les dauphins ? Je sors le carnet moleskine et je dessine. Dominique me signale que des touristes ont repéré quelque chose. J’ai tout juste le temps d’empoigner les jumelles et d’observer la gueule moustachue d’un phoque qui fait surface et disparaît. Au bout d’une heure, nous nous décourageons.

    Rosemarkie

    Je rejoins Rosemarkie par la plage sur la fine bande laissée par la mer descendante. Le sable est clair, par endroits il y a des accumulations de graviers rose foncé et des galets variés plutôt gris. Vers Rosemarkie, les galets sont plus gros et situés sur le haut de l’estran. Je n’ai aucune interprétation sédimentologique pour expliquer cette répartition. Peut être tout simplement a-t-on voulu dégager la plage pour les estivants ?

    Rosemarkie est une station balnéaire plutôt coquette avec de jolies villas en grès rose sur le front de mer. Le sable de sa plage est rosé également. Rosemarkie se déclare « free of alcohol ». La consommation à l’extérieur entraîne une amende faramineuse. La prohibition américaine vient elle des puritains écossais ou les Ecossais imitent ils les Américains ?

    Musée Picte

    Le minuscule Musée Groam est gratuit. Une vieille dame arborant le badge « volunteer » nous questionne longuement. Un DVD présente les Pictes, premiers habitants du Nord de l’Ecosse, peuplade plutôt mystérieuse qui a laissé des pierres gravées de toute beauté de l’Age de Bronze au 9ème siècle de notre ère. Les pierres gravées portaient de gracieux symboles en croissant, double disque, fer à cheval ou miroir. Des animaux étaient également gravés ainsi que des scènes de chasse. Enfin des entrelacs compliqués et savants complétaient la décoration de certaines de ces pierres levées qui font penser à des menhirs.

    Une autre partie du musée est purement décorative. Des artistes contemporains ont réinterprété les motifs pictes qui rappellent les graphismes celtiques bretons ou irlandais. Des tampons encreurs sont même proposés pour l’amusement des enfants. Je tamponne plusieurs feuilles en prévision de la décoration de l’album photo. Dans un coin, sur une harpe. Dominique joue Scarborough Fair que j’immortalise dans un petit film.

    Déjeuner
    Au menu : le saumon des fumeries de Grantown On Spey que nous voulons déguster dans un bel endroit. La table que nous convoitions en bord de plage est occupée. La quête de l’endroit serra longue : détour par Eathie, galère dans Cromarty. Nous échouons sur le bord du Firth de Cromarty sur un parking pas très propre.


Cromarty

Publié le : 12 Septembre 2007
Cromarty

    Musée du Tribunal de Cromarty

    Le Musée installé dans le Court House a reçu de nombreuses distinctions. L’attraction principale est la reconstitution d’une audience au tribunal au 18ème siècle. Dans la salle historique des mannequins parlent et même se meuvent à notre entrée. Le shérif a l’air vivant. La présentation du tribunal n’est pas une attraction gratuite. Elle veut démontrer les différences entre juridiction anglaise (Commonlaw) et la juridiction écossaise avec l’individualisation de la peine (comme dans le Droit Français). C’est cette différence dans le Droit Ecossais qui permettait aux jeunes couples de se marier sans le consentement des parents. Autrefois, en 1969 Eti et Tchouka avaient fait le voyage d’Ecosse pour se marier.  Ce n’est qu’un élément de visite parmi d’autres.

     On a aussi reconstitué la prison Des objets donnent une foule de détails.. Une autre figure animée fait revivre Sir Thomas Urquhart, châtelain de Cromarty au 17ème siècle, traducteur de Rabelais, gentilhomme excentrique.

    Histoire de Cromarty
     
Une cassette vidéo raconte l’histoire de Cromarty La prospérité de Cromarty au 18ème siècle est due à une situation géographique exceptionnelle : un port naturel permettant d’abriter nombreux navires. Le châtelain entreprenant : George Ross (1760) favorisa l’implantation de trois usines : une fabrique de clous, une brasserie et une filature de toile de chanvre, importé de saint Petersbourg. Ces usines, en plus de la conserverie de harengs et l’abattoir de porcs faisaient de Cromarty une ville très prospère. En plus du château de George Ross on construisit de belles demeures en grès rose. Cette industrialisation draina les paysans des Highlands. Certains d’entre eux ne parlaient pas Anglais. George rosse construisit pour eux la chapelle Gaëlique. Des épidémies en 1830 puis l’arrivée du chemin de fer en Ecosse scellèrent le destin de la petite ville. Les voies d’eau avaient perdu de leur importance. La petite ville s’assoupit vers la fin du 19ème.

     Actuellement Cromarty ne vit pas que du tourisme. Une nouvelle industrie s’est développée : la construction des plateformes pétrolières dans son Firth très profond. Un énorme tanker passe sous nos yeux, escorté par deux remorqueurs.
Nous avons aussi appris, dans la reconstitution de la prison, ce qu’était la Disruption (1843), scission de l’Eglise écossaise. L’Eglise Libre réclamait que les prêtres soient choisis par les fidèles et non par les autorités. Ces querelles religieuses semèrent de véritables révoltes. Une femme fut emprisonnée puis libérée sous la pression populaire. Ces schismes expliquent peut être le grand nombre d’églises dans le pays. Ce qui est le plus étonnant c’est l’utilisation actuelle des lieux de culte. On ne les laisse pas fermées comme en France. On les transforme, souvent en galerie d’art, parfois en restaurants ou en salle des fêtes qu’on peut louer pour faire des parties. L’installation d’une cafétéria dans la cathédrale saint Gilles ù l’ofice se déroule régulièrement ne choque personne. La délicieuse odeur de bacon m’a paru inédite dans ce  lieu du culte !

Légendes

      L’histoire du village ne serait pas complète sans les légendes de géants, de sorcières et de lutins. Deux géants, les Stutors, deux collines symétriques, gardaient  l’entrée du Firth. J’en ai gravi un dimanche.
Nous étions passées devant deux belles maisons sans nous douter non plus qu’elles fussent hantées.
Quant à la Femme Verte, celle qui fait mourir les bébés, les enlève pour les remplacer par les Changelings, j’aurais dû suspecter son rôle quand j’avais déchiffré les pierres tombales et vu que tant d’enfants étaient morts en bas âge

    Visite de la Ville
    Enfin, un audio guide est prêté pour la visite de la ville. On a imaginé que Hugh Miller - une autre célébrité de Cromarty, un maçon devenu géologue puis journaliste – serait notre guide. Ce stratagème donne de la vivacité au commentaire.
    Nous reprenons la promenade de dimanche dernier « accompagnées » par Hugh Miller qui nous raconte la vie au début du 19ème siècle à l’époque de la prospérité quand les rues étaient très animées.


la fêtte à Beauly

Publié le : 12 Septembre 2007
la fêtte à Beauly

Un nuage bas envahit la vallée juste à notre retour à 18heures. La fête du village sera-t-elle annulée pour cause de pluie ? Non ! bien sûr ! On a installé une  plateforme bâchée avec une toile cirée verte qui sert d’estrade sur la grand place du village juste en face du Fis hand chips « the Friary » (allusion au Prieuré) qui ne désemplit pas. Les familles se sont abritées dans les voitures garées sur la place dînant de frites, de poisson ou de glaces en attendant le spectacle.
      Un accordéoniste, Frankie, essaie de mettre de l’ambiance. Il joue des airs écossais  très connus, des marches, des polkas. Les gens se trémoussent sur place mais personne n’ose se lancer.

     Nous piétinons une bonne demie heure avant que les petites danseuses n’arrivent sous des capes en nylon rouge ou violettes, chaussées de sabots en plastique rose ou bleus. Toutes ont les cheveux tirés en un chignon rond très haut sur le crâne, elles portent des kilts ou des jupes plissées sur des jupons blancs avec un justaucorps de velours assorti sur un chemisier blancs à manches bouffantes. Les plus vieilles ont peut être douze ou treize ans mais les plus jeunes ont à peine 5 ans. Le musicien est un piper de 13 ou 14 ans en grande tenue. Les danses ont des chorégraphies compliquées mais paraissent terriblement monotones aux non-initiées que nous sommes. Les petites filles se penchent très bas pour une sorte de révérence avant de commencer. Elles lèvent les bras et font des entrechats. Deux plus grandes dansent sur des sabres croisés. Nous attendons les cornemuses. Pour nous faire patienter Frankie a repris l’accordéon avec plus de succès, des toutes petites filles dansent pour imiter leurs aînées, même des petits garçons se laissent entraîner.
       Les cornemuses ne jouent pas un morceau pour nous, elles défilent avec les tambours descendent la rue principale, exécutent un demi tour de revue militaire au bout de la place de façon à repasser une deuxième fois, demi tour ! Et nouveau passage. En regardant bien on voit que de nombreuses femmes portent le kilt, différence au niveau des chaussettes, les hommes ont glissé un gros couteau, presque un poignard


Pictish trail et thermalisme victorien à Strathpeffer

Publié le : 12 Septembre 2007
Pictish trail et thermalisme victorien à Strathpeffer

Vendredi 13 juillet : la Route des Pictes

    Nous avons trouvé un itinéraire au musée Groam qui commence au musée d’Inverness, nous prenons le parcours à Beauly pour aller à Dingwall. Il s’agit d’aller voir les pierres gravées par les Pictes sur place (souvent ce ne sont que des répliques, les originales étant conservées à l’abri dans des musées. C’est un grand jeu de piste. Nous disposons d’indices plus ou moins précis, parfois le parcours est fléché, pas toujours. Il faut demander aux passants.


    Eagle stone

    La première pierre a pour nom Eagle Stone et se trouve à 5 km de Dingwall à Strathpeffer. Nous suivons le camion des poubelles sur une route étroite qui fait penser à un chemin creux, caché sous une tonnelle de très beaux arbres dont les ramures se touchent. On a l’impression d’être à la montagne. Nous arrivons à une station thermale charmante et désuète. De grands hôtels sont cachés dans des parcs immenses. Les maisons de pierre grise ont des pignons pointus ornés de feston de bois laqué de vert, de brun ou de rouge. Bow windows, chiens assis, véranda donnent un peu de fantaisie sur la pierre grise austère. Le style victorien rappelle les constructions de Biarritz ou de Deauville.

    La pierre est bien cachée derrière une propriété. On y accède par une allée bordée par une palissade de bois gardée par une énorme chatte tricolore qui fait une démonstration d’équilibre, marchant sur l’étroit champ. Les pétroglyphes sont bien visibles : on reconnaît l’aigle, bien sûr, et le croissant avec les doubles disques. Les signes en Z sont plus difficiles à observer. Pleine de bonne volonté, je dessine sur mon carnet moleskine les motifs et recopie les légendes de l’Eagle Stone.

    «  Eagle Stone – 7ème siècle
A été enlevé pour marquer les tombes du clan Munro tués dans une bataille au 15ème siècle-
Brahan Seer a prophétisé au 17ème siècle que si l’Eagle stone tombe trois fois, les navires seraient capables de remonter pour être attachés à la pierre. L’Eagle stone est  déjà tombé une fois. »

    Tourisme thermal

    Nous nous promenons ensuite dans la station thermale à la recherche de la Source d’eau sulfureuse qui se trouve dans le « square » près du pavillon des soins. Une dame nous accueille en français dans le petit établissement tout carrelé appelé « The Pump ». C’est ici qu’on aurait pu goûter l’eau si, pour une raison mystérieuse, la source ne s’était tarie. Le pavillon est converti en petit musée avec des personnages en cirre grandeur nature, certains sont parlants comme à Cromarty, le médecin délivre sa consultation en public !Une vidéo raconte « La Cure de Délia et Prudence en 1912 », film plein d’humour. Sur des panneaux, dans des vitrines sont exposés toutes sortes d’objets rappelant l’Age d’Or de la cure. Les plus drôles : les manuels de savoir vivre un pour les hommes, un pour la femme. Des ordonnances…

    Sur la place de l’autre côté de la route, une petite gloriette sert d’échoppe au loueur de vélos des vélos noirs très classe sont proposés ainsi qu’un grand Bi.


itinéraire pite : Dingwall, Ardross, Rosskeen

Publié le : 12 Septembre 2007
itinéraire pite : Dingwall, Ardross, Rosskeen

Dingwall

      Nous abandonnons l’époque victorienne pour aller retrouver les Pictes à Dingwall. La pierre gravée se trouve dans le cimetière d’une église. Laquelle ? Trois clochers au moins se détachent au dessus des toits. Comme le centre-ville est piétonnier nous abandonnons la Vauxhall sur un grand parking gratuit et je vais me renseigner au musée. La pierre est bien là où on nous l’a indiqué mais les gravures sont moins intéressantes : un double disque, deux croissants, des cupules… L’important c’est de l’avoir trouvée !

Ardross

     Le jeu de piste continue sur la route A9 puis sur une petite route qui mène à Ardross. Ardross est un tout petit village le New Ardross Hall est un gymnase qui ne paie pas de mine. Nous sommes un peu déçues d’avoir tant tourné dans la campagne pour ne découvrir que des répliques. Un loup et un cerf  gravés sont d’une élégance inouïe ! Une troisième pierre présente des motifs stylisés..

Rosskeen : The Thief’s stone

     Encore une fois, nous croyons être perdues et demandons notre chemin à des jeunes qui ont une sorte de kermesse. Personne ne connaît la pierre ! Nous aurions dû faire plus confiance dans le plan qui est très bien fait. Evidemment il nous faut revenir en arrière : j’ai vu le parking trop tard. Pour étudier les gravures, c’est raté. La pierre se trouve dans un champ enclos, on ne peut la voir que de loin.


itinéraire picte : Eglise de Nigg

Publié le : 12 Septembre 2007
itinéraire picte : Eglise de Nigg

La croix de Nigg

     C’est vraiment le clou de notre périple ! Nigg est le village qui fait face à Cromarty de l’autre côté du Firth of Cromarty, sur une sorte de pointe. La vieille église est construite en hauteur cachée par de grands arbres. Comme à Cromarty, le plan de l’édifice est en T : un bâtiment rectangulaire long orienté E/O, très simple, surmonté d’un clocher. Elle est entourée de tombes moussues sur un terre-plein herbu. Certaines pierres tombales sont toutes effacées ou mangées de mousse. On reconnaît un crâne,e et deux tibias sur la tombe d’une femme riche ce qui rappelle que riche ou pauvre seront pareils dans la mort.

      Quand on pousse la porte de l’église, une bonne odeur de bois ciré nous accueille. On est frappé par l’austérité la sobriété du lieu de prière. A part deux lustres de cuivre il n’y a aucun décor. Des murs crépis de crème, des bancs de bois, une chaire très simple entre deux grandes fenêtres. La croix que nous cherchons est cachée dans une petite pièce sombre fermée par une porte. Peut être sa présence aurait distrait les fidèles de la prière ? Deux interrupteurs commandent l’éclairage. On nous prévient qu’une caméra nous surveille.
      Les deux faces de la Pierre sont finement ornées. D’un côté, une croix surmontée d’un fronton triangulaire racontant la légende de Paul l’ermite. Un corbeau tient en son bec un pain rond (cela ressemble à un  fromage !) Paul et Antoine sont à genoux. Au dessous la croix est entourée de curieuses boules figurant des serpents enroulés ? A l’envers, David tue un lion et protège son troupeau. Il est représenté avec sa harpe. On voit également un aigle et des scènes de chasse.


itinéraire picte : Eglise de Nigg

itinéraire Picte, Shandwick, Hilton of Cadboll,Portmahomack

Publié le : 12 Septembre 2007
itinéraire Picte, Shandwick, Hilton of Cadboll,Portmahomack

Pierre de Shandwick

     La pierre de Shandwick est, elle aussi, érigée au milieu d’un champ. Un abri de verre la protège des intempéries. Décoration de toute beauté, encore des bosses et des scènes de chasse. Malheureusement séparés par une vitre on ne sent pas l’intimité avec l’œuvre. On la voyait beaucoup mieux sur la vidéo de Rosemarkie !

Pique nique

      Le cadre est idéal, un parking donnant sur une plage de sable clair, de belles pelouses, des tables et des bancs. Nous sommes très bien installées pour la salade de pommes de terre thon et olives. Au dessert un gâteau sponge avec de la crème au citron.

    Sous un soleil voilé – mais soleil tout de même – j’arpente la plage le long de la mer du nord. C’est la première fois que l’horizon n’est pas limité par des terres. Nous sommes sur une pointe entre le firth of Cromarty et le firth of Dornoch. Le Firth of Moray est ici très ouvert. Ciel d’ardoise, crêtes bleuies et mer très brillante, miroir reflétant le soleil lumineux. Une famille a relevé aux genoux les pantalons des survêtements. Ils portent des seaux et des épuisettes. La mère et la fille sautent à pieds joints dans les vaguelettes. Trois jeunes gens plus téméraires sont en maillot de bain, ils ont gonflé un canot pneumatique. Seuls se baignent les labradors.

Stèle Hilton of Cadboll

      Nous traversons Balintore : quelques maisons au bord de mer et un  petit port.  La stèle se trouve au milieu d’un vallon, quatre jardiniers tondent l’herbe. Derrière la pierre, les vestiges d’une ancienne chapelle sont cachés par la végétation. La véritable pierre a beaucoup voyagé : en 1676 elle a servi de dalle funéraire à Alexander Duff et à ses trois femmes, puis elle a été transportée au château d’Invergordon, enfin elle a été exposée au British Museum. Maintenant elle se trouve à Edimbourg. Sur place sa réplique n’a que 7 ans. Elle n’a pas encore reçu la patine du temps. Même si la copie est fidèle elle est trop neuve pour être émouvante. C’est pourtant une  sculpture très intéressante représentant une princesse à cheval et des cavaliers partant à la chasse.

     Dans les champs les céréales sont presque mûres : orge ou seigle ? Difficile de le dire de la voiture. Le pictish Trail est ici balisé avec un pictogramme aux entrelacs pictes. La piste nous mène à l’église de Portmahomack, long bâtiment blanc coiffé d’un court clocher qui se détache sur le ciel gris du haut de sa butte verte. A ses pieds, des fouilles archéologiques : un rectangle découpé dans la terre très noire. Trois archéologues travaillent. Une jeune fille dégage doucement un trou avec une sorte de truelle pendant qu’un garçon prend des notes. L’église de Tabat a été transformée en musée. Les sépultures pictes contenant encore des ossements sont recouverts d’une plaque de verre. On voit de très belles sculptures : deux vaches et un veau, la mère lèche son petit, c’est précis et touchant. De nombreux panneaux, des photos, des écrans racontent les fouilles ou la vie du village. Nous avons été des touristes studieuses jusqu’à présent mais notre attention arrive à saturation. Nous regardons tout cela distraitement. Il est temps de s’aérer.

Promenade au phare

       La balade au phare est la bienvenue. Une allée abritée par des ajoncs très hauts nous mène à la pointe fleurie de bruyères. Il en existe au moins trois sortes dont une à grosses clochettes roses pâle que je n’ai jamais vu ailleurs. Les rochers de grès rose ont été sculptés par la mer. La stratification est bien visible. D’ici aussi on guette les dauphins à la jumelle. Des arlésiennes !

      Nous rentrons par Tain, encore une pierre gravée au cimetière, inscriptions peu lisibles. Sur l’A9 le trafic en direction du nord est très chargé, départs en week end ou en vacances. J’ai oublié de parler des panneaux bilingues depuis Cromarty, lettres noires en Anglais, vert en Gaélique. Les noms sont imprononçables. Arrêt au Tesco de Dingwall. La soirée se termine devant la télé : concert Beethoven.


De Beauly à Skye à travers les Highlands

Publié le : 12 Septembre 2007
De Beauly à Skye à travers les Highlands

Nous partons sous la pluie battante par Muir of Ord en direction de Dingwall. Une petite route coupe pour rejoindre la route d’Ullapool. A832 puis A890 qui suit la ligne de chemin de fer dans des vallées presque désertes. Très peu de villages, de rares maisons. Des bruyères, des fougères, des lacs, des cascades, des rivières. L’abondance de l’eau qui ruisselle est en parfaite contradiction avec le concept de désert. Comment qualifier autrement ces étendues inhabitées, désolées ?

    Dominique a décidé que la pluie, les nuages et la brume seyaient à l’Ecosse. Heureusement le plafond des nuages s’est élevé et nous profitons du paysage. Sur un parking on voit un vélo attaché. Un petit pont enjambe la rivière grossie par la pluie. Un chemin de planches a été construit au dessus de la tourbière. Ce chemin de planche invite à la promenade. La pluie vient de cesser. Les nuages se séparent. Les couleurs s’avivent. L’eau reflète le bleu du ciel.


Attadale : un jardin extraordinaire

Publié le : 12 Septembre 2007
Attadale : un jardin extraordinaire

A Attadale, nous visitons un jardin merveilleux. Des rhododendrons géants, certainement très vieux ont des troncs lisses rose saumon. Nous découvrons des plantes curieuses aux feuilles de rhubarbe géante, un jardin d’eau, une collection de fougères. Certaines arborescentes sont abritées sous une sorte de dôme géodésique. Je me demande comment ces fougères supportent l’hiver. « Il gèle très peu » me répond la jeune fille de l’accueil. La neige est aussi très rare, il n’y en a pas tous les ans. La côte Ouest est moins froide que la côte Est. Sur un banc dans le jardin japonais nous trouvons des explications sur une feuille plastifiée : le gravier ratissé figue l’eau, un galet lisse représente un poisson qui remonte le courant ce qui veut dire que l’on est maître de son destin. 8 rochers sur une mer de gravier sont les 8 îles de l’immortalité. Une petite auge basse avec une louche de bambou, symbolisent la cérémonie du thé. L’Empereur, comme le paysan, doivent se baisser pour puiser l’eau de la purification.


Eilan Donan sous le soleil arrivée à skye sous l'averse

Publié le : 12 Septembre 2007
Eilan Donan sous le soleil arrivée à skye sous l'averse

Sous un beau soleil, nous arrivons à proximité du pont de Kyle of Loshaloh qui relie Skye à l’Ecosse. Détour pour voir le château d’Eilan Donan qui se trouve sur un petit îlot relié à la terre par un pont de pierre aux arches élégantes ? Trop de monde sur le parking. Il est tard. Et puis nous y repasserons au retour !

    Notre propriétaire nous a prévenues : tout sera fermé le dimanche sur l’île. Il vaut mieux s’arrêter se ravitailler au supermarché juste avant le pont. Le temps s’est gâté  brusquement. Nous arrivons sur l’île sous une belle averse. Je suis un peu surprise par la densité des cottages. La route qui passe par Broadford est très construite avec une abondance de B&B, bien souvent complet. Skye nous apparaît bien touristique après les étendues inhabitées que nous venons de traverser.

    A Sligachan, malgré la pluie tout le monde est dehors avec  des jumelles. Je demande ce qui se passe à une dame. « C’est une course ! » Les spectateurs suivent les grimpeurs sur le Cuillin.

    Nous arrivons à 16H30 à Dunvegan. Les indications au téléphone étaient suffisantes. Le propriétaire taille la haie de troënes, sa femme fait les honneurs de la maison. On entre par derrière dans la cuisine très bien équipée. Tout est neuf. Dans la salle à manger sur la grande table ovale de pin verni elle a posé un bouquet de fleurs. Le grand salon orange a une double orientation il est équipé d’une télé toute neuve à écran plat et de canapés très confortable. L’objet le plus original c’est la « cheminée avec un feu électrique » qui fait illusion et chauffe très bien. En face de la petite entrée : une belle salle de bains. Les trois chambres sont à l’étage. La bleue est double, la mauve twin. Nous installons les bagages dans la petite chambre d’enfant.
    Je mets à profit la soirée pour étudier les cartes, les prospectus et parcourir le livre de randonnées. Skye est vraiment très différente des régions que nous venons de traverser. J’ai peine à croire que nous sommes encore en Ecosse.


Eilan Donan sous le soleil arrivée à skye sous l'averse
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